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Full text of "Le juif : le judaïsme et la judaisation des peuples chrétiens"

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LE  JUIF 

p. 

JUDAÏSME  ET  LA  JUDAÏSATION 

DES  PEUPLES  CHRÉTIEINS 


paris,  ^ 

HENRI  PLON,  IMPRIMEIIR-ÉDITEUH, 

RL'K  GARAXCIÊRE.  |0. 

I8G9 

(Toos  droit*  r^wrrd*.) 


T«oogenot  des  mousseaux, 

Jlnlcor  du  litre  Disc  it  les  dirox.  etc.,  elc. 


ruTOT  uomtii  oui  »i  ru  iuvih! 


• La  aoada  Ht  gevvrnid  par  d»  t««t  a«lrr«  prrtepBign  <pa  at  te 
nM|la«el  rroi  deat  l’ttil  sa  plongr  paa  d««a  Ira  cnaliMH... 
Celte  dlplOBalit  n|tIêrie«M  de  U Ruaia,  ^ eat  la  Imrar  de 
TRan'pa  orcideatale,  etl  ergaeiade  par  Ih  daJf».  et  tU  «a  aoat  tn 

priarïpaat  ageala C«tta  patMaal*  réeetaUaa,  qai . wlarUa> 

■eat  »<■«,  te  prépare  r<  aa  bcaaaa  «a  Altcatagna,  aé  ella  tara, 
da  fait,  aaa  laeoada  réfonae  plaa  roatidrra^lr  que  U prrnÜre, 
«I  doat  rAaglrlarre  aail  eacare  al  pra  de  dwar . aa  déteteppa 
loai  ealldre  loaa  In  aaapkaeda  dall...,  ele.  ■ — tMeraelt. ai*pr«* 
■ier  ■iaUtrc  da  la  Graade^Brcligae,  fila  d'Iaraélil*.  Vu»  ra  cH 
oarragA.  ch.  x. 

Thf  World  M goteraed  bp  difTerrnl  peraoaaiae  la  whal  la  implaad 
bj  ihoM  «ha  ara  aat  babiad  Ibaaeaaa...  Tbat. ■filrriaae  HaMUa 
diptoaMCf  wbicli  lo  alaraa  «ealara  Earopa,  la...,  aie. 


\ 


LE  JUIF. 


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1/auteur  et  l’iklitcur  se  réserrent  le  droit  de  traduction  et  de  repro- 
duction & l'étran<{er. 

Ce  rolumc  a été  déposé  au  ministtVe  de  l’intérieur  (section  de  la 
librairie)  en  novembre  1860. 


r^His.  — Tvi'ocRArms  nr  Br.Nni  pixi.v  iuiriukir  de  L'üurESEis.  ncs  rASAXcièas.  8. 


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\jAi  AbZ^<oA?> 

LE 

JUDAÏSME  ET 

DES  PEUPLES  CHRÉTIENS 

FâR  LB  CHBVALIKR 

Goügenot  des  mousseaux, 

Auteur  du  livre  Dieu  et  us  dibox  . etc.,  etc. 


JUIF 

LE 

LA  JUDAISATION 


TUTAt  UOL'RIR  qub  ne  pas  skrvib! 

« Le  nonde  mI  goavrroé  ptr  d«  tout  islrei  peri9DU|e«  qae  o»  •» 
l'iatglaeol  cen  don(  r<eil  &■  plos|«  pa*  daoa  lei  coglÎMCi... 
Cel>  diplomalia  myatérienaa  de  1a  Rouie,  qoi  eal  la  (erreor  de 
l’Ean  pe  occtdaalale,  e*t  orfaniiéc  par  Ira  Jüfr,  et  iU  ro  aoni  Ira 

prÎDCipaus  agrnta Cette  poiiaaole  rérololiou , qoi . aelatllc- 

Birnt  même,  ae  prépare  et  ae  braate  rn  AHemagee.  où  elle  aéra, 
de  fait,  ooe  aecoode  réforme  piaa  rooaidrrablc  qoe  Ia  première, 
et  dont  l'Asglaterre  aait  encore  ai  pao  de  eboae , ae  dëtreioppr 
toBi  enlière  aooa  Ira  antpkra  do  Joif...,  etc.  • — Diaraeli.  ei*prr- 
miei  mioiatre  de  ia  tiraoda-Rielagoe,  SU  dTaraélile.  Voir  ru  cet 
oorrage , cb.  t. 

Tbe  wortd  la  goferaed  bf  different  peraonagaa  to  wbat  ia  imaginad 
by  thoae  who  are  not  beblnd  tbe  Keoe...  Tbat  myaterioaa  Roaaian 
diplomacy  «bîch  lo  alarma  wealrro  Eorope , la...,  etc 


PARIS, 

HEXRl  PLON,  IMPRlMEPR-ÉDlTEtn, 

10,  RUK  GlRAXClilie. 

1869 

(Tega  droila  réaereèt.) 


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Le  R.  P.  Voisin,  directeur  du  Séminaire  des  missions  étran- 
gères à Paris,  ancien  Missionnaire  à la  Cliine,  est  l’un  des  théolo- 
giens les  plus  versés  dans  les  sciences  profanes  et  l’un  des  reli- 
gieux les  plus  humbles  que  nous  connaissions.  Nous  lui  avons 
remis  le  manuscrit  de  cet  ouvrage , que  nous  voulions  publier 
vers  l’ouverture  du  Concile  œcuménique,  et  nous  l’avons  prié  de 
nous  le  renvoyer  avec  ses  observations.  Voici  la  lettre  dont  il 
l’accompagne , et  que , dans  l’intérêt  de  notre  lifre,  nous  croyons 
devoir  livrer  à nos  lecteurs  : 

« J’ai  lu  aree  le  plus  ri/  iniérét  votre  manuscrit  intitule  le  Juif, 
le  judaïsme,  la  judaisation  des  peuples  chrétiens , et  je  VOUS  le  ren- 
voie sans  critique.  J’y  apprends  une  multitude  de  choses  que 
j’ignorais,  et  dont  l'importance  me  semble  extrême.  Peu  de  sujets 
sont  plus  dignes  de  l’étude  non-seulement  des  catholiques,  mais 
de  tous  les  hommes  de  bonne  foi  indilTérentsou  hostiles  au  catho- 
licisme. Il  est  temps,  grand  temps,  plus  que  temps  d'ouvrir  les 
yeux  sur  les  faits  que  vous  avez  su  mettre  en  lumière,  et  sur  leurs 
consé()uences  prochaines  et  immenses!  L’intérêt  extraordinaire 
qui  s'attache  à la  lecture  de  vos  chapitres  n'est  pas  moindre  que 
celui  qui  s’attache  à vos  ouvrages  sur  la  magic,  et  votre  long 
appendice  sur  les  deux  Cabales  jette  incidemment  un  très-grand 
jour  sur  cette  dernière  question.  Votre  livre,  enfin,  convient  à 
toutes  les  classes  de  lecteurs,  et  j'aime  à lui  présager  le  grand  et 
long  succès  que  je  lui  souhaite. 

Voisin. 


S octobre  isot). 


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AVIS 


Une  objection  nous  fut  quelquefois  posée;  il  nous  semble  de- 
voir y répondre,  et  la  voici  : Est-ce  que,  depuis  la  publication  de 
l'un  de  vos  ouvrages  intitulé  Dieu  et  les  dieux  [momentanément 
épuisé),  et  roulant  sur  certaines  antiquités  idolâtriques  et  chré- 
tiennes, le  magnétisme  et  le  spiritisme  ne  vous  comptèrent  pas 
au  nombre  de  leurs  champions?  — Non  certes  ; non  très-carré- 
ment, et  tout  au  contraire  I Nous  n’avons  abordé  ce  sujet  que 
pour  en  combattre  les  folies  et  les  dangers,  mais  en  nous  gardant 
bien  de  nier  quelques-unes  des  grandes  vérités  que  ces  manifes- 
tations nouvelles  d’un  mal  bien  anciennement  connu  remettaient 
au  jour.  La  théologie  daigna  non- seulement  approuver  ces  écrits, 
mais  elle  les  cita  fréquemment,  elle  leur  fit  d’honorables  em- 
prunts; et  la  science  médicale,  représentée  par  quelques-uns  de 
ses  docteurs  éminents,  ne  les  traita  point  sans  quelque  faveur. 
Être  d’accord  avec  l’Église,  professer  sa  foi , tenir  et  justifier  son 
langage  sur  les  questions  scientifiques  où  elle  se  prononce,  ce 
n’est  aujourd’hui,  dans  aucun  lieu  du  monde,  se  donner  un  titre 
à ne  point  être  pris  au  sérieux. 

Dans  l’intérét  de  notre  livre,  nous  regarderons  donc  comme  un 
devoir  d’informer  nos  lecteurs  que  l’un  des  plus  sûrs  et  des  plus 
illustres  théologiens  de  l’époque  actuelle,  le  R.  P.  Perrone,  du 
collège  Romain , a cité  nombre  de  fois  nos  ouvrages  sur  la  magie 
dans  sa  publication  Prœlectiones  theologicœ,  et  qu’il  a dit  en  par- 
lant de  notre  ami  le  marquis  de  Mirville  et  de  nous  : Prœeipui 
auetores  quos  uti  duces  et  antesignanos , ex  reeenlioribus , secuti  su- 
muj,  et  quorum  opéra  prof ecimus,...  etc.,  p.  158.  — Vol.  de  1866. 
— Nous  rappellerons  que  la  première  et  la  plus  grande  revue  des 
temps  modernes,  la  Ckilià  cattnlica,  a dit  de  nos  quatre  ouvrages 
sur  la  magic  : In  tutti  questi  seritti,  l'autore  mostra  l'istessa  abbon- 
danza  di  erudizione,  la  medesima  sicurezza  di  giudizio,  il  medesimo 


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eonra/enameiilo  <li  raziocinii;  ehe  anna  uj  TnE  qualità  ili  queali  acrilli 
tanto  loâaU  dall.  Km.  cardinale  arrirearoro  di  Bcaanzone.  374*  li- 
vraison, série  vi,  v.  IV,  21  octobre  186S. 

On  a" vu  que  les  premières  pages  de  ces  livres  portent  d'assez 
puissantes  recommandations  pour  que  nous  n’ayons  point  à rou- 
gir de  celte  œuvre  éminemment  catholique,  et  que  nous  avons 
soutenue  de  la  parole  à la  tribune  du  congrès  de  Malines  (18G4). 
Nous  laissons  enfin  ces  dernières  lignes  répéter  l’épigraphe  de  nos 
volumes  : a Les  livres  de  JIM.  de  Jlirville  et  dos  Mousseaux  sur  le 
monde  supra-sensible  des  esprits  offrent  une  lecture  extrêmement 
curieuse  etintéressante  non-seulement  par  les  faits,  mais  encore 
par  le  talent,  et,  ce  qui  pourra  aurprendre,  par  le  bon  sens  de  ces 
écrivains.  » — Gazette  médicale,  25  février  1834. 

« Ce  que  l'on  peut  dire  sans  risque  de  se  tromper,  c’est  que 
JtM.  de  Mirville  et  des  Mousseaux  sont  à la  tète,  s’ils  ne  sont  pas 
les  seuls  de  ces  écrivains,  qui  déroulent  une  page  d'histoire  catho- 
lique et  constatent  que  les  phénomènes  étranges  dont  ils  sont  les 
témoins  ne  sont  pas  dos  illusions.  » — Rerue  médicale  françaiaeet 
étrangère,  31  mai  1861  , Paris. 


AVLS  DF.  LIBIIAIIUE. 

Chez  certains  libraires,  autres  que  l’éditeur,  il  arrive,  et  sur- 
tout en  province,  que  l’on  répond  : Kpuiaéa , à la  demande 
d’ouvrages  qui  ne  le  sont  pas.  Par  quelle  raison  cette  défaite? 
nous  ne  saurions  le  dire,  mais  nous  certifions  le  fait.  — C’est 
pourquoi,  si  ce  livre  venait  à manquer,  nous  en  donnerions  un 
avis  public.  Jusque-là,  quiconque  le  demandera  doit  l’avoir. 


JJigilizeclby 


CAUSERIE 


Quiconque  nous  fera  l’honneur  de  lire  cet  ouvrage 
en  voudra  sans  doute  et  d’abord  parcourir  la  table, 
et  fera  bien,  car  elle  révèle  à la  fois  les  éléments,  les 
richesses  et  le  plan  de  nos  chapitres.  De  là  notre  espoir 
est  que  le  lecteur  daignera  s’engager  avec  nous  dans 
une  causerie  que  nous  croyons  indispensable  à sa 
prompte  initiation;  et,  du  premier  mot,  nous  prenons 
la  liberté  de  lui  dire , en  lui  montrant  du  doigt  un  por- 
trait du  Juif  : 

Qui  quo  tu  sois,  voici  ton  maitre; 

Il  l’est,  le  fut,  ou  le  doit  étrel 

Chacun  de  nous  a lu  ces  vers  tracés  au  bas  d’un 
portrait  de  l’Amour,  mais  quel  rapport  imaginer  entre 
l’Amour  et  le  Juif?  aucun,  aucun  vraiment!  Ces  lignes 
auront  donc  à signifier  tout  simplement  que  le  Juif 
est,  ou  plutôt  qu’il  sera  bientôt  notre  maître!  Veuillons 
y penser,  et  pensons-y  bien  ‘ ! 

Notre  maître,  lui?  lui-môme,  et  nous  ferons  remar- 
quer qu’une  chose  entre  toutes  distingue  le  Juif  et 
plus  que  jamais  le  caractérise  : c’est  un  besoin  de  domi- 
nation qui  remplit  son  cœur,  et  prend  sa  source  dans 
l’orgueil  de  ses  instincts  nationaux,  que  nourrit  sa  foi 
religieuse.  Or  ce  qu’espère,  ce  que  veut,  ce  que  pré- 
pare et  machine  le  Juif,  empressé  d’atteindre  ce  terme 

' Voir  celle  vérité  rappelée,  Archives  israéliles,  XVI,  p.  487;  1869. 

a 


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X 


CAUSERIb'. 


des  désirs  et  de  Vinfaligahle  attente  de  sa  nation,  c’est 
là  ce  que  notre  public  ignore  d’une  profonde  et  inexpli- 
cable ignorance.  Les  plus  intimes  et  les  plus  pressants 
intérêts  de  ce  public  exigent  cependant  qu’il  le  sache, 
et  qu’il  l’apprenne  au  plus  tôt,  car  le  temps  presse,  et, 
s’il  ne  le  savait  tout  à l’heure,  un  moment  plus  tard  il 
le  saurait  trop  tard;  il  ne  l’apprendrait  plus  en  temps 
utile!  Mais,  disons-le  bien , il  ne  s’agit  point  ici  du  Juif 
de  France,  il  s’agit  de  la  nation  juive. 

Cette  étude,  qui  devient  de  jour  en  jour  plus  indis- 
pensable, est  d’ailleurs  plus  attrayante  que  peut-être 
on  ne  se  le  figure;  et,  nous  pouvons  le  dire,  elle  équi- 
vaut à un  voyage  de  long  cours  dans  des  régions 
inconnues  et  quelquefois  sauvages;  régions  inconnues 
parce  qu’on  a cessé  de  les  connaître,  de  les  visiter,  d’y 
porter  un  œil  curieux,  et  que,  pour  savoir  quel  est  le 
Juif,  on  va  le  lui  demander  à lui-même,  on  accepte 
sa  parole  comme  un  récit  d’histoire!  Mais  régions  sau- 
vages, ajoutons-nous,  et  comment?  parce  que,  jusque 
vers  ces  derniers  temps,  toutes  les  lois  delà  civilisation 
y furent  violées!  Que  ceux  qui  s’imagineraient  con- 
naître le  Juif  parce  qu’ils  fréquentent  à Paris,  ou  dans 
quelques-unes  des  grandes  villes  de  l’Europe,  d’hono- 
rables et  très-dignes  rejetons  du  judaïsme,  ne  se  hâtent 
point  de  nous  juger;  qu’ils  attendent,  qu’ils  veuillent 
bien  nous  suivre  pas  à pas,  tout  prêts  à nous  repousser 
s’ils  trouvaient  en  nous  un  guide  infidèle. 

Mais,  à quiconque  daignerait  nous  suivre,  ne  lais- 
sons pas  ignorer  que  notre  première  étape  est  sur  le 
flanc  de  la  montagne,  souvent  aride  et  rocailleuse.  Elle 
nous  porte  vers  des  traces  antiques  qu’il  s’agit  do 
relever,  vers  des  ruines  dont  il  est  indispensable  de 
déchiffrer  le  plan,  si  l’on  tient  à comprendre  le  spec- 


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CAUSERIE. 


XI 


lacle  qui  l’instant  d’après  provoque  et  dédommage 
les  regards.  Lors  donc  que  notre  parole  de  cicerone,  sai- 
sissant l’oreille  du  voyageur,  le  relient  sur  le  théâtre 
où  circulent  et  prennent  naissance  les  traditions  ju- 
daïques, où  se  traîne  d’un  pas  étudié  le  pharisien  que 
le  Christ  apostrophe,  et  dont  les  fils  sont  les  orthodoxes 
de  la  synagogue  actuelle;  lorsque  nous  y signalons  là- 
bas  ces  aubergistes,  ces  bouchers,  ces  revendeurs 
d’habits-galons  qui  sont  à la  fois  des  rabbins;  lorsque 
nous  y surprenons,  frappant  à la  porte  des  consistoires, 
des  ministres  du  culte  dont  l’aulorilé,  quelquefois  sé- 
rieuse, cède  à l’autorité  du  Juif  laïque,  qui,  loin  d’être 
gouverné  par  le  sacerdoce  de  Juda,  le  gouverne,  le  mo- 
dère, et  n’est  souvent  pour  lui  qu’un  objet  de  risée, 
certains  voyageurs  touristes  trouveront  peut-être  le 
temps  un  peu  long.  Mais  il  leur  est  facile  de  l’abréger 
et  de  franchir  d’un  pas  rapide  cette  première  étape. 
Elle  est  celle  qui  nous  conduit  au  sommet  d’un  pic  d’où 
se  déroulent,  sous  un  flot  de  lumière,  des  perspectives 
sans  fin,  et,  nous  croyons  pouvoir  l’aflirmer,  des  sur- 
prises sans  bornes. 

La  dernière,  si  nous  ne  nous  trompons,  est  celle 
qu’éprouvera  le  spectateur  en  reportant  les  yeux  sur 
lui-même,  en  s’épouvantant  de  l’insouciance  qui  lui 
laissait  ignorer  un  monde  au  milieu  duquel  il  vivait,  et 
dont  voici  que  les  destinées  entraînent  les  siennes  à 
train  de  vapeur! 

Oui,  voici  que  le  monde  judaïque  est  devant  nous 
avec  ses  sombres  et  désolées  hauteurs,  avec  ses  plats 
pays,  ses  marais  putrides,  ses  arides  et  brûlants  dé- 
serts, patrie  de  la  soif  dévorante  et  d’affreuses  ardeurs; 
il  est  devant  nous  avec  ses  fraîches  et  riantes  vallées 
dont  les  sinueux  replis  fuient  devant  le  regard;  il  nous 

a. 


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XII 


CAUSERIE. 


séduit  et  nous  saisit  par  le  leurre  de  ses  perspectives, 
par  l’illusion  de  ses  mirages,  par  l’horreur  de  précipices 
d’où  s’échappent  tantôt  de  silencieuses  et  mortelles  va- 
peurs, et  tantôt  des  vents  de  tempêtes;  il  nous  épou- 
vante du  spectacle  de  soudains  abîmes  où  plongent  des 
sentiers  que  foulent  les  pieds  d’Israël,  souvent  plus 
exercés  que  ses  yeux,  et  infatigables  à suivre  les  témé- 
rités de  leurs  guides.  Voilà  donc  devant  nous,  hommes 
et  choses,  voilà  ce  monde  judaïque,  ce  monde  où  dix- 
huit  siècles  d’immobilité  viennent  tout  à coup,  et 
comme  au  signal  d’un  machiniste  d’opéra,  de  céder 
aux  désordres  d’une  fiévreuse  agitation  que  mille  bou- 
ches appellent  avec  ravissement  l’activité  du  progrès! 
Le  voilà  se  soulevant  comme  une  mer  que  poussent  des 
feux  souterrains;  grossissant,  envahissant  et  lançant 
sur  ses  flots  de  nouveaux  flots  comme  pour  engloutir 
nos  royaumes.  Voilà  ce  monde  et  voilà  le  Juif. 

Le  Juif?  le  Juif,  osons-nous  dire,  en  provoquant  des 
tourbes  judaïques  à faire  retentir  mille  cris  aigus  autour 
de  ce  nom  que  répudient  avec  une  sorte  de  fureur  les 
fils  de  Benjamin  et  de  Juda,  honteux  sans  doute  des 
taches  dont  il  fut  couvert.  Et  cependant  le  respect  que 
nous  devons  à l’histoire  nous  ordonne  de  le  conserver 
et  de  rejeter  celui  d’Israël;  mais  eu  protestant  avec 
énergie  contre  toute  intention  blessante  et  hostile,  sim- 
plement résolu  que  nous  sommes  de  laisser  à chaque 
personne  et  à chaque  chose  son  titre  historique  et  légi- 
time ' . 

■ Tout  Juif  descend  d'Israël,  c’est-à-dire  de  Jacob;  mais  l’his- 
toire, en  parlant  des  fils  de  ce  patriarche  qui  peuplent  l’Occident,  ne 
leur  a point  donné  le  nom  d’Israélites,  et  pourquoi?  Parce  que  l’his- 
toire parle  vrai.  Elle  les  a nommés  Juifs,  du  mot  latin  Judœi,  parce 
que  le  patriarche  Juda,  fils  de  Jacob,  fut  leur  père,  et  qu’ils  sont  les 
dispersés  du  royanme  de  Juda.  Hais  que  sont  devenus  les  Israélites, 


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CAUSERIE. 


XIII 


Le  Juif  cependant,  lorsqu’une  qualification  spéciale 
ne  modifiera  pas  notre  sens,  ce  sera  pour  nous  non  pas 
tout  rejeton  quelconque  de  la  race  de  Juda,  mais 
l’homme  de  l’orthodoxie  pharisaïque,  le  fidèle  des  sau- 
vages et  des  insociables  traditions  du  Talmud;  s’agira- 
t-il,  au  contraire,  de  tout  autre  membre  de  la  famille 
judaïque,  le  nom  do  Juif  ne  le  désignera  dans  nos 
pages  que  lorsque  nous  l’attacherons  à sa  personne  en 
termes  exprès  ; que  lorsque  nous  dirons,  par  exemple, 
le  Juif  de  l’orthodoxie  bâtarde,  le  Juif  réformiste,  le 
Juif  de  la  libre  pensée.  En  un  mot,  nos  formelles  inten- 
tions sont  de  ne  comprendre  sous  le  nom  pur  et  simple 
du  Juif  que  le  pur  sectateur  du  Talmud'. 

Que  si  le  tour  de  notre  phrase  semble  quelquefois 
nous  démentir  et  trahir  notre  volonté,  nous  supplions 
le  lecteur  de  vouloir  bien  résister  fortement  aux  appa- 
rences, ou  nous  redresser,  car  nos  intentions  restent 
debout.  Quiconque  y regardera  de  près  verra  d’ail- 
leurs que  nous  n’attribuons  à ceux  que  notre  parole 
atteint  rien  qu’ils  ne  se  soient  eux- mêmes  attribué. 


c’est-à-dire  le  mélange  hétérogène  des  dix  tribus  et  des  étrangers 
dont  se  formait  le  royaume  d'Israël?  Grande  question,  qui,  tant  à 
Genève  qu’ailleurs,  occupe  quelques  savants  du  catholicisme,  entre 
autres  M.  le  marquis  de  *'’*.  Nous  supplions  cependant  le  Juif  de  ne 
point  voir  une  insulte  dans  ce  nom  contre  lequel  son  orgueil  se  sou- 
lève, car  nous  parlons,  en  le  conservant,  le  langage  que  doit  à jamais 
consacrer  l'histoire. 

Voir  la  joie  sauvage  des  Archives  à propos  de  la  condamnation  de 
M.  do  Villemessant,  rédacteur  en  chef  du  Figaro,  pour  avoir  donné  au 
mot  Juif  l’acception  blessante  que  lui  valurent  les  mœurs  talmudiques. 
Arch.  israél.,  XV,  p.  469;  4869.  — Le  Normand  ou  le  Gascon  au- 
raient-ils, dans  un  cas  analogue,  cette  maladroite  susceptibilité? 

‘ Nous  admettons,  et  de  tout  cœur,  jusque  dans  cette  catégorie  des 
purs  orthodoxes,  des  exceptions  aussi  honorables  et  aussi  nombreuses 
que  la  raison  du  lecteur  lui  permettra  de  le  faire.  Juif  ou  non,  il  est 
impossible  en  effet  de  ne  se  ressentir  point  du  milieu  dont  l’atmo- 
sphère nous  pénètre. 


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XIV 


CAUSERIE. 


rien  que  ce  qu’ils  s’attribuent  les  uns  aux  autres,  rien 
au  delà  de  ce  que  leur  attribuèrent  des  publicistes  qui 
prirent  devant  le  public  la  responsabilité  de  leurs  pa- 
roles; et  ceux-ci,  pour  la  plupart,  sont  issus  de  sang 
judaïque.  De  temps  en  temps,  il  est  vrai,  nos  armes 
portent  des  coups  sensibles  et  quelquefois  terribles. 
Oui,  sans  doute,  mais,  on  voudra  bien  le  remarquer, 
ces  coups  ne  sont  portés  que  dans  les  rencontres  où 
l’homme  de  la  civilisation  ne  doit  reculer  devant  au- 
cune lutte  pour  én  soutenir  les  principes  et  les  bien- 
faits contre  ses  plus  habiles  et  ses  plus  implacables 
agresseurs. 

C’est  là  pourtant  ce  que  le  Juif,  qui  commence  à 
prendre  son  nom  pour  une  insulte,  ne  veut  tolérer  à 
aucun  prix;  et  chaque  jour  il  devient,  en  quelque  lieu 
du  monde  que  vous  frôliez  sa  personne,  plus  chatouil- 
leux et  plus  rogue , plus  dominateur  et  plus  prompt  au 
défi.  Déjà  même,  au  nom  de  cette  liberté  des  cultes 
dont  sa  bouche  fait  un  si  étrange  et  audacieux  abus, 
défense  au  chrétien  non-seulement  de  lutter  contre  ses 
prétentions,  mais  de  s’occuper  des  fils  de  Jacob,  si  ce 
n’est  pour  leur  offrir  l’or  et  l’encens.  Un  incident  vrai- 
ment incroyable  va  nous  montrer  à ce  propos  ce  que 
deviendra  notre  liberté  devant  le  Juif;  disons  mieux, 
ce  que  sera  sur  la  terre  de  France  la  simple  liberté  de 
la  parole  et  de  l’histoire,  si  l’arrogance  judaïque  n’y 
rencontre  quelque  éclatant  échec. 

Le  1 " juin  1 869 , la  Revue  des  deux  mondes  publiait, 
sous  ce  titre  : Le  clan  du  vol  à Paris,  un  article  du  plus 
haut  intérêt,  et  qu’avait  signé  M.  Maxime  du  Camp. 
Cet  article  laissait-il  entrevoir  le  dessein  d’outrager  le 
Juif?  Non  certes,  et  de  toute  évidence;  mais  nous  vou- 
lons que  le  lecteur  juge  les  choses  de  ses  propres  yeux, 


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CAUSERIE. 


XV 

et  nous  lui  soumettons  le  texte  même  de  la  Revue',  le 
suppliant  de  parcourir  d’abord  les  passages  les  plus  re- 
marquables de  la  lettre  que  le  consistoire  de  Nancy  écri- 
vit à ce  grave  sujet  au  Consistoire  central  de  France. 

» Monsieur  le  Président,  il  nous  a semblé  que  cet 
écrit  constitue  le  délit  diexcitation  à la  haine  et  au  mépris 
des  citoyens  entre  eux,  et  qu’il  mérite  à cet  égard  d’être 
dénoncé  au  parquet  de  Paris. 

« Tous  ceux  de  nos  coreligionnaires  qui  ont  lu  cet 
article  ont  été  péniblement  frappés,  comme  nous,  de 
l’esprit  malveillant,  hostile  même  qui  règne  d'un  bout 
à l’autre  dans  ce  travail , où  le  mot  juif  est  répété  à 
satiété*  sans  aucune  nécessité  de  style,  comme  à plaisir, 
sans  preuves  à l’appui.  » 

De  pareilles  attaques  « blessent  profondément  le  senti- 
ment public  Israélite;  et , en  son  nom , nous  venons  de- 
mander que  de  tels  écarts  soient  déférés  à la  justice  du 
pays.  Le  gouvernement  de  l’Empereur’,  nous  eu 
sommes  convaincus,  s’il  était  touché  de  cette  plainte, 
ne  souffrirait  pas  davahtage  qu’un  écrivain,  quelle  que 
soit  sa  valeur,  s’abritant  derrière  la  liberté  de  penser 
et  d’écrire,  nous  jetât  à la  face  d’outrageantes  asser- 


' Voir  note  finale,  apré,s  la  CausarVe. 

^ Six  fois  clans  trente-cinc]  longues  pages  de  la  Revue  I 
3 Nous  voyons  dans  les  mêmes  Archives  israélites,  numéro  XV, 
1869,  qu’aux  yeux  du  Juif  le  gouvernement  de  l’Empereur  est  immoral, 
que  lu  drapeau  de  la  France  est  souillé  ; il  est  souillé  pour  avoir  sou- 
tenu dans  ses  droits  séculaires,  et  d'après  les  vœux  formels  de  l’im- 
mense majorité  des  représentants  du  pays,  le  chef  de  la  religion  que 
professe  l’immense  majorité  des  Français.  Quelle  insultel  Mais  lisons  ; 
Je  voudrais  « qu’au  dehors,  étant  un  appui  ü ce  gouvernement  immo- 
ral, qui  ne  vaut  pas  mieux  que  celui  des  Bourbons,  on  purifiât  te 
drapeau  de  la  France  de  la  honte  de  Mentana  en  délivrant  l’Italie,  qui 
pourrait  être  la  meilleure  amie  de  la  France,  » etc.  P.  i64-8.  — Ana- 
thème donc  à tout  gouvernement  qui  ne  judaïsera  point  tambour 
battant  la  France  catholique  I 


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XVI 


CAUSERIE. 


lions,  et  déversât  l'ignominie  et  le  mensonge  sur  les 
sectateurs  d’un  culte  reconnu  par  l'État  » . 

Nous  espérons  que,  « grâce  à votre  intervention  au- 
près de  l’autorité,  une  répression  judiciaire  mettra  fin 
à des  abus  qui  ne  tendent  à rien  moins  qu'à  entretenir 
dans  les  populations  ces  odieux  préjugés  dont  nous 
avons  tant  soulTert  dans  le  passé,  et  dont  il  faut,  à tout 
prix,  empêcher  le  retour  dans  l’intérêt  de  la  paix  pu- 
blique et  delà  civilisation  ».  Ont  signé  les  membres 
du  consistoire  israélite  de  Nancy 

Telle  est  la  requête  du  judaïsme  lorrain,  et  la  rap- 
procher du  texte  qu’il  ose  incriminer,  c’est  en  tirer 
justice  et  vengeance!  Rien  certes,  quant  à nous,  ne 
révolterait  autant  notre  pensée  que  « d’exeiler  à la  haine 
et  au  mépris  des  citoyens  entre  eux  » ; et,  si  nous  nous 
permettons  quelquefois  de  manier  avec  vigueur  la 
plume  de  l’historien  et  du  critique  à l’endroit  du  Juif, 
ce  n’est  nullement,  ainsi  que  ses  publications  démon- 
trent qu’il  se  le  permet  lui-même,  pour  attenter  « à 
la  paix  publique  et  à la  civilisation  »;  c’est,  au  con- 
traire, afin  de  nous  en  constituer  le  vigilant  et  sérieux 
défenseur.  Ayons  donc  les  yeux  ouverts  et  hâtons- 
nous  d’ouvrir  ceux  de  la  France  sur  un  fait  qui  tend  à 
se  répéter  sans  cesse  et  que  voici  : 

Parce  qu’un  homme  honorable  a froissé  l’amour- 
propre  ou  les  prétentions  judaïques,  une  tempête  se 
soulève,  tm  État  se  dessine  dans  l’État  et  se  dresse 
pour  lui  écraser  la  tête  : et  cet  homme,  citoyen  d’une 
seule  nation , va  se  trouver  seul  ; seul  à lutter  contre 
des  adversaires  qui  se  réunissent  en  corps,  et  qui  se  trou-' 
vent  être  à la  fois  des  citoyens  français  et  des  citoyens  de 

* Archives  israélites,  XIV,  p.  430,  431  ; 1869. 


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CAUSEIUE. 


XVII 


la  nation  juive!  Seul  donc  contre  tout  un  peuple  repré- 
senté par  un  de  ses  puissants  conseils,  usant  des  droits 
et  des  forces  de  deux  peuples , et  pesant  sur  lui  de  tout 
son  poids  du  dedans  et  du  dehors  de  la  France'  ! 

Voilà  quel  est  le  simulacre  d’égalité  devant  la  loi  que 
laissent  au  Français  les  droits  civils  et  politiques  que  le 
Juif  a conquis  ! Et,  soit  dit  avec  la  qualité  de  respect  que 
chaque  citoyen  doit  à la  loi  bonne  ou  mauvaise  qui  le 
régit  : si  la  vitalité  de  nos  mœurs  nationales  n’opposait 
un  certain  équilibre  encore  aux  abus  de  droit  et  de 
pouvoir  que  rêve  la  race  judaïque,  l’organisation  des 
forces  dont  celte  race  dispose  ne  placeràit-ellc  pas  de- 
vant le  fils  de  Juda  chaque  individu  de  notre  nation 
sous  le  coup  d’un  régime  de  terreur’? 

Déjà , quoique  dans  des  circonstances  bien  moins  cri- 
tiques, à coup  sùr,  la  république  romaine  elle-même 
avait  connu  quelque  chose  de  cette  terreur!  et  dans 
cette  Rome,  où  jamais  la  fierté  des  lois  n’eùt  admis 
qu’un  Juif  pût  s’élever  au  rang  de  magistrat,  et  voir  à 
ses  pieds  comme  justiciable  un  citoyen  du  peuple-roi, 
ni  l’opinion  publique,  ni  la  majesté  du  peuple  n’arrê- 
taient l’audace  de  ce  redoutable  locataire  assis  au  foyer 
de  la  grande  ville.  Certes,  nous  ne  pouvons,  nous  ne 
devons  pas  ignorer  que  devant  le  Juif,  habile  en  tout 
temps  à préparer,  à travailler,  à manier  la  multitude, 
le  prince  des  orateurs  se  sentait  pris  de  frisson,  lui 
devant  qui  Catilina  tremblait  à la  tète  des  forcenés 
conspirateurs  dont  il  avait  rempli  la  ville.  Nous  ne  pou- 
vons ignorer  que  Cicéron,  sur  le  siège  même  de  sa  puis- 


' « Toute  la  religion  juive  est  fondée  sur  l’idée  nationale.  ■>  Arch.  . 
israil.,  p.  333,  etc.;  1864;  Lévy-Bing.  * 

^ Ne  pas  confondre  avec  Judas  le  traître,  Juda  le  patriarche,  chef 
de  la  tribu  de  ce  nom. 


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XVIII 


CAUSERIE. 


sance,  que  Cicéron  à la  tribune  mettait  une  sourdine 
à sa  parole  lorequ’il  avait  à craindre  que  sa  parole  n’ic- 
ritàt  la  nerveuse  susceptibilité  du  Juif,  ce  puissant 

et  habile  excitateur  ( quantum  valent  in  concio- 

nibus!). 

Eh  bien,  écoutons,  écoutons,  car  Flaccus  est  incri- 
miné. Le  défenseur  qu’il  s’est  choisi,  c’est  Cicéron , et 
pour  accusateurs  il  a les  Juifs.  Lélius,  qui  parle  en  leur 
faveur,  a l’adresse,  afin  de  se  ménager  un  facile  moyen 
d’étre  soutenu  par  ces  hommes  entreprenants,  de  se  rap- 
procher du  foyer  qui  les  concentre...  « Ah!  je  te  com- 
prends, Lélius  : Voilà  pourquoi  cette  cause  est  plaidée 
près  des  degrés  Auréliens  I c’est  pour  cela  que  lu  fis 
choix  de  ce  lieu , et  que  tu  t’entouras  de  cette  tourbe! 
Tu  sais  quelle  est  la  multitude  de  ces  Juifs,  quelle  est 
leur  union,  leur  entente,  leur  savoir-faire  et  leur  em- 
pire sur  la  foule  des  assemblées.  Mais  je  baisserai  le 
ton  pour  n’étre  entendu  que  des  juges;  car  je  ne  sau- 
rais ignorer  qu’au  milieu  d’eux  se  tiennent  leurs  me- 
neurs, toujours  prêts  à les  diriger  ou  contre  ma  per- 
sonne, ou  contre  l’élite  des  citoyens;  ne  pense  donc 
pas  que  je  me  prête  d’aucune  sorte  à leur  faciliter 
celte  besogne*.  » 

La  crainte  dont  ne  peut  se  défendre  Cicéron  devant 
le  camp  judaïque,  à demi  retranché  dans  le  sein  de  la 
multitude  romaine,  l’éprouverait-il  moins  vive  aujour- 
d’hui devant  les  jurisconsultes  ou  devant  les  conseils 

' Hoc  nimirum  est  illud  quod  non  longe  a gradibus  Aurelianis  hæc 
causa  dicitur;  ob  hoc  crimen,  hic  locus  abs  te,  Leli,  alque  ilia  turlia 
quœsita  est.  Scis  quanta  sit  manus,  quanta  concordia,  quantum  mlent 
in  concionibus.  Summissa  voce  agam,  tantum  ut  judices  audiant! 
Neque  enim  desunt  qui  istos  in  me,  alque  in  optimum  quemque  inci- 
tent; quos  ego,  ut  facilius  facianl,  non  adjuvabo.  Ciceao,  Pro  h'iaccu, 
§ XXVllI. 


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CADSERIE. 


SIX 


et  les  associations  qui  représentent,  au  milieu  de  chaque 
nation  moderne,  et  devant  chacim  de  ses  citoyens  iso- 
lés, la  nation  juive  tout  entière?  Et  sa  parole  ne  per- 
drait-elle pas  quelque  chose  encore  de  ses  formidables 
retentissements  s’il  sentait  la  tourbe  judaïque  (turbam) 
se  mouvoir,  se  remuer  ici  sous  la  main  des  consistoires, 
ou  là-bas  à la  voix  des  chefs  de  ï Alliance  israélite  uni- 
verselle, cet  immense  réseau  dont  les  mailles  se  res- 
serrent chaque  jour  pour  envelopper  la  terre?  Car,  de- 
puis ce  prince  des  orateurs  habitué  tantôt  à soulever 
des  tempêtes,  tantôt  à se  jouer  des  flots  irrités  du  Fo- 
rum , et  qui , cependant , baisse  avec  circonspection  la 
voix  devant  les  menées  du  Juif,  ignorc-t-on  ce  qui  se 
dit  d’un  bouta  l’autre  de  notre  Europe? 

Ahl  vous  l’ignorez  peut-être,  vous,  courageux  ci- 
toyen qui,  dans  votre  simplesse , dans  votre  ingénuité, 
vous  croyez  de  taille  à lutter  seul  dans  les  champs  clos 
de  la  justice  contre  celui  derrière  lequel  se  tient  tout 
un  peuple.  Eh  bien,  il  se  dit,  il  se  disait  que  quiconque 
appelle  le  Juif,  ou  défend  contre  lui  sa  cause  devant  le 
juge,  — si  cette  cause  n’est  insignifiante,  — est  perdu 
d’avance,  et  perdu  sans  ressourçai  II  se  disait  que  le 
Juif,  fort  des  innombrables  moyens  que  met  en  jeu  sa 
nation  (voir  chap.  x),  écrase  sans  efforts  le  téméraire 
qui  l’attaque  ou  qui  lui  résiste,  si  ce  téméraire  n’est 
une  puissance.  Et,  depuis  que  ces  choses  se  disaient,  est- 
ce  que  les  Juifs  ne  se  sont  pas  introduits  en  files  serrées 
dans  les  rangs  de  la  magistrature  européenne?  Est-ce 
qu’ils  ne  comptent  pas  dans  leur  sein  des  gens  de  jus- 
tice de  tous  degrés  ? Est-ce  qu’ils  ne  fourmillent  pas 
dans  les  administrations,  dans  les  conseils,  et  dans  les 
hautes  fonctions  de  l’État?  Enfin,  s’ils  ont  conservé  le 
respect  de  la  pure  orthodoxie;  s’il  leur  reste  quelque 


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XX 


CAUSERIE. 


tendresse  pour  les  dogmes  et  les  adhérents  de  leur  foi, 
est-ce  que  le  Talmud  a cessé  de  leur  dire  : « Lorsqu’un 
Israélite  et  un  non-Juif  ont  un  procès,  tu  donneras  gain 
de  cause  à ton  frère.  » Et,  sinon,  si  la  chose  est  impos- 
sible, « il  faut  harasser  de  chicane  (le  non-Juif),  jus- 
qu’à ce  que  le  gain  de  la  cause  reste  à l’Israélite.  » 
(Infra,  p.  180.) 

Ce  qui  se  disait,  et  ce  qui  peut  se  dire,  nous  croyons 
ne  le  point  trop  ignorer;  mais,  tout  remplis  d’Israélites 
que  l’on  suppose  nos  tribunaux,  la  magistrature  de 
notre  pays  nous  inspire  une  saine  et  juste  confiance. 
Et,  ce  dont  il  nous  est  impossible  de  conserver  un 
doute,  c’est  que,  sur  notre  loyale  terre  de  France  et 
sous  la  sauvegarde  de  ^honneur  public,  l’écrivain  sé- 
rieux continuera  sans  crainte  de  se  livrer  aux  exigences 
de  ses  travaux,  que  le  Juif  fronce  ou  non  le  sourcil  en 
abattant  sur  lui  ses  regards;  c’est  que,  placé  comme 
dans  la  force  d’une  tour  au  milieu  de  ses  concitoyens, 
il  pourra  braver  pacifiquement  toute  puissance  assez 
téméraire  pour  vouloir  refouler  dans  son  cœur  le  cri  de 
l’indignation  provgquée  par  des  énormités  de  croyance  ' 
ou  de  mœurs.  Non,  jamais  nul  privilège,  nul  artifice, 
nul  art  de  cacher  Vêtre  collectif  sous  le  visage  de  l’indi- 
vidu, ne  donnera  pouvoir  au  Juif  de  briser  la  plume 
d’un  écrivain,  et  de  susciter  contre  lui  la  nation  juive 
tout  entière  au  nom  des  principes  de  la  législation  mo- 
derne. La  conscience  publique,  en  un  mot,  voudra 
que  chaque  Français  discoure  aussi  librement  du  Juif 

* Ces  croyances  se  fondent  aujourd’hui,  chez  les  Juifs  du  progrès, 
avec  les  principes  de  la  philosophie  du  dix-huitième  siècle  ou  de  la 
franc-maçonnerie,  ainsi  qu’ils  commencent  à s’en  vanter  ouvertement, 
en  môme  temps  qu’ils  établissent  eux-mêmes  les  raisons  de  l’influence 
prépondérante  et  de  l’empire  que  nous  leur  attribuons  dans  l’Ordre 
maçonnique.  Voir  dans  nos  chapitres. 


CAUSERIE. 


XXI 


qu’il  est  libre  au  Juif  de  discourir  du  Français  ou  de 
l’Arabe,  du  puritain  ou  du  mormon. 

Singulière  audace,  en  vérité,  que  l’audace  du  Juif, 
qui,  faisant  marcher  devant  lui,  comme  la  colonne  de 
ténèbres  du  désert,  nous  ne  savons  quel  prestige  d’inti- 
midation, lève  la  main  non-seulement  contre  la  liberté 
de  la  presse  ',  mais  contre  la  liberté  même  de  l’histoire, 
aussitôt  qu’il  y sent  des  pointes  qui  le  blessent,  et  qui, 
se  pavanant  dans  toute  la  jactance  et  le  mauvais  goût 
du  parvenu,  se  pose  en  effronté  champion  de  la  licence 
partout  où,  militant  à son  profit,  elle  mine,  renverse 
et  bouleverse  les  institutions  des  peuples  chrétiens. 
(Lire  toutes  les  revues  judaïques.) 

Car,  si  le  but  du  chrétien  vivant  de  la  vie  active  est 
de  christianiser  le  monde,  c’est-à-dire  d’y  semer  les 
institutions  chrétiennes,  les  seules  qui  puissent  maintenir 
et  répandre  au  sein  des  sociétés  humaines  les  bienfaits  de 
la  civilisation,  et  fonder  le  règne  de  la  paix  sur  la  terre, 
le  but  du  Juif,  dont  la  conviction  marche  en  sens  in- 
verse de  celle  du  chrétien,  c’est  de  judaïser  le  monde 
et  d’y  détruire  cette  civilisation  chrétienne.  Telle  est 
la  raison  qui  nous  fait  appeler  le  Juif  actif  le  mission- 

< Exemple  : « Le  moment  est  venu,  Prince,  de  faire  acte  de  légitime 
autorité  en  brisant  celte  odieuse  trame...  Poursuivre  sans  faihlesse  les 
journaux  qui,  depuis  un  an,  ne  cessent  de  provoquer  à la  haine,  au 
mépris,  à l’assassinat,  à l’expulsion  des  Juifs  ; révoguer  tous  ces  Idches 
fonctionnaires  qui  ont  violemment  prêté  la  main  à l’affreuse  persécu- 
tion, » etc.  Tel  est  le  mignon  petit  coup  d’État  que  sollicite  contre  les 
libertés  publiques,  et  pour  lequel  réclame  Fintervention  des  ptiissances 
étrangères  en  Roumanie,  l’bonorable  M.  Crémieux,  assisté  de  sir  Mon- 
lefiore,  à qui  l’un  des  ministres  du  gouvernement  coupa6/«  de  défendre 
ses  sujets  contre  les  Juifs  répond  que,  « d’après  les  données  de  F en- 
quête, scs  coreligionnaires  auraient  malheureusement  occasionné,  sinon 
provoqué,  le  mouvement  dont  il  s’agit  >.  Lettre  au  Prince  du  8 juillet; 
Arch.  israél.,  XIX,  p.  88Ï-3  ; 1867.  — Univers  israélite.  VIII,  p.  37t  ; 
1868. 


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XXII 


CAUSERIE. 


naire  du  mal',  quelque  honorable  que  d’ailleurs  il  se 
puisse  montrer  au  point  de  vue  domestique  et  civil*. 

Il  est  vrai  que  nos  judaïsants  commencent,  pour  la 
plupart,  à ne  plus  vouloir  s’imposer  au  monde  par  les 
doctrines  du  Talmud,  qu’une  ardente  propagande  rem- 
place aujourd’hui  par  les  doctrines  philosophiques  du 
dix-huitième  siècle.  C’est  pourquoi,  du  haut  de  l’année 
1869,  au  bas  de  laquelle  va  s’ouvrir  le  concile  œcumé- 
nique de  l’Église,  le  concile  œcuménique  d’Israël  nous 

' Voir  la  noie  sur  la  civilisalion,  plus  bas,  p.  458.  — Saint  Jean  dit 
[Evangile,  viii,  ii)  ;'l'os  ex  pâtre  diabolo.  * Vous  êtes  les  entants 

du  diable , et  vous  voulez  accomplir  les  désirs  de  votre  père » — 

Sous  notre  plume,  le  mot  de  l'Evangile  sera  restreint  à notre  sens, 
à moins  que  nous  n’exprimions  le  contraire. 

^ Les  elTorts  antireligieux,  mais  surtout  antichrétiens,  qui  distinguent 
l’époque  actuelle  ont  un  caractère  de  concentralion  et  d'universalité 
où  se  reconnaît  le  sceau  du  Juif,  le  patron  suprême  de  runi^cation 
des  peuples,  parce  qu’il  est  le  peuple  cosmopolite  par  excellence; 
parce  que  le  Juif  prépare,  par  les  licences  de  la  libre  pensée,  les 
temps  qu’il  appelle  messianiques,  c’est-à-dire  les  jours  de  son  triomphe 
universel.  Il  en  attribue  la  réalisation  prochaine  aux  principes  ré- 
pandus par  les  philosophes  du  dix-huitième  siècle  : ces  hommes  à la 
fois  incrédules  et  cabalistes  dont  1e  travail  a préparé  la  judalsalion  de 
ce  monde. 

On  remarquera  le  caractère  d’universalité  que  nous  signalons  dans 
l’Alliance  Israélite  universelle,  dans  l’association  universelle  de  la 
franc-maçonnerie,  et  dans  les  auxiliaires  de  plus  fraîche  date  intitulés 
l’Alliance  religieuse  universelle,  ouverte  à ceux  que  le  nom  d’Israélite 
effaroucherait  encore,  quoiqu’elle  dise  : 

Nous  tondons  L main  sans  insultes 
Au  Juif  par  delà  tous  les  cultes, 

A l'athée,  au-dessus  des  dieux; 

enfin,  dans  la  ligue  universelle  de  l’enseignement,  dont  le  but  prin- 
cipalcsl  la  captation  de  la  femme.  Car  la  Révolution,  malgré  l’éclat  de  ses 
succès  et  de  sesconquèles,  nous  dit  : Sans  la  femme  point  de  triomphe!  Il 
faut,  pour  venir  à bout  de  Dieu,  s’emparer  de  la  femme  et  la  posséder. 
— La  femme  est  à la  fois  l’ange  de  la  famille  et  la  famille  elle-même  I 
Lire  pour  connaître  et  comprendre  ces  choses  : Les  libres  penseurs  et 
la  ligue  de  renseignement;  Saint-Albin;  Paris,  4867;  Waltelier;  — 
Les  alarmes  de  l'épiscopat,  par  Mgr  Dupanloup,  4*  édit.,  4868  ; Paris, 
Douuiol,  etc.,  etc. 


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CAUSERIE. 


XXIII 


déclare  que  ces  « principes  modernes  »,  devenus  à la 
fois  la  philosophie,  la  politique  et  la  religion  du  Juif 
progressif,  sont  « les  conditions  vitales  de  l'existence  du 
judcüsme  et  de  son  plus  haut  développement  »,  le  levier 
même  de  sa  puissance!  L’entendons-nous?  Le  com- 
prenons-nous ? Ne  voyons-nous  pas  ces  doctrines  aussi 
nettement  formulées  par  les  organes  officiels  de  l’Al- 
liance israélite  universelle  que  par  les  organes  de  la 
franc-maçonnerie  ? Et,  chaque  fois  que  l'une  de  ces  asso- 
ciations universelles  s’exprime,  ne  la  surprenons-nous 
pas  à répéter,  en  variantes,  le  langage  de  ses  sœurs? 
Voilà  donc  la  philosophie  antichrétienne  du  dix-hui- 
tième siècle,  l’alliance  israélite  universelle  et  la  société 
universelle  de  la  maçonnerie  vivant  d’une  seule  et 
même  vie,  animées  par  une  seule  et  même  âme  ! Et  la 
maçonnerie  des  hauts  adeptes,  celle  des  initiés  sérieux, 
nous  permet  enfin  de  voir  au  travers  du  sens  de  ses 
manifestes  qu’elle  n’est  en  définitive  que  l’organisation 
latente  du  judaïsme  militant , de  même  que  l’alliance 
israélite  universelle  n’est  qu’une  de  ses  organisations 
patentes. 

Il  se  verra  donc,  sur  tous  les  points  de  ce  globe  où 
palpite  un  cœur  de  Juif,  que  ce  Juif  témoigne  de  ses 
sympathies  les  plus  ardentes  à la  maçonnerie,  sur  la- 
quelle l’Église  du  Christ  a lancé  les  foudres  de  ses  ana- 
thèmes. Car  la  maçonnerie,  issue  des  mystérieuses 
doctrines  de  la  cabale,  que  cultivait  derrière  l’épaisseur 
de  ses  murs  le  philosophe  du  dix-neuvième  siècle,  n’est 
que  la  forme  moderne  et  principale  de  l’occultisme, 
dont  le  Juif  est  le  prince,  parce  qu’il  fut  dans  tous  les 
siècles  le  prince  et  le  grand  maître  de  la  cabale.  Le 
Juif  est  donc  naturellement,  et  nous  ajoutons  qu’il  est 
nécessairement  l’àme,  le  chef,  le  grand  maître  réel  de 


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«IV  CAUSERIE, 

la  maçonnerie,  dont  les  dignitaires  connus  ne  sont,  la 
plupart  du  temps,  que  les  chefs  trompeurs  et  trompés 
de  l’ordre 

Au  sein  de  ces  hauts  et  impénétrables  conseils  de 
l’occultisme,  dont  le  but  spécial  est  de  déchristianiser 
le  monde  et  de  refondre  dans  un  moule  unique  les 
institutions  de  toutes  les  sociétés  humaines,  le  Juif 
devra  donc  siéger  en  majorité?  Oui  sans  doute,  et 
l’empire,  dans  ces  régions  de  ténèbres  sociales,  lui  est 
assuré  par  le  nombre  des  voix.  Ainsi  le  veut  la  consti- 
tution de  l’Ordre;  ainsi  le  veulent  les  statuts,  et  ces 
statuts  sont  le  secret  suprême  du  véritable  adepte.  Voilà 
ce  que  nous  devons  dire,  et  c’est  là  ce  que  le  monde 
ignore,  ce  que  les  initiateurs  lui  cachent  comme  le  plus 
important  de  leurs  mystères;  raison  pour  laquelle  don- 
ner au  public  les  preuves  matérielles  de  la  suprématie 
maçonnique  du  Juif,  ce  serait  tenter  à peu  près  l’im- 
possible. Et  nous  le  reconnaissons  avec  un  empresse- 
ment d’autant  plus  vif  que  les  preuves  de  cette  domi- 
nation judaïque  se  sont  inscrites  d’elles-mémes  dans  les 
faits  qui  sont  la  richesse  de  nos  pages  *. 

Appuyé  que  nous  sommes  d’ailleurs  sur  la  somme 
de  nos  recherches,  nous  accordons,  pour  notre  part,  à 
cette  assertion  le  nom  de  certitude;  certain  sommes- 
nous,  en  effet,  qu’elle  fut  établie  de  nos  jours  par  une 
bouche  éminemment  véridique,  et  ce  fut  celle  d’un 

< Preuves  plus  bas  ; nous  les  disons  trompeurs  pour  le  public,  qui  les 
croit  des  chefs  réels.  Notre  parole  ne  s'adresse  donc  point  aux  chefs 
apparents  de  l'Ordre. 

^ Beaucoup  de  loges  sont  ou  plutôt  étaient  fermées  au  Juif,  parce 
qu'il  était  impopulaire  dans  la  maçonnerie  comme  ailleurs.  Mais  ce 
qui  est  vrai  pour  la  plèbe  de  l'Ordre  ne  l'est  nullement  pour  ses  chefs 
réels,  qui  sont  les  amis,  les  auxiliaires,  les  hommes  liges  du  Juif,  et 
qui  l’accueillirent  toujours  en  seigneur  suzerain. 


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CAUSERIE. 


XXV 


religieux  au  lit  de  la  mort.  Mourant  dans  la  plénitude 
de  ses  facultés,  et  scrupuleux  historien,  ce  docte  per- 
sonnage énonçait  une  vérité  dont  il  devait  la  conquête 
à ses  investi ff allons  opiniâtres^  Mais  peut-être,  et  nous 
le  croyons , la  devait-il  plus  sûrement  encore  à la  tor- 
ture de  ces  remords  qui  conduisent  tant  et  de  si  grands 
coupables  devant  le  tribunal  de  la  pénitence,  et  qui, 
par  le  confessionnal,  objet  de  la  juste  fureur  des  enne- 
mis de  l’Église,  ont  sauvé  tant  de  fois  les  sociétés  hu- 
maines en  guérissant  l’âme  des  individus.  Car  souvent 
il  arrive  que,  satisfait  d’abriter  son  nom  à l’ombre  d’un 
inviolable  mystère,  l’homme  que  le  vrai  repentir  a tou- 
ché tient  à ne  point  quitter  la  vie  sans  réparer  ses  fautes, 
et  qu’il  impose  au  ministre  de  l’Église  la  révélation  de 
secrets  dont  la  connaissance  est  le  salut  des  États. 

Le  Juif  enfin  ne  cesse,  dans  les  pages  de  ses  Revues, 
de  se  déclarer  l’enthousiaste  admirateur  de  tous  les 
révolutionnaires  qui  troublent  et  bouleversent  le  monde, 
mais  surtout  de  ceux  dont  la  haine  inassouvissable 
menace  de  la  manière  la  plus  directe  l’existence  de 
l’Église.  Devant  ses  sympathies  ardentes,  devant  ses 
implacables  doctrines,  devant  les  associations  de  toute 
nature  destinées  à les  faire  passer  de  la  théorie  dans 
les  actes,  il  faudrait  donc  être  frappé  de  la  plus  étrange 
myopie  pour  ne  point  reconnaître  dans  le  Juif  le  prépa- 
rateur, le  machinàteur,  l’ingénieur  en  chef  des  révolu- 
tions. Car  elles  seules,  en  déchristianisant  le  monde, 
elles  seules  en  le  judaïsant,  en  le  transformant  à son 
profit,  peuvent  conduire  le  Juif  à ses  fins;  seul,  ici-bas, 
serait-il  assez  simple,  lorsqu’il  veut  et  se  propose  une 
fin,  pour  en  repousser  les  moyens? 

Mais  ce  Juif,  dont  le  nom  revient  sans  cesse  sous 
notre  plume , ce  n’est  pas  le  premier  venu  de  sa  race  ; 

b 


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XXVI 


CAUSERIE. 


ce  n’esl  pas , et  nous  tenons  à le  déclarer  une  fois  en- 
core dans  les  termes  les  plus  courtois,  celui  qui  forme 
majorité  dans  sa  nation.  Il  est  pour  nous  l’homme  de 
la  foi  talmudique , celui  que  son  zèle  et  que  d’implaca- 
bles rancunes  animent  contre  la  civilisation  chrétienne; 
l’homme  actif,  sagace  et  audacieux  qui  se  dévoue  au 
soin  de  discipliner  et  de  guider  le  judaïsme  militant. 
Voilà  celui  que  nous  combattons,  parce  que  nous  le 
redoutons;  et  nos  pages  ont  dit  s’il  est  ou  non  redou- 
table ! Mais  la  terreur  légitime  que  nous  éprouvons  à 
sou  aspect  nous  est-elle  une  raison  de  le  couvrir  de 
nos  mépris?  — Non,  s’il  n’existe  pour  les  provoquer 
une  cause  individuelle  et  spéciale  ! 

Au  nombre  de  ceux  avec  qui  les  hasards  de  ce  monde 
nous  mêlent  de  temps  en  temps  se  trouvent  de  francs 
révolutionnaires,  des  auxiliaires  ardents  de  ce  Juif  ma- 
chinateur  des  révolutions,  et  qui  la  plupart  le  sont  à 
leur  insu.  Presque  tous  ces  hommes  sont  égarés,  mais 
ils  ne  sont  rien  moins  que  méchants.  Quelques-uns 
même  nous  sont  très-sympathiques,  et  leur  nature  est 
excellente;  nous  ne  trouvons  de  détestable  en  eux  que 
les  doctrines.  Un  milieu  regrettable,  une  éducation 
viciée,  certaines  pauvretés  d’intelligence,  dont  rien  au 
monde  ne  parvient  à leur  donner  le  sentiment,  les  ont 
faits  ce  qu’ils  sont  et  ce  que  tant  d’autres  fussent  deve- 
nus à leur  place  1 Aussi  nous  gardons-nous  bien  de  les 
mépriser  ou  de  les  haïr;  et,  sauf  raison  toute  particu- 
lière, il  nous  suffit  de  les  plaindre,  lors  même  que  nous 
nous  trouvons  réduits  à les  combattre.  Ce  même  mou- 
vement de  compassion  fraternelle  est  en  vérité  le  seul 
que  nous  inspire  celui  que  nous  appelons /e  nous 

ne  nous  lasserons  jamais  de  le  redire.  Si  rudement  donc 
que  notre  conscience  nous  oblige  à l’attaquer,  nous 


CAUSERIE. 


xxvn 


nous  reprocherions  d’avoir  dirigé  contre  lui  nos  atta- 
ques sans  une  intention  sincère  de  le  servir,  et  nous  le 
servons  en  ruinant  ses  projets  ; car  son  triomphe  serait 
sa  ruine  par  celle  de  l’ordre  social,  dont  nous,  soldat 
DU  CHRIST,  nous  somDies  par  conséquent  le  soldat. 

Animé  d’ailleurs  du  sentiment  de  froid  respect  que 
tout  citoyen  doit  aux  lois  dont  il  est  loin  d’approuver 
l’esprit,  mais  contre  lesquelles  sa  religion  et  sa  con- 
science ne  lui  ordonnent  pas  de  se  soulever,  nous  usons 
du  droit  de  légitime  critique  contre  celles  où  le  Juif  a 
puisé  l’audace  qui  le  caractérise,  celles  qui  le  rendent 
notre  maître,  en  se  bornant  à le  déclarer  notre  égal. 
On  pourra  nous  entendre  dire  en  les  signalant  : Dura 
lew,  mais  nous  ajouterons  sed  leæ,  et  nous  n’irons  pas 
au  delà!  D’autant  moins  serions-nous  porté  à nous 
insurger  contre  ces  lois,  que,  leur  déclarer  la  guerre, 
ce  serait  aujourd’hui  peine  inutile  ; et  que,  dans  le  fait 
et  l’histoire  de  leur  existence  nous  croyons  reconnaître 
une  disposition  spéciale  do  la  Providence,  soigneuse  de 
tracer  aux  événements  une  marche  conforme  à l’attente 
séculainc  de  l’Église. 

Nous  professons  pour  le  Juif  honorable,  pour  le  Juif 
honnête  et  pacifique,  un  sincère  esprit  de  tolérance,  et 
qui  s’étend  de  sa  personne  à son  culte;  et,  dans  la  bien- 
veillance que  nous  éprouvons  pour  cet  homme  mal- 
heureux, surabonde  la  compassion  la  plus  étran^re  à 
l’insulte.  Nous  croyons,  nous  soutenons  que  ce  Juif  est 
de  tous  les  pays,  mais  qu’il  est  particulièrement  du 
nêtre,  parce  que  nul  n’échappe  à la  pression  du  milieu 
dans  lequel  plonge  et  où  se  débite  sa  vie.  Que  si  pour- 
tant, malgi'é  nos  soins,  il  nous  était  échappé  contre  lui 
quelque  offensante  ou  douteuse  affirmation,  nous  som- 
mes prêt,  au  premier  avis,  à nous  tourner  de  tout 

b. 


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XXVIII 


CAUSERIE. 


cœur  contre  nous-inème,  à nous  condamner,  à redres- 
ser sans  ménagement  les  torts  de  notre  plume.  Nous 
pensons  d’ailleurs  que  toute  imprudence,  que  toute 
injustice , loin  de  nous  servir,  tournerait  contre  notre 
but  et  nous  empêcherait  de  ramener  Juifs  et  Chrétiens 
dans  les  voies  de  la  raison  et  de  la  connaissance  utile 
des  choses.  Quant  à celui  dont  les  croyances  et  les 
mœurs  sont  un  des  fléaux  de  la  civilisation,  s’il  nous 
arrive  de  faire  saigner  son  âme,  nos  violences  néces- 
.saires  seront  celles  que  l’humanité  commande  au  chi- 
rurgien qui,  dans  l’unique  intérêt  du  mal  à guérir, 
porte  le  fer  sur  des  chairs  vives.  — l.a  société  nous 
remerciera,  s’il  né  nous  pardonne.  Mais,  dans  l’accom- 
plissement de  notre  tâche,  notre  modération  jettera 
sans  doute  autourd’elle  un  jour  d’autant  plus  favorable, 
(]ue,  laissant  intacts  et  à notre  portée  des  monceaux  de 
documents  dont  nous  nous  sommes  interdit  l’usage, 
nous  avons  voulu  n’emprunter  nos  pièces  qu’à  des 
publications  ayant  force  d’histoire,  ou  ne  les  accepter 
que  de  la  main  du  Juif. 

Lors  donc  que  nous  avons  à traiter  quelqu’un  de 
ces  sujets  divers  : les  pharisiens  ou  les  rabbins,  les 
talmudisants  ou  les  réformistes,  le  Talmud,  la  Cabale; 
ou  bien  lorsque  nous  prononçons  des  mots  aussi  durs 
que  ceux-ci  : l’hypocrisie  du  pur  orthodoxe,  le  fa- 
natisme de  Juda,  nous  doutons  que  l’on  nous  sur- 
prenne en  porte-à-faux , et  sans  que  notre  point  d’ap- 
pui soit  la  parole  même  du  Juif,  du  pharisien,  du 
rabbin.  Encore  sommes-nous  loin  de  redire  tout  ce 
que,  dans  leur  inconséquence  merveilleuse,  ces  per- 
sonnages de  notre  drame  nous  ont  appris;  et  mille 
fois  moins  nombreux  sont  les  traits  jetés  par  nous  sur 
le  champ  du  débat  que  les  armes  dont  leurs  mains 


CAUSERIE. 


XXIX 


nous  offrent  le  secours.  Mais  disons  mieux  ; disons  que 
si,  dans  la  confusion  et  le  désarroi  qui  régnent  au  sein 
des  croyances  et  des  mœurs  du  judaïsme,  nous  avions 
à répondre  de  nos  paroles,  ce  sont  des  Juifs  eux>mèmes 
qui  nous  prêteraient  l’appui  de  nos  plus  irrésistibles 
documents;  ce  sont  des  Juifs,  ce  sont  peut-être  des 
rabbins  libres-penseurs  qui,  par  haine  pour  le  fanatisme 
des  leurs,  se  chargeraient  devant  le  public  du  soin  de 
nous  justifier  ! 

Cependant,  si  de  quelque  coin  de  ce  judaïsme  s’éle- 
vait un  cri  pareil  à celui  qui  retentit  et  vibre  encore 
contre  le  sobre  et  piquant  jécrivain  de  la  Revue  des 
Deux-Mondes  (M.  M.  du  Camp),  nous  pousserions  à 
l’instant  le  contre-cri,  et  la  situation  deviendrait  sé- 
rieuse; car  la  guerre  serait  audacieusement  déclarée 
par  le  Juif,  et  dans  l’exclusif  intérêt  de  son  despo- 
tisme, non-seulement  à la  liberté  de  la  discussion, 
mais  à la  liberté  même  de  l’histoire.  Incapable  que  se- 
rait un  écrivain  quelconque  de  lutter,  dans  son  isole- 
ment, contre  une  nation  qui  possède  à elle  seule  les 
forces  vives  de  la  plupart  des  nations,  et  celle  de  la 
presse  en  première  ligne  ‘,  il  faudrait,  à l’instant  même 
et  dans  l’intérêt  de  la  publique  indépendance,  opposer 
aux  associations  patentes  et  latentes  du  judaïsme  la 
force  d’une  association  contraire.  Il  faudrait,  aux  con- 
seils permanents  de  ses  jurisconsultes,  opposer  la  per- 
manence de  conseils  analogues;  il  faudrait,  aux  jour- 
naux de  Juda,  opposer  de  distance  en  distance,  sur  le 
sol  où  nous  prétendons  marcher  d’un  pas  sûr,  un  jour- 
nal dont  la  spécialité  serait  de  s’occuper  de  Juda;  il 
faudrait,  et  sur-le-champ,  en  attendant  la  naissance  et 

' Voir  les  cinq  divisions  de  notre  chapitre  X. 


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XXX 


CAUSERIE. 


le  succès  de  ces  feuilles,  remplir,  deux  ou  trois  fois  la 
semaine,  de  documents  et  de  correspondances  étrangères 
les  colonnes  spécialisées  de  deux  ou  trois  journaux, 
que  répéteraient  à l’envr  les  plus  proches  et  les  plus 
lointains  échos  de  la  presse  populaire'.  Les  réserves 
de  notre  portefeuille*,  en  se  prêtant  aux  modifications 
et  aux  développements  dont  les  circonstances  dicte- 
raient le  conseil,  y prendraient  place  en  variantes  avec 
un  succès  proportionnel  au  tapage  des  persécutions 
dont  le  despotisme  envahissant  du  Juif  à l’endroit  de  la 
presse  non  judaïque  aurait  soulevé  la  tempête. 

Que  si  donc  la  nation  juive,  sous  le  faux  prétexte  de 
cette  liberté  religieuse  que  nul  ne  menace,  si  ce  n’est 
ses  propres  organes  et  ses  auxiliaires  lorsqu’il  ne  s’agit 
que  du  chrétien  (Ch.  VIII  infra),  jugeait  le  moment 
venu  d'inaugurer  dans  les  régions  de  la  presse  l’exclu- 
sive domination  de  Juda,  et  d’écraser  sous  le  pied  de 
ses  légistes  toute  plume  assez  osée  pour  signaler  ses 
tendances  et  sa  marche,  un  être  collectif  se  formerait 
en  un  clin  d’œil  au  milieu  de  nous  sur  l’un  des  plans 


' Autres  échos  seraient  les  feuilles  qui  renseignent  les  pauvres  spé- 
culateurs et  les  actionnaires  ! 

* L’expérience  d’autrui  nous  a dit,  en  matiits  pays,  de  quelle  insigne 
imprudence  il  est  de  conserver  à domicile  certains  écrits,  et  tout  par- 
ticulièrement ceux  qui  pourraient  intéresser  les  sociétés  secrètes.  Il 
est,  et  nous  le  savons,  pour  s’en  emparer,  mille  audaces,  mille  nises 
impossibles  à prévoir,  sans  rien  dire  ni  des  fausses  polices,  ni  des 
fonctionnaires  de  contrebande,  ni  des  polices  spéciales  ou  dos  voleurs 
spéciaux.  Nous  ne  voulons  certes  aucunement  soupçonner  le  Juif  de 
se  prêter  à ces  escamotages  ; mais,  en  ce  point,  ceux  qui  se  constitue- 
raient ses  auxiliaires  et  ses  amis  sauraient  agir  spontanément,  si  peu 
qu’ils  y entrevissent  un  intérêt  de  secte,  et  rarement  ont-ils  manqué 
leur  but.  Nous  en  savons  des  exemples  à peine  croyables.  Avis  donc, 
et  bien  que  nous  soyons  en  des  temps  où  les  mystères  semblent  cher- 
cher le  jour,  avis  à ceux  qui  conserveraient  à domicile  ces  feuilles 
destinées  à la  publicité,  des  pièces  autres  que  celles  dont  la  perle 
serait  d’une  parfaite  insignifiance! 


CAUSERIE. 


xx:u 


dont  sa  propre  organisation  nous  offre  le  modèle  et  le 
choix.  Et  nous,  à notre  tour,  Alliance  chrétienne  uni- 
verselle s'il  le  faut,  vivant  du  même  droit  que  l'Alliance 
israélite  universelle,  et  cheminant  ’à  ses  côtés,  nous 
demanderions  compte  à chacune  des  publications  du 
judaïsme,  à chacun  des  numéros  de  ses  Revues*,  des 
attaques  si  souvent  mensongères  et  brutales  que  leur 
implacable  haine  du  christianisme  suscite  contre  nos 
croyances,  contre  notre  culte,  contre  notre  clergé, 
contre  nos  ordres  religieux  et  notre  Sodverain  Pontife, 
souvent  même  contre  notre  magistrature  et  nos  fonc- 
tionnaires, lorsque  ceux-ci  ne  fonctionnent  pas  au  gré 
des  61s  de  Jacob 

Mais,  Dieu  soit  louél  nous  avons  parlé  trop  vite;  et 
trop  vite  s’est  échappée  de  notre  plume  la  déclaration 
des  nécessités  belliqueuses  où  nous  entraînerait  le  droit 
de  défense  dans  un  pays  hostile  à tout  despotisme,  et 
où  il  s’en  faut  encore  que  le  Juif  ait  acquis  sa  suffisance 
de  popularité  chez  ceux  mêmes  qui,  par  aversion  pour 
le  catholicisme,  patronent  les  intérêts  judaïques.  Hâ- 
tons-nous donc  de  revenir  sur  nos  pas;  et,  loin  de  haus- 
ser le  ton,  félicitons-nous  d’avoir  à rendre  justice  aux 
honorables  membres  du  Consistoire  central  de  France, 
dont  le  tact  et  la  sagacité  calment  notre  sang  et  répri- 
ment les  effrayantes  impatiences  du  Consistoire  lorrain 
à l’endroit  de  la  Itevue  des  deux  Mondes  : 

a Messieurs,  l’article  de  M.  Maxime  du  Camp,  inti- 
tulé le  Clan  du  vol  à Paris , que  vous  signalez  à notre 
attention,  a fait  l’objet  de  notre  part  d’un  examen 
approfondi.  Nous  apprécions  l’émotion  légitime  (relire 
l’extrait)  que  cette  publication  a fait  naître  parmi  nos 

* La  publicité  de  notre  livre  en  décuplera  peut-être  les  abonne- 
ments, et  nous  le  souhaitons. 


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XXXII 


CAUSERIE. 


coreligionnaires;  mais  vous  devez  avoir  la  certitude 
que  nous  nous  en  étions  déjà  préoccupés  avant  d'avoir 
reçu  votre  communication  ' . 

« Le  consistoire  central  n’a  jamais  failli  au  premier 
de  scs  devoirs,  celui  de  défendre  l’honneur  du  nom  et 
du  culte  Israélite  lorsqu’il  est  sérieusement  attaqué. 
Nous  ne  croyons  pas  qu'il  le  soit  dans  la  circonstance 
présente,...  et  ce  serait  manquer  à notre  dignité  que 
d’en  faire  même  la  supposition.  D’ailleurs,  le  travail  de 
M.  Maxime  du  Camp  ne  renferme  pas  un  seul  passage 
qui  offre  d’une  manière  incontestable  le  caractère  légal 
du  délit  d’excitation  à la  haine  et  au  mépris  des  citoyens 
entre  eux.  Il  est  donc  impossible  que  nous  demandions 
l’autorisation  de  traduire  l’auteur  devant  les  tribunaux. 
Paris,  20  juin  1869.  Ont  signé  les  membres  du  consis- 
toire des  Israélites  de  France.  » 

La  Revue  du  Progrès,  les  Archives  Israélites  ont  cru 
devoir  doubler  des  paroles  suivantes  cette  réponse 
catégorique,  et  nous  leur  en  adressons  nos  compliments 
sincères  ; « A cette  attaque  partie  de  la  presse,  la  presse 
seulcj  à notre  avis,  doit  répondre.  » 

« Aux  écrivains  qui  nous  méconnaissent,  ou  qui  nous 
déprécient  injustement,  c’est  par  la  discussion  et  par  les 
chiffres  qu’il  convient  de  répondre...  Tel  a été  aussi 
l’avis  du  Consistoire  central...  qui  compte  dans  son  sein 
d’éminentsjurisconsultes.  » Arck.  tîrae'/.,  XIII,  p.  395-6, 
1869. 

Tel  fut,  tel  restera  donc  notre  propre  avis;  et  la  ques- 
tion, de  la  sorte,  sera  posée  sur  son  véritable  terrain. 
Sinon,  qui  nous  dira  le  numéro  des  Archives,  et  de 

' Quelle  menaçante  vigilance  chez  cette  nation  sur  les  mouvements 
de  tout  homme  étranger  à leur  race,  et  quel  tapage  dans  le  monde  si 
celle  du  Français  catholique  s’élevait  au  centième  seulement  I 


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CAUSERIE. 


XXXIII 


r Univers  israélite,  où  nous  ne  serions  pas  en  droit  de 
poursuivre  le  délit  qui  nous  aurait  été  reproché  par  le 
Juif  contre  le  Juif.  Mais,  soldat  que  nous  sommes,  nous 
ne  sommes  rien  moins  que  dénonciateur;  la  délation 
répugne  à nos  mœurs;  elle  est  chez  nous  une  lâcheté, 
une  ignominie.  Le  fils  d’Israël  a le  bon  goût  de  le  recon- 
naître,  et  déclare  par  son  plus  honorable  organe  vouloir 
se  tenir  franchement  sur  la  ligne  de  l’honneur,  qui  est  à 
la  fois  celle  de  l’habileté  suprême.  Eh  bien,  nous  bat- 
tons des  mains , et , sans  qu’il  arme  sa  bouche  des  me- 
naces de  la  loi,  nous  le  tenons  pour  notre  égal  ailleurs 
que  devant  un  article  du  Code.  Que  s’il  nous  faut  ce- 
pendant le  combattre , et  si  rude  que  soit  la  lutte , nous 
lui  accorderons  avec  empressement  et  de  grand  cœur, 
comme  à l’adversaire  qui  nous  inspire  non  point  le  mé- 
pris, mais  l’estime,  le  chevaleresque  salut  des  armes, 
et  nous  avons  l’espoir  de  le  compter  un  jour  parmi  les 
nôtres  en  l’amenant  à bénir  sa  défaite. 


Au  moment  où  se  termine  l’impression  de  notre 
livre,  parait  l’excellente  brochure  de  MM.  les  abbés 
Lémann  ; La  question  du  Messie  elle  concile  du  Vatican, 
8 novembre  1869;  Albanel,  Paris;  159  p.  in-8“. 

Nulle  contradiction  réelle  n’existe  entre  cet  écrit  et 
le  nôtre  sur  la  question  du  Messie,  où  ces  messieurs  se 
cantonnent.  Lorsqu’ils  la  localisent  et  que  nous  la  géné- 
ralisons, il  se  comprend  toutefois  que  nos  paroles  peu- 
vent différer  l’une  de  l’autre  sans  qu’il  y ait  entre 
nous  désaccord. 

Ajoutons,  à propos  de  cette  brochure,  que  s’il  nous 
arrive  d’attribuer  telle  ou  telle  croyance  au  Juif  talmu- 


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XXXIV 


CADSERIE. 


disant,  nous  ne  prétendons  point  établir  que  cette 
croyance  se  trouve  explicitement  dans  le  Talmud;  nous 
voulons  dire  tout  simplement  qu’elle  habite  le  cœur  et 
l’esprit  du  pur  orthodoxe,  de  celui  qui  forme,  selon  le 
mot  de  M.  l’abbé  Goschler,  né  dans  le  judaïsme,  « l’in- 
destructible noyau  de  la  nation.  » 

Les  dernières  pages  de  MM.  Lémann  s’accordent  de 
la  manière  la  plus  complète  avec  la  première  partie  de 
notre  ouvrage,  celle  que  nous  avons  supprimée , et  où 
nous  nous  trouvions  en  pleine  concordance  avec  le 
célèbre  Duguet  {Rhgles  pour  l'intslligence  des  Écritures 
saintes;  et  ; Vérité  sur  le  retour  des  Juifs,  377  pages 
in-12;  un  vol .;  Paris,  1716). 

Observons  enfin,  et  toujours  à propos  du  même  écrit, 
la  grande  différence  qui  existe  souvent  entre  ce  que 
croit  et  dit  le  commun  des  Juifs,  et  la  secrète  pensée 
des  chefs  ou  des  meneurs  mystérieux  de  la  nation  juive. 


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CAUSERIE. 


XMT 


NOTE  DE  LA  CAUSERIE. 

Le  Clin  uu  vol  a Paris.  Revu t des  DeuX'Mondetf  1*' juin  1869,  telle. 

Dans  un  article  de  trente-cinq  grandes  pages  de  la  Revue  des 
Deux-Mondes,  intitulé  le  Clan  du  vol,  et  décrivant  toutes  les  catégo- 
ries imaginables  de  voleurs,  les  Juifs  sont  nommés  six  fois  seulement. 
Sur  ces  trente-cinq  pages,  dix-sept  lignes,  c'est-à-dire  un  peu  plus 
d’un  tiers  de  page,  ou  la  centième  partie  de  l’article  environ,  forment 
la  part  qui  leur  est  consacrée.  Tous  les  autres  malfaiteurs  sont  Fran- 
çais. Mais  produisons  devant  le  tribunal  de  nos  lecteurs  le  texte  même 
des  passades  qui  concernent  le  Juif. 

• Le  voleur  qui  entasse  et  thésaurise  est  une  anomalie  qu’on  ne 
rencontre  que  chez  certains  Juifs  receleurs.  » P.  630.  — « Un  vieux 
Juif  nommé  Cornu,  ancien  chauffeur,  se  promenait  un  jour  de  beau 
temps  aux  Champs-Élysées.  Il  est  rencontré  par  de  jeûnas  voleurs 
grands  admirateurs  de  scs  hauts  faits,  qui  lui  disent  : Eh  bien,  père 
Cornu,  que  faites-vous  maintenant?  — Toujours  la  grande  soûlasse, 
mes  enfants,  répond-il  avec  bonhomie...  La  grande  soûlasse,  c’est 
l’assassinat  suivi  de  vol.  » P.  631 . — Il  y a des  familles  qui  semblent 
vouées  au  vol  do  génération  en  génération  ; « ce  sont  les  Juifs,  princi- 
paleinenl,  qui,  se  livrant  à des  méfaits  humb'cs,  mais  incessants, 
accomplissent  ces  sortes  de  fonctions  héréditaires.  Ils  sont  à craindre, 
non  par  leur  audace,  car  rarement  ils  assassinent,  mais  par  leur  per- 
sistance dans  le  mal,  par  l'inviolable  secret  qu’ils  gardent  entre  eux, 
par  la  patience  qu’ils  déploient  et  les  facilités  qu’ils  trouvent  pour  se 
cacher  chez  leurs  coreligionnaires.  Les  voleurs  juifs  se  mettent  rare- 
ment en  guerre  ouverte  contre  la  société  ; mais  ils  sont  toujours  en 
état  de  lutte  sourde  ; on  dirait  qu’ils  prennent  une  revanche,  qu’ils 
sont  dans  leur  droit,  et  qu’après  tout  ils  ne  font  que  ressaisir,  lorsque 
l’occasion  se  présente,  un  bien  dont  leurs  ancêtres  ont  si  souvent  et 
si  violemment  été  dépouillés  par  les  autres.  Parfois  ils  se  réunissent 
en  bandes  et  font  le  vol  on  grand,  comme  on  fait  le  négoce;  ils  ont 
leurs  correspondants,  leurs  entrepôts,  leurs  acheteurs,  leurs  livres  de 
commerce.  C’est  ainsi  que  procédaient  les  Nathan , dont  je  viens  do 
parler,  les  Klein,  les  Blum,  les  Cerf,  les  Lévy.  Tout  leur  est  bon  ; les 
plombs  détachés  des  gouttières  aus.<i  bien  que  les  mouchoirs  en'evés 
d’une  poche.  Le  chef  prend  généralement  le  titre  de  commissionnaire 
en  marchandises,  et  fait  des  expéditions  vers  l’Amérique  du  Sud, 
l’Allemagne  et  la  Russie.  Le  jargon  hébrafeo-gormain  qu’ils  parlent 


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XXXVI 


CAUSERIE. 


entre  eux  est  incompréhensible  et  sert  encore  à égarer  le.s  recherches. 
Ils  sont  les  premiers  receleurs  du  monde  et  dissimulent  leurs  actions 
derrière  un  métier  ostensiblement  exercé.  » P.  634. 

« Les  chauffeurs  étaient  nommés  suageurs,  ceux  qui  font  suer; 
rhuile,  c’est  le  soupçon  ; judacer,  c’est  dénoncer  quelqu’un  en  faisant 
semblant  d’étre  son  ami.  o P.  636. 

« Moins  brutaux  sont  les  carreurs  (escamoteurs  de  diamants),  Juifs 
d’origine  presque  tous,  et  qui,  humbles,  polis,  élégants  même,  évi- 
tent d’employer  les  moyens  excessifs  qui  peuvent  conduire  à d’irré- 
missibles châtiments.  » P.  642.  — Il  est  une  catégorie  de  voleurs  qui 
s’attaque  spécialement  aux  voleurs,  ce  sont  les  fileurs.  a Un  fait  digne 
de  remarque  : les  voleurs  juifs  excellent  à filer  les  voleurs  chrétiens; 
mais  ils  ne  se  filent  jamais  entre  eux.  » P.  648. 

Où  donc,  s’il  vous  plaît,  la  malveillance  dans  celte  énumération  de  • 
trente-cinq  pages  si  riches  en  détails?  Où  donc,  et  surtout  si  nous 
comparons  ce  qu’elle  nous  apprend  à ce  que  nous  a dit  des  Juifs 
M.  Cerfberr,  issu  de  race  judaïque?  Où  donc,  et  si  nous  le  rappro- 
chons des  Archives  Israélites  elles-mêmes,  qui  reconnurent,  il  y a 
deux  ans,  que  les  femmes  de  mauvaise  vie  de  sang  juif  l’emportaient 
en  nombre  sur  celles  de  tout  autre  peuple*  1 Comme  si  ces  femmes  ne 
figuraient  point,  pour  la  plupart,  et  dans  tous  les  pays  du  monde,  au 
rang  des  voleurs;  comme  s’il  ne  fallait  point  voir  en  elles  l’âme  du 
crime  et  les  auxiliaires  des  malfaiteurs  do  toutes  catégories? 

Le  Juif  de  France  s’éloigne  du  pur  Talmud  ; il  n’en  suit  plus  la  mo- 
rale, soit;  et  déjà  nous  avons  fait  sa  part  aussi  belle  que  l'histoire 
nous  le  permet;  mais  il  a,  dix-huit  siècles  durant,  professé  les  dogmes 
talmudiques,  qui  lui  faisaient  un  mérite  de  dépouiller  les  chrétiens  de 
leur  avoir.  Est-ce  que,  dans  la  lie  d’un  peuple,  de  telles  habitudes  se 
perdent  du  jour  au  lendemain? 

Toutes  les  autres  catégories  de  malfaiteurs  ont  des  Français  pour 
remplir  leurs  cadres.  Au  point  de  vue  du  judaïsme  lorrain,  M.  du  Camp 
n’a-l-il  pas,  en  les  signalant,  insulté  la  France?  Et  pourquoi  donc, 
alors,  les  Juifs  de  notre  pays  ne  se  sentent-ils  pas  attaqués  dans  ces 
autres  pages  en  qualité  de  Français? 

S'il  se  fût  dit  que  les  catégories  de  voleurs  attribuées  au  Juif  se 
composaient  de  Normands,  de  Gascons,  d’Auvergnats,  qu’elles  se 
recrutaient  surtout  parmi  les  serruriers,  les  charpentiers  et  les  maçons, 
qui  se  fût  jamais  avisé  de  se  plaindre  de  cet  outrage  en  Auvergne,  en 
Normandie,  en  Gascogne,  ou  dans  le  corps  des  arts  et  métiers?  Quel 
homme  en  France,  et  surtout  chez  les  Juifs  français,  se  fût  mis  en 

* Voir  notre  chapitre  V,  p.  124-142,  etc.,  et  Archivtt  israélileSf  XV , p.  71. 
1867. 


CAUSERIE. 


XXXVII 


tête  d'accuser  l'écrivain  < du  délit  d'excitation  à la  haine  et  au  mépris 
des  citoyens  entre  eux  »?  Quel  redresseur  de  torts  judaïque  l'eût,  à 
ce  propos,  haineusement  t dénoncc  au  Parquet  de  Paris  »,  réclamant 
à grands  cris  « la  Justice  du  pays  contre  de  tels  écarts  »,  et  soute- 
nant que  Us  chrilims  ses  frères  seraient  en  droit  d'y  voir  une  insulte 
à la  foi  qu’ils  professent?... 


NOTE  DESTINÉE  AU  CHAPITRE  XI,  p.  4S8. 

.Les  lignes  suivantes  semblent  être  à la  fois  le  résumé  et  la  confirma- 
tion de  l'un  de  nos  plus  importants  chapitres,  le  chapitre  xi,  et  de- 
vraient le  terminer,  mais  nous  les  recevons  trop  tard.  Nous  les  emprun- 
tons au  Golos  de  Saint-Pétersbourg , à la  date  du  3 (15)  octobre  4869. 
On  y verra  si  le  rôle  politique  et  prépondérant  que  se  donnent  et  que 
sont  résolus  de  jouer  les  Juifs  n'y  est  pas  indiqué  tel  que  nous  l'avons 
décrit. 

Le  colosse  russe  se  crispe,  se  convulse,  sous  les  traits  de  l'insolence 
juda'ique;  mais,  quelle  que  soit  la  hauteur  ou  la  dignité  de  son  lan- 
gage, le  Juif,  dont  il  foule  aux  pieds  la  plèbe,  est  déjà  l’un  de  ses  maî- 
tres, et  le  texte  même  de  cet  article  reconnaît  en  termes  furtifs  qu’il 
lui  faut  savoir  compter  avec  les  princes  de  Juda.  (Lire  sur  la  couver- 
ture de  ce  livre  1«  mot  de  if.  Disraeli  sur  la  Russie.) 

« A en  croire  les  journaux,  H.  Crémieux,  se  rendant  à Saint-Péters- 
bourg, va  présider  à Berlin  une  assemblée  générale  de  Alliance 
israèlite  universelU,  qui  se  propose  de  traiter  de  la  situation  malheu  - 
reuse  des  Juifs  dans  la  Russie  occidentale. 

» Cette  fameuse  Alliance  s’est  considérablement  écartée  de  sa  desti- 
nation primitive,  qui  est  de  s'occuper  exclusivement  du  développement 
moral  de  la  race  juive  ! Placée  sous  la  direction  d’un  ex-ministre  répu- 
blicain, elle  a donné  fort  mal  à propos  dans  la  politique,  etM.  Crémieux 
s’est  mis  à jouer  sérieusement  le  rêle  de  président  de  la  république 
juive  universelle.  Il  se  met  directemerU  en  rapport  avec  les  gouverne- 
ments des  autres  pays,  tout  comme  s’il  était  lui-même  le  chef  d’un 
gouvernement.  Et,  ce  qui  est  plus  étrange,  certains  gouvernements  lui 
répondent  comme  à un  homme  investi  d’un  pouvoir  souverain! 

» Tout  le  monde  se  rappelle  quel  orage  a soulevé  M.  Crémieux  à 
propos  (de  la  prétendue  persécution  des  Juifs  dans  les  principautés 
danubiennes.  Il  a même  osé  adresser  des  questions  é notre  gouverne- 
ment quand  on  a expulsé  de  Saint-Pétersbourg  des  Juifs  qui  n’avaient 


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xxxviit  CAUSERIE. 

pas  le  droit  d’y  demeurer,  et  il  est  parvenu  à obtenir  des  explications 
DBTAILLÉBS  (ur  cc  Sujet. 

a Quel  est  donc  enfin  ce  M.  Crëmieux?  un  chef  d'Élat  ou  un  simple 

particulier? Il  nous  semble  que  traiter  avec  lui  comme  avec  un 

personnage  officiel  n’est  conforme  ni  h notre  dignité , ni  à notre  bon 
sens.  Il  n’y  a pas,  comme  on  sait,  d’Ëtat  juif  en  ce  tnonienl.  Il  ne  peut 
donc  être  question  d’un  gouvernement  juif,  et  moins  encore  d’un  gou- 
vernement universel  I 

a Ses  succès  en  Roumanie  l’encouragent  peut-être  à intervenir  dans 
les  alTalrcs  de  nos  Juils A Bucbarest,  les  conseils  amicaux  de  Napo- 

léon III  peuvent  être  reçus  commodes  ordres;  maisà  Saint-Pétersbourg? 
— Que  M.  Crémieux  se  rappelle  à quoi  sont  arrivées  des  personnes 
beaucoup  plus  puissantes  que  lui,  quand  elles  ont  voulu  intervenir  dans 
les  affaires  de  nos  Polonais.  > 

.\insi parle  le  Russe;  soit;  mais  la  puissance  de  maître  Crémieux  ne 
réside  nullement  dans  sa  personne.  Elle  est  dans  cette  république  uni- 
verselle nommée  par  le  Golos,  et  qui,  chez  les  Juifs,  porte  le  nom 
mystique  & Alliance  israélite.  C’est  elle  que  le  Golos  accuse  de  prélu- 
der au  gouvernement  universel  que  Juda  se  propose  d’établir  sur  les 
ruines  des  États  chrétiens  judalsés. 

Cependant  détournons-nous  du  czar , et  revenons  au  prince  de  la 
Roumanie.  Ce  prince  fait  une  visite  à Paris , où  MM.  les  barons 
Alphonse  et  Gustave  de  Rothschild  l’irutruisani  de  l’étal  des  Juifs 
soumis  à son  sceptre.  Il  est,  se  dit-il,  a vivement  touché  du  tableau  des 
souffrances  auxquelles  les  Israélites  de  la  Roumanie  sont  en  butte  de 
la  part  d'une  population  fanatique,  et  veut  bien  déclarer  qu'il  usera 
de  toute  son  autorité  pour  prévenir  le  retour  de  faits  si  profondément 
regrettables  ». 

Or,  il  arrive  que,  quelques  jours  après,  les  mêmes  instances  sont 
faites  au  prince , à Paris  encore , par  l’Israélite  Bamberger , consul  de 
Prusse  : Allons,  « pour  vous  prouver  que  Je  n'ai  aucune  espèce  de  pré- 
jugé contre  les  Juifs,  reprit  le  prince,  je  m’invite  moi-même  chez  vous... 
demain  je  dînerai  chez  vous.  » 

< M.  Bamberger  rougit  jusqu’aux  oreilles  » et  finit  par  dire  : « De- 
puis plusieurs  années  je  suis  protestant;  car,  comme  Israélite,  le  gou- 
vernement prussien  ne  m’eiit  jamais  nommé  consul  I — Eh  bieni 
répliqua  le  prince;...  pourquoi  donc  les  puissances  exigent-elles  que 
moi,  en  Roumanie,  je  sois  plus  tolérant  et  plus  libéral  que  ne  l’est  le 
chef  de  ma  famille  dans  la  Prus.se  tolérante?  a Archives  israélites,  XXI, 
p.  643,  646;  novembre  4869.  Lire  notre  chapitre  xi  et  y rapporter 
cette  note,  qui  pourtant  ne  verse  point  ici  même  un  jour  inutile. 

En  Gallicie,  comme  en  Roumanie,  « on  peut  (lire  sans  rxagé- 


CAUSERIE.  XXXIX 

ration  que  les  enfants  d’Israël  sont  un  véritable  fléau.  » Il  s'y  est 
d’ailleurs  organisé  des  spéculateurs  de  cette  nation  qui  < se  marient 
plusieurs  fois,  dans  des  localités  différentes,  avec  de  belles  et  jeunes 
Juives, pour  les  vendre  ensuite  en  Orient  et  en  Afrique  »,  et  les  livrer 
à des  maisons  de  débauche  (Tribunal  de  Neusande.)  Puis,  qu’une  pau- 
vre fille  juive,  pour  se  soustraire  aux  mauvais  traitements  de  parents 
dénaturés,  cherche  un  refuge  passager  dans  un  couvent  catholique,  et 
la  population,  soulevée  par  les  Juifs,  ira  forcer  cet  asile  pour  en  arra- 
cher la  jeune  fille  ' I 

I Uermann  Rtihn,  Monde^  l*'  noTctnbre  1869,  et  Corru})ondanee  aUcmandet  U.  le 
l'IaDC,  pseudonyme  uès-bieu  posé  pour  voir  et  pour  savoir. 


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s 


LES  JUIFS 


PREMIÈRE  PARTIE 

OU  PRÉMISSES  D'OU  NOUS  VERRONS  DÉCOULER  LES  MOEURS  DU  JUIF. 
C'EST-A-DIRE  LA  MORALE  EN  ACTION  DU  JUDAÏSME. 


CHAPITRK  PREMIER. 

LES  TRADITIONS. 


Le  Juif  est  le  dernier  des  hommes,  — Au  contraire,  le  Juif  est  le  pre- 
mier des  hommes!  — Temps  anciens;  traditions  pharisalques  des 
Rabbins  ; elles  sont  la  source  d«i  Talmud.  — sont  les 

croyances,  et  par  conséquent  quelles  sont  les  mœurs  des  Juifs?  — 
Le  peuple  juif  distinct  de  tout  autre  peuple.  — Le  c.araclère  qui  le 
distingue  varie  dès  que  se  manifeste  la  décadence  de  sa  loi  religieuse. 
— Celle  loi  éL  il celle  de  Moïse.  — Klle  fut  attaquée  par  l’idolâtrie, 
dont  les  doctrines  sont  celles  de  la  cabale  sabévife  primitive  (voir  à 
la  fin  de  ce  livre),  elpar-les  t'aduions  rabbiniques  dont  se  forme  le 
Talmud.  — Il  y a donc  un  abime  entre  ces  traditions  talmudiques 
et  la  loi  de  MoLse,  que.  depuis  >e  Christ,  le  Juif  no  peut  appeler  sa 
loi  religieuse  sans  mentir  a l’hisloire  et  à sa  foi. 

O Juif,  recule,  et  vile!  car,  un  peu  plus,  et  lu  risquais 

de  nous  toucher,  loi  le  dernier  des  hommes! Ce  que 

rOrienl,  lorsque  nous  l’avons  parcouru,  nous  a fail  voir, 
c’esl  que  quiconque  se  respecle  et  le  renconlre  le  crache 
au  visage,  le  louche  de  son  bàlon,  ou  le  caresse  du  bout 
de  son  pied.  Cependant,  nos  paroles  te  font  sourire  de  dé- 
dain, car  l’or  abonde  dans  tes  coffres-,  el  qu’y  a-l-il  au-des- 
sus de  l’or?  Ainsi  raisonnes-lu^  nous  le  savons,  et,  vrai- 
ment, lu  raisonnes  à merveille  pour  un  Juif.  Mais  va,  tous 

n’ont  pour  le  dire  qu’une  bouche^  l’or  que  lu  caches  et 

1 


* LES  JUIFS, 

celui  dont  tu  fais  étalage,  a l’odeur  du  sang  ou  de  la  boue; 
c’est  pourquoi  l’ennemi  meme  du  prêtre  catholique,  M.  Mi- 
chelet, vient  de  le  crier  par  dessus  les  toits  : tu  es  l'homme 
sur  lequel  tout  le  monde  crache!  Au  large,  Juif,  au  large! 
et  garde-  toi  bien  de  nous  approcher  : que  ton  vêtement  ne 
touche  point  le  nôtre  ' ! 

...  Que  disons-nous,  mon  Dieu!  et  quelles  paroles  indi- 
gnes s’échappent  de  nos  lèvres!  Oh  non,  Juif,  avance,  toi 
le  premier,  le  plus  parfait  des  hommes,  l’élu  du  Ciel; 
avance,  et  ne  nous  humilie  point  en  reculant,  si  nous  nous 
approchons  de  ta  personne.  Antique  adorateur  du  vrai  Dieu, 
quel  sang  plus  pur  et  plus  noble  que  celui  du  fds  d’A- 
braham,  dont  la  généalogie  écrite  dans  les  pages  de  la 
Bible,  la  plus  certaine  et  la  |>lus  ancienne  des  histoires, 
traverse  sans  s’y  perdre  les  eaux  du  déluge,  et  remonte,  par 
une  suite  d’ancêtres  connus,  au  premier  des  hommes.  Nous 
autres  chrétiens,  fils  d’Abraham  par  adoption,  et  devenus, 
depuis  le  Christ,  les  nobles  devant  Dieu  et  devant  les  hom- 
mes, les  maîtres  de  la  terre  et  les  héritiers  du  ciel,  nous 
voici  choir  dans  l’ère  de  notre  décadence;  voici  que  nous 
allons  te  céder  la  terre  et  Dieu.  Prends-les  vite,  toi  qui  sais 
si  bien  prendre,  et  rentre  dans  tes  droits.  Aux  perfections 
supérieures  de  ta  constitution  physique  et.  de  tes  facultés  iiucllcc- 
tueUes,  qui  nous  étonneront  tout  a l’heure,  ajoute,  après 
l’èrc  de  tourmente  qui  menace  le  monde,  les  perfections  qui 
te  manquent.  Missionnaire  historique  de  la  cité  du  mal , et 
missionnaire  futur  de  la  cité  du  bien  ‘,  permets  cependant, 
ô Juif,  notre  maître  déjà,  notre  seigneur  bientôt,  permets 
qui)  nous  nous  rapprochions  de  toi  pour  te  traiter  en  frère 
allié",  ne  nous  crache  pas  au  visage  et  ne  nous  crie  pas  : 
Heenle  ! 

Qcs  deux  mots,  qui  prétendent  te  résumer,  nous  ont  fait 


■ Ces  mœurs  sauvages  disparaissent  de  l’Afrique  française,  où  nos 
lois  les  ont  dt’jà  réprimées. 

^ Nous  allons  dans  un  moment  expliquer  ce  qu’il  y aurait  d’énigma- 
tique dans  notre  langage. 


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CHAPITRE  PREMIER.  3 

entendre  le  pour  el  le  contre.  Enfant  béni  du  grand  pa- 
triarche, problème  dont  l'inconnue  commence  à se  dégager, 
qu’es-tu  donc,  en  définitive?  Quelle  vie  menas-tu  depuis  le 
Christ  jusqu’à  ce  jour.?  Que  sont  tes  frères?  Sont-ils  un  peu- 
ple distinct  et  pur  d'alliage?  Sont-ils  une  race  qui  s’est  mé- 
salliée, fondue,  ou  qui  se  fond  dans  la  masse  des  peuples? 
Sont-ils  les  hommes  d’un  culte  qui  repousse  comme  impur 
et  maudit  tout  autre  homme  et  tout  autre  culte?  Où  mar- 
chent-ils? Quelle  est  leur  mission?  Que  veulent-ils?  Où  les 
porte,  où  les  pousse  le  vent  qui  souffle  sur  ces  vagues  mo- 
biles que  des  bouches  éloquentes  ont  appelées  l’océan  des 
peuples? 

Réponse  : — Malgré  la  différence  énorme  du  jour  pré- 
sent aux  siècles  qui  ne  linirent  qu’hier,  les  Juifs  sont  un 
peuple  tout  autre  que  tout  autre  peuple  qui  vécut  ou  qui 
vit.  Leur  foi,  leur  loi,  leur  cœur,  se  refusent  à toute  fusion, 
la  repoussent , et  tout  alliage  leur  est  dégoût.  Cependant 
les  Juifs  sont  une  race  d’hommes  qui  se  répand  au  milieu 
de  toutes  les  races  humaines ^ mais  ce  mélange  apparent, 
gardez-vous  de  l’appeler  une  fusion  ; car  nulle  puissance  en- 
core ne  saurait  combiner  l’élément  juda'ique  avec  l’élément 
humain  que  distingue  un  sang  étranger,  une  foi  qui  tran- 
che sur  le  Talmud.  Et  pourtant  on  les  dit  citoyens,  ces 
Juifs  qui  commencent  à fouler  aux  pieds  le  Talmud,  ce 
code  religieux  du  Judaïsme;  ils  se  parent  avec  empresse- 
ment de  ce  titre,  chez  les  peuples  où  leur  génie  parvint  à 
conquérir  le  droit  de  cité.  Déjà  donc  on  peut  commencer  à 
le  dire  : Il  n’y  a plus  de  Juif;  le  Juif  disparaît  de  la  scène, 
le  Juif  s’en  va 

Plus  de  Juifs?  Quelle  bouche  oserait  l’affirmer?  Non;  ja- 
mais, au  conti'aire,  il  n’y  eut  plus  de  Juifs,  et  jamais  le  Juif 
ne  s’affirma  plus  hautement.  Le  Juif  est  partout,  il  va  se 
faire  voir,  il  va  nous  expliquer  l’énigme  de  sa  marche  et  de 
scs  contradictions...  Oui,  qu’un  incident  semble  un  instant 
lui  annoncer  celui  qu’il  ne  cesse  d’attendre  pour  Messie,  et 
soudain  l’Europe  verra  ce  que  sont  ces  citoyens  à nationa- 

I. 


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LKS  JUIFS. 


{ 

lilé  double Ou  bien,  éclate  une  guerre,  a|>rès  que,  se 

pliant  aux  exigences  de  leur  culte,  rKurope  libérale  aura 
séparé  dans  ses  armées  les  légions  judaïques  des  légions 
cbrétiennes,  et,  si  la  question  par  un  de  ses  côtés  intéresse 
Israël,  lancez  l’un  contre  l’autre  les  Juifs  des  Etats  belligé- 
rants. Cette  éjireuve  vous  dira  si  les  frères  s'entr’égorgent; 
si  la  foi  du  soldat  l’emporte  sur  celle  du  croyant;  en  un 
mot.  si  les  descendants  des  douze  tribus  sont  citoyens  des 
Etats  chrétiens  ou  de  la  tiaiinn  juive. 

Une  même  et  invariable  croyance  unirait  donc  l’un  a l’au- 
tre, chez  tous  les  peuples  qui  les  ont  faits  citoyens,  ces  hom- 
mes d’un  même  sang,  ainsi  qu’une  même  foi  joint  et  unif 
l’un  k l’autre,  dans  le  sein  de  l’orthodoxie  catholique,  des 
hommes  de  toutes  nations?...  Non!  loin  de  là,  maintntaut . 
Cette  union  dans  leur  foi,  qui  fut  invincible,  et  dont  la  du- 
rée atteignit  nos  jours,  a cessé  d’être.  Et,  cependant,  les 
plus  orthodoxes  et  les  plus  dissidents  en  Israël,  c’est-à-dire 
les  deux  extrêmes,  ceux  qui  croient  fermement  et  ceux  qui 
ne  croient  plus,  fidèles  à une  mission  qu’ils  appellent  di- 
vine et  dont  ils  sont  les  aveugles  instruments,  se  rangent 
sous  le  drapeau  d’un  même  culte,  reconnaissent  pour  chefs 
les  memes  hommes,  et  se  rencontrent  fraternellement  dans 
les  mêmes  temples.  Le  sol  du  temple  est  pour  eux  le  sol  de  la 
patrie  al  senic;  et  cette  patrie  d’autrefois,  cette  patrie  aprè.s 
laquelle  ils  soupirent , celte  terre  sainte  arrosée  du  sang  des 
fils  de  Chanaan,  les  uns  la  rêvent  ce  qu’elle  fut  ; les  autres, 
que  dévore  uue  ambition  sans  limites,  l’élargissent  dans 
leur  insatiable  convoitise  et  veulent  qu’elle  soit  pour  eux  le 
monde  entier;  car  le  Messie  réel,  ou  symbolique,  qu’ils  at- 
tendent, leur  a promis  la  domination  de  la  terre,  l’oppres- 
sion de  l’Eglise  du  Christ,  la  sup|)res.sion  du  nom  chrétien, 
le  prochain  et  universel  assujettissement  des  peuples  ; — 
qui  le  croirait?  Mais  le  Juif  lui-même  va  nous  l’allirmer. 
Voilà  donc  quelle  est  encore  la  ferme  attente  du  Juifl  Assis 
dans  sa  patience  féline,  il  attend;  il  attend,  aidé  <le  faction 
de  sociétés  puissantes  et  occultes;  machines  irrésistibles  de 


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CHAPITRE  PREMIER. 


destruction,  que  la  Cabale  et  le  pliilosnphisine,  dont  il  fut 
et  lie  cessa  d'être  l’dme,  organisèrent  pour  son  triuinplie  d’nn 
bout  k l’autre  des  siècles  et  des  empires 

Mais  ce  peuple  unique  dans  son  genre,  ce  peuple  à la  fois 
exclusif  et  cosmopolite,  ne  le  jugeons  que  sous  le  jour  décisif 
de  l’évidence,  et  que  sa  propre  parole  soit  celle  de  nos 
principaux  arrêts.  Hardis  soyons  donc  à nous  enfoncer  pour 
quelques  instants  dans  le  passé , c’est-k-dire  k remonter 
quelques  échelons  de  l’échelle  des  siècles,  alin  de  do- 
miner le  cours  des  choses  et  d’étendre  sans  efforts  nos 
regards. 

Avant  tout,  cependant,  usant  d’une  utile  précaution  de 
discours,  nous  nous  tournerons  vers  le  lecteur  et  nous  lui 
crierons  : Qui  que  tu  sois,  homme  qui  passes  k la  portée  de 
notre  plume,  juif  ou  chrétien,  si  tu  nous  dis  qui  tu  hantes, 
nous  te  dirons  qui  tu  es.  Rien  de  plus  incontesté  que  cet 
adage,  car  un  secret  ressort  pousse  k l imitation  ta  nature-, 
et  ceux  que,  de  préférence,  nous  te  voyons  rechercher,  ce 
sont  ceux  du  côté  desquels  versent  tes  penchants.  Le  cœur 
nous  entraîne  et  si  vite  et  si  loinl  le  cœur  fausse  et  tord  si 
puissamment  notre  intelligence!  .Mais  nous  dirons  aussi 
carrément  k tout  inconnu  : Si  nous  savons  ce  t/ue  tu  crois, 
nous  t’apprendrons  ce  que  tu  fais.  Car  l’homme  agit  d’après 
sa  croyance;  sa  foi  gouverne  et  façonne  ses  mœurs.  Il  croit 
k l’excellence  de  telle  nourriture,  il  la  fait  entrer  dans  son 
régime;  il  croit  que.  tel  chemin  conduit  k tel  but,  il  engage 
ses  pas  dans  ce  chemin  s’il  veut  arriver  k ce  but.  Donc  telle 
sera  la  croyance  religieuse  d’un  homme,  telle  sera  la  règle 
de  ses  mœurs,  sa  morale,  tels  seront  ses  actes,  sa  vie;  et 
c’est  l'a  ce  que  les  siècles  ont  prouvé. 

N’avons-nous  point  vu  les  dogmes  et  les  mystères  du 
paganisme  souiller  dans  sa  lleur  la  jeune  fille,  instruite  k 
croire,  et,  par  l'a  même,  k pratiquer  les  leçons  d’un  culte 
immonde?  Ne  les  avons-nous  pas  vus  flétrir  et  ravaler  la 

' Nos  recherches  nous  obligent  à voir  dans  la  cabale  tout  autre  chose 
que  ce  qu'y  vit  Bergier.  Voir  plus  bas. 


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6 


LES  JUIFS. 


matrone,  remplir  les  temples  de  prostitiides  au  nom  des 
dieux  du  ciel,  introduire  et  fonder,  sous  mille  formes,  la 
servitude  morale  à côté  de  l'esclavage  corporel  et  du  culte 
homicide? 

La  loi  du  Christ,  au  contraire,  la  foi  chrétienne  n’a- 
t-elle  pas  fait  germer  les  vierges?  n’a-l-elle  pas  relevé  par 
la  pénitence  la  virginité  déchue  des  Madeleine?  n’a-t-elle 
pas  humanisé  les  bêtes  féroces  qni  hurlaient  les  idiomes 
du  Nord?  n’a-t-elle  pas  dissous,  plutôt  que  brisé,  les 
fers  des  ergastules?  Et,  jusque  dans  la  boue  de  sang  des 
amphithéâtres,  remuant  la  pourriture  du  cœur  romain, 
n'a-t-elle  pas  fait  sortir  des  ardentes  moiteurs  de  ce  fumier 
les  perles  vivantes  de  la  charité,  du  dévouement  et  du 
martyre? 

Or,  ce  que  l’histoire  a dit  de  l’idolâtre  et  du  chrétien, 
qui  de  nous  oserait  le  nier  du  Juif?  Si  donc  nous  retournons 
l’ordre  des  choses,  comment,  â prendre  le  Juif  d’âge  en 
âge,  â suivre  les  parfums,  les  senteurs  de  vices  ou  de  vertus 
dont  il  sature  autour  de  lui  l’atmosphère  -,  â le  juger  jadis  et 
aujourd’hui  par  ses  actes,  par  scs  mœurs,  par  les  irrésis- 
tibles colères  ou  par  les  sentiments  excessifs  qui  de  toutes 
]iarts  ont  éclaté  sur  scs  pas , comment  ignorer  ce  que  fui  et  ce 
que  devient  sa  foi  ? 

Source  et  mesure  de  ses  actes,  sa  croyance  dut  être  et  fut 
en  effet,  la  raison,  la  source  et  la  mesure  de  sa  moralité. 
Tant  valait  celle  foi,  tant  valut  le  Juif.  Eh  bien,  que  crut-il 
donc,  et  que  croit-il  aujourd’hui?  quelle  est  sa  loi,  c’est- 
à-dire,  en  d’autres  termes,  quelle  est  sa  foi? 

Vous  qui  l’écoutez,  chapeau  bas!  car,  s’il  dit  vrai,  ce 
Juif,  sa  foi,  c'est  la  loi  de  Moïse!  Dieu  la  traça  de  son  doigt 
sur  la  pierre  de  la  montagne,  lorsqu’elle  s’était  effacée  de  la 
pierre  du  cœur  humain.  Et  c’est  en  serrant  le  Décalogue 
contre  sa  poitrine  avec  les  démonstrations  de  l’amour  que  le 
Juif  s’écrie  : Voici  le  code  immortel  de  ma  croyance!  (espé- 
rant donner  le  change  an  chrétien  et  défier  sa  critique).  A. 
Mo'ise  donc  de  nous  dire  ce  que  croit  Israël. 


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CHAPITRE  PREMIER. 


7 


Un  seul  Dieu  créateur  sera  ton  Dieu;  — Tu  ne  tueras 
point;  — Tu  ne  commettras  pointée  fornications;  — Tu  ne 
déroberas  point;  — Tu  ne  porteras  point  de  faux  témoignage; 
— Tu  ne  convoiteras  ni  la  maison  de  ton  prochain,  ni  sa 
femme , ni  son  serviteur,  ni  son  bœuf,  ni  son  âne,  ni  aucune 
des  choses  qui  lui  appartiennent...  Voilà,  voilà  la  foi,  voilà 
la  loi  du  Juif!  Respect  et  honneurà  ce  digne  croyant , et  que 
la  porte  des  alcôves , que  celle  des  plus  secrets  coffre-forts 
restent  ouvertes  devant  la  main  de  cet  homme;  car,  au 
simple  énoncé  des  préceptes  de  sa  religion  et  des  règles  de 
sa  morale,  qui  ne  croirait  voir  en  lui  le  modèle,  la  foice  et 
la  joie  de  l’humanité? 

Telle  est  en  effet  la  conclusion  à laquelle  nous  amène  en 
faveur  du  Juif  l’Israélite  Bédarride.  Et  que  notre  étonnement 
soit  de  courte  durée,  car  si  tout  s«  voit  en  France^  tout,  à 
plus  forte  raison,  doit  se  dire.  Sachons  donc  prêter  une 
oreille  complaisante  à ce  tils  de  la  race  judaïque. 

« Le  monde,  nous  dit-il , a découvert  qu’il  est  impossible 
de  détruire  les  Juifs...  Pharaons  égyptiens,  rois  assyriens, 
empereurs  romains,  croisés,  Scandinaves,  princes  goths, 
saints  inquisiteurs,  tous  ont  déployé  toute  leur  énergie  pour 
arriver  à ce  but.  » Et  cependant,  « les  Juifs,  après  ces  coups, 
sont  probablement  encore  plus  nombreux  aujourd'hui  qu’ils 
ne  l’étaient  à Jérusalem  à l’époque  du  règne  de  Salomon  '.  [.a 
conséquence  à tirer  de  ces  faits,  c’est  que  l’homme  ne  peut 
manquer  d’échouer  quand  il  tente  de  violer  l’immuable  loi 
naturelle  qui  veut  </u’une  race  supérieure  ne  soit  jamais  détruite 
ou  absorbée  par  une  race  inférieure.  » 

Cependant,  « il  ne  faudrait  pas  se  méprendre  sur  le  sens 
de  ces  mots  : race  supérieure.  Les  Juifs  ne  sont  pa.«,  ne 
prétendent  pas  être,  indwidudlemeni , supérieurs  au  reste  des 
hommes  ; mais  ils  sont  dépositaires  d’une  loi  qui,  remontant 
au  berceau  du  monde,  se  trouve,  quand  on  la  considère 

' Même  pensée  dans  Coninqsby,  de  M.  d'Israëli,  homme  d’Êlal  bri- 
tannique d’origine  juive;  elle  y est  plus  insolemment  exprimée  : Oo 
you  Ihink  thaï  the  quiet  humdrum,  etc.,  p.  183.  — Paris,  1844. 


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8 


LES  JUIFS. 


dans  son  essence,  quand  on  l’examine  dans  sa  pureté, 
au  niveau  de  la  civilisation  la  plus  avancée...  Voilà  l’écueil 
contre  lequel  les  persécutions  sont  venues  se  briser-,  voilà  ce 
qui  explique  la  merveilleuse  résistance  des  Juifs  '.  » 

Oh  non!  tel  n’est  certainement  pas  l’écueil  contre  lequel 
les  persécutions  sont  venues  se  briser , car  de  longs  siècles  se 
sont  écoulés  depuis  que  le  code  religieux  de  Moïse  a cessé 
d'être  le  régulateur  de  la  nation  juive-,  et  d’ailleurs,  le  fût- 
il  encore,  ce  serait  faire  une  brutale  insulte  à la  raison  de 
l’homme  que  de  comparer  à la  loi  magnifique,  mais  ter- 
rible, qui  porte  le  nom  de  Moïse,  la  loi  d’amour  ou  de  cha- 
rité du  Christ,  la  seule,  si  l’iiistoire  est  un  témoin  fidèle, 
dont  la  vertu  parvint  à civUUer  le  monde  des  nations  policées 
et  le  monde  des  hordes  barbares.  . 

Afiirmer  que  la  loi  de  Moïse  est  la  loi  du  Juif,  ce  serait 
tromper  les  peuples  disposés  à le  juger  d’après  sa  foi-,  ce 
serait  jeter  au  milieu  du  monde  social  l’assertion  la  plus 
dangereuse  par  ses  conséquences,  et  la  plus  fausse  en  réa- 
lité^ cependant,  la  ténacité  caractéristique  des  fils  de  Jacob 
ne  se  lasse  point  de  la  reproduire  au  milieu  des  nations 
chrétiennes,  et  toujours  elle  s’y  reproduit  avec  un  étonnant 
succès^  telle  est,  au'ourd'hui^  la  singulière  et  calamiteuse 
ignorance  des  peuples  sur  les  personnes  et  les  choses  du 
judaïsme.  Aussi  voyons-nous  cette  monstrueuse  et  grotes- 
que erreur  tourner  au  très-grand  et  singulier  avantage  du 
Juif  le  cours  des  relations  d’homme  à homme,  les  disposi- 
tions du  législateur  et  les  plans  de  la  politique  européenne, 
tandis  qu’elle  facilite  l’œuvre  des  philosophes,  qui,  devenus 
les  docteurs  infaillibles  de  l’humanité,  se  sont  faits  les  auxi- 
liaires des  ennemis  de  la  foi  chréiienne,  les  hommes  du  Juif. 

Entre  les  autorités  sans  nombre  dont  la  parole  a tranché 

‘ Page  434.  Les  Juifs  en  France,  en  Italie,  en  Espagne,  2'  édit.,  par 
Bédarride,  avocat  à la  Cour  impériale  de  Montpellier,  chevalier  de  la  Lé- 
gion d’honneur,  ancien  bâtonnier,  Paris,  1861.  Nous  ne  voulons  nulle- 
ment douter  de  l’honorabiliié  de  M.  Bédarride,  mais  il  est  avocat,  il  est 
Juif,  et  nous  verrons,  chemin  faisant,  de  quelle  encre  les  Juifs  écrivent 
l'histoire... 


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CHAPITRE  PREMIER. 


!♦ 

cette  question,  l’illustre  hébraïsant  Buxtorf  nous  a tenu  ce 
langage  ' : « Les  Juifs  ont  puisé  les  fondements  de  leur 
croyance,  et  de  toute  leur  religion,  non  pas  dans  /es /tires  de 
Moïse,  mais  dans  des  traditions  monstrueuses,  fausses,  frivoles, 
et  dans  des  fab/es  racontées  par  des  séducteurs  de  la  sccte  pha- 
risaîque*.  » Cependant  une  Irès-lionorable  exception  à ce 
prodigieux  écart  du  bon  sens  judaïque  s’olfre  b nous  dans  la 
secte  imperceptible  des  Caraïtes,  dont  l’existence  est  la  con- 
firmation vivante  des  paroles  de  Buxtorf.  Mais  le  nom  de  ces 
fidèles  sectateurs  de  Moïse  nous  est  probablement  inconnu^ 
demandons-nous  donc  ce  que  sont  ces  Juifs  dissidents,  et 
quel  est  leur  nombre? 

n.lJiie  seule  secte,  celle  des  Caraïtes,  ne  reconnaît  que  la 
loi  de  Moïse,  et  rejette  le  Ta/mud;  mais  cette  secte  ne 
compte  pas  au  delà  de  douze  cents  jidè/es' . » 

Les  Caraïtes,  en  effet,  rejettent  tout  /e  système  traditionnel 
des  Pharisiens;  et  c’est  h ce  système  que  fut  et  que  reste 
étroitement  attachée  la  presque  totalité  des  membres  judaï- 
sants  de  la  nation  juive,  dispersée  sur  la  surface  du  globe. 
Car  II  l'entêtement  pour  les  prétendues  traditions  a passé  des 
Pharisiens  anciens  aux  modernes.  » Ceux  de  nos  jours  sou- 
ticniieut  donc  que  le  Juif  « qui  rejette  /a  /oi  ora/e,  — c’est- 
à-dire  la  loi  traditionnelle  ou  pharisaïque,  — devient  apo- 
stat, et  qu’il  mérite  /a  mort  sans  aucune  forme  de  procès.  » Il 


' Professeur  à Bâle,  né  en  (554,  mort  en  (649. 

5 Synay.  Judaïc.,  eap.  xxxvi. 

^ Douze  cents  sur  quatre  millions  de  Juifs!  //ist.  des  affaires  de 
Syrie,  eic.,  par  Ach  Liiurenl,  membre  de  la  Société  orieniaie,  i vol. 
in -8».  Paris,  (846,  Gaume,  t.  Il,  p.  353,  et  iuiires  auteurs.. t a Les 
Karattes,  dit  le  H.  P.  Bonaveniure  du  Maine,  ont  pour  auteur  un 
ceriaiii  Anen,  qiii  vivait  à Babylone  vers  l'an  740  de  notre  ère.  Le 
savant  Israélite  Samuel  David  Luzzato.  de  Trieste,  professeur  à Padoue, 
démontre  avec  sa  lucidité  ordinaire  dans  ses  l’rotogemeni  ad  una 
grammatica  ragionata  délia  lingua  Ilebraica,  p.  (5,  que  Triglandius 
s'est  trompé  en  soutenant  l'antiquité  prétendue  de  cette  secte...  » 
Congrès  de  Malines,  4*  session,  1864,  M.,  t.  I'%  p.  4(4.  — Les 
Karaltcs,  dit  M.  l'abbé  Blanc,  dans  son  excellent  Cours  d'histoire 
ecclésiastique,  les  Karattes,  dont  l’origine  n'est  pas  moins  incertaine, 
Mraisseni  toutefois  remonter  à un  siècle  et  demi  avant  l'ère  chrétienne. 
T.  I",  p.  9.  (867. 


* 


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40 


LES  JUIFS. 


est  en  outre  de  notoriété  que  leur  haine  ne  connaît  aucune 
borne  « contre  les  Caraïtes,  religieusement  attachés  au  texte 
de  U aise  cl  à la  parole  de  Dieu  » 

Cependant,  les  changeracnis  les  plus  étranges,  cl  de  la 
plus  singulière  rapidité,  s'opèrent  depuis  quelques  années 
dans  le  sein  de  l'immuable  Judaïsme,  et  nous  lisons  sans 
trop  d’étunnement,  dans  la  Iteme  libérale  des  Judàisants 
français,  cette  nouvelle,  b laquelle,  il  y a moins  d’un  siècle, 
tout  Juif  (le  bon  sens  eût  refusé  de  croire  : « La  commu- 
nauté juive  des  Karaïtes  de  la  Turquie  d’Europe  forme  un 
chiffre  d’environ  quatre-vingt-dix  familles,  et  tous  ses  mem- 
bres viennent  de  se  joindre  b l’Alliance  Israélite  univer- 
selle *.  » 

La  Synagogue,  avant  l’époque  de  décadence  actuelle, 
avait  donc  presque  universellement  osé  mettre  Moïse  b l’in- 
dex; elle  avait  fait  des  livres  sacrés  de  la  Bible  l’escabeau 
de  scs  docteurs;  et  Pfetfercorn , Victor  de  Cobden,  Jér(‘)me 
de  Sainte-Foi,  devenus  chrétiens  après  avoir  doctement 
vécu  dans  les  doctrines  du  Talmud,  c’est-b-dire  dans  l'obéis- 
sance aveugle  aux  traditions  rabbiniques,  démontrèrent  que  les 
Juifs  modernes  ont  « non-seulement  abandonné  la  loi  de 
Moïse  » pour  se  livrer  b des  doctrines  orales  et  b de  capri- 
cieuses interprétaiions,  mais  qu’en  outre  « ils  ont  introduit  au 

' Histoire  des  Juifs,  pour  servir  de  supplément  et  de  continuation  à 
celle  de  Joseph,  Paris,  4710,  t.  I.  p.  389  : citée  désormais.  Histoire  des 
Juifs,  continuation.  — Id.  Oes  Juifs  au  dix-neuvième  siècle,  etc., 
par  M.  Bail,  ancien  inspecteur,  etc.,  très-favorable  aux  Juifs.  î'édit. 
Paris,  1816,  in-8“,  p.  89,  etc. 

t Archives  israélites,  n”  XVI,  48  août  4867,  p.  766-7.  Un  autre 
chapitre  nous  apprendra  ce  qu'est  celte  alliance  universelle.  — Iæs 
mêmes  Archives  venaient  de  nous  dire:  « Toulefoi-les  Karatles. secte 
Israélite  très-orthodoxe,  refurcrent  de  suivre  leTalmudau  di  làdu  sens 
littéral  de  la  Bible;  ils  traitèrent  les  autres  Juifs  d'héré  ique-,  parce 
que,  disaient-ils,  ils  avaient  commis  une  ii  frartion  à la  loi  ; Tu  n'aug- 
menteras pas  sur  lui,  lu  ne  diminu'ras  pas  sur  lui.  üeuléronume. 
XIII,  I,  et  IV,  2,  Ib.  A'chives,  n“  .\I.X,  I"  octobre  " 866,  p.  814-5. 

Il  faut  que  la  doctrine  du  pru;iré.s , adoptée  d'hier  dans  notre  ju- 
daïsme, rende  un  joda'i'.-anl  bien  libéral  p >ur  lui  faire  qualifier  de  l'ad- 
jectif orthodoxes  les  conlempieors  des  ira  iilioiis  talmudiques,  ceux 
qu'un  si  grand  crime  rendait  naguère,  et  continue  de  rendre  en  tant 
de  pays,  dignes  de  mort  sans  forme  de  procès. 


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CHAPITRE  PREMIER. 


sein  de  la  Synagogue  des  maximes  entièrement  opposées  au 
Mosaïsme  et  a la  raison  naturelle.  » Déjà  même  Adrien 
Fini  comptait  « douze  dogmes  pharisaïques  combattus  par 
Notre-Seigneur  dans  l’Évangile  comme  contraires  h l'esprit 
des  lois  de  Moïse  et  au  droit  des  gens;  et  il  ajoutait  que 
cette  doctrine  s’était  maintenue  jusqu’à  nos  jours  parmi 
tous  les  Juifs  dispersés  dans  le  monde  '.  » 

Que  si  donc  nous  remontons  au  moment  où  ces  traditions 
menteuses  étaient  devenues  vulgaires,  nous  rencontrons  le 
Juif  lalmiidisant  dès  avant  le  Talmud  et  le  Christ.  C’était  l’é- 
poque où  Juda  commençait  à changer  d’aspect,  où  sa  beauté 
pâlissait,  où  la  pureté  de  la  croyance  allait  cesser  d’être  le 
trait  caractéristique  entre  le  Juif  et  le  Gentil  : calamité  que 
le  législateur  s’était  eflbrcé  de  prévenir.  Car,  tant  de  rites 
minutieux  de  la  loi  Mosaïque,  tant  d’usageset  de  restrictions 
ridicules  aux  yeux  de  ces  observateurs  superficiels  dont  l’es- 
prit ne  peut  faire  une  halte  auprès  d’un  sujet  sérieux  sans 
donner  cours  à sa  verve  puérile  et  railleuse-,  tant  de  pres- 
criptions accumulées  et  pénibles,  n’avaient  eu  pour  objet 
principal  que  de  préserver  le  Juif  des  corruptions  de  l’idolâ- 
trie*, en  l’isolant  de  l’idolâtre  par  les  obligations  d’un  com- 
merce avec  la  loi  divine  dont  la  fréquence  égalât  l’intimité. 

De  ce  commerce  étroit  et  incessant  étaient  nés  l’intelli- 
gence et  l’amour  des  choses  justes  et  saintes,  haute  distinc- 
tion d’un  peuple  d’élusî  Mais  le  temps  n’était  venu  que 
trop  tôt  où  les  séductions  de  l’idolâtrie  payenne  avaient  en- 
vahi le  peuple  saint-,  où  la  malice  humaine,  mêlantaux  doc- 
trines patriarcales  le  venin  de  ses  doctrines,  ne  laissait  plus 
subsister  de  la  loi  religieuse  que  la  lettre  morte;  froid  cada- 
vre que  des  mains  sacrilèges  ne  venaient  remuer  auprès  de 
l’autel  (jue  pour  provoquer  le  courroux  céleste. 

Deux  siècles  environ  avant  le  Christ  (175  ans),  on  voit  le 

• L.  IX,  cap.  in,  l’Église  et  la  Synagogue,  par  L.  Rupert.  Caslcr- 
man,  Paris,  1859,  in-18. 

2 DU  gentium  dœmonia,  Ps.  xcv,  5.  El  tels  étaient  les  dieux  sa* 
béisles  de  la  cabale,  c’est-à-dire  les  dieux  de  la  tradition  démoniaque. 
Voir  ailleurs  dans  mes  chap. 


12 


I.ES  JUIFS. 


commerce  des  Grecs  corrompre  les  Juifs,  el  « des  enfants 
d'ini(|uitc sortent  d’Israël  ».  «.\llons,  disent-ils,  et  faisons 
alliance  avec  les  nations  qui  nous  environnent;  car,  depuis 
que  nous  nous  sommes  retirés  d’elles,  nous  sommes  tom- 
bés dans  un  grand  nombre  de  maux  »...  Et  ces  Juifs  de- 
viennent sans  doute  pour  leurs  frères  un  objet  de  scandale 
et  d’horreur.^  — Oh  non!  nullemenl.  Le  progrès  dans  la 
décadence,  dont  le  dix-neuvième  siècle  nous  offre  chez  le 
Juif  moderne  un  nouvel  exemple,  avait  trop  largement  en- 
vahi Juda  pour  que  le  cri  public  s’élevât  contre  ces  préva- 
ricateurs; et  loin  que  l’excès  d'audace  qui  les  rapprochait 
des  nations  étonnât  la  multitude,  elle  se  prêtait  â ces  indi- 
gnités. Jeshna,  le  frère  du  grand  prêtre,  osa  refondre  son 
nom  parce  qu’il  était  hébraïque,  le  transformer  au  nom  de 
Jason,  et  partit  à la  tête  d’une  députation  chargée  de  solli- 
citer la  sanction  d’Antiochus  Ëpiphane,  celui  que  l’Ëcriture 
nomme  une  racine  d’iniquité.  Ce  prétendant  convoitait  avec 
ardeur  la  grande  sacrificature;  il  offrit  au  roi  des  sommes 
immenses  afin  de  l’obtenir,  et  d’engager  Antiochus  h lui 
permettre  d’établir  à Jérusalem  nue  académie  pour  la  jeu- 
nesse, en  même  temps  qu’il  rendrait  les  habitants  de  cette 
ville  citoyens  d’Antioche  '. 

Or,  n le  roi  lui  accorda  ce  qu'il  demandait,  et  le  nou- 
veau pontife  n’eut  pas  plutôt  obtenu  la  principauté  qu’il 
lit  prendre  b ceux  de  son  pays  les  mœurs  et  tes  coutumes  des 

Gentils Il  renversa  les  ordonnances  légitimes  de  ses 

concitoyens  pour  en  établir  d’injustes  et  de  corrompues  ; il 
eut  la  hardiesse  d’établir  un  lien  d’exercices  jusque  sous  la 
forteresse,  et  d’exposer  les  jeunes  hommes  les  plus  accom- 
plis dans  des  lieux  infâmes Les  prêtres  mêmes  ne  s’atta- 

chant plus  aux  fonctions  de  l’autel , méprisant  le  temple  et 
négligeant  les  sacrifices,  couraient  aux  jeux  de  la  lutte  et 
aux  spectacles.  Us  ne  faisaient  plus  aucun  cas  de  ce  qui  était 
en  honneur  dans  leur  pays,  et  ne  voyaient  rien  de  plus 

' Machabées,  Bible,  liv.  1",  rhap.  C,  v.  t 2 à 16. 


CHAPITRE  PREMIER. 


i;t 

grand  que  d’exceller  en  tout  ce  qui  était  en  estime  ekez  les  Grecs. 
Une  dangereuse  éinulalion  s'y  excitait  entre  eux,  car  iis 
étaient  jaloux  des  coutumes  de  ces  payens,  et  affectaient 
d'être  en  tout  semblables  à ceux  qui  avaient  été  les  mortels  en- 
nemis de  leur  pays  » 

Or,  chez  les  Juifs,  la  religion  et  la  loi  n’étaient  qu'une 
seule  et  même  chose!  S’adonner  aux  mœurs  abominables 
des  Gentils,  toucher  aux  prescriptions  des  livres  Mosaii|ues, 
modifier  les  usages  dont  ils  étaient  le  code  sacré,  c’était 
profaner  et  violer  la  loi.  L'a|)ostasie  commença  donc,  vers 
l’époque  où  nous  sommes  remontés,  ’a  devenir  commune^ 
et,  malgré  le  nombre  des  vrais  adorateurs,  malgré  les  saints 
et  les  martyrs  qui  témoignèrent  de  leur  fidélité  par  l'effu- 
sion de  leur  sang,  tout  se  corrompit  dans  la  nation.  Puis, 
grâce  à cette  bonteuse  décadence  du  sacerdoce  et  du  peu- 
ple, grâce  'a  l’étrange  savoir-faire  et  à la  magistrale  hypo- 
crisie des  Pharisiens,  les  traditions  et  les  doctrines  de  ces 
novateurs  se  mêlèrent  jour  h jour  aux  traditions  sacrées  des 
patriarches  et  des  prophètes. 

Et  cependant  ces  doctrines,  ces  constitutions  que  l’his- 
toire ne  peut  nommer  tradiiionnelles  sans  ajouter  et  répé- 
ter aussitôt  qu’elles  découlent  d’une  source  exirajudaïque 
et  impure  ‘,  les  Pliarisiens  prétendirent  les  avoir  reçues  des 
mains  de  leurs  ancêtres,  et  ils  en  infectèrent  l’esprit  du 
peuple.  Mais  « les  Saddiicéens  les  rejetèrent,  parce  qu’elles 
n’étaient  point  comprises  dans  les  lois  que  donna  Moïse,  les 
seules,  soutenaicr.t-ils,  que  l'on  fût  obligé  de  suivre.  De 
cette  contestation  se  formèrent  des  sectes  diverses  » -,  et  le 
petit  nombre,  c’est-’a-dire  « les  personnes  de  condition,  em- 
brassèrent le  parti  des  Sadducéens,  tandis  que  ce  fut  du 
côté  des  Pharisiens  que  se  rangea  le  peuple  >■ 

Un  zèle  sans  bornes  pour  ces  vaines  ou  détestables  tra- 

> Bihie,  Machabêrs,  liv.  II,  cli.  iv,  v.  7,  de.  Id.  Jofèplie,  Hist., 
liv.  XII,  c.  VI. 

* Le  t;hrist  leur  disait  : Vas  ex  paire  diabolo.  S.  Jean,  viii,  44. 

^ Josèphe,  J/is/.,  liv.  XIII,  ch.  xviii. 


44 


LÈS  JUll'S. 


dilions  forme  le  trait  caractéristique  de  ces  sectaires.  Outre 
la  loi  donnée  sur  le  Sinaï,  Dieu,  s’il  eût  fallu  les  croire, 
« avait  confié  verbalement  à .Moïse  un  grand  nombre  de  rites 
et  de  dogmes  qu'il  avait  fait  passer  à la  postérité  sans  les 
écrire  ».  Ils  nommaient  les  bouches  par  qui  s’élaient  con- 
servées ces  prétendues  traditions,  auxquelles  ils  attribuaient 
la  meme  autorité  qu’ii  la  loi,  et  leur  entêtement  pour  elles 
a a passé  des  Pbarisiens  anciens  aux  modernes  »,  c’est-à-dire 
aux  sectateurs  des  écoles  rabbiniques  '. 

Que  la  Synagogue  Mosaïque,  ainsi  que  l’Église  du  Christ, 
ait  eu  ses  ti'aditions  légitimes  à côté  de  ses  saintes  Écritures, 
c’est  ce  que  nous  sommes  loin  de  nier^  au  contraire!  Et  ces 
traditions  qui  se  lient  aux  textes  sacrés,  pour  les  interpréter 
et  les  soutenir,  sont  celles  mêmes  du  catholicisme;  elles  ne 
sont  donc  ni  les  doctrines  des  Pharisiens  ni  celles  d'une 
secte  quelconque.  Écoutons  : 

« Outre  la  loi  écrite,  nous  dit  une  des  grandes  autorités 
de  l’Église,  saint  Hilaire , Moïse  enseigna  séparément  les 
mystères  les  plus  secrets  de  la  loi  aux  soixante  et  dix  an- 
ciens, institués  dans  la  Synagogue  en  qualité  de  docteurs 
chargés  spécialement  d’en  transmettre  la  connaissance  *.  » 
Mais  rien  de  pareil , rien  de  divin  dans  les  doctrines  tradi- 
tionnelles des  Pharisiens.  Au  contraire,  ajoute  un  ancien 
docteur  du  judaïsme,  noire  contemporain;  et  i'  comme  les 
, rabbins,  c’est-à-dire  les  Pharisiens,  audacieux  falsificateurs 
de  la  véritable  tradition,  exagèrent  tout  de  la  manière  la  plus 
extravagante,  ils  prétendent  que  Dieu  révéla  à .Moïse  non- 
seulement  tout  l’Ancien  Testament,  mais  encore  laMischna 
et  les  deux  Ghemara  (c’est-à-dire  le  Talraud)  telles  qu’elles 
ont  été  rédigées  par  la  suite,  avec  toutes  les  contestations  de 
Hillel,  de  Schammaï  et  autres  docteurs,  voire  tout  ce  qui 
devait  passer  par  le  cerveau  fiévreux  du  moindre  rabbin 
jusqu'à  la  fin  du  monde  ’ I » 

' Uistoire.des  Juifs,  contin.,  p.  389.  76. 

5 éium  idem  Moyse.s,quamvis,  etc.  Tract  in.  xi  Ps.,  edil.  Bencd.,p.  Î8. 

^Talmud,  Traité  JdeghWa,  fol.  19,  v“.  ht.  Medrascli-yalcul, 


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CHAPITRE  PREMIER.  , la 

Il  existe  donc  en  fait  un  abimc,  — et  no(ons-lc  bien  pour 
l’inlclligcnce  de  notre  sujet , — entre  les  traditions  de  Moïse  et 
la  traditions  humaines  ou  pharisaïques,  dont  le  Cbrist  flagelle 
l’orgueil  et  le  mensonge  par  ces  paroles  ; « O Pharisiens  ! 
pourquoi  vous-roêmes  violezuous  le  commandement  de  Dieu 
pour  suivre  votre  tradition!'  Hypocrites!  Isaïe  a bien  pro- 
phétisé de  vous  quand  il  a dit  : Ce  peuple  m’honore  du 
bout  des  lèvres,  mais  son  cœur  est  loin  de  moi;  et  c’est  en 
vain  qu'ils  m’honorent,  enseignant  des  maximes  et  des  ordon- 
nances humaina  '!  » « Laissant  là  le  commandement  de  Dieu, 

vous  observez  avec  soin  la  tradition  des  hommes N’êtes- 

vous  pas  des  gens  bien  religieux , de  détruire  le  commande- 
ment de  Dieu  pour  observer  eo/re  tradùion tradition  que 
vous  avez  vous-mêmes  é.ablie  * ! 

Que  dire,  après  de  telles  paroles,  des  traditions  pbarisaï- 
ques,  qui,  déjà  même  avant  le  Cbrist,  et  de  son  vivant,  com- 
mençaient à détruire  la  loi  de  Moïse?  Que  dire  du  pêle-mêle 
de  ces  puériles  et  abominables  traditions,  accrues  de  celles 
qu’y  ajoutèrent  les  Pharisiens  postérieurs  au  Christ,  et  que 
leurs  docteurs,  créés  pour  rendre  illusoire  et  vaine  la  loi  de 
Moïse,  enseignèrent  aux  Juifs  jusqu'à  nos  jours  sous  le  titre 
de  doctrine  talmudique?  Que  dire  en  vérité?  Nous  le  sau- 
rons un  peu  mieux  tout  à l’heure,  lorsque  nous  apprendrons, 
en  prêtant  l’oreille  à quelques-unes  de  ces  traditions  talmu- 
diques, à quel  point  il  s’en  faut  que  le  Juif  orthodoxe  depuis 
le  Christ  soit  le  Juif  de  l’orlhodoxie  Mosaïque. 

Ce  premier  mot  était  indispensable  à nous  préparer  aux 
intéressants  chapitres  des  mœurs  talmudiques  et  de  la  Ca- 
bale, tandis  que,  de  page  en  page  et  de  mieux  en  mieux,  va 
désormais  se  découvrir  à nos  yeux  cette  audacieuse  et  insi- 
gne fausseté,  sans  cesse  répétée  par  les  rabbins  modernes 

1™  partie,  n"  105.  Harmonie  entre  V Eglise  et  la  Synagogue,  1. 1,  p.  tî6. 
Pans,  48il,  Drach. 

* S.  Mailh.  Evang.,  chap.  xv,  v.  3,  7,  8,9.  — Id.  S.  Marc.  Evang., 
cliap.  VII,  V.  6,  7. 

“ Evang.  S.  Marc,  vu,  8,  9,  13,  Docentes  doctrinas  et  prcecepta  bo- 
minum,  etc. 


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IG  * LES  JUIFS. 

au  grand  bénéfice  du  judaïsme  : que  la  loi  de  Moïse  est  la 

loi  du  Juif. 

Et  lorsque  nous  saurons  ce  que  croit  le  Juif,  quelle  est  sa 
foi,  quelle  est  sa  loi,  ce  que  sont  ses  docteurs,  nous  saurons 
ce  que  doit  faire  et  ce  que  fait  le  Juif;  nous  saurons  ce  qu’il 
est,  et  nous  avons  tout  prolit  à le  savoir! 


CHAPITRE  DEUXIÈME. 

LE  PH.VRISIEN  ANCIEN,  PÈRE  ET  TYPE  DU  PHARISIEN 
MODERNE, 

Ou  temps  anciens,  qu’il  est  indispensable  de  connaître  pour  comprendre 
l'époque  actuelle. 

Ce  que  sont  les  Pharisiens.  — Dévolions,  macérations,  hypocrisie, 
faveur  populaire,  orgiied,  pnidige  de  leur  puissance,  exemple.  — 
Leur  pant’gvrique  dans  la  bouche  du  rabbin  mooerno.  — Leur  por- 
trait, hideux  dans  l’Evangde,  qui  nous  dit  : Faites  ce  qu'ils  disent, 
et  ne  faites  point  ce  qu’ils  font  I — Pourquoi?  — Etrange  vertu  de 
la  chaire  de  vérité.  — Pour  le  Juif  l'Evangile  n’est  que  h’gende 
malsaine,  et  c’esi  gloire  pour  le  Pharisien  que  d'èire  flétri  dans  ses 
[lages  — Le  fondateur  de  la  loi  d'amour  et  de  fra  ernité,  après  les 
prophètes,  ce  n’est  pas  Jésus,  c’est  Hillel,  et  les  Pharisie  is  -on'  ses 
disc.iple-i.  — Leur  portrait  par  eu\-mém"s.  — Pr  diges  de  leur 
avcugioinenl.  — Puisipie  le  Pharisien  repousse  l’Evangile,  laissons 
de  côté  lesévangéli'les,  et  n’inlei  rogeons  à son  endroit  que  l’hisloire 
profane.  — Les  Juifs  seraient-ils  de  grands  mist>rdbles?  — On  est 
loin  de  généraliser  une  telle  afliruialion.  — Conclusion  : le  lecteur 
est  en  mesure  de  la  tirer. 

Juif  orthodoxe,  Juif  des  iradilioiis  talmudiques,  on  vient 
de  nous  tlire,  et  le  bruit  court,  que  tu  te  meur.s.  S’il  y a 
quelque  vérité  dans  cette  nouvelle,  daigne  en  recevoir  notre 
compliment  sincère,  et  s’il  te  reste  un  filet  de  voix,  jtarle; 
dis-noiis,  avant  de  rendre  le  dernier  souffle,  dis-nous  quel 
est  ton  âge,  dis-nous  quelle  est  ta  date,  quel  est  Ion  maître? 

— Je  me  porte  assez  bien  pour  te  répondre,  curieux  inter- 
rogateur, et  ma  bouche  fera  plus  d’une  réponse  encore  à les 
survivants!  Eb  bien,  le  Pharisien  est  mon  maître,  il  est  mon 


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I 


CHAPITRE  DEUXIÈME.  ^ 

père,  la  famille  pharisaïque  date  de  Moïse,  et  nous  avons 
reçu  de  sa  bouche  nos  traditions,  c’est-à-dire  les  splendeurs 
sinaïques  de  ia  loi  orale,  dont  il  nous  a faits  les  dépositaires  et 
les  interprètes.  — Erreur,  erreur.  Pharisien;  car,  d’après 
l’historien  Josèphe,  membre  de  ta  secte,  et  d’après  saint 
Jérôme,  ce  docte  hébraïsant  qui  vécut  dans  l’intimité  de  tes 
docteurs,  l’origine  du  pharisaïsme  ne  remonte  point  au  delà 
d Hillel , ou  de  Jonathan,  i un  des  Machabées;  elle  ne  sau- 
rait s’élever  d’un  siècle  et  demi  au-dessus  de  la  date  du 
Christ 

Mais  de  la  question  de  temps  passons  à celle  de  la  per- 
sonne. Le  livre  sacré  de  Juda,  le  Talmud,  si  tu  lui  laisses  la 
parole,  nous  apprendra  que  la  secte  pharisaïque  se  divi- 
sait en  sept  ordres,  reconnaissables  à leurs  pratiques  de  dé- 
votion. « L'un  mesurait  l’obéissance  selon  le  profit  et  la 
gloire;  l’autre  s’étudiait  à ne  point  lever  les  pieds  en  mar- 
chant; le  troisième  frappait  sa  tête  contre  les  murailles,  afin 
d’en  tirer  du  sang;  un  quatrième  la  cachait  dans  un  capu- 
chon, et,  de  cet  enfoncement,  abaissait  ses  regards  sur  le 
monde  comme  du  fond  d’un  mortier  ; le  cinquième  s’écriait 
d’une  voi.x  fière  : Que  faut-il  que  je  fasse,  et  je  le  ferai.? 
Qu’y  a-t-il  déjà  que  je  n’aie  fait?  Le  sixième  obéissait  par 
amour  de  la  vertu  et  de  la  récompense;  enfin  le  dernier 
n’exécutait  les  ordres  de  Dieu  que  par  la  crainte  de  la 
peine  *.  » 

Ces  ordres,  observons-le  bien,  en  jetant  ce  coup  d’œil  in- 
dispensable sur  les  temps  antiques,  ne  formaient  que  les 
insignifiantes  nuances  d’une  masse  homogène;  et,  simples 
particuliers,  les  Pharisiens,  composés  de  lévites  et  d’hom- 
mes de  toutes  les  tribus,  comptaient  quelquefois  dans  leurs 
rangs  les  grands  sacrificateurs,  vivaient  sans  vœux,  sans  rè- 
gles déterminées , et  semblaient  n’avoir  pour  but  que  d’ai- 

‘ Voir  plus  bas  sur  Hillel  ; mais  les  rabbins  « me  débitent  que  des 
conjectures  sur  l’âge  de  ce  fameux  défenseur  des  traditions,  d Hi$t 
des  Juifs,  suppl,  t.  I",  p.  358.  Paris,  1710. 

* Ibid,  p.  379. 

2 


48  LES  JUIFS, 

teindre  une  vertu  plus  haute  dan»  la  voie  de  leurs  tradi- 
tions 

Avides  des  louanges  et  de  l’estime  du  peuple,  les  Phari- 
siens embrassaient  avec  empressement  les  grandes  austéri- 
tés de  la  vie.  Ils  se  livraient  aux  jeûnes,  aux  veilles  et  h la 
mortiflcation  des  sens^  mais  l'orgueil  s’unissait  en  eux  aux 
exigences  d’une  hypocrisie  sans  bornes.  Ils  avaient  l’art  de  • 
ne  se  laisser  voir  au  dehors  que  sous  le  masque  d'un  visage 
pâle  et  que  l’exténuation  défigurait.  La  trompette  annon- 
çait dans  les  synagogues  et  dans  les  places  publiques  la 
solennelle  distribution  des  largesses  qu’ils  laissaient  tom- 
ber dans  le  sein  du  pauvre.  Voyez , voyez  ces  hommes  de 
bonnes  œuvres  et  de  méditation  s’arrêter  au  coin  des  rues, 
et  paraître  s’oublier  sous  l’œil  admirateur  des  foules-,  on  les 
dirait  anéantis  dans  les  extases  de  la  prière!... 

Mais  le  for  intérieur  de  leur  maison  s’oITre  à nous-,  la 
porte  nous  en  est  ouverte,  et  leur  lit  s’avance  pour  frapper 
nos  regards.  Ce  lit,  c'est  une  planche  étroite  et  disposée  de 
manière  â ménager  une  chute  dangereuse  au  dormeur  dont 
le  sommeil  aurait  ses  franchises.  Les  épines  et  les  cailloux 
dont  une  main  savante  le  jonche  sont  un  remède  contre  la 
volupté  j et  ces  fouets  terribles  dont  la  muraille  fait  parade 
servent  aux  flagellations  qui  leur  méritent  le  nom  flatteur  de 
tire-tang;  d’autres  obtiennent,  il  est  vrai,  ce  titre  par  leur 
marche  dans  les  rues  les  yeux  baissés  ou  fermés;  car  ils 
doivent  h ce  recueillement  de  se  heurter  et  de  se  meurtrir 
sans  cesse  contre  les  murailles.  Ceux  que  vous  voyez  un  peu 
plus  loin  s’avancent  tête  basse  et  le  dos  voûté.  La  pensée 
de  respect  qui  les  anime  est  celle-ci  ; leurs  tradition»  ensei- 
gnent que  ce  qu’ils  appellent  les  pieds  de  Dieu  ne  s’élèvent 
que  de  quatre  pieds  au-dessus  de  la  terre;  ils  se  courbent 
donc  i>our  ne  point  les  profaner  en  les  touchant.  Que  si  leur 
pas  traînant  rabote  le  pavé  des  rues,  sachons  que  cet  oubli 
de  leur  personne  et  de  leurs  actes  n’a  pour  but  que  de 
marquer  au  peuple  la  sainte  et  consolante  élévation  de  leur 

I Ibid.,  p.  359-380. 


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r.llAPITRK  DEUXIÈME.  19 

% 

esprit  vers  les  choses  du  ciel.  Le  bas  de  leurs  robes  est 
d'ailleurs  armé  d’épines,  et  le  bord  de  leurs  vêtements,  non 
moinsque  leurs  manches,  se  garnissentde phylactères, c’est- 
à-dire  de  petites  bandes  que  couvrent,  à leur  usage  et  à l’usage 
des  passants,  les  plus  belles  sentences.  Mais  le  catalogue  de 
leurs  observances  est  interminable  ; aussi , jusque  devant 
Dieu,  leur  conscience  se  rend-elle  un  éminent  témoignage, 
et  les  proclame-t-elle  supérieurs  au  reste  des  hommes!...  Le 
Pharisien  se  séparera  donc  de  la  foule,  car  ce  qu’il  dit,  il 
le  croit  ; il  s’en  isolera  comme  si  l’attouchement  d’une  per- 
sonne étrangère  à sa  secte  lui  était  une  souillure  ; et  si  le  Fils 
de  Dieu  lui  devient  un  sujet  de  scandale,  c’est  surtout  lors- 
qu’il commet  l’indignité  de  se  laisser  approcher  et  toucher 
j>ar  des  pécheurs. 

Ces  Pharisiens,  i|ui  peut-être  ne  nous  sédui-sent  guère,  et 
qui  furent  les  premiers  à s’arroger  le  nom  doctoral  de  Maître , 
ou  de  rabbin , surent  mêler  assez  d’adresse  aux  grossièretés 
de  leur  hypocrisie  pour  s’emparer  de  l’esprit  du  peuple  et 
le  manier  à leur  gré.  Les  princes  mêmes  et  les  rois  avaient 
fini  par  trembler  devant  eux , et  le  plus  souvent  la  puissance 
du  souverain  était  trop  légère  pour  faire  équilibre  à leur 
crédit.  Un  seul  exemple  que  nous  empruntons  aux  temps 
reculés  répandra  sa  lumière  jusqu’à  notre  époque  et  nous 
dispensera  de  tout  autre. 

Un  beau  jour,  l’un  des  rois  de  la  nation  juive,  Alexandre, 
après  avoir  bravé  quelque  temps  la  haine  et  les  outrages  du 
peuple,  repousse  l’insulte  par  le  carnage.  La  guerre  civile 
naît  de  ce  sang.  .Mais,  au  bout  de  six  ans  de  combats  et 
de  massacres,  le  prince  fatigué  s’adoucit  : « Réconcilions- 
nous,  dit-il  à scs  adversaires;  parlez,  et  (|ue  faire  jwur  ob- 
tenir vos  bonnes  grâces?  — Te  tuer!  voilà  quelle  fut  la  ré- 
ponse. — La  guerre,  la  guerre  donc,  et  la  guerre  à outrance,  » 
reprit  Alexandre.  Or,  un  jour  qu'il  avait  obtenu  quelque  suc- 
cès, il  lui  prit  fantaisie  de  se  donner  un  pas,se-temps  d’iiu 
goût  tout  oriental.  Ordre  fut  donné  par  ses  gens  de  réunir 
pour  un  festin  champêtre  ses  concubines.  L’obéissance  fut 


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LES  JUIFS. 


promple,  et,  du  haut  de  réminence  où  ces  femmes  étaient 
assises,  il  dirijiPa  leurs  regards  vers  un  espace  où  se  dressaient 
huitcentscroix.  Ces  instruments  de  supplice  étaient  inoecu- 
pés;  mais,  l'instant  d'après,  et  sur  un  signe  de  sa  main,  un 
nombre  égal  de  vaincus,  c’est-'a-dire  huit  cents  pharisiens, 
y furent  attachés.  C'était  ([iielque  chose  déjà  que  cette  ven- 
geance. Cependant,  atin  de  donnera  la  terrible  agonie  de 
ces  malheureux  un  relief  qui  semblait  y manquer,  leurs 
femmes  et  leurs  enfants  amenés  au  pied  de  ces  croix  eurent 
'a  tendre  la  gorge  au  fer  des  bourreaux,  et  tombèrent  égorgés 
sous  les  yeux  de  leurs  maris  '. 

A quelque  temps  de  là,  ce  même  prince  git  étendu  sur  son 
lit  de  mort.  11  est  entouré  de  ses  enfants,  et  sa  femme 
Alexandra  laisse  éclater  auprès  de  lui  sa  désolation  et  ses 
terreurs...  « Calmez- vous,  écoutez-moi  ; suivez  mes  conseils, 
et  cessez  de  craindre,  lui  dit  le  mourant,  qui  sait  son 
monde.  Tout  à l'heure , la  place  que  mes  soldats  assiègent  va 
tomber  entre  leurs  mains.  Allez,  partez  aussitôt,  rentrez 
vietorieuse  'a  Jérusalem,  flattez,  bonorez  les  Pharisiens,  et, 
de  vos  mains,  déposez  dans  les  leurs  une  large  part  de  votre 
pouvoir,  car  tel  est  le  prodige  de  leur  empire  sur  l’esprit  du 
peuple,  qu’ils  lui  font  aimer  ou  haïr  quiconque  est  l'objet  de 
leur  amour  ou  de  leur  haine.  Que  vous  les  entendiez  mé- 
dire ou  calomnier,  ne  donnez  aucun  crédit  à leur  parole;  et, 
sachez-le  bien,  l’orgueil  et  rinlérét  sont  le  mobile  unique  de 
leurs  actes.  Mais  la  multitude  ne  démêle  rien  à ces  choses. 
Convoipiez  donc  les  principaux  de  la  secte;  et,  devant  mon 
corps  refroidi,  dites-leur,  comme  si  ces  sentiments  s’échap- 
paient du  fond  de  votre  âme  : Le  voilàl  le  voilà  donc  enfin  I 
O bonheur!  je  puis  vous  le  livrer,  vengez-vous!  Point  de 
sépulture  à ce  cadavre  ; qu’il  soit  couvert  d’outrages,  et  que 
vos  désirs  soient  satisfaits.  Ce  sera  justice , et  je  le  veux  ; je 
veux  aussi  prendre  vos  conseils  pour  guides;  je  veux  ne 
me  conduire  et  ne  régner  que  par  votre  sagesse...  » 

.4insi  fut-il  fait;  et  les  Pharisiens  de  dire  au  peuple: 

' Joscplic,  llist.,  liv.  XIII,  cli.  xxi-xxii. 


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CHAPITRE  DEUXIÈME. 


21 


« En  vérité,  ce  prince  était  un  grand  homme,  un  excel- 
lent roi  ; il  était  digne  de  tous  nos  regrets  ; et  nul 
de  ses  prédécesseurs  ne  mérita  de  si  magnifiques  funé- 
railles 1 » 

La  prévision  d’Alexandre  se  réalisa  de  point  en  point,  et 
sa  femme  se  concilia  le  cœur  du  peuple-,  mais  elle  n’eut  de 
reine  que  le  nom;  et  les  Pharisiens,  c’est-à-dire  toujours 
les  chefs  et  les  docteurs  de  la  secte,  cumulèrent  sous  son 
nom  les  profits  et  les  honneurs  de  la  royauté  ' ! 

Ainsi  parle  l’histoire,  écrite  pourtant  de  la  main  d’un 
Pharisien,  au  moment  où  vient  de  naître  le  Sauveur.  Et 
telle  était  on  ces  jours  lointains  la  secte,  guidée  par  ses 
docteurs,  par  ceux  que  nous  appelons  aujourd’hui  des  rab- 
bins. Mais  que  seront  au  témoignage  de  Notre-Seigneur  ces 
hommes  épris  d’eux-mêmes,  qui  perverti.ssent  le  peuple  par 
leurs  traditions  controuvées  et  par  les  fausses  interprétations 
de  la  loi;  ces  saints  qui  s’apprêtent  à fouler  aux  pieds  .Moïse 
et  les  prophètes,  et  qui  vont  se  constituer  k jamais  les  lé- 
gislateurs et  les  arbitres  de  Jiida?  .Au  Christ  seul , en  effet, 
il  appartient  de  nous  le  dire;  et,  sur  ce  point  historique, 
nous  devrons  la  lumière  k sa  parole  précise,  incisive  et  cha- 
ritahle,  cette  fuis,  par  scs  duretés  salutaires,  mais  non  point 
par  les  mollesses  et  les  condescendances  d'une  lâche  modé- 
ration. Oh  ! si  tout  autre  que  le  Sauveur  nous  tenait  ce  lan- 
gage, qui  ne  crierait  de  nus  jours  k l’intolérance  et  k l'hy- 
perbole? Mais  l’Évangile  parle,  écoutons;  car  le  Juif 
orthodoxe  se  fait  gloire  aujourd’hui  même  d’être  le  disciple 
et  le  continuateur  de  ce  Pharisien  ; 

i<  Ueux  hommes  montèrent  au  temple  pour  prier;  l’un 
était  Pharisien,  l’autre  puhiicain.  Le  Pharisien  se  tenant 
debout,  priait  ainsi  en  lui-même  : Mon  Dieu,  je  vous  rends 
grâce  de  ce  que  je  ne  suis  pas  comme  le  reste  des  hommes, 
qui  sont  voleurs,  injustes  et  adultères;  ni  même  comme  ce 
puhiicain  *.  » 

‘ Josèplie,  Hisl.,  liv.  XIII,  cli.  xxiii-xxiv. 

^S.  Luc,  Évang.,  xvni,  lO-II. 


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it  LES  JUIFS. 

Telle  esl  l’opinion  du  Pharisien  sur  lui-même,  telle  est 
son  humilité,  sa  charité.  Mais  lorsqu’il  s’agit  de  la  multi- 
tude dont  il  est  l’idole,  les  termes  par  lesquels  il  la  qualifie 
deviennent  à l’instant  moins  flatteurs,  et  le  texte  évangéli- 
que nous  les  rapporte...  Ces  docteurs  ont  juré  de  s’emparer 
de  la  personne  du  Chri.st,  mais  le  peuple  qui  le  voit  h l’œu- 
vre est  divisé  sur  son  sujet Les  archers  qu’ils  ont  en- 

voyés pour  le  saisir  « s'en  retournent  donc  vers  les  princes 
des  prêtres  et  les  Pharisiens,  qui  leur  disent  ; Pourquoi  ne 
l’avez-vous  pas  amené?  Les  archers  répondent  ; Jamais 
homme  n’a  parlé  comme  cet  homme-l'a. — Et  les  Pharisiens 
leur  répliquent  ; Êtes-vous  donc  aussi  vous-mêmes  séduits? 
Y a-t-il  quelqu’un  des  sénateurs  ou  des  Pharisiens  qui  ait 
cru  en  lui?  — Pour  cette  populace,  qui  ne  sait  ce  que  c’est  que 
la  loi,  ce  sont  des  gens  maudits  de  Dieu!  » 

« Sur  cela,  Nicodèrae,  l’un  d’entre  eux,  et  le  meme  qui 
était  venu  trouver  Jésus  la  nuit,  leur  dit  : Notre  loi  permet- 
elle  de  condamner  personne  sans  l’avoir  entendu  et  sans 
s’être  informé  de  ses  actions?  » A ce  docteur  de  leur  propre 
école,  qui  se  mêle  de  signaler  cet  outrageux  oubli  de  la  loi, 
prompte  sera  leur  réponse  : « Est-ce  que  vous  êtes  aussi 
Galiléen?  Lisez  avec  soin  les  Écritures,  et  apprenez  qu'il 
ne  sort  point  de  prophète  de  la  Galilée  ’!  » 

Gens  maudits  de  Dieu!  Galiléens!  ainsi  donc  se  trouve 
qualifié  le  peuple!  Auisi  se  voit  traité  tout  docteur  qui  se 
permet  de  défendre  la  justice  et  la  loi  contre  l’orgueil  ho- 
micide du  Pharisien.  Et  cette  implacable  malice  était  indis- 
pensable à leur  domination  sur  ces  foules  timides  qui  les 
vénéraient.  — Car  « plusieurs  sénateurs  croyaient  en  Jésus  ; 
mais,  à cause  des  Pharisiens,  ils  n’osaient  le  reconnaître 
publiquement,  de  crainte  d'être  expulsés  de  la  synagogue, 
les  Juifs  ayant  déj'a  résolu  que  quiconque  reconnaîtrait  Jésus 
pour  être  le  Christ  serait  chassé  * . » 

Jusqu’ici,  nous  nous  bornons  ii  peu  près  h souffler  sur  la 

' Évang.  S.  Jean,  vu,  i')  à o3. 

S.  Jean,  Evang.,  xii,  42;  ix,  22. 


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CHAPITRE  DEUXIÈME.  2i 

poussière  de  l’histoire  ancienne;  nous  ne  nous  permettons 
point  encore,  quelle  que  soit  notre  impatience,  d’éloigner 
nos  pas  de  ces  premiers  jalons,  et  le  meneilleux  trait  d’u- 
nion que  tire  entre  ces  temps  et  le  nôtre  la  main  de  l’un  de 
nos  modernes  rabbins,  fera  sentir,  nous  l’espérons,  l’utilité 
de  notre  excursion  dans  les  siècles  passés.  Voici  donc , en 
l'an  de  grâce  1867,  le  mot  de  M.  le  grand  rabbin  Trenel, 
directeur  du  séminaire  rabbinique , et  dont  la  plume  réclame 
entre  le  pharisaïsme  antique  et  le  pharisaïsme  moderne  une 
solidarité  glorieuse  ; 

« Reconnaissons-le,  ces  Pharisiens  qu'on  s’est  plu,  dans 
des  portraits  de  fantaisie,  â dépeindre  si  violents  et  si  or- 
gueilleux, avaient  bien  des  qualités,  bien  des  vertus.  Ils 
ont  été  beaucoup  calomniés;  ils  ont  été  de  bonne  heure 
victimes  de  cette  étrange  théorie  si  souvent  appliquée  aux 
Juifs,  et  qui  attribue  à toM  les  défauts  et  les  torts  d’une 
faible  minorité  ' . » 

Quoique  pour  les  Juifs  dudix-neuvième  siècle,  disciples  des 
Pharisiens,  les  Pharisiens  bourreaux  du  Christ  soient  encore 
ses  victimes,  et  que  les  Évangiles  ne  soient  rien  moins  que 
de  l’histoire,  permettons- nous,  en  attendant  des  pages  plus 
récentes,  d’opposer  'a  leur  parole  celle  de  Jésus,  rangé  par 
eux , ainsi  que  leur  propre  historien  Josèphe , ‘tout  Pharisien 
qu'il  était  lui-méme,  au  nombre  des  insignes  calomniateurs  de 
leurs  ancêtres. 

Votre  prophète  Isaïe  vous  voyait  de  loin , et  « c’est  avec 
raison  qu’il  a fait  de  vous  autres,  hypocrites,  cette  prophé- 
tie ; Ces  gens  s’approchent  de  moi  de  bouche  et  me  glori- 
fient des  lèvres,  mais  leur  cœur  est  bien  éloigné  de  moi*. 
C’est  en  vain  qu’ils  m’honorent,  parce  qu'ils  enseignent  des 
maximes  et  des  ordonnances  humaines.  Race  de  vipères, 
comment  peuvent-ils  dire  de  bonnes  choses?  Car  c’est  de 
la  plénitude  du  cœur  que  la  bouche  parle  ’.  » 

* Univers  Israélite.  Paris,  1867,  p.  454. 

Bible,  Isaïe,  xxix,  1.3. 

^ Evang.  S.  Marc,  xn,  6 à 9.  S.  Matthieu,  Évang.,  xii,  34. 


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ît 


LES  JUIFS. 


)i  Ce  sont  (les  aveugles  qui  conduisent  des  aveugles;  cl  si 
un  aveugle  en  conduit  un  autre;  ils  tombent  tous  deux  dans 
la  fosse 

I)  Ayez  soin  de  vous  garder  du  levain  des  Pharisiens  et  des 
Sadducéens;  car  je  vous  déclare  que  si  votre  justice  n’est 
plus  abondante  que  celle  des  Scribes  et  des  Pharisiens, 
vous  pa*  dans  le  royaume  des  deux  » 

Ah!  ces  Pharisiens,  qui  croupissent  avec  délices  dans 
l’esprit  et  les  pratiques  de  leur  secte,  connaissez -les  donc 
enfin  ; car  si  la  parole  de  l’bistoire  et  la  parole  de  l’Évangile 
ne  sont  point  autant  de  mensonges , ils  lient , ils  attachent 
aux  épaules  des  hommes  des  fardeaux  si  pesants  qu’on  ne 
les  saurait  porter,  tandis  que  pour  eux  ils  ne  veulent 
(K)inl  les  remuer  du  bout  du  doigt!  Toutes  leurs  actions,  ils 
les  font  pour  être  vus  du  reste  des  hommes  ; et  les  premiè- 
res places  dans  les  festins,  les  premières  chaires  dans  les 
synagogues,  ce  sont  celles  qu'ils  recherchent,  de  même 
qu'ils  aiment  h être  salués  dans  les  places  publiques  et  à 
s’entendre  appeler  maîtres  ou  docteurs  (Habbi,  Rabbins). 

« Malheur  à vous.  Scribes  et  Pharisiens  hypocrites,  qui 
formez  aux  hommes  le  royaume  des  deux;  (ar  vous  n’y  entre- 
rez point  vous-mêmes , et  vous  vous  opposez  encore  a ceux 
qui  désirent  y entrer.  Malheur  h vous.  Scribes  et  Pharisiens 
hypocrites,  parce  que,  sous  prétexte  de  vos  longues  prières, 
vous  dévorez  les  maisons  des  veuves;  c’est  pourquoi  votre 
condamnation  sera  plus  rigoureuse.  Malheur  h vous.  Scri- 
bes et  Pharisiens  hypocrites,  parce  que  vous  parcourez  la 
Vier  et  la  terre  pour  faire  un  prosélyte,  et  que,  lorsqu’il  l’est 
devenu,  vous  le  rendez  deux  fois  plus  digne  que  vous  de  Cenferl 
Malheur  k vous,  conducteui’s  aveugles  qui  dites  : Lorsqu’un 
homme  jure  par  le  temple , son  serment  n’est  rien  ; mais 
s’il  jure  par  l'or  du  temple,  ah!  celte  parole  l'engage!  In- 
sensés, aveugles,  lequel  des  deux  l’emporte  donc  sur  l’autre, 
ou  de  l’or,  ou  du  temple  qui  sanctifie  l’or?  Malheur  k vous. 
Scribes  et  Pharisiens  hypocrites,  qui  payez  la  dîme  de  la 

' Évang.  S.  Matthieu,  xv,  xvi,  6;  v,  20. 


CHAPITRE  DEUXIÈME. 


mentlie,  de  l’anet  et  du  cumin,  mais  qui  négligez  ce  qu'il 
y a de  plus  important  dans  la  loi  : la  justice , la  miscricordc 
et  la  foi.  Ce  sont  l'a  les  choses  qu’il  faut  pratiquer,  sans 
néanmoins  omettre  les  autres.  Guides  av  eugles,  qui  recueillez 
au  filtre  le  moucheron  et  qui  avalez  le  chameau!  Malheur  'a 
vous,  Scribes  et  Pharisiens  hyqiocriies,  qui  nettoyez  le  de- 
hors de  la  coupe  et  du  plat,  tandis  que  le  dedans  est  plein 
de  rapines  et  de  souillures.  Malheur  'a  vous,  Scribes  et  Pha- 
risiens hypocrites,  vous  êtes  semblables  'a  des  sépulcres 
blanchis , qui  semblent  beaux  par  le  dehors  aux  yeux  des 
hommes,  mais  qui,  dans  l'intérieur,  ne  sont  qu’ossemeuls 
de  morts  et  pourriture.  Ainsi,  par  le  dehors,  semblez-vous 
justes  aux  yeux  des  hommes^  mais,  au  dedans,  u’êtes-vous 
qu’Uypocritie  et  qu’iniquké.  Malheur  'a  vous.  Scribes  et  Pha- 
risiens hypocrites,  qui  élevez  des  tombeaux  aux  prophètes, 
et  qui  ornez  les  monuments  des  justes,  disant  : Si  nous 
eussions  été  du  temps  de  nos  pères,  nous  ne  nous  fussions 
point  unis  à eux  pour  répandre  le  sang  des  prophètes  » 

Vous?  vous  n’eussiez  point  versé  le  sang  des  justes  et  des 
propliètes,  reprend  le  Christ.  « Serpents!  race  de  vipères! 
comment  vous  déroberez-vous  au  jugement,  au  feu  de 
l’enfer?  Car  voici  que  je  vais  vous  envoyer  des  prophètes, 
des  sages,  des  docteurs,  et  vous  tuerez  ceux-ci , vous  sacri- 
fierez ceux-là;  vous  fouetterez  les  autres  dans  vos  syna- 
gogues, et  vous  les  persécuterez  de  ville  en  ville,  achevant 
ainsi  de  combler  la  mesure  de  vos  pères,  afin  que  tout  le 
sang  innocent  qui  a été  répandu  sur  la  terre  retombe  sur 
vous,  depuis  le  sang  d’Âbel  le  juste,  jusqu’au  sang  de 
Zacharie  fils  de  Barachie,  que  vous  avez  tué  entre  le  temple 
et  l’autel  I • 

« Jérusalem,  Jérusalem,  qui  tues  les  prophètes  et  qui  lapides 
ceux  qui  sont  envoyés  vers  toi,  combien  de  fois  ai-je  voulu 
rassembler  tes  enfants  comme  une  poule  rassemble  scs 
petits  sous  ses  ailes,  et  tu  ne  l’as  pas  voulu’!  » 

' S.  Matthieu,  Évang.,  cliap.  xxiii. 

^ 5.  Matthieu,  Évang.,  chap.  xxiii.  • 


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26 


LES  JülES. 


Ainsi  s’animait  contre  ces  fourbes,  contre  cette  peste  de 
Juda,  la  bouche  si  douce  et  si  miséricordieuse  du  Clirist-, 
mais  quoique  les  Pharisiens  soient  les  élus  de  sa  colère , 
ses  foudres  ne  tombent  point  exclusivement  sur  eux  seuls; 
elles  frappent  à chaque  instant  les  Scribes,  c’est-à-dire  les 
docteurs  de  la  nation  à quelque  tecte  que  leur  croyance  les 
attache.  Et  cependant  c’est  encore  le  Christ  qui  dit  à la 
foule  : « Les  Scribes  et  les  Pharisiens  sont  assis  sur  la 
chaire  de  Moïse,  observez  donc  et  faites  ce  qu’ils  vous 
disent,  mais  ne  faites  pas  ce  qu’ils  font'.  » 

Au  moment  même  où  retentissent  contre  la  secte  phari- 
saïque  les  apostrophes  tonnantes  du  Christ,  que  signilient 
donc  ces  paroles  qui  semblent  contradictoires,  et  dont  le 
but  est  d’ouvrir  l’oreille  du  peuple  à ceux  que  le  Fils  de 
Dieu  lui-même  vient  de  frapper  de  ses  plus  sanglants  ana- 
thèmes? 

(iette  énigme,  saint  Augustin,  le  savant  évêque,  la  tra- 
verse de  sa  parole  lumineuse  et  nous  en  fait  transparaître 
le  sens  : u Les  méchants  mêmes,  atsis  dam  ta  chaire  de 
Moïse,  étaient  contraints  d’enseigner  de  bonnes  doctrines*.  » 
Infaillibles  lorsqu'ils  exerçaient  l’autorité  légitime  de  l’Église, 
qui  portait  alors  le  nom  de  synagogue,  ces  docteurs  n’étaient 
nullement  im|>eccables ; et,  hors  de  cette  chaire,  ils  cher- 
chaient les  intérêts  de  leur  orgueil  ; mais  là,  leur  audace  ne 
pouvait  s’élever  jusqu’à  enseigner  la  doctrine  qui  leur  était 
propre,  c’est-à-dire  que  l’enseignement  de  l’erreur  leur 
devenait  chose  impossible  : sua  dicerenon  audeni... 

O miracle  éternel  et  trop  inaperçu  ! Cette  chaire  qui  était 
celle  de  Moïse  avant  d’être  la  chaire  de  saint  Pierre,  et  qui 
n’était,  par  conséquent,  ni  celle  des  Pharisiens  ni  celle  des 
Scribes,  eût  fait  violenée  à ces  docteurs  s’ils  se  fussent 
révoltés  contre  la  doctrine  orthodoxe.  Elle  eût,  non  point 
bouleversé  leurs  sens  ainsi  que  l’esprit  du  trépied  antique 

' S.  Mallliieu,  ftvang.,  xxill,  2-3. 

^ fiona  dicere  cogebantur.  De  doclrin.  Christ.,  iv,  •27,  S.  Au- 
gustin. 


Dioili7P<1  bv 


CHAPITRE  DEUXIÈME.  i7 

boulevcreait  les  sens  de  la  Pylhonisse',  mais  elle  eût  con- 
traint a sortir  de  leur  bouche  les  paroles  de  justice  et  de 
vérité.  Ainsi  la  langue  de  Balaam  s’éveriuanl  h maudire  Israël 
était-elle  forcée  de  le  bénir!' Car  cette  chaire,  que,  dans 
leur  exacte  et  profonde  définition,  les  siècles  ont  nommée  la 
chaire  de  vérité,  ferme  la  bouche  au  mensonge,  et  l'intelli- 
gence à l'erreur.  Liée  depuis  les  plus  lointains  patriarches 
jusqu’à  .Moïse,  et  depuis  Moïse  jusqu’à  la  consommation  des 
temps,  aux  enseignements  et  aux  doctrines  du  catholicisme, 
elle  nous  transmet  lei  dictées  de  l’ Esprit-Saint  par  la  langue 
des  hommes  qui  l’occupent,  quelque  divine  ou  impure  que 
cette  langue  se  trouve  être  par  elle-même!  Mais  ne  s’agit-il 
plus  que  de  l’homme,  que  du  simple  pharisien,  oh!  c’est 
alors  que  nous  entendons  le  Christ  tenir  le  langage  de  la 
vérité  la  plus  foudroyante,  celle  qui  sauve  les  peuples  en 
dessillant  leurs  yeux.  C’est-à-dire  que  nous  voyons  alors 
Jésus  exercer  dans  toute  l’âprcté  de  leur  rigueur  les  actes 
de  la  grande  et  sii|)réme  charité  : œuvre  incomprise  cl 
détestée  aux  époques  d’alTaissement  moral  où  triomphent 
les  principes  de  l’égoïste  et  calamiteuse  mollesse  qui,  sous 
le  titre  hypocrite  de  modération,  ne  cherche  qu’à  se  dérober 
à tout  péril  et  à se  concilier  tous  les  suffrages. 

Mais  nous  le  disions  tout  à l’heure  : guerre  pour  guerre, 
et  le  langage  de  l’Évangile,  loin  d’être  pour  le  Juif  judaïsanl 
de  nos  jours  la  parole  même  de  la  vérité,  n’est  encore  que 
le  mensonge  de  la  légende.  « La  question  de  l’authenticité 
historique  de  la  vie  de  Jésus,  nous  dit-il , ne  devrait  pas,  à 
vrai  dire,  être  sujette  à controverse,  pas  plus  que  l’authen- 
ticité des  mythes  que  Virgile  nous  donne  sur  l’origine  de 
Rome.  Tout  homme  tant  soit  peu  instruit  qui  lit  les  Évan- 
giles sans  parti  pris  reconnaît  leur  caractère  légendaire'.  » 
C’est  pourquoi  le  nom  de  Pharisien  que  flétrissent  les  pages 
évangéliques,  ce  n’est  nullement  pour  le  Juif  le  nom  du 

* Voir  notre  livre  la  Magie  au  dix-neuvième  siècle,  chap.  vu  : I.es 
vapeurs  oraculaires,  Delphes  et  autres  lieux. 

“ Arch.  israél.,  1867,  p.  i07,  a"  V. 


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28 


I.KS  Jl’lKS. 


dévot  hypocrite,  du  séiuilcre  l)laiiclii,  du  fourbe  ambitieux; 
lion!  c’est  un  titre  d’honneur  qui  ne  doit  se  placer  que  sur 
le  front  du  mérite  et  de  la  vertu,  car  le  judaïsant  moderne 
est  le  fils  spirituel  des  Pharisiens  du  temps  de  Jésus;  il 
veut  croire  à la  vertu  de  ses  ancêtres,  il  la  proclame  avec 
faste  et  s’en  glorifie. 

Aussi  .M.  le  rabbin  Lazard  nous  apprend-il  que  M.  T.re- 
nel,  l'admirateur  passionné  du  chef  de  la  doctrine  phari- 
saïqiie,  repousse  avec  énergie  « l’arrêt  inique  que  les  Évan- 
giles ont  prononcé  contre  les  Pharisiens.  » Ce  prince  du 
pharisaïsme  occupe  b ses  yeux  la  place  même  que  nous 
donnons  à Jésus!  Oui!  que  toutes  les  oreilles  l’entendent, 
Hillcl,  — cet  homme  dont  le  Juif  seul  ici-bas  sait  le  nom 
— « est  destiné  b grandir  dans  l’opinion.  Sa  place  est  mar- 
quée dans  le  Panthéon  des  hommes  illustres,  bienfaiteurs 
de  l'humanité.  C'eut  lui,  lui  seul,  après  la  Thora  et  les  pro- 
phètes, qui  a révélé  au  monde  la  loi  d'amour  et  de  frater- 
nité'. » 

Vous  l'entendez,  peuples  de  ce  monde  et  de  ce  siècle! 
c’est  lui  seul,  après  les  prophètes,  qui  nous  initie  b la  vie  du 
cœur.  C’est  lui , cet  homme  dont  il  est  probable  que  notre 
plume  vous  apprend  l’existence , ce  n’est  nul  autre,  et  sur- 
tout ce  n'est  point  le  Christ,  b qui,  loin  de  Ib,  les  Juifs,  au- 
jourd'hui vainqueurs  de  la  civilisation  chrétienne,  attachent 
la  honte  éternelle  d'avoir  calomnié  les  Pharisiens,  disciples 
de  ce  grand  révélateur  de  la  loi  d’amour  et  de  fraternité! 

Et  si  tels  sont  les  Pharisiens,  il  importera  sans  doute 
d'arrêter  un  instant  nos  yeux  sur  quelques  traits  du  phari- 


' P.  610,  Arch.  israél..  XIII,  l"  juil.  1867.  Hillel,  l'Ancien,  Juif  il- 
lustre de  Babylone,  chef  du  sanhédrin,  vécut  plus  de  cent  ans  avant 
le  Christ.  Josephe  l'appelle  Pollion.  Il  soutint  avec  zèle  les  traditions 
orales  des  Juifs  contre  Schammal,  son  collègue,  qui  voulait  qu'on  s'en 
tint  littéralement  au  texte  de  l’Iicriture.  Cette  dispute  fut,  selon  saint 
Jérome,  l'origine  des  Scribes  et  des  Pharisiens.  Hillel  est  peut-être 
le  premier  auteur  de  la  partie  du  Tahnud  qui  se  nomme  la  .Mischna. 

?uels  hommages  ne  lui  doivent  point  les  Pharisiens . disciples  de  ce 
ahnud  auquel  nous  allons  consacrer  un  chapitre!  La  Thora  est  la  lui 
écrite. 


. Dj2ilizeQi2>', k 


CHAPITRE  DEUXIÈME. 


Ï9 


saisme  moderne,  c’csl-à-dirc  sur  (luelqnes  dohamillons  des 
sentiraenls,  de  la  science  el  de  la  critique  du  Juif  judaïsanl 
de  nos  jours.  Précieux  morceaux  qui  nous  peignent  par  leur 
propre  pinceau  ces  hommes  dans  la  physionomie  desquels 
nous  nous  refuserions  voir  autre  chose  qu’une  plate  et 
odieuse  caricature,  si  la  main  qui  les  trace  était  autre  qu’une 
main  judaïque. 

Il  Deux  choses,  nous  dit  en  l’an  de  grâce  1867  l’organe  du 
Judaïsme  libérât  et  progressiste,  distinguent  le  livre  de  M.  Rah- 
binovvicz,  docteur  en  médecine  de  la  Faculté  de  Paris.  Pre- 
mièrement, il  réhahilile  les  Pharisiens  jusqu’alors  toujours 
et  par  tous  maltraités;  secondement,  il  fait  de  Jésus  un  agi- 
tateur purement  politique.  — Nous  avons  lu  la  thèse  de 
M.  Rahhinowicz;  la  honne  foi  la  plus  grande  s’y  manifeste 
d’une  façon  très-claire...  l,’ Israélite,  animé  d’autant  d’atta- 
chement pour  «es  anrétres  que  de  respect  pour  leurs  traditions, 
s’y  laisse  bien  deviner,  mais  l'homme  de  la  vérité  s’y  fait 
sentir  tout  aussi  fortement',  u 

En  effet  « la  tolérance  des  Pharisiens  envers  les  chrétiens 
fut  parfaite',  » nous  dit-il,  et  quand  une  hostilité  se  produisait , 
elle  était  toujours  « provoquée  par  des  miracles  que  les 
Israélites  (disons  les  Pharisiens)  jugeaient  être  des  super- 
cheries employées  pour  séduire  el  égarer  le  peuple*.  » 

• P.  113-114,  Arch.  israélites,  l"  février  1867. 

^ Ibid.  Archives,  p.  115,  n"  Vlll;  l'Cnicers  Israélite,  mars  1867, 
p.  326.  Nous  prenons  à témoin  de  celle  vérité  pliarisatque,  entre  une 
multitude  d'assassinats,  les  deux  premiers  qui  furent  commis  par  les 
Pharisiens:  l'assassinat  juridique  du  Christ,  et  celui  de  son  premier 
martyr,  saint  Etienne.  Parlons  ensuite  du  chapitre  xxiii  de  l'Evangile 
de  saint  Matthieu,  et  nous  arriverons,  en  suivant  cette  roule,  au  drame 
sanglant  du  Père  Thomas,  objet  de  l'un  de  nos  chapitres. 

“ Ces  hostilités  sanglantes  étaient-elles  de  la  tolérance,  une  tolérance 
parfaite?  n’élaienl-elles  pas  l’expression  féroce  du  dépit  que  causaient 
des  miracles  tels  que  la  multiplication  des  pains,  la  résurrection  de  La- 
zare, les  prodiges  sans  nombre  qui  dévoilaient  â la  fois  la  divinité  du 
Christ  et  les  mensonges  des  Pharisiens?  i De  nombreux  passages  tirés 
desEvangilesprouvent que Jésusn'ajamais  voulu  réformer  le  Judaïsme 
ni  modifier  la  moindre  des  cérémonies  pratiquées  par  les  Pharisiens, 
ajoute  .M.  Rabbinowicz,  et  il  reste  à expliquer  comment  on  est  arrivé 
à la  divinité  de  Jésus  et  aux  autres  dogmes,  s 1867,  i6..  Archives 
israélites,  p.  115,  n°  viii. 


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!0 


Li;s  JUIFS. 


L’auteur  de  l’article  des  Archives  israéliies  que  nous 
citons,  M.  Pierre  Mazerolle,  est  qualifié  de  chrétien  par  cette 
feuille  judaïque,  et  termine  son  appréciation  par  les  lignes 
suivantes.  « Ce  qu’a  fait  M.  Rabbinowicz,  répétons-le,  est 
courageux,  et  était  nécessaire.  Que  ses  coreligionnaires 
l’imitent  ; nous  avons  droit  à cet  honneur,  à cette  confiance 
de  leur  part...  Il  est  particulièrement  beau  de  voir  le  modèle 
de  la  discussion  en  matière  religieuse  donné  par  un  homme 
appartenant  ’a  une  race  à laquelle  si  longtemps  on  n’accorda 
que  la  calomnie  et  l’injure'.  » 

Nous  ne  saurions , pour  notre  part,  afficher  cette  auda- 
cieuse admiration  pour  une  science  qui  se  réfute  d’elle- 
mèmc,  et  qui  se  déconsidère  par  le  prodige  de  ses  impu- 
deurs-, mais  nous  lui  trouvons  le  mérite  de  mettre  en  relief 
la  déplorable  et  insigne  faiblesse  des  grands  docteurs  du 
judaïsme,  et  les  incurables  sentiments  de  haine  contre  le 
christianisme  de  leurs  ouailles  et  de  leurs  auxiliaires.  Nous 
continuerons  donc  un  instant  encore  les  simples  citations 
i|ui  les  tournent  ^ notre  profil  et  confirment  la  parole  du 
Christ  ; 

Autant  dans  les  pages  de  MM.  Strauss  et  Renan,  ces  dou- 
cereux contempteurs  de  la  divinité  du  Christ,  « Jésus  est 
élevé  h la  hauteur  de  l’idéal  du  dix-neuvième  siècle,  autant, 
nous  dit  l'Israélite  Graetz,  le  peuple  qui  lui  est  op|K)$é  (le 
Juif)  est  resté  la  caricature  qu’en  avaient  faite  scs  adversaires, 
payens  et  chrétiens.  » Mais  « il  ne  suffit  pas  d’avoir  lu  Josèphe, 
qui  n’a  écrit  une  histoire  juive  qu'à  l’usage  des  Romains,  ni 
de  connaître  des  écrivains  évangéli(|ucs  qui  ont  vécu  à une 
époque  bien  ]K)sléricure  h celle  de  Jésus,  et  qui  ont,  au 
surplus,  écrit  dans  un  esprit  manifestement  hostile  aux 
Juifs  et  au  judaïsme’  ; il  ne  suffit  pas  non  plus  d’avoir  glané 
quelques  phrases  mal  comprises  de  la  littérature  talmudi(|uc 
pour  faire  un  portrait  exact  des  sentiments  et  des  idées  dont 

■ .trcAiecs  israéliies,  p.  H7,  t"  février  1867. 

t Hostile  aux  Juifs,  qu’ils  s'efforçaient  d'attirer  à eux,  et  pour  qui 
leur  maître  était  mort?...  Hostile  au  pharisaïsme,  soit!,.. 


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CHAPITRE  DEUXIÈME.  .11 

la  société  juive  était  animée  pendant  le  siècle  qui  a précédé 
la  destruction  du  temple.  » Non,  et  quiconque  veut  donner 
à sa  parole  quelque  autorité,  doit  « être  profondément  versé 
dans  la  littérature  talmudique  et  agadique  contemporaine 
de  Jésus'.  » 

Ainsi , pour  être  doué  de  quelque  science  et  savoir  ap- 
précier le  judaïsme;  pour  donner  quelque  poids  et  quelque 
crédit  h sa  parole , voilà  le  moyen  critique  que  nous  impo- 
sent les  Juifs,  disciples  et  admirateurs  des  Pharisiens  : 
Tourner  le  dos  à ITiistoire  écrite  par  les  payens,  par  les 
Évangélistes,  et  par  l’historien  juif  Josèphe,  PharUien  lui- 
même;  vanter,  exalter  sans  mesure  les  traditions  rabhi- 
niques,  que  Jésus  attaque  d’un  bout  à l’autre  des  Évangiles 
devant  le  peuple  juif,  qui  ne  cesse  de  l’acclamer  à l’éter- 
nelle confusion  des  Pharisiens;  oublier  que  saint  Paul,  le 
plus  ardent  et  le  plus  implacable  persécuteur  des  chrétiens 
avant  sa  miraculeuse  conversion,  était  le  disciple  du  savant 
rabbin  Gamaliel  ; oublier  enfin  que  les  savants  et  profonds 
rabbins  qui  délaitsèrent  la  secte  pharisaïque  pour  se  convertir 
au.v  vérités  du  christianisme,  avaient  pâli  dès  leur  enfance 
sur  celte  triste  littérature  du  Talmud’l 

.Mais  ne  serait-ce  point  là  vraiment  demander  au  bon 
sens  de  se  renier  lui-même?  El  puisque  le  miraculeux  aveu- 
glement des  Juifs  est  une  des  plus  splendides  démonstra- 
tions de  la  vérité  que  l’bistoire  nous  a transmise  sur  les 
faits  du  christianisme,  n’avons-nous  pas  à remercier  les 
Pharisiens  de  leur  invariable  persévérance  à tracer  des 
pages  qui  témoignent  aussi  fortement  contre  eux-mêmes 
que  celles  où  se  lisent  des  énormités  historiques  semblables 
à celle  dernière  : 

« L’apparition  de  Jésus  et  de  ses  disciples  n’a  fait  aucun 

* Archives  israélites,  1"'  mars  1867,  n"  V,  p.  J05.  Ayada  signifie  la 
prédicalion  populaire,  Halaca  l'étude  de  la  loi. 

2 On  nous  permettra  de  nommer  entre  les  plus  doctes  le  rabbin  Dracb, 
qui  nous  Ut  l'bonneur  de  citer  un  de  nos  écrits  dans  son  Harmonie 
entre  iEylise  et  la  Synaqoç/iie,  p.  446,  t.  11,  18  44,  cl  dont  nous  avons 
si  souvent  recueilli  la  jiarole  dans  nos  conu-rsalions. 


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LES  JUIFS. 


:tî 

bruit  dans  la  Judée  et  à Jérusalem;  au  contraire,  elle  est  res- 
tée inaperçue,  ignorée,  el  tous  CCS  récits  qui  en  fout  un  évé- 
nement considérable  à la  fois  aux  yeux  des  classes  élevées 
el  du  peuple,  sont  de  pures  inventions.  Cependant,  grâce  h 
nos  évangélistes  modernes',  on  est  aujourd'hui  forcé  de  dis- 
cuter dans  une  histoire  des  Juifs  les  moindres  détails  de  ce* 
légendes  évangéliques' . » 

Nous  interrogeons  ces  détails,  el,  à propos  de  l’acte  san- 
glant du  Calvaire,  à propos  des  prodiges  historiques  qui, 
dans  l'instant  meme  où  le  Christ  expirait,  ébranlèrent  la 
cité  sainte,  l’évangéliste  saint  Luc  nous  transmet  la  réponse 
de  l'un  des  disciples  d’Emmaüs  au  voyageur  qu’il  n’a  point 
reconnu  el  qui  lui  adresse  cette  question  : Pourquoi  donc 
êtes-vous  irislesi’  — Tristes?  Vraiment,  « êtes-vous  donc  le 
seul  étranger  dans  Jérusalem  qui  n’ait  point  su  ce  qui  vient  de 
s'y  passer  en  ces  jours’?  » 

.Mais  puisque  ce  Pharisien  repousse  l’Evangile  i|ui  le 
flétrit,  laissons  nous-mêmes  à l’écart  ce  livre  sacré.  L’his- 
toire des  peuples  les  plus  profanes  nous  suftit.  Est-ce  donc 
que  la  vie  et  la  mort  du  Christ  n’ont  |)oint  révolutionné  la 
synagogue,  la  Judée,  l’empire  romain,  le  vieux  monde 
d’un  bout  a l’autre?  ce  monde  qui,  persécutant,  mettant  à 
mort  les  disciples  de  Jésus,  à l’exemple  des  Pharisiens,  cou- 
vrit ses  arènes,  avant  de  se  rendre  au  Christ,  du  sang  de 
plus  de  tUx  millions  de  martyrs!  Et  c’est  «levant  l’événement 
le  plus  authentique  et  le  plus  considérable  des  annales  de 
l’humanité  -,  c’est  devant  ce  fait  qui  changea  la  face  du 
monde  et  força  les  siècles  de  briser  leur  marche,  pour  se 
ranger  sous  la  date  d’une  ère  nouvelle , que  se  dresse  aujour- 
d’hui comme  alors,  l’orgueil  aveugle  et  paradoxal  du  phari- 
saïsmcl  Gardons-nous  donc  de  nous  afliigersi  nous  voyons 
la  justice  de  Dieu  condamner  le  pharisien  des  temps  an- 

' MM.  Strauss  et  Renan  1 que  nous  renvovons  au  savant  docteur 
Sepp. 

^ /b.,  p.  209,  Archives  Israélites,  1867,  n"  V. 

^ ïu  solus  pcre;.;rintis  es  in  Jérusaiem,  et  non  cognovisti  quæ  facta 
sunl  in  ilia  liisdiebus?  Luc,  xxiv,  18. 


33 


CHAPITRE  DEUXIÈME. 

ciens  à revivre,  el  h venir  se  peindre  tout  enlier  sous  nos 
yeux  dans  le  pro<ligieux  illogisme  de  sa  parole  -,  gardons-nous 
de  nous  étonner  si  nous  le  voyons,  marchant  d'attentats  en 
attentats  contre  l'histoire,  étaler  contre  les  splendeurs  de  la 
vérité  cette  audace  qui  caractérise  le  Pharisien  moderne. 
Le  dix-neuvième  siècle  nous  pardonnera  peut-être  de  nous 
associer  au  tangage  calomniateur  du  Christ,  contre  ces  mo- 
dèles de  candeur  et  de  véracité  que  le  judaïsme  ose  réha- 
biliter aujourd'hui  même  en  ces  termes  : « Lorsqu’on  voudra 
connaitre  ces  dignes  et  austères  représentants  du  sentiment  et 
de  la  pensée  Israélites,  on  voudra  bien  recourir  à d’autres 
renseignements  qu”a  ceux  qui  ont  été  fournis  par  des  enne- 
mis peu  scrupuleux.  L’histoire  impartiale  les  réhabilitera 
dans  l’esprit  des  peuples.  De  nos  jours,  heureusement,  il 
n’y  a plus  prescription  pour  le  mensonge'...  » 

Il  n’y  a plus  prescription  pour  le  mensonge,  c’est  pour- 
quoi le  cadran  nous  a marqué  l'heure  dernière  du  pha- 
risaisme!  C’est  pourquoi  son  glas  funèbre,  sonné  par  le 
Juif  lui-même,  étourdit  nos  oreilles-,  c’est  pourquoi  le  Juif 
se  sent  obligé  de  sortir  enfin  des  traditions  talmudiques. 
Il  en  sort,  il  faut  qu’il  en  sorte,  ou  qu’il  meure  à nos  yeux 
couvert  d’ignominie.  Et  tandis  qu’il  opère  sa  retraite , je- 
tons pour  notre  part  un  coup  d’œil  sur  ces  monstrueux 
recueils,  dès  que,  d’un  autre  coup  d’œil,  nous  avons  fait 
connaissance  avec  le  docteur  pharisaîque,  avec  le  rabbin,  ce 
chef  de  la  synagogue  et  du  judaïsme  contemporain. 

Un  mot  pourtant  avant  de  passer  outre  : ce  sont  donc  de 
grands  misérables  que  ces  Juifs?  Oh!  nous  nous  garderons 
bien  de  l'aflirmer!  C’est-ii-dire  que  nous  nous  garderons  de 

I Le  mensonge  du  Christ,  des  apOlres  ennemis  peu  scrupuleux  , et 
les  calomnies  des  historiens  de  tous  les  peuples,  réfutés  par  la  vérité 
devenue  {iharisaïque ! 1 1 Lire  l’t’nieers  israélite,  juin  1867,  p.  454, 
n"  X;  .M.  Wolfs.son.  Ce  journal  est  celui  de  l’orthodoxie juda'éiue  en 
France,  orthodoxie  bâtarde  qu’il  ne  faut  point  confondre  avec  celle  des 
Juifs  d’une  multitude  d’autres  pajs,  ni  même  avec  l’orthodoxie  ju- 
daïque en  France  au  commencement  de  ce  siècle.  Cjr  l’immuable  ju- 
darsme  s'écmule  ; les  pierres  de  cet  édifice  changent  de  forme  et 
d’aspect  à chaque  mouvement  qui  les  déplace. 

3 


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34 


LES  JUIFS. 


généraliser  nos  paroles,  et  de  mépriser  ces  hommes  chez 
lesquels  nous  aurons  a reconnaître  plus  de  supériorités  et  de 
vertus  (jue  nos  préjugés  ne  nous  permettent  de  le  supposer. 
Car  nous  ne  les  surpassons  que  par  le  mérite  de  notre  loi 
religieuse,  et  dans  les  seuls  cas  où  les  croyances  du  chris- 
tianisme règlent  véritablement  nos  actes.  Voilh  ce  que  nous 
ne  saurions  répéter  d’une  voix  trop  forte  en  répétant  que, 
pour  nous,  le  Juif  sur  lequel  frappe  et  doit  frapper  l’inexo- 
rable arrêt  de  l’histoire,  ce  n’est  point  le  premier  venu  de 
la  lignée  d’Abraham  : c’est  l’homme  de  la  séculaire  ortho- 
doxie fondée  sur  le  Talmud-,  c’est  le  croyant  pétri  des 
haines  judaïques  que  les  miasmes  philosophiques  de  ce 
siècle  ou  que  les  douces  lumières  du  christianisme  n’ont 
point  encore  déjudaïsé. 


CONCLUSION. 

Le  Christ,  les  Évangélistes,  les  convertis  du  pharisaïsme, 
le  pharisien  Josèphe,  historien  de  la  nation  juive,  s’adressent 
au  Pharisien  et  lui  disent  h l’envi  : Tu  n’es  qu’un  orgueilleux, 
un  fourbe,  nn  faux  dévot,  le  plus  vil  des  séducteurs,  et 
le  plus  impudent  des  menteurs. 

Le  Pharisien,  que  rien  au  monde  ne  déconcerte,  se  re- 
tourne vers  le  Christ  et  lui  dit  : La  synagogue  ne  voit  en  toi 
qu'un  infâme.  Le  gibet  t’a  rendu  justice,  et  le  bruit  de  ton 
supplice,  scélérat  obscur,  loin  de  retentir  d’un  bout  ’a 
l’autre  du  monde,  ne  put  réveiller  l’attention  des  hommes 
ni  dans  Jérusalem  ni  dans  la  Judée.  Hillel,  notre  vénéré 
fondateur, est  l’homme  de  la  charité  divine,  et  tes  Évangé- 
listes ne  furent  que  des  écrivains  de  légendes.  Ta  parole,  répé- 
tée par  les  Apôtres,  ne  fut  que  fable,  calomnie  et  blasphème. 

Le  lecteur  a dans  ce  chapitre,  il  aura  dans  les  suivants 
les  pièces  probantes  sous  les  yeux-,  à lui  de  siéger  en  juge; 
â lui  d’absoudre  le  Pharisien  et  d’écraser  le  Christ , d’écra- 
ser l'infâme,  si  la  parole  du  Pharisien  lui  parait  plus  sûre 
(]ue  celle  de  l’Évangile  et  de  l’histoire. 


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CHAPITRE  TROISIÈME. 


PREMIÈRE  DIVISION.  — LES  RABBINS,  LE  GRAND  SANHÉDRIN, 

LES  CONSISTOIRES. 

Qu’est-ce  que  le  rabbin?  Est-ce  un  pasteur,  un  prêtre,  ainsi  que  le 
dit  aujourd'hui  le  Juif? — C’est  un  docteur,  le  plus  souvent  pétri 
d’ignorance,  et  remplissant  quelquefois  d’assez  singulières  fonc- 
tions. — Il  ne  fait  rien  qu’un  laïque  ne  puisse  faire  à sa  place  ! — 
Les  rabbins  exercent  les  professions  les  plus  variées,  ils  peuvent  être 
bouchers,  cordonniers,  revendeurs,  etc.  — Leur  éducation.  — Elo- 
ges que  s’entre-donnent  les  rabbins.  — Cruelle  sévérité  avec  laquelle 
iis  sont  jugés  par  les  organes  mêmes  du  judaïsme.  — Cependant 
les  Juifs,  afin  de  se  donner  le  semblant  d’un  culte  sérieux,  et  d’obte- 
nir de  l’Etat  que  ce  culte  soit  salarié,  donnent  à ces  rabbins  le  titre 
de  prêtres,  de  pontifes,  de  pasteurs.  — Et  ces  prêtres  juifs  sont 
d’institution  profane;  ils  doivent  leur  état  de  ministres  de  la  religion 
judaïque  à des  princes  chrétiens.  — Phases  de  l’autorité  légale  des 
rabbins  en  France.  — Napoléon  I”  les  utilise  pour  ses  recrutements 
militaira>  et  sa  police  politique.  — En  un  mot,  le  rabbin  n’est  qu’un 
docteur;  et  le  Talmud  nous  dit  que,  depuis  la  dispersion,  il  n’y  a 
plus  de  docteurs  en  Israël!  — Et  pourtant,  jadis,  leîdoïse  du  judaïsme 
talmudique  décrétait  la  mort  sans  jugement  contre  quiconque  niait 
la  tradition  des  rabbinsL 

« Les  Juifs , nous  dit  Kluber,  l’un  des  coryphées  de  l’école 
des  publicistes  philosophes  dont  le  témoignage  ne  saurait 
être  suspect,  les  Juifs  forment  une  secte  politico-religieuse, 
placée  (de  fait)  sous  le  rigoureux  despotisme  théocratîque  des 
rabbins.  Non-seulcmeilt  les  Juifs  sont  étroitement  unis  et  con- 
jurés entre  eux,  au  point  de  vue  de  certains  dogmes  religieux, 
mais  ils  constituent  une  société  héréditaire  tout  à fait  close  pour 
ce  qui  concerne  la  vie  ordinaire,  le  commerce  habituel,  et 
l’éducation  du  peuple,  excluant  tout  progrès,  et  entretenant 
soigneusement  entre  eux  l’esprit  de  caste  et  de  famille  par 
l’interdiction  formelle  de  toute  alliauce  avec  des  personnes 
d’une  autre  religion  *.  » 

Et  dans  cette  société  judaïque,  presque. tout  homme,  de- 
puis le  Christ,  est  Pharisien,  ou  talmudiste,  c’est-h-dire 

* Note  importante.  Nous  ne  pouvons  assez  recommander  au  lec- 
teur de  ne  juger  aucune  des  assertions  contenues  dans  nos  chapitres 
sans  la  rapprocher  de  sa  date,  que  nous  avons  le  plus  grand  soin  de 
donner. 

2 Kluber,  Coup  d’œil  des  délibérations  diplomatiques  du  Congrès  de 

3. 


36 


LES  JUIFS. 


sectateur  des  traditions  que  flétrissait  Jésus  et  que  main- 
tiennent les  rabbins.  Quel  est  donc  au  milieu  de  ce  peuple 
tout  pharisaïque,  le  rôle,  quel  est  le  personnage  du  rabbin? 
— Le  rabbin,  depuis  l'époque  de  la  dispersion,  est  ce  qu’était 
jadis  le  Scribe,  qui  toutefois  n’appartenait  alors  à aucune 
secte  spéciale.  Il  est  le  docteur  de  la  science  religieuse. 
Ses  coreligionnaires  lui  décernent  ce  titre,  mais  il  n’y  a dans 
sa  personne  rien  du  prêtre , car  le  sacerdoce  a ditparu  du 
milieu  de  Juda  depuis  la  dispersion  du  peuple  et  la  con- 
fusion des  familles.  Nul  Juif  ne  connaît  aujourd’hui  sa 
généalogie;  nul  ne  sait  quelle  est  sa  tribu,  nul  n’est  capable 
de  prouver  qu’il  descend  de  Lévi,  nul,  par  conséquent, 
n’est  en  droit  de  s’arroger  ni  le  "titre  ni  les  fonctions  de 
prêtre  '. 

Erreur!  erreur!  et  vous  entendrez  soutenir  en  Israël  que 
les  Juifs  ont  encore  leurs  pontifes,  leurs  patriarches,  leurs 
prêtres!  Mais  non-,  non,  de  grâce!  s’écrie  dans  le  seizième 
siècle  l’évêque  de  Valtourre,  n’allez  point  prostituer  de 
tels  titres  et  les  appliquer  â ces  Juifs  impurs,  â ces  infects 
déblatéreurs , â ces  cabaretiers,  â ces  trafiquants  que  nulle 
iniquité  jamais  ne  fera  battre  en  retraite*. 

Nous  ne  nous  effarouchons  point  de  ces  termes;  car  une 
plume  d’origine  judaïque  les  reproduit  de  nos  jours  â peu 

Vimne,  Itl,  390.  Observons  que  Kluber  parle  de  la  très-grande  majo- 
rilè  de  la  nation  juive  à une  époque  postérieure  au  Sanhédrin  de  1807, 
et  (|ue,  depuis  cette  date  récente,  une  immense  révolution  religieuse  est 
en  voie  de  s’opérer  chez  les  Juifs  et  surtout  en  Fiance. 

‘ Les  prêtres  ne  peuvent  être  tirés  que  de  la  tribu  de  Lévi  ; et  les 
lévites,  quoique  compris  dans  l'ordre  sacerdotal,  ne  sont  point  prêtres 
par  cela  seul  qu'ils  sont  lévites.  Bible,  Noinb.,  ni,  6 à 11,  etc.  Essai 
nist.  sur  les  Juifs,  t.  Il,  p.  71,  cli.  vi,  anonyme;  Lyon,  1771.  o Les 
lèvres  du  pritre  sont  les  depositaires  de  la  science,  et  c'est  de  sa  bouche 
que  l’on  recherchera  la  connaissance  de  la  lui,  parce  qu'il  est  l’ange  du 
Seigneur  des  armées.  » Bible,  Malachie,  n,  7. 

* Vahl  ne,  quæso.  spurios  illosatqiie  olidos  blaterones,  cauponcs'et 
negociatores,  omni  iniquitatc  plenos,  patriarchas  aut  sacerdoles  dixe- 
risl  Dies  caniculares.  Un.  Sim.  Maioli  Episcop.  Yulturariensis,  1613, 
Maguntiæ.  t.  III,  p.  878.  Id.  Subst.  Traité  de  la  Police,  t.  I",  p.  S79,etc. 
Paris,  1705,  in-f".  Lire  id.  Baronius,  Annales  ecclesiasticœ.  Nous 
citerons  ces  deux  œuvres  monumentales  et  si  différentes  l’une  de 
l’autre. 


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CHAPITRE  TROISIÈME. 


37 


près  dans  les  mûmes  termes  (voir  plus  bas);  et,  quant  au 
sacerdoce,  l'un  des  grands  prédicateurs  de  la  France,  le 
R.  P.  Félix,  faisait  naguère  retentir  la  chaire  de  Notre- 
Dame  de  Paris  de  la  même  vérité.  « Israël,  s'écriait-il,  est 
aujourd'hui  « sam  religion,  sans  pairie,  sans  préires,  sans 
sacerdoce,  sans  autel  et  sans  sacrifice  ' ! » 

Voici  donc  cette  religion  monoteinplale  devenue  veuve 
du  temple  unique  où  son  Dieu  lui  permettait  les  grandes 
cérémonies  du  culte,  et  veuve  à la  fois  de  son  sacerdoce; 
car  dans  la  foule  entière  de  ses  quatre  millions  de  fidèles, 
un  seul  ne  saurait  se  trouver  qui  pùt  confirmer  sa  parole 
s'il  osait  dire  : Je  suis  de  la  race  unique  dont  se  font  les 
prêtres;  je  suis  un  des  descendants  de  Lévi! 

Mais  l'un  des  livres  sacrés  de  la  Bible  ne  nous  avait-il 
point  tenu  ce  langage  prophétique  : « Un  long  temps  se 
passera  pendant  lequel  Israël  sera  sans  vrai  Dieu,  sans 
prêtre  qui  l'instruise,  et  sans  loi’.  » Il  est  donc  tout  naturel 
que  le  peuple  juif,  partout  où  ses  essaims  se  sont  abattus, 
n’ait  plus  en  guise  de  temple  unique  que  de  simples  lieux 
de  réunion  et  de  prière;  en  guise  de  loi,  que  des  traditions 
étrangères  ù toute  origine  divine’;  en  guise  de  prêtres,  que 
des  consulteurs  officieux,  ou  redevables  à la  loi  desruxiions 

‘ ..^rctiiees  isra^/iles,  VIII,  1. '5  avril!  868,  p.  353.  Et  l'un  des  organes 
du  judaïsme  de  répliquer:  <t  Autrefois  les  prêtres  formaientchez  nous 
une  caste  à part  ; aujourd’hui  le  rabbin,  ou  chef  religieux,  entre  dans 
la  carrière  pastorale  par  un  choix  libre...  n Ib.  X,  !8  mai  !868, 
p.  i45.  Ce  prétendu  prêtre  est  donc  de  fantaisie,  d’institution  humaine, 
instit  ué  contrairement  à la  Bible  et  au  Talmud,  ce  que  nous  verrons 
en  ce  chapitre. 

Cette  religion, disait,  en  mars  '! 868,  M.Chaix  d’Est-Ange,  rapporteur 
au  Sénat  d'une  pétition  judaïque,  <i  n'a  rien  de  sacerdotal;...  les  rab- 
bins eux-mêmes  ne  sont  pas  des  prêtres,  mais  des  docteurs  ; et,  depuis 
la  dispersion,  la  science  a remplacé  le  sacerdoce.  » Ibid.,  V,  p.  t08-9. 
!"■  mars  !868.  « On  ne  pouvait  mieux  dire,  » ajoutent  les  memes  Ar- 
chives Israélites , VI,  !5  mars  !868,p.  25!,...  à la  condition  de  suppri- 
mer cette  erreur  ; que  la  science  aurait  ren  placé  le  sacerdoce  I Mais 
pourquoi  ceite  vérité  du  mois  de  mars,  que»  le  rabbin  n’est  point  un 
prêtre,  » n’est-clle  plus  au  mois  de  mai  qu’une  vérité  de  rebut,  rem- 
placée par  l’asseriion  contraire?  Patience! 

* Bible,  H Paralip.,  ch.  xv,  v.  3. 

^ Le  Talmud.  Relinquentes  mandatum  Dei,  tenetis  traditionem  ho- 
minum.  S.  Marc,  vu,  v.  8-9. 


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38 


LES  JUIFS. 


étrangères  d'un  titre  officiel;  en  un  mot,  que  des  rabbins, 
c'esl-à-dire  que  des  docteurs,  dont,  sauf  quelques  rares 
exceptions,  l’ignorance  est  prodigieuse 
Mais  bâtons-nous  de  produire  â l’appui  de  nos  paroles 
le  texte  meme  de  l’un  des  membres  notables  du  consistoire 
de  la  ville  de  Paris  : n Les  rabbins  ne  sont  point,  comme 
les  curés  et  les  pasteurs  des  communions  ebrétiennes,  les 
ministres  nécessaires  de  notre  culte.  L’oflice  des  prières  au 
sein  de  nos  temples  ne  s’effectue  point  par  leur  organe.  Ils 
ne  sont  point  les  confidents  de  nos  consciences.  Leur  jiou- 
voir  ne  peut  rien  pour  le  salut  de  nos  âmes.  Leurs  fonctions 
sacerdotales  se  bornent  â la  célébration  du  mariage*  -,  et  leurs 
attributions,  â la  prononciation,  en  chaire,  d'un  très-petit 
nombre  d’oraisons,  lis  sont  docteurs  de  la  loi,  et  passent 
pour  avoir  une  connaissance  profonde  du  Talmud.  Ils  sont 
canoniquement  investis  du  pouvoir  de  conférer  â un  laïque 
quelconque  le  diplôme  du  rabbinat.  » Mais  « ce  diplôme 
est  compatible  avec  toutes  les  professions...  et  nous  comp- 
tons parmi  nous  des  rabbins  au  barreau,  des  rabbins  en 
boutique,  et  des  rabbins  marchands  forains,  lis  ne  possè- 
dent les  éléments  d’aucune  science  utile,  et  ignorent,  la 
plupart,  jusqu’à  l’usage  de  la  langue  nationale...  Leur  atta- 
chement fanatique  à des  pratiques  absurdes,  dont  le  temps  et 
la  raison  ont  fait  justice,  est  un  titre  à leur  considération 
mutuelle  et  à la  vénération  des  orthodoxes.  Leur  présomption  est 
aussi  excessive  que  leur  ignorance  est  profonde.  Si  on  invoque 


' Deuxième  lettre  d’un  rabbin  converti.  18î7,  Paris,  p.  366-7.  Id., 
Harmonie  entre  l'Eglise  et  la  Synagogue,  Exemples  et  exceptions,  t.  l", 
p.  30,  etc. 

^ C'est  trop  dire,  et  nous  allons  voir  que  tout  laïque  peut  les  célébrer. 
Leurs  fonctions  consistent,  par  exemple,  à pratiquer  des  exorcismes 
magiques,  comme  les  fils  de  Sceva,  Actes  des  Apôtres,  m,  v.  13,  etc.; 
à veiller  auprès  des  femmes  en  couches,  pour  les  défendre  contre  les 
maladies  et  les  maléfices  du  démon  Lilit,  etc.,  etc.  Harmonie  entre 
f Eglise  et  Synagogue,  t.  11,  p.  32u;  Drach,  Paris,  iSii;  ou  bien  à 
tracer  des  talismans  qu’il  faut  porter  ou  avaler,  pour  guérir  d’une  ma- 
ladie. pour  obtenir  progéniture,  ou  pour  être  délivré  des  démonsi 
Archives  israélites,  IV,  15  février  1868,  p.  185.  Et  ces  dernières 
fonctions  sont  celles  de  nos  sorciers,  leurs  imitateurs. 


Di:,:-' 


CHAPITRE  TR0IS1È.ME. 


39 


leurs  lumières  sur  les  questions  religieuses,  ils  opposent 
les  mystères;  si  on  les  presse,  ils  crient  à l’irréligion;  si  on 
insiste,  ils  se  fâchent.  Ils  ont  la  fatuité  du  pouvoir,  et  la 
volonté  de  l’intolérance'.  « 

I!  ne  serait  que  trop  facile,  hélas!  si  peu  que  l’on  remuât 
les  annales  du  culte  hébraïque,  de  multiplier  â l’endroit 
des  rabhins  les  traits  où  l’immonde  se  mêle  â l’absurde; 
mais  il  nous  suffit,  â titre  d'échantillon,  d’emprunter  à saint 
Jérôme,  qui  vécut  dans  la  familiarité  des  docteurs  israélites, 
un  des  exemples  où  se  peint  l’antique  dégradation  de  ces 
tristes  ministres. 

B Les  Pharisiens,  nous  dit  ce  grand  docteur  de  l’Église, 
otU  inventé  les  traditions  qu’ils  appellent  deutéroses;  et  d('  com- 
bien de  fables  et  de  chimères  ils  les  ont  remplies!  La  plu- 
part sont  tellement  infâmes  que  je  ne  saurais  en  parler  sans 
rougir;  je  veux,  néanmoins,  en  rapporter  un  exemple,  afin 
de  couvrir  de  honte  et  de  confusion  ces  ennemis  déclarés  de 
la  religion  du  Christ.  Sachez  donc  que  les  principaux  et  les 
plus  sages  de  la  synagogue  étaient  obligés,  par  le  devoir  de 
leur  charge,  horrible  emploi!  de  goûter  le  sang  d’une  bile 
ou  d’une  femme  qui  avait  ses  infirmités  ordinaires,  afin  de 
juger  par  le  goût,  lorsqu’ils  ne  pouvaient  le  faire  par  la  vue , 
si  ce  sang  était  pur  ou  ne  l’était  pas  ’.  » 

Certaines  Revues  judaïques , souvent  en  désaccord  avec 
elles-mêmes,  nous  tiennent  sur  le  rabbin  un  tout  autre  lan- 
gage. L’amélioration  qu’elles  signalent  parmi  ces  docteurs, 
si  nous  la  prenons  au  sérieux,  est,  en  tout  cas,  de  date  toute 
récente;  mais  nous  l’admcltons  le  plus  volontiers  du  monde. 


* Des  Consistoires  en  France,  par  M.  Singer,  membre  du  Consistoire, 
p.  3Î-33,  Paris,  tSÎO,  Delaunay.  Id.  Cerfberr,  plus  loin  : «Lesdevoirs 
des  rabbins  concernant  la  prédication  morale  dans  les  temples,  dit 
M.  Halévy,  devoirs  prescrits  par  le  grand  Sanhédrin,  ne  sont  |ias  rem- 
plis, ou  le  sont  d’une  manière  fâcheuse,  à cause  de  Yincajiacitt  des 
rabbins  en  général,  de  leur  peu  de  Juinicrej,  et  de  leur  habitude  de 
prêcher  dans  un  jargon  barbare.  » Résumé  de  l’histoire  des  Juifs  mo- 
dernes, p.  309. — llallez.  Des  Juifs  en  France,  p.  Î6G,  etc. 

2 S.  Jérôme,  t.  Ht,  ch.  xcvii,  p.  221.  Lettres,  trad.  Guill.  Roussel, 
bénéd.  Paris,  1707. 


I 


40  LES  JUIFS. 

en  ce  sens  que,  dans  les  Élats  les  plus  civilisés  de  l’Europe, 
les  membres  du  rabhinat  seraient  des  hommes  honorables, 
quelquefois  assez  savants,  et  qui  généralement  ont  reçu 
l’éducation  vulgaire.  Un  grand  nombre,  dans  les  centres  de 
la  civilisation  chrétienne,  parlent  donc  un  langage  à peu  près 
correct,  ce  que  ne  se  permettent  qu’à  de  rares  intervalles 
les  rédacteurs  des  revues  qui  les  préconisent.  Mais  le  dé- 
grossissement de  ce  personnage  si  cruellement  jugé  par  les 
siens,  lui  conférera-t-il  le  caractère  sacerdotal  que  la  presse 
judaïque  s’est  donné  depuis  quelques  années  le  mot  d’or- 
dre de  lui  attribuer.?  Et  sa  bouche,  pour  être  moins  barbare, 
deviendra-t-elle  un  organe  de  la  vérité  religieuse?  Car  rien 
n’est  exagéré  dans  les  paroles  du  très- honorable  M.  Singer, 
gimid  admirateur  des  vertus  de  sa  nation , et  nous  aurons 
soin  de  retenir  son  dernier  mot  : « Ma  double  qualité  de 
membre  pour  l’érection  du  temple  et  du  comité  de  surveil- 
lance et  d’administration  des  écoles  consistoriales,  garantit 
l’exactitude  des  renseignements  que  je  produis  » 

Or,  près  de  trente  ans  après  leur  date,  ces  paroles  dou- 
loureuses pour  Les  lèvres  qui  les  profèrent,  recevaient  de  la  part 
d’un  écrivain  de  race  judaïque  une  confirmation  trop  écla- 
tante pour  que  nous  puissions  hésiter  à nous  répéter  en 
l’offrant  aux  réfiexions  du  public  *,  notre  public  est  si  com- 
plètement étranger  à l’histoire  de  ces  Juifs  dont  les  mains 
pétrissent  et  déjà  façonnent  l'avenir  de  notre  société  I 

C’est  particulièrement  à l’endroit  de  leurs  fonctions  spin- 
tuelles  que  les  rabbins  « sont  faibles  et  nuis,  car  leur  ofiice 
n’égale  point  rim|)orlance  du  saint  ministère  des  prêtres 
chrétiens.  Ce  n’est  point  eux  qui  font  résonner  les  temples 
de  cantiques  et  de  prières-,  ils  ne  font  point  retentir  du  haut 
de  la  chaire  de  sublimes  vérités^  iis  ne  vont  point  dans  les 
familles  porter  l’espérance  et  la  consolation-,  ils  ne  recher- 
chent point  la  misère  pour  la  secourir,  les  larmes  pour  les 
sécher;  ils  ne  guérissent  pas  les  plaies  du  cœur,  les  mala- 

1 /6.,  p.  7.  1820. 


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CHAPITRE  TROISIÈME.  U 

(lies  (le  Tâme-,  ils  iie  célèbrent  point  d'ineflables  mystères; 
ils  ne  sont  point  les  confidents  des  consciences  ulcérées;  ils 
n’ont  point  reçu  du  Ciel  le  don  de  pardon  et  de  miséricorde; 
ils  ne  sont  obligés  ni  au  dévouement  aveugle,  ni  à la  chas- 
teté sévère;  ils  n’ont  point  fait  vœu  de  pauvreté Or, 

nous  le  demandons  en  toute  conscience  et  en  toute  vérité; 
quelle  puissance  peut  avoir  une  religion  enseignée  par  de 
tels  ministres?  Certes,  tant  que  les  Israélites  auront  pour 
interprètes  de  leur  religion  leurs  tanneurs,  leurs  colpor- 
teurs, leurs  escompteurs,  voire  même  leurs  usuriers,  car 
beaucoup  exercent  ces  nobles  et  libérales  professions,  jamais 
ils  ne  se  trouveront  b la  hauteur  de  l’époque.  » Il  est  vrai 
que,  U d^à,  nous  avons  parmi  les  rabbins  des  hommes  éclai- 
rés et  dignes  de  leur  sainte  mission,  mais  ils  se  réduisent 
à trois  ou  quatre  ' ! » 

En  France,  et  dans  quelques-uns  des  pays  les  plus  civi- 
lisés de  l'Europe,  l’aristocratie  judaïque  s'applique  à com- 
battre l’ignorance  de  ses  ministres  et  de  ses  coreligionnai- 
res, dont  elle  est  à juste  titre  honteuse.  Aussi , lorsque  ses 
nombreux  eiïorts  sont  couronnés  de  quelque  succès  ’,  est- 
il  d’usage  d’en  grossir  le  bruit  et  d’en  confier  la  redite  aux 
Imuches  sonores  de  la  renommée.  Devant  les  oreilles  ouver- 
tes du  public,  il  est  d’ailleurs  assez  simple  que  le  style 
oIGciel  répande  sur  les  personnes  et  sur  les  choses  un  aspect 
sensiblement  plus  beau  que  nature.  Nous  sommes  donc  loin 
de  nous  armer  de  rigueurs  contre  M.  le  grand  rabbin  de 
Paris,  Isidore,  et  de  repousser  le  flux  des  hyperboles  que 
nous  verse  sa  bouche  louangeuse.  « Je  compte,  s’écrie  avec 
emphase  ce  ministre  du  judaïsme,  sur  le  concours  actif, 
loyal  et  aifeclueux  de  mes  collègues  dans  le  rabbinat , dont 
la  science  est  si  GRANDE  et  dont  le  zèle  est  toujours  au  service  de 
la  religion  ’ ! » 

' Les  Juifs,  leur  hisluire,  leurs  auteurs,  p.  55-6-7,  par  A.  Cerlberr 
de  Medelsheim.  Paris,  1847. 

^ Exemple  : Le  collège  rabbiniqiie  de  Padoue,  Italie,  nous  dit  TL^nï- 
«ers  israelile,  septembre  1867,  n*  I,  p.  14,  etc. 

^ Archives  israililes,  VII,  1"  avril  1867,  p.  307. 


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a 


LES  JUIFS. 


Mais  quel  crédit  toute  la  bonne  volonté  du  monde  nous 
permet-elle  d'accorder  à ce  langage,  lorsque  nous  entendons 
l’un  des  grands  organes  de  la  nation  juive  faire  retentir  au 
loin  ces  paroles  de  désolation  : « Au  sein  de  l’assemblée  à 
laquelle  est  confiée  la  direction  supérieure  des  affaires  religieu- 
ses Israélites,  le  grand  rabbin  est  le  seul  dans  le  choix  de 
qui  la  connaissance  et  le  respect  de  ta  religion  sont  pris  en  quel- 
que considération.  Quant  à ses  collègues...,  la  position  so- 
ciale et  l’éducation  sociale  sont  seules  considérées^  mais, 
pour  ce  qui  est  d'une  mesure  quelconque  de  connaissance  re- 
ligieuse, de  caractère  religieux,  de  quelque  fidélité  reli- 
gieuse se  manifestant  dans  la  vie,  pas  le  moindre  scrupule  ne 
se  montre  dans  leur  choix!  » Le  sort  de  la  religion  Israélite, 
le  choix  de  scs  ministres  est  donc  « abandonné  li  une  ma- 
jorité d’hommes  qui  ne  possèdent  pas  la  moindre  connaissance 
de  la  religion  ».  qui  peut-être  o comptent  parmi  les  pre- 
miers contempteurs  de  la  religion  Israélite et  renvoient  le 

fait  de  la  révélation  dans  le  domaine  du  mythe!  » En  un 
mot,  « la  culture  et  l’entretien  de  ta  science  religieuse  numquent 
partout  dans  le  vaste  empire!...  ‘ » 

Ces  paroles,  e<  cette  date,  ne  sont-elles  point,  si  nous 
arrêtons  nos  yeux  sur  les  royaumes  de  l’Occident,  une  ré- 
vélation terrible  de  l’état  des  croyances  en  Israël  et  de 
l’ignorance  générale  et  profonde  de  ses  guides  religieux.^ 
Car,  entre  tous  les  Juifs  de  ce  monde,  le  Juif  occidental  est 
incomparablement  le  moins  ignare  I 
Cependant,  ces  ministres  si  singulièrement  choisis,  et  la 
plupart  du  temps  si  déplorablemcnt  étrangers  à la  science 
et  aux  mœurs  religieuses  du  judaïsme,  les  voilk,  si  nous  en 
croyons  cet  organe  du  parti  conservateur  de  la  religion  juive, 
les  voilà  devenus  non-seulement  les  docteurs,  mais  les  prê- 
tres, les  pontifes,  le  sacerdoce  de  la  nation.  Car  on  affecte  en 
Israël,  et  nous  saurons  pourquoi,  de  ne  les  dé.signer  que  par 
ces  termes  sacrés  ; car  le  mot  est  donné  de  toutes  parts  de 
réiiéter  à tout  propos  cette  qualification  religieuse;  car  on 
' L’inivers  Israélite,  n»  II,  octobre  <866,  p.  7i-~ô. 


CHAPITRE  TROISIÈME. 


i,l 

prétend  inculquer  à tout  bénévole  auditeur  que  non-seule- 
ment la  nation  juive  suit  la  loi  de  Moïse,  mais  qu’elle  a son 
clergé,  comme  nous  le  nôtre  : raison  pour  laquelle  quicon- 
que n'est  point  rabbin  est  dit  laïque,  ainsi  que  d'abord  nous 
allons  le  voir.  Chacun  de  la  sorte  contribue  de  son  mieux , 
et  le  plus  naturellement  du  monde,  n donner  le  change  au 
pnblic.  Suivons  donc  un  instant  de  l’œil  cette  manœuvre  qui 
s’exécute  avec  ensemble  sur  toute  la  ligne. 

Chez  nous , s’écriera  |tar  exemple  l'un  des  zélés  du  ju- 
daïsme, ((  un  laïque,  un  homme  tout  k fait  étranger  aux  con- 
naissances théologiques  et  h la  vie  israélite , a pu  se  placer 
impunément  devant  l’arche  du  Seigneur  et  faire  entendre 

des  doctrines  hérétiques Et  personne  n’a  protesté  ! Quel 

Balaam,  en  voyant  ce  qui  se  passe  chez  nous,  voudi'ait 
encore  dire  : Que  tes  tentes  sont  belles,  ô Jacob!  Et  ne 
préférerait-il  pas  pousser  cette  sublime  exclamation  k l’as- 
pect des  assemblées  chrétiennes  même  les  moins  ortho- 
doxes ' ! » 

Déjà  même  cette  distinction  de  prêtre  et  de  laïque  com- 
mence à prévaloir  au  dehors.  Exemple  : « Tandis  qu’en 
France  l’enseignement  religieux  israélite  est  représenté  par 
un  laïque  au  seiii  du  conseil  impérial  de  l’instruction  publi- 
que, » dans  une  ville  d’Allemagne,  à Nackel,  le  conseil  mu- 
nicipal se  soulève  contre  ce  même  abus  et  tient  ce  langage  : 
a L’instruction  religieuse  israélite  est  obligatoire -,  or  l'élu, 
étant  laïque,  n’est  nullement  compétent  à représenter  les  in- 
térêts de  la  partie  israélite  de  l'école,  et  il  demande  de  nou- 
veau au  gouvernement  d’appeler  le  rabbiuat  dans  le  comité 
d’enseignement  *.  » 

À côté  de  ces  laïques,  nous  n’avons  plus  à nous  étonner  si 
le  rabbin  se  trouve  devenir  un  ecclésiastique,  un  prêtre,  et 
si  le  langage  non  point  orthodoxe , mais  intéressé , du  ju- 
daïsme reproduit  et  fait  reproduire  à tout  propos  cette 

' Univers  israélite,  journal  des  principes  conservateurs  du  judaïsme, 
n»!!,  octobre  1867,  p.  53. 

2 Univers  israélite,  n°  VII,  mars  1867,  p.  295. 


(i 


LES  JUIFS. 


phraséologie  décevante.  C’e.st  ainsi  que  dans  le  rovaume  de 
Prusse,  « une  ordonnance  royale  publiée  dans  le  staats- 
anzeiger  du  16  août,  s’exprime  en  ces  termes L’autorisa- 

tion est  donnée  par  la  présente  de  nommer  des  ecclétùuiique* 
juifs  dans  les  duchés  de  Schleswig-Holstein...  ' » 

Mais  écoutons  encore,  et  ne  craignons  point  de  donner 
à nos  citations  quelque  chose  de  l’insistance  de  ceux  dont 
la  parole  s’attache  à nous  représenter  comme  vivant  un  sa- 
cerdoce qui  périt  pour  ne  jamais  renaître: — A Paris,  reprend 
rt/nirer*  israélite,  u nous  nous  trouvons  en  présence  d’un 
fait  accompli  ; nous  espérons  que  notre  nouveau  touverain 
pontife  n’oubliera  pas  qu’il  est  désormais  le  guide  spirituel 
du  judaïsme  français  tout  entier,  et  non  plus  de  la  seule 
communauté  de  l’aris,  où  il  a pu  tolérer  des  choses  tout  à 
fait  inadmissibles  chez  nos  coreligionnaires  des  départements, 
qui  ne  sont  guère  si  avancés  et  si  éclairés  que  MM.  Cerf- 
herr  et  Franck  *.  » 

Le  même  langage  sort,  a plus  forte  raison,  des  tmuches 
oflicielles;  et,  lors  de  l’installation  du  grand  rabbin  du  con- 
sistoire central  de  France,  nous  entendons  M.  le  colonel 
Ccrfberr,  président  de  ce  consistoire,  adresser  une  courte 
allocution  à ce  « nouveau  (Huitife  ».  Fidèle  ’a  sa  regrettable 
habitude,  il  se  permet  « une  invasion  très-illégitime  de  sa 

part  sur  le  domaine  de  la  théologie L’exhibition  de  son 

catéchisme,  de  son  programme  théologique,  a quelque  chose 
de  singulièrement  choquant,  et  les  étrangers  au  culte  ju- 
daïque peuvent  « croire,  que  M.  le  colonel  donne  une  leçon 
de  religion  juive  au  premier  pasteur  de  notre  culte,  aux  pro- 
fesseurs, aux  élèves  du  séminaire,  et  ii  tout  le  rabbinat  de 
France!  » 

Cependant,  M.  le  grand  rabbin  Isidore,  impassible  et  plein 
de  sérénité  devant  ces  mains  qui  touchent  h l’encensoir, 
clôt  paciliqucmeiit  la  séance  par  ces  paroles,  où  il  se  pose 

' ytrc/iives  israélites,  XIX,  1"  octobre  <867,  p.  908.  Lire  id.  l’t'- 
m'oers  israélite,  II,  octobre  <866,  p.  76. 

* Univers  israélite,  décembre  <866,p.  <47. 


CHAPITRE  TROISIÈME.  ir, 

en  continuateur  des  grands  prêtres  d'Israël  : « Mes  frères, 

je  suis  profondément  ému en  prenant  possession  de  ce 

siège  rabbinique,  illustré  par  tant  de  nobles  et  pieux  pasteurs 
dont  le  souvenir  vit  encore  dans  tous  les  cœurs  Israéli- 
tes... ' » 

Et  puisque  ces  rabbins  se  trouvent  transformés  en  ecc/è- 
siastiques  qui  montent  en  chaire  et  prononcent  des  sermotui  ; 
en  prêtres,  en  souverains  pontifes  de  royaumes  que  peut-être, 
un  pontife  suprême  reliera  bientôt  sous  son  autorité  papale, 
ces  pasteurs  ne  mettent-ils  point  leur  langage  en  harmonie 
avec  les  titres  dont  ils  s’entre-décorent , lorsqu’ils  nomment 
les  laïques  d’Israël  leurs  « ouailles  »,  et  qu’ils  donnent  a leurs 
lettres  diocésaines  le  nom  de  « lettres  pastorales  *?  » 

Or,  ce  que  ces  répétitions  dont  ne  se  fatigue  point  !a 
bourbe  d’Israël  ont  b nous  dire,  si  nous  savons  les  compren- 
dre, c’est  que  si  les  Juifs  n’avaient  point  l’art  de  donner 
crédita  cette  ingénieuse  distinction  de  laïques  et  de  prêtres; 
c’est  que  s’ils  ne  créaient  et  ne  promenaient  au  milieu  de 
nous  cette  audacieuse  fiction , ce  fantôme  trompeur  du  sa- 
cerdoce, ils  perdraient  aux  yeux  des  peuples  le  prestige 
d’avoir  une  religion,  ce  bien,  ce  trésor  inappréciable  qui 
depuis  tant  de  siècles  a péri  dans  leurs  mains;  ils  perdraient 
en  outre  devant  le  budget  le  droit  d’avoir  à se  présenter 
pour  émarger  les  honoraires  et  les  frais  d’un  culte  qui,  sans 
une  religion  et  un  ministère  vraiment  sacerdotal,  ne  saurait 
être  qu’une  ridicule  et  mensongère  parodie. 

Sacbons-le  donc  pour  ne  plus  l’oublier  ; ces  pontifes  ne 
sont  rien  moins  que  des  pontifes;  ces  prêtres  ne  sont  prê- 
tres que  pour  la  forme,  que  pour  faire  illusion  aux  peuples 
chrétiens  qui  les  payent;  leur  autorité  religieuse  est  néant; 
et  cette  vérité,  que  nous  avons  dû  rendre  palpable,  s’échappe 
sans  cesse  des  lèvres  d’Israël.  L’intrépide  avocat  de  la  cause 


* Univers  israélile,  Vlll,  avril  t867,  p.  3i4-5. 

^ Archives  israélites,  IX,  (•''  mai  t8G7,  p.  389.  Ib.  X,  13  mai  1867, 
p.  433.  — XXI,  rr  novembre  1867,  p.  963.  Univers  israélile,  lit, 
novembre  1867,  p.  103,  elc.,  elc. 


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46 


LES  JUIFS. 


judaïque,  et  l’un  des  notables  de  cette  nation,  M.  Bédarride 
lui-même,  nous  dira  donc  avec  une  simplicité  qui  trop  sou- 
vent lui  fait  défaut  : 

n Les  rabbins  ne  tiennent  de  la  loi  de  Moïse  aucune  auiorité 
sur  leurs  coreligionnaires  ; et  ce  titre,  connu  seulement  de- 
puis la  dispersion , ne  constitue  qu'une  marque  de  déféretice 
donnée  aux  docteurs  de  la  loi  qui  se  font  remarquer  par  leur 
méri/e.  Us  n’ont  aucune ;«ri(fic<ion;  seulement  on  s’adresse  à 
eux  volontairement,  comme  versés  dans  la  loi.  » 

« Que  si , dans  certains  États , tes  lois  ont  donné  quelque 
force  'a  la  juridiction  des  rabbins,  leur  autorité  découle  alors 
de  la  lui  civile,  et  non  de  la  loi  religieuse  ' ! » 

En  un  mot,  les  peuples  infidèles  ont  seuls  fondé  les  droits  de 
ces  pasteurs  <t Israël,  et  la  source  du  sacerdoce  rabbinique 
est  une  source  chrétienne! 

Nous  reconnaîtrons  cependant  que  dans  les  pays  où  le 
vieux  culte  talmudique  a conservé  sa  vigueur;  que  dans  les 
lieux  où,  malgré  l’absence  du  sacerdoce  et  du  temple,  la  re- 
ligion entretient  le  sentiment  de  la  nécessité  du  sacrifice,  le 
rabbin  exerce  jusque  dans  les  circonstances  les  plus  redou- 
tables, et  quoique  sans  autorité  légitime,  quelques-unes  des 
attributions  du  prêtre.  Il  fait  revivre  autour  de  lui  l'idée  du 
sacrifice;  il  est  le  sacrificateur;  ou,  si  sa  main  ne  dirige 
point  toujours  dans  la  gorge  de  la  victime  le  couteau  sacré, 
c’est  lui  du  moins  qui  saisit  et  conserve  le  vase  où  le  sang  a 
coulé;  c’est  lui  qui  recèle  le  sang,  cette  partie  de  la  victime 
({uc  les  sacrifiants  se  doivent  assimiler  par  la  manducation. 
Et,  tout  à l’heure,  nous  verrons  jusque  dans  les  derniers 
exemples  dont  nous  soumettrons  au  lecteur  l'authenticité, 
les  khakhams,  c’est-k-dire  les  rabbins  de  Damas,  lors  de 
{'assassinat  religieux  du  Père  Thomas  et  de  son  domestique 
par  les  Juifs,  s’emparer  chaque  fois  du  sang  recueilli , et  le 
conserver  précieusement  jusqu’k  son  mélange  au  pain  qui 
devait  le  faire  circuler  sous  la  dent  des  fidèles  : 

« Fils  de  Juda,  pourquoi  donc  avez -vous  tué  ce  religieux 
' Les  Juifs  en  France,  en  Italie,  etc. , p.  430,  2*  odil.  <861 , Paris. 


CHAPITBK  TROISIÈME. 


47 


votre  ami,  cet  homme  que  tout  le  monde  aimait?  — Pour 
le  sang,  parce  que  nous  en  avions  besoin  |K)ur  la  célébration 
de  notre  culte.  — Et  pourquoi  le  sang  n’est-il  pas  resté 
dans  la  maison  de  votre  frère?  — Parce  que  le  sang  doit 
rester  chez  les  khakhams  ' »,  c’est-h-dire  chez  les  rabbins. 

Cependant,  non-seulement  les  rabbins  ne  sont  point 
d inslitulion  divine,  mais,  convertis  en  inttrumenis  d’ordre 
civil  et  politique,  ces  continuateurs  infidèles  des  Pères  du 
Talmud,  c’est-h-dire  des  Pères  de  l'Église  israélile,  sont  à 
peine,  ainsi  que  nous  venons  de  l’énoncer,  d’institution 
judaïque.  O comble  d’bumiliation!  chaque  prince  façonne  et 
limite  h peu  près  h sa  guise  leur  pouvoir  chez  chacune  des 
nations  qui  daigne  ouvrir  son  sein  ou  prêter  un  asile  aux 
dispersés  d'Israël  ! 

'Jadis,  la  nécessité  où  se  trouvèrent  plusieurs  États  de 
l'Europe  de  donner  aux  Israélites  des  juges  qui  pussent 
prononcer  dans  les  affaires  litigieuses  où  les  lois  hébraïques 
étaient  invoquées,  avait  donné  naissance  'a  l’autorité  tempo- 
relle des  rabbins.  Des  lettres  du  21  mai  1681  constituèrent 
(en  France)  cette  autorité.  Les  rabbins  devinrent,  en  ma- 
tière de  religion,  de  police,,  et  de  droit  civil,  les  juges  des 
Israélites.  Leurs  sentences,  pour  être  exécutées,  n'avaient 
besoin  que  de  la  sanction  du  juge  ordinaire-,  toutefois,  le 
recours  des  parties  à celte  autorité  était  facultatif*.  » Après 
avoir  rempli  les  fonctions  de  notaires , les  rabbins  essayèrent 
d étendre  leurs  attributions;  mais  un  arrêt  du  12 mai  1751, 
et  les  lettres  patentes  du  10  juillet  178i,  réprimèrent  leurs 
prétentions,  et  restreignirent  leur  pouvoir;  survint  alors  la 
Révolution,  qui  mit  ün  h ce  pouvoir  temporel*. 

Mais  le  grand  maitre  de  la  Révolution,  le  conquérant  qui 
la  nourrissait , qui  la  châtiait  et  la  pliait  à ses  fins,  sentit 

■ .Affaires  de  Syrie,  pp.  i3,  44,  379,  etc. , A.  Laurent.  Prori'dure 
complète;  tire  tout  le  t.  II.  Voir  plus  bas  à la  question  des  Sacrilices 
judaïques. 

* Consist.,  Singer,  membre  du  consisl.,  p.  31.  Répertoire  de  juris- 
prudence, Merlin,  art.  Rabbi.vs.  Cerlberr,  les  Juifs,  p.  55. 

’ Cerlberr,  ibid. 


4$ 


LES  JUIFS. 


vivement  la  nécessité  de  reconstituer  ce  pouvoir.  Il  le  re- 
fondit de  toutes  pièces,  et  l’adapla  surtout  à cet  inassou- 
vissable  besoin  d’hommes  que  lui  fai.sait  éprouver  la  consom- 
mation sans  limites  de  ses  champs  de  bataille.  Nous  pren- 
drons comme  exemple  de  son  despotisme,  acceplé  par 
Israël  avec  reconnaissance,  le  règlement  de  l’assemblée  des 
Israélites  du  30  mai  1806,  où  il  est  arreté  que  les  fonctions 
des  rabbins  sont  : « I”  D’enseigner  la  religion.  — 2*  D’en- 
seigner en  même  temps  la  doctrine  renfermée  dan»  le»  déci- 
tions  du  grand  Sanhédrin.  — 3"  De  rappeler,  en  toute»  circon- 
stance», l’obéissance  aux  lois,  notamment  et  en  particulier 
celles  qui  sont  relatives  ù la  défense  de  la  patrie , mais  d’y 
exhorter  plus  spécialement  encore,  tous  les  ans,  a l’époque 
DE  LA  coNScniPTiON,  depuis  le  premier  appel  de  l’autorité, 
jusqu’à  la  complète  exécution  de  la  loi.  — i»  De  faire  edh- 
sidérer  aux  Israélites  le  service  militaire  comme  un  devoir 
SACRÉ,  et  de  leur  déclarer  que  , pendant  le  temps  où  ils  se 
livreront  à ce  service , ta  loi  les  dispen»e  des  observances  qui 
ne  paraissent  pas  se  concilier  avec  lui.  — 5°  De  prêcher 
dans  les  synagogues,  et  d’y  réciter  les  prières  qui  s’y  font 
en  commun  pour  l’Empereur  et  la  famille  impériale.  — 
6°  De  célébrer  les  mariages,  et  de  déclarer  le»  divorce», 
.sans  qu’ils  puissent,  en  aucun  cas,  y procéder  que  les  par- 
ties requérantes  ne  leur  aient  bien  et  dûment  justifié  de 
l'acte  civil  du  mariage  ou  du  divorce,  etc.,  etc.  '.  » 

Certes , ces  injonctions  et  ces  dispenses  religieuses  ac- 
ceptées par  les  Juifs  de  la  main  d’un  pouvoir  chrétien, 
voila  qui  nous  frappe  de  stupeur,  et  qui  nous  peint  sous 
des  couleurs  assez  vives  la  déchéance  de»  doctrine»  et  des 
docteurs  du  Talmud  I Voilk  qui  place  dans  un  jour  où  il  est 
impossible  de  ne  point  le  saisir,  ce  spectre  défiguré  du  sacer- 
doce ou  du  doctorat  judaïque!  Le  tableau  reste  incomplet 
cependant,  et,  pour  le  compléter  nous  devons  suivre  de 
l’œil  les  traits  que  trace  un  rabbin  'a  qui  sa  science  et  sa 

' Consistoires,  l’israélile  Singer,  membre  du  consistoire,  «6., 
p.  15. 


CHAPITRE  TROISIÈME.  i9 

droiture,  aidée?  de  la  grâce  divine , révèlent  les  monslruo- 
sités  de  la  tradition  talmudique. 

« Je  dois,  nous  dit  l’illustre  Drâth,  rectifier  l'erreur  si 
commune  parmi  les  personnes  étrangères  au  culte  judaïque, 
à savoir  que  les  rabbins  aoiu  let  prêtre»  des  Juifs.  Ces  hommes 
n’ont  que  la  direction  de  la  conscience  de  ceux  tpù  veulent 
bien  s’adresser  à eux  dans  le»  cas  grave»;  par  exemple, 
quand  le  malheur  a voulu  qu'une  cuiller  destinée  ^u  maigre 
tombât  dans  un  pot  qui  sert  au  gras;  ou  si , par  mégarde , 
on  a touché  ou  mouché  la  chandelle  au  saint  jour  du  sab- 
bat, etc.,  etc.'.  » 

« L’oITice  de  la  synagogue , qui  consiste  â entonner  les 
prières  et  les  cantiques,  et  â lire  le  Penlateuque  ; les  soins  de 
distribuer  les  aumônes  publiques,  de  surveiller  l’éducation 
de  la  jeunesse,  d'assister  les  mourants,  de  présider  aux  en- 
sevelissements etaux  cérémonies  qui  les  accompagnent,  etc., 
sont  généralement  réservés  à des  laïques;  et  quand  les  rab- 
bins s'en  chargent,  c’est  comme  simples  particuliers.  Quant  au 
mariage,  le  rabbin  ne  fait  que  le  bénir,  chose  que  peut  faire 
e!  que  fait  tout  l sraélite , et  qui,  d’ailleurs,  n’est  nullement 
essentielle  pour  contracter  ce  lien!...  C’est  l'époux  qui  pro- 
nonce les  paroles  sacramentelles,  en  offrant  â l’épouse  un 
objet  d'une  valeur  quelconque.  Celle-ci,  en  l'acceptant, 
sans  même  proférer  une  parole,  devient  sa  femme  légitime. 
La  présence  du  rabbin  est  si  peu  nécessaire,  que  si  cette  cé- 
rémonie avait  lieu  en  présence  de  deux  Israélites  quelcon- 
ques, le. mariage  serait  valable’.  Prêcher  la  parole  de  Dieu, 
et  sur  des  objets  de  simple  morale,  la  plupart  des  rabbins 
n’en  ont  pas  d’idée!  Les  sermons,  qu’ils  prononcent  d’ail- 
leurs fort  rarement,  ne  sont  que  des  dissertations  talmu- 

' » Conducteurs  aveugles,  qui  avez  soin  de  passer  ce  que  vous  bu- 
vez, de  |ieur  d’avaler  un  moucheron,  et  qui  avalez  un  chameau.  > 
S.  .Vtallh  eu.  Evang. , xxiii,  24.  Eoccolantes  culicem,  camelum  autem 
glatientes.  Et  qu'est  devenue  en  Israël  depuis  cette  époque  (18z6)  l'ob- 
servation du  sabbat?  , 

’ V.qez  Talmud,  traité  Kidouschin,  fol.  1 et  seqq.,  Marmonideson 
Joseph'Karo. 

4 


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LES  JUIFS. 


Hiqiies,  auxquelles  la  plupart  de  leurs  audileqrs  n’cnlendent 
rien.  Ces  dissertations  sont  quelquefois  entremêlées  de 
gronderies  (tholihabliaHb)  et  de  farces  pour  rire  (halatzol), 
dont  je  donnerai  des  échantillons'.  « 

Non,  mille  fois  non,  le  rabbin  n'est  rien  moins  que 
prêtre,  rien  moins  que  pontife,  et  la  nation  juive  « ne  possède 
plus  aucune  espèce  de  sacerdoce  ».  La  casie  tacerdniale  y eit 
inconnue  depuis  que,  chose  admirable  1 la  confusion  de  nos 
tribus  s’esi  opérée  à la  suite  du  dernier  recensement  ordonné 
par  César  .\ugiiste,  et  d’où  résulte  l’établissement  authen- 
tique de  la  généalogie  de  Notre-Seigneur*.  Il  est  vrai  que 
« les  rabbins  de  nos  jours  se  disent  les  docteurs  de  la  loi; 
mais  qu’ils  se  souviennent  que  leurs  décisions  n'obligent. 
aucunement  la  conscience  des  Juifs!  Autrefois  ce  n'était  point 
la  même  chose,  le  refus  de  se  soumettre  'a  renseignement 
de  l’autorité  religieuse  empor/ait  la  peine  de  mort',  car  il  y 
avait  alors  un  temple,  des  sacrifices,  des  prêtres,  il  existait 
une  autorité  sacerdotale  et  d’institution  divinel  » Au  surplus , 
« le  Talniud  dit  formellement  que,  depuis  la  dispersion,  il 
n'y  a plus  de  docteurs  en  Israël^ , et  que  l’autorité  du  Sanhé- 
drin de  Jérusalem  cessa  quarante  ans  avant  la  ruine  du 
temple,  c’est-h-dire  précisément  h l’époque  de  la  passion  de 
Notre-Seigneur.  Le  Cousummatum  est  prononcé  du  haut  de  la 
croix  par  l’Arbitre  du  monde  fut  donc  l’arrêt  de  l’éternelle 
dissolution  de  ce  corps  célèbre*!  » 

Non,  vraiment,  quelque  fantôme  d’autorité  doctorale  que 
le  premier  Empire  ait  permis  aux  Juifs  d’évoquer,  « il 
n’exi.stc  pas  aujourd’hui  dans  la  nation  juive  une  autorité  qui 
puisse  |M)ser  la  limite  séparant  ce  qu’il  y a d’obligatoire 
dans  la  loi  de  Moïse  et  dans  les  traditions,  de  ce  qui  a cessé 

' Piid.,  première  lettre  du  rabbin,  p.  69.  Paris,  1825. 

^ Ibid.,  deuxième  lettre,  p.  292.  Paris,  1827. 

^ Deulér.,  xvii,  12.  Talmud , traité  Sanhédrin,  fol.  26  v“,  fol. 
27  r',  rtc. 

* Talmud,  traités  Sanhédrin,  fol.  13  v»,  fol.  14  r”;  Gnaboda-Zara, 
fol.  3 V",  etc.  Deuxième  lettre,  p.  292-3, 

5 Ibid.,  p.  293. 


CHAPITRE  TROISIÈME.  51 

de  l’êlre  avec  la  destruction  de  l'État-,  une  autorité  dont 
les  décisions  puissent  tranquilliser  les  consciences  et  ré- 
soudre les  scrupules  des  hommes  timorés'.  » 

Enûn,  quel  qu’ait  été  le  rahbinat,  la  synagogue,  dont  il 
importe  do  faire  connaître  l'antique  esprit,  avait  « de  tout 
temps  proscrit  avec  sévérité  l’explication  individuelle  de 
la  parole  de  Dieu,  » c’cst-h-dire  le  protestantisme  qui 
perce  et  qui,  depuis  quelques  années,  s’est  tout  ii  coup 
manifesté  chez  les  fils  de  Jacob.  Inllexible  k cet  endroit, 
« le  Sanhédrin  punissait  de  mort  tout  docteur  qui  ne  se  sou- 
mettait pas  aux  décisions  <le  l’autorité  enseignante  » ; et 
remplaçant  l’autorité  par  l’audace  et  le  droit  par  le  despo- 
tisme religieux,  le  fanatique  et  sanguinaire  Maimonide  avait 
voulu  que  le  « premier  venu  des  fidèles  mit  à mort,  » et  jusque 
dans  l’état  actuel  de  dispersion,  « le  Juif  qui  niait  la  tradition 
des  rabbins  ».  il  ne  faut  pour  cela,  disait-il,  « ni  témoin, 
ni  admonition  préalable,  ni  juges-,  mais  quiconque  fait  cette 
exécution  a le  mérite  d'une  bonne  œuvre;  il  a Ôté  le  scandale  ». 
Aussi  prompte  et  redoutable  que  l'inquisiliou  des  tribuuaux 
occultes  de  la  haute  maçonnerie  était  donc  l'inquisition 
judaïque  veillanlk  l’unité  de  la  foi*. 

Mais  tout  a changé,  tout  change,  et  rien  ne  nous  est  plus 
facile  que  de  suivre  ces  révolutions-,  car  voici,  placé  de 
notre  main  et  sous  les  yeux  du  public,  le  rabbin  pbarisaïque, 
c'est-à-dire  le  rabbin  guide  et  conducteur  religieux  de  la 
nation  juive-,  le  voici  jusqu’aux  jours  du  premier  Empire, 
et  au  delà  même  de  cette  époque.  Les  citations  dont  nous 
avons  eu  soin  de  fortifier  notre  texte  bravent  d’elics-mémes 
tout  contradicteur,  et  nous  le  représentent  tel  qu'il  se  ren- 
contre partout  où  le  Talmud  est  la  loi  religieuse  du  Juif.  Mais 
la  position  de  ce  quasi-fonctionnaire  k titre  doctoral  et  k 
prétentions  sacerdotales  se  modiGe  au  moment  où  la  fortune 


' Lettre  à un  conseiller  du  roi  de  Saxe,  par  M.  le  baron  de  S.  de 
S.  Paris,  1S1Y,  chez  de  Bure.  76.,  deuxième  lettre,  p.  i9l. 

^ Veén  Isarihh  lo  guèdün  vélo  halrla,  vélo  daljanim,  etc.  Traité  des 
docteurs  rebelles,  c.  ni,  p.  5S.  76.  deuxième  lettre,  p.  331 

l. 


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52 


LES  JUIFS. 


impériale  commence  h dominer  les  peuples  de  l’Europe. 
Jetons  donc  un  second  coup  d'œil,  un  coup  d'œil  plus  appro- 
fondi, sur  la  forme  nouvelle  que  la  main  du  redoutable 
dominateur  imprime  en  France  a l’or;i;anisation  religieuse 
du  peuple  juif  ouvrant  son  esprit  aux  réformes. 


NOTES  FINALES. 

PHEUIÈRB  NOTE. 

< Le  rabbinat  français  n'est  pas  réformaltur , dit  le  grand  rabbin 
Isidore.  Il  a su  se  préserver  jusqu'à  ce  jour  de  c.es  lenlalions  malsaines 
qui  ont  produit  ailleurs  la  désunion,  le  déchirement,  le  schisme.  > 
P.  975.  « Mais  si  le  dogme  est  invariable,  it  n’en  est  pas  de  mime 
du  cullc.  » Archives  israétites,  X.\I,  p.  976,  1"  novembre  1867. 

Qui  eût  osé  parler  devant  Israël  de  réforme  dans  le  cube  au  com- 
mencement de  ce  siècle,  sans  redouter  la  colère  de  ses  auditeur-?  Mais, 
depuis  quelques  années,  la  réforme,  le  protestantisme  poussé  à ses 
dernières  limites,  est  partout  on  Israël,  et  s’introduit  non  seulement 
dans  le  journal  du  progrès,  les  Archives,  mais  jusque  dans  le  journal 
conservateur,  l'Univers  laroelite,  que  nous  entendons  gémir  lui-méme 
de  ce  mal  destructeur. 

n Nous  avons  souvent  montré  à nos  lecteurs  le  spectacle  affligeant 
qu’offre  l oeuvre  réformiste  et  schismatique  en  Allemagne.  Voici  encore 
un  nouveau  et  très-triste  exemple,  donné  par  certains  rabbins  d’outre- 
Rhin,  de  leurs  égarements  et  de  l’oubli  de  tous  les  devoirs,  de  toutes 
les  convenances...  » Univers  israélite,  IV,  p.  151,  décembre  1866. 

Suit  I énumération  du  scandale  donné;  puis  : • Il  est  triste  de  voir 
un  rabbin,  un  docteur  delà  loi,  un  gardien  des  commandements  di- 
vins, mener  une  telle  vie,  donner  de  tels  exemples  à la  communauté, 
un  tel  scandale  à tout  un  pays,  et  faire  de  pareils  aveux  solennellement, 

dans  l’enceinte  de  Injustice,  devant  Israël  et  devant  les  peuplesi 

Et  qu’on  ne  reproduise  pas  cotte  vieille  tbèse,  depuis  longtemps  con- 
damnée par  l'expérience,  à savoir  qu’on  veut  seulement  apporter  quel- 
ques modifications  dans  le  culte  public...  »,  car  « voici  une  nouvelle 
prouve  de  ce  que  cette  pensée,  mèuie  inspirée  par  la  meilleure  foi  du 
monde,  renferme  de  dangereuses  illusions.  » Suit  cette  preuve  cu- 
rieuse, ibid. 


DEUXIÈME  NOTE. 

s Le  gouvernement  de  1830  a donné  à la  Synagogue  un  élan  qui 
ne  s’est  plus  arrêté.  Un  de  ses  premiers  actes,  le  8 février  1831 , fut 
de  placer  les  rabbins  sur  la  même  ligue  que  les  ministres  des  autres 


CHAPITRE  TROISIEME.  53 

cultes,  et  de  leur  assigner  un  traitement  sur  le  trésor  public.  Celle  in- 
novation créa  une  espèce  de  clergé  israélite  au  point  de  vue  légal; 
mais,  aux  yeux  de  la  religion,  les  rabbins  n'ont  jamais  été  et  ne  sau- 
raient être  des  ministres  de  l’Ancien  Testament...  Les  rabbins  , dont 
le  nom  signifie  maîtres,  ou  précepteurs,  n’étaient  que  des  Scribes  plus 
ou  moins  instruits  dans  la  loi,  ou  des  casuisles  versés  dans  leTalmud, 
qui  enseignaient  les  commentaires  sur  la  religion;  plus  tard,  ils  reçu- 
rent un  modeste  salaire  de  la  Synagogue  pour  rendre  des  décisions 
sur  les  cas  douteux  de  la  morale  talmudique.  Telles  étaient  leurs  attri- 
butions, et  jamais  ils  ne  s’étaient  posés  comme  des  pasteurs  ou  des 
ministres  de  leur  religion  '. 

* L’institu  ion  actuelle  des  rabbins  comme  minielres  de  leur  culte  ne 
date  que  de  l’année  18U8;  elle  est  due  aux  députés  isCaélites,  lesquels, 
honteux  de  proclamer  en  face  de  la  France  la  nullité  et  l’inutilité  des 
fonctions  rabb  niques,  attribuèrent  aux  rabbins  d’alors  un  caractère 
fictif  et  contradictoire  avec  la  loi  formelle  de  l'Aruien  Testament^.  » 

I L’ordonnance  royale  do 4834  sanctionna  cette  singulièreanomalie, 
en  dotant  la  Synagogue  d’un  sacerdoce  impossible.  Mais,  dans  le  fait, 
les  rabbins,  Iran.-formés  en  prêtres  par  la  loi  civile,  et  bien  que  sala- 
riés par  l’Etal,  demeurèrent  sans  autorité  parmi  les  Juifs,  et  ils  se  virent 
en  bulle  aux  sarcasmes  de  leurs  amis  et  de  leurs  ennemis.  On  avait  es- 
péré que  la  création  du  rabbinal  donnerait  quelque  vie  à la  Synagogue 
expirante;  on  attendait  des  changements  dans  le.s  cérémonies,  des  mo- 
difications dans  les  offices,  des  progrès  dans  les  interprétations  ; les  uns 
voulaient  des  réformes,  les  autres  s’y  opposaient  ; tous  prétendaient 
rég-  nérer  par  des  moyens  divers  les  affaires  de  la  religion.  Mais  les 
rabbins,  revêtus  d'un  pouvoir  illusoire,  incapables  d’ailleurs  de  soute- 
nir le  rô'e  qu’on  leur  avait  assigné,  et  parfaitement  contents  de  leur 
sort,  n’opposèrent  qu’une forced’inertie  aux  réclamations  discordantes 
de  leurs  coreligionnaires  » 

L’estime  des  consistoires  eux-mêmes  pour  les  rabbins  se  mesure  à 
ce  fait,  que  dans  la  composition  du  corps  consistorial  « ils  les  éliminent 
autant  que  possible  > 

' On  prui  lire  dan*  le  moi«  de  juin  1M6  det  ^rehivet  ùrnelitfs  une  iniëre»Mnie 
ooiice  sur  le  ribhinisme  fraufsis. 

^ Lire  U Bible,  /Vomirrs,  iii,t.  10. 

* Quejtion  Juive,  par  le  R.  P.  Raiitbonue , liraêlite  converii,  p.  9,  10,  11.  ^ 

Paris,  lt$08,  31  p>0^>  io-8*. 

* /btd. , p.  30. 


FIN  DBS  NOTES. 


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54 


LES  JUIFS. 


DEUXIÈME  DIVISION. 

U grande  assemblée  judaïque  de  1806,  elle  grand  Sanhédrin  de  1807, 
le<]uel  est  un  faux  Sanhédrin.  Concordat  judaïque,  faussant  a la 
fois  !a  loi  de  Moïse  et  le  Talmud.  — Fausse  déclaration  de  cetie  as- 
semblée. — Ce  qu’était  le  véritable  Sanhédrin. — Un  mot  deM.  de 
Bonald  sur  les  Juifs. 

Asservir  h son  pouvoir  destructeur,  h sa  volonté  créatrice, 
les  éléments  souvent  les  plus  disparates,  et  forcer  au  besoin 
la  nature  b les  associer,  ce  fut  une  des  habitudes  de  Napo- 
léon I",  génie  sous  la  main  duquel  se  sentit  domptée  la 
Révolution,  sa  mèrel  Or,  une  de  ses  volontés,  ce  fut  Vuni- 
fication  des  peuples  dont  il  prétendait  composer  son  empire, 
et  d’abord  Tassimilation  faite  h son  profit  des  éléments 
sociaux  que  renfermait  Tancienne  France.  On  le  vit  donc 
s’arrêter  un  beau  jour  b vouloir  que  la  population  française 
se  mît  en  devoir  de  s’assimiler  la  population  judaïque I 
Élever  franchement  le  juif  au  rang  de  citoyen  français-, 
lui  conférer  la  jouissance  complète  des  droits  civiques,  et 
terminer  ainsi  l’œuvre  de  l’Assemblée  nationale',  c’élait 
combler  les  vœux  les  plus  ardenis  d’Israél.  Le  30  mai  1806, 
une  grande  et  solennelle  assemblée  de  tous  les  Juifs  de  la 
France  et  de  l’Ilalie,  réunie  pour  lors  b la  France,  eut  donc 
Paris  pour  siège,  et  ses  membres  subirent  un  interrogatoire 
dont  le  but  était  de  faciliter  les  bienveillantes  intentions  du 
conquérant  b l’endroit  des  Juifs.  Quelques-unes  des  réponses 
obtenues  nous  diront  quelles  furent  les  questions  les  plus 
importantes  posées  par  MM.  Molé,  Portalis  fils  et  Pas- 
quier,  commissaires  du  gouvernement. 

La  religion  des  Israélites,  répondirent  les  députés  juifs,  — 
et  retenons  bien  ces  termes,  car  nos  pages  en  feront  mesu- 
rer bientôt  toute  l’audace*,  — cette  religion  « leur  ordonne 
de  regarder  la  loi  du  prince  comme  la  loi  suprême  en  matière 
civile  et  politique  : les  Juifs  sont  tenus  de  regarder  les 

‘ 28  septembre,  3t  novembre 
2 Le  mot  impudence  répugne  à notre  plume. 


CHAPITRE  TROISIÈME.  86 

Français  comme  leurs  frères,  cl  leur  premier  devoir  e»t  d'exercer 
envers  les  chrétiens  des  actes  de  charité;  car  entre  Juifs  et 
Chrétiens  il  n’existe  à cet  égard  aucune  différence.  Les 
rap|)orts  que  la  loi  judaïque  permet  avec  les  Chrétiens  sout 
les  mêmes  que  ceux  avec  les  Juifs;  nous  n’admettons  d'autre 
différence  que  celle  d’adorer  l’Être  suprême  chacun  à sa  ma- 
nière; et,  vis-'a-vis  run  de  l’autre,  la  charité  fait  un  devoir 
de  prêter  quelquefois  sans  intérêt  ’a  celui  qui  est  dans  le 
besoin...  A cet  égard,  dit  l’avocat  Israélite  Bédarride, 
l’assemblée  réfutait  les  injustes  reproches  adressés  aux  Juifs, 
et  interprétait  sagement  la  loi  de  Moïse,  qui  repousse,  par 
son  esprit  cl  par  ses  termes,  les  préventions  dont  elle  a été 
l’objet.  La  religiou  juive  était  donc  énergiquement  vengée;  et 
celte  antique  croyance,  poursuivie  comme  intolérante  et 
antisociale,  apparaissait  enfin  sous  son  vrai  Jour;  la  persécution 
perdait  ainsi  toute  excuse  » 

Cependant,  « les  députés  de  l’assemblée  avaient  déve- 
loppé les  principes  de  leur  religion;  mais  rien  ne  constatait  que 
ce  qu’ils  avaient  constaté  fût  autre  chose  que  l’expression 
de  leur  conviction  personnelle,  il  fallait  donner  à leur  opi- 
nion une  force  doctrinale  qui  leur  manquait.  » El  de  cette 
nécessité  sortit  « la  pensée  de  convoquer  un  grand  sanhé- 
drin, c’est-k-dire  une  assemblée  de  docteurs  delà  loi,  ressus- 
citant en  quelque  sorte  cet  ancien  pouvoir  dont  les  arrêts 
suprêmes  étaient  regardés  k Jérusalem  comme  des  lois.  » 

Converties  en  décisions,  les  réponses  de  la  première 
assemblée  « pourraient  être  placées  à côté  du  Talmud,  et 
acquérir  ainsi  aux  yeux  des  Juifs  de  tous  les  pays  et  de  tous 
les  siècles  la  plus  grande  autorité  possible’.  » Le  grand  Sanhé- 

* Ib.  Bédarride,  p.  i03-4-5.  Observons  le  perpétuel  besoin  des  Juifs 
de  confondre  leur  religion  avec  la  loi  de  Morse.  Les  rabbins  eux-mêmes 
vont  nous  apprendre  toute  la  différence  qui  est  entre  l'une  et  l’autre; 
et  M.  Bédarride  tout  le  premier  nous  le  dit  ennoussignalani,  quelques 
lignes  plus  bas,  le  Talmud,  qui  détruit  la  loi  de  Moïse,  puisqu’il  en  dif- 
fère essentiellementet  qu’il  a chez  les  Juifs  s la  plus  grande  autorité  ». 

^ Autorité  parfaitement  insuffisanle  et  dérisoire,  puisque,  « depuis 
le  Talmud,  if  n’g  a plus  de  docteurs  en  Israël,  s et  que  « les  décisions 
des  rabbins,  qui  se  disent  docteurs  de  la  loi,  n’obligent  nullement  la 


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56 


LES  JUIFS. 


drin,  ce  corps  tombé  avec  U temple,  va  donc  reparaître  pour 
éclairer  par  tout  le  monde  le  peuple  qu'il  gouvernail'.  » 
Ainsi  parle  l’avocat  Israélite  Bédarride.  Que  sa  parole 
sonore  nous  soit  une  raison  d'évoquer  un  instant  le  spectre 
du  sanhédrin  mosaupie,  afin  que  du  premier  coup  d'œil  le 
premier  venu  le  reconnaisse  cl  le  distingue  du  sanhédrin  des 
fils  du  Talmud,  c’esl-a-dire  du  sanhédrin  d'invention  moderne. 

Un  jour,  pliant  sous  le  fardeau,  Moïse  de  s’écrier,  malgré 
la  vaillance  de  son  courage  : « Seigneur,  je  ne  puis,  seul, 
soutenir  tout  ce  peuple. — Bien,  lui  répond  l’Éternel  : 
assemble -moi  soixante -dix  hommes  que  tu  sais  être  les 
anciens  et  les  maîtres  du  peuple,  tu  les  conduiras  à la  porte 
du  tabernacle  de  l’alliance , et  tu  les  feras  rester  avec  toi. 
Je  descendrai  et  je  te  parlerai  ; je  prendrai  de  l'esprit  qui 
est  en  toi,  et  je  le  mettrai  en  eux,  afin  qu’ils  portent  avec  loi  le 
fardeau  du  peuple,  et  que,  seul,  tu  n’en  sois  point  chargé*.  » 
Ia!s  soixante-dix  hommes  furent  assemblés;  l’Éternel 
descendit  dans  la  nuée,  prit  de  l’esprit  qui  était  en  Moïse  et 
en  donna  aux  soixante-dix  anciens;  et,  quand  l’esprit  se  fut 
reposé  sur  eux,  ils  prophétisèrent.  — Tel  est  le  récit  bibli- 
que : « Les  soixante-dix  choisis  par  Moïse,  dans  ce  grand 
nombre  de  magistrats  qu’il  avait  établis  d’après  le  conseil 
de  Jéthro  et  avec  l'assentiment  du  peuple,  sont  donc  insti- 
tués d’une  manière  divine  ses  coopéraleurs  dans  le  gouverne- 
ment, et  deviennent  le  sénat  perpétuel  de  la  nation.  Dieu 
leur  communique  par  cela  quehjue  chose  de  ces  dons  sur- 
naturels qu’il  avait  réunis  en  Moïse,  et  qui  sont  désignés 
sous  le  nom  générique  de  prophétie  ’.  » 

üéjb  ce  tribunal  auguste  avait  perdu  de  son  lustre  et  dé- 

conscipncc;  » voir  ci-dessus,  en  ce  chapitre.  De  queldroil,  enfin,  un 
sanhédrin  composé  de  quelques  rabbins  de  deux  seuls  royaumes  où  le 
Juif  est  assez  rare,  et,  fonctionnant  sous  l'influence  d'un  prim  e,  d'un 
homme  d'épi'e  chrétien,  s'appelle-t-il  grand  Sanhédrin  et  engagerait- 
il  le.s  Juifs  du  monde  entier? 

* /6.  Bédarride,  p.  405  à 408. 

- Bible.  Et  auferam  de  spiritu  tuo,  tradamque  eis,  etc.  Num . xi, 
V.  H,  etc. 

3 Hohrbacher,  llist.  de  l’Eijtise,  t.  I,  p.  449-430,  édit.  1850.  Paris. 


CHAPITRE  TROISIÈME. 


37 


clinë  lorsque  le  roi  Josapliat  prit  à cœur  de  le  rétablir.  Il 
le  composa  donc,  d’après  le  vœu  de  la  loi,  de  sénateurs  spi- 
rituels et  de  sénateui-s  temporels;  les  premiers  étaient  des 
prêtres  et  des  lévites,  les  seconds  furent  des  chefs  de  famille. 
Toutes  les  affaires  civiles  et  religieuses  eurent  pour  règle 
de  jugement  la  loi  de  Dieu,  interprétée  par  les  lévites  et  les 
prêtres.  Ce  fut,  au  fond,  le  conseil  des  anciens  et  des  séna- 
teurs tel  qu'il  e.vistait  sous  Moïse.  Josaphat,  dit  le  texte 
sacré,  « établit  dans  Jérusalem  des  lévites,  des  prêtres  et  des 

chefs  de  famille Qu’il  s’agit  d'intérêts  de  famille,  de 

questions  touchant  la  loi,  de  commandements,  de  cérémo- 
nies ou  de  préceptes,  apprenez  à vos  frères,  leur  dit-il,  ce 
qui  est  conforme  à la  loi,  de  peur  qu’ils  ne  pèchent  contre  le 
Seigneur,  et  que  sa  colère  ne  retombe  sur  vous  et  vos  frères. 
Qu’.\nanias,  votre  pontife,  préside  aux  choses  qui  regardent 
Dieu,  et  Zabadie,  chef  de  la  maison  de  Juda,  aux  affaires 
qui  concernent  le  roi.  Vous  avez  parmi  vous  les  lévites  qui 
vous  serviront  de  docteurs  et  de  maîtres  ' . n 

V élément  sacerdotal,  voila  donc  l’un  des  éléments  essentiels 
du  Sanhédrin  judaïque,  ce  conseil  sur  lequel  Dieu  répan- 
dait, selon  sa  parole,  ses  grâces  spéciales  et  surnaturelles. 
Or,  dans  la  composition  du  Sanhédrin  talmudique,  le  sacer- 
doce s’est  nécessairement  effacé,  puisqu'il  a disparu  du  sein 
de  la  nation  tout  entière;  puisque  nul  aujourd’hui  ne  sau- 
rait nous  dire  avec  certitude  d’un  seul  Israélite  : Cet  homme 
est  de  la  tribu  de  Lévi.  Le  rabbin  que  nous  y voyons  Ggurer 
n’a , des  pieds  â la  tête,  rien  du  prêtre;  et,  mieux  encore, 
tandis  que  le  Talmud  nous  affirme  qu’il  n’y  a plus  en  Israël 
de  docteur  autorisé,  la  loi  française  nous  apprend  que  le 
rabbin  ne  tient  son  titre  que  d’une  autorité  chrétienne;  la 
parole  de  ce  faux  prêtre,  nous  le  savons  en  outre,  n’a  de 
valeur  que  sous  le  toit  des  braves  gens  chez  lesquels  dure 
la  fantaisie  de  soumettre  leur  conscience  aux  pauvretés  de 
sa  science  ’ ! 

* Magistros.  II  Paralip.,  \i\,  v.  8-tO,  etc. 

Voir  les  autorités  ci-dessus,  même  chapitre. 


t'X) 


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58 


LES  JUIFS. 


Un  prince  que  Jiida  sait  lui  être  étranger  de  sang,  étran- 
ger de  foi,  c’est-h-dire  un  être  souverainement  impur  aux 
yeux  des  lalmudisants,  fait  donc  les  rabbins  ce  qu’ils  sont. 
Et  ces  mêmes  rabbins,  contempteurs  de  la  loi  de  Moïse  s’ils 
sont  orthodoxes,  ces  hommes  du  Talmud , les  voila  devenus 
le  nerf,  la  vertu,  la  couronne  du  Sanhédrin  moderne,  qui  se 
dira  le  dépositaire  de  l’esprit  de  Moïse  '!!! 

Mais  que  .M.  Bédarride  lui-même  nous  apprenne  de  quelle 
sorte  SC  reconstitua  le  Sanhédrin;  car  il  s’agit  de  juger  en- 
core d’après  les  doctrines  talmudiques,  — h l’autorité  des- 
quelles on  prétend  égaler  les  décisions  de  ce  grand  conseil , 
— les  fidèles  et  les  docteurs  qui  com|»tcnt  assez  fortement 
sur  notre  ignorance  de  leurs  lois  et  de  leurs  mœurs  reli- 
gieuses [tour  ne  craindre  point  de  se  donner  à la  fou  comme 
les  hommes  du  Talmud  et  comme  les  hommes  de  la  loi 
mo$aï(|uc’. 

L’assemblée,  dirigée  par  le  bras  de  Napoléon,  arrêta  qu’il 
serait  envoyé  à toutes  les  synagogues  de  l’Empire  français, 
du  royaume  d’Italie  et  de  l'Europe,  une  circulaire  annonçant 
l’ouverture  du  grand  Sanhédrin-,  « que  M.M.  les  rabbins, 
membres  de  l’assemblée  (de  I80G),  seraient  invités  à en 
faire  partie-,  que  vingt-cinq  députés  de  cette  assemblée  en 
feraient  également  partie;  qu'il  serait  donné  des  ordres  [tour 
que  vingt-neuf  rabbins,  choisis  dans  les  synagogues  de  l’Em- 

' Les  lignes  suivantes  furent  probablement  écrites  sous  une  influence 
rabbinique,  elles  n'en  confirment  pas  moins  la  nécessité  de  l'élément 
doctoral  ei  sacerdolul  dans  le  Sanhédrin  : « Tout  ce  que  l’on  peut  dire 
de  plus  vraisemblable,  c'est  que,  depuis  les  Machabces,  il  s’était  for- 
mé parmi  les  Juifs  une  espèce  de  conseil  ou  de  Sénat,  composé  du 
grand  prêtre,  dee  docleum  de  la  loi,  et  des  notables  de  la  nation,  aux- 
quels on  rapportait  les  affaires  d'imporlance,  et  qui  en  jugeaient;  mais 
ce  sénat  n’avait  ni  la  forme  ni  l'autorité  que  les  rabbins  lui  attribuent. 
Us  prétendent  que  le  roi  n’en  pouvait  être,  parce  qu’il  n’est  pas  per- 
mis de  disputer  contre  lui,  et  que  le  souverain  sacrificateur  n’entrait 
dans  ce  conseil  que  lorsque  son  mérite  le  faisait  élire.  Dépendant  il  n'y 
a aucune  apparence  que  les  chefs  de  l’Kglise  et  de  l'Etat  n’y  eussent 
pas  séance,  si  ce  tribunal  eût  été  réel.  » I’.  70-71.  Hisl.  ues  Juifs, 
suppl.  de  Joséphe,  t.  V. 

2 Nous  n’attaquons  du  Sanhédrin  ni  ceux  des  membres  honorables 
qui  le  composèrent,  ni  l'autorité  des  lois  de  l’Etat  qui  en  furent  1e  ré- 
sultat! 


ic.  la^Coogle 


CHAPITRE  TROISIÈME.  bit 

pire  et  du  royaume  dCItalie,  pussent  se  rendre  à Paris;  qu’une 
commission  de  neuf  membres  serait  formée  pour  préparer 
avec  MM.  les  commissaires  du  gouvernement  les  matières 
devant  être  soumises  au  grand  Sanhédrin;  enfin.,  que  l’As- 
semblée ne  se  séparerait  pas  avant  que  le  grand  Sanhédrin 
eût  clos  scs  séances  '.  » 

Il  Les  Juifs  semblent  avoir  été  jetés  au  milieu  des  nations 
pour  marquer,  par  leurs  vicissitudes,  le»  progrès  de  la  raison 
humaine. , Quel  progrès  immense  n’avait-il  pas  dû  s’opérer  en 
France  pour  que  l’on  pût  voir  dans  son  sein  ressusciter 
avec  toute  sa  pompe  l’assemblée  la  plus  respectable  de  l’an- 
tique Jérusalem,  celle  dont  les  arrêts  suprêmes  y étaient 
regardés  comme  des  lois  * !»  La  déclaration  du  Sanhédrin 
n ne  laissait  plus  ’a  lu  malveillance  aucun  prétexte  pour 
supposer  que  la  loi  de  Moue  empêchât  les  Juifs  de  jouir  des 
bienfaits  des  lois.  L’assemblée  la  plus  imposante  pour  les 
Israélites,  celle  qui,  comme  elle  le  déclare  elle-même,  avait 
seule  qualité  pour  interpréter  la  loi  de  Moïse  et  fixer  les  con- 
séquences qui  en  découlent,  déterminait  quelle  était  la  par- 
tie de  cette  législation  qui  était  obligatoire,  quelle  était  celle 
qui  avait  cessé  de  l'être  *.  » Et  cette  assemblée  (religieuse) 
consacrait  ce  principe  : « Que  les  Juifs  devaient  avant  tout 
obéissance  aur  lois  de  l’État.  En  un  mot,  le  Sanhédrin  consta- 
tait ce  fait,  que  les  Israélites,  appelés  h devenir  citoyens, 
n’avaient  â reculer  devant  aucun  des  devoirs  que  cette  qua- 
lité leur  imposait  *.  » C’est  pourquoi  « les  décisions  du 

' Ryarride,  i6.,  p.  409. 

* Sanctions  religieuses,  il  faut  le  répéter  avec  nos  auloriti'sjndalques, 
données  par  des  docteurs  n'ayant  d'autre  droit  que  celui  qu'ils  tien- 
nent d'un  pouvoir  étranger  et  chrétien!  Voir  ci-dessus, 

^ Encore  une  fois,  non,  la  loi  de  Morse  n’est  pas  la  loi  des  Juifs. 
Que  le  Sanh'drin  l’adopte  comme  loi,  soit;  mais  alors  il  cesse  d'étre 
ortiodoxe,  il  repousse  le  Talinud,  devient  Carufle,  et  n’est  plus  guère 
qu’un  objel  d’horreur  pour  l’immense  majorité  des  Juifs,  pour  les  Juifs 
talmudisanis  ou  rabbiniques. 

' Ce  serait  ici  le  lieu,  dit  l’illustre  lirach,  de  faire  connatire  les 
maximes  intolérantes  et  inhumaines  que  les  rabbins  professent  à l'égard 
des  Juifs  convertis,  des  chrétiens,  etc...  C’est-à-dire  de  prouver  par  des 
textes  formels  la  fausseté  de  la  4*  décision  du  Sanhédrin  de  1807,  sans 


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60 


LES  JÜIFS. 


Sanhédrin  furent  reçues  avec  respect  par  toutes  les  synago- 
gues de  France,  etc.,  etc....  » 

Mais  l'Empereur  était  un  homme  trop  sérieux  pour  se 
payer,  au  delh  de  ce  qu'il  jugeait  nécessaire  à sa  politique, 
de  ces  magnifiques  déclarations  qui , devant  l’app&t  d’un 
intérêt  temporel,  menaient  les  docteurs  et  les  délégués  du 
peuple  juif  en  guerre  ouverte  avec  les  antiques  doctrines  de 
leur  religion.  « Il  fut  donc  créé  par  le  gouvernement,  — à 
la  grande  mortification  des  Juifs,  — un  régime  d'exceplion 
contrastant  avec  les  espérances  légitimes  qu'il  était  permis 
de  concevoir  h la  suite  de  l’acte  solennel  qui  venait  de  s’ac- 
complir...’. .Mais  cet  acte  regrettable,  ditM.  Bédarride,  ne 
doit  point  affaiblir  le  tribut  de  reconnaissance  que  les  Juifs 
doivent  au  Gouvernement  impérial,  » car  l’Empereur  com- 
pléta presque  intégralement  l’oeuvre  dé  leur  émancipation. 
Un  autre  décret  du  17  mars  1808  organisa  d’ailleurs  le 
culte  Israélite,  et  créa  les  consistoires. 

prëjudiredece  que  j’aurais  .’ldire  rclalivomentà  ses  autres  décisions.  > 
Ib.,  lettre  deuxième,  p.  300,  18J7. 

’ B''darride,  Ib.,  p.  4li,  etc. 

^ Bédarride,  ib.,  p.  417. 


NOTE  FINALE. 

Un  mot  de  M.  de  Bonald,  l'illustre  auteur  de  la  Léqinlalion  primi- 
tive, sur  le  danger  d'accroître  l’inttuenco  judaïque,  doit  trouver  ici  sa 
place  : a Depuis  assez  longtemps  les  Juifs  sont  l'objet  de  la  bienveillance 
des  philosophes  et  de  l’attention  des  gouvernements.  Dans  ces  divers 
sentiments  il  entre  de  la  philanthropie,  de  l'indifTérence  pour  toutes  les 
religions,  et  peut-être  aussi  un  peu  de  vieille  haine  contre  le  christia- 
nisme, pour  qui  l’état  des  Juifs  est  une  preuve  qu’on  voudrait  faire 
disparaître. 

<c  Quand  je  dis  que  les  Juifs  sont  l’objet  de  la  bienveillance  des  philo- 
sophes, il  faut  en  excepter  le  chef  de  l'école  philosophique  du  dix-hui- 
tième siècle.  Voltaire, qui,  toute  sa  vie,  a montré  une  aversion  décidée 
contre  ce  peuple  infortuné. 

« Jusqu’à  l’époque  de  l’Assemblée  constituante,  les  Juifs  avaient 
joui  en  France  des  facult  ’s  générales  dont  les  gouvernements  civilisés 
garantissent  aux  hômmes  le  libre  exercice,  et  qui  étaient  compatibles 


61 


CHAPITRE  TROISIÈME. 

avec  la  religion  et  les  mœursd'un  peuple  ea  guerre  ouverte  avec  la  re- 
ligion et  tes  mœurs  de  tous  les  peuples. 

O Les  Juifs  étaient  protégés  on  France  dans  leurs  personnes  et  dans 
leurs  biens,  comme  les  régnicnies,  comme  les  étrangers,  comme  les 
Suisses,  moins  étrangers  à la  France  que  les  Juifs;  et,  hors  le  service 
militaire  que  les  Juifs  n'étaient  pas  jaloux  de  partager,  et  qui,  même 
pour  les  Suisses,  était  plutôt  une  condition  imposée  à la  nation  helvé- 
tique par  des  traités  qu'une  faveur  accordée  aux  individus,  je  ne  vois 
pas  que  les  Suisses,  qui  n'etaienl  en  France  ni  magistrats,  ni  adminis- 
trateurs, ni  ecclésiastiques,  ni  même,  par  le  fait,  propriétaires,  jouis- 
sent, en  vertu  des  lois,  de  beaucoup  plus  de  droits  que  les  Juifs.  » T.  Il, 
p.  233. 

< Nul  doute  que  si  les  Juifs  eussent  été  aussi  ambitieux  dans  les 
autres  provinces  qu'ils  l'étaient  en  Alsace,  les  amis  des  Juifs  n’eussent 
eu  à se  reprocher,  comme  les  amis  des  noirs,  la  précipitation  avec 
laquelle  ils  appelaient  à la  liberté,  qui  était  alors  la  domination,  un 
peuple  toujours  étranger  là  même  où  il  est  établi,  et  qui  avait  aussi  à 
venger  l'irremissible  offense  d’une  longue  proscription.  Je  ne  rapproche 
pas  les  personnes,  mais  je  compare  les  passions;  et  la  cupidité,  qui 
attente  par  les  moyens  de  ruse  à la  propriété  d'autrui,  est  soeur  de  la 
férociU'qui  attente  à la  vie  par  la  violence.  Les  Juifs,  s'ils  eussent  été 
répandus  partout  en  France,  unis  entre  eux  comme  ceux  qui  souffrent 
pour  une  même  cause,  et  d’intelligence  avec  les  Juifs  étrangers,  au- 
raient fait  servir  leurs  riche.sses  à acquérir  une  grande  influence  dans 
les  élections  populaires,  et  auraient  fait  .servir  leur  influence  à acquérir 
de  nouvelles  richesses.  » P.  248,  249.  232  à 236,  De  Ronald,  Mélan- 
ges, t.  Il;  Paris,  I8t9,  in-8°;  etc.  XI  des  Œuvres. 

M . de  Ronald  lisait  dans  l'avenir. — Et  qu’arrivera-t-il  le  jour  où  les 
Juifs  seront  plus  empressés  de  dominer  et  de  s'emparer  du  pouvoir 
civil  et  politique  que  de  s'enrichir?  Un  tel  pouvoir  serait,  d'ailleurs, 
en  de  telles  mains,  un  si  redoutable  élément  de  richesses  I « Voir  plus 
bas  le  chap.  sur  les  Juifs  en  Boumanie. 


FIN  DE  LA  NOTE. 


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62 


LES  JUIFS. 


TROISIÈME  DIVISION.  — LES  CONSISTOIRES. 

Organisation  artificielle,  pcdliide  de  la  di'sorganisalion  radicale.  — 
Fonctions  po'iiiques  et  policière-^  des  consistoires  et  des  rabbins.  — 
NapoliHJii  I",  nouveau  Moïse  au\  yeux  des  Juif*,  et  leur  ivresse.  — 
Organisation  < atliolique  du  rabbinai.  — Les  Juifs  légalement  consti- 
tués en  peup  le  distinct  par  la  lui  même  qui  prétend  les  fusionner. 
— Cruelles  peintures  de*  con-ismin  s,  faites  de  la  main  des  Jurfs. — 
Celle  institution  religieuse  prépose  les  laïques,  c’est-à  dire  les  ouailles, 
à la  direction  îles  pontifes  ou  du  prétendu  sacerdoce  de  Ju'Ia.  — 
Doli'ances.  — Fruit  de  ces  doléani  es;  scandales.  — « Lescepire  de 
Juda  devenu  un  gourdin.  » — Le  gouvernement  chrétien  de  la 
France  devenu  le  régulateur  du  culte  d'Israël.  — Un  ministre  et  un 
général  gouvernant  la  Synagogue.  — Conclusion. 

Il  fut  donc  ordonné,  par  un  décret  du  17  mars  1808, 
rappelé  dans  notre  dernière  page,  qu’une  synagogue  et  un 
consistoire  seraient  établis  dans  chaque  département  où  la 
population  juive  atteindrait  le  cliilTre  de  deux  mille  indivi- 
dus; qu’un  grand  rabbin  siégerait  k la  tête  de  chaque  syna- 
gogue consistoriale  ; que  les  consistoires  veilleraient  à em- 
pêcher les  rabbins  de  donner  aucune  instruction,  aucune 
explication  de  la  loi  qui  ne  fût  conforme  aux  décisions  du 
Sanbédrin,  — lesquelles  avaient  été  mises  d’accord  avec  le* 
loit  de  l'Empire!  — qu’ils  auraient  l'œil  k l’administration 
des  synagogues;  qu’ils  encourageraient  les  Israélites  k 
C exercice  des  professions  utiles,  cl  feraient  connaître  ceux  qui 
resteraient  dépourvus  de  moyens  d'existence.  Ces  consistoires 
départementaux  devaient  relever  d’un  consistoire  central 
dont  le  siège  serait  a Paris,  et  autjuel  il  incomberait  de 
proposer  la  nomination  des  rabbins  et  de  les  confirmer.  Ces 
« rabbins  étaient  chargés  d’enseigner  la  religion  et  l.v  doc- 
trine DU  Sanhédrin;  de  rappeler  l’obéissance  aux  lois,  sur- 
tout à celle  de  la  conscription , et  de  faire  considérer  le  ser- 
vice militaire  comme  un  devoir.  Ils  devaient  jurer  sur  la 
Bible  d'être  lidèles  aux  lois,  et  de  faire  connaître  tout  ce  qu’ils 
apprendraient  de  contraire  aux  intérêts  du  souverain  ou  de 
l’État'.  » 

' Décret  du  19  octobre  1808.  Bédarride,  id.,  p.  Jîl.  Les  autres  ar- 
ticles de  ce  décret,  qui  tend  à faire  uu  rabbin  un  agent  de  police, 


CHAPITKK  TROISIÈME.  63 

Nouveau  Moïse  pétrissant  de  sa  main  puissante  et  pla- 
çant derrière  lui,  pour  le  soutenir,  l’assemblée  qu’il  lui  plaît 
de  décorer  du  titre  de  Sanhédrin , l’Empereur  coule  donc 
d'un  jet  ce  judaïsme  nouveau,  cette  religion  politique  et  policière 
dont  les  statuts  doivent  mettre  désormais  au  senice  de  ses 
États  et  de  tes  armées  les  chefs  et  les  ministres  de  ce  culte  tel 
quel , dont  il  s’efforce  d’assimiler  la  population  à la  nôtre. 
Mais  qui  doit  gagner  à cette  révolution  religieuse,  ’a  ce 
concordat  judaïque?  Lui  seul,  ou  ce  peuple  Israélite  qui 
semble  devoir  bientôt  jouer  dans  le  monde  un  rôle  si 
grand?... 

A l’aide  de  l’organisation  impériale  du  culte  judaïque,  c’est- 
k-dire  grâce  k l’action  de  ces  consistoires  locaux , grâce  k 
la  direction  de  ce  conseil  central , grâce  k ces  rabbins  épi- 
scopaux, et,  grâce  k ce  rabbin  patriarcal  de  la  France,  en 
attendant  un  rabbin  papal,  voici  donc  au  cœur  de  notre 
patrie,  au  sein  de  ce  peuple  français  k qui  Dieu  donna  la 
mission  de  couvrir  de  l’ombre  de  son  épée  l’Église  du 
Christ  : Gesta  Dei  per  Francot;  voici  les  Juifs  nationalisés 
Français  et  devenus  deux  fuis  citoyens  sur  la  terre  même 
de  nos  pères,  où  nous  ne  le  sommes  qu’une  seule!  Los  voici 
devenus  citoyens  français  autant  (|uc  peut  l’être  un  Mont- 
morency, mais,  en  même  temps,  et  plus  que  jamais,  les 


fixent  ses  hononiires,  rlont  le  payement,  ainsique  les  Trais  du  culte,  sont 
fournis  par  les  Israélites.  .Vais  plus  tard,  « la  charte  ce  1830  n'admit 
pas  de  religion  dominante,  et  supprima  le  mot  seule,  qui  meit.  ilob  tacle 
à ce  que  l'Etat  sa'ariât  le  culte  juif,  l'.ette  barrière  levée,  une  loi  fut 
proinu'guée  qui  mettait  à la  cliargede  l’Etat  le»  frais  du  culte  Israélite.  » 
myarride,  ib.,  p.  >28. 

Ainsi,  le  culte  catholique,  c’est-à-dire  l’ancien  culte  de  l’État,  le 
culte  de  .l'immense  majorité  des  Français,  ou  de  trente-sept  millions 
de  citoyens  sur  trente-huit . n'est  point  rétribué  par  l'Etal.  Il  est  fe 
se'il  qui  ne  reçoive  aucun  traitement;  car  la  rente  pavée  auc'ergé  ca- 
tholique est  la  Irès-faible  indemnité  des  biens  pris  a ÉEglise  par  la  Ré- 
publique, et  ce  fut  à ta  condition  de  cet'e  indemnité  que,  par  le  con- 
cordat, l’Eglise  fit  l’abandon  de  ses  droits  à rentrer  dans  les  biens 
saisis. 

Le  culte  protestant,  composé  de  citoyens  de  sang  français,  et  le  culte 
juda’i'que,  composé  de  citoyens  d'une  nation  étrangère,  ont  donc/epn- 
vitége  Ires-singulier  de  recevoir  de  l’Etat  un  salaire,  et  prèfetierams» 
un  tribut  sur  les  catholiques. 


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bi 


LES  JUIFS. 


voici  reconnus  citoyens  juifs  ou  membres  d’une  nation  qui 
n’est  point  la  nôtre,  qui  se  ramifie  et  prend  racine  dans  le 
monde  entier,  qui  s’allirme  par  sa  loi  talmudique,  mortelle 
ennemie  de  la  nôtre,  et  qui  subit,  bon  grc  mal  gré,  sous  le 
joug  de  son  orthodoxie  religieuse,  la  uéeetsUi  de  rester 
étrangère  chez  toute  nation  dont  le  gouvernement  l’accueille 
et  la  comble.  Cessant  de  vivre  de  la  vie  det  dhpenét^  voici 
donc  les  fils  de  Jacob,  de  par  Ut  loi  même  qui  s’efforce  de 
les  fusionner,  rendus  peuple  distinct,  et  reconnus  corps  de 
nation  judaïque.  Ils  jouissent  en  paix  des  bénéfices  d'une 
assimilation  que  leur  croyance,  que  leur  cœur,  dans  scs  re- 
plis talmudiques,  déclare  ne  pouvoir  être  pour  eux  que  pro- 
visoire et  Gctive-,  cl  nous  les  voyons,  au  moment  où  la  loi 
semble  mêler  leur  sang  au  nôtre  dans  les  veines  du  corps 
social,  se  rapprocher,  s’unir,  se  serrer  d’un  lien  plus  solide 
que  jamais,  préparés  et  disciplinés  par  le  fait  de  celte  orga- 
nisation nouvelle,  aux  vues  de  la  (Kilitiqiic  qui  leur  est 
propre,  et  dont  les  événements  leur  dicteront,  au  jour  le 
jour,  les  conseils.  Ne  nous  étonnons  donc  plus  si  ces  fidèles 
du  judaïsme  se  disposent,  dans  l'active  patience  de  leur 
attente,  à l’acte  suprême  dans  lequel  se  résument,  depuis 
des  siècles,  les  impérissables  espérances  du  Juif  pbari- 
saïque  guidées  par  les  rabbins  du  Talmud. 

Ces  espérances,  que  tant  de  circonstances  ont  fait  lan- 
guir, mais  auxquelles  d’autres  circonstances  donneront  une 
vie  nouvelle  et  une  nouvelle  ardeur,  que  sont-elles?...  Nous 
aurons  certes  k le  dire  -,  mais  abandonnons  pour  le  moment 
ce  point  de  vue  et  cherchons  à savoir  de  la  bouche  même 
d’hommes  qui  appartiennent,  cl  qui  appartinrent  à la  reli- 
gion israélitc,  le  mérite  et  la  valeur  des  consistoires.  Il 
s’agit  |)Our  nous,  non  point  des  individus  a qui  l’élection 
ouvre  la  porte  de  ces  conseils,  mais  de  ces  corps  eux- 
mêmes,  chargés  par  le  gouvernement  chrétien  de  la  France 
de  veiller  aux  intérêts  religieux  du  judaïsme. 

En  l’an  1820,  c’est-à-dire  longtemps  après  que  les 
rouages  de  l’organisation  rabbinique  eurent  eu  le  plein 


CHAPITRE  TROISIÈME.  66 

loisir  de  fonclionner,  l’un  des  membres  les  plus  indépen- 
dants du  comité  de  surveillance  et  d’administration  des 
écoles  consistoriales  tenait  à haute  voix  ce  langage  : « J’é- 
» veille  la  sollicitude  de  l’autorité,  j'appelle  l’attention  des 
» amis  de  l’ordre  et  de  la  justice  sur  la  question  de  l’orga- 
» nisation  du  cuite  Israélite  en  France.  Mon  but  est  de  me 
» soustraire,  avec  mes  coreligionnaires,  au  despotisme  stu- 
» pide  de  l’administration  qui  nous  régit.  » 

« J’ai  tous  les  caractères  qui  constituent  la  véritable  in- 
dépendance-, je  ne  sollicite  aucune  faveur;  j’en  refuserais 
si  elles  m’étaient  offertes.  Les  abus  que  je  vais  signaler,  les 
vices  que  je  vais  démasquer,  les  turpitudes  dont  je  me  suis 
imposé  l’obligation  de  présenter  le  tableau,  me  rendront 
sans  doute  l’objet  de  l’animadversion  des  hommes  qui  les 
perpétuent  pour  s’en  nourrir...  » 

Et  quelques-uns  se  récrieront  peut-être...  « A quoi  bon, 
de  grâce!  initier  le  public  â ces  désagréables  mystères?...  » 
« Les  Israélites  n'ont-ils  pas  assez  subi  d’humiliations? 
N’ont-ils  pas  été  assez  longtemps  en  butte  aux  injustices 
des  nations,  aux  préjugés  des  sociétés?  Devait-il  leur  être 
réservé  de  voir  un  de  leurs  propres  frères  apporter  aussi  le 
tribut  de  sa  critique?  » 

Mais  je  n’ai  rien  k redouter  pour  l'honneur  des  Israélites. 
U Assez  de  titres  les  recommandent  â la  confiance  de  leurs 
concitoyens  des  autres  cultes.  Ainsi  je  me  garderai  d’énon- 
cer que  nos  rabbins  sont  éclairés,  parce  que  cela  est  faux...; 
qu’ils  sont  tolérants,  parce  que  cela  est  faux...;  que  Jes 
hommes  qui  président  k l’administration  de  notre  culte 
s’acquittent  de  leurs  fonctions  conformément  aux  lois  et 
selon  les  règles  de  la  sagesse,  de  l’ordre  et  de  l’économie... 
parce  que  cela  est  faux;  que  ceux  qui  sont  chargés  de  porter 
aux  indigents  les  produits  de  la  charité  remplissent  avec 
impartialité  ce  pieux  ministère,  parce  que  cela  est  faux;  que 
nos  Israélites  opulents  consacrent  leurs  soins  k la  régénéra- 
tion (les  classes  inférieures,  parce  que  cela  est  faux;  f/ue  les 
consistoires,  enfin,  méritent  la  reconnaissauce  de  leurs  admi- 


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66 


LES  JUIKS. 


uislrés  «t  la  confiance  du  gouvcrncraenl,  parce  que  ces 
deux  points  me  paraissent  de  toute  fausseté'.  » 

Ce  langage  a qucliiue  chose  de  précis  et  de  net-,  mais, 
rempli  qu'il  est  d’amertume,  ne  serait-il  point  outré?  — 
Réponse  ; Près  de  tretue  ans  après  celle  daie.  un  écrivain  ap- 
partenant à l'une  des  plus  illustres  familles  de  la  race  juive 
en  répète  au  public  le  mot  h mot.  Écoutons  : « L’affranchis- 
sement moral  des  Juifs  doit  provenir  plus  encore  de  leurs  ef- 
forts que  du  gouvernement.  Ce  doit  être  là,  surtout,  l’aflaire 
de  la  sollicitude  des  consistoires-,  malheureusement,  ceux-ci 
ont  besoin  eux-mêmes  du  progrès  de  la  lumière!  Préposés  à la 
garde  du  troupeau,  ils  le  laissent...  dévorer  par  la  lèpre...  A.U 
lieu  d’en  diriger  le  mouvement,  ils  semblent  en  ignorer  la 
marche!  » Eulin,  ose  dire  .M.  Cerfberr  à la  date  de  1847, 
et  nous  ne  pouvons  que  lui  laisser  la  responsabilité  de  sa 
parole  : « Au  lieu  d'cire  composé  d’hommes  moraux,  actifs, 
éclairés,  pieux  et  probes,  ils  ne  comptent  dans  leur  sein 
que  des  Juifs  riches,  qui  se  bornent  à n’être  que  riches*.  » 

D’où  ce  résultat  : que  les  doléances  et  les  réclamations 
les  plus  dures,  les  plus  humiliantes  pour  les  directeurs  et 
les  ministres  du  culte,  et  les  plus  désastreuses  pour  la  reli- 
gion judaïque,  sont  formulées  par  les  hommes  les  plus  ho- 
norables et  à la  fois  les  plus  libéraux  de  la  nation  juive. 
Que  des  soins  particuliers,  s’écrient-ils  dans  leur  sollici- 
tude, soient  donc  enfin  donnés  « à l’instruction  des  rab- 
bins^ qu’ils  soiént  tenus  de  communiquer  fréquemment 
avec  les  fidèles;  que  leurs  prédications,  exprimées  dans  les 
termes  de  la  langue  française,  la  seule  qui  soit  nationale, 
aient  pour  objet  la  recommandation  des  devoirs  sociaux; 
que  l'esprit  des  décidons  doctrinales  du  grand  Sanhédrin  dmaine 

' Des  consistoires  israélites,  p.  3 à 3.  Paris,  1820,  par  M.  Singer, 
membre  da  comité  de  surveillance  des  écoles  consistoriales. 

Cette  plainte,  que  rorniule  un  des  personnages  considérables  du  iu- 
daTsme,  est  répétée  en  termes  Trappants  de  ressemblance  par  le  club 
démocratique  des  fidèles.  Voir  la  Vérité,  journal  des  intérêts  israélites, 
p.  4,  17  avril  1848  ; rruille  qui  se  fondit  avec  une  autre. 

2 Les  Juifs,  leur  histoire,  leurs  marurs,  par  A.  Cerfberr  de  Medels- 
heim.  Paris,  1847,  p.  58. 


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CHAPITRE  TROISIÈME 


67 


«ans  cesse  dans  leurs  discours;  qu’ils  s’étudient  k faire  res- 
pecter notre  religion  sainte,  et  qu’ils  en  dépouillent  l’exer- 
cice des  pratiques  minutieiues  cl  absurdes  dues  aux  arliiiees 
d’une  politique  incompatible  avec  l'état  actuel  de  la  civilisation; 
qu’ils  s’appliquent  a en  faire  chérir  l’esprit  et  les  doc- 
trines, en  donnant  eux-mêmes  l’exemple  de  toutes  les 
vertus  y> 

Ces  paroles  une  fois  entendues,  nous  franchissons  l’es- 
pace qui  sépare  l’année  I8i8  du  mois  do  décembre  18G6. 
?«ous  faisons  choix  du  moment  où  les  élections  convoquent 
les  Israélites  français  h une  nomination  consistori;ile.  Il  y a, 
s’écrie  h cette  occasion  l’un  des  grands  organes  du  Judaïsme, 
« il  y a un  courant  à l'ordre  du  jour,  c’est  celui  d’opérer 
des  réformes  dans  le  culte;  mais  il  en  est  une  nécessaire, 
impérieuse,  urgente,  dont  on  ne  parle  pas  : c’est  la  modi- 
fication dé  nos  règlements.  Nous  voyons  toujours  le  silence 
des  consistoires  sur  leurs  actes.  Les  comptes,  c’est-à-dire 
les  budgets , ne  sont  plus  soumis  à l'examen  de  la  commu- 
nauté : les  vœux  de  la  communauté  ne  sont  pas  consultés 
pour  la  nomination  des  rabbins,  et  les  prières  sont  sur  le 
point  d’être  bouleversées!...  » etc. 

« Quoi  qu’il  advienne,  les  élections  de  notre  culte  se  font 
d'après  les  dispositions  légales  existantes.  Eu  présence  des 
faits  déplorables  qui  se  sont  produits  dans  plusieurs  circon- 
scriptions, lors  des  dernières  élections  Israélites;  en  pré- 
sence d’un  consistoire  central  qui  reste  silencieux  sur  des 
actes  plus  ou  moins  répréhensibles,...  nous  engageons  les 
Israélites  de  France  à s’abstenir,  et  à ne  point  prendre  part 
aux  prochaines  élections  *.  » 

« De  la  sincérité.  Messieurs,  de  vous  tons,  rabbins  ou 
administrateurs.  Quand  vous  accepterez  des  fonctions 
quelconques,  remplissez-les  avec  conscience  et  dévoue- 

' Des  Consistoires , etc.,  p.  79,  par  ITsraélile  Singer.  Excellent  I 

Mais,  si  vous  désertez  la  doctrine  o<licnse  et  absurde  du  rabbinisme,  il 
ne  vous  reste  qu’une  religion  de  fantaisie,  qui  n'est  ni  celle  de  Moïse 
ni  celle  du  Talmud. 

^Univers  Israélite,  n“  IV,  p.  17.5.  Décembre  1866. 


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68 


LES  JUIFS. 


mnnt*  -,  et  si  vous  n’avez  ni  vocation  ni  temps  pour  bien 
renii)lir  ces  devoirs,  qui  vous  force  h solliciter  ou  h accepter 
des  litres.^  Vous  pourrez  être  sans  eux  de  très-braves  gens’.  « 
Mais,  lorsqu’il  « s’agit  d’bommcs  (|ue  la  loi  a chargés 
de  veiller  sur  l’élat  religieux  de  milliers  d'âmes,  chacun  a 
le  droit  et  le  devoir  de  demander  quelle  est  la  manière  de 
vivre  de  ces  hommes  vis-'a-vis  du  judaïsme , dont  Us  sont  les 
directeurs...  Quels  égards  le  Pentateuque  et  le  Décalogue 
trouvent-ils  dans  l’élection  des  hommes  appelés  â l'adminis- 
tration centrale  supérieure  des  affaires  religieuses  israélites  de 
France?  J-a  simple  possibilité  qu’une  autorité  centrale  supé- 
rieure puisse  être  entièrement  composée  de  profanateurs 
du  sabbat  et  de  violateurs  des  lois  alimentaires  ne  serait- 
elle  pas  un  symptôme  effrayant  d’une  situation  maladive, 
illégale,  de  nature  à rendre  illusoires  les  meilleures  inten- 
tions de  la  loi,  et  â en  produire  de  contraires?  » 

Hélas!  « de  queltpic  côté  que  nous  envisagions  les  besoins 
de  la  religion,  nous  ne  trouvons  nulle  part  un  point  où  le 
regaid  scrutateur  puisse  se  reposer  avec  satisfaction.  L’âme 
de  la  religion  juive  est  la  connaissance  religieuse,  et  Dieu  a 
choisi  Israël  pour  être  te  porte-flambeau  de  l'humanité  ’.  Où  donc 
est  rinstruction  religieuse  de  notre  jeunesse?  où  la  connais- 
sance religieuse  de  nos  hommes  âgés?...  »...«  Jusque  dans 
les  sjthères élevées  de  la  pépinière  de  nos  prédicateurs  et  de  nos 
rabbins,  l’esprit  du  supeificiel , du  médiocre,  du  manque  de 
science  et  de  l'inertie,  menace  de  pénétrer.  Où  sont  les 
élèves  formés  sous  l'égide  de  la  direction  centrale,  qui , comme 
envoyés  du  Dieu  des  armées,  enseignent  sa  vérité  et  sa  con- 
naissance, annoncent  sa  volonté  et  sa  loi?...  Hélas!  leur 
bouche  déborde  sans  cesse  de  l’exaltation  des  victoires  que 

' Ib.,  p.  99Î.  Le  service  est  ssi  bien  fait  qu'il  y a dans  les  comptes 
des  erreurs  de  seize  mille  francs  ! 

Archives  irsaeliles,  n“  XXII,  p.  998,  15  novembre  1866. 

3 Les  Juifs,  depuis  le  Christ,  porte-flambeaux  de  l'bumanilé!...  S'ils 
sont  lumière,  où  sont  les  ténèbres?  Mais  le  ïalmud  va  nous  éclairer. 
Nous  ri>]iectons  le  français  tel  quel  des  Juifs  . mais  nous  soulignons, 
ici  et  ailleurs  des  mots  non  soulignés  dans  le  texte,  et  sur  lesquels  nous 
voulons  (jue  l'attention  se  porte. 


CIIAPITHE  TROISIÈME. 


C9 


les  Juifs  célèbrent  en  ce  temps  glorieux  de  l’égalité  politique  et 
civile;  mais  ils  ne  disent  pas  un  mot  des  défaites  que,  dans 
le  même  temps,  le  judaïsme  a subies  et  subit  encore  ' ! « 

« Le  consistoire  d’aujourd’hui  n’a  plus  rien  des  fonctions 
civiles,  politiques , financières ,,  POLICIHRKS  et  même  mili- 
taires du  consistoire  de  1808  (sous  Napoléon  I").  Sa  mission 
est  uniquement  religieuse  et  morale-,  et,  pourtant,  il  n'est 
pas  composé  de  représentants  naturels,  légitimes,  autorisés 
de  la  religion  et  de  la  morale.  Voila  douze  boinmes  fort 
distingués,  fort  considérés,  dont  plusieurs  même  célèbres 
sous  divers  rapports,  mais  n’avaut  aucune  compétence  dans 
les  choses  sacrées,  qui  sont  les  douze  apôtres  assis  dans  la 
chaire  de  Moïse  et  jugeant  les  douze  tribus  d’Israél!  On 
conteste  ’a  l’Église  le  pouvoir  temporel , et  la  Synagogue  n’a 
plus  même  de  pouvoir  spirituel!  Ab!  que  Sion  pleure  ses  pon- 
tifes, et  porte  le  deuil  de  ses  prophètes’  ! » 

La  vérité  force  donc  les  honorables  aveugles  du  judaïsme 
a le  répéter  avec  nous  : Les  Juifs  n’ont  plus  de  pontifes , et 
c’est  peu  dire!  Car  non-seulement  les  pontifes  selon  la 
loi  de  Moïse  sont  devenus  impossibles  en  Israël,  mais  le 
voici  qui  se  lamente  du  choi.v  de  ce  sacerdoce  artificiel  que 
la  loi  française  lui  permet  de  fabriquer  ^ et  ceux  qu'il  accuse 
de  lui  imposer  ces  semblants  de  prêtres,  ce  sont  ses  propres 
consistoires,  c’est-a-dire  les  conseils  apostoliques  élus  de  sa 
main  et  que  la  loi  de  l’Ktat  désigne  pour  les  lui  choisir...  Mais 
les  doléances  qui  s’échappent  des  lèvres  de  ce  vénérable 
organe  du  judaïsme  français  porteront-elles  leur  fruit?  Oui 
sans  doute,  et  que  nos  oreilles  soient  attentives  au.v  paroles 
qui  nous  permettent  d'en  juger  : 

« Chers  lecteurs,  s’écrie  le  directeur  de /’L’j«merswraé/hc, 
M.  Bloch,  préparez-vous  à apprendre  un  fait  étrange,  mons- 
trueux , tellement  incroyable  que  nous  avons  peine  a y croire 

' Univers  israélile,  p.  70,  71 , 72,  73,  11,  octobre  1866.  Ces  vic- 
toires sont  ; un  baptisé  qui  épouse  une  belle  et  riche  Juive,  une  pauvre 
baptisée  qui  lievient  la  lemme  d’un  circoncis!... 

’ Univers  Israélite,  V,  p.  203.  Janvier  1868. 


70 


LES  JUIFS. 


nous-même,  nous  qui  en  avons  élé  non  le  héros,  mais  la 
viclime.  »...  « Nous  avons  quelquefois  critiqué  M.  Cerfberr, 
président  du  consisioirc  central,  non  en  sa  qualité  d'homme 
privé,  mais  en  celle  d'administrateur  en  chef  de  notre  culte. 
Comme  tel,  il  appartient  incontestablement  au  jugement  de 
la  presse  Israélite^  mais  nos  critiques,  avons-nous  besoin  de 
le  dire , n'ont  jamais  rien  eu  d’offensant  pour  sa  personne... 
Qu’on  juge  de  notre  stupéfaction  lorsque , le  o décembre 
dernier,  M.  Cerfberr  nous  rencontrant,...  marcha  sur  nous 
le  regard  chargé  d'étincelles  de  haine,  et  nous  adressa  d’i- 
gnobles menaces,  des  menaces  de  voies  de  fait  formulées 
en  termes  hideux,  si  nous  parlions  encore  de  lui  dans  notre 
journal...  .M.  le  président  du  consisioirc  central  devrait  re- 
présenter les  mcpurs  douces  et  polies  du  juda'ismc,...  il  aime 
mieux  représenter  le  pugilat.  » 

«...  Hélas!  le  sceptre  de  Juda  est  devenu  un  gourdin  ' ! » 

Et  cette  colère  était-elle  le  fait  d’une  émotion  subite, 
d’une  violente  et  passagère  surprise?  Non,  car  « le  lende- 
main du  scandale  eu  question,...  le  héros  du  boulevard  des 
Italiens  exerça  sur  nous  une  nouvelle  et  indigne  vengeance. 
Nous  en  parierons  un  autre  jour*.  » 

l.a  peur  de  ce  sceptre  noueux  n’intimide  cependant  point 
tous  les  cœurs,  et  c’est  du  sein  de  ce  rabbinat,  dont  nous 
venons  de  laisser  aux  Juifs  eux-mêmes  le  soin  de  nous  tra- 
cer le  piteux  et  humiliant  tableau , que  des  voix  fortement 
émues  s'élèveront  contre  les  énormités  doctrinales  du  con- 
sistoire, source  moderne  du  pouvoir  des  rabbins  : 

Non  , « les  doctrines  émises  par  M.  le  president  du  con- 
sistoire central  ne  sont  pas  celles  du  judaïsme  historique  et 
traditionnel,  que  le  Sanhédrin  a fait  reconnaître*.  » Et,  s’écrie 
l’une  des  illustrations  doctorales  d'Israël,  M.  le  grand  rab- 
bin de  Colmar,  « nous  ne  demanderons  point  h M.  le  colonel 

< L'Univers  Israélite,  revue  mensuctlc  du  judatsme,  quasi-couserva- 
teur,  V,  p.  196.  Janvier  1867. 

2/6.,  VI,  p.  Î79,  février  1867. 

2 Le  Sanhédrin  a tait  le  contraire. 


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CHAPITRE  TROISIÈME.  71 

Ccrflierr,  président  du  consistoire  eenlral,  qui  lui  a donné 
droit  de  déclarer,  au  nom  de  la  tradition,  la  sopériorilé  de 
la  doctrine  sur  les  rites,  quand  il  lui  serait  diflicilc  de  trou- 
ver dans  le  Pentateuque,  les  prophètes  et  les  Talmuds,  un 
seul  mot...  qui  l'y  autorise!...  Nous  ne  lui  demanderons  pas 
non  plus  comment,  après  avoir  déclaré  qu’on  ne  peut  tou- 
cher aux  dogmes,  car  c’est  Ih  « l’arche  sainte  »,  il  vient, 
d’un  souffle,  détruire  les  dogmes  de  Porigine  divine  et  de  l’im- 
mutabilité de  la  loi  !...  Mais , malgré  toute  l'eslime  que  nous 
professons  pour  M . Cerfberr...,nousne  pouvons  comprendre 
comment  lui,  président  du  consistoire  central , oubliant  que 
les  doctrines  du  grand  Sanhédrin  sont  placées  par  tous  les 
décrets  et  les  ordonnances  organiques  de  notre  culte  sous  la  sau- 
vegarde du  consistoire,  a pu  aller  leur  jeter  un  défi  dans  le 
ten>ple  du  Seigneur,  au  milieu  d’une  nombreuse  assemblée  ! » 
<i  En  présence  de  ces  doctrines  illégales,  étrangis,  inouïes, 
subversives  du  judaïsme,...  nous  avons  uu  devoir  à remplir 
envers  la  religion  dont  nous  sommes  le  ministre,  en- 
vers nos  coreligionnaires  dont  nous  sommes  le  pasteur... 
Nous  devons  déclarer  qu’en  présence  de  ces  docli  ines  fu- 
nestes, qui  sont  comme  une  menace  pour  notre  culte  dans 
la  bouche  du  président  d’une  administration  religieuse  qui, 
parvenue  successivement  k se  substituer  k tontes  les  com- 
munautés Israélites  de  France,  tient  entre  ses  mains  tout 
l’avenir,  tontes  les  destinées  du  judaïsme  français,  exerce 
une  influence  immense  sur  l'éducation  des  rabbins,  leur  délivre 
les  diplômes,  et  lus  investit  de  leurs  fonctions;  nous  devons 
déclarer,  — disons-nous,  — qu’en  présence  de  ces  doctrines 
il  n’y  a pour  les  Israélites  français  que  celte  alternative  : » 
Ou  réellement  attachés  k la  croyance  de  leurs  pères,  ils 
ne  peuvent  négliger  aucune  voie  légale  pour  détourner  le 
danger  qui  menace  leur  culte  et  la  liberté  de  leur  con- 
science; ou,  partisans  des  opinions  émises  par  M.  le  prési- 
dent du  consistoire  central,  ils  devront  faire  au  gouverne- 
ment cette  déclaration  ; «.  Le  judaïsme  que  vous  avez  re- 
connu, et  que  vous  salariez,  n’est  pas  celui  dans  lequel 


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7î  LES  JUIFS. 

nous  voulons  vivre  désormais;  et,  tout  en  conservant  le 
nom  pour  le  nouveau  eystème  religieux  qui  en  ce  moment 
s’élabore  dans  la  mutrice  de  notre  phitoiophie,  nous  en  ré- 
pudions les  pratiques  et  nous  en  contestons  les  dogmes'...  » 

Telles  sont  les  paroles  de  M.  S.  Klein,  le  grand  rabbin 
de  Colmar.  Et  |K)urtant,  depuis  l’an  1862,  les  grands  rab- 
bins de  consistoires  sont  nommés  dans  nos  départements 
« par  le  consistoire  central,  sur  une  liste  de  trois  rabbins 
présentés  par  le  consistoire  départemental*.»  Le  nombre  de 
ces  grands  rabbins  est,  en  France,  celui  des  neuf  circon- 
scriplions  israélites  qui  chacune  ont  un  consistoire  com- 
posé de  six  membres  laïques.  En  outre,  le  consistoire  central, 
formé  d’autant  de  membres  laïques  qu’il  y a de  consistoires 
départementaux , siège  à Paris.  L'élection  y est  le  mode 
de  recrutement,  et  l’on  trouve  dans  leur  composition  « des 
hommes  qui  sont  dignes  de  la  plus  haute  considération*.  » 

Produit  d’élections  sans  cesse  répétées,  et,  cependant, 
objet  de  cruelles  et  d'incessantes  récriminations,  comment 
donc  ces  hauts  conseils,  dont  les  plumes  autorisées  du  ju- 
daïsme nous  ülTreut  la  peinture,  deviennent-ils  le  triste 
reflet  de  la  décomposition  religieuse  où  tombe  de  nos  jours 
la  nation  juive*?  En  demanderons-nous  la  cause  exclusive  à 
leur  composition  laïque,  c’est-à-dire  au  renversement  de 
toutes  les  notions  du  simple  bon  sens  dans  la  composition 
d’un  conseil  religieux?  Non!  Mais  ce  qu’il  y a de  certain, 
c’est  que,  dans  les  consistoires,  ce  fruit  précieux  du  grand 
Sanhédrin  judaïque,  les  rabbins  dont  les  pages  précédentes 
nous  ont  révélé  la  valeur  ; les  rabbins,  qui  ne  sont  ni  prêtres 

' Courrier  du  Bas-Rhio,  Î9  mars  t867  ; n“  IX,  Univers  israélile, 
mai  1S67,  p.  39t-9î-93. 

Avcinl  celle  dalc  les  communautés  choisissaient  elles-mêmes  leurs 
pasteurs,  ou  inter\enaicnl  ellicacemenl  dans  l’élection.  Arch.  israéL, 
p.  483,  i'r  juin  481)7,  n“  11. 

^ O Les  membres  qui  les  composent  sont  renouvelés  |>ar  moitié  tous 
les  deux  ans.  » Univers  israélile,  Vit,  p.  307,  etc.,  mars  4868.  Arch. 
israél.,  p.  Î07,  etc.,  4"  mars  4868. 

* Lire  Ib.,  Univers  isrcu-l.,  XII,  p.  837  à 844  , etc.,  août  4866;  et 
une  foule  d’autres  documents. 


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CHAPITRE  TROISIÈME.  73 

ni  docteurs  de  la  loi  selon  la  loi  de  Moïse,  mais  qui  se  don- 
nent et  qui  nous  sont  donnés  pour  tels  par  les  hommes  du 
judaïsme,  se  trouvent  être  dans  la  dépendance  de  ceux  qui 
sont  et  qu’ils  appellent  des  laïques;  c’est  qu’ils  vivent  sous 
la  direction  de  ces  laïques  qui  dirigent  leur  éducation,  qui 
lignent  leurs  diplômes,  et  qui  « les  éliminent  autant  que  pos- 
sible du  sein  de  ces  assemblées  supérieures.  » En  d’autres  termes, 
les  guides  spirituels  du  Juif  français,  ses  pontifes,  ses  pas- 
teurs, sont  conduits  et  tenus  en  bride  parleurs  ouailles!  Et, 
ne  l’oublions  point,  ces  ouailles,  ces  laïques,  on  nous  le 
déclare,  n’ont  point,  en  leur  qualité  d'étrangers  au  sacer- 
doce, un  moindre  droit  que  les  rabbins  eux-mêmes  à enga- 
ger la  conscience  d’Israël  M 

O confusion  des  confusions!  ô prodige  qui  doit  enfanter 
tant  de  prodiges! 

En  un  mot,  l’organisation  qui  sécularise  de  la  manière  la 
plus  bizarre  la  religion  judaïque  dans  le  pays  le  plus  éclairé 
de  l’Europe , et  qui  transforme  un  gouvernement  chrétien 
en  régulateur  du  culte  d’Israël , s’est  tout  d’un  coup  formé 
dans  les  premiers  jours  du  dix-neuvième  siècle  au  grand 
bonheur  et  k l’inexprimable  joie  d’Israël.  Ce  phénomène 
vraiment  incroyable,  inimaginable,  monstnieux,  — mais, 
autre  et  nouveau  sujet  de  surprise!  — ce  phénomène  que  nul 
d’entre  nous  ne  remarque,  est  d’une  importance  si  capitale 
que  nous  laissons  un  écrivain  de  race  juive  nous  le  redire, 
et  réunir  en  une  page  tous  les  émerveillements  qu’a  dù  nous 
causer  ce  chapitre  : 

« Dans  l’état  de  décadence- où  se  trouvait  le  judaïsme, 
les  Israélites  influents  eurent  recours  au  gouvernement 
de  Juillet...  Grâce  aux  sympathies  dont  ils  étaient  l'objet,  ils 
obtinrent  une  constitution  qui,  sous  la  forme  d’une  ordon- 
nance royale,  était  une  vraie  constitution  civile  du  culte  Israé- 
lite. Ce  document,  daté  du  2o  mai  18U,  fixa  peu  l’attention 
publique.  Peu  de  personnes  semblèrent  comprendre  la  por- 

' VoirDrach,  ci-dessus,  elles  Arch.  iiraél.,  n°  Y,  p.  Î08,  etc.,  1868. 
Id.  Le  P.  Ratisbonne,  Question  juive,  p.  *0,  186i». 


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74 


LES  JDIFS. 


tée  immense  d’une  organisation  qui  plaçait  le  judaïsme  sous 
l'autorité  directe  et  immédiate  du  ministre  chrétien  chargé 
du  départentent  des  cultes  en  France...  Il  suffit  de  jeter  un 
coup  d'œil  sur  les  principales  dispositions  de  cette  ordon- 
nance royale  pour  y*  reconnaître  les  atteintes  profondes 
qu’elle  portait  aux  traditions  et  h la  hiérarchie  de  la  syna- 
gogue. Ainsi  on  statue  que  la  religion  des  Israélites  français 
aurait  désormais  son  foyer  à Paris.  Un  consistoire  central 
composé  de  laïque»,  et  placé,  comme  le  saint  synode  de 
Russie,  sous  les  mains  du  gouvernement,  dirigt  le  tp  rituel 
et  le  temporel  du  culte;  il  peut  être  dissous  par  une  ordon- 
nance, et,  dans  ce  cas,  les  rênes  de  la  Synagogue  sont  con- 
fiées ’a  une  administration  provisoire  formée  par  le  ministre. 
Au-dessous  de  ce  consistoire  suprême  sont  placés  des  con- 
sistoires départementau.v,  qui  rendent  compte  de  leur  gestion 
aua- préfets!  » Et  la  même  constitution,  sauf  quelques  chan- 
gements, étant  appliquée  par  ordonnance  du  9 novembre 
1845  aux  Israélites  de  l’Algérie,  il  en  résulte  que  dans  cette 
colonie,  soumise  au  régime  militaire,  « l’administration  du 
culte  mosaïque  se  trouve,  de  fait,  dans  les  altrihutiuiis  du 
ministre  de  la  guerre!  Ainsi  est-ce  un  général  d’armée 
(chrétienne)  qui^xerce  sur  la  synagogue  algérienne  la  su- 
prématie que  le  grand  prêtre  exerçait  à Jérusalem  ! » 

Et  CCS  consistoires  qui  « élimineiu  autant  que  possible  les 
rabbins,  se  recrutent  parmi  les  négociants,  les  avocats,  tes 
artistes  et  les  riches  quels  qu’ils  soient,  tous  très-honorahics 
sans  doute,  et  nous  admettons  qu’ils  soient  versés  dans  l'é- 
tude des  sciences  humaines-,  mais,  en  général,  ils  sont  com- 
plètement étrangers  aux  études  théologiques  et  aux  offices  de  la 
synagogue!  » 

« Cette  organisation,  si  contraire  à l’esprit  et  à la  lettre  de 
l’Ancien  Testament,  eut  pour  résultat  la  sécularisation  com- 
pléledela  religion  juive.  Le  judaïsme,  absorbé  daiu  l'élément  poli- 
tique, se  trouve  désormais  régi  comme  une  simple  branche 
d’administration  civile.  Mais  les  Israélites, /ascimfs  de  plus  en 
plus  par  la  protection  officielle  dont  ils  se  virent  l’ohjct. 


CHAPITRE  TROISIÈME. 


76 


s’applaudirent  de  cette  étrange  situation,  qu‘ih  appelaient  un 
progrèt,  et  ils  ne  voulurent  pas  comprendre  que  l'appui  hu- 
main est  une  base  bien  fragile,  surtout  dans  un  temps  où  la 
société  tout  entière  est  en  proie  k de  perpétuelles  vicissi- 
tudes » 

CONCLUSION. 

Aujourd'hui  donc,  et  sous  l’œil  de  la  civilisation  moderne, 
avec  ces  rabbins  sevrés  de  toute  autorité  légitime  et  dé- 
nués de  tout  prestige  ; avec  ce  faux  sacerdoce,  où  vous  cher- 
chez en  vain  le  prêtre  ; avec  ce  conseil  consistorial  ou  apo- 
stolique qui  se  compose  de  laïques,  et  que  fonda  naguère  un 
sanliédiïn  privé  de  l’iin  de  ses  éléments  essentiels,  l'élément 
sacerdotal  ; en  un  mot , avec  cette  organisation  qui  semble 
être  un  déli  a la  nature  des  choses , un  renversement  rai- 
sonné de  toute  raison , et  qui  tient  la  religion  juive  sous  la 
dépendance  d'un  pouvoir  profane  et  chrétien,  il  faut  que 
cette  religion  des  traditions  pharisaïques  s’efface;  il  faut 
qu’elle  disparaisse,  ou  bien  il  faut  qu’elle  s’engage  avec  har- 
diesse, et  contre  tous  scs  principes  d’immobilité,  dans  les 
voies  du  progrès,  ainsi  que  la  parole  du  sanhédrin  de  Napo- 
léon 1"  fit  supposer  au  peuple  français  qu’elle  s’y  était  en- 
gagée. 

En  d’autres  termes,  il  faut  pour  accomplir  ce  prodige  et 
rester  juive,  que  la  religion  rabbinique  remplace  de  toutes 
parts  par  d'autres  croyances  et  par  d’autres  mœurs  les 
croyances  et  les  mœurs  qu'elle  a fondées;  il  faut  qu’elle 
progresse  en  rétrogradant  jusqu’h  Moïse  et  jusqu’aux  pro- 
phètes, ce  qui  équivaut  k déclarer  qu’il  lui  faut  se  réfugier 
dans  le  vestibule  même  de  la  religion  du  Christ.  Et  c’est 
alors,  et  c'est  là,  que  faire  un  mouvement  sans  frapper  k la 
porte  de  l’Église,  sans  s’y  heurter,  sans  l'enfoncer  pour  s’y 
perdre  en  s’y  transformant,  lui  devient,  quels  que  soient 
les  prodiges  de  son  habileté,  le  tour  de  force  le  plus  impra- 
ticable. 

* Question  juive , par  le  R.  P.  Rati?bonne,  Israélite  converti,  p.  18 
à 10.  Paris,  1868. 


76 


LES  JUIFS. 


Mais  lorsque  nous  parlons  des  énormités  de  cette  ortho- 
doxie judaïque,  qui  disparait  presque  entièrement  de  notre 
France  et  que  l’Occident  commence  à honnir,  nous  ne  sau- 
rions être  compris  si  d'abord  nous  ne  faisions  connaître  et 
comprendre  ce  que  c’est  que  le  ïalmudi 


CHAPITRE  QUATRIÈME. 

LE  TALMCD. 

La  cause  de  la  haine  et  du  mdpris  des  peuples  pour  le  Juif  est  dans  le 
Talmud.  — Le  Talmud  est  le  code  religieu),  du  Juif.  — Qu’esl-co 
que  ce  code?  — Qui  n’a  la  clef  du  Talmud  ne  pi-ul  déchilircr  le 
mystère  du  Judaïsme.  — Devant  le  Talmud,  ou  la  loi  orale  et  tra- 
ditionnelle, la  loi  de  Moi.se  s’efface.  — Quiconque  viole  celte  loi, 
celte  oeuvre  pbarisaïque  des  rabbins,  mérite  la  nioit  sans  jugement. 

— L’ortbodoxie  d'Israël  ébranlée;  ré» elle  contre  le  Talmud.  — Juifs 
qui  n’ont  jamais  lalniudisé  : découverte;  Juif  conleiiipleur  du  lal- 
mud.  — Mot  de  M.  Renan.  — Le  Talmud  frappé  de  réprobation  et 
brûlé  par  les  rois  cl  par  les  papes,  gardiens  de  laci»ilisalion.  — Le 
Talmud  étudié  en  lui-mème  çl  ré'élé  par  des  bouches  judaïques. 

— Scélératesse,  cynisme  cl  turpitude  de  ce  code  si  cher  à Juda.  — 
Ses  absurdités.  — Il  place  Dieu  au-dessous  des  rabbins  — Obligés 
de  supprimer  les  passages  qui  révoltent  les  chrétiens,  les  Juifs  les 
laissent  en  blanc  et  les  enseignent  de  biiu  be.  — Déloyauté  de  ces 
orthodoxes.  — Us  sont  a le  noyau  indestructible  de  la  nation,  s — 
Duel  à mort  entre  les  doctrines  talmudiques  et  la  civilisation,  qui  ne 
sera  sauvée  que  lorsque  la  conscience  du  Juif  sera  reconstruite  sur 
un  autre  plan,  car  le  Talmud  est  l'expression  même  de  la  Synagogue; 
il  contient  la  doctrine  cabalistique  i qui  est  le  dogme  de  la  haute 
magic  >. 

■ ('eux  qui  trouvent  le  |>rincipe  Je  la  dégradaiton  du 
ptuplr  ei  de  l’état  boxtile  uù  il  est  enver»  lous  Us 
autres  pruples^  dans  sa  relip,>on , insocinhie^ 

et  qui  roDtvidéreQt  ses  niaUieurs,  et  même  ses  vices, 
comme  le  châtiment  d'un  graud  crime  et  racconiplitse- 
tnciit  d’uD  lerrib  e aaailièine,  cciix*la  pensent  que  la 
correction  des  vices  doit  précéder  le  cliaDj;ement  de 
l’éiai  politique;  c’esi>à-dire , pour  )>arler  clairement, 
que  les  Juifs  ne  peuvent  pas  être,  et  uiénie,  quoi  qu'on 
faue,  ne  setont  jamais  cilo)ens  sous  le  christianisme, 
sans  devciiir  chrétiens  K • Üe  Üo.'sali>. 

Quel  est  donc  le  livre  sacré  par  excellence , le  code  de 
celle  religion  insociable,  source  de  la  dégradation  cl  des 
vices  du  peuple  juif,  source  de  la  haine  et  du  mépris  des 

' Juifs,  ilélanges,  v.  11,  Œuvres,  XI,  p.  269;Paris,  1819. 


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CHAPITRE  QUATRIÈME.  77 

nations  qui  l'hébcrgent?  Serait-ce  par  hasard  la  loi  de  Moïse? 
Car  l’article  vu  du  Credo  des  Juifs  nous  dit  ; « L’égal  de 
Moïse  n’a  jamais  paru  dans  Israël!  » Non;  ce  ne  fut  point 
et  ce  ne  peut  être  cette  loi  dont  le  règne  fut  la  gloire  des 
descendants  de  Jacob  ; cette  loi  qui,  dans  l’échelle  de  la  ci- 
vilisation, assura  le  premier  rang  aux  Israélites  entre  les 
premiers  peuples  de  l’ancien  monde.  Et  déjà  nous  savons 
par  cœur  que  si  le  Juif  élève  au-dessus  de  tout  homme  la 
personne  de  Moïse,  la  loi  mosaïque  n’est  nullement  pour  le 
Juif  la  première  des  lois.  Peut-être  donnera-t-il  ce  nom  et 
ce  rang  aux  tradicions  qu’il  prétend  avoir  reçues  de  Moïse; 
mais  ces  traditions,  qui  sont  l’œuvre  et  le  trésor  pharisaïque 
de  ses  rabbins,  sont  fausses.  Nous  venons  d’entendre  le 
Christ  les  flétrir  à la  face  du  monde;  et,  depuis  la  mort  de 
l’Homme-Dieu,  l’audace  des  rabbins  les  a multipliées  sans 
mesure.  Ce  sont  elles  qui  souillent  et  déshonorent  l’œuvre 
indigeste  du  Talmud,  pour  lequel  nous  semblent  écrits  de- 
puis des  siècles  ces  deux  célèbres  vers  : 

Ut  lurpiler  atrum 

Desinat  in  piscem,  millier  formosa  supcrne. 

Ars  poet.,  v.  3-4. 


Le  Talmud  ! il  ne  faut  donc  |)oint  croire  que  ce  monstre 
atroce  soit  sans  beauté.  Non!  disons-le  vite,  et  n’ayons  plus 
à le  redire  ; Si  son  corps  est  hideux,  si  ses  replis  sont  ceux 
d’un  immonde  et  dégoûtant  reptile,  sa  tête  n’est  point  sans 
noblesse,  son  buste  n’est  point  sans  attraits;  il  a,  mais  sur- 
tout pour  l’œil  et  pour  l’oreille  du  Juif,  les  charmes  attrac- 
tifs et  irrésistibles  de  la  sirène. 

Le  Talmud  ! ce  corps  de  sciences  et  de  préceptes  reli- 
gieux, d’absurdités  colossales  et  de  turpitudes  sans  nom,  on 
s’essaye  encore  à le  vanter;  mais,  dans  les  pays  les  plus  ci- 
vilisés, on  a l’esprit  d’en  déguiser  les  folies  et  les  fureurs; 
on  commence  à proscrire  renseignement  de  ses  immorali- 
tés; on  ose  enfin  s’écarter  de  ses  fatales  doctrines,  devenues, 
depuis  le  Christ  jusqu’à  nos  jours,  la  seule  et  véritable  orlho- 


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78 


LES  JUIFS. 


doxie  judaïque.  Mais  elle  est  ébranlée,  elle  est  fortement  en- 
tamée celte  orlhodoxie  ! La  prodigieuse  immobilité  d’israèl 
a donc  cessé  d'être  ! 

Cependant,  que  le  Juif  marche  ou  s’arrête,  disons-le  du 
ton  dont  se  dit  une  chose  certaine  : la  clef  du  judaïsme, 
c'est  le  Talmud,  et  qui  ne  sait  ce  que  c’est  que  le  Talmud 
est  radicalement  incapable  ou  de  déchiffrer  l'histoire , ou 
de  pénétrer  les  mystères  de  Juda.  Quel  est  donc  ce  sphinx 
ï tète  de  Janus  dont  la  bouche  sourit  et  déchire?  Mais  toi, 
fils  de  Jacob,  que  nous  en  diras-tu? 

« Ceux  qui  ont  voulu  faire  considérer  le  Talmud  comme 
la  teconde  toi  des  Juifs,  réplique  ’a  notre  apostrophe  M.  Bé- 
darride,  ont  pu  imaginer  ce  fait,  qui  ne  repose  sur  rien  de 
sérieux  » 

En  effet,  le  Talmud , celte  œuvre  rabbiuique  sur  laquelle 
l'avocat  juif  Uédarride  nous  donne  ici  le  change,  et  dont  il 
infinne  la  valeur  orthodoxe,  n’est  nullement  la  seconde  loi 
des  Juifs  -,  il  est  dans  leur  âme  la  première  , celle  qui  do- 
mine et  qui  écrase  toute  autre  loi  * . El  quelle  vérité  plus 
triviale  dans  le  judaïsme?  Les  talmudisles  nous  euseignent, 
en  effet,  que  l’étude  du  Talmud , c’ est-h-dire  de  la  loi  orale 
et  des  tradiiiom  rabbiniquet,  l’emporte  sur  celle  de  la  Bible, 
et  qu’il  y a plus  de  mérite  h se  livrer  h la  première  qu’a  la 
seconde.  Cette  vérité  traîne  h l'état  de  maxime  v;ulgairc  dans 
la  Synagogue  : « .Mon  fds,  fais  attention  aux  paroles  des 
Scribes  (c’est-à-dire  des  rabbins,  ou  des  docteurs  de  la 
loi),  plutôt  qu’aux  paroles  mêmes  de  la  loi , car  les  sages 
ont  surpassé  les  prophètes  en  excellence!  » Et  le  rabbin 
Isaac  Abnab  nous  enseigne , dans  le  livre  Hamida  Golab, 
que  le  fondement  de  la  religion  juive  est  la  loi  orale,  ou  la  tra- 
dition des  Pères,  et  non  la  loi  écrite  par  Moïse.  « C’est  en  consi- 
dération de  la  loi  orale  que  Dieu  fil  alliance  avec  Israël, 
ainsi  qu’il  est  écrit  : Abrahanel  et  les  maîtres  les  plus 

* /b..  Les  Juifs  en  France,  etc.,  p.  39,  1861. 

^Quoique  la  .Miscima.  première  pariie  du  Talmud,  signifie  la  se- 
conde loi , la  deulérose.  Voir  plus  bas. 


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CHAPITRE  QUATRIÈME.  79 

estimés  de  la  Synagogue  ont  soutenu  la  meme  opinion.  La 
loi  orale,  contenue  dans  le  Talmiid,  a éclairci  les  difficultés 
de  la  loi  mosaïque,  nous  disent-ils,  et  elle  en  a comblé 
les  lacunes.  Tous  ceux  qui  disent  quelque  chose  de  contraire 
h l’enseignement  des  maîtres  de  la  Synagogue  seront  jetés 
au  feu  de  l’enfer.  Enfin  les  rabbins  enseignent  que,  s’il  se 
rencontre  dans  ce  livre  quelque  chose...  qui  surpasse  l'in- 
lelligence,  on  doit  s’en  prendre  à la  faiblesse  de  l’enten- 
dement humain;  car,  en  le  méditant  profondément,  on 
remarque  que  le  Talmud  ne  contient  que  la  pure  vérité'.  » 

En  conséquence,  « ceux  qui  violent  les  préceptes  des 
Scribes  (rabbins)  doivent  être  punis  plus  sévèrement  que 
ceux  qui  violent  la  loi  de  Moïse;  l’infracteur  de  la  loi  de 
Moïse  peut  être  absous,  absolut  potest;  mais  le  violateur  des 
préceptes  des  rabbins  doit  être  puni  de  mort  : morte 
moriatur'. 

a La  loi  donnée  par  Moïse  au  peuple  hébreu  n'est  donc 
qu'en  apparence,  aujourd’hui,  la  loi  des  Juifs.  Elle  a disparu 
dans  les  commentaires  ; et  le  Talmud , c’est-à-dire  le  Hure 
qui  a te  plut  d’autorité  cbez  ce  peuple),  se  compose  de  la 
Mischna,  qui  est  le  texte,  et  de  la  Ghémara,  qui  en  est  le  com- 
mentaire. Leur  réunion  forme  le  corps  complet  de  la  doctrine 
traditionnelle  et  de  la  religion  L » Ces  choses  dites,  comment 
ne  point  prêter  l’oreille  aux  paroles  élogieuses  que  ne 
peuvent  aujourd’hui  même  se  défendre  d'adresser  à ce  livre 
sacré  les  champions  principaux  de  la  religion  juive  ? 

« Le  Talmud  n’est  pas  seulement  le  code  civil  et  ecclésias- 


* Surenhusius,  Mischna,  partie  iv,  et  Lent.  De  moderna  lheul.  He- 
brœorum.  — Rupert,  Synag.,  p.  16,  Paris,  1889.  — Essais  hisl.  et 
erit.  sur  les  Juifs,  l.  1,  p.  7Ü;  Lyon,  1771,  etc. 

^E.  H.,  t.  III,  ord.  4,  tract.  4,  dist.  10,  p.  Î97.  Lucius  Ferrari, 
Prompta  biblioth.;  et  voir  Maimonide,  chap.  V'e^  tsarihh  lo  gue- 
dhim,  etc.,  etc.;  Deuxième  lettre  d'un  rabbin.  Ib.,  Dracb,  p.  33Î  ; 18Î7. 
Les  tribunaux  occultes  de  la  haute  franc-maçonnerie  ne  l’emportent 
point  en  rigueur  sur  ceux  de  ces  rabbins. 

^ A.  Laurent,  membre  de  la  Société  orientale.  Relation  historique 
des  affaires  de  Syrie  depuis  1840  jusqu’à  184S,  etc.,  en  Egypte,  en 
Syrie,  rtc.,t.U.  p.  381;  Paris,  1846.  — Rohrbacher,  Hist.  universelle 
de  t Eglise,  t.  XV,  lire  p.  481 , rtc.,  4881  ; t.  V,  p.  67,  78,  etc.,  1880. 


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80 


LES  JUIFS. 


tique  du  judaïsme,  nous  dit  dans  la  capitale  même  de  la 
France  l’organe  de  l’orthodoxie  actuelle;  mais  il  est  une 
oeuvre  de  haute  importance  pour  tout  savant...  On  ne 
saurait  nier  que  les  auteurs  du  Talmud  ont  bien  mérité  des 
Juifs.  Les  principes  de  morale  contenus  dans  le  Talmud 
ont  produit  chez  les  Juifs  une  telle  sobriété,  une  telle 
abondance  de  sentiments  de  générosité,  de  ferveur  et  de 
chaleur  pour  la  religion,  la  vertu  et  la  bienfaisance,  que 
tout  observateur  impartial  de  la  vie  israélite  ne  saurait 
méconnaître  l’importance  de  cette  grande  œuvre,  et  que  tout 
pfiilmühropc  regrette  profondément  qu’on  ait  injustement  nié 
ça  et  la  la  valeur  de  cette  œuvre  '.  » 

Que  si  la  hardiesse  de  ces  louanges  nous  cause  un*  certain 
frisson  d’étonnement,  essayons  de  nous  tourner  un  instant 
versM.  le  grand  rabbin  Trenel,  directeur  du  séminaire  rab- 
binique,  celui  (jue  nous  entendions  tout  a l’heure  porter 
si  haut  la  vertu  de  ces  Pharisiens  que  llagellait  la  parole  du 
Christ,  et  qu’il  appelle  « les  dignes  et  austères  représen- 
tants de  la  pensée  et  du  sentiment  israélite  1 » 

Le  Talmud  « a eu  de  tout  temps  des  détracteurs  violents 
et  des  apologistes  passionnés.  Pendant  deux  mille  ans  il  a 
été,  et  il  est  encore,  un  objet  de  vénération  pour  les  Israélites, 
dont  il  est  le  code  religieux.  D’autre  part,  il  a servi  souvent 
de  texte  aux  renégats  et  autres  calomniateurs  de  notre  culte, 
qui  ont  puisé  dans  cet  arsenal  des  armes  pour  nous  com- 
battre. La  vérité  commence , grâce  â Dieu , à se  faire  jour, 
et  les  derniers  murmures  de  l'intolérance  sont  couverts  par 
la  voix  d’une  saine  critique...  *.  » Rien,  ce  nous  semble,  ne 

‘ Univers  israélite^  XII,  p.  568,  570,  août  1866. 

2 Univers  israélite,  p.  452,  juin  4867.  Sera-t-il  permis  de  dire,  che- 
min faisant,  que  le  Talmud  est  le  code  suprême  de  la  suprême  intolé- 
rance, admirablement  pratiquée  par  ses  disciples?  Et  c’est  là  ce  quTs- 
raël  lui-même  va  nous  apprendre! 

Le  même  grand  rabbin,  directeur  du  séminaire  rabbinique,  nous 
dit  : « Le>  rt^lacleurs  de  cet  immense  recueil  n’ont  pas  écrit  l’histoire 
à la  façon  du  Père  Loriquet  (Jésuite),  qui  gratifie  Napoléon  du  litre  de 
lieuienant  général  des  armées  de  Louis  XVIII  et  oublie  de  parler  de 
la  Hévolution  française.  » Ib.,  p.  453.  Si  ce  panégyriste  des  Pharisiens 
était  un  homme  sérieux,  il  écrirait  autrement  ^lu^toire;  il  commence- 


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CHAPITllE  QUATRIÈME.  Kl 

manque  à ce  pieux  hommage,  et  le  représentant  de  la  ligue 
contraire  ii  l’orthodoxie,  c’est-a-dire  l’organe  du  protestan- 
tisme en  Israël , nous  tient,  ‘a  son  tour,  sur  le  Talinnd  , un 
langage  contre  lequel  sa  qualité  d’homme  du  progrès  le  met 
lui-même  en  opposition  fréquente  et  flagrante.  Mais  nous 
reproduirons  scs  paroles  sans  commentaire  : 

« L’immense  compilation  de  Ravina  et  de  Rav  Aschi  s’est 
répandue  parmi  les  Juifs  avec  une  ra[iidité  presque  mira- 
culeuse; elle  fut  acceptée,  dès  son  apparition,  comme  l’ex- 
pression vraie  et  sincère  de  la  loi  traditionnelle.  De 
nombreuses  écoles,  où  le  Talmud  fut  l’objet  de  l'élude  la 
plus  respectueuse,  surgirent  tout  d’un  coup  en  Orient  et  en 
Occident;  scs  décisions  casuistiques  furent  acceptées  pur  toutes 
les  communautés,  et  celte  triple  barrière  élevée  par  les  rabbins 
de  la  Palestine  cl  de  la  Babylonie  autour  de  la  Thura  (loi 
écrite)  ne  rcncon'ra  pas  un  seul  téméraire  qui  voulût  ta  franchir. 
Comment  se  lit  cette  transmission,  il  serait  dillicile  de  le 
dire;  mais  le  fait  est  que  l’œuvre  éclose  sur  les  bords  de 
l’Euphrate  fut,  en  un  instant,  entre  les  mains  des  Juifs  qui 
habitaient  les  bords  du  Rhin,  du  Danube  et  de  la  Vistulo.  » 
« L’attachement  des  Juifs  pour  le  Talmud  devait  natu- 
rellement signaler  cette  œuvre  gigantesque  'a  l’altenlion  de 
leurs  ennemis...  Le  Talmud  devint  le  bouc  émissaire 
chargé  de  toules'Ies  iniquités;  on  attribua  a sou  enseigne- 
ment tous  les  vices  et  tous  les  crimes  dont  on  accusait  les 
Israélites;  et  l’on  répandit  sur  les  principes  qu’il  contient 
d’épouvantables  calomnies,  suivies  bien  souvent  de  nom- 
breu.x  massacres'.  « Massacres,  hélas!  dont  ta  vérité  sur  le 
Talmud,  qui  va  se  révéler  ’a  nous  page  à page,  n'expliquera 
que  trop  clairement  la  cause! 


rail  par  lire  les  prétendus  passages  ([u’il  critique,  et  ne  répéterait  pas 
de  conGancc  une  farce  aiitijésuitique  qui  devint  la  confusion  de  scs 
auteurs,  et  dont  le  mensonjje  fut  si  pub  iquemenl  réfuté.  Mous  le  ren- 
vovons  entre  aulres  au  volume  des  Erreurs  et  mensonges  historiques 
de  M.  Ch.  Barthélemy,  p.  260,  etc.;  1863,  Paris,  Blériot,  35,  quai  des 
Augu.stins. 

* Lazard,  rabbin.  Archives  Israélites,  XII,  p.  5i4-5,  15  juin  1867. 

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Xî  I.ES  JCIKS. 

« Enivrés  par  les  effluves  de  la  liberté,  nous  dit  le  rabbin 
(|iie  nous  eilons,  ceux  que  l'on  appelait  les  réformateurs  vou- 
laient se  débarrasser  d’un  seul  coup  de  toutes  les  entraves; 
et  le  Talniud , qui  de/mis  son  apparition  avait  joui  d’une 
autorité  inroulestée,  fgi  dédaij;né  et  repoussé.  Quelques 
Israélites,  liers  d’avoir,  au  sortir  du  Gbetto',  pénétré  dans 
les  salons  dorés,  ne  crai^'nirent  pas  de  rendre  le  Talmud 
responsable  de  leurs  souffrances.  » 

Voici  donc,  en  Israël,  un  mouvement  hostile  au  Talmud; 
et  voici  que,  tout  'a  coup,  le  même  mouvement  se  manifeste 
sur  les  points  les  plus  éloignés  les  uns  des  autres.  « En 
revenant  de  la  municipalité  de  l’esth , écrit  un  voyageur 
isiaélitc , j’ai  passé  devant  la  synagogue  de  cette  ville. 
L'émancipation  et  le  bien-être  des  Juifs,  qui  grandit  >«r- 
iiellement  ici  comme  dans  presque  toutes  leswntrèes  de  l’Europe, 
leur  ont  procuré,  aussi  bien  dans  les  fonctions  publiques 
que  dans  la  vie  scientifique  et  sociale , une  influence  qui,  en 
maintes  localités,  équivaut  \ la  slphématie.  Quoique,  comme 
il  est  notoire,  l'antique  code  de  Moïse  et  le  Talmud  stricte- 
mont  orthodoxe,  spécialement  dans  rEurojie  occidentale,  ne 
soient  plus  du  goût  de  ses  adhérents  modernes,  et  qu’un  grand 
schisme  se  soit  élevé  entre  les  orthodoxes  et  les  réfractaires, 
cependant  les  deux  partis  n'ont  pas  manqué  de  s’entendre 
sur  certains  points,  et  de  pourvoir  ensemble  avec  libéralité 
aux  fonds  nécessaires  a l’érection  d’un  temple  magnifique 
à Pestli*.  » 

C’est-à-dire,  en  définitive,  que  la  loi  de  .Mo'ise  n’est  plus 
et  que  le  Talmud  succombe,  et  c'est  là  ce  que  nous  devions 
observer.  Que  nous  importe,  lorsque  nous  aurons  constaté 
ce  phénomène,  si  des  temples  somi>tueux,  si  des  sé|iulcres 
l.lancbis  et  qui  ne  couvrent  que  le  néant,  continuent  de 
.s’élever  sous  des  mains  judaïques!  Ces  mains  souvent  dis- 
cordantes se  réunissent  pour  re|iousscr  le  Talmud,  voilà  le 

' Ib  547.  6’/ie(to,  quiirticrdecprtaines  villes  affecté  à la  résidence 
des  Juifs;  voir  plus  bas,  ctiap.  ix. 

- ,1rcliives  Israélites,  Xlil,  p.  563,  1866. 


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CHAPITRE  QUATRIÈME.  83 

fait-,  et,  le  Talmud  repoussé,  le  Juif  devienl  abordable,  sa 
suprématie  se  fonde,  il  cesse  de  faire  peur  et  horreur.  En 
un  mot,  la  décadence  de  son  orthodoxie  talmudique  devient 
la  cause  et  l’aurore  de  sa  pré|>ondérance  sociale. 

Mais  certains  coins  de  la  terre  ne  conservaient-ils  point, 
outre  les  Juifs  Caraïtes  do  notre  connaissance,  quelques 
autres  descendants  de  Jacob,  tenus,  ce  semble,  en  réserve 
pour  protester  un  beau  jour  contre  le  Talmud , et  bâter, 
sous  le  coup  de  leur  parole  judaïque,  la  chute  de  ce  mons- 
trueux despote?  Écoutons  : Au  delà  du  lac  Pathé  et  de 
riraouaddy,  dans  le  Céleste  Empire,  un  voyageur  israé- 
lite  nous  signale  la  découverte  de  certains  Juifs  chi- 
'nois,  et  nous  transmet  quelques  bribes  de  sa  conversa- 
tion avec  ces  sectateurs  inattendus  de  Moïse  dont  la  bouche 
traite  d’une  manière  assez  piquante  la  légitimité  du  Tal- 
mud : 

Lk  Juif  vovACEun,  M.  Stempfel.  « Vous  ne  vous  distinguez 
pas  sensiblement  par  vos  croyances  de  vos  frères  de  l’Occi- 
dent.^ 

Le  Juif  chinois.  Vous  pourriez  bien  vous  tromper;  et, 
d’abord,  nous  n’admettons  pas  le  Talmud  comme  code 
religieux. 

Le  Juif  votageüh.  Dans  ce  cas,  vous  ii’êtes  pas  des 
Israélites. 

Le  Juif  chinois.  Et  pourquoi  donc? 

Le  Juif  voyageur.  Parce  que  j’ai  visité  les  Israélites  de 
France,  de  Pologne,  de  Turquie,  d’Afrique,  et  que  je  n’en 
ai  jamais  vu  qui  ne  crussent  pas  ô la  valeur  religieuse  de  ce 
livre  que  vous  rejetez. 

Le  Juif  chinois.  Mais  il  y a des  Israélites  que  vous  n’avez 
pu  voir,  et  qui  ne  connaissent  même  pas  ce  livre  de  nom. 
Ceux  qui  habitaient  la  Palestine,  depuis  Josué  jusqu'à  Sédé- 
cia.',  et  qui  ont  reçu  directement  les  leçons  de  Josué,  de 
Samuel,  d’Élie,  d'Élisée  et  d'Isaïe  1 

Le  Juif  voï.ageur.  Et  comment  savez-vous  qu’ils  ne  con- 
naissaient pas  le  Talmud?  car  les  traditions  dont  ce  livre 

6. 


84 


LKS  JUIFS. 


n’esl  que  le  registre  « ont  eu  de  tout  temps  cours  en  Israël, 
pui.s(|u'clles  ont  déjit  été  communiquées  à Moïse  au  jour  de 
la  révélation.  Abraham  même  les  connaissait  : le  Talmud 
raconte  que  ce  palriaiclie  possédait  quatre  cents  volumes 
qui  traitaient  de  .Mtodasarali. 

Le  Juif  chinois.  .Mais,  vous  n’y  pensez  pas,  b coup  sûr. 
Eh  quoi!  vous  cherchez  vos  preuves  dans  le  livre  même 
dont  l’autorité  est  maintenant  en  question!...  Soyez  bien 
|>ersuadé  que  si  vos  traditions  talmudiques  avaient  été  con- 
nues de  nos  ancêtres  palestiniens,  il  s’en  trouverait  des  traces 
parmi  nous,  (|ui,  jiour  ainsi  dire,  sommes  arrivés  de  (iha- 
iiaan  jusqu’ici  sans  que  des  persécutions  aient  jamais  mo- 
difié nos  mœurs  religieuses'.  « 

Ce  récit  n’est  que  peu  flatteur  sans  doute  pour  la  tradition 
talmudique;  mais,  de  quelque  époque  et  de  quelque  côté 
que  soit  arrivé  le  Talmud,  écoutons  ce  que  ne  craignent  plus 
aujourd'hui  d'en  publier  les  Juifs  amis  du  progrès,  les  Juifs 
réformistes,  et  demandons-nous  en  quoi  dilVère  leur  langage 
de  celui  de  scs  plus  francs  contempteurs  : 

« On  sait  que  dans  la  capitale  de  l’Autriche  nos  core- 
ligionnaires ont,  depuis  quarante  ans,  organisé  splendide- 
ment le  culte...  La  synagogue  de  Vienne  passait  dans  toute 
l’Europe  pour  un  modèle  de  dignité,  de  bon  goût  et  de 
.progrès,  pour  une  perfection.  Eh  bien,  tout  cela  ne  sullit 
plus  aujourd'hui;  tout  cela  est  jugé  insnflisant,  mesquin, 
condamné  comme  arriéré,  comme  indigne  de  l'esprit  du 
siècle. 

« Une  feuille  juive  de  cette  ville,  la  Neuseit,  a publié 
récemment  une  série  d'articles  intitulés  ta  Réaction  dans  ta 
communauté  de  Vienne,  dans  lesquels  on  ue  se  borne  pas 'a 
critiquer  le  culte,  mais  à attaquer  violemment  la  vie  israé- 
lite  tout  entière,  le  Talmud,  le  Schoulchan  Aroucli,  tes  tra- 
ditions... L’auteur  livre  non-seulement  le  judaïsme  pnitiipie 
et  les  enseiynements  du  Talmud  à la  risée  et  au  mépris  du  publie 

' A.  Stt'mpfi‘1,  Quatrième  lettre,  Extrême  Orient,  Arch.  hra-l., 
p.  Î4  à 46,  1,  t'rjanvicr  t868. 


CHAPITRE  QUATRIÈME.  8:> 

juif  ot  chrétien,  mais  il  fait  malhcurciisemeiit  plus;  il  in- 
sinue que  la  famille  israélite  (léj'énère  nwrniemeiit , montre 
un  affaiblissement  visible  du  sentiment  d'honneur,  une  absence 
totale  (le  toute  suceptibilité  pour  tout  ce  (|ui  louche  au 
Kidotiscb  et  au  Hilloul  Hasebem,  enlin  une  décadence  com- 
plété. Il  accuse  nos  lois  religieuses  de  pousser  un  nombre  con- 
sidérable d’Israélites  dans  les  bras  de  l'apostasie...  Il  parle 
comme  les  missionnaires  ' ! » 

Voici  donc  le  judaïsme  enlin  mis  ’a  nu  par  les  Juifs  eux- 
mêmes,  couvert  d'ignominie  par  les  siens  s’il  reste  dans 
la  fange  sanglante  du  Talmud;  et,  de  plus,  — ouvrons  les 
yeux,  — le  voici  (pii  re(;oit;i  la  face  du  inonde  ce  soufTlel  de 
la  main  de  M.  Renan,  son  auxiliaire,  le  bourreau  de  l’clcr- 
nelle  divinité  du  Christ  : « Insociable,  étranger  partout,  sans 
patrie,  sans  autre  intérêt  que  ceux  île  sa  secte,  le  Juif  talmudisie, 
nous  dit  ce  publiciste  antichrélien , a souvent  été  un  (léau 
pour  les  pays  où  le  sort  l’a  |MirtéM  » 

Quel  judaîsant  ou  quel  philosophe  osera  soutenir  avec 
M.  Bail  après  de  tels  aveux,  et  ce  ne  sont  point  les  meil- 
leurs, que  « la  perversité  (des  Juifs)  n’est  ni  dans  leur  mo- 
rale ni  dans  leur  loi’?  » Et  quel  homme  doué  de  qucl(|ue 
sens  se  permettra  désormais  de  condamner  les  empereurs, 
les  rois  et  les  papes  d’avoir  lancé  l’anathème  contre  le 
Talmud , d’avoir  ignominieusement  jeté  dans  les  flammes 
ce  livre  monstrueux  de  la  loi  judaïque*? 

Entre  ces  souverains,  saint  I.ouis  ordonne  que  le  Talmud 
sera  brûlé,  « et  que  les  Juifs  qui  refuseront  d’obéir  à cette 
ordonnance  seront  forcés  de  le  faire,  ou, punis  selon  la 

* Univers  israélite,  IV,  p.  I.SÎ,  décpmbrc  1866. 

2 Archives  israeliles,  XII,  p.  531,  13  juin  1868. 

3 Les  Juifs  au  dix-neuvième  siècle,  deuxieme  édition,  p.  19;  Paris, 
1816. 

‘ Justinien,  Saint  Louis,  Clément  VIII,  Jules  III,  Paul  IV,  Pie  V,  etc. 
« La  frayeur  que  le  Talmud  inspirait  était  grande  » et  légitime,  ajou- 
tons-nous. Lire  cette  nomenclature  et  les  réflexions  qui  raccnnqia- 
gnent.  Archives  israeliles,  V,  p.  218,  etc.,  I''  mars  1868;  et  lire  le 
Dict.  encyclopédique  de  la  théologie  catholique,  par  les  savants  docteurs 
de  l’Allemagne,  t.  XII,  p.  4i2,  etc.,  1861. 


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86 


LES  JUIFS. 


rigueur  des  lois.  » Celte  condamnation  du  livre  sacré  arrache 
aux  Juifs  les  plus  bruvantes  et  les  plus  lamentables  do- 
léances; mais  le  pouvoir  protecteur  de  la  civilisation  chré- 
tienne tient  bon  contre  leurs  elTorts;  et,  lorsque  les  Juifs 
stipulent  leur  retour  en  France  sous  le  règne  de  Louis  le 
Hutin,  le  traité  de  juin  1313  porte  « que  tous  les  livres  de 
la  loi  leur  seront  rendus,  h l’exception  du  Talmud',  » car  ce 
livre  est  abominable;  et  les  lettres  des  papes  HonorinslV  et 
Jean  XXll  (1286  cl  1320),  relatives  aux  scélératesses  des 
Juifs  d'.Xnglelerre  et  d’Aragon , nous  peignent  en  couleurs 
assez  vives  l’horreur  que  ces  hommes  inspiraient  aux  peuples 
civilisés.  « Nous  n’avons  pu  apprendre  sans  nous  en  affliger, 
s’écriait  l’un  de  ces  jwntifes,  que  les  Juifs,  mettant  de  côté 
l’ancienne  loi  qu.e  Dieu  leur  avait  donnée  par  son  serviteur 
Moïse,  aient  adopté  une  autre  loi  qu’ils  prétendent  tenir  du 
Seigneur,  ce  qui  est  une  fausseté,  et  qu’ils  nomment  Tal- 
mutz.  Tissu  d'innombrables  indignités,  cette  œuvre  énorme 
contient,  outre  une  multitude  d’abominations,  des  malédic- 
tions et  des  imprécations  horribles  que  les  Juifs  pertides  et 
ingrats  envers  les  chrétiens  profèrent  chaciue  jour  contre 
eux  dans  leurs  prières  et  leurs  exercices  de  dévotion.  On 
saisira  donc  ce  livre  impie*...  cl  digne  de  tous  les  ana- 
thèmes. » 

Mais  hàtons-nous  maintenant,  après  avoir  prêté  l’oreille 

* Traité  de  la  police,  4 vol.  in-fol.,  l.  I",  p.  Î82-284,  t70.'>,  ouvrage 
monumental  (te  Dclamarro. 

5 Lisez  l’œuvre  monumentale  de  Baronius,  Annales  ecclesiasticae,  etc. 
In  Angliam  Judæi...  ut  ob  graviora  scelera...  An.  lïSC,  xxiv.  Ce»  dates 
et  ees  nombres  permettent  de  ne  pas  indiipier  les  volumes  do  cet  im- 
mense ouvrage.  — Ipsi  enim  librum  quemdam...  quem  Thalmud  vu!- 
gariter  nuncupani,  abuminationes,  falsilatos,  inlidclitates  et  abusiones 
mullimodos  contineniem... 

Singulis  quoque  diebus,  in  orationibus,  vel  potius  in  execralionibus 
suis,  in  maledictionem  Chrislianoium...  prorumpunt,alianonnullacom- 
mittendo  nequissima...  fb.,  1486,  xxiv. 

Dolentes  quippe  audivimus  et  narramus  quod  Judaoi...  loge  veiori 
prælermissa,  qiiam  per  .Moysen  suum  contulit  majcslas  omnium  condi- 
toris,  qua  i dam  legem  aliam,  seu  tradiiioneni,  quam  Talmutz  vocant, 

faiso  tradidisse  üominum  confiiigunt in  cujus  amplo  volumine 

abusiones  fere  innumerabilcs,  etc...  .Maledirtiones  qu' que  gravissimæ, 
ac  imprecationes  horribiles,  quæ  ab  iisdem  Judæis  ingratis  alque  (ter- 


87 


CHAPITRE  QUATRIÈME. 

a COS  documents  et  a ces  discours,  et  remarqué  la  diversité 
de  leurs  dates,  d’étudier  en  lui-même  ce  fondement  de  la 
reli^;ion  judaïque,  et  puisons  d’abord  à une  source  où  nos 
recheiMdies  nous  ont  acquis  la  certitude  de  ne  découvrir  que 
science  et  que  vérité. 

Rabbin  français  et  converti,  M.  Dracb,  que  nous  eûmes 
l’occasion  fréquente  de  rencontrer,  de  recevoir  sous  notre 
toit,  et  de  questionner  tout  ’a  notre  aise,  avait  été  l’un  des 
brillants  élèves  de  docteurs  éminents , entre  lesiiuels  le 
célèbre  grand  rabbin  David  Sintzbeim,  le  A'aci,  c’est-à dire 
le  i befdu  grand  Sanhédrin  de  Napoléon  1",  dont  nous  venons 
d’ébaucber  l’bistoire  Or  ce  maître  éminent  nous  a <lit  : 

« Nous  qui,  par  état,  avons  longtemps  enseigné  le  Talmud 
et  expliqué  su  doctrine,  après  en  avoir  suivi  un  cours  spécial 
pendant  de  lomjues  a.iuéfs  sous  les  docteurs  israélites  les  plus 
renommés  de  ce  siècle,...  nous  en  parlerons  avec  connaissance 
de  cause  et  impartialité;...  nous  dirons  ce  ()ui  le  recom- 
mande, et  ce  qui  le  condamne...  Talmud  est  un  terme  bé- 
breu-rabbinique  signifiaut  doctrine,  élude.  11  désigne  pins 
particulièrement  le  grand  corps  de  doctrine  des  Juifs,  au- 
quel ont  travaillé  successivement,  et  a des  époques  dilfé- 
rentes,  les  docteurs  les  plus  accrédités  en  Israël.  C'est  le 
code  complet,  civil  et  reliyieux,  de  la  Synayotjue.  Son  objet  est 
d’expliquer  la  loi  de  Moïse  conformément  à l'esprit  delà  tradi- 
tion verbale’.  » De  temps  en  temps  il  se  livre  à des  digressions 
sur  l’histoire  et  les  sciences,  dont  les  érudits , et  surtout  les 
archéologues,  peuvent  tirer  un  avantageux  parti’. 

■Mais  « si  le  lecteur  judicieux  du  Talmud  a souvent  lieu  de 
s’aflliger  des  aberrations  étranyes  où  peut  tomber  l'esprit  liu- 

fidis  contra  Cliristianos  cmittuntur  quolMie  in  dicta  legc  seu  traditione 
daiiinabili  .«unt  ascripiæ...  Raronitis,  i6.,  13^0,  xxvi. 

' En  1807;  première  lettre,  Dracli,  p.  31-32,  83;  Paris,  <82.7. 

2 Ibid.  C'est  à-dire.  par  consi’qucnt,  de  la  dénaturer,  piiis(iue  ces 
traditions  sont  tucn-onitères. 

’ IJ.  B'-darride.  Les  Juifs  en  France,  etc.,  d“uxième  édition,  I8CI, 
p.  34;  A pro[)o3  de  ce  Ci'de,  les  .irchives  israélites,  revue  du  prolest  n- 
tisinc  judaïque,  nous  donnent  en  ore  le  change  par  ces  mois  : « Quant 
au  Talmud,  il  est  diflicile  do  dire  ce  que  nous  en  pensons.  Que  répon- 


88 


UÎS  JUIFS. 


main  sevré  de  la  vraie  foi  ; si  plus  d’uiie  fois  les  lurpiimtcs 
du  ei/iiùme  rubbiniqui-  j'  obligent  la  pudeur  de  se  voiler  la 
face;  si  l'K'çlisc  y est  révoltée  des  atroces  et  insensées  ca- 
lomnies que  la  liaiiie  impie  des  IMiarisiens  répand  !^r  tous 
les  (dijets  de  sa  vénération  relif’ieuse,  le  tliéolo^ieii  chré- 
tien y recueille  des  données  et  des  traditions  précieuses 
pour  l’explication  de  plus  d’un  texte  obscur  du  Nouveau 
Testament,  et  pour  convaincre  scs  adversaires  religieux  de 
l’anti()uité  autant  que  de  la  sainteté  du  dogme  catholi- 
que'. » 

Sons  le  nom  de  Talmud  , les  rabbins  désignent  fréquem- 
ment la  Glicmara  seule,  dont  le  nom  signilic  le  supplémeni 
et  comme  le  commentaire  de  la  ilischna,  c’est-à-dire  de  la 
seconde  loi  ou  deuiéroie;  étude  dont  les  rabbins  nous  en- 
seignent que  Dieu  ver.sa  le  texte  dans  l’oreille  de  Moïse 
stir  le  Sinaï.  Et^  de  fait,  un  code  écrit  est  nécessairement 
accompagné  de  traditions  et  de  gloses  sur  la  manière  de  l’en- 
tendre et  de  l’expliquer;  sinon  la  lettre  nue  serait  un  trop 
facile  jouet  du  caprice  ou  des  passions.  Au.ssi , de  tout  temps, 
le  iieu|de  Israélite  eut-il,  outre  la  loi  dictée  sur  le  Sinaï, 
une  sorte  de  seconde  loi,  la  loi  orale  ou  traditionnelle,  qui 
se  transmettait  de  bouche  en  bouche,  et  ()ui  servait  tant  à 
fixer  le  sens  de  la  Bililequ’à  préserver  de  l’oubli  les  préceptes 
divins  non  confiés  à l’écriture,  (^ar  la  Synagogue,  soit  depuis 

driez-vous,  en  effet,  si  l’on  vous  demandait  votre  opinion  sur  le?  livres 
français?  » t.  XXV.  p.  6oâ,  1864.  Une  telle  phrase  serait  à peine  ac- 
ceptable sur  les  bords  de  la  (jaronnet  Dans  un  autre  passage,  la  nidnie 
Revue  I ous  dit  ; o il  faut,  pour  faire  accepter  des  iddes  favorables  au 
Talmud.  que  j’expose  d’abord  une  des  raisons  qui  m’ont  conduit  à 
admellro  a priori  sa  supi'riorilé  » (sur  la  BiblO;,  et  « sans  amoindrir  la 
valeur  de  la  Bible  ni  de  Moïse.  » 16.,  p.  1.50. 

El  cependant  c'est  pour  celle  dcolequela  Notice  sur  la  congrégation 
des  religieuses  de  Sion  a dit  ; « Les  observances  de  la  loi  sont  lomi  ées 
en  désuétuile;  les  traditions  talmudiques  sont  inconnuesàla  gétièialion 
noufct/e;l’adminislralion  dujudai'sme,  calquée?ur  celle  du  proleslan- 
l;sme.  n'est  plus  qu'une  constitution  civile  qui  varie  et  se  transforme 
au  gré  des  gouvernemeiiLs.  » P.  11-1*;  Paris,  1862. 

Ajoutons  qu'il  n»*  faut  encore  appliquer  ces  paroles  qu’aux  Juifs  des 
centres  les  plus  [tcuplcs  et  libéraux  de  l’Europe,  Paris,  etc. 

* Dracli,  Harmonie  entre  l’Eglise  et  la  Synagogue,  t.  1"',  p.  1 23-4  ; 
Paris,  1844. 


89 


CHAPITRE  QUATRIÈME. 

sa  réprobation,  soit  à l’époque  où  « clic  ciait  encore  l’f:glise 
de  Dieu,  n’a  jamais  été  protestante  jamais  elle  n’a  livré  la 
parole  divine  à l’arbitraire,  gétiéralemeni  influencé  par  les 
passions,  et  au  caprice  du  jugement  personnel  des  individus. 
Telle  est  la  tradition  conliée  a la  garde  des  aneiens  et  des 
docteurs  de  la  nation,  sous  l’autorité  du  chef  de  la  religion  assis 
sur  la  chaire  de  .Wutse',  » 

Il  -Mais  comme  les  rabbins,  c’est-à-dire  les  Pharisiens, 
audacieux  falsificateurs  de  la  véritable  tradition,  exagèrent 
tout  de  la  manière  la  plus  extravagante,  ils  prétendent  que 
Dieu  révéla  à Moïse  non-seulement  tout  l’Ancien  'l’estament, 
mais  aussi  la  .Mischna  et  les  deux  Gbeinara’.  » Il  y a d’ail- 
leurs deux  Talmuds  : celui  de  .lérusalem  et  celui  de  Haby- 
lone  composé  pour  réformer  les  défauts  du  premier.  Or 
ce  Talinud  réformateur  n'en  renferme  pas  moins  une  multi- 
tude de  rêveries,  d’extravagances  ridicules,  d’indécences 
révoltantes,  et  surtout  d horribles  blasphèmes  contre  ce  que 
la  religion  chrétienne  a de  plus  sacré*. 

Le  ïalmud  babylonien,  exécuté  par  Rab  Asschi  et  son 
collaborateur  R.  Abina,  fut  clos  dès  les  premières  années 
du  sixième  siècle  de  notre  ère,  et  aussitôt  accepté  de  tout 
Israël.  Cest  ce  corps  de  droit  canon,  religieux  et  civil  à la 

fois,  QUI  RÈGLE  JÜSQU’.V  CE  MOMEM  LA  CONDUITE  DES  JUIFS 
ATTACHÉS  A LEUR  FOI  ERRONÉE. 

« Tout  ce  que  contient  la  Ghemara  de  Babylone,  — dit 

' Autorité  véritablement  papale.  Ib,  Harmonie,  t.  I,  p.  lîü.  — Lire 
Josèphe,  Antiq.,  liv.  lil,  ch.  iv. 

* Ibid.,  p.  1Î6. 

“ Ou  plutôt  la  Ghemara  de  Jérusalem  de  l’an  279 , compilation  due  à 
R.  Y.  hhanan. 

* Pré'  eples  du  Talinud  contraires  au  droit  des  gens  et  à la  loi  de 
Morse  : Constat  veroex  Beruharilo  Luzemburgio,  in  Calai,  hærel-,  lib.  II, 
Gregorium  l.\  pontifirein  .\.  C.  1230,  Juilæorum  libros,  et  imprimis 
omniu  latiTiudica  volumina  llammis  addixisse,  atque  idem  factum  A.  C. 
I2.i4,  imitatum  esse  Innocentium  IV,  inductos  causa  quod  ii  libri,  et 
noeninatim  utrumque  Talmud,  Hierosolymilanuin  et  Babylonium,  non 
.soluiii  contumelias  et  b.'asphemias,  mullas  infâmes  et  horrendas  ad- 
versus  Jesum  C.  Salvalorem  noslrurn , sed  et  sancliones  et  piæcepta 
contra  jus  genlium,  atque  ipsam  Moisis  legcm  conlineant,  10,  11. 
Tela  ignea  Satanœ,  I.  I,  Altdurf,  Novicorum,  1581,  ï vol.  in  4”. 


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<)0 


LES  JUIFS. 


le  Moïse  rabhinique  .Maïmonidc,  — esi  obliyatoire  pour  tout 
Israël.  El  l'on  obl'uje  chaque  ville,  chaque  contrée,  de  se  COU- 
formeraux  coutumes  établies  parles  docteurs  de  laGbemara, 
de  suivre  leurs  arrêts,  et  de  se  conduire  selon  leurs  insti- 
tutions^ car  le  corps  entier  de  la  Gbeinaia  a été  approuvé 
partout  Itra'cl.  Les  juges  qui  ont  donné  ces  institutions,  ces 
décrets,  établi  ces  coutumes,  prononcé  ces  décisions,  ensei- 
gné ces  doctrines,  formaient  tantôt  l’universalité  des  doc- 
teurs d’Israël,  tantôt  la  majorité.  Ge  sont  eux  qui  avaient 
reçu  par  tradition  les  fondements  de  toute  la  loi , de  géné- 
ration en  génération,  tn  remontant  jusqu’à  Moise,  que  la  paix 
soit  sur  lui  ' ! » 

Le  Juif  qui  aurait  la  candeur  de  croire  que  ces  traditions 
inlectes  remontent  jusqu’au  premier  législateur  des  Hébreux, 
pôurraitdonc,  eu  un  certain  sens,  atlirmer  avec  sincérité  cette 
insigne  fausseté,  <pie  la  loi  de  Moïse  est  la  loi  de  sa  nation! 

Mais,  ifuelque  opposé  que  soit  le  'l'almud  aux  livres 
mosaïques,  il  suHil  qu’il  se  trouve  être  le  livre  sacré  des 
rabbins  pour  que  nous  n'ayons  point  à craindre  de  nous 
répéter  eu  établissant,  parle  sull'rage  d’historiens  modernes, 
la  détestable  et  suprême  autorité  de  ce  code  religieux  aux 
yeux  de  tout  Juif  véritablement  orthodoxe.  Laissons  donc 
M.  Acbille  L aureiu,  l’un  des  membres  de  la  société  orien- 
tale qui  ont  le  plus  approfondi  dans  ces  derniers  temps  la 
question  judaïque,  confirmer  les alfirmatious  positives  de 
l’illustre  ürach,  l’ancien  et  docte  rabbin  : 

« Le  Talmud  de  Babylone  est  le  seul  qui  soit  suivi.  Il 
forme  une  collection  <|ui  n’a  pas  moins  de  douze  volumes 
in-folio.  Les  deux  Talmuds  étouffent,  comme  on  l’a  fort 
bien  dit,  la  loi  it  les  prophètes!  C'est  le  code  religieux  des  Juifs 
modernes,  bien  différent  de  celui  des  anciens  juifs.  C’est 
fa  ipie  sont  renfermées  toutes  les  croyances;  et  lorsqu’on  a 
le  courage  de  parcourir  cet  immense  recueil,  on  y trouve 

• Discours  préliminaire  du  Vad-Hhazaka  , Drach,  Harmonie,  l.  1", 
p.  164.  Voir  plus  has  la  dislinclion  de  ces  fausses  iradilions  el  des  vé- 
rilables;  el  lire  dans  Dracli,  à la  suite,  lout  ce  qui  concerne  le  Talmud, 
son  antiquité,  etc. 


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CHAPITRE  QUATRIÈME.  91 

les  causes  toujours  aiiissatUes  de  la  haine  des  peuples  contre  les 
restes  dispersés  d'Israël'.  » 

« C’est  ce  livre  qu’étndient  et  qui'  commeiilent  tous  ceux 
qui  parmi  les  Juifs  prétendent  au  titre  de  savant.  D’après 
ces  commentaires,  le  texte  de  la  Bible  n’est  plus  un  récit 
historique,  un  recueil  de  préceptes  et  de  lois  sulilimcs;  ce 
n’est  jdiis  qu’une  allégorie  que  la  Gliemara  expli(|ue  de  la 
manière  la  plus  étrange  et  la  plus  ridicule.  C’est  de  ce 
commentaire  que  sont  dérivées  les  chimères  de  la  Cabale, 
les  dangereuses  erreurs  de  la  magie,  l’invocation  des  bons 
et  des  mauvais  esprits,  un  long  amas  d'erreurs  morales,  cl 
une  théogonie  emprunté!-  à la  Chaldée  et  h la  Perse.  La 
Gliemara  est,  selon  les  Juifs  modernes,  l’accomplissement, 
la  perfection,  et  c'cst  même  la  ce  que  son  nom  sigiiilie  en 
hébreu;  mais,  dans  la  réalité,  ce  rommen'aire  détruit  la  loi 
par  ses  interprétations  ridicules  ou  absurdes  et  par  les  prin- 
cipes de  /ui/nc  qu’il  contient  pour  tous  les  hommes  (|ui  ne  fout 
point  partie  de  ce  qu'il  nomme  le  peuple  de  Dieu’.  » 

L’un  des  auteurs  les  plus  érudits  de  l’histoire  de  l’Eglise 
nous  a dit  : 

« Bien  loin  d’ouvrir  les  yeux  h la  lumière,  les  docteurs 
juifs,  les  rabbins,  s'appli(|uèrent  plus  que  jamais  à s’aveugler 
eux-mêmes,  et  avec,  eux  leurs  compatriotes.  » Ils  rédigè- 
rent donc  « dans  un  jargon  de  diverses  langues  » les  douze 
in-folio  de  leur  Talmud.  Leur  but  était  « d’obscurcir  le  vrai 
sens  des  prophéties  qui  leur  montraient  Jésus-Christ.  On  y 
trouve  cependant  des  aveux  favorables  à la  vérité  chré- 
tienne. » .Mais  ce  que  l’on  y remar(|ue  « surtout,  c’est  une 

' .Même  pensée,  de  Bonald,  Juifs,  oi-dessus,cn  ce  chapitre. — Id. 
Rohrharher,  Histoire  de  !' Eytise , l,  XV,  p.  483. 

^ Laurent,  Itelationdes  uffuires  de  Syrie,  etc.,  t.  U,  p.  35i-.3,  l’aris, 
1846.  — Id.,  l'Eglise  et, la  Sgnagugue , p.  5-6.  — Nicolal  Sernirii, 
Trihœres,,  lib.lt,  cap.  xvi.  — Lireid.  .Moréri,  quoique  ci  l au  leur  ne  .soit 
qu'une  bien  médiocre  autorité,  art.  Talhud  et  Talmudistss,  t.  VI, 
Pans,  1132. 

D'après  le  continuateur  de  l'historien  Josèphe,  « il  n'y  a point  de 
bornes  à la  haine  qu'ils  ont  contre  les  Carai'tes,  parce  que  ces  Juifs 
rejetti-nt  le  Talmud,  pour  rester  religieusement  attachés  au  texte  de 
Mo'ise.  » T.  pr,  p.  359;  Paris,  1710,  Anonyme. 


9î  LKS  JUIFS. 

multitude  d’assertions  et  de  failles,  »emhlablef  à celles  des  finos- 
tiqiips  et  des  payeiis  par  rexlravagaiice  et  même  par  l’indé- 
cence. Cependant  les  Juifs  mellent  le.  Tulmud  au-dessus  de 
la  loi  de  Moïse.  S’occuper  de  la  Bihle,  est-il  dit  dans  le 
ïalmnd  même,  c’est  un  mérite,  ou  ce  ii’est  pas  un  mérite; 
s’occuper  de  la  .Miscima , c'est  un  mérite,  et  l’on  en  est 
récompensé;  mais  s’occuper  de  la  Ghemara,  il  n’y  a pas  de 
mérite  plus  fçrandl  — C’est  cette  collection  de  traditions 
pharisaïquesqni  forme  le  plus  grand  obstacle  à la  conversion 
des  Juifs'.  « 

On  traiive  dans  le  Talinud  » les  fables  les  plus  obscènes, 
ju.sque  sur  les  patriarches  cl  les  prophètes;  l'humanité  n’y 
est  pas  moins  outragée  ipic  la  pudeur*  ; » et  non-seulement 
il  est  placé  par  les  rabbins  au-dessus  de  Moi'sc,  mais  au- 
dessus  de  Dieu  lui-même;  c’est-à-dire  que  le  Talmud 
proclame  la  supériorité  des  rabbins  sur  leur  créateur.  Con- 
Pirmous  par  un  e.xemjde  notre  parole,  car  elle  doit  sembler 
plus  que  douteuse. 

Pierre  le  Vénérable,  abbé  de  Cluny,  écrivit  contre  les 
Juifs  un  traité  en  cinq  livres  ; et , dans  le  cinquième , il  les 
confond  eu  se  contentant  de  tourner  contre  eux  les  fables 
absurdes  et  impies  du  Talmud.  Dans  l’une  d’elles,  à celte 
question  : Que  fait  Dieu  dans  le  ciel?  les  feuilles  du  livre 
magistral  répondent  ; Il  n’y  fait  autre  chose  que  de  lire 
assidûment  le  Talmud , et  d’en  conférer  avec  les  savants 
juifs  qui  l’ont  composé.  Or,  un  jour,  dans  une  de  ces  confé- 
rences, il  fut  question  de  différentes  sortes  de  lèpres,  et 
quelqu’un  demanda  si  telle  maladie  était  ou  n’était  point  une 
lèpre.  Dieu  fut  d’un  avis,  et,  malheureusement  pour  lui, 
les  rabbins  furent  d’un  autre.  A la  suite  de  chaudes  discus- 
sions, la  décision  du  cas  fut  référée  d’un  commun  accord  à 
Rabbi  Néhémias,  que  la  terre  avait  encore  le  bonheur  de 
posséder.  L’idée  vint  alors  à Dieu  d’y  faire  descendre  l’ange 

* Rohrbacher,  fliatoire  universelle  de  l'Eglise^  l.  V,  p.  78;  1850. 
Tulmud,  traité  Babd-Meizignüy  f*»  33. 

2/6.,  t.  XV,  p.  483;  1851. 


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93 


CHAPITRE  QUATRIÈME. 

(le  la  morl,  avec  mission  d’amener  au  ciel  l’ànie  de  ce  sage-, 
mais  l’ange  trouva  ce  rahbin  lisant  le  ïalinud , et  le  Talmud 
est  une  lecture  si  sainte  que  <iiiiconque  s'y  plonge  ne  peut 
mourir.  L’ange  se  vit  donc  obligé  d’user  de  ruse;  et,  d’après 
l’ordre  du  Seigneur,  il  fit  au-dessus  de  la  maison  du  rabbin 
un  tel  vacarme , que  celui-ci  détourna  un  instant  les  yeu.v 
du  Talmud  et  put  être  frappé. 

L’âme  de  llabbi  Nébémias  s’éleva  sur-le-cliamp  vers  les 
demeures  célestes;  elle  y trouva  bieu  tout  occupé  de  dis- 
cuter la  question  et  de  la  soutenir  contre  les  saints  docteurs 
du  judaïsme,  et  s'écria  de  prime  abord  : Non,  certes,  cette 
maladie  n’est  point  une  lèpre!  — bien  rougit  de  sa  défaite, 
mais  il  n’osa  se  soulever  contre  la  décision  d'un  si  grand 
docteur,  et  bientôt  on  l’entendit  s’écrier  : Ah!  mes  en- 
fants m’ont  vaincu!  N'a-zabouni  benai  ‘. 

« Telle  est  une  des  fables  rabbiniques  dont  fourmille  le 
Talmud.  On  y voit  l'orgueil  satanique  du  Pharisien,  qui  met 
sa  parole  au-dessus  de  la  parole  de  bieu,  sa  science  au-des- 
sus de  la  science  de  bieu,  lui-même  au-dessus  de  bieu  ’ », 
et,  par  conséquent,  lui-même  et  son  Talmud  au-dessus  de 
Moïse  et  de  la  loi  mosaïiiue!  Quelques  écrivains,  il  est  vrai, 
prétendirent  assimiler  ces  monstruosités  aux  fables  allégo- 
riques des  anciens;  mais  <>  il  suQit,  nous  affirme  un  aiicie:i 
rabbin,  de  faire  observer  que  les  rabbins  les  accueillent  â la 
lettre  » 

Et  si  nous  ne  repoussons  point  l’une  de  nos  autorités  les 

> Bib!.  PP.,  t.  .\XII,  p.  1014. 

Rolii  bacher,  Histoire  universelle  de  l’Eglise,  1.  XV,  p.  481-2;  1851. 

® Oracb.  première  lel're,  p.  74;  1825.—  Une  note  qui  suit  l'évangile 
apocryphe  de  Thomas  l'Israélite  rapporte  un  dos  contes  monstrueux 
des  rabbins.  « Uelte  anecdote,  est-il  dit,  est  i>eu  de  chose  à côté  d’une 
foule  d autres  que  contiennent  les  écrits  des  rabbins.  » Lire,  pour 
s’en  convaincre,  la  Hibliolheca  rabhinica,  Rome,  1675-160.3,  4 vol. 
in-fol.,  du  dominicain  Bartolocci,  qui  a étudié  à fond  ces  volumineux 
écrits,  et  la  Hibliutkecalutiiui  et  hebraïca.ele..,  de  Jo.  Imbonati,  1694. 
« Nous  avons  parcouru  ce  vaste  répertoire,  et  nous  y a^ons  trouvé  des 
contes  dignes  d-s  Mille  et  une  nuits,  et  parfois  d une  extrême  indé- 
cence. O P.  170,  ib.,  fables  absurdes,  livre  d'Enoch,  343.  id.,  Evangiles 
apocryphes,  Irad.  d'après  l'édition  de  (’..  Thilo,  par  fi.  Brunet, 
deuxième  édition,  augmentée;  Paris,  1s63. 


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9i  LES  JUIFS. 

plus  sûres,  celle  de  l'ancien  et  savant  rabbin  Di'acb,  dont  la 
parole  a miilliplié  les  preuves  de  la  prodigieuse  ignorance  de 
ces  docteurs,  nous  saurons  que  presque  tous  lesgiiidesd'lsracl 
bornent  leurs  études  au  fatras  de  cette  effroyable  tbéologie  ' ! 

Or,  riiomme  agit  en  toutes  eboses  d’après  sa  croyance. 
Ce  qu'il  croit  avec  sincérité  passe,  au  jour  le  jour,  et  sou- 
vent même  à son  in.su,  dans  ses  actes.  La  foi  d’un  croyant 
est  doue  la  raisoti  de  ses  mœurs,  et  la  source  de  sa  morale;  ou 
bien,  en  d’antres  termes,  ses  mœurs  sont  l’expression  de  sa 
foi;  d’où  l’on  dira,  sans  possibilité  d’erreur,  que,  chez  tout 
|)euple  religieux,  tant  vaut  la  moyenne  de  la  foi , tant  vaut  la 
moyenne  des  fidèles!  Chez  les  Juifs,  où  pendant  une  lon- 
gue suite  de  siècles  la  foi  et  la  loi  ne  furent  qu’une  seule 
et  même  chose;  chez  ce  peuple  qui  ne  vivait  que  par  sa  re- 
ligion, le  Talmud  fut  donc  le  provocateur  suprême  des  mœurs 
les  plus  antisociales,  et  l’inspirateur  de  la  haine  la  plus  for- 
cenée de  tout  bébraïsant  contre  tout  chrétien.  Voiler  la  scé- 
lératesse et  les  turpitudes  de  ses  préceptes  religieux,  les 
masquer,  mais  sans  en  supprimer  l’enseignement;  en  un 
mol  les  soustraire  à l’œil  curieux  des  profanes,  telle  fut  en 
conséquence  la  préoccupation  du  Juif,  aussitôt  que,  du  sein 
des  peuples  (|ui  l’Iiébergeaient,  des  cris  d’horreur  et  d’exé- 
cration retentirent  avec  un  formidable  ensemble  contre  sa 
foi.  Certains  textes  disparurent  alors  tle  ce  code  monstrueux, 
et  cessèrent  d’être  livrés  à la  eirculalioii;  mais,  dans  la 
crainte  que  le  monde  n’eût  à gémir  d’une  telle  perte,  les 
rabbins  se  bâtèrent  de  confier  à la  mémoire  les  passages 
qui  les  eussent  compromis,  et  les  leçons  orales  remplacèrent 
la  lettre  supprimée. 

t II  est  de  notre  devoir,  avait  donc  écrit  le  savant  orien- 
taliste que  nous  avons  si  longtemps  fréquenté,  de  faire  con- 
nailre  les  maximes  intolérantes,  inhumaines  ’,  que  les  rab- 
bins professent  h l’égard  des  Juifs  convertis,  des  chrétiens, 
des  itayeiis  et  des  Juifs  gui  trahissent  les  secrets  de  la  Synago- 

* Ib.,  lettre  première,  p.  83;  18î5. 

2 Et  dont  il  fut  lui-même  un  cruel  exemple  en  <823. 


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95 


CHAPITRE  QUATRIEME. 

gue  ; c’esl-a-dire  de  prouver  par  des  textes  formels  la  fausseté 
de  la  quatrième  décision  du  sanhédrin  de  1807  , sans  préju- 
dice de  ce  que  j'aurais  à dire  relativement  à ses  autres  décisions! 
Mais  la  charité  chrétienne  me  défend  de  publier,  si  ce  n’est 
en  cas  de  nécessité  absolue,  la  traduction  des  passages  ré- 
voUanis  que  je  |)Ourrais  citer  dans  cette  note.  Je  me  bornerai 
a en  indiquer  une  partie  à ceux  de  mes  frères  qui  les  igno- 
rent, et  qui  savent  assez  la  langue  rabbinique  pour  les  lire 
dans  les  livres  originaux...  .» 

Car  le  Talinud  et  les  autres  ouvrages  des  rabbîns  con- 
tiennent une  foule  d'horreurs  et  de  recommandations  détes- 
tables contre  les  chrétiens  et  le  christianisme.  Mais  « de- 
puis que  la  connaissance  de  la  langue  hébraïque  s’est 
répandue  en  Europe,  les  imprimeurs  juifs  ont  pris  la 
précaution  de  supprimer  tous  ces  passages,  en  laissant  des  la- 
cunes à leur  place.  Ils  substituent  des  noms  quelconques  à 
ceux  de  Miuim,  Goyim  nohhrim  (chrétiens),  Meschoum- 
medim,  Moumrim  (Juifs  baptisés)»,  et  pour  remédier  à ces 
lacunes  « ils  enseignent  verbalement  ce  qu’elles  indiquent  et 
rectifient  les  mots  changés  à dessein.  Quelquefois  aussi  ils  ré- 
tablissent à la  main  dans  leurs  exemplaires  les  suppressions 
et  les  correction  politiques  des  auteurs  juifs.  Ce  dernier  cas 
est  arrivé  dans  l’exemplaire  du  Talinud  que  je  possède.  Hel- 
vicus  raconte  dans  son  traité  sur  les  paraphrases  des  Bibles 
chaldéennes,  p.  10,  qu’il  avait  un  Talmud  dont  un  Juif 
s’était  servi  avant  lui , et  dans  lequel  toutes  ces  corrections 
étaient  faites  à la  plume.  » 

« D’un  autre  côté , l’extrême  rareté  et  peut-être  la  perte 
irréparable  de  plusieurs  livres  anciens,...  assez  connus  par 
leurs  passages  favorables  au  christianisme , a donné  lieu  à 
raccusation  de  mauvaise  foi  contre  les  rabbins.  Je  regrette 
de  déclarer  que  cette  accusation  est  fondée.,  et  c’est  une  chose 
connue  dans  notre  nation  qu’ils  ont  fait  disparaître  (gane- 
zou)  des  livres  (fui  contredisaient  leur  doctrine  ‘.  » 

‘ Parmi  ceux-ci,  le  Targum,  dont  ces  passages  cités  par  des  orienta- 
listes qui  les  y ont  lus  : « Jéhova  m’a  dit  : Tu  es  mon  fils.  Ces  deux,  Père 


i 


96 


LES  JUIFS. 


Ce  sérail  donc  bien  a tort  que  les  avncals  mal  insjiirés  de 
la  race  juive  nous  diraient  : « Si  on  rejelte  les  Israélites 
comme  Juifs,  on  les  punit  d’être  nés  dans  une  religion  plu- 
tôt que  dans  une  antre;  c’est  une  infraction  manifeste  à 
toutes  les  lois linmaines  et  positives'.  » Non,  d’abord;  car 
ajipliquer  'a  ceux  qui  se  donnent  pour  sectateurs  de  la  loi  de 
Moïse  la  loi  du  talion*,  se  placer  sur  le  terrain  de  leur 
propre  justice  et  tourner  contre  eux-mêmes  leur  rode  re- 
ligieux qui  est  le  Talmiid , ce  serait  les  traiter  d’après  la 
règle  qui  les  dirige  à notre  égard.  Non,  derecbef;  car,  nous 
proposer  l’adoption  des  Juifs,  sans  se  soucier  s’ils  persis- 
tent ou  non  « dans  les  pratiques  superstitieuses  que  la  rab- 
bins oui  ajoutées  aux  prescririons  de  Moïse  ’,  » lorsque  CCS  su- 
perstitions abrutissantes  sont  homicides,  ce  serait  nous 
proposer  d’introduire  la  |)lante  vénéneuse  dans  le  froment 
du  père  de  famille,  et  souiller  le  champ  de  la  civilisation. 

C’est  pourquoi  naguère , dans  une  assemblée  qui  prend 
’a  lâche  la  régénération  du  judaïsme,  un  Israélite,  frappé  de 
ces  considérations  dont  l’évidence  commence  à saisir  les 
esprits  clairvoyants,  s’écriait  devant  M.  Cerfberr  : « Il  faut 
nous  bâter  de  sortir  du  vieux  temple  ; — c’est-a-dire , pour 
les  Juifs  modernes,  du  temple  talmiidi(|ue,  — si  nous  ne 
voulons  bientôt  être  ensevelis  sous  ses  ruines*.  nC’est  encore 
pourquoi,  de  nos  jours,  l’un  des  coryphées  de  l'école  des 

et  Fils,  sont  trois,  en  union  avec  une  troisième  personne,  et  ces  trois 
ne  font  (pi’une  sub^tance,  qu'une  es.soncc,  (|u  un  Dieu.  » Ps.  î,  etc., 
deuxieme  lettre,  Dracli,  18î7,  p.  463. 

Les  Juifs  modernes  se  regardent  comme  les  seuls  monothéistes,  et 
nous  accusent  d'adorer  plusieurs  dieux  à cause  de  ce  dogme  de  la  sainte 
Trinité.  Voir  commenl,  dans  l'ancienne  loi,  leurs  pores  adoraient,  dès 
les  temps  les  plus  reculés,  ce  Dieu  en  trois  personnes.  Harmonie  eiUr» 
l'Eyhse  et  la  Synagoyue,  t.  1”',  p.  4SI),  Ï8!j,  36s,  4o3,  etc. 

Aussi  a quelques  rabliins,  en  traitant  de  la  Trinité  divine,  s’expri- 
maient d’une  manière  si  orthodoxe  qu’ils  ne  laissent  rien  à désirer  au 
théologien  le  p us  scrupuleux  sur  les  termes,  s /6.,p.480;  Paris,  18ti. 

‘ Des  Juifs  au  dix-neuvieme  siècle,  p.  f H,  par  .M.  Bail,  ancien  inspec- 
teur, etc.  Seconde  édition,  Paris,  l»lu,  in-»“. 

2 Bible,  Exode,  chap.  xxi,  p.  44,  etc. 

'■>  Th.  Hallez,  Des  Juifs  en  France,  p.  8-6;  Paris,  4848. 

* Les  Juifs,  leur  histoire,  etc.,  p.  44;  Paris,  1847. 


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CHAPITRE  QUATRIÈME.  97 

philosophes  publicistes,  Kluber,  exige  du  Juif,  avant  de 
permettre  b la  société  civile  et  politique  de  lui  conférer  le 
rang  de  citoyen,  des  conditions  que  la  plupart  de  nos  con- 
temporains regarderaient  comme  les  exigences  insultantes 
d’un  inquisiteur,  si  quelque  catholique  osait  les  formuler. 
Il  veut,  et  nous  reproduisons  ses  ternies,  « l’abjuration 
libre,  authentique  et  irrévocable,  le  rejet,  la  déiesiation  du 
talmudisme  et  de  tout  ce  que  le  gouvernement  déclarera  ne 
pouvoir  SC  concilier  dans  le  judaïsme  avec  le  bien  général 
d’iin  Etat  dont  le  pouvoir  suprême  ne  serait  pas  entre  les  nmins 
des  Juifs  '.  » 

Et  veuillons  observer  que  les  Juifs  commencent  îi  se  for- 
mer, sous  nos  yeux,  en  trois  catégories  distinctes  : les  in- 
différents, les  réformés,  c'est-b-dire  les  sectateurs  d’un  vé- 
ritable protestantisme  judaïque,  et  les  talmudistes;  mais  nous 
ne  saurions  assez  arrêter  l’attention  publique  sur  ce  point, 
que  ceux-ci  continuent  de  former  dans  le  monde  entier  l’im- 
mense majorité  du  peuple  de  la  dispersion.  Or,  « les  talmu- 
distes, composés  de  la  vieille  génération,  des  gens  delà 
campagne,  et  de  ceux  de  la  plus  basse  classe  des  villes, 
reconnaissent  l’autorité  religieuse  des  rabbins  et  l’autorité 
législative  du  Talmud;  ils  observent  scrupuleusement  non 
pas  la  loi  mosaïque,  mais  la  loi  rabbinique;  ils  ne  se  mêlent 
aux  chrétiens  que  pour  leurs  affaires  d’intérêt,  et  continuent 
b être  les  ennemis  traditionnels  de  l’Eglise.  C’est  là  le  noyau 
indestructible  de  la  nation  qui  subsistera  jusqu’b  la  fin  dans 
son  entêtement.  » 

Cette  époque  de  la  fin  des  temps  peut  être  assez  proche  de 
nous,  et  de  très-longue  durée.  Sachons  toutefois  qu’il  s’est 
formé  pour  l’Allemagne,  dès  l’année  1831 , une  association 
de  juifs  et  de  chrétiens  dont  le  but  est  de  fonder  la  civilisa- 
tion religieuse,  morale  et  sociale  des  Israélites;  et  le  rap- 


> Droit  de  la  Confédération  germanique,  4*  édition,  § St  6,  note  iv. 
I Laissons  dire,  à ce  propos,  à l'anrien  rabbin  Drach,  que  l'ouvrage 
de  H.  Beugnot,  les  Juifs  d'Occident , mérile  les  repn-ches  Ica  plus 
graves.  • Lire  p.  >08  et  suivantes.  Lettres  de  4827,  p.  27S. 

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98 


LES  JUIFS. 


porl  (le  cette  association , qui  ne  saurait  être  suspecte , nous 
offre  un  passage  sur  lequel  s'appuient  fortement  nos  paroles  : 
« Tant  que  les  Juifs  retteront  Juif»,  leur  émancipation  sera 
généralement  impossible'  ! » Car  le  Talmud,  la  loi  qui  gou- 
verne la  conscience  du  Juif  ortAodoxe , est  la  mort  de  la  civi- 
lisation chrétienne.  La  grande  question  se  réduit  donc  à se 
demander  quand  périra  le  Talmud,  c’est-k-dire  quand  sera 
reconstruite  sur  un  autre  plan  la  conscience  du  Juifjudaï- 
sant,  puisque  seulement  alors  disparaîtra  le  Juif  inso- 
ciable? 

Que  cependant  les  avocats  maladroits  de  la  nation  juive 
cessent  d’attribuer  a une  époque  de  ténèbres  universelles 
l’amour  et  l’admiration  d’Israël  pour  le  fatras  de  sa  théologie. 
Parler  ainsi  ce  serait  être  soi-même  sous  l’empire  d’épaisses 
ténèbres,  ou  ce  serait  prétendre  donner  le  change  k son 
siècle^  car  la  gloriflcation  du  code  talmudique  est,  de  la 
part  des  Juifs,  un  fait  de  touia  Us  époques;  car,  jusqu'à  nos 
jours,  la  doctrine  talmudique  conserva  jalousement  un 
nombre  considérable  de  préceptes  dignes  d’attirer  sur  elles 
la  colère  et  le  mépris  de  tout  honnête  homme!  Et  le  Talmud, 
ce  code  impérissable  de  la  nation  juive,  dont  les  pages  ont 
de  redoutables  sous-entendus , le  Talmud , répétons-le  sans 
cesse , est  non  point  une  œuvre  théologique  que  la  Syna- 
gogue puisse  impunément  rejeter,  il  est  l’expression  même  de 
la  synagogue  rabbinique;  il  écrase  Moïse-,  il  domine  Dieu 
jusque  dans  le  ciel^  il  est  la  loi  suprême,  la  loi  civile  et 
religieuse  du  Juif-,  il  le  fut  dès  que  l'esprit  de  haine  et  de 
mensonge  le  mit  au  jour.  Hélas!  il  n'a  cessé  de  l’être  aujour- 
d’hui même  |K>ur  aucun  homme  du  judaïsme  qui  prétend  k 
C orthodoxie  que  suivaient  ses  pères'  ! 

Tout  k l’heure  nous  jetterons  les  yeux  sur  quelques  points 
de  la  morale  en  action  du  judaïsme  j car  elle  est  déduite 

' Encyclopédie  catholique  allemande,  par  les  plus  savants  professeurs 
et  docteurs  en  th^logie  de  l’Allemagne,  traduite  par  Goschler, 
t.  XII,  p.  45Î-453,  Paris,  1 861;  la  citation  précédente,  ib. 

‘Lire  ces  essais  de  justification  dans  Bédarride,  p.  196,  et  relire 
sa  p.  39. 


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CHAPITRE  QUATRIÈME.  99 

de  la  doctrine  orthodoxe  du  Talmud,  elle  est  le  Talmud  à 
l’oeuvre  et  produisant  scs  fruits  de  mort.  Nous  comprendrons 
alors  de  mieux  en  mieux  l’importance  des  suppressions  que 
les  chefs  du  rabbinisme  prescrivirent  aux  imprimeurs  des 
livres  dogmatiques  que  leur  foi  défaillante  commence  a ré- 
former. Terminons  cependant  notre  chapitre  du  Talmud 
par  cette  assertion  de  l’un  de  scs  plus  grands  admira- 
teurs' ; 

« La  doctrine  cabalistique,  qui  est  le  dogme  de  la  haute 
magie,  est  contenue  dans  le  Sepher-Jesirah , le  Zohar  et  le 
Talmud’.  » Il  nous  faut  donc  aller  chercher  dans  les  té- 
nèbres honteuses  et  malsaines  de  la  magie  les  racines  véné- 
neuses de  cette  œuvre  talmudique  li  laquelle,  depuis  le 
Christ,  tous  les  siècles  trouvèrent  le  cœur  du  Juif  attaché; 
et  de  cette  nécessité  naîtra  notre  chapitre  de  la  Cabale. 

Les  Juifs  talmudisants  forment  » l’indestructible  noyau 
de  la  nation  » et  le  Talmud  est  la  loi  suprême  du  Juif,  la 
source  de  sa  foi,  de  ses  sentiments,  la  règle  de  ses  mœurs. 
C’est  pourquoi,  jusqu’au  jour  où  le  Talmud  sera  détruit,  le 
Juif  sera  un  être  insociable.  En  d’autres  termes,  un  duel 
b mort,  et  dont  l'issue  ne  saurait  être  lointaine,  subsiste 
entre  le  Juif  talmudisant  et  la  société  chrétienne  ; entre  le 
judaïsant  et  les  hommes  de  la  seule  et  unique  civilisation 
qu'il  soit  possible  au  monde  de  produire,  si  l’expérience  et 
la  raison  nous  tiennent  un  langage  véridique. 

* Eliphas  L<îvi,  Dogmes  et  rituel,  p.  93;  1861. 

^ Histoire  de  la  magie,  p.  28.  Eliphas  Lévi,  cabaliste  éminent. 


.NOTE. 

a Les  premières  éditions  du  Talmud  offrent  le  texte  de  ce  code  dans 
toute  son  intégrité,  comme  celles  de  Cracovie,  de  Venise  en  1520; 
d'Amsterdam,  1600,  in-fol.,  petit  format.  Il  faut  recourir  à la  grande 
table  rabbinique  de  Venise,  en  quatre  volumes  imprimés  chez  M.  Bom- 
berg,  pour  trouver  les  passages  hostiles  des  commentateurs  bibliques 
dirigés  contre  les  chrétiens,  a 

• Quelques-unes  des  ^azimes  que  je  vais  indiquer  ne  se  trouvent 

7. 


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100 


LES  JUIFS. 


que  dans  les  éditions  anciennes  que  je  viens  de  nommer.  Talmud, 
traités  Gnaboda-Zara,  fol.,  4 v»,  inThocephot;  fol.  10  v“,  i6.,  fol.  Ï6 
V»,  Sanhfkirin  ; fol.  57  r“,  lloriot,  elc.,  etc,  n 

Mafmonides,  traités  De  l'homicide,  ch.  iv,  S <0  ; De  l'idolâtrie,  ch.  \, 
§ I ; Des  docteurs  rebelles,  ch.  m,  § 1 , etc.;  De  la  royauté,  ch.  ix, 
§ î,  etc.,  etc.,  etc.  Drach,  Deuxième  lettre,  p.  3U0-30I  ; 18Î7. 

Dans  l'édition  du  Talmud  de  Froben,  imprimeur  do  Bâle,  exécutée 
en  1581,  les  censeurs  Marcus  Marinus,  Italus  Braxensis,  Petrus  Caval- 
lerius,  supprimèrent  les  principaux  passages  qui  attaquent  la  mémoire 
de  notre  Sauveur,  où  les  chrétiens  sont  représentés  « comme  adonnés 
aux  vices  les  plus  abominables,  et  où  il  est  déclaré  que  les  préceptes  de 
justice,  d'équité,  de  charité  envers  leprochain,  non-seulement  ne  leur 
sont  point  applicabic.s , mais  sont  un  crime.  » Quoique  temps  après 
ces  suppressions,  les  Juifs  crurent  devoir  les  rétablir  dans  une  édition 
de  Cracovie;  mais  ces  passages  réintégrés  ayant  soulevé  l'indignation 
des  hébraïsants  chrétiens,  le  synode  juif,  réuni  dans  la  Pologne  en 
1631,  en  prescrivit  lui-même  le  retranchement  dans  les  éditions  futures, 
et  voici  le  texte  de  son  encyclique.  : 

(1  C'est  pourquoi  nous  enjoignons,  sous  peine  d'excommunication 
majeure,  de  ne  rien  imprimer  dans  les  éditions  à venir  de  la  Mischna 
ou  de  la  Ghemara  , qui  ail  rapport,  en  bien  ou  en  mal,  aux  actes  de 
Jésus  le  Nazaréen.  Nous  enjoignons,  en  conséquence,  de  laisser  en 
blanc  les  endroits  qui  ont  trait  à Jésus  le  Nazaréen.  Un  cercle  comme 
celui-ci  : O,  mis  à la  place,  avertira  les  rabbins  et  les  maitres  d'école 
d'enseigner  à la  jeunesse  ces  passages  de  vive  voix  seulement.  Au 
moyen  de  celle  précaution,  les  savants  d'entre  les  nazaréens  (chré- 
tiens) n'auront  plus  de  prétexte  de  nous  attaquer  â ce  sujet,  b Drach, 
Harmonie,  t.  I*"',  p.  167-168. 

KIN  ns  LA  NOTE. 


AVIS  AU  LECTEUR. 

Le  chapitre  de  laCabale  devrait  suivre  celui-ci  ; mais  afin  de  relier  plus 
directement  au  Talmud  les  pages  où  se  déroule  la  morale  talmudique, 
nous  rejetons  à la  fin  du  volume,  et  sous  forme  d'appendice,  cette  in- 
téressante (|ueslion.  Nous  prions  cependant  le  lecteur  d'accepter,  sous 
bénéfice  d'inventaire,  les  quelques  lignes  que  nous  en  devons  extraire 
pour  jeter  un  rayon  de  lumière  sur  les  voies  où  nous  l’engageons. 

La  Cabale  sinistre  enfanta  le  culte  des  astres  et  de  leurs  génies,  le 
sabéisme,  l'astrologie,  la  magie.  Elle  exista  bien  avant  de  recevoir  son 
nom,  et  avant  les  Juifs,  qui  se  l’assimilèrent  en  la  modifiant.  Aussi  le 
Juif  devint-il  le  prince  de  la  haute  hérésie,  que  les  Génies  de  la  cabale 
infestèrent  de  leur  venin.  Les  doctrines  unitaires  de  la  Cabale  prépa- 
rèrent et  préparent  l'unificalion  des  peuples.  , 


401 


CHAPITRE  QUATRIÈME. 

« La  doctrine  cabalistique,  qui  est  le  dogme  de  ta  haute  magie,  QSl 
contenue  dans  le  Sepher  Jesirah,  le  Zohar  et  le  Talmud. 

« Abraham  sortant  de  la  Chatdèe  avait  emportd  les  mystères  de  la 
Cabale.  » — o I.es  doctrines  mystiques  et  les  pratiques  magiques  de 
l'antiquité  sont  en  partie  conservées  dans  la  Cabale,  dont  les  livres 
étaient  auprès  des  adeptes  en  aussi  graml  honneur  que  les  livres 
d'Hermès  Trismégiste.  » 

« La  Cabale  est  la  mère  des  sciences  occultes,  et  les  gnosticiens  sont 
nés  des  cabalistes.  » — « La  Cabale,  cultivée  par  les  Juifs  avec  une  ar- 
deur sans  pareille,  effaçait  presque  à elle  seule  toutes  les  autres  so- 
ciétés secrètes.  » 

Il  existe  « une  vérité  incontestable,  » c’est  qu’il  est  « une  haute 
science,  une  science  absolue,  etc.  » Or,  « cette  science,  c’est  la  magie, 
dont  la  cabale  est  le  dogme.  » Et  « il  est  certain  que  les  Juifs,  déposi- 
taires les  plus  fidèles  des  secrets  de  la  Cuba'e,  onlété  presque  toujours 
en  magie  les  grands  maiires  du  moyen  âge.  Tout  ce  qu’il  y a de  scien- 
tifique, de  grandiose  dans  les  rêves  religieux  de  tous  les  illuminés, 
Swedenborg,  etc.,  etc.,  est  emprunté  à la  Cabale.  Toutes  les  associa- 
tions maçonniques  lui  doivent  leurs  secrets  et  leurs  symboles.  » 

Créer  une  société  occulte,  de  qui  émaneraient  les  rois  et  les  pontifes, 
ce  fut  « le  rêve  des  sectes  dissidentes  de  gnostiques  et  d’illuminés  qui 
prétendaient  rattacher  la  foi  a la  tradition  primitive...  » Cette  idée  de- 
vint une  menace  pour  la  société,  quand  un  ordre  riche  et  dissolu,  ini- 
tié aux  mystérieuses  doctrine.s  de  la  Cabale,  menaça  le  monde  d’une 
immense  révolution.  Les  Templiers,  dont  l’iiistoire  est  si  mal  connue, 
furent  ces  conspirateurs  terribles.  La  philosophie  occulte  de  la  magie 
<c  voilée  sous  le  nom  de  Cabale,  est  indiquée  dans  tous  les  hiéroglyphes 
sacrés  des  anciens  sanctuaires  et  des  rites  encore  si  peu  connus  de  la 
maçonnerie  anciennk  et  moderne.  » 

<i  La  grande  association  kabalistique  connue  en  Europe  sous  le  nom 
de  maçonnerie,  apparaît  tout  à coup  dans  le  monde  au  moment  où  la 
protestation  contre  l'Eglise  vient  démembrer  l’unité  chrétienne.  » Les 
chefs  de  cette  association  « tolèrent  toutes  les  croyances,  et  ne  profes- 
sent qu’une  seule  philosophie.  Ils  ne  cherchent  que  la  vérité...  et  veu- 
lent amener  progressivement  toutes  les  intelligences  à la  Raison,  s 

Certains  coryphées  du  Judaïsme  professent  ouvertement  cette  phi- 
losophie, qui  corrompt  et  rapproche  deux  le  monde  chrétien.  Les 
Cabalistes  appellent  les  Juifs  nos  pères  dans  la  foi,  et  leurs  chefs  sont 
les  chefs  de  a la  grande  association  cabalistique  connue  en  Europe  sous 
le  nom  de  maçonnerie.  » 

Dans  le  chapitre  de  la  Cabale,  nous  nommons  les  auteurs  de  ces  ci- 
tations, qui  figurent  presque  tous  parmi  les  ennemis  déclarés  du  catho- 
licisme. 


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DEUXIÈME  PARTIE 


' CHAPITRE  CINQUIÈME. 

PREMIÈRE  DIVISION.  — LA  MORALE  DU  TALMUD  EN  ACTION. 


Le  premier  hutmiic  el  la  première  femme;  dipiiilé  de  la  rare  humaine 
issue  de  res  deux  monstres.  — Jugeons  l’arbre  à scs  fruits.  — Nous 
connaissons  la  morale  qui  prend  .sa  source  dans  lesdogmcschrèliens; 
celle  qui  sort  des  traditions  talmudiques  y a-t-elle  quelque  rapport? 

— Saint  Chrysostome,  Père  de  l'Rglise,  sur  les  mœurs  du  Juif;  pein- 
ture prodigieu.se.  — Même  description  du  célèbre  Simon  Maiol  à 
l’époque  de  la  Henaissanctu  — Rien  de  Changé  lorsque  Delamarre  écrit 
son  monumental  Trailéde  la  police.  — Cc.ssons  un  instant  déjuger  de 
la  doctrine  judaïque  par  les  mœurs  du  Juif,  et  jugeons  le  Talmud 
par  son  texte.  — Dieu  crée  Adam,  qui  se  cherche  une  compagne; 
nulle  ne  lui  convenant,  il  en  demande  une  qui  soit  semblable  à lui. 

— Eve  est  digne  d’Adam,  el  nous  transmet  le  venin  du  serpent.  — 
Le  Talmud  étant  la  loi  suprême  et  la  croyance  de  l’orthodoxe,  el 
l’homme  réglant  ses  actes  d’après  ses  croyances,  le  Talmud  fait  du 
Juif  ce  quïiest.  — Exemple  du  sentiment  paternel  dompté  en  France, 
et  au  dix-neuvième  siècle,  par  le  Talmud.  — Proscription  du  pré- 
varicateur. 


La  cabale  est  l’ème  du  Talmud,  et  le  Talmud  est  le  moule 
de  la  conscience  du  Juif  orthodoxe.  L’un  et  l’autre,  le  Tal- 
mud et  la  cabale,  auront  donc  à se  présenter  à nos  yeux  non 
pas  de  profil,  mais  h peu  près  de  face  ' et , si  tout  arbre 
doit  se  juger  a ses  fruits,  quels  fruits  savoureux  et  salutai- 
res verrons-nous  sortir  de  celui  dont  les  féconds  rameaux 
laissent  tomber  b terre  et  s’amonceler  h ses  pieds  les  croyan- 
ces sous  la  masse  desquelles  le  Juif,  s’il  ne  veut  cesser 

< Nous  rejetons  à la  fin  de  ce  volume,  et  nous  disons  pourquoi,  le 
chapitre  de  la  Cabale. 


CHAPITRE  CINQUIÈME.  103 

d’êlre  ce  que  furent  ses  pères,  doit  couvrir  et  en  quelque 
sorte  dérober  aux  regards  la  loi  de  Moïse? 

A côté  de  ces  fruits  du  Talmud,  le  lecteur  voudra  peut- 
être  placer  un  instant , par  la  pensée , les  fruits  de  l'arbre 
évangélique,  aOn  de  les  mieux  connaître.  La  morale  évan- 
gélique, et  nous  le  savons,  prend  sa  source  à la  base  des 
dogmes  chrétiens.  11  se  dit  d’elle,  et  les  incrédules  ne  l’ont 
point  proclamé  moins  haut  que  les  fidèles,  que  cette  morale 
est  h la  fois  la  plus  magnifique  et  la  plus  complète  qui  jamais 
ait  éclairé  le  monde.  L’inventer,  si  l’on  en  croit  des  hom- 
mes tels  que  le  célèbre  Jean-Jacques,  était  au-dessus  des 
forces  humaines.  L’intelligence  qu’elle  émerveille  lui  rend 
un  légitime  hommage,  et  la  nature,  qu’elle  assouplit  et  cor- 
rige en  la  domptant,  reconnaît  h la  fois  sa  douceur  et  sa 
force.  Elle  est  divine,  et  tels  sont  à ce  titre  les  splendides 
rayonnements  de  sa  beauté,  que  les  doctrines  les  plus  sub- 
versives, lorsqu’elles  cherebent  h se  frayer  un  chemin  au 
milieu  des  foules,  sont  réduites ’a  lui  faire  de  perfides  em- 
prunts ',  à usurper  son  nom,  et  h se  composer  avec  elle 
une  rc.ssemblance  qui  se  joue  des  yeux  : Corruptio  optimi 
peisima. 

Mais  puisque  la  morale  évangélique  est  la  chose  du  monde 
la  plus  connue,  voyons  donc  si  celle  qui  naît  des  traditions 
rabbiniques , ou  des  préceptes  du  Talmud  *,  aurait  ou  non 
quelque  rapport  avec  cette  règle  des  mœurs  chrétiennes. 
Étude  facile,  curieuse,  et  que  peu  de  traits  rendront  sinon 
complète,  du  moins  suffisante.  Et,  d'abord,  si  la  plus  grande 
partie,  quoique  la  moins  sublime,  de  la  morale  du  catholi- 
cisme a son  code  dans  la  Bible,  et  que  le  Talmud  soit, 
ainsi  que  l’affirment  les  rabbins,  un  commentaire  de  ce 
livre  sacré,  comment  les  fruits  de  la  Bible  sont-ils  divins 

' Ceux,  par  exemple,  qui  font  du  Christ  le  prince  de  la  doctrine  des 
égalitaires. 

On  nous  permettra  d'appeler  doctrines  du  Talmud  les  doctrines 
ou  les  traditions  pharisaïques  ou  rabbiniques  antérieures  à la  rédac- 
tion des  lalmuds,  puisque  les  talrauds  sont  le  code  où  se  formulèrent 
ces  doctrines. 


40i 


LES  JUIFS. 


chez  les  hommes  du  Christ,  taudis  que  ceux  du  rabbinisme 
seraient  qualifiés  de  démoniaques  par  les  Pères  mêmes  de 
l’Église? 

Démoniaques!  A peine  oserions-nous  prononeerce  mol, 
s’il  n’était  de  saint  Jean  Chrysostome;  et  rien  ne  nous  sem- 
ble plus  intéressant  que  de  voir,  dès  le  quatrième  siècle,  à 
quel  |X)int  de  dégradation  la  doctrine  faussée  du  judaïsme 
avait  fait,  au  nom  de  Dieu,  descendre  la  morale  publique 
d’Israël.  Si  donc  les  leçons  de  l’Iiistoire  ont  pour  nous  quel- 
que attrait,  écoutons  la  parole  brûlante  de  ce  puissant  doc- 
teur, témoin  attentif  studieux  observateur  des  mœurs  hi- 
deuses qu’il  stigmatise: 

« Autrefois  les  jeûnes  des  Juifs  n’aboutissaient  qu’’a  des 
procès  et  à des  querelles;  aujourd’hui,  ils  aboutissent  au  li- 
bertinage et  a la  débauche  ; on  voit  ces  hommes,  pieds  nus, 
danser  sur  les  places  publiques;  ils  prétendent  jeûner,  mais 
leurs  actes  sont  les  actes  que  l’ivresse  inspire.  Écoulons 
comment  le  prophète  veut  que  vous  jeûniez  : « Sanctifiez  le 
jeûne!  » Ainsi  le  jeûne  tourne-t-il  b votre  utilité.  Il  ne  dit 
pas  : K Faites  du  jeûne  une  fête  profane.  » Non,  mais  il  dit  ; 
« Annoncez  l’assemblée  solennelle,  réunissez  les  vieillards'.» 
Et  les  Juifs  d’aujourd’hui,  réunis.sant  des  troupes  d’effé- 
minés ’,  des  bandes  nombreuses  de  misérables  courtisanes, 
attirent  à la  synagogue  le  théâtre  entier,  et  les  histrions  de 
la  scène;  car  leur  synagogue  ne  difière  en  rien  de  ces  lieux 
publics!  Que  dis-je?  la  synagogue  n’est  pas  seulement  un 
théâtre  et  un  lieu  de  prostitution;  elle  est  une  caverne  de 
brigands,  un  repaire  de  bêtes  fauves.  Votre  maison  est  de- 
venue, pour  ainsi  dire,  la  tanière  de  l’hyène,  dit  le  Sei- 
gneur ’;  et  non  pas  d’une  bête  ordinaire,  mais  d’une  bêle 
impure!  » 

Eh  quoi,  chrétiens!  « lorsque  l’heure  de  l’assemblée  vous 

< Joël,  ch.  I,  V.  U. 

3 Des  infâmes  : molles  ; qui  alterius  fornicationem  sustinent , qui  in 
semetipsis  fœminas  profitentur.  Du  Gange. 

Jérémie,  cb.  vu,  v.  H . 


CHAPITRE  CINQUIÈME.  105 

appelle  à l’église,  vous  ne  réveillez  pas  le  zèle  des  indiiïé- 
renis  ; mais  lorsque  le  démon  vous  appelle  à cette  solennité 
juive  des  Trompettes,  au  lieu  de  retenir  ceux  que  charme  cet 
appel,  vous  les  laissez  s’engager  dans  le  lieu  de  l’impiété  et 
dans  la  voie  glissante  de  l’impureté!  car  les  courtisanes,  les 
libertins,  le  chœur  entier  des  danseuses,  ont  coutume  de  s’y 
réunir.  Et  pourquoi  parler  des  impuretés  qui  s’y  commet- 
tent? Ne  craignez-vous  pas  que  votre  femme  n’en  revienne 
possédée  du  démon?  N’avez-vous  pas  ouï  démontrer  claire- 
ment, dans  notre  premier  entretien,  que  les  âmes  des  Juifs 
et  les  lieux  où  ils  se  réunissent  servent  d’habitacles  au.x 
démons?  Comment  donc  osez-vous,  lorsque  vous  avez  pris 
part  à une  danse  diabolique,  retourner  dans  l’assemblée  des 

apôtres? Quoi  ! vous  n’êtes  pas  saisis  d’épouvante  et 

d’horreur  après  de  telles  prévarications  ! » 

« Ne  vivant  que  pour  leur  ventre;  affamés  des  biens  pré- 
sents-, d'une  indépendance,  d’une  avidité,  de  mœurs  en  un 
mol  comparables  à celles  des  porcs  et  des  boucs,  les  Juifs  ne  sa- 
vent qu’une  chose  ; lâcher  les  rênes  'a  l’intempérance  et  à 

l’ivresse La  dernière  des  tavernes  est  encore  moins 

ignoble  que  les  synagogues.  La  Synagogue  n'est  pas  une 
demeure  de  voleurs,  c’est  la  demeure  même  des  démons  ; et 
nous  pourrions  en  dire  autant  des  âmes  des  Juifs  '.  » 

Le  célèbre  évêque  de  Vultourre,  Simon  Maïol  *,  semble 
avoir  pris  à tâche,  entre  tant  d’autres  historiens,  de  porter 
au  cœur  même  de  l'époque  de  la  Renaissance  le  puissant  et 
terrible  témoignage  dont  saint  Jean  Chrysostomc  faisait 
retentir  le  quatrième  siècle,  lorsque  son  éloquence  ton- 
nait contre  les  mœurs  des  disciples  de  la  tradition  plia- 
risaïque. 

De  la  perfidie  des  Juifs,  tel  est  le  titre  SOUS  lequel  parut 
avec  l’éclat  d’un  bruyant  météore  le  traité  dans  lequel  il 

• Saint  Jean  Chrysostotne , Œuvres  complètes,  trad.  nouv.  par 
M.  l'abbé  J.  Bareille,  I.  II,  premier  discours,  p.  3i9,  etc.;  second  dis- 
cours, p.  37Î;  Paris,  Vivès,  1865. 

^ Savant  remarquable,  mais  qui,  dans  les  sciences  profanes,  parta- 
geait un  grand  nombre  d’erreurs  de  ses  contemporains. 


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106 


LES  JUIFS. 


veut  que  les  chrétiens  reconnaissent  les  fraudes  et  les  im- 
postures que  machinent  ces  hommes  sinistres.  Du  haut  de 
sa  gravité  doctorale,  il  leur  enjoint  donc  de  repousser  les 
appâts  que  leur  tend  la  main  du  Juif,  et  de  ne  point  prosti- 
tuer aussi  follement  qu’ils  sont  enclins  h le  faire  la  liberté 
qui  leur  est  acquise  par  droit  héréditaire  '. 

« Ces  traîtres,  les  plus  scélérats  de  tous  les  hommes, 
livrent  au  Tuic  notre  patrie,  nos  ressources,  nos  forces,  et 
nous  les  tolérons , et  nous  les  nourrissons  ! C'est  attiser  le 
feu  dans  notre  sein,  c’est  y réchauffer  le  serpent  ’.  » 

Méfiance,  et  méfiance  encore!  car  « l’expérience  ne  cesse 
de  démontrer  que,  du  premier  au  dernier,  les  Juifs  pour- 
suivent les  chrétiens  de  la  haine  la  plus  implacable;  et  que, 
si  l’occasion  leur  promet  l’impunité,  ils  se  groupent  et  se 
précipitent  sur  eux  en  bataillons  serrés,  semblables  â des 
troupes  de  harpies  qui  ne  peuvent  se  rassasier  du-  sang 
qu’elles  sucent.  » Ah  ! craignez  jusqu’à  leurs  prévenances 
mêmes,  jusqu’à  leur  obséquieuse  soumission;  car  vous  avez 
d’autant  plus  à les  redouter  que  la  perfidie  se  glisse  sous 
leurs  empressements’.  Voyez  les  raille  formes  décevantes 
dont  ils  revêtent  l’usure!  Conduite  par  eux,  elle  se  prête  à 
d’inimaginables  artifices  pour  vous  dévorer;  et  voyez  en- 
core : s’il  se  rencontre  des  voleurs,  des  malfaiteurs,  des 
femmes  vouées  à la  prostitution,  la  maison  du  Juif  s’ouvre 
d’elle-même,  devant  leur  face,  et  reconnaît  en  eux  des 
hôtes  (promptum  prmbent  hotpitium).  Que  ces  gens  de  ra- 
pine viennent  offrir  au  Juif  les  produits  d’un  vol,  et  celui-ci 
les  achète  aussitôt  à vil  prix;  il  encourage  ces  misérables, 
il  les  stimule  et  les  aide  à tous  les  méfaits.  Vrais  fruits  de 
potence  (Jurdferi),  fléaux  de  tous  les  honnêtes  gens,  dé- 
pourvus de  droit  à toute  tolérance,  les  Juifs  sont,  en  un 
mot,  les  excitateurs  et  les  auxiliaires  du  fils  de  famille  con- 

' Nec  libertatem  hcredilario  acquisitam , ilà  temerè  prosliluere  ve- 
lint.  T.  III,  p.  7;  .Mogtinliæ,  1615. 

’ Ib.,  p.  809,  col.  î. 

* Ib.,  p.  810,  col.  1. 


407 


CHAPITRE  CINQUIÈME. 

tre  son  porc,  de  la  fille  contre  sa  mère,  et  du  seniteur  con- 
tre son  maître.  Et  que  de  suppôts  la  magie  ne  compte-t-elle 
pas  dans  leurs  •rangs  ‘ ! 

Ainsi  parle  le  siècle  de  la  RenaUmnce.  C’est  assez  dire  ; et 
nous  n’eussions  osé  lui  laisser  cette  apparente  licence  de 
discours,  si  ces  paroles  de  grandes,  de  courageuses  et  salu- 
taires vérités,  n’eussent  reflété  si  jrrécisHnent , après  tant  de 
siècles,  les  paroles  de  ruu  des  Pères  de  l’Église,  de  l’une  de 
ces  illustrationsdoctoralcsdevant  lesquelles  se  sont  inclinées 
jusqu’à  nos  jours  les  générations  humaines;  mais  langage  que 
ne  sauraient  guère  plus  accueillir  les  oreilles  nerveuses  que 
forme  le  style  délicatement  parlementaire  d'une  époque  où 
le  taisser-faire  tend  à devenir  le  principe  unique  de  la  vie 
sociale  ! 

.\  nous  de  voir  maintenant  si  le  siècle  religieux  de 
Louis  XIV,  et  le  siècle  si  peu  religieux  du  Régent,  n’au- 
raient rappelé  les  iniquités  du  Juif,  dans  un  de  leurs 
monuments  historiques  les  plus  remarquables,  que  pour  le 
réhabiliter  en  nous  offrant  une  description  de  ses  moeurs 
qui  détruise  nos  anciennes  et  légitimes  préventions,  et  qui 
nous  permette  de  révoquer  en  doute  la  fidélité  de  la  pein- 
ture que  nous  devons  au  vigoureux  et  terrible  pinceau  de 
Simon  Maïol.  Ouvrons  donc  le  Traité  de  la  police,  ce  grand 
et  monumental  ouvrage  dont  l'auteur,  sous  l’inspiration  des 
Lamoignon  et  des  Colbert , et  sous  le  patronage  même  du 
Régent,  décrit  dans  ses  pages  les  rapports  du  Juifet  du  Chré- 
tien. Le  Juif  y aurait-il  obtenu  le  moindre  éloge  dont  il 
nous  soit  possible  de  conclure  un  amendement  dans  sa  mo- 
ralité.3  Non!  Et,  sans  daigner  avoir  un  mot  pour  nous  dire 
quelle  sorte  de  personnage  est  devenu  le  descendant  de 
Jacob  à la  date  de  son  quadruple  millésime  S ce  livre  se 

' Hodie  etiam  apud  Jmlicos,  pra^ertim  in  Oriente,  quid  mayia  fre- 
quentius?...  Tradunt  ipsi  Judatei  senpiores  sepluaginla  seniores  sues, 
seu  Sanhédrin,  magiani  apprimè  calluisse,  idque,  inquil  R.  Semoloh, 
ut  piacstigiatores  eo  facilius  convinccrcnt!  Ib.,  p.  9î0,  col.  2. 

2 Premier  volume  en  4705,  second  en  1740,  troisième  en  4749,  qua- 
trième en  4738,  in-fol. 


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108 


LES  JUIFS. 


tait,  comme  si  rien  de  nouveau  n’était  à nous  appi  endre  sur 
le  Juif-,  comme  si,  au  sein  de  l’Europe,  le  Juif  reslé  ferme 
et  immuable  dans  sa  foi  talmudique  avait  dû  Tester  immua- 
ble dans  ses  mœurs-,  et  tel  est  en  effet  sur  ce  point  le  témoi- 
gnage de  l’histoire.  11  nous  laisse  en  un  mot  sous  l’impres- 
sion des  motifs  qui  dictent  en  1212  la  lettre  célèbre 
d’innocent  III,  et  qui  déterminent  on  l’an  139i  la  justice  du 
roi  Jean  : 

(t  Telle  est  l’ingratitude  des  Juifs,  s’écriait  le  pontife,  que 
cette  nation,  supportée  par  la  piété  chrétienne  avec  tant  de 
bonté,  « ne  rend  pour  reconnaissance  a ses  bienfaiteurs  que 
des  crimes  et  des  injw'es  ‘ * » 

Et  lorsqu’un  siècle  et  demi  s’était  écoulé  depuis  cette 
lettre,  riiistorien  ajoute  : « Les  vingt-huit  années  que  le  roi 
Jean  leur  avait  permis  de  demeurer  en  France  en  l’an  1360, 
et  les  seize  années  de  prorogation  que  Charles  \ leur  avait 
accordées,  ne  devaient  expirer  que  l’an  1396.  Mais  les  cri- 
mes (îl  les  abominations  qu'ils  commettaient  tous  les  jours  obli- 
gèrent Charles  VI  d’anticiper  ce  terme.  Il  le  fit  par  lettres 
patentes  du  17  septembre  1394-,  qui  bannirent  les  Juifs  ’a 
perpétuité  de  ses  États,  et  leur  tirent  défense  d’y  demeurer 
à peine  de  la  vie  » 

Or,  après  ce  quatorzième  siècle,  deux  autres  siècles  s’é- 
coulent, et  le  cruel  Traité  de  la  police  revenant  sur  Israël 
nous  dit,  a la  date  de  l’an  1705  -.  « Quelques  Juifs  de  Por- 
tugal et  de  Hollande  étant  venus  s’établir  en  France  sous 
prétexte  de  commerce,  au  commencement  du  siècle  der- 
nier, le  roi  en  fut  informé,  et  cela  donna  lieu  a une  décla- 
ration du  23  avril  1615,  par  laquelle  Sa  Majesté  bannit  de 
son  royaume  tous  les  Juifs,  et  leur  fit  défense  d'y  demeurer 
sous  les  peines  poi'tées  par  les  ordonnances  des  rois  ses  prédéces- 
seurs *,  )) 

Le  chef,  le  protecteur,  le  roi  de  la  nation  française  re- 

* P.  821-2.  Lire  les  affreux  détails  dans  lesquels  entre  celte  lettre. 

2 76.,  p.  285. 

3 T.  I,  p.  285. 


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CHAPITRE  CINQUIÈME.  109 

trouve  donc  devant  lui  les  mêmes  hommes  de  malfaisance 
qu’y  ont  trouvés  scs  prédécesseurs;  et  ces  Juifs,  qu’il  s’agit 
de  refouler  au  dehors  et  d’éloigner  'a  tout  prix,  n’ont  donc 
cessé  d’être,  dans  l’opinion  de  la  France,  un  fléau  public. 
Ne  nous  figurons  point  cependant  que  cette  défen.se  sévère 
empêche  un  certain  nombre  de  ces  hommes  aventureux  de 
pénétrer  et  de  s’asseoir  dans  le  royaume;  quelle  barrière  au 
monde,  quelle  digue  serait  imperméable  à la  race  juive.^. 
Mais  elle  signifie  ce  que  devait  être  aux  yeux  du  justicier 
suprême  ce  fidèle  du  Talmud , que  le  procureur  général  du 
régent  Philippe  d’Orléans  appelle,  en  1717,  « le  monstre  de 
la  société  civile  ‘ ! » 

Après  avoir  sommairement  jugé  de  la  doctrine  judaïque 
par  les  mœurs  du  Juif,  jugeons  maintenant  en  elle-même 
cette  doctrine  adultérée;  ouvrons  le  livre  qui  la  contient, 
remontons  aux  premiers  jours  du  monde,  jetons  un  coup 
d’œil  sur  l’homme,  tel  qu'elle  nous  le  décrit,  sortant  des 
mains  du  Créateur,  et  voyons  ainsi,  dès  le  principe,  ce  que 
devient  la  vérité  biblique,  ce  que  deviennent  les  livres  sa- 
crés de  Moïse  et  la  dignité  même  de  notre  nature  devant  la 
parole  magistrale  du  Talmud. 

« Le  Seigneur,  dit  ce  livre  des  livres,  ne  voulut  point  don- 
ner de  compagne  au  père  du  genre  humain  avant  qu’il  la 
demandât  lui-même.  Car,  si  par  la  suite  U arrivait  qu'elle  l’in- 
duisit au  péché.  Dieu  prétendait  qii’Adam  ne  fiït  point  en 
droit  de  lui  reprocher  un  présent  funeste.  Mais  ayant  pris 
cette  précaution  contre  celui  qu’il  avait  fait  à son  image,  Dieu 
fit  passer  devant  ce  monarque  de  la  terre  toutes  les  créatu- 
res. Or,  le  premier  acte  de  l’Adam  talmudique  est  un  de 
ces  outrages  â la  nature  que  la  loi  <le  Moïse  punit  implaca- 
blement de  mort  ' ; crime  religieux,  car  il  a pour  inspirateur 
les  dieux,  c’est-à-dire  les  mauvais  esprits  *,  sans  cesse 
appliqués  à corrompre,  à ravaler  la  dignité  de  l’homme; 

' Passage  que  nous  citerons  dans  un  autre  chapitre. 

’ Bible,  Lévitique,  xviii,  Ï3-29;  xx,  15-16,  etc. 

^ Dii  gentium  dæinonia.  Ps.  xcv,  5. 


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LES  JUIFS. 


Mn 

crime  vulgaire  plus  lard,  et  qui  prit  rang  au  nombre  des 
abominations  de  ces  Chananécns  dont  le  fer  d’Israël  dut 
purger  la  terre. 

Adam,  qui  se  cherche  une  compagne  tombe  dans  de 
prodigieux  égarements;  et,  loin  de  sévir  contre  lui,  Dieu 
daigne,  pour  complaire  a ce  premier  homme  du  Talmud,  lui 
tirer  une  côte  hors  du  corps,  et  il  en  construit  une  Èvc  âgée 
de  vingt  ans  *.  Mais  notre  première  aïeule  se  monirera-l-elle 
supérieure  à ce  triste  mari?  Aura-t-elle  dans  ses  goûts  de 
moins  humiliants  écarts?  — Réponse  ; Fopinion  commune 
de»  rabbins  est  que  la  mère  des  hommes  eut  pour  le  ser- 
pent une  affection  dont  profila  cet  insideux  animai  pour 
la  porter  à la  transgression  du  précepte  divin.  Aussi  le 
monstre  lui  communiqua- t-il  le  venin  qu’elle  transmit  k 
sa  postérité’. 

Telles  étaient,  d’après  les  vénérables  docteurs  du  Tal- 
mud, les  mœurs  de  nos  premiers  pères  au  cœur  du  paradis 
et  dans  l’état  d’innocence!  La  pénitence  d’Adam  n’eut  lieu 
qu’après  sa  faute,  c’est-à-dire  lorsqu’il  eut  mangé  du  fruit 
défendu;  et  nous  citerons  comme  une  preuve  de  sa  longue 
durée  la  rigueur  d’un  jeûne  de  cent  trente  ans,  pendant  les- 
quels il  refusa  tout  boire,  tout  manger,  et  s'isola  d’Éve. 
Aussi  cet  excès  de  rigueurs  imprudentes  eut-il  sa  déso- 
lante réaction;  car  un  jour  qu'Adam  vil  Lilit,  démon  fémi- 


' Nous  indiquons  le  texte  latin  pour  ta  continuation  de  ce  récit,  mais 
nous  ne  voulons  pas  le  reproduire  intégralement  : Tune  compressit 
omnes...  sed  cum  nihilominusefTervere...  petivita  Deo  sociam  similem 
sibi.  Dracli,  lettre  seconde,  p.  310-3(1  ; 18Î7. 

s Lettre  seconde  du  savant  Drach,  ancien  rabbin,  p.  310-31 1,  Paris, 
1 8ï7  ; in-8'>.  — Id.,  De  perfidia  Judœorum , par  l’évèque  Maiol , p.  809, 
col.  3;  Mngunliæ,  1615. 

3 Multoties  eam...  cuni  sese...  injecit  in  eam  tabem,  Zouhama,  — 

3ua  postentas  mulieris  inficitur.  Telles  sont  les  propres  expressions 
U Talmud,  traité  Schabbot,  fol.  146  r°;  traité  Yebamot,  fol.  103  v"; 
traité  Aboda-Zara,  fol.  îî  v».  Drach,  Warmoni*,  t.  II,  p.  321,  1844;  — 
lettre  see  nde,  Id.,  p.  313;  1827.  Lire  sur  C!  S actes,  communs  dans 
le  monde  idolâtrique,  Serpenlem  inter  et  mulierem  ; Etudes  anthropo- 
logiques, culte  du  Serpent,  etc.,  par  le  docteur  Boudin,  médecin  en 
chef  de  l’hàpital  militaire  Saint-Martin , de  l’armée  d’Italie,  etc.,  etc.; 
Paris,  1864,  Rozier,  88  pages  in-8‘>. 


Dig.' 


CHAPITRE  CINQUIÈME.  IH 

niu , Lilit  lui  plut,  tandis  qu'Ève,  délaissée,  rencontra  de  son 
côté  des  dénions  qui  n’étaient  pas  de  son  sexe , et  que  ces 
séducteurs  lui  plurent.  Ainsi  naissait  la  race  féroce  et  ter- 
rible des  hommes  issus  des  démons  ’. 

O singulières  austérités  de  la  pénitence  chez  ce  peuple 
dont  la  nature  semble  se  retourner  et  se  mettre  comme 
d’elle-mème  h l’envers,  dès  qu’il  se  révolte  contre  son 
Créateurf  O navrantes  aberrations  de  sou  livre  doctrinal 
et  doctoral  par  excellence,  qui  nous  rapporte  du  ton  naïf 
dont  se  disent  les  choses  les  plus  simples,  c^s  néfastes 
et  calamiteuses  relations  entre  l’homme,  le  démon  et  la 
brute ' ! 

L’homme  agit  d’après  sa  foi;  sa  croyance  engendre  ses 
actes,  lorsque  cette  croyance  est  sincère.  Voila  ce  que  nous 
ré|)étons  sans  cesse-,  aussi  la  conviction  de  l’infaillibilité 
doctrinale  du  Talmud  est-elle  si  profondément  enracinée 
dans  l’esprit  du  pur  orthodoxe,  qu’elle  domine  chez  le  père 
de  famille  jusqu’aux  sentiments  les  plus  naturels,  jusqu’aux 
plus  indomptables  instincts  du  cœur.  La  crainte  de  flétrir 
l’innocence  de  ses  propres  fils  était  donc , hier  encore,  in- 
suffisante k empêcher  le  Juif  de  les  initier  k ces  détestables 
études. 

Ainsi,  par  exemple,  et  le  dire  est  plus  aisé  que  le  croire, 
l’assertion  du  Talmud  relative  aux  premiers  rapports 
d’Adam  avec  les  animaux  est-elle  « répétée  dans  un  com- 
mentaire que  l’on  fait  apprendre  aux  p/u»  jeunet  enfanit;  et 
ce  commentaire,  te  seul  qui  soit  enseigné  dans  les  écoles,  ren- 
ferme une  foule  d’horreurs  pareilles,  que  les  maîtres  ne  peu- 
vent se  tüspenser  ([expliquer  aux  élèves.  La  première  partie, 
qui  explique  la  Genèse,  renferme  vingt-sept  de  ces  passages 

* Drach,  lettre  seconde,  p.  316,  ib. 

^ Idem,  De  aliis  contra  naturam  criminibus.  Lire  dans  l'Eglise  et  la 
Synagogue,  p.  131  à 136,  les  remarquables  paroles  et  les  cruelles  ac- 
cusations d’Ègiza,  sanctionni’es  par  le  huitième  canon  du  concile  de 
Tolède , en  693,  où  figurent  cinquante-neuf  évêques.  — Sur  les  alliances 
entre  l'homme  et  le  démon,  lire  notre  livre  Les  hauts  phénomènes  <U  la 
magie,  ch.  vi;  Paris,  1864,  Plon. 


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142 


LES  JUIFS. 


que  je  me  rappelle,  mais  je  crois  que  le  nombre  en  est  plus 
considérable.  » Or,  conlinue  de  nous  dire,  en  l’année  1827, 
le  savant  orientaliste  Drach  que  nous  venons  de  citer,  un 
riche  Israélite  de  Paris  crut  devoir  renvoyer  un  instituteur 
qu’il  avait  placé  près  de  ses  enfants  |)arcc  que  celui-ci  s’était 
rendu  coupable  d’un  acte  de  révolte  contre  le  livre  sacré 
du  Judaïsme.  Quelle  était  donc  la  gravité  de  cet  acte.^  la 
voici  : « Ce  jeune  homme  s'était  permis  de  supprimer  dans 
ses  leçons  un  de  ces  passages  révoltants  ! C’est  blasphémer 
nos  sages  électeurs,  dit  le  père  de  famille,  de  croire  que 
leurs  écrits  renferment  des  choses  pernicieuses.  Et  notre 
instituteur  en  fit  l'expérience  ; ne  pouvant  plus  trouver  d'occu- 
pation parmi  les  Juifs  de  ce  pays , malgré  sa  grande  instruction, 
il  tomba  dans  une  profonde  misère,  sans  pouvoir  obtenir  le 
moindre  secours  de  ses  frères.  La  charité  chrétienne  l’aida 
à s’en  retourner  k Berlin,  sa  ville  natale  '.  » 

Que  si  le  Talmud  est,  dans  le  Judaïsme,  la  cause  de  la 
corruption  morale,  nous  aurons  k voir  s’il  ne  fut  point,  s’il 
ne  serait  pas  encore,  dans  les  lieux  où  il  domine,  la  source 
d’une  haine  dont  le  flot  s’épanchait,  ou  s’épanche,  du  sein 
d’Israël  sur  tout  homme  étranger  k sa  race.  Chacun  des  cha- 
pitres qui  vont  sc  succéder  dans  nos  pages  nous  édifiera, 
selon  son  titre,  sur  les  mœui's  étranges  dont  ces  traditions 
pbarisaïques  des  rabbins  sont  devenues  le  principe. 


* Drach,  lellre  seconde  d'un  rabbin  converti,  p.  311  ; Paris,  1827. 


CHAPITRE  CINQUIÈME. 


m 


DEtlXlÈJIE  DIVISION.  MORALE  DU  T.SLMUD  EN  ACTION. 

LA  FEMME  CHEZ  LE  JUIF. 

La  jeune  fille  dans  la  maison  paternelle  à côté  de  ses  frères  en  bulle 
aux  explications  des  turpitudes  talinuilii|ucs!  — Le  rabbin  et  l’élé- 
valion  do  la  femme  chez  le  Juif;  belles  pen.sées.  — Réplique  de 
l'histoire.  — M.  Crémieux  parle  comme  l'histoire.  — Le  Talmud 
assimile  la  femme  à l’esclave.  — Nulle  loi,  même  dans  le  mariage, 
ne  lui  assure  le  plus  ‘impie  respect  de  la  part  de  son  mari,  pour 
lequel  elle  est  « de  la  viande  de.  boucJierie...  • — Elle  doit  tolérer 
la  concubine  de  celui-ci  jusque  sous  le  toit  conjugal.  — Il  suffit  que 
cette  concubine  ne  soit  pas  une  infidèle,  car  alors  elle  ne  serait 
qu'une  brute  aux  yeux  de  la  loi.  — Hizarreric  de  puileiir  judarque. 

— Droit  de  correction  manuelle  sur  la  femme  et  droit  do  divorce. 

— Dtîvant  Dieu  et  dans  les  réunions  religieuses,  la  femme  compte 
pour  né'ant.  — Lui  apprendre  la  loi  sainte  est  aussi  coupable  que  lui 
apprendre  des  obscénités.  — Portrait  de  la  Juixc  par  un  peintre  do 
sang  judaïque.  — Défauts  et  qualité.^.  — Proportion  des  femmes  de 
mauvaise  vie  bien  plus  grande  chez  les  Juifs  que  chez  les  Chrétiens 
(aveu  judaïque).  — Le  Juif  doit  au  Talmud  de  fournir  au  prolétariat 
son  écuTe.  — Mais  la  profession  du  J itdaïsme  rachète,  aux  yeux  du 
talmudisant,  toute  faiblesse  de  la  femme. 


Et  maintenant,  que  vont  faire  de  la  fille  de  leur  Éve  les 
véiiéraliles  docteurs  du  Talmud?  Dans  i]uel  état  d’égalité  ou 
d’infériorité  le  livre  sacré  la  placera-t-il  vis-à-vis  de 
l’homme?  Et  si,  dans  la  maison  paternelle,  la  jeune  sœur 
n’a  |ias  été  séparée  de  ses  frères  et  de  leur  [irécepteur  par 
un  mur  d’airain , d’où  lui  naîtra  la  chance  (féchapper  aux 
précoces  appétits  de  corruption  que  l’explication  des  turpi- 
tudes talmudiques  aura  développés  dans  le  cœur  des  com- 
pagnons ou  du  tuteur  de  son  enfance?  Qui  se  tiendra  du 
matin  au  soir  près  de  ses  oreilles  pour  sauvegarder  son 
innocence  et  la  protéger  contre  l’inévitahle  profanation 
dont  les  leçons  religieuses  de  l’institiitcur  de  ses  frères  se- 
ront la  cause  première?  Enlin,  pour  conserver  intacte  la 
fraîcheur  de  sa  pureté,  lui  sulîira-l-il  du  profond  mépris 
que  sous  nos  yeux  le  talmudisant  va  témoigner  à la  femme, 
et  de  l’état  d’ignorance  et  d’abjection  dans  lequel  il  la  con- 
damne à croupir? 

Non,  non,  chrétien  notre  ami,  réplique  le  Juif,  tu  ne  con- 
nais guère  Israël;  loin  de  dégrailer  la  femme,  « le  Talmuil 

8 


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m LES  JUIFS. 

reste  fidèle  aux  inspirations  de  l’Écrilurc.  « Écoule,  pour 
les  redire  aux  tiens,  quel(]ues-unes  de  ses  belles  maximes, 
et  « peut-être  réduiront-elles  au  silence  les  détracteurs  de 
nos  principes.  » 

« L’homme  doit  honorer  sa  femme,  car  la  bénédiction  de 
Dieu  n’eulre  dans  nos  demeures  qu’à  cause  des  femmes!  » 
— « La  perle  de  la  première  femme  est  aussi  douloureuse 
que  léserait  la  destruction  du  sanctuaire  de  Dieu.  » — « Ceux 
qui  ne  se  marient  pas  ne  connaissent  pas  le  bonheur-,  la 
bénédiction  divine  n’entrera  pas  dans  leur  demeure,  et  ils 
n’éprouveront  jamais  des  joies  pures.  » — « Tout  dépend  de 
la  femme  » , dit  le  .Midrasch  Yalkul.  — « L’autel  même  pleure 
sur  celui  qui  se  sépare  de  la  femme  qui  a reçu  ses  premiers 
serments.  » — « Un  dernier  mol,  en  outre,  témoigne  de 
quel  prix  est  à nos  yeux  la  liberté  de  la  femme  : Les  rab- 
bins recommandent  de  ne  pas  marier  les  filles  sans  les 
avoir  consultées , et  sans  avoir  égard  à leurs  goûts.  C’est  là 
une  recommandation  dont  pourraient  avoir  besoin  quelque- 
fois (les  pères  qui  ne  sont  pas  israéliles  ! » 

La  plupart  de  ces  maximes , dont  quelques-unes  ont  le 
respirdes  parfums  bibliques,  reposent  et  rafraîchissent  l’es- 
prit. N’oublions  pas  enfin  (c  que  les  femmes  juives  se  mon- 
traient en  public,  à la  promenade,  dans  les  maisons  de 
prière,  dans  les  écoles  où  elles  venaient  chercher  leurs  fils 
ou  bien  écouler  les  paroles  du  maître,  » et  qu’elles  comparais- 
saient « dans  les  tribunaux  où  elles  apportaient  leurs  griefs  ' » . 

Ainsi  serait  réfuté  « l’un  des  plus  gnives  reproches  que 
l’étranger  adresse  au  judaisant  »,  et  qui  se  formule  en  ces 
termes  : « La  loi  israélile  fait  de  la  femme  un  être  inférieur  ; 
elle  lui  dénie  tous  ses  droits;  elle  la  prive  de  sa  liberté; 
elle  la  livre  sans  défense  à ses  maîtres;  enfin  elle  ne  lui 
lais.se  pas  même  celle  consolation,  qui  peut  remplacer  pour 
nous  tout  ce  que  nous  avons  perdu  ; la  participation  à la  loi 
religieuse  *.  » 

I Archives  israéliies,  XXI,  p.  9.18  à 9H,  l"'  novembre  t866. 

^ Archives  israélites,  XX,  p.  897;  1866. 


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CHAPITRE  CINQUIÈME.  115 

« S’instruire  clle-méme  de  ses  devoirs,  chercher  dans  la 
prière  la  force  de  les  accomplir,  les  inculquer  aux  enfanls, 
les  [)ousser  h aller  dans  les  écoles,  pour  y chercher  le  com- 
plément de  l’instruction  qu’elle  leur  a donnée  ; mettre  son 
mari  à même  d’étudier  la  religion  : voilh  ce  que  le  Talmud 
demande  à la  femme.  Et  l’on  vient  nous  dire  qu’il  l'exclut 
de  la  loi  religieuse  '!...  » Oh!  vraiment, quelle  indignité!  Tel 
est  le  langage  des  sages  de  Juda. 

I.a  première  réponse  de  l’histoire  aux  affirmations  de  ces 
docteurs,  ce  doit  être  une  pièce  que  nous  acceptons  de  leur 
main.  Elle  a pour  auteur  l’une  des  illustrations  du  monde 
judaïque,  le  plus  haut  dignitaire  du  rite  écossais  de  la  franc- 
maçonnerie  ^ celui  qui,  le  premier,  présida  l’importante 
association  de  1’.\luance  Israélite  universelle,  enfin  l’un 
des  souverains  provisoires  de  ta  France  lors  de  l’installation 
de  la  seconde  république  française. 

M.  Crémieux,  puisque  nous  venons  de  le  nommer,  fait 
retentir  sa  parole  vive  et  solennelle  au  milieu  de  la  sixième 
assemblée  générale  de  cette  singulière  association.  Il  l’en- 
tretient avec  passion  de  ses  frères  de  l’Orient,  chez  lesquels 
il  nous  faudra  plus  particulièrement  bientôt  rechercher  le 
Juif  judaïsant,  ce  type  immuable  pendant  des  siècles,  et 
qui,  de  nos  jours,  dans  les  régions  libérales  de  l’Europe,  ô 
signe  irrécusable  des  temps!  s’ébranle,  sort  de  lui-méme, 
se  transforme,  se  métamorphose  à vue  d’œil,  sent  sa  foi 
plus  chancelante  h chaque  pas  qui  le  rapproche  du  droit  de 
cité  chez  les  peuples  qui  l’accueillent,  rougit  de  ses  mœurs 
talmudiques,  les  répudie  tout  ou  flattant  d’une  main  douce- 
reuse le  Talmud,  et,  vide  de  toute  croyance,  ouvre  avec 
amour  son  intelligence  et  son  cœur  aux  doctrines  du  libéra- 
lisme antichrétien  dont  le  sinistre  bourdonnement  remplit 
l’atmosphère. 

« De  quelque  part  que  nous  vienne  la  plainte,  s’écrie 
l’orateur  judaïque,  notre  secours  lui  arrive Nous  venons, 

* Archives  Israélites,  XXII,  p.  993-i,  1866. 

8. 


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116 


LES  JUIFS. 


la  bourse  à la  main , procéder  à la  création  d’écoles  jusqu'a- 
lors inconnues.  Mogador,  Tanger,  Constantinople,  Saloni- 
que,  Damas,  Bagdad,  notre  alliance  est  partout,  et  com- 
mence 'a  régénérer  les  enfants Je  ne  sais  quelle  rapidité 

d’instinct  anime  ces  enfants  de  l’Orient,  dont  les  progrès  nous 
étonnent...!  Les  écoles  de  filles  nous  occupent  beaucoup.  Les 
filles  deviennent  les  femmes,  les  femmes  deviennent  les  mè- 
res-, c’est  par  les  mères  que  se  gravent  dans  le  cœur  des 
enfants  les  premiers  principes,  les  premières  idées  qui  sont 
la  décision  de  la  vie.  Je  vous  avoue,  entre  nous,  messieurs, 
que  j’ai  toujours  eu  pour  les  femmes  le  plus  doux,  le  plus 
irrésistible  penchant.  (On  rit.)  J’ai  compris  de  bonne  heure 
que  d’elles  surtout  dépend  le  sort  de  nos  enfants,  c’est-à- 
dire  le  bonheur  de  noire  vie;  et,  s’il  faut  vous  ilire  toute  ma 
pensée,  je  n’ai  jamais  bien  compris  t/u'on  veuille  les  tenir 
dans  un  état  d’infériorité.  Je  ne  veux  pas,  surtout,  le  com- 
prendre dans  la  famille  juive » 

...  « Lors  de  mon  voyage  en  Égypte....,  je  m’aperçus  de 
Vétat  de  sujétion  dans  lequel  étaient  tenues  les  femmes  juives.  Le.j 
jeunes  filles  riches  étaient  envoyées  dans  les  écoles.  Quelles 
écoles!  Dans  des  lieux  souterrains,  ’a  l’abri  de  la  chaleur, 
nonchalamment  étendues  sur  des  tapis,  elles  passaient  les 
jours  dans  l’indolence.  Les  jeunes  filles  pauvres  n’avaient 
point  de  lieu  de  réunion.  .\  l’intérieur  des  maisons,  les 
femmes  vivaient  dans  la  dépendance  et  la  soumission.  Et 
pendant  que,  réunis  dans  la  synagogue,  les  Juifs  me  ren- 
daient ces  honneurs  si  grands  dont  le  souvenir  ne  peut  s’ef- 
facer de  mon  âme,  les  femmes,  reléguées,  s’offraient  à peine 
h mes  regards.  J’avais  résolu  de  m’élever  contre  ees  habitu- 
des de  la  famille Étes-vous  musulmans , leur  dis-je , que 

vous  traitez  vos  femmes  comme  ils  traitent  leurs  femmes?  Est-ce 
que  le  Dieu  d’Israël  n’a  pas  fait  la  femme  de  notre  chair.^ 
Est-ce  qu’elle  n’est  pas  la  mère  de  nos  enfants?...  Est -ce 
que  (notre)  loi  n’a  pas  mis  la  femme  au  rang  de  l’homme 
dans  ces  mots  si  touchants  Honore  ton  père  et  ta  mère?  Et 
comment  votre  fils  honorera-t-il  sa  mère,  si,  dans  la  mai- 


Di-;i- 


CHAPITRE  CINQUIÈME.  H7 

son  (le  son  père,  il  ne  la  voit  pas  honorée,  elle,  épouse,  à 
l’égal  (le  son  père  ‘i*  » 

Ces  paroles  jetées  avec  l'art,  le  ménagement,  les  précau- 
tions que  réclamaient  impérieusement  les  chatouilleuses 
oreilles  de  l’auditoire,  nous  préparent  ii  la  parole  plus  doc- 
torale, et  souvent  si  piquante,  que  consignait  'a  la  postérité 
l’un  des  hommes  les  plus  érudits  qui  soient  sortis  du  Ju- 
daïsme, et  que  nous  avons  plus  d’une  fois  amicalement  hé- 
bergé sous  le  toit  qui  nous  abrite  Le  Talmud,  nous  dit  en 
l’an  1844  cet  ancien  rabbin,  « le  Talmud  qui  assimile  en 
toutes  choses  la  femme  ù l’esclave  »,  déclare  le  mari  tellement 
maître  de  celle  qu’il  épouse,  que  si  même  il  profane  les  lois 
les  plus  inviolables  du  mariage,  la  femme  n’est  pas  admise 
à SC  plaindre,  et  qu’il  a droit  ’a  dominer  toutes  ses  résistan- 
ces. Il  lui  appartient  donc  « d’en  user  bon  gré  mal  gré, 
comme  d'une  viande  achetée  a la  boucherie,  » et  destinée  a 
souffrir,  sans  se  plaindre,  que  celui  qui  l’a  payée  « l’accom- 
mode selon  son  goût  et  son  caprice  \ » 

Les  maîtres  de  la  tradition  pbarisaïque,  les  docteurs  du 
Talmud,  les  rabbins,  qui  permettent  et  commandent  à l’or- 
thodoxe tant  de  choses,  et  des  choses  si  singulières,  défen- 
dent cependant  au  mari  de  s’allier  b une  infidèle,  car  l’infidèle 
représente  pour  eux  une  brute;  et  qui  l’aime,  aime  une 

béte Mais  le  concubinage  du  mari  n’effraye  nullement 

leur  morale;  et  la  concubine  osât-elle  implanter  avec  elle 
l’adultère  .sous  le  toit  conjugal,  ce  fait  n’a  rien  qui  les  effa- 
rouche; loin  de  là  ! Que  celte  rivale  de  l’épouse  ne  soit  point 
mariée;  que,  surtout , elle  ne  suit  point  une  infidèle,  et  par 
cela  même  déchue  au  rang  de  l’animal , tout  sera  dès  lors 
|M>ur  le  mieux , et  voilà  tout  ce  que  le  rigorisme  rabbinique 
exige! 

' Archives  Israélites,  I,  p.  14-16,  1"  janvier  1867. 

^ Voir  Harmonie,  l.  1"',  p.  73;  Paris,  1844,  Dracli. 

^ Harmonie  entre  l'Eglise  et  la  Synagogue.,  ib.,  l.  Il,  p.  334-5. 
Talmud.  traité  Sanhédrin,  fol.  58  v”,  et  traité  Nédarim,  fol.  20  v”,  qui 
autorise  en  termes  explicites  le  mari  : naturali  omisso...  Lire  la  suite, 
•6.  p.  335. 


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118 


LES  JUIFS. 


Nous  n’hdsiterons  point  d’ailleurs  ’a  rappeler  que , parmi 
les  maîtres  cités  dans  nos  pages  « sur  les  décisions  du  San- 
hédrin de  1807  »,  et  d’où  résulte  le  fait  que  les  Juifs  pro- 
fessent cette  commode  doctrine,  il  y a celle  du  Ramhan 
(Moïse  Nahhmenides),  dont  l’autorité  dans  la  Synagogue  est  si 
grande!  Or,  ce  rabbin  s'étonne  que  l'on  puisse  « mettre  en  doute 
si  pareille  chose  est  permise.  Je  ne  puis  concevoir,  dit-il, 
comment  on  peut  en  douter!  c’est  certainement  un  commerce 
licite.  » Rabin  David  Adubraliam  rapporte  ces  mêmes  paroles 
du  Ramban  ' et  les  corrobore  par  plusieurs  sentences  de 
Malraonides.  » D’après  le  sens  que  les  rabbins  donnent  î» 
ces  paroles  de  la  Genèse  : Croissez  et  multipliez,  il  est  donc 
inutile  de  se  soumettre  au  joug  du  mariage  pour  atteindre  le 
but  providentiel  de  la  multiplication  de  l’espèce  humaine  ; et, 
par  le  plus  provocant  oubli  des  lois  de  la  morale,  le  liber- 
tin et  le  lâche  séducteur  n’accomplissent  pas  avec  moins  de 
mérite  que  l’homme  vertueux  « un  précepte  divin  ’.  » 

Dès  que  nous  aurons  appris  quel  est  le  néant  de  la  femme 
sous  le  toit  du  Juif  orthodoxe,  nous  nous  garderons  bien  de 
nous  étonner  si  celui  que  l’on  appelle  son  mari  n’est  en  réa- 
lité que  son  maître^  si  son  titre  matrimonial  l’investit  du 
droit  de  fustiger,  de  corriger  celle  que  le  mariage  lui  livre; 
et  si,  d’après  l’interprétation  judaïque,  le  neveu  ne  peut 
épouser  sa  tante,  tandis  que  l’oncle  reste  libre  d’épouser  sa 
nièce,  par  la  raison  que,  dans  ce  premier  cas,  les  conve- 
nances priveraient  le  neveu  du  droit  de  correction  manuelle 
si  nécessaire  ’a  l’harmonie  conjugale 
Mais  cette  même  femme  qui,  sans  offenser  les  mœurs  tal- 
mudiques, vivait  tout  k l’heure  sous  le  toit  conjugal  d’un 
homme  marié,  cette  femme  vient-elle  k serrer  elle-même 
les  nœuds  du  mariage,  oh!  que  dès  lors  elle  se  garde  bien 
d’être  assez  impudique  pour  permettre  k l’œil  téméraire 
d’un  homme  d’apercevoir  quelques  mèches  seulement  de  sa 

* P.  113,  col.  3,  edil.  do  Prague. 

5 Ibid.  Drach,  Harmonie,  l.  I,  p.  Î08. 

^ Ih.  Harmonie,  t.  II,  p.  335. 


CHAPITRE  CINQUIÈME.  MS 

chevelure;  car  cel  oubli  de  soi-même  serait  un  crime  contre 
la  religion  ‘ ; le  mari  se  trouverait  à l’instant  même  en  droit 
do  l'expulser  du  domicile  conjugal  et  de  lui  délivrer  une 
lettre  de  divorce*  ; elle  aurait  répandu  le  scandale  dans  le 
sein  du  peuple  élu! 

Autre  point  : Les  prières  publiques  de  la  Synagogue,  et 
la  plupart  des  cérémonies  du  culte,  no  peuvent  se  faire  (|ue 
devant  une  réunion  de  dix  personnes,  parce  que  ce  nombre, 
selon  les  rabbins,  attire  la  présence  du  Seigneur*.  Cepen- 
dant, « s’il  y avait  neuf  hommes  et  un  million  de  femmes, 
il  n’y  aurait  pas  assemblée,  par  la  raison  que  les  femmes  ru 
sont  rien.  « Mais  qu'il  arrive  seulement  un  garçon  de  treize 
ans  et  un  jour,  tout  change  aussitôt,  et  « il  y a assemblée 
sainte  *.  » 

Eh  quoi!  la  femme  juive  n'être  rien?  C’est  en  vérité  bien 
peu  de  chose.  Rien  devant  le  Dieu  qu’elle  adore!  rien  devant 
le  Ois  qu’elle  a mis  au  monde!  rien  devant  l’homme  qui, 
sous  le  toit  conjugal , la  place  entre  la  concubine  qu’il  lui 
préfère  et  la  lettre  de  divorce  toujours  menaçante!  Elle 
compte  pour  si  peu  dans  le  monde,  « qu’exclue  de  toutes  les 
cérémonies  du  culte  *,  elle  ne  peut  même,  sans  péché,  pren- 
dre connaissance  des  principes  de  sa  religion  ».  Et  « celui 
qui  enseigne  'a  sa  Olle  la  loi  sainte,  dit  le  Talmud,  est  aussi 
coupable  que  s’il  lui  apprenait  des  obscénités  ®!  » 

' Harmonie,  t.  II,  p.  373-4. — Archives  isro^Wes,  lV,p.  184  ; I»6S. 
Conducleurs  aveugles,  disait  le  Uhrist,  qui  avez  soin  de  passer  ce  que 
vous  buvez,  a6n  de  ne  pas  avaler  un  mouclieron,  et  qui  avalez  un  enu- 
meaul  Saint  Matthieu,  Evang.,  xxiii,  'ii. 

^ Harmonie,  l.  II,  p.  373-4.  Les  coquettes  concilient  les  lois  de  la 
modestie  et  de  la  pudeur  en  portant  de  fau.x  cheveux.  Ibid. 

^ Talmud,  traité  .Meghilla,  fol.  23  v";  traité  SanhiHirin,  fol.  2 r». 

^ Harmonie,  t.  II,  p.  335-6,  ib.,  1844.  Drach,  ib. 

8 En  France  même,  de  nos  joursencore  (1844),  malgré  les  heureuses 
défaillances  de  la  foi  judaïque,  les  Juifs  scrupuleux  défendent  à leurs 
femmes  d'entrer  dans  la  partie  de  la  synagogue  où  sont  les  hommes. 
Elles  doivent  se  tenir  ou  dans  une  pièce  séparée,  ou  dans  les  galeries 
supérieures  ferméesavecdesgrilhiges  et  des  rideaux.  » Harmonie,  t.  H, 
p.  334;  Paris,  1844. 

0 Lettre  première,  id.,  p.  85-6,  1825;  — Harmonie,  t.  Il,  p.  338; 
1844.  Talmud,  traité  Sotah,  fol.  20  r°\id.,  — .Maîmonides,  traite  Etude 


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130 


LUS  JUIFS. 


Cerlcs,  nous  aurons  la  famleur  de  reconnailre  que  si  ja- 
mais une  loi  religieuse  souillée  de  pages  aussi  altenlatoires 
à la  pudeur  ei  aux  senliraents  d’un  être  (]ui  se  respecte  que 
l’est  le  Talmud,  pouvait  nous  être  imposée,  notre  première 
sollicitude  serait  d'en  détourner  les  yeux  demis  tilles,  et 
que,  selon  les  jiaroles  rabliiniques,  nous  nous  croirions  aussi 
coupables  de  lui'en  prescrire  l’étude  que  de  lui  apprendre 
des  obscénités.  .Mais,  ô renversement  des  lois  de  la  na- 
ture, ce  n’est  point  par  un  sentiment  de  respect  pour  la 
femme , c’est  jiar  respect  jioiir  ce  code  immonde  de  sa  reli- 
gion, que  le  .luif  lalmudisant  en  (‘carte  sa  tille; 

l’eu  d'années  ajirès  que  la  plume  doctorale  de  Dracli  nous 
eut  révélé  ces  mystères,  et  tandis  que  le  vent  soutenu  de  la 
révolution  continuant  'a  détruire,  ;i  jeter  pêle-mêle  et  l’une 
sur  l’autre  toutes  les  croyances  religieuses,  finissait  par  en- 
tamer la  foi  jusqu’alors  inéliranlable  du  Juif,  un  peintre  de 
mœurs  d’origine  judaïque  ravivait  d’un  coup  de  pinceau 
saisissant  l’ensemble  de  cette  situation  ; et  son  tableau , si 
nous  supprimions  les  paroles  que  nous  venons  de  rappeler, 
SC  laisserait  prendre  volontiers  moins  pour  une  toile  digne 
des  galeries  de  l’iiisloire  que  pour  l’œuvre  légère  et  fantas- 
que d’un  artiste  malveillant  et  railleur  : 

de  la  loi,  cil.  i,  § 13;  id.  I.  1''.  p.  59.  Sous  l'ancicnnc  loi,  la  femme 
était,  au  point  de  vue  du  culte,  riiiférieure  de  l’homme,  mais  la  loi  de 
rédemption  l'a  pleinement  réhabilitée.  S.  Paul,  liai,  ni,  v.  28. 

a Tout  homme  est  tenu  d’enseigner  la  loi  religieuse  à sa  tille,  » dit 
le  Talmud.  Sutah,  ch.  lu;  .Mischna;  4,  au  nom  de  /len-Azai,  disent  les 
j4rc/iiff.s  israéliles,  XXI,  p.  948;  1866.  Et  dans  le  numéro  suivant, 
elles  ajoutent,  à propos  des  contradictions  talmudiques  : a l.e  Talmud 
enregistre  le  pour  et  le  contre,  comme  les  journaux  qui  rendent 
compte  des  délibérations  d'une  assembh'e;  c’est  un  procès-xerbal 
consciencieux  et  impartial  de  tout  ce  qui  s'est  dit.  Mais,  quand  plusieurs 
opinions  sont  en  prtWnce,  c’est  l'histoire  qu'il  faut  consulter  [lour  sa- 
voir celle  qui  a prévalu.  » XXll,  p.  994;  1866. 

C’est  donc  l’histoire  que  nous  interrogeons,  parce  qu'elle  nous  ap- 
prend ce  qui  se  pratique  sous  l’empire  du  Talmud,  et  nous  y voyons 
que  l'échappatoire  des  Archives  n’est  qu'une  fausse  porto,  car  il  ne 
s’agit  point  de  savoir  ce  qui  peut  être  inscrit  à tel  ou  tel  titre  dans  le 
coiîe  religieux,  il  s’agit  de  savoir  ce  (|ui  figure  dans  ce  livre  à titre  de 
principe,  à titre  d’enseignement  rabbinique,  et  c’est  là  ce  que  l’bisloire 
vient  de  nous  dire.  Les  paroles  mêmes  de  M.  Crémieux,  président  do 
l’Alliance  Israélite  universelle,  nous  l’ont  rappelé.  Voir  ci-dessus. 


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CHAPITKE  CINQUIÈME.  121 

« La  femme  juive  a plus  gagné  que  son  époux  aux  hien- 
fails  qu'ont  amenés  les  progrès  de  la  civilisation  et  de  la 
liberté.  La  femme  n’était  qu’esclave  partout  et  toujours,  et  c’est 
sur  elle  que  retombaient  les  effets  de  l’humeur  longtemiis 
contrainte  de  .son  mari  ; elle  était  l’instrument  de  ses  plai- 
sirs, un  soufl're-düuleur  incessamment  destiné  ’a  apaiser  les 
peines  et  les  chagrins  de  la  misère  et  de  la  persécution! 

» Chargée  île  tous  les  soins  domestiques  et  de  perpétuer 
la  famille,  la  Juive  ne  semblait  être  née  que  pour  cela;  sa 
vie  monotone  se  passait  au  milieu  de  toutes  ces  préoccupa- 
tions,... heureuse  encore  lorsi|ue  son  abnégation  et  son  dé- 
vouement ne  lui  attiraient  pas  les  ])laintcs  et  de  mauvais 
traitements.  La  femme  n’était  comptée  pour  rien  dans  l'état 
social  des  Israélites;  sa  naissance  n’était  point,  comme  celle 
des  hommes,  consignée  sur  le  registre  de  la  communauté; 
son  décès  n’était  l’objet  d’aucun  acte  pareil;  sa  vie  active  et 
souffrante  passait  sur  la  terre  comme  l’ouragan.  On  n’ensei- 
gnait aux  filles  juives  rien  de  la  littérature,  des  sciences  et 
des  arts;  rien  des  métiers,  rien  de  la  morale  ou  de  la  reli- 
gion ' ; on  ne  les  habituait  qu’b  souffrir  et  à se  taire.  L’entrée 
du  temple  leur  était  interdite  jusqu’à  leur  mariage,  et  l'on  a 
peine  a concevoir  leur  dévotion , même  leur  fanatisme, 
lorsqu’on  sait  que  le  Judaïsme  n’a  rien  pour  les  Jemmes, 
qu’il  ne  leur  accorde  aucune  place  dans  la  hiérarchie  so- 
ciale;... qu’il  ne  les  regarde  que  comme  des  meubles  indis- 
pensables, dignes  a peine  de  quelques  égards  et  de  quelque 
attention!  » 

A peine  mariée,  « la  femme  juive  rentre  dans  l’étal  com- 
mun de  malpropreté  ordinaire  à sa  caste.  — Malheureuse- 
ment un  tempérament  de  feu  caractérise  généralement  les 
beautés  juives , et  c’est , pour  un  grand  nombre  d’entre  elles, 
un  écueil  qui  les  fait  facilement  tomber  et  se  livrer  h toute 

' Et  la  femme,  c’est  la  famille!  Nous  le  voyons  en  France,  où,  jus- 
qu’ici, la  femme  catéchisée  a seule  pu  lutter  contre  les  niaiseries  impies 
et  dissolvantes  du  libéralisme  philosophique,  et  sauver  la  société  en 
sauvant  la  famille. 


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<22  LES  JUIFS, 

la  corruplion  de  l’époque  sans  qu’elles  soient  retenues  par 
les  appréhensions  religieuses,  qui  s’effacent  de  jour  en  jour 
dans  le  Judaïsme  b mesure  que  la  persécution  et  le  danger 
disparaissent.  » Les  Juives  sont  d’ailleurs  « en  grande  fa- 
veur auprès  des  artistes,  qui  trouvent  en  elles  des  modèles 
achevés...  » 

« La  femme  juive  a,  moins  que  toute  autre,  dépouillé  le 
caractère  de  son  sexe.  Elle  est  impérieuse  et  bavarde,  faible 
et  crédule,  médisante  et  cancanière...  Elle  a des  habitudes 
très-casanières,  méprise  profondément  les  chrétiennes  et 
médit  de  scs  coreligionnaires...  Du  reste,  elle  est  sensible 
et  généreuse  -,  la  charité  est  une  vertu  qu’elle  pratique  ' mieux 
que  l’humilité  et  que  l’obéissance  conjugale.  Lorsque  les 
Juives  appartiennent  aux  premières  familles,  et  lorsqu’elles 
ont  reçu  une  éducation  soignée,  elles  font  les  honneurs  d’un 
salon  avec  une  rare  distinction , une  grâce  et  un  esprit  par- 
faits’. » 

Les  mœurs  du  judaïsme  vont  donc  s’altérant;  elles  s’a- 
méliorent : Israël  ce-sse  de  se  ressembler  à lui-même;  il 
marche,  il  avance,  il  progresse,  et,  depuis  quelques  années, 
cette  altération,  cette  transformation  s’opèrent  avec  une  ra- 
pidité vertigineuse  partout  où  le  Juif  a le  bon  sens  et  le  bon 
goût  de  s'émanciper,  de  se  dégager  des  entraves  du  Talmud; 
mais  alors  aussi  la  Juive,  cette  lionne  ardente  et  si  long- 
temps captive,  s’émancipe  et  se  dégage  des  entraves  où  la 
retenait  un  mari  trop  souvent  sans  pitié.  C'est  dire,  il  est 
vrai,  que  le  frein,  qui  pour  elle  remplaçait  la  morale,  s’affai- 
blit; que  son  goût,  que  sa  passion  des  plaisirs  et  du  luxe 
l’entraîne,  que  « son  tempérament  de  feu  » la  jette  dans 
les  tourbillons  ardents  du  monde;  où  l'orgueil,  non  moins 
que  la  coquetterie,  lui  commande  de  briller;  et  l’Univers 
israélite  n’hésite  nullement  â nous  apprendre  lui-même  un 

< Nous  en  savons  d'admirables  exemples,  et  jamais  nous  ne  laissons 
échapper  l’occasion  de  les  redire. 

^ Les  Juifs,  leur  histoire,  leurs  mœurs,  par  A.  Corfberr,  p.  49  à 52; 
Paris,  1847. 


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CHAPITRE  ClNQUiÈME.  IÎ3 

fait  dont  nos  propres  yeux  peuvent  aujourd’hui  porter  témoi- 
gnage; c’est  que  dans  les  maisons  qui  s’ouvrent  au  Juif,  ou 
que  le  Juif  ouvre  au  chrétien , et  « dans  la  saison  des  hais 
et  des  soirées,  les  femmes  Israélites,  princesses  de  la  rare 
de  David',  se  distinguent  entre  toutes  par  la  richesse  et  la 
magnificence  de  leurs  toilettes’  »,  c’est-a-dire,  en  bon  fran- 
çais, par  les  excès  et  les  conséquences  du  luxe  sans  frein 
qui  nous  dévore. 

Semblable  d'ailleurs  à toute  autre  femme,  la  Juive  a be- 
soin non  pas  d’une  contrainte  tyrannique  qui  la  réduise  a 
la  nécessité  des  bonnes  mœurs  par  l’impossibilité  de  se 
livrer  aux  mauvaises,  mais  il  lui  faudrait  une  loi  de  sagesse 
dont  la  douceur  et  la  divinité  pénétrassent  son  âme  intelligente 
et  son  cœur  aimant;  cette  loi  que  l’éducation  religieuse  ner 
donne  plus  guère,  hélas!  ii  nos  fils;  qu’elle  donne  à peine  à 
nos  lilles , et  qu'elle  est  si  loin  de  leur  donner  aujourd’hui 
d'une  manière  solide  et  complète.  Or,  l’éducation  de  la  fille 
Israélite  l’éloigne  encore  de  ce  bien  suprême.  De  même  que 
le  Juif  son  frère,  il  est  vrai,  l’atmosphère  vivifiante  du 
christianisme  qu'elle  maudit  l’enveloppe , la  presse  et  la 
mudihe;  mais  cette  pression  lui  suffit  d’autant  moins  que 
l'atmosphère  chrétienne  elle-même  se  corrompt.  Partout 
donc  où  les  convenances  et  les  ressources  de  sa  position 
sociale  ne  l’aident  point  ii  soutenir  sa  faiblesse,  ou  h couvrir 
ses  défaillances,  sa  fragilité  se  proportionne  a la  valeur  mo- 
rale de  sa  propre  foi  ; scs  actes  sont  la  traduction  libre,  mais 
la  traduction  exacte,  de  la  valeur  de  sa  croyance. 

Ce  phénomène  éclate  'a  nos  yeux  si  peu  que  nos  regards 
se  portent  sur  le  chapitre  de  la  moralité  judaïque;  et  si, 
malgré  les  colères  de  quelques  intéressés,  nous  en  croyons 
des  écrivains  de  race  juive , les  archives  judiciaires  devien- 

' Forfanterie  véritablement  judaïque,  car  nul  en  Israël  ne  peut  re- 
connaître sa  tribu;  et  les  femmes  juives  qui  se  louent  comme  modèles 
aux  artistes,  ou  qui  remplissent  les  lupanars,  ont  autant  de  chance, 
hélas!  d’appartenir  à la  liRnée  de  David  que  celles  dont  les  millions 
de  l'industrie  juivière  ont  fait,  pour  notre  monde,  des  personnages. 

Univers  israélite,  VU,  p.  293;  1867. 


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LES  JUIFS. 


12i 

ncnl  un  irrécusable  témoin  de  celle  vérilé;  d’où  la  conclu- 
sion naturelle  et  prévue  que  les  fidèles  du  Talmud  fournis- 
sent au  inonde  civilisé  l’écuine  du  jirolétariat  et  de  la 
prostitution.  Mais  nous  ne  saurions  prendre  sur  nous  la 
responsabilité  de  ces  paroles,  et  ce  sont  les  Juifs  cux-inéraes 
qui  s'imposeront  cette  lâche. 

« Depuis  un  quart  de  siècle,  et  nous  ne  pouvons  choisir 
une  date  plus  éloignée,  les  moralistes  se  demandent  avec 
raison  d’où  vient  que  dans  toutes  les  grandes  villes  de 
riùirope  on  remarque  jiarmi  les  femmes  de  mauvaise  vie 
un  plus  grand  nombre  de  Juives  que  de  chrétiennes?  Celte 
question  est  malheureusement  motivée;  car,  â Paris,  à 
Londres,  à Berlin,  à Hambourg,  ù Vienne,  à Varsovie  et  à 
Cracovie,  dans  ce  qu’on  est  convenu  d’appeler  le  demi- 
moiti/p,  sur  les  places  publiques,  cl  même  dans  les  maisons 
de  prostitution,  on  rencontre  plus  de  Juives  que  de  chré- 
tiennes, en  tenant  compte  de  la  proportion  qui  existe  entre 
les  deux  populations.  Il  est  très-fâcheux  de  constater  un  fait 
.semblable;  mais,  si  douloureux  qu’il  soit,  il  est  vrai,  et  si 
nous  n’avons  pas  hésité  a le  signaler,  c’est  parce  que  nous 
voulons  qu’on  essaye  d’y  porter  remède,  comme  on  l’a  déjà 
fait  avec  succès  pour  d’autres  plaies  de  celle  nature  » 

Dans  le  juda’isme,  cependant,  on  ne  se  montre  guère  ri- 
goriste en  fait  de  morale;  il  suflit  de  rester  Israélite  pour 
avoir  droit  à toute  indulgence,  et  nous  en  produirons  un 
seul  et  suffisant  exemple  tiré  de  la  Revue  religieuse  que 
nous  venons  de  citer.  — « Une  actrice  de  genre,  née  Israé- 
lite, et  qui  s’en  était  toujours  souvenue,  mademoiselle  J.  F., 

vient  de  mourir n Ses  obsèques  a ont  été  israélites 

comme  son  âme  n’avait  point  cessé  de  l’clre,  et  si  elle  a 
cédé  comme  tant  d’autres  femmes  aux  entraînements  inhé- 
rents à la  carrière  théâtrale,  elle  a du  moins  gardé  pieuse- 
ment les  traditions  du  foyer  domestique  et  les  sentiments 
de  charité*.  » Rester  Israélite  est  et  doit  être,  sous  l’empire 

• Archives  israélites,  XV,  p.  711  ; 1867. 

^ Archives  israélites,  11,  p.  52.7;  1"  juin  1868. 


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CHAPITRE  CINQUIÈME.  IÎ3 

de  la  loi  talmudique,  le  comble  de  la  morale,  qu’il  s'agisse 
ou  non  de  la  femme,  cel  être  angélique  (|ue  flétrit  et  déna- 
ture le  moindre  souille  impur  et  suspect.  Toute  faiblesse 
s’ellace  donc  devant  ce  mérite  en  Israël  ou  ne  pèse  que  d’uii 
poids  bien  léger,  fût-ce  dans  la  balance  du  publiciste  reli- 
gieux! et  c’est  Ib  ce  que  pour  le  moment  il  nous  sulFira 
d’exprimer,  après  avoir  décrit  le  néant  de  la  Juive  du 
Talmud. 


NOTE  SUR  LE  DIVORCE. 

Saint  Matthieu  l'Èvangélistc  nous  rapporte  que  Jésus  dit  aux  Phari- 
siens : « A cause  de  la  dureté  de  votre  cœur,  Atoïse  vous  a permis  de 
renvoyer  vos  femmes,  mais  au  commencement  il  n’en  était  pas  ainsi. 
Or,  je  vous  dis  que  quiconque  renvoie  sa  femme,  si  ce  n'est  pour 
cause  de  fornication,  et  en  épouse  une  autre,  est  adultère  ; et  celui  qui 
épouse  la  femme  renvoyée  est  adultère.  » xix,  8-9.  .Mais,  depuis  saint 
Matthieu,  le  cœur  pharisafque  du  Juif  se  serait-il  attendri?  La  réponse 
est  dans  ce  chapitre  do  la  femme,  et  nous  voyons  la  lettre  de  divorce, 
véritable  lettre  de  change,  mettre  la  femme  congédiée  en  circulation 
dans  le  monde  1 

La  cour  fran<;aise  d’Alger  vient  d’adopter  pour  les  Juifs  de  t Algérie 
ce  droit  de  divorce,  victime  qu'elle  est  de  l'erreur  si  funeste  aux  chré- 
tiens, que  la  lui  de  .Moïse  est  la  lui  dus  Juifs.  Lire  i)  ce  propos  un  excel- 
lent article  de  if.  Coquille;  Monde,  ï juin  1865. 

O La  formalité  <pii  consacre  le  divorce  consiste,  suivant  les  usages 
juifs,  dans  la  remise  faite  par  le  mari  à la  femme , en  présence  de  la 
justice,  de  la  lettre  de  divorce,  par  laquelle  il  renonce  à ses  droits,  et 
autorise  sa  femme  à se  remarier  suivant  son  bon  plaisir.  » Sarah  Blum 
et  David  Buksan  accomplissent  celte  formalité  au  tribunal  de  la  Seine, 
à Paris,  première  chambre,  le  13  juillet  1867.  Ce  sont  des  Juifs  étran- 
gers... Lire  Archives  israélites,  XVI,  p.  726-7  ; 1867. 

Dans  la  province  d'Uran,  les  Israélites  peuvent  divorcer,  « malgré 
te  mariage  devant  la  mairie,  et  épouser  d’autres  femmes.  » Liberté  re- 
grettable, a car  ce  principe  favorise  le  divorce,  qui,  malheureusement, 
n'existe  que  trop  I » Archives  israélites,  p.  183;  1868.  Il  crée  d’ailleurs 
en  faveur  du  Juif  un  privilège  odieux,  et  rompt,  en  faveur  de  se,s pas- 
sions, l’égalité  devant  la  loi. 

Après  ces  mots  de  la  même  Revue  juda'ique  ; « On  marie  les  filles  à 
douze  ans,  et  les  garçons  à quatorze,  » lisez  la  description  pittoresque 
du  mariage  et  des  détails  que  nous  ne  saurions  reproduire  ; puis  ; 
« Sur  la  porte  et  au  mur  de  la  maison  de  noce,  on  applique  l’empreinte 
de  la  main,  avec  de  la  couleur  rouge  et  verte.  C’est  un  usage,  dit-on, 
qui  préserve  du  mauvais  œil.  n /6.,  p.  184.  Lire  les  détails  sur  les  funé- 


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<26 


LES  JUIFS. 


railles  el  .sur  des  pratiques  cabalistiques  relatives  à des  talismans 

Ib.,  p.  185,  n»  IV. 

Lisez  encore  : Une  Juive  à Gibraltar,  extrait  des  notes  de  voyage 
de  l'empereur  Maximilien,  en  1861  ; peinture  de  m'su  fort  intéressante. 
Toutes  ces  particularités  réjouissaient  fort  les  assistants,  parmi  lesquels 
se  trouvaient  de  joyeux  Anglais  et  des  Anglaises  qui,  « le  livre  à la 
main,  suivaient  sans  interruption  chaque  mouvement,  et  en  prenaient 
note  avec  force  observations  caustiques.  Une  vieille  dame a-sise  à côté 
de  moi  me  racontaitque,  pendant  huit  jours  encore,  le  marié  ne  pourrait 
voir  sa  femme,  occupée  à recevoir  des  parents  et  des  amies,  et  assise  au 
haut  de  son  trône.  Elle  ajouta  que  les  mariages  ne  sont  que  des  affaires 
d’argent,  et  que  la  femme  a le  droit  de  quitter  son  mari  au  bout  d’un 
an.  Elle  m’assura  que,  pour  le  présent,  c’était  ce  que  la  jeune  femme 
avait  de  mieux  à faire,  vu  qu’elle  trouvait  le  futur  horriblement 
laid...  X A la  prière  succétlent  des  danses  lascives...  Id.,  Archives  is- 
raélites,  XXII,  p.  1017-8;  1867. 

FIN  HE  LA  NOTE  SUR  LE  DIVORCE. 


TROISIÈME  DIVISION.  — LA  MORALE  DU  TALMUD  EN  ACTION, 
LE  PROCHAIN  DU  JUIF. 

Est-il  un  homme  qui  soit  sans  prochain?  — Oui,  le  Juif  orthodoxe.  — 
Hors  le  Juif,  tout  autre  homme  ne  doit  être  à ses  yeuxqu’unebrute. — 
.S’il  le  lue,  il  ne  tue  qu'une  bêle.  — .Mots  de  saint  Epiphane . Père 
de  l'Eglise,  et  de  M.  .Michelet.  — Explication  de  ce  mot  ; Défense 
aux  Juifs  el  aux  cochons  d entrer  ici.  — Faiblesses  el  passions  du 
Juif  provoquées  contre  tout  étranger  à sa  foi  par  ses  croyances  tal- 
mudiques. — Exemples.  — Jusquoii  va  celte  haine  du  Juif,  et  sur- 
tout contre  le  chrétien.  — Voler  et  tuer  le  chrétien  n’est  donc  pas 
un  mal;  au  contraire.  — Nombre  des  malfaiteurs  bien  plus  considé- 
rable chez  les  Juifs  que  chez  les  chrétiens.  — Différents  pays,  diffé- 
rents exemples.  — Puissance  et  universalité  de  leurs  moyens  de 
malfai.sance.  — Leur  affreuse  et  homicide  cupidité  à l’endroit  de 
l’armée  française  dans  la  désastreuse  campagne  de  Russie.  — Re- 
connaissance implicite  de  l'infériorité  morale  du  Juif,  dans  des  pu- 
blications jiidarques.  — Leur  malfaisance  a été  de  tous  les  temps, 
depuis  le  règne  des  traditions  rabbiiiiques;  elle  les  fait  ranger  dans 
« le  rebut  des  i>euples  » dès  le,  règne  de  Vespasien.  — Conclusion. 
— Xoles.  — Leur  terreur  de  l’opinion. 

Nous  avons  tlemandë  tout  a l'houre  au  Talmuij  ce  que 
c’est  que  la  femme  du  talmudisant.  Peut-être  la  réponse 
que  les  faits  ont  donnée  nous  mettra-t-elle  en  appétit  de 


CHAPITRE  CINQUIÈME.  IÎ7 

savoir  quel  est  son  procliain!  Mais  le  Juif  a-t-il  un  prochain? 
Qui  sait?  Nous  nous  poserons  donc  en  ces  termes  cette  sin- 
gulière question  : 

Est-il  un  homme,  en  ce  monde,  qui  puisse  se  lever  et 
nous  dire  : Moi,  je  suis  sans  prochain!  je  n’en  ai  pas;  et,  le 
droit,  le  devoir  de  n’en  point  avoir,  je  le  puise  dans  ma 
loi  religieuse!  — Oui,  si  la  loi  terrible  qui  tient  et  gouverne 
la  conscience  des  fils  de  Jacob  doit  être  prise  au  sérieux,  il 
existe,  cet  homme  ; mais  il  est  unique  au  monde , et  c’est  le 
Juif!  Expliquons-nous  : c’est  l’homme  de  la  pure  orthodoxie 
talmudique;  c’est-à-dire  un  être  qui  n’est  créé  que  pour  lui- 
même.  Hormis  son  semblable,  hormis  .son  frère  de  race  et 
de  foi,  toute  créature  humaine  lui  est  donc  étrangère,  perd 
à tes  yeux  son  espèce,  cesse  d’être  homme,  et,  devenant 
brute,  tombe  dans  son  estime  au-dessous  de  sa  propre  fe- 
melle, celle  que  nous  venons  de  le  voir  assimiler  à la  viande 
de  boucherie  qu'il  a payée  deniers  comptants'. 

Dans  l’esprit  de  la  famille  judaïque,  qu’est-cc  donc  que 
le  reste  des  hommes?  — Réponse.  On  lit  dans  le  Talmud  : 
« Descendants  d’Abraham,  le  Seigneur  vous  a désignés  par  la 
bouche  d’Ezéchiel;  vous  êtes  mon  troupeau,...  c’est-à-dire 
vous  êtes  des  /tommes,  tandis  que  les  autres  peuples  du  monde 
nesontpasdes  hommes,  ce  sont  des  bêtes’.  Bobba-Bar-Abuha 
trouva,  par  exemple,  le  prophète  Élie  dans  un  cimetière  de 
Goyim,  — c’est-à-dire  de  non-Juifs,  — et  lui  dit  : Com- 
ment vous  trouvez-vous  dans  un  cimetière?  — Mais  Élie  de 
lui  répondre  ; Et  vous,  n’avez-vous  point  appris  la  loi  des 
purifications?  car  elle  porte  cette  décision  : Les  tombeaux 
des  Goyim  ne  souillent  jioint,  puisque  le  Seigneur  a dit  à 
Israël  : Vous  êtes  les  brebis  de  mon  pâturage , vous  avez  la 

' Que  si  nous  usons  de  ce  terme,  femelle,  c'csl  que,  lecture  faite  de 
nos  pages  sur  la  femme  dans  le  judaïsme,  ce  serait  insulter  à l’ortho- 
doxie du  lalmudisant  que  de  lui  donner  pour  dgale  la  Juive,  cette  es- 
clave, cette  créature  avilie  que  rapproche  de  .“a  personne  un  de  ces 
faux  mariages  dont  le  fantôme  s’évanouit  devant  une  fantaisie  de  di- 
vorce; aussi  n’oscrions-nous.  sans  son  agrément,  nous  permettre  de 
l’appeler  sa  compagne,  ou  sa  femme. 

* Bartolocci,  part.  III,  p.  S53. 


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LES  JUIFS. 


4 2g 

qcniité  d’Ilommos,  tandis  que  les  nations  du  monde  n'ont 
que  la  qualité  de  brute  » 

Habbi-Schila  tombe  sur  un  bomme  qui  se  permet  des 
assiduités  avec,  une  femme  non  Juive,  et  le  nacelle.  C.et 
homme  porte  plainte  devant  l'autorité,  mais  le  flagellant 
répond  : Ce  misérable  vient  de  s’oublier  « avec  une 
ànesse*.  » 

Est-ce  que  celle  qui  n’est  point  issue  du  sang  d’Abraliam 
est  une  femme.^  Est-ce  qu’elle  n’est  point  une  brute?  Or, 
comment* traiter  celui  qui,  s’oubliant  avec  elle,  descend 
par  cela  même  jusqu’il  la  bête? 

Le  célèbre  Rabbi-Mcnabhem  insiste,  dans  « plusieurs 
endroits  de  ses  ouvrages,  sur  ce  principe,  que  la  qualité 
d’homme  n’a|>partient  qu’aux  Juifs;  » et  l’infaillible  Maï- 
monides  établit,  dans  son  Traité  de  l'homicide,  que,  lorsqu’un 
Israélite  tue  même  un  prosélyte-habitant,  le  tribunal  juif 
« ne  peut  le  condamner  ».  La  loi  du  meurtrier  frappe  en 
effet  « celui  qui  s’élève  contre  son  p-ochain;  mais  celui- 
ci  n’est  pas  notre  prochain.  Il  est  donc  superflu  de  dire  qu’on 
ne  peut  condamner  un  Israélite  pour  avoir  tué  un  non- 
Juif’  » (Goï). 

Un  Noaebide,  — c’est-à-dire  un  simple  individu  vivant 
d’après  les  préceptes  du  juste  Noé,  mais  étranger  à la  race 
d’Abraham,  -—  s’il  tue  un  autre  Noaebide  et  qu’il  se  fasse 
prosélyte  judaïque  avant  cet  acte,  « n’est  passible  d’aucune 
peine;  mais  a-t-il  tué  un  Israélite,  et  ne  s’est-il  fait  pro- 
sélyte qii’après  cela,  qu’il  soit  mis  à mort’.  » A plus  forte 
raison,  s’il  est  chrétien,  doit-il  en  être  ainsi,  car  « il  est 
ordonné  aux  Juifs  de  ne  voir  dans  les  chrétiens  que  des 

' Talmud , traita  Baba-Metsigna,  fol.  tti  recto,  édit.  Amsterdam, 
1645.  — Id.,  Prompln  Bibliolh.  de  L.  Ferrari,  t.  tll,  ord.  iv,  tract.  8. 
Laurent,  Affaires  de  Syrie,  t.  Il,  p.  395;  Paris,  1846. 

Talmud,  traité  Barakouth,  fol.  88,  recto.  Laurent,  ib.,  t.  Il, 
p.  373. 

^ Laurent,  t.  Il,  chap.  ii,  art.  Il,  p.  374-5.  — Lire  id.,  Kolirbaclier, 
Histoire  U7iiversel le  de  l'Eglise,  t.  XV,  p.  483,  etc.;  Paris,  1851. 

* Talmud.  .Sanhédrin,  fol.  71  verso.  Laurent,  t.  Il,  p.  375.  — Lire 
ibid.,  l'Eglise  et  ta  Synagogue,  p.  26  à 50,  etc.;  Paris,  1839. 


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CHAPITRE  CINQUIÈME.  Iî9 

brutes,  et  de  les  traiter  comme  de  vils  animaux  » 

Devant  les  mœurs  que  les  traditions  rabbiniques,  réunies 
plus  tard  dans  le  Talmud,  ont  faites  au  Juif,  un  des  Pères 
de  l’Église,  saint  Épipbane,  ne  pouvait  donc  craindre  de 
s’écrier  : « Ah!  leur  nature  est  devenue  celle  du  chien  que  la 
rage  possède  *.  » Et  de  nos  jours,  M.  Michelet,  le  prêtro- 
phobe , ne  sera  que  le  traducteur  de  l’une  des  vérités  de 
l’histoire  lorsqu’il  laissera  échapper  ce  cri  ; « Le  Juif,  c’est 
l’homme  immonde  qui  ne  peut  toucher  ni  denrée  ai  femme 
sans  qu’on  la  brûle;  c’est  l’homme  d'outrage,  sur  lequel 
tout  le  monde  crache’  I » Enfin,  lorsque  l’un  des  patrons  de 
la  race  judaïque,  M.  Bail,  reproduit  l'inscription  célèbre 
dans  un  si  grand  nombre  de  villes  et  que  la  cité  de  Francfort 
plaçait  k l’entrée  de  sa  promenade  : « Défense  aux  Juifs  et 
aux  cochons  d’entrer  ici  *;  » il  la  répète  sans  que  l’énormité 
de  cette  odieuse  insulte  étonne  ceux  qui  savent  ce  que  croit 
Israël,  car  un  des  livres  doctrinaux  de  la  nation  juive  éta- 
blit, et  chacun  le  savait  jadis,  que  n tous  les  non-Juifs  sont 
des  cochons*.  » Se  faire  l’écho  de  ce  triste  langage,  ce 
n’était  donc,  après  tout,  que  traiter  le  Juif  d’après  la  loi 
mosaïque  du  talion!  C’était  lui  dire  ; Grossier  ennemi  du 
genre  hùmain,  tu  le  veux,  eh  bien , puisque  ta  foi  sauvage 
répand  sur  tous  les  peuples  le  mépris  et  la  haine,  nous  fe- 
rons rebondir  sur  toi  ta  propre  parole.  Va!  nul  homme  n’est 
le  prochain  du  Juif,  et  le  Juif  orthodoxe  n’est  qu’une  brute, 
qu’un  pourceau! 

Loin  de  nous  la  pensée  d'applaudir  k ce  droit  brutal  du 
talion , et  nous  le  repoussons  avec  horreur  ; mais  nous  te- 
nons k savoir  de  quelle  façon,  dans  quelle  mesure  s’exerce 

• L.  Ferrari,  Prompta  bibliûlh.,  ord.  4 ; tract.  8 ; Laurent,  i6id.,  t.  Il, 
p.  39.5,  Syrie. 

• Est  enim  hæc  natura  canuni , postquam  rabie  tentati  .sunt.  S.  Epi- 
phan. Opéra; Paris,  46Î2,  in-fol.  Adv.  hwres.  t. II,  1.  m, p.  1036.  — la., 
S.  Chrysostome,  t.  II,  p.  347. 

^ Dans  Hallez,  Des  Juifs  en  France,  p.  .37  ; Paris,  1845;  et  Michelet, 
Histoire  de  France,  t.  III,  p.  110;  Pans,  18.52. 

• Bail,  Des  Juifs,  etc.,  p.  28,  2'  édit.;  Paris,  1810. 

^ Yalkut-re-Ubéni,  fol.  10,  col.  3.  Laurent,  ib.,  t.  Il,  p.  374. 

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130 


LKS  Jl’IKS. 


l’esprit  (le  liaine  que  le  Talmud  inspire  au  Juif  contre  le 
chrétien , et  nous  atteindrons  facilement  notre  but  en  par- 
courant de  l’œil  quelques  échelons  d'une  échelle  bien  diffé- 
rente de  celle  de  Jacob,  qui  de  la  terre  s’élevait  au  ciel,  et 
devenait  le  chemin  des  anges.  Car  descendant,  plongeant 
dans  les  plus  sombres  ahimcs  de  l’iniquité,  cette  mysté- 
rieuse échelle  semble  n’offrir  ses  échelons  maudits  qu’aux 
esprits  infernaux  du  mensonge  et  de  l'homicide. 

-\près  les  actes  de  spoliation  au.xquels  la  fraude  et  l’usure, 
deux  moyens  religieusement  légitimes  et  méritoires,  con- 
duisent le  Juif  dans  ses  rapports  avec  le  chrétien,  c’est  en 
etfet  la  mort , et  nous  disons  trop  peu , c’est  fort  au  delà , 
c’est  la  damnation  éternelle  que  doit  rêver  et  méditer  contre 
tout  membre  de  l’Église  le  véritable  orthodoxe  du  judaïsme, 
l’inébranlable  lalmudisant,  celui  dont  la  viviüante  et  civili- 
satrice atmosphère  du  christianisme  n’a  point  encore  pénétré 
le  cœur,  en  un  mot  le  Juif  fidèle  aux  traditions  rabbiniques  et 
qui  SC  dit  : La  foi  ()ui  n’agit  pas  est-ce  une  foi  sincère? 

Âu  moment  où  la  doctrine  du  Christ  prit  son  essor , ses 
premiers  et  mortels  ennemis,  les  Pharisiens,  aigris,  irrités 
de  ses  triomphes , inventèrent  coup  sur  coup  de  nouvelles 
traditions,  dont  quelques-unes  destinées  h fomenter  les  sen- 
timents féroces  que  portait  la  Synagogue  au  supplicié  du 
Calvaire.  Ils  les  ajoutèrent  à celles  que  le  Christ  leur  avait 
reprochées,  et  les  chrétiens  ne  furent  à leurs  yeux  que 
d’abominables  apostats,  que  les  adorateurs  d’un  inl^e.  Ils 
déclarèrent  alors  que  c’était  une  œuvre  de  justice  et  de 
haute  piété  que  de  les  persécuter  à mort;  et  cette  morale 
nouvelle  fut  vaillamment  mise  en  pratique  par  les  hommes 
de  zèle.  — Saint  Paul,  avant  sa  miraculeuse  conversion, 
fit  voir  eu  lui  l’un  des  passionnes  instruments  de  cette  foi, 
et  la  Synagogue  inséra  dans  l'ordinaire  de  son  oflBce  la  fa- 
meuse imprécation  dite  Btrlihac-Uammimm,  où  l’âme  priante 
demande  pieusement  à Dieu  qu’il  daigue  exterminer  les  mé- 
créants ' ! • 

' Maimonide , frai/f  de  la  priere,  cli.  ii,  g t . Dracli , //armonie , 


CHAPITRE  CINQUIÈME.  131 

La  Ghemara,  plus  lard,  fourmilla  de  passages  où  les  vertus 
de  justice,  d’équité,  de  charité,  non-seulement  ne  doivent 
point  s’appliquer  au  chrétien,  mais  changent  de  nature  et 
deviennent  un  crime  s’il  en  est  l'objet;  et  le  traité  talmu- 
dique Avoda-Zara  défend  en  termes  exprès  de  sauver  de  la 
mort  un  non-Juif,  de  lui  rendre  ses  biens  perdus  ou  d’avoir 
pitié  de  sa  personne'.  Aussi  catégorique  que  le  Talmud, 
l’aigle  de  la  Synagogue , Maimonide  , après  avoir  énuméré 
les  articles  de  la  foi  judaïque,  s'écrie,  en  maudissant  celui 
qui  recule  devant  l’obligation  de  s’y  soumetlre  : « Si  quel- 
qu’un est  assez  pervers  pour  en  nier  un  seul,  il  est  hors  de 
la  communion  d’Israël  ; c’est  un  précepte  de  le  détester  et 
de  l’exterminer’!  » 

Toutes  les  passions,  toutes  les  faiblesses  du  sincère  ortho- 
doxe sont  donc  appelées  au  secours  de  sa  haine  pieuse. 
Ainsi,  dans  une  sorte  d’hommage  que  le  Juif  talmudisaut 
rend  aux  astres,  le  voyez-vous  quelquefois  diriger  vers  les 
corps  célestes  ses  regards  en  sautant  ; puis,  lorsqu’il  semble 
s’être  assuré  que  l’élasticité  de  son  jarret  ne  peut  lui  per- 
mettre de  les  atteindre,  l’entendez-vous  s’écrier  : « Puissent 
nos  ennemis  ne  jamais  nous  atteindre  non  plus  I Mais  vous , 
Seigneur,  vengez-nous  des  chrétiens;  répandez  sur  les  ado- 
rateurs du  Christ  les  plaies  et  les  Iléaux  dont  jadis  vous 
avez  frappé  l’Égypte.  » Et  Buxlorf  remarque  avec  quelles 
instances  ces  fidèles  de  la  Synagogue  conjurent  le  Seigneur 
de  faire  passer  entre  leurs  mains  toutes  les  richesses  des 
chrétiens  ruinés,  et  d’exciter  entre  eux,  de  l’orient  a l’occi- 
dent, la  plus  affreuse  guerre  d’extermination’.  Honte,  honte 
donc  h qui  les  engendra,  ces  misérables;  « que  leur  mère 
soit  couverte  d’ignominie,  et  qu’elle  soit  répudiée,  car  la 
fin  des  chrétiens  n’est  que  vers  et  pourriture  V » 

t.  I,  p.  466,  48U.  Id.,  sur  ces  imprécations,  Baronius,  Annales 
eciles.,  4Î86,  n-  XXIV  ; 1320,  n"  XXVI,  etc. 

' Fol.  13  V»,  fol.  20  v“.  Traité  Baba-Kamma,  fol.  29  v“,  ib.,  166. 

^ Sur  la  Mischna,  traité  Sanhédrin,  ch.  x. 

a Pfefferkorn,  l’Èfllise  et  lu  Synagogue,  p.  23-24-27. 

< /b.,  p.  22. 

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132 


LES  JUIFS. 


Certes , nous  avons  les  yeux  trop  grands  ouverts  pour  ne 
reconnaître  point  que  sous  la  douce  et  pénétrante  influence 
de  la  civilisation  chrétienne,  toute  viciée  que  nous  ayons  la 
douleur  de  la  voir,  les  atroces  exigences  de  la  foi  talmudi- 
que se  sont  considérablement  mitigées  chez  les  Juifs  nés 
dans  les  classes  intelligentes  et  dans  les  régions  les  plus 
éclairées  de  l'Europe.  Mais  bien  etranger  serait  aux  réalités 
des  choses  de  ce  monde  l’homme  assez  candide  pour  s’ima- 
giner que  le  Talmud , dont  l’empire  conserve  de  nos  jours 
encore  une  si  singulière  puissance,  ne  se  retrouve  plus  sous 
l’epidcrme,  ou  du  moins  sous  le  derme  de  l'immense  majo- 
rité des  Juifs.  Trop  souvent,  en  effet,  les  hommes  du  com- 
mencement de  ce  siècle  ont-ils  pu  constater  de  leurs  yeux , 
ainsi  que  nous  l’avons  fait  nous-même,  les  preuves  de  la 
fidélité  du  Juif  judaïsant  à ce  précepte  odieux,  tracé  de 
la  main  du  rabbin  Isaïa,  au  treizième  siècle' , et  que  le  dix- 
neuvième  voit  enfin  tomber  en  désuétude  dans  une  partie 
de  l’Euro|)e  : « L’Israélite  qui  s'est  donné  à un  culte  étran- 
ger doit  être  considéré  comme  le  chrétien  et  jeté  dans  la 
fosse;  — ou,  s’il  tombe  dans  un  puits  et  qu’on  puisse  faire 
adroitement  qu’il  y reste,  qu’on  le  fasse'.  » 

Parmi  les  exemples  les  plus  retentissants  de  cette  haine 
implacable  du  Juif  contre  les  convertis,  et  nous  les  choisis- 
sons entre  ceux  du  premier  quart  de  ce  siècle,  se  place  en 
première  ligne  l’enlèvement  des  enfants  du  célèbre  orien- 
taliste Drach,  ce  rabbin  que  ses  puissantes  et  opiniâtres 
études  des  Écritures  sacrées  et  du  Talmud  avaient  amené, 
malgré  les  luttes  de  son  cœur  et  les  plus  fortes  répugnances 
de  scs  instincts  judaïques,  a la  foi  de  l’ancienne  synagogue 
et  de  l’Eglise.  Nous  n’emprunterons  que  d’une  main  sobre 
linéiques  traits  aux  récits  touchants  de  ce  père  si  cruelle- 
ment éprouvé,  car  nous  ne  visons  point  aux  épisodes;  mais 
nous  pourrons  ajouter  au  besoin  notre  parole  à la  sienne, 

' Sommaire  de  t' Avoda-Zara. 

^ Cod.  Valic.  htbrdic.,  n”  184,  p.  63.  Ib.,  l’Églii*  et  la  Synagogue, 
p.  31. 


CHAPITRE  CINQUIÈME.  133 

certaios  hasards  nous  ayant  rendu  familiers  h cette  époque 
les  personnages,  les  faits  et  quelques-uns  des  lieux  de  ce 
drame'. 

Il  SC  6t  donc  que  la  grâce  ayant  amolli  le  coeur  du  loyal 
rabbin,  ce  véritable  descendant  d'Abrabam  sentit  chanceler 
en  lui  la  foi  talmudique.  Chaque  jour  ses  consciencieuses 
et  persévérantes  méditations  l'en  détachaient  de  plus  en 
plus,  et  vainement  semblaient  devoir  l’y  enchaîner  les  liens 
les  plus  invincibles  : son  vieux  père  et  sa  vieille  mère,  sa 
jeune  famille  et  ses  alliances;  des  succès  éclatants  dans  les 
sciences  rabbiniques,  et  le  magnifique  avenir,  l’avenir  ten- 
tateur qui,  du  pinacle  de  la  synagogue,  lui  souriait,  et 
quelquefois  le  fascinait. 

Il  abjura.  Mais  h peine  le  malheureux  se  fut-il  déclaré 
chrétien,  que  la  trahisoq  prit  asile  à son  foyer,  que  ses 
proches  le  maudirent,  et  qu’une  violente  conspiration  de 
fureurs  éclatant  autour  de  lui,  l’eût  réduit  au  désespoir  si 
sa  conscience,  si  la  fermeté  de  sa  foi  chrétienne  ne  l’eût 
maintenu  debout.  Cependant  le  plus  sensible  des  coups 
devait  atteindre  son  coeur  paternel  : le  rapt  de  ses  trois 
jeunes  enfants;  et  ce  coup  fut  porté  par  leur  mère!  Les 
Juifs,  avertis  par  un  mol  d’ordre,  se  prêtèrent  de  toutes 
parts  b cette  audacieuse  entreprise,  et  les  ravisseurs  agirent 
dans  un  si  parfait  concert  et  avec  une  si  juste  précision  de 
mesures,  que  les  plus  actives  recherches  de  l’autorité  ne  rele- 
vèrent aucune  trace.  Ils  s’étaient  acheminés  de  Paris  k Lon- 
dres, par  la  route  si  fréquentée  de  Calais  à Douvres,  et  l’œil  si 
largement  ouvert  de  la  police,  en  les  suivant,  n’avait  rien  vu  I 

« La  police,  pendant  près  de  deux  ans,  ne  sut  découvrir 
ce  qui  était  k la  connaissance  des  plus  petits  enfants  juifs, 
non-seulement  en  France,  non-seulement  en  Angleterre, 
mais  encore  dans  tous  les  pays  où  s’est  dispersée  la 
race  de  Jacob.  En  un  mot,  l’incontestable  adresse  de  la 
police  française  échoua  contre  la  profonde  discrétion  que 

‘ Voir  le  chap.  xviii  de  notre  livre  Mœurs  et  pratiques  des  démons, 
édit,  de  1S6S;  et  Harmonie,  t.  W,  p.  St;  Paris,  ISii. 


^34 


LES  JUIFS. 


les  Juifs  savent  observer  envers  les  Goyim,  ou  non4uifs, 
toutes  les  fois  qu’il  y va  de  l’intérêt  de  quelque  affaire 
tiomle\  » 

Fatigué  de  sa  crucifiante  et  vaine  attente,  Drach  prend 
enfin  la  résolution  de  voyager  et  de  se, mettre  en  personne 
a la  recherche  de  ses  enfants.  L’ensemble  des  rapports  officiels 
le  porte  k conclure  que  les  fugitifs  se  sont  dirigés  vers  la 
frontière  de  l’Allemagne,  après  avoir  traversé  la  ville  de  Metz, 
ce  grand  quartier  général  des  Israélites  en  France.  Les  amis 
de  Drach  tiennent  conseil,  et  décident  en  conséquence  que 
la  ville  de  Mayence  sera  le  pivot  de  ses  investigations.  Riche 
et  nombreuse,  la  communauté  juive  de  cette  ville  est  en 
constante  relation  de  commerce  avec  les  Israélites  de  toutes 
les  parties  de  l’Allemagne  et  de  l’est  de  la  France.  Un 
grand  nombre  de  négociants  juifs^de  passage  ont  d’ailleurs 
l’habitude  d’y  faire  une  halte  et  d’y  débiter,  avec  leurs  mar- 
chandises, toutes  les  nouvelles  ramassées  en  route.  L’œil 
au  guet,  l’oreille  attentive,  Drach  occupe  son  poste  d’obser- 
vateur-, « mais  à quels  dangers  personnels  ne  se  va-t-il  pas 
exposer  dans  ces  contrées  où  il  est  étranger,  et  où  les  Juifs 
qui  le  persécutent  sont  plus  puissants  et  plus  ombrageux 
qu’en  France  1 » 

Au  bout  de  dix  mois  de  séjour,  rien  encore  n’a  transpiré! 
Son  ignorance  du  secret  qu’il  cherche  à surprendre  est  la 
même,  sa  perplexité  la  même-,  vainement  use-t-il  comme 
auxiliaire  d’un  Juif  salarié  par  la  police  de  Mayence,  et 
vainement  d’un  autre  Juif  détaché  de  la  police  parisienne. 
« Que  peuvent  les  plus  sages  mesures  des  autorités  de  tous 
les  pays  contre  la  vaste  et  permanente  conjuration  d’un  peuple 
qui,  réseau  non  moins  immense  que  solide  jeté  sur  tout  le  globe, 
porte  ses  forces  partout  où  surgit  un  événement  qui  inté- 

* Drach,  Harmonie  entre  V Kglise  et  la  Synagogue^  t.  !«*■,  p.  77;  Pa- 
ris, 1844.  Que  Ton  r<^néchisse  au  rôle  précieux  que  doivent  jouer  de 
tels  hommes  dans  la  direction  des  sociétés  secrètes  ! On  doit  compren- 
dre la  puissance  et  l’habileté  de  chefs  judaïques,  habitués  à manœuvrer 
dans  l’intérêt  du  mystère,  et  à manier  souverainement,  avec  autant  de 
force  que  de  finesse,  les  gens  de  leur  race. 


135 


CHAPITRE  CINQUIÈME. 

resse  le  nom  Israélite  ' ! » (ÿommenl  d’ailleurs,  s’il  découvre 
jamais  ses  enfants,  les  arracher  aux  mains  des  fanatiques 
qui  combinèrent  leurs  plans  avec  une  audace,  avec  une 
habileté  si  grande,  et  qui  les  exécutèrent  avec  une  précision 

si  rare! Mais  le  Ciel  est  avec  lui,  sans  doute,  et  dès  lors 

qu'importent  les  Juifsl  11  espère.  Un  beau  jour,  en  effet,  un 
mécontent,  un  jeune  Israélite  que  les  procédés  défiants  de 
ses  coreligionnaires  ont  blessé  dans  son  orgueil,  vient  trou- 
ver Dracb,  et  lui  livre  le  secret  judaïque.  La  retraite  de  sa  fa- 
mille lui  est  CAinuue.  Elle  réside  à Londres,  et  ne  (juitte  point 
cette  ville!  Ses  enfants  sont  vivants,  et  croissent  sous  l’aile  de 
leur  mère.  O bonheur!  Il  vole  aux  pieds  de  celle  femme,  et 
s'y  précipite;  il  use  de  tous  les  moyens  que  lui  suggère  le 
cœur;  il  réveille  toute  la  puissance  des  souvenirs,  il  épuise 
toutes  les  tentatives  de  la  tendresse  paternelle  et  conjugale, 
mais  l’implacable  Juive  le  repousse.  A peine  peut-il  en 
obtenir  la  grâce  d’embrasser  sa  jeune  famille  ; encore  cette 
faveur  ne  lui  est-elle  accordée  que  sous  les  yeux  de  celle 
qui  jamais  ne  lui  pardonnera  l’ignominie  d’avoir  fait  d’elle 
la  femme  d’une  brute,  d’un  converti,  d’un  chrétien!  Toutes 
les  précautions,  toutes  les  sûretés  d’ailleurs  ont  été  prises 
contre  l’époux,  contre  le  père...  Que  tentera-t-il  donc,  et 
comment  rentrer  en  possession  de  ces  innocents?  Adres- 
sera-t-il une  requête  à l'autorité,  car  la  législation  britan- 
nique reconnait,  comme  la  nôtre,  le  droit  du  père  sur  ses 
enfants.  Mais,  au  bruit  de  « sa  première  démarche,  les  Juifs, 
maîtres  de  sa  famille , utant  des  grands  moyens  dont  ils  dis- 
posent, la  feront  disparaître  pour  toujours.  S’en  empai-era-t-il 
par  surprise?  Cela  paraît  impossible,  avec  des  gens  tels  que 
les  Juifs!  » 

Le  Ciel  cependant  lui  inspire  ce  dernier  parti,  qui  paraît 
inexécutable,  et,  Dieu  aidant,  l’impossible  sera  fait,  fut  fait, 
bien  fait,  et  promptement  fait.  Notre  témoignage  est  du 

' Lire  à Tappui  de  ce  mot,  digne  de  toutes  nos  médilations,  ce  que 
Drach  ajoute  sur  les  assassins  du  P.  Thomas.  (Voir  plus  bas  notre  cha- 
pitre Assassinat.)  Ib.,  Drach,  Harmonie,  t;  I",  p.  79;  Paris,  184t. 


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136 


LES  JUIFS. 


uombre  de  ceux  qui  l’affirment:  et  la  raison,  c’est  que  le 
hasard  nous  rendit  l’un  des  initiés  involontaires  de  la  fin  de 
ce  drame.  Car  les  enfants  de  Drach,  c'est-à-dire  deux  filles 
et  un  garçon,  furent  ramenés  en  France  et  mis  en  sûreté 
dans  l’intérieur  des  terres;  le  lieu  de  retraite  du  fils,  ce  fut 
le  vieux  château,  le  château  demi-sauvage  et  pittoresque 
d’un  louvetier  de  nos  amis,  dont  la  femme  et  les  filles  de- 
vinrent la  famille  de  l’orphelin'  ; et  cet  asile  était  l’une  des 
étapes  favorites  de  nos  chasses.  Ce  fut  là  que  nous  connûmes 
le  docte  et  soucieux  rabbin,  qui  .s'apprivoisa  bientôt  avec 
nous  jusqu'à  venir  de  temps  en  temps  prendre  gîte  sous 
notre  toit!...  Lorsque  les  tristes  événements  de  1830  curent 
réintégré  dans  l’Europe,  un  instant  rafraîchie  par  lesbien- 
faits  d’un  régime  réparateur,  l'ère  brûlante  des  révolu- 
tions, Drach,  redoutant  « de  nouveaux  attentats  contre 
ses  enfants,  » partit  pour  l’étranger,  résolu  d’achever  leur 
éducation  hors  de  France.  Quant  à sa  femme,  après  avoir 
résisté  aux  invitations  les  plus  réitérées  et  les  plus  tendres, 
elle  avait  déclaré  ne  vouloir  plus  « jamais  rien  savoir  » de 
ces  petits  malheureux  : c’est-à-dire  que,  dans  « son  aversion 
pour  le  christianisme,  » elle  avait  renié  non-seulement  son 
mari,  mais  son  propre  sang,  ses  entrailles,  plutôt  que 
d’aimer,  plutôt  que  de  tolérer  près  de  son  cœur  des  êtres 
humains  déchus  à l’état  de  brutes,  des  chrétiens*! 

Ce  fait  que  nous  n’isolons  point  de  «a  date  (1823)  est  pris 
au  hasard  entre  une  multitude  de  faits  analogues  et  plus 
graves.  Il  n’est  point  extrait  de  pages  empruntées  au  sixième, 

* C’est  tâ  ce  que  nous  avons  décrit  aitleurs. 

2 Une  des  lettres  d’invectives  que  cette  mère  avait  écrites  à Dracli 
renfermait  le  dessin  d’un  poignard.  Ib.,  p.  76.  Lire  plus  de  détails, 
mais  non  pas  tous  les  détails,  dans  Harmonie,  t.  I,  p.  73  à 86,  d’où 
nous  extrayons  ces  lignes  sans  y ajouter  nos  propres  documents,  car 
nous  connûmes  aussi  à Londres  l’opulente  et  très-honorable  famille 
grâce  à qui  se  fit  le  contre-enlèvement.  Lire  la  relation  complète  de 
M.  le  docteur  Morel,  ilémor.  calh.,  de  mars  1826.  Ce  docteur  est  un 
Israélite  converti.  Son  père,  Yelil-Mutzig.  l’amena  fort  jeune  à Paris; 
sa  mère,  devenue  veuve,  quitta  cette  ville  par  suite  de  l’intolérance 
des  Juifs  contre  elle  ; restée  juive,  « elle  n’était  coupable  que  d’avoir 
un  fils  catholique.  » Harmonie,  t.  P',  p.  2.71 . 





;"ôbgle 


CHAPITRE  CINQUIÈME.  <37 

au  neuvième,  au  douzième  siècle.  Nou,  nous  le  ramassons 
tout  vif  au  monceau  de  ceux  qui  constituent  la  richesse  d’une 
époque  qui,  pour  la  France,  et  pour  une  partie  de  l’Europe, 
se  termine  brusquement  avec  celle  de  notre  jeunesse  ; et  quelque 
chose  nous  y rappelle  le  récit  plus  dramatique  que  nous  dûmes, 
entre  tant  d'autres  semblables,  à la  plume  de  Victor  Cobden. 

Un  enfant  juif,  nous  dit  cet  Israélite,  jouant  avec  de 
jeunes  chrétiens,  entra  dans  une  église^  et,  malgré  les  re- 
prochesque  lui  adressèrent  ses  parents  il  y retourna,  comme 
si  dans  cette  visite  il  y avait  pour  lui  quelque  charme. 
Mais  « cette  conduite  irrita  tellement  sa  mère  qu’elle  résolut 
de  le  tuer  secrètement,  dans  la  crainte  qu’il  ne  finît  par 
embrasser  le  christianisme,  et  qu’elle  exécuta  son  afl’reux 
projet'.  Il  ne  saurait  se  rencontrer,  ajoute  ce  converti,  de 
nation  plus  injuste  et  plus  opiniâtre  que  les  Juifs;  et,  nous 
le  voyons,  c’est  jusqu’au  sang  que  sa  haine  fanatique  pour- 
suivait naguère  le  chrétien,  cette  brute  immonde  que  viennent 
de  lui  donner  pour  prochain,  en  1807,  les  docteurs  du  grand 
Sanhédrin  réunis  à la  voix  de  Napoléon  I". 

Le  Juif,  d’ailleurs,  est  par  le  fait  de  cette  éducation  tal- 
mudique qui  le  voue  à l’exécration  des  peuples',  l’homme 
de  la  patience,  et,  mieux  que  tout  autre,  il  sait  attendre;  il 
sait  coudre  la  ruse,  la  prévenance  et  la  càlinerie,  à la  haine 
sourde,  aux  plus  honteux  et  détestables  mensonges  du 
cœur.  Exemple  : « Lorsqu’un  chrétien  pénètre  chez  un 
Israélite,  nous  dit  un  autre  rabbin  devenu  moine,  celui-ci 
l’accueille  amicalement  et  l’accompagne  quand  il  le  quitte.  » 
Mais,  « dans  ce  cas,  l’Israélite  doit  répéter  cette  phrase  ; 
Que  les  maladies,  que  les  afllictions  et  les  mauvais  songes 
destinés  h moi  ou  â quelqu’un  de  ma  famille,  puissent  re- 
tomber sur  la  tête  de  ce  chrétien!  « Et  « lorsque  les  Juifs 
voient  passer  un  chrétien  mort  que  l’on  porte  en  terre, 
ils  s’écrient  ou  disent  mentalement  : « Sainm  kad  gemuhor 

* L'Eglise  et  la  Synagogue,  seizième  siècle,  p.  2I0-ît1. 

Delamarre,  Traité  de  la  police,  i vol.  in-fol.,  t.  I",  p.  279 , etc.  ; 
Paris,  1705. 


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138  LÈS  JUIFS. 

irii;  c osl-h-(lire  ; Aujourd’hui  est  mort  un  impie,  qu’il  en 
meure  deux  demain  » 

Le  fanatisme  de  la  haine  ne  s’éteint  donc  qu’à  regret  et 
à peine  dans  le  cœur  du  Juif  judaïsant;  le  bienfait  même 
ne  l’y  détruit  que  par  exception,  et  le  contraire  serait  inad- 
missible, car  l’implacable  Talmud  lui  fait  de  ces  sentiments 
forcenés  un  devoir  de  conscience,  une  vertu.  Laissons  à ce 
propos  l’àme  du  talmudisant  se  peindre  dans  une  de  ses 
charmantes  ingénuités  : 

« Tu  sais,  — disait  un  Juif  à l’un  de  ses  compagnons 
chrétiens,  — combien  nous  nous  sommes  donné  de  marques 
de  bienveillance  dans  ce  voyage,  où  nous  nous  sommes 
conduits  en  frères  l’un  à l’égard  de  l'autre.  Sache  toutefois 
que,  quels  qu’aient  été  les  signes  de  bienveillance  que  je 
t’ai  montrés,  la  haine  que  je  nourris  dans  mon  cœur  n’en 
était  pas  moins  grande.  En  récompense  des  services  que  tu 
m’as  rendus , je  veux  cependant  te  donner  cet  avis  ; Ne  le  fie 
jamai$  à un  Juif,  quelle  que  soit  l’amitié  qu’il  te  témoigne*.  » 

Haine  donc,  haine,  ruine  et  mort  à l’individu  chrétien; 
haine  et  destruction  à la  société  chrétienne;  et  le  Juif,  si 
nous  devons  croire  Pfefferkorn,  Israélite  converti,  mais 
redevenu  judaïsant,  ne  traitera  jamais  d’affaires  avec  les 
chrétiens  qu’animé  du  désir  de  les  tromper.  Ne  rêvant 
contre  eux  que  fourberie,  il  reçoit  de  toutes  mains,  et  sans 
scrupule,  le  fruit  du  vol  sacrilège  commis  h leur  préjudice, 
et  lui-même  il  apprend  au  malfaiteur  à se  perfectionner 
dans  son  art.  Vainement  chercherait-on,  nous  aflirme-t-il, 
une»  secte  plus  malhonnête,  plus  dangereuse  et  plus  funeste 
au  peuple  chrétien,  que  la  secte  immonde  des  Juifsl  Nuit 

* Huine  de  la  religion  hébraïgue,  par  un  rabbin  converti,. 3" lidilion, 
1S;U.  Laurent,  i6.,  t.  II,  p.  3Sti-7.  .Malgré  sa  triple  édition,  l’ouvrage 
de  ce  rabbin  est  fort  rare  ; on  croit  que  les  Juifs  le  firent  disparaître. 
Ainsi  en  usent-ils  do  certains  ouvrages,  qu’ils  trouvent  moyen  d’ache- 
ter, ou  de  ruiner,  à l’aide  des  sociétés  secrètes,  dont  il  v à tout  lieu 
de  croire  que  les  hauts  et  mystérieuoo  conseils  sont  fondés  et  dirigés 
en  permanence  par  quelques-uns  dos  hommes  les  plus  inlluenls  du  ju- 
daïsme. 

• Itinér.  du  P.  Philippe  n S.  Trinitate,  Uv.  VI,  chap.  viii.  L’Eglise 
et  la  Synagogue,  p.  ÎOl. 


CHAPITRE  CINQUIÈME.  • 1,39 

et  jour  ces  hommes  ne  s’occupent  qu’ii  méditer  les  moyens 
de  détruire  et  de  renverser  la  puissance  des  chrétiens,...  ils 
emploient  tous  les  genres  possibles  de  fraude,  et  s’insinuent 
partout  avec  tous  les  signes  apparents  de  la  bienveillance, 
de  l’amitié,  ou  d'un  commerce  plein  de  charme'.  » 

Cependant,  nous  dit  avec  la  plus  inimitable  candeur  un 
honorable  avocat  de  la  nation  juive  qui  n’étudia  que  super- 
ficiellement la  partie  la  plus  importante,  de  .sa  cause  : « au 
fond , les  doctrines  des  Juifs  ne  contiennent  aucun  dogme 
incompatible  avec  la  religion  ou  les  institutions  sociales  des 

autres  nations Il  est  faux  qu'ils  regardent  les  chrétiens 

comme  leurs  ennemis.  Ce  conte  populaire  est  méprisé  de 
tout  homme  instruit....  La  philanthropie,  l’humanité,  forment 
la  base  de  leur  croyance On  ne  saurait  donc  assez  répé- 

ter, assez  prouver,  que  les  dogmes  judaïques  se  concilient 
parfaitement  avec  ceux  des  autres  nations;  qu'ils  ne  séparent 
point,  comme  on  le  prétend,  les  Hébreux  du  reste  des  hom- 
mes, mais  qu’ils  leur  prescrivent  impérieusement  de  les 
secourir  et  de  les  aider  ’.  » 

Plus  modéré  dans  ses  louanges,  et  nous  l’en  félicitons, 
est  un  autre  écrivain,  dont  il  importe  trop  de  rapprocher 
les  pages  de  celles  de  M.  Bail  pour  que  nous  manquions  ’a  ce 
devoir  ; « Tous  ceux  qui  ont  été  à même  d'étudier  l’état  des 
Juifs  dans  les  provinces  où  leur  nombre  donne  à l'observa- 
teur des  facilités  qui  leur  manquent  ailleurs;  tous  ceux,  par 
exemple,  qui  ont  pu  approcher  des  Juifs  d’Alsace,  savent 
parfaitement  qu’ils  sont  restés  non-seulement  étrangers, 
mais  hostiles  à la  masse  de  la  population;  qu’ils  ont  con- 
servé purs  et  sans  mélanye  leur  caractère  et  leurs  mœurs, 
ainsi  que  leur  physionomie.  Dans  l’ordre  moral  comme 

' Pfefferkorn,  chap.  xi.  Eglise  et  Synagogue,  ib.,  p.  208-211.  L’af- 
firmation do  ce  Juif  est  importante,  car  nous  avons  ciUS  dans  cet  ou- 
vrage un  passage  de  l’ëvèque  Malol,  De  perfuUa  Judworum,  et  d'aulres 
du  célèbre  Traité  de  la  police  de  Delaniare,  et  des  .d/muks  de  Uaronius, 
que  cet  Israélite  semble  ici  ré/Mter  mot  à mol. 

^ Bail,  Des  Juifs  au  dix-neuvième  siècle,  p.  62,  63,  69;  Paris,  1816. 
Lire  le  contraire  dans  ce  volume,  et  dans  un  ouvrage  peu  suspect  de 
M.  Renan,  cilë  Archives  Israélites,  Xtl,  p.  584;  1868. 


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uo  • 


LES  JUIFS. 


dans  l’ordre  physique,  les  Juifs  (que  le  procureur  général 
du  Régent  appelait  en  1717  « les  monstres  de  la  société  ci- 
vile, »)  sont  demeurés  identiques  k eui-mêmes  depuis  des 
milliers  d’années,  et  il  est  facile  de  les  reconnaître  k leurs 
actes  comme  aux  traits  de  leur  visage  » 

K La  question  religieuse est  la  cause  la  plus  intime  de 

cet  exclusivisme  opiniâtre  qui  a toujours  distingué  la  race  juive, 
et  Sixte  de  Sienne,  Juif  converti  du  seizième  siècle,  indique 
les  endroits  du  Talmud  auxquels  il  emprunte  les  passages 
suivants  ; 1*  Nous  ordonnons  que  tout  Juif  maudisse  trois 
fois  par  jour  tout  le  peuple  chrétien,  et  prie  Dieu  de  le  con- 
fondre et  de  l’exterminer  avec  scs  rois  et  ses  princes;  mais 
que  les  prêtres  surtout  fassent  cette  prière  dans  la  syna- 
gogue, en  haine  de  Jésus;  2°  Dieu  a ordonné  aux  Juifs  de 
s’approprier  les  biens  des  chrétiens  autant  de  fuis  qu'ils  le 
pourront,  soit  par  fraude  ou  par  violence,  soit  par  usure  ou 
par  vol  ; 3*  Il  est  ordonné  h tous  les  Juifs  de  regarder  les 
chrétiens  comme  des  brutes,  et  de  ne  pas  les  traiter  autre- 
ment que  des  animaux;  4°  Que  les  Juifs  ne  fassent  aucun 
bien  ni  aucun  mal  aux  païens,  mais  qu’ils  tâchent,  par  tous 
les  moyens,  de  tuer  les  chrétiens;  5"  Si  un  Hébreu,  en  vou- 
lant tuer  un  chrétien,  tue  par  hasard  un  Juif,  il  mérite  le 
pardon  ; 6“  Si  un  Juif  voit  un  chrétien  sur  le  bord  d’un  pré- 
cipice, il  est  tenu  de  l’y  précipiter  aussitôt  » 

Et  si  le  code  religieux  du  Juif  lui  fait  un  mérite  de 

voler  le  chrétien,  parce  que  cette  brute  ne  saurait  être  son 
prochain,  ou  de  lui  enlever  le  plus  habilement  possible  son 
bien,  ainsi  que  le  constatera  peut-être  un  chapitre  qui  va 
provoquer  nos  regards  sous  le  titre  De  l’usure , la  statisti- 
que, dont  les  calculs  nous  ont  dit  tout  k l’heure  que  les 
femmes  de  mauvaise  vie  se  montraient  en  proportion  plus 

• Autorité  égarée.  Voir  l’analogue,  Egl.  et  Synag.,  p.  Î3Î-3,  en  1808. 

2 Sixt.  Senens.  Bibliotheca  sancta,  ord.  i,  p.  1î4;  Paris,  1610, 
Tract.,  t.  I,  Distinct,  i.  Ibid.,  ord.  iv,  tract.,  8.  Ibid.,  tract.  4 et  9. 
— Rohrbacher,  Histoire  universelle  del'Église,  t.  XVI,  p.  407;  Paris, 
4851.  — Ferrari,  l'rompia  bibl.,  in  Thalm.,  ord.  î,  tract.  1,  distinct. 
5;  ord.  4,  tract.  8,  disl.  2 ; ord.  1,  tract.-dist.  4,  in  Thalimid,  ib. 


CHAPITRE  CINQUIÈME.  U1 

considérable  chez  les  Juifs  que  chez  tout  autre  peuple,  devra 
sans  doute  nous  tenir  le  même  langage  non-seulement  k 
propos  de  l’usurier,  mais  à propos  du  simple  voleur. 

Et , de  fait,  M.  Bail , le  candide  avocat  de  la  cause  judaï- 
que, n'hésite  point  à nous  alhrmcr  que  « sur  douze  vols  ou 
escroqueries  jugés  devant  les  tribunaux  de  Leipsick,  onze 
sont  commis  par  les  Juifs  '!  ».Puis,  méconnaissant  aussitôt 
l’effet  de  la  croyance  sur  les  actes , c’est-à-dire  l’action  né- 
cessaire qu’exercent  sur  l’esprit  et  le  cœur  des  Juifs  les  pré- 
ceptes antisociaux  du  Talmud,  M.  Bail,  docile  aux  préjugés 
qui  découlent  de  ses  opinions  libérales,  ajoute  : k Rien,  ce 
me  semble,  ne  fait  mieux  contraster  les  effets  de  l’escla- 
vage ou  de  l’émancipation!  Libres  en  France,  ils  y sont  hon- 
nêtes gens  V » 

Honnêtes?  Nous  serions  heureux  de  le  croire;  et,  cepen- 
dant nous  devons  observer  qu'un  tiers  de  siècle  plus  tard, 
en  18i7,  un  écrivain  de  race  israélite,  d’accord  avec  toutes 
le»  traditions  du  royaume  \ combat  cette  assertion  par  des 
paroles  dont  l’éclat  fut  assez  grand  pour  que  l’oubli  n’en  ait 
pas  effacé  les  traces  : 

((  Que  les  Israélites  de  France  y prennent  garde;  ils  cou- 
rent peut-être  à une  réaction  désastreuse  dont  nous  vou- 
drions prévenir  les  effets  par  nos  conseils  et  nos  avertisse- 
ments. Ils  ne  s’aperçoivent  pas  combien,  chez  eux,  la  morale 
eu  relâchée , abandonnée  ; combien  les  idées  sordides , et  la 
convoitise  d’un  lucre  facile,  les  égarent  en  les  éblouissant.  Un 
simple  rapprochement  de  calcul  statistique  fera  comprendre 
facilement  toute  la  vérité  et  la  portée  de  notre  pensée.  » 

Et  de  ce  calcul,  auquel  se  livre  M.  Ccrfberr,  il  résulte 
que  le  nombre  des  condamnés  est  pour  les  Juifs  largement 
le  double  de  ce  qu’il  est  parmi  les  autres  citoyens!  Mais  bien 
s'en  faut,  d'après  le  même  calculateur,  que  ce  double  nous  dise 
assez;  car,  à son  sens,  ce  qui  distingue  les  Juifs  entre  les 

' Bail,  Les  Juifs  au dix-neuviéme  siècle,  p.  2i  ; Paris,  <8t6. 

^ Ibid.,  p.  24.  Il  s’ea  Tallait  que  le  Juif  fùl  esclave  en  France  ! 

3 Traité  de  la  police,  1705,  Paris,  l.  I",  p.  Î78,  eic.,  etc. 


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Les  juifs. 


autres  hommes,  « ce  sont  des  crimès  d’uiie  perversité  plus 
profonde,  parce  (pi’ils  sont  le  résultat  de  la  préméditation. 
Ces  crimes  sont  l’escroquerie,  le  fau.\,  l’usure,  la  captation, 
la jbanqueroute  frauduleuse,  la  contrebande,  la  fausse  mon- 
naie, les  tromperies  en  matière  de  recrutement,  le  stellio- 
nat,  la  concussion,  la  fraude,  le  dol  enOn  sous  toutes  les 
formes  et  avec  toutes  les  aggravations.  » 

Et  si  l’on  ajoute  k la  considération  de  ces  faits,  k com- 
bien, par  leur  nature,  leur  caractère,  leur  intelligence  et 
leurs  rélicences  mentules , qui  leur  permettent  de  prêter  le 
serment  civil  parl&iiiel  ils  ne  croient  pas  être  engages,  ils  sont 
plus  rusés  que  les  chrétiens,  on  peut  facilement  compren- 
dre que  le  nombre  des  Juife  qui  échappent  k la  vindicte  pu- 
blique e.st  supérieur  peut-être  a celui  qui  se  trouve  sous  les 
verrous,  et  gui  ne  renferme  eerles  pas  les  plus  coupables!  » 

Ainsi  va  pour  la  France.  Quant  k « l’Israélite  allemand , 
qui  est  le  type  et  le  prototype  du  Juif  tel  qu’on  le  dé|)cint 
et  que  nous  le  connaissons  en  générai,  » vaudra-t-il  mieu.v 
que  le  Juif  son  voisin? — Réponse  : « Il  est  astucieux,  avide  et 
rapace,  sans  foi  ni  loi,  quoique  d'une  dévolion  fanatique  lors- 
qu’il se  trouve  dans  les  derniers  rangs  de  sa  nation '.  u 

A ces  quelques  lignes  si  précises,  un  publiciste  allemand 
d’une  remarquable  sagacité,  M.  Hermann  Kuhn,  ajoute  un 
résumé  de  quelques  lignes  encore,  et  nous  dit  en  novembre 
1866  : « Parmi  les  honnêtes  industriels  dont  Vienne  abonde, 
s’il  faut  s’en  rapporter  k la  statistique  criminelle,  les  Juifs  for- 
ment la  grande  majorité  de  ceux  que  frappe  la  justice,  bien 
qu’ils  aient  la  réputation  d’être  les  plus  habiles  à esquiver  ses 
coups.  On  peut  se  figurer  combien  ils  ont  dû  rire  de  la  mo- 
rale de  la  feuille  officielle,  et  de  ses  efl'orts  pour  faire  renaî- 
tre le  dévouement  au  bien  public,  pour  rétablir  le  sentiment  du 
devoir  et  de  l’honneur!  » 

« Ce  n’est  j)as  une  justice  distributive  plus  sévère j 

' A.  (^rfberrdeM^“(lel^huilll,  Les  Juifs,  leur  histoire,  leurs  mœurs,  etc., 
p.  2,  3,  39;  Paris,  1847.  Ces  études,  reproduites  en  (lartie  dans  la 
revue  périodique  des  Franfais  peints  par  eux-mémes,  eurent  en  Eu-= 
rope  un  immense  succès. 


CHAPITRE  CINOÜIÈ'IE.  U3 

comme  le  dit  l’organe  officiel,  c’est  une  justice  basée  sur  de 
tout  autres  principes,  qui  est  devenue  nécessaire.  Lorsque, 
grâce  à une  presse  juive  qui  proscrit  tout  principe  chrétien , il  n’y 
a plus  ni  bonne  foi  ni  probité  dans  les  relations  d’affaires, 
un  tel  mal  ne  peut  être  guéri  par  une  phraséologie  onc- 
tueuse, et  quelques  pieux  désirs  prononcés  avec  timidité.  » 
« Un  grand  journal  viennois  {la  Presse),  rédigé  et  dirigé 
par  des  Juifs,  a pour  devise  : Le  même  droit  pour  tous  ‘ . Mais, 
accorder  le  même  droit  à des  gens  (pii  ne  connaissent  ni  la 
morale  ni  le  devoir  chrétien,  c’est  faire  de  ces  geus  les 
vampires  de  ceux  qui  sont  retenus  par  les  princ'qæs  du 
christianisme,  et  qui  ne  peuvent  suivre  les  errements  abu- 
sifs d’une  concurrence  sans  frein.  » 

« Presque  chaque  semaine  voit  se  dérouler  devant  le  tri- 
bunal civil  de  Vienne  quelque  procès  monstre  contre  les 
escrocs  de  la  pire  es|)èce,  Juifs  le  plus  souvent  ; les  vols  scan- 
daleux, les  filouteries  honteuses,  s’élèvent  quelquefois  k des 
sommes  énormes.  Le  butin  illicite  est  déjk  depuis  longtemps 
en  sûreté  quand  les  malfaiteurs  sont  appréhendés  au  corps  ^ 
et  après  avoir  subi  quelques  années  de  prison,  ils  en  peuvent 
jouir  k leur  aise.  L’entretien  des  Juifs  accusés  ou  condamnés 
pour  délits  contre  la  propriété  coûte  de  fortes  sommes,  et 
les  volés,  les  chrétiens,  jouissent  du  privilège  d’y  contribuer 
dans  la  plus  forte  proportion  par  des  impôts  plus  élevés  *.  » 
Lorsque  nous  aurons  lu  dans  l’histoire  de  la  campagne  de 
Russie  de  M.  de  Ségur  une  page  que  l’historien  Rohrbacher 
ne  crut  point  indigne  de  figurer  dans  les  Annales  de  l’Église, 
les  termes  lancés  k l’adresse  de  ces  rudes  prochains  nous  pa- 
raltront-ils  d’une  violence  extrême?  — Vingt  mille  Français 
étaient  restés  k Wilna,  malades,  blessés,  épuisés  de  fatigue. 
K A la  vérité,  dit  le  général  de  Ségur,  les  Lithuaniens,  que 
nous  abandonnions  après  les  avoir  tant  compromis,  en  re- 
cueillirent et  en  secoururent  quelques-uns;  mais  les  Juifs, 

• Gleiebes  Hecht  fur  aile.  Pour  le  malheur,  pour  la  ruine  morale  et 
matérielle  cJo  l'Autriche,  la  presse  y est  prestiue  exclusivement  l’instru- 
ment des  Juifs. 

^ Hermann  Kuhn,  le  Monde,  V novembre  4S66. 


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lU 


LKS  JUIFS. 


que  nom  avions  protégés , lepoussèrenl  les  autres.  Us  ürent 
bien  plus  : la  vue  de  tant  de  douleurs  irrita  leur  cupidité. 
Toutefois,  si  leur  infâme  avarice,  spéeutani  sur  nos  misères,  se 
fût  contentée  de  vendre  au  poids  de  l’or  de  faibles  secours, 
l’histoire  dédaignerait  de  salir  ses  pages  de  ce  détail  dégoû- 
tant-, mais  qu'ils  aient  attiré  nos  mallieureu.v  blessés  dans 
leurs  demeures  |)Our  les  dépouiller,  et  qu'eiisuite,  'a  la  vue 
des  Russes,  ils  aient  précipité  par  les  portes  et  les  fenêtres 
de  leurs  maisons  ces  victimes  nues  et  mourantes;  que,  là, 
ils  les  aient  laissées  impitoyablement  périr  de  froid  -,  que  même 
ces  vils  barbares  sc  soient  fait  un  mérite  aux  yeux  des  Russes 
de  les  y torturer  : des  crimes  si  horribles  doivent  être  dénon- 
cés aux  siècles  |>réscnts  et  à venir.  Aujourd'hui  quenos  mains 
sont  impuissantes,  il  se  peut  que  notre  indignation  contre  ces 
monstres  soit  leur  seule  punition  sur  cette  terre;  mais  enfin 
les  assassins  rejoindront  un  jour  les  victimes,  et  l'a  sans  doute, 
dans  la  justice  du  Ciel,  nous  trouverons  notre  vengeance  '.  » 

Nous  donnons  avec  exactitude  les  dates  de  ces  publica- 
tions, et  ces  cliiiïres  nous  disent  combien  il  est  inutile,  lors- 
que nous  cherchons  nos  exemples  de  charité  ou  de  civilisa- 
tion judaïque,  de  remonter  jusque  vers  les  quatorzième  et 
quinzième  siècles,  oû  l'un  des  écrivains  qui  viennent  de  sai- 
sir la  plume  pour  défendre  la  cause  des  Juifs  a tracé  ces 
loyales  paroles  : « Les  crimes  et  les  abomimtions  qu'ils  com- 
mettaient chaque  jour  obligèrent  Charles  VI  'a  les  proscrire  *.» 
Et  ce  qui  reste  évident,  c'est  que  la  civilisation  chrétienne, 
dont  commence  k triompher  le  Juif,  mais  qui,  dans  nos  con- 
trées les  plus  saines , le  pénétrant  de  toutes  parts , a neu- 
tralisé dans  son  âme  une  partie  de  l'action  vénéneuse  du 

* Kohrbachcr,  Histoire  Je  l'Kylise,  t.  XXVIIl,  p.  tSo;  Paris,  ISoï. 
Au  point  de  vue  de  l'exaclilude  cl  des  appréciations  militaires,  nulle  his- 
toire de  celle  effroyable  campagne  n'a  égalé  celle  du  général  marquis 
Georges  de  Cliambray  ; soit  dit  en  passant!  Troisième  édition,  Paris, 
tS38.  — IJ.  E(jl.  et  Synag.,  p.  23i  ; 4859. 

’ Itallez,  Des  Juifs,  ut  suprà,  p.  64;  1845.  Id.,  Traité  Je  la  police, 
t.  1",  p.  Î85;  4705.  Dans  certaines  iiarlies  du  monde,  cl  même  de 
l'Europe,  le  Juif  contemporain  nous  retrace  encore  une  fidele  image  du 
Juif  au  moyen  âge.  C'est  là  ce  que  nous  verrons. 


CHAPITKE  CINOUIÈME.  U5 

Talmud,  est  bien  loin  encore  d'avoir  achevé  sa  tâche  et 
complété  son  travail  moralisateur. 

El  cependant,  ô suprême  inconséquence  de  l’écrivain  que 
nous  cilons  ; « Que  les  Juifs,  ajoute-t-il,  continuent  d'ob- 
server les  rites  de  l’ancienne  loi;  qu’ils  persistent  dans  ces 
pratiques  superstitieuses  (|ue  les  rabbins  ont  ajoutées  aux 
prescriptions  de  .Moïse , peu  nous  importe  '!  » 

Peu  vous  importe!  et  pourquoi?  — Parce  que  trop  enclin' 
’a  prendre  l’homme  pour  une  nt^chine,  vous  ne  songez 
jamais  assez  que  sa  croyance , ce  qui  équivaut  k dire  son 
éducation,  engendre  cl  gouverne  ses  actes.  Mais,  grâce  aux 
simples  rapprochements  que  nous  avons  opérés,  ne  vous 
est-il  pas  donné  de  voir  la  haine  à la  foi»  nationale  ei  reli- 
gieuse du  Juif  contre  le  chrétien,  cette  haine  traditionnelle 
que  le  rabbinisme  orthodoxe  enseigne  au  Juif,  devenir  la 
règle  de  ses  mœurs,  le  fond  de  sa  morale,  descendre  de 
génération  en  génération  jusque  vers  le  milieu  du  siècle 
actuel,  s’étendre  sans  mesure  et  sans  bornes,  prendre  selon 
les  temps  et  les  lieux  toutes  les  physionomies  et  toutes  les 
allures,  devenir  en  un  mol  l’âme  du  peuple  possédé,  â qui 
le  Christ  a dit  ; « Eos  ex  pâtre  diabolo  : votre  père,  c’est 
celui  qui  fut  homicide  dès  le  commencement’  »,  et  le  con- 
damner à ne  plus  avoir  de  prochain  M 

K nous,  tout  à l’heure,  et  dans  un  des  chapitres  qui  vont 

' llallez,  ib.,  p.  5,  etc. 

’ S.  Jean,  vin,  44.  — Errarc  tuimanum  est,  perscecrare  Judafeum. 

^ Avant  même  la  rédaction  des  traditions  pharisaïques  dont  se  com- 
posèrent les  Talmuds,  et  dès  Vespasien,  déjà  le  monde,  tout  corrompu 
qu’il  est  par  le  paganisme,  s’indigne  de  la  noire  malice  de  ces  Juifs, 
que  Tacite  accusait  à tort,  et  par  anticipation,  d’avoir  été  le  rebut  et 
le  mépris  de  tous  les  peuples  (Bonnetlv,  Annales  dephilosophiejn"  tOS, 
p.  456;  1868.)  Déjà  leur  perversité  réduit  cet  empereur  h les  déclarer 
incapables  de  certaines  magistratures  et  de  certaines  fonctions  publi- 
ques que  l’on  ne  craignait  même  pas  d’accorder  aux  peuples  barbares... 
Quippe  qui,  a malitia,  magistratibus  aliisque  publicis  ofüciis,  quæ  aliis 
cumpluribus  nationibus,  lïcet  barbaris,  concessa  fuerant,  etc...  Baro- 
nius,  Annales,  l.  I*r,  cli.  xxxi,  p.  677  ; 1705,  in-fol. 

Théodose  le  Jeune  renouvelait  ces  interdictions,  et,  dès  lors,  « leur 
dispersion  dans  toutes  les  nations  fut  beaucoup  plus  grande;  ils  y furent 
universellement  méprisés,  et  furent  le  rebut  de  tous  les  autres  peuples.. . » 
Traité  de  la  police,  l.  l",  p.  Î80;  1705,  in-fol.  Delamare. 


U6 


LES  JUIFS. 


suivre,  de  jeter  un  coup  d’œil  qui  nous  permette  de  voir,  en 
nous  laissant  aller  au  fil  de  ce  dix-neuvième  siècle,  si,  de 
nos  jours  comme  jadis,  l’homicide  n’a  point  encore  cou- 
ronné la  haine  que  les  superstitions  pharisaïques  enfantèrent. 

CONCLUSION. 

Le  Talmiid  fait  aux  Juifs  qui  conforment  leur  vie  à ses 
préceptes  religieux,  c’est-h-dire  aux  francs  orthodoxes,  un 
mérite  immense  de  leurs  vices  haineux,  qui  ne  leur  per- 
mettent plus  de  voir  leur  prochain  dans  un  homme,  si  la 
conscience  de  cet  homme  échappe  h l’empreinte  du  Talmud 
dont  le  coin  rabbinique  a frappé  leur  âme. 


NOTE  DE  LA  PAGE  PRÉCÉDENTE. 

Entre  mille  échantillons  qui  se  confirment  l’un  l’autre,  et  dont 
le  lecteur  appréciera  la  valeur  plus  ou  moins  grande,  nous  citons  les 
deux  suivants  ; le  premier,  parce  qu’il  est  lo  modèle  d’une  industrie,  le 
second,  parce  qu’il  est  extrait  d’un  livre  dont  la  popularité  fut  immense. 

Le  gouvernement  est  obligé  de  prendre  des  mesures  vis-à-vis  de  la 
propagande  juive.  On  a découvert  dans  la  province  de  Kherson  une 
association  d’Israélites  qui,  moyennant  une  légère  somme,  se  chargent 
de  procurer  aux  gens  sans  aveu  les  papiers  nécessaires  pour  justifier 
d’une  position  sociale.  Ainsi  un  vagabond,  un  repris  de  justice,  un 
déserteur,  par  exemple,  pour  échapper  à la  police,  se  présente  à l’as- 
sociation. Celle-ci  conduit  son  client  chez  le  consul  ottoman,  qui,  sur 
l’attestation  de  témoins  déclarant  que  l’individu  est  un  sujet  ottoman, 
commerçant  honorable  de  telle  ou  telle  ville,  ayant  perdu  ses  papiers, 
lui  délivre  aussitôt  un  passe-port  en  règle,  sous  un  nom  juif.  Pour  ne 
pas  éveiller  les  soupçons , l’individu  en  question  est  forcé  de  vivre  au 
milieu  des  Juifs,  de  fréquenter  leurs  synagogues,  et  finit  par  devenir 
un  véritable  Juif.  [Ibid.,  Kuhn,  7 janvier  1866.) 

Hussie.  Berditscheff  (Podolie),  3 septembre  1835;  Journal  d’Alexan- 
drine,  Suédoise  non  catholique,  fille  du  comted’Alopeus  : « Nous  sommes 
arrivés  hier  soir  à Berditscheff,  petite  ville  peuplée  de  Juifs.  On  on  est 
assailli  ; c’est  bien  la  plus  infâme  race  qui  existe,  quoique  intelligente, 
et  c’est  par  eux  que  se  font  ici  toutes  les  affaires...  » P.  310-311. 

« Novogorod,  4 septembre  1835.  « Ces  Juifs,  indigne  race  de  voleurs, 
au  moment  de  partir,  nous  ont  fait  tant  de  difficultés,  que  nous  les 
avons  envoyés  promener,  et  que  nous  avons  pris  la  poste.  » 76.,  Jour- 
nal d’Alexandrine,  p.  311. 

a Ostrog,  5 septembre  1835.  « Nous  sommes  arrivés  ici  dès  quatre 
heures.  Maison  épouvantable  tenue  par  des  Juifs!...  Toutes  les  femmes 


CHAPITRE  CINQUIÈME.  U7 

jeunes  de  ces  contrées  portent  des  bonnets  brodés  de  |>erles,  parlois 
très-belles.  Celui  de  la  maîtresse  de  celte  maison-ci  est  en  outre  en- 
richi de  diamants...  » Ib.,  Journal  d’Alexandrine.  Suédoise  non  catho- 
lique, fille  du  comte  d'Alopeus,  p.  3H-3tî;  Jiécils  d'une  soeur,  par 
Mme  Augustus  Craven,  quatrième  édition,  in-)2,  l.  1"^;  Paris. 

NOTE  FAISANT  SUITE. 

VVnivers  israélite,  revue  du  judaïsme,  moins  progressive  et  par 
cela  même  plus  orthodoxe  que  la  revue  rivale  les  Archives  Israélites, 
ne  cesse  de  mettre  en  relief  l'infériorité  morale  du  Juif,  et  dans  ses 
fréquents  accès  de  mauvaise  humeur  et  d’outrecuidance,  cette  feuille 
nous  la  révèle  sans  comprendre  la  portée  de  ce  qu'elle  énonce.  Prêtons 
l’oreille  à sa  parole  : 

« Encore  dans  son  numéro  du  9 décembre,  le  Droit  dit  : Quatre  Is- 
raélites hollandais,  tailleurs  de  diamant,  comparaissent  devant  le  jury 
do  la  Seine,  etc.,  etc...  Il  semble  qu’il  serait  temps  enfin  que  le  con- 
sistoire central  provoquât  de  la  part  du  ministre  de  l’intérieur  un  com- 
muniqué invitant  les  journaux  à ne  plus  révéler  le  culte  de  tout  indi- 
vidu traduit  devant  les  tribunaux.  Cette  simple  mesure  suffirait  pour 
mettre  un  terme  à un  abus  révoltant,  qui  outrage  tous  les  Fran^'ais  Is- 
raélites et  leur  religion  1 » XX"  année,  septembre  tSfii,  p.  19S. 

Nommez,  nommez,  entre  les  criminels,  l’étranger  que  frappe  le  bras 
de  la  justice,  l’Espagnol  ou  l’Anglais,  l’Allemand,  l’Italien  ou  le  Da- 
nois, et  vous  verrez  que  nulle  part  l’Israéiile  ne  s’en  émeut,  quoique 
prononcer  le  nom  de  ces  peuples  ce  soit  désigner  des  chrétiens. 
Mais,  en  pays  catholique,  avoir  l’audace  de  tracer  le  nom  de  Juif 
sur  le  front  du  prévaricateur,  ce  Juif  dont  la  nationalité  désigne 
également  la  religion,  ô l’impardonnable  et  odieux  outrage!  Privilège 
donc  en  faveur  du  Juif  repris  de  justice,  et  suspension  do  la  liberté  de 
la  presse  à son  égard,  de  crainte  que  la  Synagogue  ne  sente  le  rouge 
lui  monter  au  visage  devant  les  arrêts  qui  frappent  le  crime;  de  peur 
que  le  chrétien  ne  repais.se  ses  yeux  du  désavantage  et  de  la  honte  ([ue 
les  simples  balances  de  la  justice  infligent  au  côté  judaïque. 

Certes,  quant  à nous  autres  catholiques,  ce  bruit  de  publicité,  que 
le  Juif  abhorre  et  redoute,  serait  notre  joie;  et,  puisque  les  actes  de 
l’homme  sont  le  produit  naturel  de  ses  croyances,  nous  dirons  à la 
justice,  si  peu  qu’elle  incline  à nous  flatter  ; Courage!  et  nulle  réti- 
cence à notre  endroit!  Non,  non!  no  cachez  rien , au  contraire;  et 
veuillez  établir  dans  tout  l’éclat  de  l’évidence  les  exactes  pro|>ortious 
du  crime  entre  le  catholique  et  l’ennemi  du  catholicisme  ; entre  le  ca- 
tholique fidèle  à sa  foi  religieuse,  et  celui  qui  fait  profession  de  la  né- 
gliger; entre  le  simple  catholique  et  le  catholique  engagé  : le  prêtre, 
le  religieux,  l’évêque.  Et,  loin  de  les  maudire,  nous  bénirons  les  mains 
qui  s’empresseraient  d’afficher  d'un  bout  à l’autre  du  monde,  dans  les 
carrefours  et  les  places  publiques,  ce  tableau  comparatif  de  la  morale 
en  action  des  hommes  de  l’impiété  et  des  hommes  de  cultes  divers. 

Cependant,  le  judaïsme,  — curieux  et  imposantspectacle  et  prélude 

10. 


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LES  JUIFS. 


4 18 

des  plus  grands  événements!  — vient  toutà  coup  d'entrer  dans  la  voie 
des  transformations.  Il  commence  à compter  par  milliers,  dans  son 
sein,  des  indifférents,  et  des  protestants  à coté  do  ses  orthodoxes...  Il 
commence  donc  à se  diviser,  soit  en  se  perdant  dans  le  rationalisme, 
qui  est  la  ruine  de  toute  raison,  soit  en  se  rapprochant  de  Moïse,  dont 
la  parole  conduit  au  Christ,  ce  qui  permet  aux  observateurs  les  plus 
bienveillants  de  dire,  à propos  de  ces  derniers  : « La  morale  du  Ju- 
daïsme moderne,  abstraction  faite  d’une  casuistique  équicoque,  offre  à 
peine  quelques  points  qui  s’écartent  des  principes  de  l'Ancien  Testa- 
ment. De  même  que  cette  merveilleuse  nation  renferme  constamment 
dans  son  sein  un  nombre  considérable  de  nobles  personnages,  elle  a tou- 
jours eu  une  série  do  manuels  et  de  traités  élémentaires  de  morale 
excellents*,  » où  des  mains  habiles  ont  effacé  toute  trace  des  énormi- 
tés de  la  doctrine  rabbinique  orthodoxe,  c’est-à-dire  de  celle  qui  con- 
stitue le  fond  do  la  foi  judaïque,  et  que  ses  docteurs  puisaient  dans  le 
réservoir  intarissable  du  Talmud. 

' Goichler,  Kne)cl.  cath.  altem,  Ib.,  l.  .Ml,  p.  39ü. 

FIN  DES  NOTES. 


QU.\TRIÈHE  DIVISION.  — LE  COL  NIDRÀI.  MORALE  TALMUDIQUE. 

Le  Kol  Nidrai,  ou  le  parjure  dans  la  religion.  — Parole  sacramentelle; 
trois  Juifs,  les  premiers  venus,  forment  un  tribunal  qui  peut  dé- 
lier tout  Juif  de  ses  serments  et  de  ses  engagements  quelconques. 
— Ce  fait  nié.  — Cette  négation  détruilc.  — Les  trois  ont  la  même 
autorité  que  le  tribunal  de  Moïse,  mais  ils  l’ont  contre  le  droit.  — 
Le  Talmud  fait-il  de  l’homme  moral  un  homme  à renveiii?  — Nul 
lien  social  de  promesse  ou  de  contrat  ne  peut  donc  engager  envers 
le  chrétien  le  Juif  avec  qui  le  chrétien  s'engage?  — Une  cérémonie 
religieuse  délie  chaque  année,  pour  l’avenir  et  pour  le  passé,  tout 
Juif  formant  ou  devant  former  un  engagement. — Formule  grotesque 
employée  par  le  Juif  qui  se  relève  de  ses  engagements.  — Tours  et 
formules  qui,  dans  l’esprit  du  Juif,  ôtent  toute  validité  à ses  pro- 
messes et  laissent  sa  conscience  en  paix. — Ces  mœurs  talmudiques 
expliquent  la  haine  des  peuples,  et  les  rigueurs  du  pouvoir  social 
contre  ces  populations  roulantes  et  antisociales.  — Un  serment  dont 
les  formalités  et  le  texte  semblent  frapper  habituellement  le  Juif  de 
terreurs  superstitieuses  est  imposé  aux  Juifs  dans  la  plupart  des  Etats 
chrétiens,  et  subsiste  encore  dans  quelques-uns.  — France.  — La 
cour  de  Colmar  (10  février  1809)  et  ce  serment.  — Réflexions. 

Déjii  jHîut-êtrc  quelques  lecteurs  commencent  à se  tenir 
en  iléfiauce  contre  la  moralité  du  Juif  orthodoxe,  et  nous 
sommes  loin  cependant  d’avoir  dit  assez  sur  les  croyances 


CHAPITRE  CINQUIÈME.  U9 

qui  sont  la  source  de  sa  morale  : l’une  d’elles  achèvera  peut- 
être  de  nous  édifier  sur  ce  point,  et  la  voici  : c’est  que,  par 
le  simple  arrêt  d’une  parole  sacramentelle  qui  sort  de  leur 
bouche,  trois  Juifs  l’emporlent  et  sur  la  loi  de  Moïse  et  sur 
la  conscience  entière  du  genre  humain.  Trois,  h eux  seuls, 
et  d’un  mol,  déplacent,  en  effet,  l’immuable  notion  de  jus- 
tice que  la  nature  et  la  civilisation  ont  mise  au  cœur  de  tout 
homme;  ils  rendent  juste  ce  qui  ne  peut  l’être;  ils  délient 
le  lien  formé  par  la  libre  parole  d’un  homme  qui  prétend 
s’engager;  ils  dégagent  en  un  mot,  valablement  et  reli- 
gieusement, tout  Juif  qui  se  repent  d’une  obligation  quel- 
conque contractée  de  bouche  ou  de  plume  avec  un  chré- 
tien. Voilà  le  fait,  et  sans  doute  il  vaut  la  peine  d’être 
connu. 

Mensonge!  et  mensonge  odieux!  se  récriera  du  fond  de 
sa  gorge  l’Israélite  à qui  vous  reprocheriez  ce  grief.  Certes, 
vous  ne  connaissez  guère , et  vous  calomniez  outrageusement 
notre  judaïsme.  Mais  s’il  vous  plaît  d’être  juste,  il  vous  en 
coûtera  peu  de  peine;  bornez-vous  à lire  ces  quelques  lignes 
émanées  de  l’organe  libéral  et  progressif  des  Israélites  fran- 
çais, et  jugez  : 

« On  accuse  faussement  le  judaïsme  quand  on  dit  qu’il 
autorise  ses  sectateurs  h enfreindre  la  justice  h l’égard  de 
tous  les  incirconcis.  On  n’est  pas  plus  juste  quand  on  dit 
qu’à  chaque  fête  du  Kipour  {yom  kîpour,  le  grand  pardon),  les 
Israélites  récitent  une  prière  qui  doit  les  délier  par  avance 
de  tous  les  engagements  qu’ils  prendront  et  de  tous  les  ser- 
ments qu’ils  feront  dans  l’année.  On  a lu  la  formule  de 

prière;  mais,  évidemment,  on  ne  s’est  pas  donné  la  peine 
« 

de  chercher  à quoi  elle  se  rapporte.  On  n’en  ferait  pas  le 
texte  d’une  accusation,  si  on  savait  qu’elle  a trait,  non  aux 
engagements  qu’on  prendra  envers  le  prochain  ou  aux  ser- 
ments qu’on  prêtera  devant  les  juges,  mais  aux  promesses 
qu’on  se  fait  à soi-même,  aux  vœux'.  » 

C’est  donc  en  faveur  des  Israélites  qui  s’imposent  ces 
‘ TurOrach  Chaïni,  ch.  dcxix. 


450 


LES  JUIFS. 


obligations  « qu'a  été  composée  la  formule  du  Kol-Nidrai. 
Elle  doit  les  délier,  par  avance^  des  engagements  inconsi- 
dérés qu’ils  prennent  souveru,  sans  se  soucier  s’ils  peuvent  les 
tenir,  et  que  bien  des  fois  ils  ne  tiennent  pas.  De  cette 
façon , quand  ils  manquent  à leurs  promesses,  parce  qu’elles 
étaient  trop  difficiles  'a  accomplir,  ils  n’auront  pas  commis 
de  péché.  Nous  n’avons  pas  h examiner  ici  la  valeur  de  cette 
cérémonie  ; ce  qu’il  nous  importe  de  constater,  pour  le  mo- 
ment, c’est  qu’elle  n’atteint  en  rien  les  engagements  devant 
être  pris  k l’égard  d’autres  hommes , et  les  serments  que 
nous  leur  faisons'.  » 

La  formule  du  Kol-Nidrai  n’atteint  en  rien  les  engage- 
ments contractés  avec  autrui.  Ce  mot  est  précis!  Or  voici 
ce  que  répondait  par  anticipation  aux  Archives  un  savant 
rabbin  qu’épouvantait  et  que  dégoûtait  la  doctrine  antiso- 
ciale du  Talmud  : — Le  Talmud  nous  dit’  : « Tous  les  trois 
qu’on  érige  en  tribunal  sur  Israël  ont  la  même  autorité  que  le 
tribunal  de  Moïse  ; » et  ce  n’est  point  assez  dire  ; car , le 
tribunal  de  Moïse , érigé  de  Dieu  pour  donner  force  au  droit, 
ne  se  sentait  nullement,  comme  le  tribunal  des  trois,  l’au- 
torité de  le  détruire;  il  était  la  force  du  droit , et  non  la  force 
contre  le  droit! 

Nous  avons  lu  d’un  démon,  dans  un  des  livres  de  M.  de 
Mirville,  que  renversant  le  tracé  d’un  triangle  qui  figurait  la 
Trinité  sainte,  et  le  reformant  en  sens  inverse,  il  expliquait 
cet  acte  en  disant  : Je  veux  me  définir  moi-même,  et  je  le 
fais  par  ce  symbole;  car,  moi,  je  suis  Dieu  d l'envers!  Est- 
ce  que  l’esprit  inspirateur  du  Talmud,  ce  code  religieux 
du  Juif  orthodoxe,  ne  travaillerait  qu’k  rendre  l’homme 
moral  semblable  à ce  qu’il  est  lui-même;  qu’k  faire  de  cette 
image  de  Dieu  une  œuvre  k contre-sens,  un  être  k l’envers? 
k révolutionner  sa  nature?  k rendre  antisocial  au  premier 
chef  celui  que  Dieu  créa  sociable  par  essence?... 

Quoi  qu’il  en  soit,  et  grâce  au  tribunal  judaïque  des  trois, 

' Archives  israéliles,  l.  XXlll,  p.  1084-3,  45  décembre  4866. 

^ Traité  Rosch-Haschscliana,  fol.  28  r*,  Ko!  Scheloscha  ouscliloscba. 


151 


CHAPITRE  CINQUIÈME. 

tout  engagement  avec  un  chrétien  est  remis,  cl  remis  d"a- 

vance,  au  Juif  qui  prétend  user  du  privilège  que  lui  confère 

le  Kol-Nidrai.  Jamais,  non,  jamais  entre  ces  deux  êtres  le 

lien  social  d’une  promesse,  d’un  contrat,  d’un  accord,  ne 

s’est  formé,  ne  sc  forme  et  ne  se  serre,  sans  que  le  Juif, 

mais  le  Juif  tout  seul,  et  nullement  le  chrétien,  se  trouve 

« 

armé  du  droit  de  le  rompre  et  de  le  trancher.  Mais,  en  le 
violant , sa  conscience  reste  en  paix , exempte  d’alarmes  ou 
de  remords,  car  elle  reste  pure,  judaïquement  pure,  s’il 
est  orthodoxe. 

Oui,  « de  nos  jours  encore  (1827),  c’est  devant  un  tribu- 
nal de  trois  que  se  donnent  les  lettres  de  divorce , etc.  -,  et 
trois  Juifs  QUELCONQUES,  qu’uii  autre  Juif  fait  asseoir,  ont 
pleine  autorité  de  le  délier  de  ses  serments  et  d’annuler  ses 
promesses,  ses  engagements  ^ tant  pour  le  passé  que  pour  l’a- 
venir’. » 

Et  pour  laisser  plus  a l’aise  la  conscience  du  Juif,  ou  si  l’on 
veut,  afin  de  moins  en  exposer  la  délicatesse  aux  atteintes 
du  souffle  tentateur,  « cette  cérémonie,  nommée  l’annula- 
tion des  vœux  et  des  promesses,  — Hapharat-nédarim,  — 
se  fait  pour  chaque  Juif  au  moins  une  fois  l’an , » et  pré- 
vient ses  désirs.  L’usage  est  de  choisir  pour  son  accomplis-* 
sement  « les  jours  de  pénitence,  depuis  la  veille  du  jour  de 
Tan,  vers  le  mois  de  septembre , jusqu’à  la  veille  de  la  fêle 
des  expiations.  » 

Avant  donc  que  le  chantre  ait  entonné  dans  la  synagogue 
la  première  prière  de  cette  fête,  « trois  hommes  réunis  en 
tribunal,  et  placés  en  tête  de  l’assistance,  annulent  de  leur 
pleine  autorité  tous  les  vœux,  les  engagements  et  les  serments 
de  chacun  de  l’assemblée , tant  ceux  de  l’année  qui  vient  de 
s’écouler  que  ceux  de  l’année  où  l’on  est  entré.  On  appelle 
cela  Kol~Nidrai,  Quelques  rabbins  ont  voulu  soutenir  que 
cette  dernière  annulation  n’est  valable  que  pour  l’avenir^ 

1 Drach,  lettre  deuxième,  p.  82-3;  1827.  Le  magnifique  sermon  de 
la  Fausse  conscience,  de  Bourdaloue,  qui  révélé  tant  de  faux  chrétiens 
à eux-mêmes,  serait  bien  indispensable  au  Juif,  si  ses  yeux  pouvaient 
s’ouvrir  devant  un  tel  texte!  • 


45ï 


LES  JUIFS. 


mais  l’effet  en  serait  exactement  le  même,  puisque  cette 
cérémonie  se  renouvelle  chaque  année.  Ils  ont  d’ailleurs  été 
victorieusement  réfutés  par  d’autres  docteurs,  qui  prouvent 
que  l’on  en  profite  aussi  bien  pour  le  passé  que  pour 
l’avenir. 

Aucune  nécessité  d’ailleurs,  et  nous  le  répétons,  n’existe 
pour  le  contractant  de  se  prêter  aux  lenteurs  du  retour  de 
l’année-,  et  de  nos  jours  (1827)  comme  autrefois,  « le  Juif 
qui  sent  sa  conscience  trop  chargée  de  promesses  et  de  ser- 
ments fait  asseoir  trois  de  ses  frères  qui  se  constituent  aussitôt 
en  tribunal.  Devant  cetu  cour,  il  expose  qu’il  se  repent  de 
toutes  tes  promesses  et  de  tous  les  serments  qu’il  a jamais  arti- 
culés, et  qu’il  les  rétracte.  Ils  sont  si  nombreux,  dit-il  en  ter- 
minant sa  protestation,  que  je  ne  saurais  les  spécifier. 
Qu’ils  soient  donc  h vos  yeux , ô rabbins , comme  si  je  les 
avais  énumérés  en  détail!  » Le  tribunal  formé  de  ces  trois 
Juifs  quelconques  « déclare,  sans  autre  forme  de  procès, 
ces  promesses  et  ces  serments  nuis,  de  nul  effet,  et  non 
avenus'.  » A son  tour  le  délié  déliera  ceux  qui  viennent  de 
faire  tomber  ses  liens,  si  ceux-ci  l'en  requièrent.  Quoi  de 
plus  commode  et  de  plus  simple? 

• Par  la  prière  Onmia  vota,  pacta,juramenta,  faite  le  jour 
de  Kippur,  c’est-h-dire  le  jour  de  leur  expiation,  les  Juifs 
entendent  donc,  ainsi  que  nous  le  dit  le  docte  auteur  de 
i’Harmonie  entre  l’Église  et  la  Synagogue,  que  « tons  les  vœux, 
toutes  les  conventions,  tous  les  serments  de  fidélité  qu’ils 
ont  pu  violer  ou  ne  pas  accomplir  dans  l’année  précédente, 
sont  annulés;  qu’ils  ne  peuvent  plus  leur  être  imputés  à pé- 
ché , et  qu’ils  sont  réunis  sans  qu’il  y ait  compensation  à 
établir  pour  le  préjudice  qui  peut  en  résulter.  Dans  cette 
croyance , au  lien  de  se  regarder  comme  des  criminels  et 
des  parjures,  ils  sont  persuadés  de  leur  rondeur  et  de  leur  sin- 
cérité! » Telle  est  la  force  des  doctrines  perverties  et  de  la 
fausse  conscience! 

* Deuxième  lettre  d’un  rabbin,  etc.,  j).  8î-83,  3U4-5;  un  vol.  in-8"; 
Paris,  18Î7.  » 


CIIAPITRE  CINQUIEME.  153 

Apprenons  d’ailleurs  aux  intéressés,  dont  il  est  certain 
que  la  plupart  l’ignorent,  qu’il  existe  chez  les  Juifs  des 
tours  de  phrases  et  des  formules  particulières , accompagnées 
de  différents  actes  extérieurs,  qui  dépouillent  ou  revêtent 
le  serment  de  sa  validité.  « Le  chrétien  qui  n’est  pas  au 
courant  de  ces  détails,  croit  au  serment,  tandis  que  le  Juif 
a juré  sans  scrupule  une  chose  contraire  ’a  la  vérité.  Ce  qu’il 
y a de  positif,  c’est  que  Maimonide,  c’est-'a-dire  la  pre- 
mière de  toutes  les  autorités  religieuses  dans  le  judaïsme, 

« et  le  rabbin  Cozzen , proposent  un  grand  nombre  de  ces 
détours  et  de  ces  subtilités  pour  délivrer  leurs  coreligion- 
naires de  l’obligation  de  tenir  leui's  serments'!  » 

Lorsque,  par  exemple,  ceux  qui  tiennent  ’a  se  dégager 
de  la  foi  jurée  entrent  dans  la  synagogue  la  nuit  qui  précède 
la  fête  de  Kippur,  ils  ont  simplement  à tenir  en  main  le 
livre  de  la  loi,  puis  h prononcer  ces  paroles  : « Moi,  Isaac 
ou  David,  etc.,  je  déclare  devant  Dieu  et  devant  vous  que 
tous  les  serments  que  je  ferai  à quelqu’un  pendant  l’année 
prochaine,  et  que  j’aurai  promis  d’observer,  tandis  que  ma 
volonté  ne  consentira  pas  b les  observer,  je  veux  qu’ils 
soient  nuis,  de  nulle  valeur,  et  non  imputables  b péché  si 
je  ne  les  accomplis  pas.  » Cette  formule  change  en  actes 
légitimes  la  violation  la  plus  criante  des  promesses  et  des 
serments.  Voilà  ce  que  les  rabbins , voilà  ce  que  le  Talmud, 
ont  su  faire  de  la  conscience  humaine! 

C’est  pourquoi  le  docte  néophyte  Pfefferkorn,  examinant 
la  doctrine'de  la  Synagogue  au  sein  de  laquelle  il  était  né, 
ne  craignait  point  d’écrire  : « Il  arrive  quelquefois  qu’un 
débats’élève  entre  un  chrétien  et  un  juif  au  sujet  d’un  gage, 
d’un  prêt,...  ou  de  quelque  autre  chose  importante,  de 
sorte  que , en  l’absence  de  preuves , le  Juif  est  obligé  de 
prêter  serment...  » Vous  l’entendez  alors  jurer,  et  sans 


' Une  des  conditions  essentielles  pour  la  validité  de  l’absolulion, 
lorsque  le  catholique  qui  se  confesse  la  reçoit,  c’est  la  compensation, 
selon  ses  forces,  du  tort  quelconque  qu’il  a fait,  et  qui  se  nomme  satis- 
faction. 


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)5i 


I.F.S  JUIFS. 


(lilUîciillë,  sacliaiil  qu’il  jure  une  chose  fausse,  mais  qu’il 
ne  doit  redouter  aucun  Dieu  vengeur  du  parjure-,  car  le 
Talmud  a dégagé  sa  conscience,  et  sa  religion  le  couvre! 
En  vérité,  lorsque  le  jiidaïsant  ne  voit  dans  le  chrétien 
qu'une  brute,  et  se  refuse  a reconnaître  en  lui  son  prochain, 
le  chrétien  ne  doit-il  pas  s’applaudir  de  n’être  point  consi- 
déré par  un  tel  homme  comme  son  semblable! 

Ouelqucs  Juifs  ont  soutenu  que  la  loi  morale  qui  les  gou- 
verne est  celle  même  qui  règle  leurs  rap|)orts  avec  les  chré- 
tiens; et,  pour  nous  donner  le  change  à ce  propos,  au  lieu 
de  nous  qualiOer  de  Goïm  ils  nous  qualiUent  de  Ghcrim. 
Mais  ne  nous  y laissons  pas  troni])er,  le  goïm,  c’est  le  non- 
Juif,  payen  ou  chrétien;  tandis  que  le  gherim  est  le  prosé- 
lyte qui  renonce  h tout  autre  culte  pour  embrasser  le  culte 
d’Israël.  Or,  aux  yeux  de  la  loi , ces  convertis  étrangers,  ce 
sont  des  frères;  ils  ont  cessé  d’être  des  brutes,  ils  acquièrent 
par  leur  entrée  dans  la  Synagogue  la  qualité  d’hommes; 
et,  dès  lors,  les  lois  delà  morale  naturelle  deviennent  obli- 
gatoires h leur  égard  » 

Les  lumières,  les  phares  resplendissants  qu’élèvent  au- 
dessus  de  nos  têtes  ces  points  capitaux  du  Talmud,  projettent 
de  lointains  rayonnements  sur  le  passé  des  Juifs,  et  l’his- 
toire puissamment  éclairée  par  de  tels  foyers  se  montre  à 
nous  sous  un  jour  qui  la  déimuille  de  scs  énigmes  k l’égard 
des  égarés  de  la  dispersion.  Nous  comprenons  alors,  tout  en 
nous  soulevant  contre  les  cruels  excès  de  la  réaction , dont 
les  Juifs  eurent  sans  cesse  à soulîrir  d’un  bout  k l’autre  de 
la  terre,  le  désespoir  et  la  fureur  des  peuples,  sans  cesse  et 
sans  pitié  déçus  et  dévorés  par  ces  hommes,  d’autant  plus 
rebelles  et  hostiles  aux  sentiments  de  la  nature  humaine 
qu’ils  entraient  plus  scrupuleusement  dans  l’esprit  de  leur 
loi  religieuse.  Nous  comprenons  et  nous  félicitons  les  princes 
assez  sages,  et  par  cela  même  assez  forts,  pour  avoir  su  proté- 
ger leurs  peuples  contre  ces  barbares...  Et,  dans  cette  Es- 


Riipprl,  l’Église  et  la  Synagogue,  p.  5i  à 6t  ; Paris,  1839,  in-lî. 


CHAPITRE  ClNOl'lkME.  <56 

pagne  religieuse,  si  misérablement  calomniée  par  les  alliés 
des  Juifs,  loin  de  gémir  sur  les  inhumains  décrets  du  sou- 
verain qui  protège  contre  eux  ses  sujets,  nous  admirons, 
au  contraire,  le  roi  d’Aragon  Jacques  I",  de  glorieuse 
mémoire,  lorsque  nous  l’entendons  publier  !i  Barcelone, 
dans  une  assemblée  générale  de  ses  États , la  constitution  on  l’u- 
Bure  des  Juifs  reçoit  le  taux  de  20  pour  cent  comme  limite 
extrême,  et  qui  défend  d’ajouter  le  moindre  crédit  à leur 
serment.  L’expérience  et  la  connaissance  de  leur  morale , 
ajoute  ce  monarque,  ont  enseigné  ce  que  vaut  dans  leur 
bouche  la  foi  jurée;  on  doit  donc  s’abstenir  de  réclamer 
d’eux  cette  sanction  verbale  et  n’admettre  contre  leurs  dé- 
biteurs que  des  titres  réguliers  ' . » 

Ici  se  présente  l’occasion  de  rappeler  que  des  serments 
d’une  nature  toute  particulière  avaient  pour  but,  dans 
certains  pays,  de  chercher  et  d’atteindre  le  Juif  ortho- 
doxe au  fond  de  cet  abîme  qu’il  nomme  sa  conscience.  On 
y parvenait  quelquefois  en  usant  de  la  formule  judaïque 
qui  valait  à cet  acte  la  dénomination  de  serment  more  ju- 
daico.  Un  ami  de  la  nation  juive,  appartenant  à l’école  libé- 
rale avancée,  publia  celle  que  nous  offrons  au  lecteur  et 
qui  fut  extraite  d’un  arrêt  de  la  cour  de  Colmar,  à la  date  du 
10  février  1809.  Nous  transcrivons  avec  exactitude  cette 
pièce  curieuse,  et  sans  nous  permettre  d’en  redresser  le 
style  : 

« En  consultant  les  décrets  impériaux  rendus  sur  la  ma- 
tière, et  en  rapprochant  les  dispositions  de  ceux  des  Empe- 
reurs Sigismond  et  Charles-Oiiint  du  12  août  1530,  con- 
cernant les  privilèges  des  Juifs,  de  la  jurisjrrudcnce  adoptée 
par  la  cour  d’appel  de  Brunswick-Lunebourg , les  réglements 
de  la  cour  impériale  de  la  basse  Autriche  de  ceux  du  Magis- 
trat de  Francfort  du  7 décembre  1705,  et  des  autres  États 

‘ Mesures  qui  au  bout  de  douze  ans  furent  insuffisantes.  — Ibid., 
Marca  Hispanic.,  1.  IV,  ç.  157;  an  1228.  Jacques  I"'  règne  au  moment 
où  meurt  Moïse  Matmonide,  le  grand  docteur  du  Talmud , h véritable 
Moïse  du  Juif  tatmudisant.  On  voit  quel  être  il  faisait  du  Juifl 


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45C 


LES  JUIFS. 


de  l’Allemagne,  il  en  résulte  que  le  Juif  auquel  il  avait  été 
déféré  un  serment,  devait  se  présenter  accompagné  de  dix 
Juifs  de  son  sexe,  dont  chacun  âgé  de  trente  ans  au  moins, 
à la  synagogue,  et  là,  la  tête  couverte,  le  front  et  la  main 
garnis  du  Tephillin  Schel  Rascli , et  du  Schel  jad  couvert 
du  Tallis*,  et  revêtu  de  son  Arba  canphor  avec  les  zizzis  % 
se  poster  devant  l’Oren  \ » 

« En  ce  moment,  le  Caschèr  Sepher  Thora*  en  sera 
extrait  et  porté  avec  pompe  sur  l’Almemor^où  l’on  donnera 
lecture  du  passage  qui  concerne  le  serment.  » 

« La  Thora  sera  ensuite  posée  sur  le  bras  du  Juif,  qui,  la 
main  droite  étendue  sur  le  cinquième  livre  de  Moïse,  verset  : 
« Tu  ne  prendras  pas  le  nom  de  Dieu  en  vain,  » après  avoir 
entendu  l’explication  qui  lui  en  sera  faite  par  le  rabbin, 
ainsi  que  du  serment  et  des  malédictions  qu'encourent  les 
parjures,  répétera  la  formule  suivante  : 

« Adonaï  (Seigneur  Dieu),  créateur  du  ciel,  de  la  terre  et 
de  toutes  choses qui  es  aussi  le  mien  et  celui  de  tous  les 
hommes  présents  ici , je  t’invoque  par  ton  nom  sacré  en  ce 
moment,  où  il  s’agit  de  dire  la  vérité.  Je  jure  en  consé- 
quence >»  que etc...  « Je  te  prie  donc,  Adonaï,  de  m’ai- 

der et  de  confirmer  cette  vérité.  Mais,  dans  le  cas  où,  eu 
ceci  j’emploierais  quelque  fraude  eu  cachant  la  vérité, 
que  je  sois  éternellement  maudit,  dévoré,  et  anéanti  par  le 
feu  dont  Sodomeet  Gomorrhe  périrent,  et  accablé  de  toutes 
les  malédictions  écrites  dans  la  Thora  ^ que  l’Éternel,  qui  a 
créé  les  feuilles,  les  herbes  et  toutes  choses,  ne  vienne  ja- 
mais à mon  aide  ni  à mon  assistance  dans  aucune  de  mes 

* Cuir  en  forme  de  courroie,  dont  se  servent  les  Juifs  dans  leurs 
prières,  et  dont  ils  s’entourent  la  tête  et  le  bras  gauche. 

2 Voile  dont  ils  se  couvrent  la  tète. 

3 Arba  canphor  avec  les  zizzis,  sorte  de  manteau  consacré  auquel 
pendent  huit  fils. 

^ Sanctuaire,  tabernacle. 

^ Le  véritable  livre  de  la  loi,  c’est-à-dire  la  loi  composée  des  cinq 
livres  de  Moïse,  écrits  en  gros  caractères  sur  un  rouleau  de  parchemin 
enveloppé. d’une  étoffe  de  soie,  et  orné  de  plaques  d’argent. 

^ Estrade  carrée,  au  milieu  de  la  synagogue. 


I 


CHAPITRE  CINQUIÈME.  157 

aiïaires  et  de  mes  peines-,  mais,  si  je  dis  vrai  et  agis  bien, 
qu’Adonaï  me  soit  en  aide,  et  rien  de  plus  » 

S’il  est  de  la  morale  judaïque  que  mentir  au  chrétien, 
que  le  tromper,  que  lui  nuire  dans  sa  personne  et  dans  ses 
biens  ce  soit  un  acte  méritoire,  vraiment  à quoi  bon  ce  per- 
fide et  burlesque  cérémonial  du  serment  more  judaïco?  Le 
Juif  le  considère  comme  une  sanglante  injure;  mais  ce  ser- 
ment eût-il  de  temps  en  temps  sur  son  esprit,  comme  il 
parait  l’avoir,  une  valeur  superstitieuse,  ne  détruit  en 
somme  ni  les  préceptes  sauvages  du  Talmud  ni  la  vertu  dis- 
solvante des  paroles  du  Kol  Nidrai.  Se  fier  a l’honneur  de 
tel  ou  tel  Israélite;  croire  et  soutenir  que  le  nombre  de 
ceux  dont  il  est  raisonnable  d’accepter  la  parole  grossit  k 
mesure  que  s’efiace  la  croyance  talmudique,  soit,  et  rien  de 
mieux  à coup  sûr;  mais  se  fier  k des  paroles  que  la  foi  d’un 
peuple  déclare  sans  valeur  à l’égard  du  chrétien,  quelle  naï- 
veté de  confiance  et  quel  besoin  de  se  prendre  aux  filets  du 
chasseur! 

En  tout  cas,  ces  différents  échantillons  de  la  méfiance 
universelle,  légale,  et  légitime  des  peuples;  ces  curieuses 
formules  de  serments  prêtés  more  judoïco,  c’cst-k-dire  con- 
formément k l’usage  des  Juifs,  ne  sont  point  abolies  et  tom- 
bées en  désuétude  dans  tous  les  royaumes  de  l’Europe.  Et 
ce  dont  nous  sommes  témoins,  c'est  qu’elles  exaspèrent  et 
font  rugir  de  fureur  l’Israélite  dans  le  pays  où  sa  bouche  est 
libre;  car  elles  proclament  aujourd’hui  même  k la  face  des 
hommes  la  parfaite  absence  de  crédit  qui  ruine  d’avance 
toute  promesse  ou  tout  serment  sortis  de  lèvres  judaïques; 
elles  montrent  d’une  manière  authentique  le  chrétien  réduit 
k compter  sur  la  terreur  qu’il  suppose  devoir  naître  de  for- 
mules superstitieuses  pour  atteindre  le  Juif  au  fond  de  l’âme 
et  le  lier.  • 

En  vérité,  nous  ne  saurions  terminer  ces  tristes  pages  ni 

' Id.  Hallez,  Des  Juifs  en  France,  etc.,  p.  352;  Paris,  I85i.  Recueil 
des  arrêts  de  la  cour  de  Colmar,  t.  IV,  p.  368,  etc.  Voir  la  note  finale 
du  Kol  Nidrai. 


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I-ES  JÜIFS. 


l.-iS 

commencer  les  suivantes  sans  répéter  ces  paroles  de  l’un 
des  défenseurs  de  la  cause  Israélite  : Après  avoir  traversé 
sans  y périr  le  torrent  des  siècles,  « les  Juifs  ont  conservé 
presque  intactes  leurs  pratiques  su[)erslitieuses  et  leurs 
mœurs  nationales,  complètement  incompatibles  avec  les  condi- 
tions de  ta  société  moderne  ‘ . » 

' Hallez,  Des  Juifs,  etc.,  p.  262-3;  Paris,  1845. 


NOTE  FINALE. 

Nous  lisons  aux  considérants  do  cot  arrêt,  quo  le  serment  more  ju- 
daïco  est,  « de  sa  nature,  en  même  temps  civil  et  religieux  ; » que  ce 
serment  était  usité  en  Alsace,  parce  que  les  Juifs  de  cette  province. 
Allemands  d'origine,  suivaient  comme  les  Allemands  « de  point  en 
point  le  rite  hébraïque,  c’est-à-dire  qu'ils  étaient  comme  eux  talmu- 
distes,  » tandis  que  ceux  du  midi  do  la  France  suivent  le  rite  portu- 
gais, n'admettent  que  la  loi  do  Moïse,  et  n'ont  pas,  conune  les  Juifs 
allemands,  deux  manières  de  prêter  serment,  l'une  qui  les  iie,  et 
l'autre  non. 

Ces  Juifs  portugais,  hàlons-nous  de  le  dire,  sont  l'élite  de  la  nation, 
et  ont  toujours  été  mis  par  l'opinion  incomparablement  au-dessus  des 
autres,  qui  forment  et  formeront,  nous  sera-t-il  dit,  l'indestructible 
noyau  do  la  nation.  Ces  Portugais  déscendent,  ou  prétendent  descendre 
do  Juifs  qui  s’étaient  expatriés  longtemps  avant  le  déicide. 

En  1S10,  la  cour  de  cassation,  par  un  arrêt  du  12  juillet,  reconnais- 
sait encore  la  nécessité  du  serment  more  judaïco  pour  les  Juifs  d'Al- 
sace, « dont  le  Talmud  était  l’unique  loi.  » Voir  ce  considérant;  Hallez, 
p.  362  ; ib.,  lire  de  330  à 365. 

Ce  serment  est  aujourd’hui  supprimé,  yu’y  gagnent  la  justice  cl  la 
raison?  Et  quelle  garanlio  nouvelle  offre  le  serment  du  Juiflalmudiste, 
à qui  la  loi  de  certains  Etals  de  l’Europe  permet  d'être  fonctionnaire,  et 
de  juger  ou  d’administrer  le  chrétien?...  Nous  posons  res()«clueusemenl 
la  question,  et  rien  de  plus. 

Lire  sur  le  serment  more  juddico,  en  Pologne,  Archives  israétites, 
1860,  XV,  p.  476.  « Le  Juif  doit  se  tourner  vers  le  soleil,  etc.,  etc.  » 


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CHAPITRE  CINQUIÈME. 


159 


Cl.NQljlÈME  DIVISION.  — MORALE  TALMUDIQCE.  l’L'SCRE. 


Juif  et  usure,  mots  associds  par  une  force  de  cohésion  vingt  fois  sécu- 
laire. — Le  Juif  usurier?  — Paradoxe,  car  il  ne  peut  l’ftrel — Huso 
et  contradictions.  — Les  Juifs  dévorent  la  France.  — Chassés  pour 
crime  d’usure  , ils  acceplent  avec  transport  la  servitude  et  les  con- 
ditions les  plus  dégradantes  pour  obtenir  le  droit  de  rentrée.  — En 
quelques  années  « Ta  plus  grande  partie  des  biens  des  chrétiens  sont 
dans  leur  dépendance.  » — Les  chrétiens  dcviennenl  hi  cAose  de  ceux 
dont  ils  ont  fait  leurs  serfs. — La  fameuse  requétede  Pierre  de  Clugnj 
contre  ces  excès. — Le  Juif,  malgré  les  persécutions  dont  il  se  lamente, 
ne  veut  d’autre  paradis  (]ue  la  terre  de  ses  persécuteurs.  — Lettre  cé- 
lèbre et  magnifique  d’innocent  111  dénonçant  leurs  crimes  et  enga- 
geant les  princes  à leur  faire  rendre  gorge.  — Ces  princes  souvent 
accuséssans  justice  de  cupidité. — Protection  des  pontifes  s’étendant 
sur  le  Juif  qui  sollicite  leur  Justice,  et  sur  ses  biens,  ainsi  (|ue  sur 
le  chrétien.  — Les  Archives  de  Champagne.  — Exemple  : les  Juifs 
de  Troyes,  etc.  — Taux  de  leurs  usures.  — On  trouvait  bon,  cepen- 
dant, d’avoir  dans  les  Juifs  « une  corporation  damnée  d'avance,  qui  fit 
le  métier  de  réprouvé.  » — Un  concile  les  condamne  à porter  une 
marque  qui  les  distingue. — Bannissement  définitif  sous  Charles  VII, 
« pour  les  crimes  qu’ils  commettent  chaque  jour.  » — Louis  XIII  re- 
nouvelle cet  arrêt.  — La  Lorraine,  et  l’Alsace,  qui  sont  exceptées, 
sontdévorées  par  leurs  usures. — Edit  de  lA*opold  contre  eux  en  Lor- 
raine, en  17Î8.  — Le  procureur  général  du  Régent,  en  France,  où 
beaucoup  de  Juifs  sont  revenus,  les  appelle  « les  monstres  de  la  so- 
ciété civile.  O — Ce  que  les  Juifs  font  de  l’Alsace.  — Napoléon  I"' 
et  les  usuriers  juifs.  — Les  Juifs  en  Alsace,  et  .M.  de  Bonald.  — 
Sentence  contre  les  Juifs  de  M.  Michelet,  avec  cette  finale  : « De 
soufilets  en  soufilots,  les  voilà  au  trône  du  monde.  — Effrayante 
excuse  de  l’usure.  — Elle  est,  chez  le  Juif,  le  fruit  de  sa  croyance 
religieuse.  — M.  Tousscnel  et  les  Juifs.  — Le  roi-citoyen  Louis- 
Philippe  et  les  Juifs.  — Morale  de  ce  chapitre. 

L’homme  a qui  vous  dites  : « Tu  n’cs  qu’un  Juif!  » crie 
à l’insulte  , et  lève  la  main  sur  votre  joue  ; car,  si  dans  le 
monde  des  affaires  usure  et  vol  sont  deux  aspects  d’un 
même  crime,  Juif  et  usure  sont,  h tort  ou  'a  raison,  deux 
mots  associés  l'iin  h l’autre  par  une  force  de  cohésion  vingt 
fois  séculaire;  et  jusqu’à  ce  jour  nulle  puissance  de  raison- 
nement n’a  pu  la  vaincre,  cette  force! 

Mais  que  nous  importe  un  préjugé!  Les  préjugés  ne  sont- 
ils  point  des  monstres  <|ui  se  déclarent  indomptables  jusque 
sous  le  bras  vengeur  d’Hercule?  Le  Juif  usurierl  qui  donc 
aura  le  front  de  soutenir  ce  criant  paradoxe?  car  le  Juif  ne 
peut  l'elre;  comment  dès  lors  le  serait-il?  et  nous  prenons 


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160 


LHS  JUIFS. 


tout  d’abord  à témoin  de  ccttc  impossibilité  l’IsraéliteBédar- 
ride,  l’interprète  des  paroles  du  grand  Synode  de  l’an  1806. 

<1  L’usure  ne  peut  être  autorisée  par  la  loi  de  MoUe,  qui 
n'a  jamais  entendu  parler  que  d’un  intérêt  légal  '.  » Nous 
prenons  ensuite  à témoin  l’un  des  grands  organes  du  Ju- 
daïsme, les  Archivet  israiliies,  où  nous  li.sons  : En  l’an 
•1807 , « le  grand  Sanhédrin  voulant  dissiper  l’erreur  qui 
attribue  aux  Israélites  la  faculté  de  faire  l'usure  avec  ceux 
qui  ne  sont  pas  de  leur  religion , comme  leur  étant  laissée 
par  cette  religion , et  confirmée  par  leurs  docteurs  talmu- 
distes,  déclare  que  le  texte  qui  autorise  le  prêt  à intérêt  avec 
l’étranger  ne  peut  et  ne  doit  s’entendre  que  des  nations 
étrangères  avec  lesquelles  on  faisait  le  commerce,  et  qui 
prêtaient  elles-mêmes  aux  Israélites’.  » 

« Tout  Israélite,  nous  est-il  dit  ailleurs,  est  obligé  envers 
ceux  qui  observent  les  Noachides*,  quelle  que  soit  d’ail- 
leurs leur  religion,  de  les  aimer  comme  des  frères,  de  visiter 
leurs  malades,  d’enterrer  leurs  morts,  d’assister  leurs 
pauvres  comme  ceux  d’Israël , et  il  n’y  a point  d’oeuvre  de 
charité,  de  miséricorde  dont  il  puisse  se  dispenser  envers 
eux.  » 

Le  grand  Sanhédrin  puise  donc  son  langage  « dans  la 
lettre  et  l’esprit  de  l’Écriture  sainte  ».  Il  répète  cette  parole 
du  Deutéronome  : « Vous  ne  prêterez  k intérêt  k votre  frère 
ni  de  l’argent , ni  du  grain,  ni  quelque  chose  que  ce  soit.  » 
Il  ordonne  k tous  enfin  « comme  précepte  religieux,  et  en 
particulier  k ceux  de  France,  de  ne  faire  aucune  distinction 
à l’avenir,  en  matière  de  prêt,  entre  concitoyens  et  coreli- 
gionnaires*. » 

* Les  Juifs,  etc.,  par  l'avocat  israélite  Bodarridc,  p.  40ü  ; î' édition, 
Paris,  <86t.  Toujours  la  loi  de  Motsel  landis  que  la  loi  du  Juif,  c’est, 
au  contraire,  le  Talmud. 

^Archives  israélites,  p.  35;  1"  janvier  1867. 

* tlerachin,  ch.  vu.  Les  Noachides  sont  les  préceptes  donnés  à Noé, 
énoncés  plus  haut,  Arck.  isr.,  XVllI,  p.  832. 

' Mais  de  quel  droit  ordonne-t-il  ? quelle  e.st  son  autorité  religieuse’? 
11  n'en  a aucune,  et  surtout  contre  le  Talmud,  autorité  suprême  (siiprd). 

* Archives  israélites,  XVHI,  p.  830  à 833,  15  .septembre  1867. 


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CllAl’iTHE  CINQUIÈME.  IK1 

Et  telle  fut,  d’après  la  même  autorité  judaïque,  la  vertu 
de  cette  recommandatiou,  que  les  Juifs  ne  sont  aujourd’hui 
ni  plus  ni  moins  improbes  que  les  protestants  ou  les  catho- 
liques, et  que,  par  exemple,  les  condamnations  pour  usure 
seraient  « moins  nombreuses  en  Alsace  et  en  Lorraine  que 
dans  tels  départemenLs  du  centre  de  la  France  où  ne  rési- 
dent pas  d’Israélites  » 

Il  nous  restera  tout  à l’heure  à reconnaître  si  les  décla- 
rations du  Talmud,  si  celles  de  l’histoire  et  de  la  statistique 
générale  sont  conformes  ou  contraires  h celles  des  autorités 
que  nous  avons  cru  devoir  mettre  en  ligne  en  faveur  d’Is- 
raël. Mais  d’abord,  et  lorsqu’il  s’agit  de  se  former  une  opi- 
nion sérieuse  sur  les  Juifs,  comment  répéter  sur  assez  de 
Ions  qu’il  est  aussi  plaisant  de  l’entendre  nous  donner  pour 
sa  loi  religieuse  la  loi  de  Moïse,  qu’il  le  serait  d’entendre, 
au  Japon,  un  hérétique,  parce  qu’il  est  chrétien,  donner 
pour  sa  loi  les  décrets  des  conciles  œcuméniques  de  l’Église.? 
Une  fois  encore  le  Talmud,  voilà,  sauf  une  insignifiante  ' 
exception,  voilà  quelle  fut,  pendant  de  longs  siècles  et  jus- 
qu’à celui-ci,  la  loi  du  Juif;  voilà  sa  foi,  voilà  la  règle  de 
conduite  de  u l’indestructible  noyau  de  la  nation  »,  et  les 
traditions  pharisaïques  de  ce  code,  transmises  par  les  rab- 
bins, non-seulement  dominent,  mais  effacent  et  repoussent 
dans  le  néant  les  préceptes  du  divin  législateur. 

Veuillons  donc  graver  profondément  dans  notre  mémoire 
cet  imprescriptible  axiome  de  l’orthodoxie  judaïque  : « Ceux 
qui  violent  les  préceptes  des  scribes  doivent  être  punis  plus 
sérieusement  que  ceux  qui  violent  la  loi  de  Moïse;  l’infrac- 
teur de  la  loi  de  Moïse  peut  être  absous,  mais  le  violateur  des 
préceptes  des  rabbins,  — c’est-à-dire  du  Talmud,  — doit 
être  puni  de  mort*,  » et  la  vie  du  Talmud,  c’est  la  mort  des 
préceptes  mosaïques  I 

* jtrchït'es  Israélites,  II,  p.  81 -î,  18  janvier  1867. 

2 E.  H.,  t.  111,  ord.  4,  tract.  4,  disl.  10,  p.  297,  extraits  de  la 
Prompta  BiU.  de  Lucius  Ferrari.  Laurent,  Syrie,  t.ll,  p.  394;  1846. 
W.,  Dracli,  lettre  première,  p.  74;  1825.  — Id.,  Rohrbacher,  Hist. 
unie,  de  l'Eglise,  XV,  p.  483,  etc.;  Paris,  1851. 

11 


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462 


LES  JUIFS. 


Mais l’hisloire,  si  nous  la  consultons,  nous  tiendra-t-elle 
un  langage  qui  se  rap))roche  de  l'idée  que  le  Juif  du  Sanhé- 
drin nous  inculque  de  scs  devoirs  charitables?  Quelques 
rapides  étapes  ii  tiavers  les  siècles  nous  donneront  sur  ce 
point  un  commencement  de  réponse-,  et  d'abord,  un  auteur 
coutempoiain  qui  ne  professe  |)oint  le  christianisme,  car, 
« d’après  les  propres  termes  de  l’Univers  Israélite,  il  est 
philosophe  pur  sang,  » M.  Delaunay  nous  reporte  vers  la 
chute  de  Jérusalem,  et  nous  dit  : « Comme  partout,  comme 
à toutes  les  éfwques , et  encore  maiiuenant,  les  Juifs  exerçaient 
à Alexandrie  le  tralic  et  l'usure  » 

Ce  trait  de  généralité  n’est  point  sans  valeur  .sous  une 
telle  plume-,  nous  nous  çn  contenions  pour  ces  époques  re- 
culées, et,  rapides  que  nous  sommes,  nous  voulons  franchir 
d’un  bond  plusieurs  siècles,  afin  d'arrêter  nos  yeux  sur  la 
France  et  de  nous  livrer  pendant  une  période  sullisanle  k 
un  examen  de  (iueh|uc  importance. 

l’hénomène  prodigieux,  et  qui  démontre  à quel  inimagi- 
nable degré  s’élève  la  puissance  absorbante  de  ce  peiqtic  : 
le  roi  Philippe  I"  chasse  les  Juifs  de  France  l’an  1096,  nous 
dit  le  monumental  Traité  de  la  pnUce , « et  tous  les  autres 
princes  en  tirent  autant,  chacun  dans  ses  États  »,  à tel  |)oint 
ces  hommes  de  rapine  s’étaient  rendus  intolérables.  (Cepen- 
dant, « leur  rétablissement  se  fit  en  France  quelques  années 
après...  à des  conditions  qui  parurent  lavorahles  à leur  sit- 
rcté , mais  qui  augmen'aienl  beaucoup  le  poids  de  leur  servitude. 
Us  se  rendirent  tributaires,  et  le  roi  les  partagea  avec  les 
princes  et  les  autr  es  seigneurs  de  sa  cour.  Sous  cette  ])ro- 
Icclion , ils  continuèrent  véritablement  leur  commeice  ; et 
en  payant  la  somme  convenue,  le  reste  de  leurs  biens  leur  ap- 
partenait; mais  ils  étaient  tellement  attachés  a leur  seigneur 
ipi’il  les  considérait  comme /oi.wiHt  ;;arric  de  son  domame...  Ils 
cuiraient  eux-mêmes  dans  le  commerce  comme  un  héritage  ; 
on  les  vendait,  on  les  revendiquait,  on  les  hypothéquait  à 

' L'Univers  israétite,  p.  71,  octobre  1867.  A Alexandrie,  cl  dans 
toute  l'Afrique  voisine  de  la  Judée,  leur  nombre  était  énorme. 


CHAPITRE  CINQUIÈME.  163 

9 

ses  créanciers,  et  il  y avait  action  de  complainte  contre  les 
gensipii  en  troublaient  la  possession.  » 

Concevons  - nous  un  peuple  ayant  conservé  quelque 
respect  de  lui-méme,  un  peuple  h qui  le  inonde  est  ouvert, 
si  l’on  n’excepte  ([uel(|ues  Étals  chrétiens,  et  qui,  pour  as- 
souvir sa  cupidité,  se  prête  de  gaieté  de  cœur  à subir  l'hu- 
miliation de  ces  lois  exorbitantes,  ou  plutôt  qui  les  sollicite 
comme  une  jhueur;  et  pourrons-nous  comprendre  (ju’il  les 
accepte  sans  en  rester  h jamais  écrasé?  AhI  si  nous  le  com- 
prenons, c'est  que  nous  nous  sommes  bût  une  bien  pauvre 
et  bien  fausse  idée  des  ressources  du  génie  judaïque.  En 
effet,  « les  choses,  reprend  l’auteur  du  Traité  de  ta  police, 
demeurèrent  en  cet  état  sous  les  règnes  de  Louis  le  Gros 
et  de  Louis  le  Jeune' , et  c'en  fut  assez  pour  enrichir  de  nou- 
veau les  Juifs.  Les  usures  excessives  qu’ils  exerçaient  avaient 
misdau*  leur  dépendance  les  biens  et  les  fortunes  de  la  plus 
grande  partie  des  chrétiens*.  » 

Voilà  donc  les  hommes  libres  de  la  France  en  train  de 
devenir  (es  biens  et  la  chose  de  ceux  qu’ils  viennent  de  con- 
stituer leurs  serfs!  voilà  que,  des  bas-fonds  de  cette  servitude, 
naît  et  sort  la  domination  des  inévitables  et  terribles  usu- 
rierS,  contre  lesquels  le  célèbre  abbé  de  Gluny,  Pierre  le 
Vénérable,  adresse  au  roi  Louis  VII  (H37  à 1180)  sa  re- 
quête avec  une  sainte  et  mâle  liberté.  Car  se  contenir  n’est 
plus  possible.  Il  s’élève  donc  avec  vigueur  contre  les  inima- 
ginables envahissements  de  cette  race  qui  concentre  dans 
ses  mains  tous  les  trésors  de  la  France;  cette  même  race 
dont  le  grand  docteur  de  l’Église,  saint  llernard,  s’était 
fait  le  charitable  défenseur,  mais  dont  la  charité  chrétienne, 
qui  ne  saurait  laisser  périr  la  victime  dans  la  crainte  de 
frapper  le  bourreau,  jugea  qu’il  devenait  urgent  de  réprimer 
l’audace. 

Il  est  temps  que  justice  soit  faite,  et  loin  de  moi  pour- 
tant la  pensée  « qu'on  doive  les  mettre  à mort,  s’écria 

' Louis  Vl,  do  1 108  à 11  37  ; Louis  VII,  de  1 137  à M80. 

> Delamare,  1. 1",  p.  X8I  ; Paris,  4705,  is-fol. 

41. 


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16i 


LKS  JUIFS. 


Pierre;  mais  ce  que  je  demande,  c’esl  qu’on  les  punisse 
dans  une  mesure  proportionnée  à leur  perfidie.  Et  quel  genre 
de  punition  plus  convenable  que  celui  qui  est  à la  fois  une 
condamnation  de  l'iniquité  et  une  satisfaction  donnée  à la 
charité?  Quoi  de  plus  juste  que  de  les  dépouiller  de  ce 
qu'ils  ont  accumulé  par  la  fraude?  Ils  ont  ravi  et  dérobé  comme 
des  voleurs;  et,  qui  plus  est,  comme  des  voleurs  assurés 
jiisqu’k  ce  jour  de  l’impunité!  Ce  que  je  dis  est  de  notoriété 
publique.  » 

« Ce  n’est  ni  par  les  travaux  simples  de  ragriculture,  ni 
par  le  service  régidier  dans  les  armées,  ni  par  l’exercice  de 
fonctions  lionnêtes  et  utiles,  qu’ils  font  abonder  les  céréales 
dans  leurs  magasins,  le  vin  dans  leurs  celliers,  l’or  et  l’ar- 
gent dans  leurs  coffres.  Que  n’en  ont-Hs  amassé  partout 
ce  que  la  ru.se  leur  a permis  d’arracbcr  aux  chrétiens,  et 
par  tout  ce  qu’ils  ont  acheté  furtivement  et  à vil  prix  aux 
voleurs,  habitués  à faire  passer  dans  leurs  mains  tant  d'objets  qui 
nous  sont  chers!  Qu’un  voleur  vienne  en  effet  ii  dérober  de 
nuit  des  encensoirs,  des  croix,  des  calices  consacrés,  il 
échappe  aux  (loursuites  des  chrétiens  en  recourant  aux  Juifs; 
et,  trouvant  auprès  des  hommes  de  cette  race  une  malheu- 
reuse sécurité,  non-seulement  il  se  prépare  à de  nouveaux 
méfaits,  mais  il  livre  a la  Synagogue  de  Satan  tout  ce  qu’il 
sait  enlever  de  sacré  ’a  nos  églises...  Puis,  la  perversité  des 
Juifs  leur  fait  employer  ces  vases  célestes  à des  usages  qui 
sont  un  opprobre  pour  nous  et  pour  Jésus  - Christ  lui- 
même.  >1 

Que  dire , enfin , lorsque  ce  commerce  si  criminel  s’abrite 
avec  sécurité  sous  la  protection  d’une  loi  aussi  ancienne 
que  diabolique,  et  que  portèrent  cependant  des  princes 
chrétiens?  Cette  loi  veut  que  lorsqu’un  objet  sacré  quel- 
conque est  surpris  aux  mains  du  Juif,  ou  que  le  Juif  recèle 
un  vol  sacrilège,  nul  ne  puisse  l'obliger  à restitution,  nui  n’ait 
droit  de  le  contraindre  à nommer  le  voleur  doiu  son  argent 
entretient  l'industrie!  Ainsi  reste  impuni  chez  le  Juif  un  dé- 
testable sacrilège,  que  le  chrétien , s']\  s’en  rend  coupable. 


16ü 


CHAPITRE  CINQUIÈME. 

ejpie  par  le  supplice  de  la  corde'  t Car  voilà  quel  est  le  privi- 
lège de  ce  dernier! 

Aussitôt  que  Philippe  Auguste  s’est  assis  sur  le  trône, 
le  toile  général  retentit  de  nouveau  contre  les  Juifs.  On  les 
accuse,  et  les  ternies  sont  précis,  « d'avoir  ruiné  le  peuple 
par  leurs  usures,  de  s’être  rendus  par  cette  voie  injuste  les 
maîtres  d’une  infinité  de  terres  considérables , et  de  presque 
la  moitié  des  maisons  de  Paris;  d’avoir  reçu  pour  gages  les 
va.ses  sacrés,  les  trésors  des  églises,  et  de  les  avoir  profa- 
nés. On  J-  ajoute  qu’ils  ont  réduit  plusieurs  pauvres  chré- 
tiens ô devenir  esclaves,  et  qu’enfin  ils  en  crucifient  tous 
les  ans  le  jour  du  vendredi  saint.  » {Voir  plus  bas  en  ce 
volume.) 

Déjà  « les  lois  ecclésiastiques  les  avaient  privés  de  toutes 
les  charges  publiques,  parce  que  ceux  que  l’on  y avait  souf- 
ferts avaient  abusé  de  leur  autorité  contre  les  chrétiens  » ; et  déjà 
l’Église  avait  exhorté  les  princes  à « contraindre  les  Juifs  de 
cesser  leurs  usures,  et  de  rendre  celles  qu’ils  avaient  exi- 
gées des  chrétiens,  » Il  devenait  alors  plus  que  jamais  ur- 
gent d’aviser. 

Philippe  Auguste,  « enfin  persuadé  de  la  malignité  des 
Juifs,  les  chassa  donc  de  ses  États  l’an  1182;  confisqua 
tous  leurs  biens,  à l’exception  de  leurs  meubles;...  rétablit 
ses  sujets  dans  la  possession  des  héritages  qu’ils  avaient 
aliénés,  et  les  déchargea  de  toutes  les  sommes  qu’ils  de- 
vaient, en  lui  en  payant  seulement  un  cinquième';  » car  le 
droit  public,  dans  ces  siècles  barbares,  n'avait  point  adopté 
le  principe  libéral  et  si  cher  aux  gens  de  rapine,  du  res- 
pect ]K)ur  le  fait  accompli;  ni  l’opinion  ni  le  pouvoir  ne 

' On  trouve  ce  discours  plus  au  long  dans  V Eglise  et  la  Sijnagocue, 
p.  liü  à Ü7;  Paris,  tS.59.  Ces  mi'mes  liabiUtdes  criminelles  des  Juifs 
sont  amplement  décrites  dans  le  traité  De  per/ijia  judeeorum,  Sim. 
Maioli  Episcopi,  p.  810,  col.  ï,p.  8t1,  etc.;  1615.  Nous  ne  reprodui- 
sons pas  le  passage  de  cet  auteur,  que  nous  avons  déjà  cité,  parce 
qu'il  nous  semble  être  une  copie  du  premier,  malgré  les  siècles  qui  les 
«Iparent. 

^ Ibid.,  Traité  de  la  police,  t.  !"■,  p.  Ï81.  La  protection  coûte  au 
pouvoir;  il  lui  faut  des  agents,  et  sans  argent,  point  d'agents. 


466 


LES  JUIFS. 


garantissaient  au  spoliateur  la  possession  des  biens  que  la 
ruse  et  la  violence  avaient  fait  passer  sous  sa  main.  Ce  que 
le  voleur  a pris  est-il  son  bien,  ou  le  bien  d’autrniP  et  le 
fruit  (le  l'usure  est-il  ou  non  le  fruit  du  vol?  Ces  questions 
alors  ne  soulevaient  aucun  doute,  et  les  chefs  de  la  soci(?té, 
en  arrachant  au  Juif  ses  richesses  mal  acquite»,  se  bornaient 
k lui  reprendre  le  bien,  une  partie  du  bien  dont  s(;s  usures 
avaient  dépouillé  le  chrétien. 

Nous  disons  une  partie  du  bien!  Car,  malgré  ses  lamen- 
tations stridentes  et  les  cris  aigus  de  ses  doléances , les  Juifs, 
en  définitive,  avaient  l’avantage  sur  les  chrétiens;  et,  mal- 
gré les  persécutions  — marquées  au  sceau  de  la  justice  — 
qu’ils  reprochaient  au  pouvoir,  un  intérêt  incomparable  les 
ramenait  et  les  attachait  au  milieu  de  leurs  persécuteurs! 
Leur  sécurité  y était  assez  grande,  lorsqu’ils  ne  suscitaient 
point  contre  eux  les  fureurs  de  quelques  tempêtes , pour 
que  tous  leurs  efforts  fussent  de  rentrer  dans  les  royaumes 
objets  de  leurs  exactions  et  de  leurs  calomnies-,  il  leur  fal- 
lait si  peu  de  temps  pour  dévorer  un  peuple!  Et  si  leur  sort 
n’eût  été  plus  favorable  et  plus  doux  chez  les  chrétiens  que 
chez  les  musulmans  et  les  idolâtres,  qui  donc  les  eût  em- 
pêchés de  s'établir  une  fois  pour  toutes  chez  ces  barbares 
et  d’y  fixer  leur  demeure? 

Les  actes  du  Juif,  sans  cesse  en  contradiction  avec  ses 
paroles,  le  furent  une  fois  de  plus  après  cette  exécution, 
que  les  amis  et  les  disciples  des  Juifs  jugeront  aujourd’hui 
si  cruelle.  Animés  du  plus  ardent  désir  de  rentrer  dans  le 
royaume  de  France,  ils  « sollicitèrent  en  effet  leur  réta- 
blissement, et  offrirent  de  grande»  somme»  pour  l’obtenir.  Les 
besoins  de  l'État,  pour  soutenir  les  guerres  contre  les  An- 
glais et  les  Flamands,  furent  une  occasion  favorable,  et  leurs 
offres  furent  acceptées  (U98).  » 

Or,  quatorze  ans  après  le  rétablissement  des  Juifs  en 
France,  Innocent  III  écrivait  k propos  de  leurs  crimes  et  de 
leur  ingratitude  envers  les  chrétiens  « cette  excellente 
lettre  de  l’an  1212  qui  a mérité  d’être  mise  au  nombre  des 


167 


CHAPITRK  CINOCIÈME. 

lois  que  nous  lisons  dans  le  droit  canon.  » Et,  par  « on 
autre  Brel'de  l’an  1213,  il  exliorlait  toutes  les  puissances 
temporelles  k contraindre  les  Juifs  de  remettre  aux  chrétiens 
les  usures  dont  Us  les  avaient  chargés,  sinon  de  leur  interdire 
tout  commerce  » 

C’est  donc  k tort  que  des  historiens  superficiels  ou  pas- 
sionnés accusent  k tout  propos  d’exactions  et  de  cupidité 
ces  princes,  qui  sont  et  doivent  être  les  chefs  et  les  protec- 
teurs de  leurs  peuples,  puisque,  la  plupart  du  temps,  dès 
que  nous  y regardons  de  près,  nous  les  voyons  ne  céder 
qu’au  cri  pressant  de  la  justice,  et  ne  se  rendre  qu’aux  sup- 
plications de  celui  qui,  représentant  le  Christ  sur  la  terre, 
est  le  père  des  jieuples,  le  plus  sûr  conseil  des  rois,  le  gar- 
dien et  la  clef  de  voiite  de  la  civilisation  chrétienne. 

Laissons  maintenant  une  page  que  nous  recueillons  toute 
fraîche,  et  qui  sortait  hier  même  toute  vive  du  trésor  de  nos 
Archives,  nous  dire  quelle  était,  dans  ces  âges  de  barbarie , 
la  vigilante  .sollicitude  des  vicaires  du  Christ;  quel  était 
leur  zèle,  non-seulement  k demander  justice  des  inimagi- 
nables excès  de  l’usure  judaïque,  mais  encore  k réprimer 
les  intempérances  de  la  réaction  chrétienne , k maintenir 
intacte  la  liberté  religieuse  des  Juifs,  k garantir  enfin  la 
securité  de  leurs  légitimes  créances. 

Nombre  de  gens  s’étonneront  sans  doute,  écriten  1865  le 
docte  archiviste  de  l’Aube , « de  trouver  parmi  les  personnes 
recommandées  k nos  Comtes  parles  Papes,  les  Juifs  de 
Champagne,  qui,  ayant  fait  parvenir  leurs  doléances  jus- 
qu’au trône  du  successeur  de  saint  Pierre,  obtinrent  une 
huile  adressée  k Thibaut  IV  pour  l’inviter  k faire  payer  par 
les  chrétiens  les  sommes  dues  aux  Juifs,  et  k empêcher  les 
chrétiens  de  donner  aux  Juifs  des  coups  au  lieu  d’argent 
(an  1247).  Une  lulk  de  l’année  précédente  avait  eu  pour 
objet  d’appeler  la  sollicitude  de  Thibaut  sur  les  intérêts  des 
Juifs  de  Navarre,  et  l’avait  prié  d’intervenir  pour  empêcher 

' Delamare,  Traité  de  la  police,  4 vol.  in-fol.,  t.  f*'',  p.  Î80  k 28Î  ; 
Paris,  1705  à 1738. 


468 


LES  JUIFS. 


qu’on  ne  baptisât  de  force  leurs  enfants  ' . Rappelons  toutefois 
qu  innocent  III  avait  écrit  à Blanche  de  Navarre,  pour  l'in- 
viter à réprimer  l'audace  des  .luifs.  Celte  lettre,  et  une 
semblable  adressée  en  même  temps  'a  Philippe  Auguste, 
ont  peut-être  provoqué  la  fameuse  ordonnance  qui  défendit 
aux  Juifs  de  prendre  plus  de  deux  deniers  par  livre  d’iménU 
hebdomadaire^  e’est-k-dire  plus  de  43  francs  45  centimes 
pour  cent  d’intérêt  annuel*.  » Ce  modique  intérêt  était-jl 
ou  non  de  l’usure?  Mais  poursuivons  notre  chemin  et  feuil- 
letons encore  ce  même  ouvrage , dont  la  base  se  compose  de 
chartes  authentiques. 

Jacob  de  Dampierre,  maître  des  Juifs  de  Troyes  en  1222, 
avait  pour  frères  les  Juifs  Ilaquin,  Jacob  cl  Sonet.  Ces  deux 
derniers  possédaient,  dans  la  juiverie  de  Troyes,  un  terrain 
qu’ils  vendirent  h Itier  de  la  Brosse,  et  Yaalin,  leur  père, 
était  un  des  grands  banquiers  de  Troyes.  Il  lit  des  prêts  k 
Eudes,  duc  de  Bourgogne,  qui,  « pour  lui  assurer  un  rem- 
boursement |)rochain , lui  abandonna  la  jouis.sanci‘  immé- 
diate d’une  rente  sur  les  foires  de  Champagne.  L’abbaye  de 
Saint-Bénigne  de  Dijon  était  vers  la  même  époque  dans  un 
grand  embarras;  elle  avait,  en  H9G,  emprunté  ’a  Yaalin  une 
somme  de  1,700  livres,  valant  34,448  francs  50  cent. , au 
pouvoir  de  172,242.  Le  taux  de  l’intérêt  stipulé  était  de 
trois  deniers  pour  livre  par  semaine,  c’est-à-dire  de  65  fr. 
62  c.  pour  cent  par  an!  L’abbaye  resta  onze  ans  sans  payer, 
en  sorte  que  la  dette  primitive,  accrue  des  intérêts,  attei- 
gnit, sans  anatocisme,  le  chiffre  énorme  de  9,825  livres 
11  sous  lOdeniers,  valant  199,103  francs  95  cent.,  au  pou- 
voir 995,519  francs  75  cent.,  tout  près  d’un  million!  Pour 
se  libérer,  les  moines  furent  obligés  de  vendre  leur  terre 
de  Morains  * » 

' Nous  aurons  plus  lard  un  mot  pour  la  fameuse  affaire  Mortara. 

2 Histoire  des  ducs  et  comtes  de  Champagne,  par  d’Ai  bois  de  Jubain- 
ville,  archiviste  de  l’Aube,  vol.  IV,  (.  ii,  p.  598;  Paris,  1865. 

3 Ibid.,  d’Arbois  de  Jubainville,  archiviste  de  l’Aube,  v.  IV,  p.  8Î8  à 
830.  Le  Juif  Pinon  ayant  frappé  un  clerc  du  diocèse  de  Soissons,  fut. 
par  jugement  arbitral,  chasse  de  ce  diocèse...  Ibid.,  p.  832. 


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CHAPITRE  CINQUIÈME.  169 

Ces  termes  sont  positifs,  ils  sont  précis,  et  il  en  ressort 
assez  clairement  que  les  Juifs  préteurs  savaient  prendre 
leurs  sûretés,  s'assurer,  outre  des  gages,  des  compensa- 
tions en  cas  d’accident , et  que  k le  prêt  a usure  était  pour 
eux  une  source  d/immenses  bénéfice».  Aujourd’hui,  l’année, 
ou  au  moins  le  trimestre , est  la  période  qui  sert  de  base  au 
calcul  du  taux  de  l’intérêt.  Les  banquiers  chrétiens  de  Cham- 
pagne faisaient  usage  d’une  période  plus  courte  : l’inter- 
valle qui  séparait  les  termes  de  payement  de  chacune  des 
six  foires;  elle  durait  donc,  en  moyenne,  deux  mois.  » Mais 
« pour  les  banquiers  juifs  la  période  était  la  semaine.  Plu- 
sieurs actes  de  nos  Comtes  interdisent  h des  banquiers  chré- 
tiens le  prêt  il  la  semaine',  » car  il  n'était  pas  licite  au 
chrétien  d’agir  en  juif,  et,  comme  le  disent  les  Archives 
Israélites  elles-mêmes,  on  trouvait  bon  d'avoir  dans  les  Juifs 
« une  corporation  damnée  d'avance,  qui  pût  se  charger  du 
métier  de  réprouvé  ’ ! « 

n Âpres  avoir  exigé  trois  deniers  par  semaine,  les  Juifs 
furent  contraints  à se  contenter  de  deux,  c’est-h-dire  de 
43  fr.  75  c.  pour  cent  par  an , les  intérêts  des  intérêts  non 
compris.  Celte  réforme  fut  due  'a  une  ordonnance  rendue  de 
concert  par  Philippe  Auguste,  Blanche  de  Navarre  et  Guy 
de  Dampierre,  en  1206’.  » 


< D’Arbois,  ib.,  p.  834. 

2 Archives  Israélites,  XXIV,  p.  1113  ; 13  décembre  1867. 

Ibid.,  d’Arbois  de  Jubainville,  v.  IV,  p.  834.  Les  Juifs,  ainsi  que 
nous  l’avons  énoncé  tout  à l’heure,  « étaient  serfs,  c’est-à-dire  lailla- 
bles  à merci,  ajoute  ce  savant  archiviste.  Leur  seigneur  pouvaitexiger 
d’eux,  à titre  de  taille,  telle  somme  qu’il  lui  plaisait;  ainsi,  au  fond, 
c’était  le  seigneur  qui  profitait  des  actes  d’usure  commis  par  les  Juifs, 
tandis  qu’aux  yeux  des  populations  le  Juif  en  supportait  tout  l’odieux.  » 
Ibib.,  p.  834. 

Erreur  I erreur  de  fait,  sinon  de  droit.  Les  Juifs  n’ont  jamais  que 
très-petitement  tiré  les  marrons  du  feu  pour  autrui.  Leur  fortune  con- 
sidérable, ainsi  qu'en  témoigne  l’exemple  même  de  Vaalin,  de  Jacob 
de  Troyes  et  de  leurs  enfants,  passait  de  père  en  fils;  et  quoique  leurs 
usures  provoquassent  contre  eux  de  nombreuses  et  terribles  réactions, 
ils  ne  se  hasardaient  point  à ces  prêts  monstrueux  sans  avoir  une  cer- 
titude morale  de  gains  immenses  et  définitifs.  C’est  là  ce  que  le  résul- 
tat débiontre. 

D’après  le  texte  du  Traité  de  la  police  que  nous  avons  cité,  les  Juifs 


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170 


LES  JUIFS. 


Mais  l'Église  devait  et  voulait  aviser  au  salut  de  la  société 
chrétienne,  et  les  derniers  canons  du  quatrième  concile  gé- 
néral de  Lalran,  qui  concernent  les  Juifs,  eurent  « pour  but 
de  réprimer  leur»  usures  et  leurs  insolenees.  Il  y est  ordonné 
qu’ils  porteront  quelque  marque  sur  leur  habit,  pour  les 
distinguer  des  chrétiens,  comme  cela  se  pratiquait  déjà 
dans  quelques  provinces,  et  il  est  défendu  de  leur  conférer 
des  offices  publics,  « car  ils  abusaient  de  leur  autorité 
contre  les  chrétiens  » 

Une  race  de  malfaiteurs  publics  sera  donc  désormais  pu- 
bliquement signalée,  et  cette  marque,  ce  signe,  dira  de  la 
part  de  l’Église  ce  que  va  dire  à l'époque  si  libérale  de  la 
régence  du  duc  d'Orléans,  le  firocvreur  général  du  royaume,  qui 
nommera  ces  hommes  « les  monstres  de  la  société  civile!  » 

Le  talmudisant,  le  Juif  ennemi  du  chrétien  par  devoir  et 
par  intérêt,  ne  pourra  l’administrer,  le  juger,  le  commander 
sur  les  champs  de  bataille,  être  son  législateur,  car  l’Église 
et  le  sens  commun  se  soulèvent  contre  ces  énormités. 

Cependant,  et  malgré  cette  lutte  incessante  de  tous  les 
pouvoirs  sociaux  contre  la  tyrannie  judaïque,  aucun  acte  de 
répression  ne  fatigue  les  Juifs,  et  bientôt  une  ordonnance 
du  roi  Philippe  le  Bel,  datée  de  l’an  1299’,  châtie  de  nou- 

auraient  été,  généralement  du  moins,  non  taillables  à merci,  mais  tri- 
butaires, et  payant  une  somme  convenue  d’avance 

1 l.a  primo  d’assurance  forme  un  dos  éléments  essentiels  de  l’inté- 
rét,  » dit  l’économiste  J.  B.  Say.  Or,  o la  prime  d’assurance  formait  la 
majeure  partie  de  ce  qui  portait  le  nom  d’intérét,  ou  d’usure  ; ot  l’in- 
térêt véritable,  le  loyer  povir  l’usage  du  capital,  se  réduisait  à fort  peu 
de  chose.  » Voilà  ce  que  ne  craignent  pas  d’imprimer,  en  1867,  les 
Archives  israéliles,  Vlll,  p.  371.  Et  c’est  cc  peu  de  chose  qui  rendait 
les  Juifs  infâmes,  de  l’aveu  do  la  même  feuille  I (XXIV,  p.  1113;  1867). 
C’est  là  ce  qui  faisait  tolérer  comme  utile  cette  nation  « chargée  du 
métier  de  reprouvé!  « C’est  là  ce  que  l'Eglise,  écho  de  la  conscience 
publique,  condamnait  en  termes  formels I 
< Rohrbacher,  Histoire  universelle  de  l'Eglise,  t.  XVII.  p.  441  ; 1861. 
— Traité  de  la  police,  t.  I"',  p.  i80.  — Art  de  vérifier  les  dates  : qua- 
trième concile,  an  1215. 

* Le  registre  de  là  Chambre  des  comptes  qni  a pour  titre  Judai,  dit 
Delamare , porte  qu’ils  mirent  en  dépôt,  chez  les  chrétiens  leurs  amis, 
Ireaucoup  d'or  et  d’argent,  et  ce  qu’ils  avaient  de  précieux...  » Grand 
hommage  à la  probile  chrétienne!  Htid.,  p.  î8!-3.  — Th.  Hallèz,  Des 
Juifs  en  FratKe,  p.  51 , eto.;  1845. 


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CHAPITRE  CINQUIÈME.  171 

veau  leurs  actes  usuraires.  Elle  dispose,  en  raison  dos  exct's 
d’usure  dont  il  est  dans  leurs  mœurs  de  se  rendre  coupables, 
que  le  seul  capital  de  leurs  prêts  doit  leur  être  remboursé , 
et  qu’il  est  fait  remise  de  toute  stipulation  ultérieure.  Mais 
l’exécution  de  cette  loi  reste  si  molle,  et  le  concert  des 
plaintes  qui  s’élèvent  contre  les  Juifs  devient  si  formidable, 
qu’en  l’an  J306  Philippe  le  Bel  les  chasse  du  royaume  et 
confisque  tous  leurs  biens.  Toute  sollicitation  pour  rappeler 
ces  maudits  du  peuple  ne  trouva  plus  dès  lors  dans  ce  mo- 
narque qu’une  sourde  oreille;  et  pourtant,  vers  la  fin  de  son 
règne,  il  leur  accorda  la  faculté  de  poursuivre  le  recouvre- 
ment des  biens  non  compris  dans  la  confiscation,  et  poussa 
la  condescendance  jusqu’à  leur  donner  des  commissaires 
pour  en  connaître'. 

L'un  des  premiers  actes  du  règne  de  Louis  le  Hutin , fils 
et  successeur  de  Philippe  le  Bel,  ce  fut  cependant  le  rappel 
des  Juifs.  Ces  potentats  de  la  finance  financèrent-,  et,  dans 
le  traité  qui  leur  rouvrit  les  portes  du  royaume,  il  fut  sti- 
pulé qu'il  leur  serait  permis  d’exiger  de  leurs  prêts  « douze 
deniers  la  livre  par  semaine.  » Il  fut  dit  en  outre  que,  « de 
treize  années  qu’on  leur  accordait,  ils  emploieraient  la 
dernière  à retirer  à leur  aise,  et  en  toute  sûreté,  des 
mains  de  leurs  débiteurs,  tout  ce  qui  leur  serait  dû,  » 
mais  « qu’ils  ne  prêteraient  pas  sur  gages  sanglants,  ou 
mouillés,  etc.,  etc.  » 

L’ordonnance  de  ce  monarque  était  trop  favorable  aux 
Juifs  pour  ne  point  susciter  contre  eux  une  prompte  et 
sanglante  réaction.  Elle  éclata  donc  sans  beaucoup  tarder-, 
mais  « les  chroniqueurs  qui  nous  rapportent  avec  d’affreux 
détails  le  supplice  et  le  bannissement  des  Juifs,  ne  disent 

2 Hâtiez,  avocat,  Des  Juifs  en  France,  etc.,  p.  .51,  etc.;  Paris,  18i5. 
Si  le  petit-fils  de  saint  Louis  fut  souvent  indigne  de  son  aïeul , la 
France  lui  doit  au  moins  la  délivrance  do  deux  redoutables  fléaux  : les 
Juifs  et  les  Templiers.  Les  pièces  du  procès  de  ces  chevaliers  félons, 
publiées  par  M.  Michelet,  le  prétropliobe , permettent  de  tenir  ce  lan- 
gage; et  nous  laissons  l'école  judaïque  des  saints-simoniens,  qui  pré- 
vaut rie  nos  jours  dans  l'enseignement  de  l'économie  politique,  défen- 
dre, s'il  lu  iplalt,  le  système  de  l'usure  et  des  usuriers  israéiitee. 


LES  JUIFS. 


17* 

rien  de  leur  rentrée  en  France.  Il  est  probable  que  cette 
fois,  comme  presque  toujours,  chassés  avec  éclat,  ils  re- 
vinrent sans  bruit:  car  pour  dix  ordre»  d’exil  on  rencontre  h 
peine  une  ordonnanre  de  rappel,  et  le  plus  généralement  c'est 
en  lisant  la  loi  qui  les  chasse  qu'on  apprend  leur  retour  dans 
le  pays  » tant  il  est  dans  la  nature  du  Français  de  laisser 
sommeiller  et  s'assoupir  toute  mesure  de  rigueur  et  d'ex- 
ception ! 

Cependant,  ajoute  le  même  écrivain,  dont  le  zèle  plus 
généreux  qu'éclairé  s'essaye  'a  la  réhabilitation  des  Juifs, 
« le»  crimes  et  les  abominations  qu'ih  commettaient  chaque  jour  u 
obligèrent  Charles  VI  h les  proscrire.  Ses  lettres  patentes 
du  17  septembre  I39i  les  bannissent  donc  à perpétuité  de 
ses  États.  Elles  leur  font  défense  d’y  demeurer  à peine  de 
la  vie  ’,  et  cette  expulsion  diffère  des  précédentes  par  son 
caractère  non  moins  que  par  ses  résultats,  dit  ce  même 
avocat  de  la  cause  judaïque.  Elle  n'eut  pour  mobile  ni 
Il  l'amour  du  lucre,  ni  l'esprit  de  pillage;  et,  ce  qui  le 
prouve,  c'est  que  toutes  leurs  créances  durent  leur  être 

payées La  France  allait  rentrer  sous  Charles  VII  dans 

line  ère  de  grandeur,  d’ordre  et  de  prospérité  où  elle  pour- 
rait se  suffire  ù elle-même,  sans  être  obligée  de  bannir  et  de 
rappeler  alternativement  les  Juifs  |>our  remplir  le  trésor  ’.  » 

* Hâtiez,  i6.,  p.  5.7- '18. 

Delamare,  loco  cil.  — Hâtiez,  i6.,  p.  f>3. 

^ Hâtiez,  i6.,p.  61-T.5.  — A l'époque  de  ta  Heiiais.'iince,  leJuitest  exac- 
tement l’alroco  usurier  des  siècles  antérieurs.  Voici  le  portrait  que 
nous  en  trace  un  docte  évêque  : 

O Ex  variis  ipsorummet  commerciorum  eorumdeniquc  u«urarioruni, 
ac  lurlivorum  generibus,  quæ  omnia  et  singula  in  praesenlissimum 
christianorum  damnuni  vergunt , quorum  illi  succum  et  sanguinem 
naluratemque  adeo  vigorem  plané  exhauriunt.  Alque  ut  in  specie  di- 
cam  ; usures  a debiloribus  depuscunt  tina  curn  donariis  exlraordinariis 
iniquissimas;  in  pecunia;  mutalione,  adulterinas  obirudunt  debiloribus 
monetas.  easque  in  sumrao  valore  et  pretio;  neque  tamen  bis  satiali. 
cogunt  insu|>er  eos  qui  muluum  ab  illis  accipiunt  plus  insercre  chiro- 
grapho  quant  commodato  acceperunt,  iibi  \el  maxime cxceplioneui  non 
numeratae  pecuniæ  lociim  habere  par  essel.  Margaritas  spurias,  clino- 
dias  (bijoux)  lallaces,  fucosas  et  oitsoictas  merces  niagno  ineautis  alque 
indiscretis  insulllanl  pretio.  Furibus,  nebulunibus,  et  proslibulis,  etc., 
etc.,  etc...  De  perfidia  Judtrorum  , S.  Mafoli  episcup.  Vulturariensis, 


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173 


niAIMl'KK  CINQCIËMH. 

Il  est  vrai  que,  fidèles  à des  habitudes  auxquelles  ils  trou- 
vent un  intérêt  immense,  les  Juifs  essayent  de  rentrer  en 
France  à la  dérobée,  et  que  plus  lard  Louis  XIII,  ainsi 
(juc  nous  l'avons  énoncé,  lance  un  arrêt  de  bannissement 
contre  ceux  qui  réussissent  à s’inlroduirc  dans  le  royaume. 
Les  Juifs  de  Metz  ont  seuls  l’art  de  s'exempter  de  celte  sen- 
tence, ainsi  que  ceux  de  la  Lorraine  et  de  l'Âlsacc,  régions 
qui  furent  dévorées  par  leur  usure.  « Il  est  donc  bien  établi 
(lu’au  moment  de  la  Hévolulion  il  n’y  avait  de  communauté 
juive,  ou,  comme  le  dit  Delamare,  dejuiverie,  que  dans  ces 
provinces.  .Mais  quant  aux  individus,  ils  se  répandirent  par- 
tout, et  l’histoire  a conservé  le  souvenir  de  l’opulent  banquier 
Samuel  Ikrnard  » le  Rothschild  du  règne  de  Louis  XIV. 

Nous  jetterons  tout  'a  riicure  un  coup  d’œil  sur  l'Alsace; 
mais  nous  commencerons  par  énoncer  que  le  très-libéral 
duc  Léopold  rendit  en  Lorraine  un  édit,  à la  date  de  l’an 
1728,  où  sont  déclarés  « nuis  tous  les  billets  et  actes  sous 
seing  privé  qui  seraient  faits  au  profit  des  Juifs , tant  pour 
argent  prêté  que  pour  vente  de  marchandises  ou  autres  en- 
gagements. » Ou  lisait  encore  dans  cet  édit  que  les  Juifs 
reconnus  coupables  d’usure  ou  de  vol  envers  des  sujets  ca- 
tholiques seraient  punis  « de  la  perle  de  leurs  créances, 
tenus  d’en  payer  le  double  à leurs  débiteurs,  et  obligés  en 
outre  à une  amende  de  cinq  cents  livres  envers  le  prince, 
sans  que  ces  peines  pussent  être  remises  ou  modérées  par 
les  juges  ’.  » 

Ces  rigueurs  de  la  justice  sous  tous  les  pouvoirs  ancitns  et 
modernes,  chrétiens  ou  insoucieux  de  la  foi  chrétienne,  i.ous 
indiquent  en  termes  assez  clairs  quels  étaient  les  excès  du 
mal  commis  par  ces  infatigables  talmudisants.  Ajoutons 
qu'en  France,  un  instant  avant  l'époque  où  Léopold  rendait 

1615.  Moguntiæ,  p.  810,  col.  2;  lire  ib.,  p.  841  à 850.  Ce  livre  est 
en  plein  accord  avec  les  deux  grands  ouvrages  : Annales  ecclesiast., 
du  cardinal  Baronius,  et  le  Traité  de  la  police,  4 vol.  in-fol.;  Paris, 
170.5-1758. 

' Ibid.,  p.  68-9;  Hallcz,  id.,  — Traité  de  la  police,  t.  1",  p.  Î85. 

- .trdiices  israélites,  111,  p.  119;  1867. 


17i 


LES  JUIFS. 


son  édit,  c’ebl-a-<lire  à la  date  du  19  juin  1717,  — sous  la 
régence  si  peu  chrétienne  et  si  peu  morale  du  duc  d'Orléans,  — 
défense  fut  faite  « aux  notaires  et  tabellions  de  passer  obli- 
gation au  protil  des  Juifs,  autrement  que  sur  deniers  comptés 
et  délivrés  eu  leur  présence Le  procureur  général,  en  re- 

quérant cet  arrêt,  disait  ; qu’informé  de  toutes  imrts  des  usu- 
res que  des  Juifs  insatiables  exercent  sur  les  chrétiens  qui 
dans  leurs  besoins  s’adressaient  à eux,  il  est  dans  une  obli- 
gation aussi  pressante  qu’indispensable  d’en  dé\oiler  la  . pra- 
tique impie  aux  ycux  du  conseil,  et  de  chercher  en  sou  auto- 
rité le  moyen  d’cxumiiner  hors  de  son  ressort  un  crime  si 
inhumain  et  si  détestable;  qu’ayant  fait  des  recherches  exactes 
pour  connaître  la  source  de  ce  pernicieux  mal , il  avait 
trouvé  que  c’est  dans  les  prêts  d’argent...,  où  la  ruse  et  la 

fraude  judaïque  s'exercent  et  s'accroissent  chaque  jour,  etc 

que  le  second  piège  qu’il  avait  remarqué , c’était  en  re- 

nouvelant incessamment  les  obligations  sur  des  décomptes 
faux  et  impies,  oi'i  ces  monstres  de  la  société  civile  convertis- 
sent il  la  fois  leur  gain  illicite  en  sort  |>rincipal  '.  » 

L’un  des  [toints  exceptionnels  du  royaume  de  France  où 
le  pouvoir  toléra  les  Juifs,  ce  fut  l’Alsace,  disions-nous  tout 
’a  l’heure.  Or,  voici  ce  que  rapporte  de  celte  vieille  et  si 
importante  province  un  écrivain  de  race  juive , dont  le  but 
était  de  ramener  ses  frères  de  sang  dans  la  voie  de  la  pro- 
bité. K L'usure  a procuré  aux  Juifs  la  moitié  de  l'Alsace;  c’est 


' Ordonnance  d’Alsace,  I,  488.  — ('.es  reproches,  ajoute  M.  Halle/., 
dont  la  bienveillance  pour  les  Juifs  est  assez  notoire,  sont  les  mêmes 
qu'tm  peut  recueillir  encore  tous  les  jours  de  la  bouche  de  tous  les  ha- 
liitants  de  l’Alsace  (184!»).  On  doit  comprendre  l'imporlnnce  que  nous 
attachons,  dans  l’intérêt  de  l'histoire,  à puiser  nos  principaux  docu- 
ments ctiez  les  amis  des  Juifs  ou  citez  les  Juifs  eux-mêmes,  pitdût  que 
partout  ailleurs. 

Il  existe  aujourd'hui  mime,  en  Alsace,  « une  habitude;  c’est  que 
les  créanciers  tpii  ne  veulent  pas  exercer  o la  rigueur  les  droits  que 
la  loi  leur  conféré,  cèdent  leur  crt'ance  à iiuelqun  Juif,  étrange  et  Itlâ- 
mable  compromis  entre  riiumanité  et  l’intérêt.  Chaque  acte  de  ce  genre 
est,  on  peut  le  dire,  un  encouragement  donné  aux  Juifs  {tour  persévé- 
rer dans  des  professions  où  les  bénéfices  sont  immenses  pour  eux,  mais 
nuis  pour  la  société,  et  que  toutes  les  législations  ont  fletries.  s Halloz, 
Des  Juifs  en  France,  p.  tî4  et  Ï78;  Paris,  484o. 


CHAPITRE  CINQUIÈME.  175 

la  grande  plaie  de  noire  époque.  L'usure  se  commet  dans  nos 
campagnes  avec  autant  d’impudence  que  d'impunité;  la  petite 
propriété  est  dévorée  par  ce  chancre,  qui  ronge  tout.  Il 
faudrait  un  volume  pour  énumérer  les  moyens  honteux  et  per- 
fides employés  par  les  Juifs  pour  attirer  a eus  toutes  les  par- 
celles de  terrain  qui  escilenl  leur  convoitise;  et  nous  igno- 
rons s’il  pourra  se  trouver  dans  l’esprit  de  nos  lois  modernes 
quelques  dispositions  assez  fortes  pour  arrêter  les  progrès  de 
ce  mal,  lorsqu’on  sera  obligé  d’en  référer  h la  législature! 
Ce  ne  sont  plus  les  Juifs  qui  se  recouvrent  du  sac  de  dou- 
leur, ce  sont  les  paysans  de  nos  campagnes  qui  portent  le  deuil 
des  iniquités  d'Israël.  » 

« Il  s’est  fait  de  cette  manière,  parmi  les  Juifs  d’Alle- 
magne, des  fortunes  considérables , que  la  plupart  dépen- 
sent avec  magnificence.  Car  le  Juif  allemand  est  vain  cl 
orgueilleu.v,  fier  cl  vindicatif;  il  n’a  rien  jierdu  des  défauts 
de  ses  pères  '.  » 

Cette  page,  k coup  sûr,  ne  nous  étonnera  guère,  lorsque 
nous  aurons  parcouru  l’ordonnance  du  30  mai  1806,  que  le 
convocateur  du  grand  Sanhédrin,  Napoléon  I",  ce  politique 
intéressé  k pallier  le  tort  des  Juifs,  dont  il  osait  faire  des 
citoyens  français,  commence  par  ces  mots  : 

« Sur  le  compte  ipii  nous  a été  rendu  que,  dans  plusieurs 
départements  scplcntrionau.x  de  notre  empire,  certains  Juifs, 
n’exerçant  d’im/re  profession  que  celte  de  Cusure,  ont,  par  l'ac- 
cumulalion  des  intérêts  les  plus  immodérés,  mis  beaucoui> 
de  cultivateurs  de  ce  pays  dans  un  état  de  grande  dé- 
tresse... etc.,  etc ‘. 

l.ors  de  la  restauration  de  l’illustre  et  k jamais  glorieuse 
maison  de  Bourbon,  dont  la  politique  et  l’épée  firent  celle 
France  devant  laquelle,  après  même  et  presque  aussitôt 
après  qu’elle  eut  subi  le  fléau  de  l'invasion,  nous  avons  vu 
l’Europe  se  taire,  la  plume  de  l’uu  des  plus  éminents  publi- 

‘ A-Cerfiicrr  de  .Mcdelsheini,  Les  Juifs,  leur  histoire,  leursmaurs,  etc. , 
p.  39;  l>ari«,  <847. 

Ilallez,  i6..  Des  Juifs,  |>,  Î97  ; ISiS. 


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1T6 


I.KS  JÜIFS. 


cistes  du  catholicisme,  membre  de  la  Chambre  des  pairs, 
laisse  courir  avec  aisance  sur  le  côté  alsacien  de  la  question 
judaïque  sa  phrase  rapide  et  forte.  Cet  homme  d’Élat  s'a- 
dresse au  monde  chrétien  h l’époque  où  l'école  libérale  la 
plus  avancée,  les  philosophes  et  les  amis  de  la  nation  juive, 
ont  fait  courir  à la  société  les  dangers  qui  naissent  de  l’é- 
mancipation d’Israël.  Lisons  et  méditons  sa  parole  ; 

■'  On  trouve  partout  des  hommes  dont  les  perfides  secours 
causent  la  ruine  de  ceux  qui  ont  la  faiblesse  d’y  recourir, 
mais  on  ne  voit  nulle  part  ailleurs  qu’eu  Alsace,  — la  seule 
province  de  France,  à peu  près,  qui  fut  Ihréc  aux  Juifs,  — 
une  partie  de  la  population  spécialement  adonnée  à cet  infâme 
trafic  d’aryeni,  dressant  des  pièges  de  toute  espèce 'u  la  bonne 
foi,  à la  crédulité,  à l'inexpérience;  offrant  de  funestes  faci- 
lités à celui  qui  veut  emprunter  pour  se  tirer  d’un  léger  em- 
barras, et  ne  quittant  le  malheureux,  une  fois  qu’il  s’est 
engagé,  que  lorsque  sa  fortune  tout  entière  est  envahie.  Ceux  qui 
ont  vu  l’Alsace  avec  sa  belle  culture,  ses  beaux  villages, 
sa  superbe  population , s’étonneront  du  tableau  qu’a  tracé 
l’auteur  d’une  brochure  intitulée  Quelques  idées  sur  L’üSUnE 
(/m  .f  Mj/jtd’ A fjocc.  On  ne  croirait  pas  la  plupart  des  faits  contenus 
dans  cette  brochure,  si  l’on  n’avait  pour  autorité  les  conseils 
généraux  des  deux  départements,  et  le  témoignage  de  leurs 
députés;  il  parait  qu’il  n’est  question  de  rien  moins  que 
d'un  bouleversement  total  des  projtriétés  en  Alsace,  si  toutes  les 
créances  des  Juifs  devenaient  cxigiblesl  L’assemblée  con- 
stituante elle-même,  malgré  la  ferveur  de  son  libéralisme, 
rendit,  doits  une  circonstance  beaucoup  moins  urgente,  un  dé- 
cret dont  le  désastre  des  temps  empêcha  l’exécution,  pour 
obliger  les  Juifs  d’Alsace  à fournir  des  renseignements  sur 
leurs  créances  et  pour  être  statué  ce  que  de  droit  par  le  corps 
législatif,  sur  le  mode  de  liquidation  le  plus  sage.  Un  décret  de 
1808  a annulé  une  partie  des  mêmes  créances,  et  suspendu 
l’exigibilité  des  autres  ’l » 

' P.  ÎÜ4-255;  lire  surtout,  ensuite,  les  pages  257-Ï7Î.  « On  sait 
comment  les  Juifs  d’Alsace  procèdent,  etc...  o Enfin  M.  Lacretelle  a fait 


177 


CHAPITRE  ClNgUlfeME. 

l'ii  écrivain  parfaitement  anticatlioliquc  et  révolution- 
naire, M.  Michelet,  venant  clore  la  liste  de  ces  dénoncia- 
lions  historiques,  a donc  pu  s’écrier  avec  vérité  : « Au 
moyen  âge,  celui  qui  sait  où  est  l’or,  le  véritable  alchimiste,  le 
vrai  sorcier,  c’est  le  Juif,  ou  le  demi-Juif,  le  Lombard;  le 
Juif,  riiomme  immonde:  l’bomme  qui  ne  peut  toucher  den- 
rée ni  femme  qu’on  ne  les  brûle;  Tbomme  d’outrage,  sur 
lequel  tout  le  monde  crache  ; c’est  a lui  qu’il  faut  s’adres- 
ser!... Sale  et  prolifique  nation!  Mais  ils  ont  résolu  le  pro- 
blème de  volatiliser  la  richesse.  Affranchis  par  la  lettre  de 
change.  Us  sont  maintenant  libres.  Us  sont  maîtres!  de  soufflets 
en  soufflets,  les  voilà  au  trône  du  monde  » 

.Maintenant,  après  le  parcours  de  ces  pages  prises  en 
quelque  sorte  au  hasard,  et  détachées  d’une  montagne  de 
documents  authentiques,  prêtons,  une  fois  encore,  notre 
patiente  oreille ’a  l’Israélite  Bédarride,  dont  la  parole  s’élevant 
calme  et  impassible  contre  riiistoire  de  tous  les  peuples  du 
monde,  et  contre  l'iiistoire  de  l’Église,  nous  rappelle  les 
imperturbables  réponses  du  grand  Sanhédrin  a Napoléon  I*"  : 

« Non!  notre  loi  ne  saurait  « autoriser  l'usure,  » et,  pour 
nous,  sur  ce  point,  a nulle  différence  entre  le  Juif  et 
l’étranger.  » Que  dis-je.!’  « les  Juifs  sont  tenus  de  regarder 
les  Français  comme  des  frères!  Notre  devoir  est  d’exercer 
envers  les  chrétiens  des  actes  de  charité,  « et  la  charité 
nous  fait  quelquefois  un  devoir  de  prêter  sans  intérêt  à 
celui  qui  est  dans  le  besoin.  » Notre  loi  repousse,  « par  son 
esprit  et  par  ses  termes,  les  préventions  dont  elle  a été 
l’objet.  » Ainsi  donc  apparaît-elle  aujourd’hui  « sous  son 
vrai  jour,  énergiquement  vengée,  ce  qui  fait  perdre  h la 
persécution  toute  excuse!  » 

un  tableau  aussi  vrai  qu’il  est  énergique  de  la  bassesse  et  des  vices 
reprochés  aux  Juifs,  pour  lesquels  il  sollicite,  avec  sagesse  et  mesure, 
l’humanité  des  gouvernements,  etc.  » De  Bonald,  pair  de  France, 
Mélanges  littéraires  politiques  et  philosophiques , t.  Il,  p.  274;  Paris, 
i8^9,  t.  XI  des  œuvres,  Adrien  Le  Clère. 

* Cité  dans  Hallez,  ami  des  Juifs,  ibid..  Les  Juifs,  etc.,  p.  37-38;  etc., 
Paris,  1845. 

^ Bédarride,  i6. , p.  401  à 405,  deuxième  édition,  Paris,  1861.  « Les 

12 


178 


I.ES  JUIFS. 


Kh  quoi!  l’on  vous  avait  dil  le  Juif  usurier,  et  vous 
l’appellicz  le  roi  de  l’usure,  le  démon  de  l’usure!  .Mais  y 
pensiez-vous  donc,,  chrétien  notre  ami?... 

Réponse  ; Devant  cette  placide  et  froide  négation  de 
l’usure,  où  se  mêle  l’audace  ii  l’originalité  (le  mot  effron- 
terie sera  banni  de  notre  phrase),  nous  nous  Iwrne- 
rons  à répéter  une  excuse,  et  par  conséiiucnt  une  reconnais- 
sance de  celte  faute  ijiie  nous  avons  cnn'gislrée  quelques 
pages  plus  haut.  Elle  est  un  peu  singulière  sans  doute, 
mais  nous  la  choisissons  avec  d’autant  plus  de  confiance 
qu’elle  s’échappe  d’une  plume  judaïque  h laquelle,  déjà, 
nous  avons  dû  (luelques  aveux  d’un  certain  prix...  Si  les 
Juifs  « ont  fait  le  commerce  d’argent,  c’est  qu’il  était  réputé 
infâme^  cl  interdit  par  la  loi  religieuse  aux  chrétiens.  On 
trouvait  sans  doute  bon  et  commode  d’avoir  une  sprte  de 
corporation  damnée  d’avance , qui  pût  se  charger  de  ce  métier 
de  réprouvé'.  » Les  Juifs  avouent  donc  qu’ils  se  prêtaient 
(le  tout  c(eiir,  et  moyennant  gains  usuraires,  à toutes  les  in- 
famies dont  tout  autre  homme  eût  refusé  de  se  couvrir. 
Comment  donner  à la  vérité,  contre  soi-même,  ces  angles 
aigus,  ces  armes  incisives  cl  poigaautes! 

Croyons-le  bien,  et  que  les  faits  humains  nous  apprennent 
h juger  de  la  valeur  d’une  législation  et  par  conséquent 
d’une  éducation  bonne  ou  mausaiscren  tout  temps,  en  tout 
lieu , les  mœurs  de  l’homme  furent  une  cous(‘quence  de 
.ses  lois.  Les  histoires  de  tous  les  [(ciiides  nous  disent  que 
les  premières  lois  furent  dictées  d’en  haut;  les  lois  divines 
flirent  donc  le  principe  et  la  clef  de  la  morale  humaine. 
Celles  qui  méritent,  ou  qui  passent  pour  mériter  ce  titre, 
sont  donc  encore  la  source  des  mœurs  chez  les  i>euples  qui, 

députés  isra(‘lil(s,  plus  soucieux  de  leur  bien-être  (juo  de  la  loi  du  Si- 
nat,  dissimulèrent  Ls  cundilions  infli  xibles  de  leur  fui  religieuse,  et  en 
sacrifièrent  plusieurs  points  fondamentaux,  pour  ne  (las  s’alii’ner  la  bien- 
xeillanco  de  l'Empereur,  .\insi,  etc.,  etc.  ■ Li  question  juive,  p.  îi,  par 
le  R.  1’.  Th.  Ratisbonne,  <8C8.  Voir  ce  tpie  valaient  les  assertions  du 
Sanh'  drin  dans  l ancien  rabbin  Ürach,  deuxième  lettre,  p.  300;  <827. 

' Archives  israeliles,  XXIV,  p.  Itl3;  1867. 


CHAPITRE  CINQUIÈME.  179 

semblables  h Israël , placent  ou  plaçaient  hier  même  leur 
religion  au-dessus  de  tout  intérêt  ou  de  tout  droit;  comment 
dès  lors  cbercbcr  ailleurs  que  dans  le  code  religieux  du 
Juif,  si  différent  de  ta  loi  de  Moïse,  la  rai.son  et  la  morale  de 
l’usure?  Or,  d’après  ce  code,  c'csl-ii-dire  d’après  les  tra- 
ditions talmudiques  qui  règlent  toute  conscience  oi  lliodoxe, 
six  cent  treize  préceptes  existent  de  la  loi  de  Dieu.  Le 
cent  qiiatre-vingt-dix-buitièmc  et  le  cent-<iuatrc -vingt-cin- 
quième ordonnent,  le  premier  de  faire  l’usure  aux  non-Juifs; 
le  second,  d’exterminer  sans  ménagements  les  idoles  et  les 
idolâtres,  au  nombre  desqiielsfignre  le  chrétien,  que  l'usure 
extermine  plus  sûrement  que  le  fer. 

L’usure  est  cependant  aux  yeux  des  rabbins  une  faute 
grave  et  détestable,  ce  qui  leur  permet  de  la  condamner 
dans  de  vagues  discours;  mais  elle  n’est  faute  pour  eux 
que  de  Juif  â Juif.  Celui  ([ui  n’est  ni  de  sang  ni  de  foi  judaï(]ue 
n'étant  pas  un  homme,  ne  saurait  être  un  frère.  La  Somme 
théotogique,Sbulhbanliaruhh,  du  rabbin  Jo.sc'pb  Karo, établit 
donc  que  prêter  â usure  h ce  non-Juif  est  licite!  et  cette 
Somme  est  le  code  inséparable  dès  rabbins,  elle  est  la  règle 
de  toutes  leurs  décisions'. 

Nous  savons,  dit  le  Talinud,  qu’il  est  permis  de  s’appro- 
pVier  tout  ce  que  perd  le  non-Juif  (goï);  car  restituer  au 
non-Juif  ce  qu'il  a perdu,  c’est  se  rendre  indigne  du  pardon 
de  Dieu*.  Celui  qui  rendrait  au  non-Juif  ses  objets  perdus 
commettrait  un  péché;  car  ce  serait  fortifier  la  main  des 
impies,  et  l’erreur  de  coin|)te  <|u’il  fait  îi  son  désavantage 
est  dans  le  même  cas  que  ce  qu’il  perd”.  Cette  morale  du 
vol  est  sans  nuages,  nous  seinble-t-il , et  nous  voyons  qu’elle 
fut  de  tout  temps  admirablement  pratiquée. 

Les  rabbins  disent  en  outre  : « Puisque  la  vie  de  l’ido- 
lâtre, — et  tel  est  k leurs  yeux  le  chrétien,  — est  à la  dis- 

1 Article  159,  § i,  î. 

2 Traité  Baba-Koummali,  fol.  29  v";  traité  Sanhédrin,  fol.  76  v“. 

s .Vlartnonide,  Traite  de  la  rapine  et  des  choses  perdues,  ch.  xi 
art.  3,  i. 

12. 


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180 


I.ES  .11' II' S. 


crélion  du  .liiif,  àplus  forlft  raison  son  bien'!  « Les  |>osse8- 
sions  des  chrtUieiis,  d'àprès  les  talmndistes  du  Bava-Baira, 
sont  ou  doivent  être  réputées  comme  un  désert,  ou  comme 
le  sable  de  la  mer  ; le  premier  occupant  en  sara  le  vrai  pro- 
priétaire*. » Tel  est  donc  son  argent  que  l’usure  amène  au 
seul  domicile  légitime  qu’il  puisse  avoir  ; le  coffre  des  üls 
de  Jacob. 

El  le  Talmud  poursuivant  cet  ordre  d’idées,  ajoute  à ces 
choses  : « Il  a été  enseigné  ceci  : Lorsqu’un  Israélite  et  un 
non-Juif  ont  un  procès,  tu  donneras  gain  de  cause  à ton 
frère,  et  tu  diras  au  non-Juif  : Ainsi  porte  notre  code.  Si 
les  lois  des  nations  du  monde  se  trouvent  favorables  a l’Israé- 
lite, tu  lui  donneras  gain  de  cause  encore,  et  lu  diras  au 
non-Juif  : .Ainsi  porte  votre  propre  code.  Mais  si  nul  de  ces 
cas  n’existe,  il  faut  le  harasser  de  chicane,  jusqu’à  ce  que 
le  gain  de  cause  reste  à l’Israélite*.  » 

En  un  mol,  « Dieu  a ordonné  aux  Juifs  d'enlever  les  biens 
des  chrétiens  de  quelque  manière  que  ce  puisse  être,  soit 
parla  ruse  et  la  force,  soit  |iar  l’usure  et  le  vol  : quovis  modo, 
sive  (lolo,  sivc  vi,  sive  usuxa,  sivefurto'.  L’usure  est  donc 
pour  le  fidèle  du  Talmud  un  acte  de  sainteté,  l’acte  dont  la 
prali<|ue  le  rapproche  le  pins  utilement,  pour  le  temps  et 
rélernilé,  de  la  fidélité  de  ses  pères. 

Déjà  peut-être  ces  quelques  passages  rendront-ils  notre 
stupeur  fort  excusable  lorsque  nous  nous  trouverons  en  face 
lies  accusateurs  qui  ne  cessent  de  tonner  contre  l’into- 
lérance et  l’ignorance  des  chrétiens  à l’égard  des  Juifs; 
contre  robsciiranlisine  et  la  barbarie  des  siècles  qui  enfan- 

' Fondement  de  la  foi,  de  R.  Joseph  Albo,  troisième  partie,  ch.  \xv. 

^ PfefTcrkom,  Dissert,  philolog.,  p.  H ; Eglise  et  Synagogue,  p.  30. 

’ Talmud,  traité  Baha-Kounimah,  fol.  113  r».  Donnez  donc  un  Israé- 
lite vraiment  orlhoiloxe  pour  juge  au  chrétien  1 

* !..  Ferrari,  Prompla  Bibliolh.  Thalm.,  ord.  1,  tract.  1,  disl.  4. 
(ju'on  nous  dise  d’où  vient  cette  grande  pros|)érité  des  Juifs  à Damas 
(1840),  « et  if  sera  démontré  que  ce  n'esl  que  rusure,  à ï4,  30  et  33 
pour  cent,  qui  forme  la  base  de  celte  richesse,  si  conforme  d'ailleurs 
aux  prescriptions  du  Talmud.  » Baudin,  interprète,  chancelier  du 
consulat  de  France,  Damas;  L.,  ib.,  S.  Laurent,  p.  Ï93-4. 


.•K  f 


CHAPITRE  CINQUIÈME.  -18! 

tèrent  h l’Église  ces  pléiades  de  docteurs  si  juslemeni  con- 
sidérés comme  la  gloire  de  leur  époque,  comme  la  lumière 
des  âges  de  foi  robuste,  et  comme  la  charité  vivante  du 
christianisme  : les  Albert  le  Grand,  les  Pierre  Lombard,  les 
Bonaventure,  les  Thomas  d’Aquin,  les  Bernard,..,  noble 
postérité  de  l’école  d’Alcuin  fondée  par  le  grand  empereur 
d’Occident,  et  dont  les  plus  nobles  rejetons  ne  cessèrent, 
tout  en  combattant  les  énormités  du  judaïsme,  d’étendre 
sur  les  fils  d’Israël  un  bras  protecteur  et  charilable. 

Les  regards  du  spirituel  et  sagace  auteur  des  Juifs  rois  de 
C époque  ne  s’étaient  guère  portés  de  ce  côté;  mais  il  avait 
suivi  d’un  œil  curieux  la  constante  effusion  de  piété  talmu- 
dique répandue  dans  les  actes  d’Israël  -,  et,  tout  partial  que 
devaient  le  rendre  aux  principes  économiques  de  cette  nation 
ses  idées  socialistes,  il  n’avait  pu  maîtriser  son  indignation 
devant  ces  princes  de  l’usure.  Unissant  donc  sa  parole  â 
celle  de  Fourier,  il  s’était  écrié  de  tout  l’éclat  de  sa  voix  : 
« Arrière!  ô vous,  arrière I horde  d’usuriers  â charge  k l’hu- 
manité depuis  le  commencement  des  siècles,  et  qui  traînez 
par  tout  le  globe  votre  haine  des  autres  peuples  et  votre  in- 
corrigible orgueil.  » Arrière!  car,  « toute  fourberie  vous  est 
louable  quand  il  s’agit  de  tromper  qui  ne  pratique  point 
votre  religion  ‘ , » 

Moins  dur  que  ces  myriades  de  témoins  dissemblables 
de  tous  les  siècles  fut  cependant  pour  les  Juifs,  dont  il  se 
montra  l’ange  consolateur,  le  roi-citoyen  Louis-Philippe,  ce 
prince,  l’un  des  coryphées  de  la  franc-maçonnerie,  auquel 
la  Révolution  livra  le  trône  pour  quelques  années,  et  que 
quelques-uns  de  ses  flatteurs  appelèrent  le  dernier  des  Vol- 
lairiens-,  car  l’histoire,  nous  dit  l’Israélite  Bédarride,  doit 
enregistrer  les  magnifiques  paroles  que  ce  chef  de  l’État  ne 
craignit  point  d’adresser  au  président  du  consistoire,  à 
l’occasion  du  1*"  janvier  : « Ainsi  que  l’eau  qui  tombe 
goutte  a goutte  finit  par  percer  le  rocher  le  plus  dur,  de 


* Toussenel,  Les  Juifs  rois  de  l'époque^  p.  xii,  ib.  4;  Paris,  4847; 
et  lire  Fourier,  Nouveau  monde,  p.  421,  seconde  étlilion. 


181 


LES  JUIFS. 


même  Vinjuste  préjugé  qui  vous  poursuit  s’évanouira  devant 
les  progrès  de  la  raison  humaine  et  de  la  philosophie'.  » 

Et  nous  entendions  tout  à l'heure  le  procureur  général 
de  l’un  des  aïeux  de  ce  meme  Prince,  le  Régent,  que  nul 
n’accuse  d’être  un  des  saints  de  l'Église,  appeler  les  Juifs 
dans  un  de  ses  réquisitoires  : « les  monstres  de  la  société 
civile!  « De  l’époque  de  la  Régence  h celle  de  Louis-Philippe, 
chassé  du  trône  par  les  progressi  tes  de  1 8 18,  la  raison  humaine 
et  la  philosophie  avaient  donc  réalisé  de  grands  progrès! 

Toute  la  réponse  h cette  question  est  dans  le  titre  même 
de  l'ouvrage  que  nous  venons  de  nommer  ; Le»  Juifs  roi»  de 
l’époque.  Les  Juifs  étaient  alors,  ce  que  désormais  ils  ne  cesse- 
ront guère  d’être,  les  rois  de  l’époque,  et  l’usage  est  de  flatter 
les  rois.  Mais  qui  faisait  d’eux  les  puissances  de  ce  monde? 
l’argent,  c’est-à-dire  l’usure,  l’usure  qui  puise  dans  l’édu- 
cation talmudique  sa  vie  glorieuse  et  sacrée  ! 

La  morale  de  ce  chapitre  serait-elle  donc,  si  la  voix  de 
la  vérité  peut  y dominer  celle  du  progrès,  que,  depuis  la 
chute  de  Jérusalem,  les  Juifs  sont  redevenus  le  premier  des 
peuples  pasteurs-,  et  non  plus  simples  pasteurs  de  troupeaux, 
à l’exemple  de  leurs  ancêtres  établis  par  Joseph,  sous  l’un  des 
Pharaons,  dans  la  terre  de  Gessen,  mais  pasteurs  d’écus, 
doués  de  la  vertu  magique  de  dévorer  chez  les  peuples  qui 
les  hébergent  la  verdure  et  la  grai.ssc  de  la  terre?  ' 

L’histoire  des  Juifs,  ces  hommes  dont  l’inépuisable  génie 
se  met  au  service  de  la  Révolution  pour  exploiter  les  peuples 
de  compte  à demi  avec  ceux  qui  bouleversent  les  trônes, 
et  l’histoire  de  la  plupart  des  sociétés  financières  de  l’Europe, 
dont  les  gouffres  n’ont  cessé  d’engloutir  l’or  et  souvent 
riionncur  des  familles,  voilà  ce  qui  formerait  une  suite  bien 
naturelle  de  ce  prélude^  voilà  ce  (jiii  ferait  apparaître  à nos 
yeux  dans  tout  le  grandiose  de  leur  majesté  les  scandales 
de  l'usure.  Mais  nous  laissons  à d’autres  [ilumcs  l’honneur 
de  caîlte  tâche-,  nous  nous  bornons  à donner  aux  chapitres 
suivants  la  mission  de  confirmer  le  chapitre  actuel,  où 
’ Bédarride,  Les  Juifs  en  France,  etc.,  p.  430,  seconde  édition,  1864, 


- 1-by  tîcKigle 


chapitre  cinquième.  <»3 

M.  Bédarrkle  eut  le  courage  héroïque  do  nous  dire  ; « Non, 
le  Juif  ne  fait  |>a$  l’usure , car  i7  ne  peut  la  faire;  » mais  où  les 
faits  nous  tiennent  un  tout  autre  tangage.  Et  nous  ne  nous 
en  étonnons  guère,  car,  nous  connaissons  deux  hommcss 
pour  qui  l’impossible  n’est  qu’un  jeu  : le  Français  sur  les 
champs  de  bataille,  et  le  Juif  partout. 


NOTE. 

Correspondance  (Urangèredii  Afonde,  Î7  mars  1866.  o ...  A celte  occa- 
sion, il  est  encore  utile  défaire  connaître  la  fraude  commise  au  préjudice 
de  l’Etat  dans  les  mines  d’argent  de  Pribratn,  en  Holu'mc.  Un  ouvrier  qui 
travaillait  chez  un  orfèvre  juif  de  Prague  révéla  à la  police  (lue  son 
maitre  allait  envoyer  à Leipzick  une  caisse  d’argent  en  lingots  dont 
l’origine  était  suspecte.  L’argent  a été  trouvé  et  saisi,  et  le  Juif  arrêté. 
La  déposition  de  ce  dernier  a conduit  à la  découverte  d’un  vol  très- 
considérable  continué  pondant  uno  longue  série  d'années.  L'État  a clé 
ainsi  frustré  de  plusieurs  millions  de  florins.  L’argent  était  soustrait 
par  des  mineurs  et  vendiià  des  Juifs...  (Lire  la  suite), 

» Sans  doute,  la  découverte  de  ce  vol  a contribué  beaucoup  o faire  dé- 
border la  mauvaise  humeur  que  la  population  ouvrière  de  Bohême 
nourrissait  depuis  longtemps  contre  les  Juifs.  Le  cri  de  strièro  (argent) 
ust  devenu  le  mot  d’ordre  dans  les  persécutions  dirigées  récemment 
contre  les  Juifs  en  beaucoup  d'endroits  de  ce  pays,  et  qui  ont  pris  une 
extension  telle  que  le  gouvernement  s’est  vu  dans  la  nécessité  de  re- 
courir à des  mesures  énergiques... 

» Qu’on  ne  s'y  trompe  pas.  Depuis  que  la  liberté  de  l’industrie  a été 
admise  en  Autriche,  l’aversion  contre  les  Juifs  a augmenté  parmi  les 
ouvriers  chrétiens,  aon-seulcmonl  eu  Bohême,  mais  aussi  dans  les  autres 
provinces  où  cette  nation  fournit  un  grand  contingent  à la  population. 
Jusque  dans  la  capitale  de  l’empire,  où  le  peuple  est  plus  civilisé  que 
dans  les  provinces,  on  peut  entendre  très-souvent  des  artisans  se 
plaindre  que  « les  alTaires  vont  mal  parce  que  les  Juifs  ruinent  tout,  n 
Et  puis  ils  ajoutent  avec  ironie  ; « Que  les  Behêmes  les  chassent,  à 
Vienne  ils  seront  reçus  à bras  ouverts.  » 

» En  effet,  les  Juifs,  qui  possèdent  les  capitaux,  se  mêlent  à prêtent 
de  tout  et  font  de  gros  pruQts.  Aux  petits  artisans  ils  laissent,  en  re- 
vanche, ù peine  do  quoi  vivre.  Cependant  les  excès  commis  en  Bohème 
avaient,  outre  cette  cause  générale,  des  motifs  spéciaux  qui  dérivent 
plus  directement  do  la  conduite  dos  Juifs  dans  les  endroits  où  les  dé- 
.sordres  ont  commencé.  C’était  justement  dans  le  di.strict  do  Ilostomic, 
où  un  prêtre  catholique  zélé,  le  P.  Kahoul,  voyant  la  misère  dans  la- 
quelle tombaient  peu  à peu  les  habitants  do  celte  contrée,  qui  sont 
pre.s(|ue  tous  cloutiers,  avait  fondé  une  association  pour  améliorer 
leur  sort.  Cette  association  a pour  but  de  fournir  à ces  pauvres  artisans 
le  far  à bon  marché,  et  de  vendre  les  clous  avec  plus  de  profil.  Mais 


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184 


LES  JUIFS. 


les  marchands  juifs  intriguèrent  tellement  contre  celte  association,  et 
ils  entravèrent  ses  opérations  de  telle  sorte,  qu’elle  ne  put  jamais  obte- 
nir les  résultats  vers  lesquels  tendaient  les  efforts  du  P.  Kaboul.  Ces 
hostilités  leur  ont  coûté  bien  cher.  Dans  cette  occasion,  l’Église  catho- 
lique a donné  un  nouvel  exemple  de  sa  tolérance.  C’est  surtout  chez 
les  prêtres  catholiques  que  les  Juifs  persécutés  ont  trouvé  asile.  S.  Em. 
le  cardinal-archevêque  de  Prague  a même  adressé  une  circulaire  au 
clergé  de  son  diocèse,  dans  laquelle  il  l’exhorte  à faire  tous  ses  efforts 
pour  empêcher  de  nouveaux  désordres.  » Et  la  Roumanie,  etc.,  etc. 


CH.\P1TRE  SIXIÈME. 

L’ASS.4SSIN.t.T  TALMUDIQUE. 

Assassinats,  ou  sacrifices  de  chrétiens,  commandés  en  certains  cas 
par  le  Talmud,  qui  est  le  renversement  du  Décalogue.  — Ce  crime 
d’idolâtrie  magique  et  d’anthropophagie,  signalé  dans  la  Bible,  est 
traditionnel.  — Ces  crimes  disparaissent  dans  les  centres  de  civili- 
sation ; ils  ont  été  de  tout  temps  et  de  tous  lieux  chez  les  talmudi- 
sants. — Le  Juif  les  nie  avec  son  aplomb  caractéristique. — Exemples 
et  autorités.  — La  plus  grave  magistrature  des  chrétiens  n’est  com- 
posée, au  dire  du  Juif,  que  d’ignorants  et  de  bourreaux.  — Pièce 
authenti(jue  qui  nous  montre  les  Juifs  commettant  ce  crime  à ciel 
ouvert,  parce  qu’ils  s’imaginent  avoir  une  garantie  légale.  — Les 
princ.es  sans  cesse  obligés  de  sévir  contre  eux.  — Un  de  ces  crimes, 
commis  il  y a quatre  siècles,  semblable  dans  tous  se.s  détails  à celui 
dont  fut  victime,  en  1840,  le  Père  Thomas.  — L’Eglise  se  prononce 
sur  ces  crimes  sacrés  comme  la  magistrature  séculière.  — Les  Juifs 
s’appellent  peuple  au  cœur  tendre  ! — Récit  parallèle  au  précédent  ; as- 
sassinat religieux  du  Père  Thomas  et  de  son  domestique.  — Menus 
détails,  interrogatoires,  procès-verbaux,  horreurs  inexprimables.  — 
Intrigues  judaïques  contre  la  justice  et  contre  le  consul  de  France.  — 
Députation  et  pression  des  Juifs  d’Europe  sur  le  souverain  de  l’Egypte. 
— L’or.  — La  justice  arrêtée  : son  recul  après  la  condamnation  des 
assassins.  — Négation  du  crime  par  tous  les  Juifs  de  la  terre,  mal- 
gré la  surabondance  et  la  précision  des  détails.  — Paroles  du  sou- 
verain de  l’Egypte  et  firman.  — Silence  de  la  justice  obtenu.  — 
Fureur  et  rancune  du  Juif  contre  M.  Thiers,  parce  que  ce  ministre 
de  Louis-Philippe  a osé  louer  à la  tribune  la  conduite  du  consul  de 
France  contre  les  assassins.  — Ce  digne  représentant  do  la  France 
n’est  arrêté  ni  par  les  millions  ni  par  les  menaces.  — Les  pièces 
du  procès,  où  nous  puisons,  dépo.sées  au  ministère  des  affaires  étran- 
gères. — Ces  crimes  religieux  ont  une  rc.ssemblance  si  frappante, 
malgré  les  siècles  qui  les  s<;parent,  que  la  pensée  de  dates  distinctes 
s’efface  devant  la  nature  des  faits.  — Conclusion.  — Note. 

« L’horrible  assassinat  du  Père  Thomas  ne  peut  être  im- 
puté qu’a  ses  aiïreux  meurtriers , et  aucun  homme  sérieux  ne 


CHAPITRE  SIXIÈME. 


185 


croit  aujourd’hui  qu’en  aucun  pays  du  monde  les  Juifs 
puissent  se  croire  autorisés  par  leur  religion  h immoler  les 
chrétiens.  Tel  fut,  au  congrès  catholique  deMalines(1865), 
auquel  nous  eûmes  l’honneur  de  prendre  notre  petite  part , 
le  langage  du  R.  Père  Bonaventure  du  Maine,  de  l’ordre 
des  Mineurs  conventuels',  et  le  discours  de  ce  docte  et 
digne  religieux  est  une  preuve  vivante  de  la  charité  du 
catholicisme ’a  l’endroit  des  Juifs.  L’histoire,  qui  doit  tout 
savoir  et  tout  dire,  peut-elle  ratifier  ce  langage? 

Le  Talmiul,  et  nous  ne  l’aurons  pas  oublié  sans  doute, 
est  la  conscience  du  Juif  orthodoxe,  et  la  Cabale,  '<  cette 
mère  des  sciences  occultes,  dont  le  dogme  est  celui  de  la 
haute  magie  *,  » est  l’âme  du  Talmud.  Il  suffira  de  ce  double 
souvenir  pour  dissiper  les  objections  que  soulèvent  d’elles- 
mêmes  les  énormités  de  ce  chapitre,  et,  chemin  faisant  vers 
la  vérité,  nous  nous  rappellerons  que  si,  depuis  la  mort  du 
Christ,  le  Juif  se  livre  ’a  certains  actes  de  férocité  religieuse 
et  de  fanatisme  sanguinaire  que  l’histoire  lui  reproche , le 
Juif  se  borne  k continuer  ce  que  faisaient  ses  pères  ^ il  se 
borne  k perpétuer  le  crime  d’idolâtrie  magique  et  d’antbro- 
pophagie  sacrée  dont  scs  ancêtres  s’étaient  rendus  les  imi- 
tateurs après  en  avoir  été  les  vengeurs.  La  vive  et  saisissante 
peinture  de  ces  horreurs  nous  est  conservée  dans  le  livre 
par  excellence , dans  la  Bible , c’est-k-dire  dans  le  livre  dont 
le  Juif  fut , dans  tous  les  siècles , le  plus  zélé  conservateur, 
et  dont  la  vérité  sans  cesse  attaquée  défie  plus  que  jamais 
toute  critique  ’ ! 

Ces  choses  dites,  afin  de  préparer  k certaines  monstruo- 

‘ Tome  I"'  de  ce  congrès,  p.  410. 

^ Ragon,  Maçorm.  occulte,  p.  78 ; Paris,  1853.  — Eliphas  Lévi,  His- 
toire de  la  magie,  p.  23  ; Paris,  1860. 

“ Bible,  Livre  de  la  Sagesse,  chap.  xii,  etc.,  etc.  « Les  anciens  ha- 
bitanis  de  Chanaan  faisaient  des  œuvres  détestables  par  des  enchante- 
ments et  des  sacrifices  impies,  parce  qu’ils  tuaient  sans  pitié  leurs 
propres  enfants,  qu'ils  dévoraient  tes  chairs,  les  entrailles  des  hommes 
et  leur  sang,  contre  votre  loi  sacrée,  etc.  » Ch.  xii  et  xiii,  v.  4,  5,  etc... 
Après  avoir  été  les  destructeurs  de  ces  impies,  les  Juifs  en  devinrent 
les  imitateurs.  Lire  tes  /lois,  liv.  III, ch.  xi,  etc.,  etc.,  les  Paralipomènes 
et  les  prophètes,  passim...  Voir  au  chapitre  suivant  les  citations. 


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486 


LBS  JUIFS. 


sités  l’esprit  du  lecteur,  quelqu’un  serait-il  en  droit  de  re- 
prendre celui  qui  tiendrait  ï Isnel  ce  langage  : Ijü  doctrine 
religieuse,  c’est-à-dire  la  doctrine  talmudique  du  Juif /ran- 
ckement  orthodoxe,  à l’égard  du  chrétien,  est  celle  de  l’usure, 
du  vol,  de  la  spoliation,  du  rapt  et  de  l’homicide*,  en  tm 
mot,  elle  est  le  contrù-pied  de  la  loi  naturelle,  elle  est  le  ren- 
versement du  Décalogue  qu'lsraél  tenait  des  mains  de  Moïse 
et  que  l’Église  hérita  de  la  Synagogue?  L’homme  qui  n’est 
point  en  deuil  de  son  bon  sens  aurait-il  donc  lieu  de  s’éton- 
ner des  atroces  assassinats , dee  assaseinats  religieux  que  le 
monde  makométan  et  le  monde  civilisé  reprochent  au  Juif  de 
toutes  les  époques?  Et  l’histoire  ne  redit-elle  pas,  dès  qu’un 
souille  agite  ses  feuillets,  qu’il  n’est  à cet  endroit  ni  siècle 
ni  pays  qui  n’expose  au  plein  jour  de  l’évidence  des  légions 
de  faits  accusateurs? 

Aujourd’hui  cependant,  sous  le  toit  du  Juif,  dans  les 
centres  de  la  civilisation  de  l’Europe , cette  odieuse  qualité 
de  crime,  l’assassinat  pour  cause  de  religion,  disparaît  et 
cesse  d’etre  nommée.  Nous  ne  doutons  nullement  de  ce 
progrès,  et  nous  l’airirmerions  au  besoin,  malgré  le  nombre, 
plus  considérable  qu*on  ne  le  suppose,  d’hommes,  de  femmes, 
d’enfants,  qui,  dans  certaines  grandes  villes  de  notre  Europe, 
sans  laisser  la  moindre  trace  derrière  eux,  et  à la  profonde 
stupeur  de  ceux  qui  les  entourent,  disparaissent  à tout  ja- 
mais. Nous  n’ignorons  ni  la  part  que  réclame  le  chapitre  des 
accidents  étranges,  celui  des  vengeances  particulières  ou 
des  consé(juences  criminelles  de  la  débauche,  ni  les  besoins 
de  sang  de  la  magie  renaissante  et  proche  alliée  des  supersti- 
tions talmudiques ni  les  jugements  révolutionnaires  que 
portent  et  se  vantent  d’exécuter  les  tribunaux  des  sociétés 
secrètes  qui  sous-minent  !e  monde  actuel,  et  dont  les  Juifs, 
— si  l’on  nie  qu’ils  en  sont  la  tête  et  le  conseil,  — parta- 
gent du  moins  avec  ardeur  et  dévouement  les  incessants 
travaux.  Nous  nous  tairons  donc  sur  les  choses  qui  nous 
sont  inconnues,  mais  sans  oublier  quelles  justes  consé- 
> Preuves  ailleurs. 


CHAPITRE  SIXIÈME.  187 

quences  doivent  naître  cl  sortir  de  celles  que  nous  avons 
apprises.  Et,  pour  ne  porter  nos  pas  que  sur  uii  terrain  où 
le  mouvement  ne  puisse  provoquer  aucune  chute,  nous  vou- 
lons nous  borner  tout  ù l'heure , après  un  coup  d’oeil  de  U 
durée  de  l’éclair  jeté  dans  la  profondeur  des  temps  passés , 
à signaler  une  région  où  la  documents  que  nous  soumet- 
tons à ta  critique  du  lecteur  nous  certifient  que  la  pratique 
de  ce  crime  était  hier  encore  ce  que  jadis  on  la  voyait 
ailleurs  '. 

Le  Juif  n’ignore  aucun  de  ces  documents,  mais  il  se 
garde  bien,  lorsqu’on  les  lui  objecte,  de  s’en  émouvoir,  et 
devant  chacun  d’eux  voici  sa  réponse  ; La  parole  de  l’Église 
et  la  parole  de  l’histoire.ne  sont,  dans  le  cours  entier  des 
siècles,  que  calomnie,  lorsqu'elles  accusent  le  Juif  de  prati- 
quer l’usure j eh  bien,  à plus  forte  raison  ne  sont-elles  que 
calomnie  lorsqu’elles  l’accusent  d'assassiner  des  chrétiens 
pour  obéir  au  vœu  de  son  culte. 

Mais  chut!  ebuti  et  cependant  ne  craignons  point  de 
prêter  un  instant  l’oreille  'a  Khistoirc.  Un  Juif  cbevauche, 
et,  sur  sa  roule,  il  aperçoit  un  enfant  de  trois  aus;  nul  ne 
l’obsene,  le  coup  se  fait,  il  l’enlève;  et  survient  le  père 
éploré  : — Vous  cberchez  votre  üls?  lui  disent  quelques  té- 
moins inaperçus  du  rapt;  il  vous  sera  facile  de  le  trouver; 
suivez  celte  voie,  tenez,  nous  l’avons  vu,  nous.  Raphaël 
lœvi  passait  tout  à l’heure  à cheval  et  le  tenait  enfermé  dans 

son  manteau Ces  paroles  mirent  les  chercheurs  sur  les 

traces  de  l’enfant  ; mais , hélas  I à quoi  bon  ? car,  lorsqu’on 
le  découvrit,  on  ne  ramassa  plus  qu’un  cadavre  gisant  dans 
les  bois  de  Glaligny;  c’était  non  loin  de  l’endroit  où  l’avait 
enlevé  Raphaël. 

L’inspection  du  corps  démontra  que  l’enfant  n’avait  été 
nullement  déchiré  par  les  bêtes,  ainsi  que  les  Juifs  s’entê- 
taient h le  soutenir,  mais  que  la  main  de  l’homme  avait 

• Les  Juifs  français  el  anglais,  soit  dit  à leur  louange,  travaillent  de 
toutes  leurs  forces  à déraciner  en  Orient  ces  atroces  superstitions  du 
l'almud. 


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488 


I.F.S  JUIFS. 


exécuté  le  crime.  Et  non-seulement  les  indices  accusateurs 
les  plus  violents  s’accumulaient  contre  Raphaël , mais  plus 
tard  un  billet  tombait  aux  mains  du  lieutenant  de  la  ville, 
écrit  par  le  meurtrier  lui-même  à la  synagogue  de  Metz,  et 
nous  en  soumettons  le  texte  au  lecteur  : « Je  soufTrirai  la 
mort  comme  un  enfant  d'Israël , et  je  sanctifierai  le  nom 
de  Dieu.  Je  me  suis  jeté  dans  le  malheur  où  je  suis  pour 
rendre  service  à la  communauté  \ le  grand  Dieu  m’assis- 
tera ‘ . » 

Or,  k propos  de  ce  crime  et  de  quelques  accusations  de 
même  nature,  M.  l’avocat  juif  Bédarride  remonte  le  cours 
des  ans  et  nous  tient  ce  langage  : n Le  malheur  des  temps 
obligeait  le  roi  Jean  a demander  l)eaucüup  h ses  sujets,  et, 
par  conséquent,  k beaucoup  accorder  aux  Juifs.  Le  peuple 
devait  donc  voir  avec  un  œil  d’envie  tant  de  faveurs!  Aussi 
des  plaintes  s’élevaient-elles  contre  eux  de  toutes  parts!  On 
ne  se  bornait  pas  k leur  reprocher  leur  usure,  mais  il  n’était 
point  de  fables  qu’on  n’inventât  pour  les  rendre  odieux. 
Celles  qui  se  reproduisaient  le  plus  souvent,  c’était  de  pro- 
faner les  hosties,  de  tuer  un  enfant  le  vendredi  saint,  enfin 
d’empoisonner  les  fontaines.  Ces  contes  ridicules,  inventés 
par  la  méchanceté , répétés  ensuite  par  l’ignorance,  finis- 
saient par  être  regardés  comme  des  vérités;  et  telle  était 
la  foi  qu’on  y ajoutait,  qu’il  n'est  pas  un  seul  historien  de  ces 
temps  qui  ne  les  ait  reproduits  en  les  présentant  comme 
positifs'.  B 

Enfin  k au  dix-septième  siècle,  k une  époque  où,  dans 
tous  les  États,  on  avait  fait  justice  des  accusations  absurdes 
que  la  malveillance  avait  suscitées  aux  Juifs,  il  se  trouva 
dans  le  parlement  de  .Metz  des  magistrats  disposés  k y 
ajouter  foi  : Un  grave  arrêt  de  ce  parlement  condamna  plu- 
sieurs Juifs  k être  brûlés  pour  avoir  égorgé  un  enfant  du 
village  de  Glaligny  k l’occasion  de  la  Pâque.  Un  arrêt  aussi 
étrange  pour  l’époque  dispense  de  toute  réflexion;  il  fait  assez 

' D.  Calmcl,  Histoire  de  Lorraine,  t.  III,  p.  '.'il. 

Bédarride,  p,  245.  76.,  iU.,  13U-I.  /bij..  Des  Juifs,  1H6i. 


, Digilir 


CHAPITRE  SIXIÈME.  189 

connaîlrc  quel  était,  au  dix-septième  siècle,  l’etprit  public  a 
l'égard  des  Juifs  d’Alsace  » 

Les  graves  magistrats  de  nos  parlements  sont  des  juges 
légers,  iniques,  des  bourreaux,  et  les  Juifs  des  innocents 
dévoués  aux  torturesl  Première  conclusion  k tirer  de  ces 
paroles,  que  les  Juifs  répètent  invariablement  dans  les  mêmes 
circonstances,  et  qui  portent  avec  elles  leur  morale.  Mais 
ne  nous  arrêtons  pas  k cette  minutie,  et  remontons  k notre 
tour  le  cours  des  âges  ; car  une  pièce  trop  importante , et 
sortie  d’une  plume  trop  sûre,  vient  heurter  notre  main  pour 
que  nous,  qui  nous  sommes  fait  le  soldat  de  la  vérité,  nous 
hésitions  k la  placer  au  grand  jour.  Elle  nous  rejette  dans 
les  profondeurs  du  lointain , mais  que  nous  importe  la 
distance?  Car  si,  jusqu’aux  jours  actuels,  le  Juif  fut  immuable 
dans  sa  doctrine  et  dans  ses  mœurs,  ainsi  que  nous  l’affirment 
d'une  même  voix  les  ennemis  et  les  patrons  de  la  race  ju- 
daïque, nulle  diflérence  sensible  de  croyances  et  d’actes  ne 
peut  exister  d’une  époque  k l’autre  chez  les  fils  de  Jacob. 
En  un  mot , lorsqu’il  s’agit  de  ces  hommes,  le  siècle  le  plus 
récent  doit  refléter  avec  une  minutieuse  exactitude  la  phy- 
sionomie morale  et  religieuse  du  siècle  le  plus  reculé. 

On  ne  saurait  attribuer  a la  comtesse  de  Champagne, 
Marie  de  France,  femme  du  comte  Henri  II , nous  dit  en 
l’an  186S  le  savant  archiviste  de  l’Aube,  « un  fait  qui  eut 
lieu  en  1192  dans  les  domaines  d’un  de  ses  vassaux.  Les 
Juifs  de  Braisne  ayant  couronné  d'épines  un  chrétien,  te  pro- 
menèrent dans  les  rues  en  te  fusliyeani,  puis  te  erucifièrent  ; le 
tout  avec  la  permission  d’Agnès,  dame  de  Braisne,  com- 
tesse de  Dreux Agnès  leur  avait  abandonné  ce  chré- 

tien , sous  prétexte  qu’il  était  convaincu  d'homicide  et  de 
vol.  » 

K L’indignation  fut  générale!  Aussitôt  Philippe  Auguste, 
— frère  consanguin  de  la  comtesse  de  Champagne,  Ma- 
rie, — et  nouvellement  arrivé  de  Terre  sainte,  se  rendit  en 

* Bédarride,  il.,  p.  375. 


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190 


LES  JUIFS. 


personne  à Braisne,  et,  à litre  de  représailles,  y fil  briller 
quatre-vingts  Juifs » 

Justice  atroce,  ou  barbare  vengeance,  mais  vengeance 
d'un  crime  qui  révèle  d’une  manière  authentique  la  foi , la 
conscience  religieuse  des  coupables!  .\gnès  se  prétend  inno- 
cente parce  que  celui  iju'elle  abandonne  à ces  fanatiques  est 
un  scélérat;  et  ces  misérables  se  donnent  la  joie  de  céder 
publiquement  au  vœu  de  leur  culte  en  renouvelant  les 
scènes  de  la  Passion  sur  un  chrétien,  parce  ipie  sa  mort, 
d’après  leur  calcul , ne  doit  attirer  sur  leur  tête  aucun  ebâ- 
limenl,  puisqu’il  leur  est  légalement  livré.  Rien  cette  fois, 
pensent-ils,  ne  les  oblige  a se  contraindre,  et  Us  se  laissent 
voir  au  naturel.  Est-il,  nous  le  demandons  en  toute  simpli- 
cité, pièce  historique  plus  précise  et  plus  concluante? 

Le  roi  Philippe  .\uguste  é|iroiivait  donc  une  grande  aver- 
sion pour  les  Juifs  et  le  témoignait,  quoi  qu’ils  fussent  puis- 
sants dans  son  royaume,  et  tout  particulièrement  à Paris. 
Car  ce  prince,  .sons  le  règne  duquel  eut  lieu  ce  crime  carac- 
téristique, avait  ouï  dire  aux  seigneurs  qui  avaient  été  élevés 
avec  lui,  (|ue  tous  les  ans,  le  jeudi  saint,  ou  quelque  autre 
jour  de  la  semaine  sainte,  les  Juifs  sacrifiaient  un  cliréticn. 
Du  lern^is  du  roi  son  père,  ils  avaient  été  souvent  con- 
vaincus de  cet  acte  religieux  et  l’avaient  expié.  Ce  n’était  ni 
sur  des  fables,  ni  sur  de  simples  rumeurs  populaires  que  les 
juges  prononçaient  leur  sentence;  et  rien  ne  nous  semble 
plus  indigne  de  gens  (jui  n’ont  imint  perdu  tout  bon  sens 
que  d’accuser  ’a  tout  propos  de  passions  atroces  et  de  pré- 
jugés imbéciles  la  magistrature  entière  des  grandes  nations, 
tandis  (|ue  l’étude  pacifique  des  faits  obligerait  les  accusa- 
teurs de  CCS  magistrats  a confesser  qu’eux  seuls  ont  llécbi 
sous  le  poids  de  préjugés  contraires,  qu’eux  seuls  ont  em- 
brassé des  erreurs  h peine  excusables  chez  des  aveugles. 

' Uistoire  des  ducs  et  comtes  de  Champagne,  t.  IV,  1'*  partie,  p.  7î; 
Paris,  1865;  par  .M.  cl’Arbois  de  Jubainville,  tddipCe  d’aprè.î  les  char- 
tes, et  qui  obtint  de  l'Académie  des  inscriptions  le  grand  prix  Goberl. 
— Faits  semblables,  mais  clandestins,  dans  Huhrbai  hcr,  Htsluire  unï- 
verseUe  de  l'Eglise,  l.  XIX,  p.  2i7,  etc.;  Paris,  1851. 


CHAPITRE  SIXIÈME.  191 

De  tous  côU's,  en  effet,  si  nous  prêtons  l’oreille  à l’iiis- 
toire,  nous  entendons  retentir  le  même  cri.  L’abbé  de  Saint- 
Michel  le  pousse  eu  l’année  1171,  et  le  comte  Thibaut  de 
Chartres  le  répète  en  livrant  au  bûcher  plusieurs  Juifs  de 
Blois,  reconnus  coupables  d’avoir  choisi  le  temps  pascal  pour 
le  crucifiement  d’un  enfant.  Alors  succombe  à la  porte  de 
Paris,  h Pontoise,  une  autre  victime  aussi  célèbre  que  le 
jeune  Guillaume  d’Angleterre  dans  les  fastes  du  martyro- 
loge romain;  car  l’Angleterre,  séparée  de  la  France  jiar  la 
mer,  lui  renvoie  l’écho  de  ses  cris  contre  le  Juif.  Les  mêmes 
crimes  répouvanteni  et  l’exaspèrent;  ses  annales  semblent 
être  une  copie  des  nôtres,  et  l’Église,  de  son  coté,  confirme 
les  faits  dont  ces  deux  pays  hostiles  nous  transmettent  le 
souvenir,  en  établissant  (]ue  de  nombreux  et  d’incontesta- 
bleS  miracles  se  sont  accoinidis  sur  les  tombes  où  reposè- 
rent les  reliques  de  ces  victimes 

Nulle  autorité  dans  le  monde  savant  n’égale,  sur  le  ter- 
rain de  l’histoire,  l’autorité  des  Bollandistes;  et  ces  puissants 
investigateurs  conquirent , par  le  mérite  de  leur  rigoureuse 
et  inllcxible  critique,  l’admiration  des  hommes  sérieux  qui 
militèrent  dans  les  camps  les  plus  opposés.  C’est  pourquoi 
la  plupart  des  faits  de  cette  nature  que  nous  avons  choisis 
ont  pour  base  ce  témoignage  insigne,  corroboré  i>ar  celui  de 
graves  écrivains,  et  quelquefois  même  d’écrivains  sceptiques. 

A l’époque  donc  où  rayonnait  dans  tout  l’éclat  de  sa 
splendeur  une  pléiade  des  plus  grands  docteurs  de  l’Église, 
restés  aujourd’hui  même  les  princes  de  la  philosophie  chré- 
tienne, au  mois  d’avril  de  l’année  1287,  — nous  disent  les 
Bollandistes,  — un  jeune  chrétien  du  diocèse  de  Trêves 
tombait  a Wescl  sous  le  couteau  des  Juifs.  C’était  un  pauvre 
manouvrier  de  quatorze  ans,  du  nom  de  Verner.  Les  fidèles 

• Robert  de  Monte, an  1171  ; Jean  Bronipton,  Chron.  Gervas.,  1 181  ; 
Pagi,  ann.  1179,  n"  17,  et  ann.  1181 , n"  15;  Bollandi.'iles.  Acta  SS., 
i7niart.  Rnhrbacher,  II iiloirc  universelle  de.  l Eglise,  t.  XVI,  p.  405-6; 
Paris,  1851.  Lire  B.ironius,  Annales,  t.  X.XtV',  anno  1286  ; In  Angliam 
Jitdœi,  etc.  Id.,  Enfant  oioné  an  mur,  et  qui  eut  le  côté  percé  d’une 
lance,  à Saragosse,  en  lîâO.  Blanca,  Comment,  rer.  Aray.,  in  Jacob, 
1,  ih.,  XVlll,  p.  683,  etc.,  etc. 


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19?  LES  JUIFS, 

du  Talmud  le  prirent  a la  journée,  et  l’employèrent  h re- 
muer la  terre  d’une  cave-,  son  hôtesse,  inquiète  de  le  voir 
mis  h celte  tâche,  lui  dit  : Garde-toi  des  Juifs,  Vcrner,  car 
voici  le  vendredi  de  la  semaine  sainte!  — Bah!  j’ai  confiance 
eu  Dieu,  répliqua  le  jeune  homme ^ et,  le  jeudi  saint,  il 
reçut  la  communion  pascale.  — Les  Juifs  aussitôt  de  l’atti- 
rer dans  la  cave,  et  de  le  bâillonner  pour  étouffer  ses  cris; 
l’instant  d’après,  ils  rattachèrent  la  tête  en  bas  à un  poteau, 
dans  l’espérance  de  lui  faire  rendre  l’hostie  et  de  s’en  empa- 
rer. Mais  leurs  essais  furent  infructueux.  Ils  commencèrent 
dès  lors  à déchirer  â coups  de  fouet  ce  pauvre  adorateur  du 
Christ.  Ils  lui  ouvrirent  ensuite  les  veines  avec  un  couteau-, 
ils  les  jrressèrent,  afin  d'en  extraire  tout  le  sang;  et,  pendant 
trois  jours  entiers,  ils  laissèrent  ce  corps  suspendu  tantôt 
par  la  tête,  et  tantôt  par  les  pieds,  jusqu’à  ce  qu’il  eût  cessé 
de  rendre  son  sang 

Un  peu  moins  de  deux  siècles  plus  lard,  les  Bollandisles 
nous  offrent  le  récit  du  martyre  d’André  le  Tyrolien,  mis  à 
mort  dans  les  environs  de  Bolsano.  Les  Juifs,  frappés  de  la 
beauté  de  cet  enfant,  l’avaient  enlevé,  circoncis,  couvert 
de  blessures,  puis  avaient  extrait  tout  le  sang  de  son  corps,  et 
l’avaient  attaché  en  croix  à un  arbre  en  blasphémant  le  nom 
de  Jésus... 

Le  contemporain  de  Voltaire,  l’une  des  plus  grandes  illus- 
trations scientifiques  de  son  siècle  ,nBenoît  XIV,  après  avoir 
rapporté  ce  fait,  suivi  d’un  autre  semblable,  dans  sa  bulle 
Beatus  Andréas,  mentionne  le  martyre  de  saint  Laurenlin 
{ÎA>renzino)  mis  à mort  par  les  Juifs  dans  le  pays  de  Vicence, 
et  l'accompagne  de  celui  de  sainte  Ursule,  jeune  fille  éga- 
lement victime  des  barbares  de  la  Synagogue. 

Peu  de  crimes,  cependant,  étonnaient  moins  le  peuple 
que  ces  fréquentes  énormités,  par  la  raison  que  la  connais- 
sance du  Talmud  était  alors  chez  les  chrétiens  chose  vul- 
gaire, et  que  nulle  race  ne  restait  plus  immuable  dans  ses 

< Bollaudistes , Acta  SS.,  19  avril.  — Godescard,  t*6.,  18,  — Nous 
sommes  loin  de  rapporter  tous  les  faits  semblables! 


CHAPITRE  SIXIÈME. 


193 


praliques  religieuses  que  la  race  judaï(|uc.  Les  Juifs  une 
fois  connus,  il  semble  donc  qu’on  doive  les  connaitre  à tout 
jamais;  et,  tels  on  les  voyait  en  ces  temps  lointains,  tels  en 
effet  les  retrouvions-nous  hier  à notre  porte  ; assertion  qui 
se  vériüc  d’elle-même  si  nous  rapprochons  l’un  de  l aiitrc 
deux  épisodes  que  près  de  quatre  siècles  scpareiu,  et  qui  sem- 
blent , au  point  de  vue  religieux  et  moral , réclamer  mie 
seule  et  même  date!'  Le  second , tout  retentissant  encore  sous 
le  nom  du  Père  Thomas,  s’est  passé  de  nos  jours,  et  l’année 
1475  forme  le  millésime  du  premier,  par  lequel  il  importe 
de  commencer  notre  récit. 

L’enceinte  de  la  ville  de  Trente,  que  le  dernier  concile 
œcuménique  rendit  célèbre  dans  les  fastes  de  l’Église,  ren- 
fermait trois  familles  juives  dont  les  chefs  se  nommaient 
Tobie,  -\nge  et  Samuel;  et,  chez  ce  dernier,  demeurait  un 
vieillard  h longue  barbe  du  nom  de  .Moïse.  Le  mardi  de  la 
semaine  sainte,  c’esl-ît-dire  le  21  avril  1475,  ces  Israélites 
se  réunirent  dans  la  maison  de  Samuel,  dont  une  partie  for- 
mait la  synagogue.  Et,  comme  ils  devisaient  ensemble, 
Ange  de  s’écrier  tout  'a  coup  : « Rien  ne  nous  manque  i)our 
la  Pâque,  en  vérité,  si  ce  n’est  une  chosel  line  seule!  — El 
laquelle  donc?  » Ils  se  regardèrent  et  se  comprirent!...  Ce 
qui  manquait,  c’était  un  enfant  chrétien  que  les  Juifs  avaient 
l’habitude  « d’égorger  en  mépris  de  Noire-Seigneur,  et 
dont  ils  mangeaient  le  sang  mêlé  ’a  leurs  azymes...  » 

La  victime  se  trouva  sans  peine;  mais  en  quel  endroit 
accomplir  ce  sacrifice  si  méritoire  en  Israël?  Chez  Tobie? 
chez  Ange?  Non;  ceux-ci  refusèrent;  leurs  maisons,  trop 
étroites,  ne  permettaient  guère  de  dérober  aux  domestiques 
une  action  si  grave  et  si  longue.  On  s’en  tirerait  mieux  et 
plus  sûrement  chez  Samuel.  — « Lazare,  dit  Samuel  à son 
domestique,  si  lu  as  l’adresse  de  me  dérober  un  petit  chré- 
tien, je  te  donne  à l'instant  deux  ducats.  » — .Mais  Lazare 
eut  peur,  prit  ses  hardes,  et  s’enfuit  dans  une  terre  étran- 
gère. 

Le  jeudi,  les  Juifs  dirent  en  synagogue  à Tobie,  qui  pra- 

13 


494 


LES  JUIFS. 


tiquait  la  médecine  : « Nul  mieux  que  vous  ne  peut  nous 
servir,  car  vous  vivez  dans  la  familiarité  des  chrétiens-,  vous 
ne  leur  causerez  aucun  ombrage , et  nous  vous  récompen- 
serons généreusement...  » Le  péril  était  grande  Tobie  re- 
fusa. Mais  la  communauté  voua  sa  tête  aux  exécrations,  et 
a synagogue  lui  fut  h jamais  interdite  s’il  hésitait  à se  dé- 
vouer. Les  promesses  jointes  aux  menaces  le  déterminèrent; 

’ il  obéit,  et  l’on  convint  que,  jusqu’il  l’exécution  de  ce  com- 
plot, les  portes  des  Juifs  ne  se  fermeraient  point  h clef,  afin 
de  faciliter  au  médecin  le  rapt  de  l’enfant. 

Tobie  sortit  donc  vers  le  soir-,  il  lit  la  rencontre  d’un 
petit  garçon  de  vingt-neuf  mois,  d’une  beauté  parfaite,  et  qui 
se  nommait  Simon.  L’enfant  fut  attiré,  caressé,  puis  enlevé 
et  soigneusement  caché-,  car  les  parents  et  la  population 
, avaient  aussitôt  pris  l’alarme  : Qu’est-il  devenu?  Qui  donc 
aurait  commis  ce  rapt?  Il  faut  le  chercher  chez  les  Juifs! 

les  Juifs  l’auront  volé  pour  le  crucifier Ainsi  se  disait- 

il;  mais  la  nuit  survint. 

Un  profond  silence  régnait.  Les  Juifs  conduisirent  l’en- 
fant dans  un  vestibule;' et  l’un  d’eux.  Moïse,  qui  passait 
pour  savoir  le  temps  de  la  venue  du  Messie , le  reçut  sur  ses 
genoux.  Ce  fut  Ik  le  chevalet  de  la  torture.  Samuel  lui  serra 
le  cou  de  son  mouchoir,  afin  d’étoulfer  ses  cris  -,  d’autres  lui 
tinrent  les  mains,  d’autres  les  pieds  et  la  tête,  tandis  que 
Moïse,  armé  d’un  couteau,  le  circoncit.  Aussitôt  après,  il  se 
prit  a le  tenailler  et  k lui  arracher  la  chair,  dont  une  coupe 
recevait  les  lambeaux;  puis  chacun  a son  tour  fit  ce  que 
Moïse  avait  fait,  et  le  sang  qui  coulait  fut  recueilli  dans  des 
écuelles.  Mais  le  mouchoir  enroulé  autour  du  cou  de  Simon 
se  relâcha,  et  le  râle  sortant  de  la  gorge  k peu  près  libre, 
inquiéta  les  Juifs.  De  leurs  mains  appliquées  sur  sa  bouebe 
ils  se  hâtèrent  de  le  suffoquer,  et  l’enfant  parut  k moitié 
mort.  Moïse,  alors,  l’implacable  vieillard,  assit  Samuel  k sa 
gauche  ; ces  deux  hommes  étendirent  violemment  eu  forme 
X de  croix  les  bras  de  la  victime,  et  les  Juifs,  armés  de  poin- 
çons, vinrent  k l’envi  le  percer  de  coups,  du  sommet  de  la 


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CHAPITRE  SIXIEME.  195 

tête  an  bout  des  pieds.  «Voilà,  voilà  comment  nous  avons  lue 
Jésus,  le  Dieu  des  chrétiens',  ainsi  soient  a jamais  confon- 
dus nos  ennemis!...  » Et  l’enfant  rendit  le  dernier  soupir, 
après  avoir  résisté  plus  d’une  heure  h cet  atroce  supplice... 
Les  Juifs  aussitôt  lavèrent  le  sang  de  son  corps,  et,  de 
cette  eau,  ils  aspergèrent  leurs  maisons,  chacun  se  sentant 
heureux  de  pouvoir  s’en  laver  les  mains  et  le  visage 

Mais  nous  croyons  devoir  interrompre  un  instant  le  cours 
de  ce  récit  par  une  réflexion  (|ue  les  Pharisiens  modernes 
nous  adressent  aujourd’hui  même,  afin  de  nous  faire  ofti- 
ciellement  savoir  ce  qu’ils  sont,  de  même  que  le  Phari- 
sien de  l’Évangile  croyait  devoir  se  faire  connaître  à Dieu, 
lorsque,  se  tenant  fièrement  debout,  il  lui  adressait  ce  lan- 
gage : « Mon  Dieu,  je  vous  rends  grâces  de  ce  que  je  ne  suis 
(loint  comme  le  reste  des  hommes,  qui  sont  voleurs,  injus- 
tes et  adultères;  ni  même  comme  ce  publicain!  » Tandis 
que  « le  publicain,  au  contraire,  se  tenant  éloigné,  n’osait 
même  pas  lever  les  yeux  au  ciel,  mais  frappait  sa  poitrine 
et  disait:  Mon  Dieu,  ayez  pitié  de  moi,  qui  suis  un  pécheur'.» 

Les  continuateurs  et  les  apologistes  des  Pharisiens  nous 
disent  donc,  en  septembre  1867  ; « La  dureté  et  la  cruauté 
ne  se  rencontrent  que  chez  les  payens;  mais  les  descen- 
dants d’Abrahara,  les  Israélites,  à qui  Dieu  a révélé  sa  doc- 
trine si  parfaite  et  prescrit  des  lois  si  jnstes,  sont  animés 
de  bonté  envers  toutes. les  créatures.  Dieu,  à qui  nous  de- 
vons nous  efforcer  de  ressembler,  n’est-il  pas  miséricor- 
dieux?... C’est  là,  en  eflet,  le  caractère  dominant  en  Israël; 
et,  s’il  a été  qualifié  de  peuple  à la  nuque  dure',  on  peut,  avec 
non  moins  de  vérité , l’appeler  peuple  au  cœur  tendre.  Ses 
vices  sont  parfaitemetu  rachetés  par  ses  qualités , qui  reste- 

‘ Evang.  S.  Luc,  ch.  xviii,  v.  11 , 13. 

Le  Seigneur  dit  à Morse.  : Ce  peuple  a la  tète  dure,  et  non  pas  la 
nuque,  ce  qui  serait  absurde  : l’opulus  duras  cervicis  es;  Exode, 
cil.  XXXIII,  V.  3-5;xxxii,  9:  xxxiv,  9.  L’Evangile  se  fait  encore  mieux 
comprendre  : C'est  à cauiic  de  la  dureté  de  votre  cœur  que  Molscvous  a 
permis  de  renvoy  er  vos  femmes  ; a ad  duritiam  cordis  vcslri.  » S.  Matlh., 
ch.  XIX,  V.  8.  ùs  faits  nous  disent  si  Moïse  et  l'Evangile  peignent 
plus  exactement  les  Juifs  qu’ils  ne  se  peignent  eux-mèmes. 

13. 


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196 


I.KS  JUIFS. 


roiit  jusqu’aux  derniers  sièrlcs  coramo  un  lémoignage  en  sa 
faveur.  Ouil cet  Israël  niait  vivement  pénétré  des  sen- 

timents de  la  fraternité  humaine  etc.,  etc.  » 

Or,  nous  répétons  une  fois  encore  qu’il  ne  s’agit  nulle- 
ment dans  ces  pages  de  l’Israélite  observateur  de  la  loi  de 
Moïse.  Il  ne  s’agit  en  vérité  pour  nous  que  du  Juif  qui  se 
donne  pour  l’homme  « au  cœur  tendre,  et  pénétré  des  sen- 
timents de  la  fraternité  humaine  » ; mais  qui  cède  aux  vœux 
de  sa  loi  religieuse  lorsqu’il  croit  que  son  devoir  est  d'égor- 
ger un  chrétien.,  un  enfant  sans  défense,  et  de  s’en  approprier 
le  sang.  Or,  ce  Juif  qui  tout  'a  l’heure  va  se  voir  poursuivi 
par  la  justice  musulmane  et  par  rindignaliou  du  représen- 
tant de  la  France,  pour  avoir  immolé  le  Père  Thomas 
(en  I8i0),  ce  Juif  est  exactement  celui  qui  s’entend  accuser 
d’avoir  (en  I i75)  martyrisé  le  jeune  Simon  dont  la  dispari- 
tion soudaine  alarme  et  fait  trembler  les  chrétiens. 

Aussi  voyons-nous  les  magistrats  de  Trente  qui  le  cher- 
chent, accompagnés  de  son  père  cl  de  sa  mère,  se  livrer  à 
d’actives  perquisitions,  et  la  maison  de  Samuel  est-elle  de 
fond  en  comble  visitée;  mais  nul  œil  n’y  découvre  le  corps 
du  petit  martyr,  caché  qu’il  est  sous  la  paille  dans  un  gre- 
nier. Chez  cet  homme , cependant , et  chez  tous  les  autres 
Juifs  sur  qui  peuvent  s’arrêter  les  soupçons,  l’agitation  de- 
vient extrême.  La  justice,  d’un  moment  ’a  l’autre,  va  mettre 
la  main  sur  la  victime,  se  dit-on,  et  signaler  à la  vindicte 
publique  les  coupables.  On  s’é|)uisc'en  vains  conseils;  une 
résolution  succède  ’a  l’autre,  et  le  parti  se  prend  enfin  de 
jeter  le  cadavre  dans  le  canal.  — On  l’y  jette.  Mais  aucun 
des  efforts  de  le  tenir  au  fond  de  l’eau  ne  léussit,  et  ce  té- 
moin accusateur  revient  sans  cesse  a la  surface. 

Hors  d’eux-mémes,  et  à bout  d’inventions,  les  assassins 
s'imaginent  alors  faire  preuve  d’babileté  en  dénonçant,  eux 
les  premiers,  h l’évêque,  la  découverte  de  l’enfant  que  les 
chrétiens  continuaient  de  chercher.  Le  voila  donc!  On  s’em- 
presse auprès  du  cadavre;  on  le  recueille,  on  l’examine; 

* Vie  de  EiUel  V Ancien,  XVIII,  Arch.  israél.,  p.  84S,  etc.;  <867. 


CHAPITRE  SIXIÈME.  497 

mais,  k la  vue  des  plaies  afl'reuses  qui  couvrent  ses  mem- 
bres, un  cri  de  douleur  et  d’indignation  s’échappe  de  la  poi- 
trine de  l’évêque  ; Ah!  Seigneur!  ce , cri  me  ne  peut  avoir 
été  commis  que  par  un  ennemi  de  la  foi  chrétienne  1 

Le  renom  de  tout  homme  le  suit-,  c’est  Ik  son  auréole  ou 
son  ombre.  L’accusation  du  public  s’attache  donc  aux  Juifs. 
On  les  sépare  les  uns  des  autres-,  on  les  interroge;  leurs 
réponses  ont  toutes  les  discordances  du  mensonge  et  leur 

visage  trahit  les  cruelles  fluctuations  de  leur  âme Le 

chef  de  la  magistrature  iie  veut  d’ailleurs  négliger  aucun 
indice-,  et,  curieux  de  se  renseigner  pertinemment  sur  les 
motifs  de  cette  opinion  populaire,  il  fait  venir  un  certain 
Jean  qui , sept  ans  avant  la  perpétration  de  ce  crime , était 
devenu  de  Juif  chrétien. 

((C’est  une  coutume  des  Juifs,  dit  Jean,  le  mercredi  de  la 
semaine  sainte , de  faire  des  pains  azymes  et  d’y  mêler  le 
sang  d’un  enfant  chrétien.  Le  jeudi  et  le  vendredi,  ils  mê- 
lent ce  sang  à du  vin.  Quand  ils  bénissent  leur  table,  ils  y 
ajoutent  des  malédictions  contre  le  Christ,  contre  la  foi 
chrétienne,  et  prient  Dieu  de  faire  tomber  sur  les  chrétiens 
les  plaies  dont  il  a frappé  l’Égypte  '.  Je  me  rappelle,  dans 
ma  jeunesse,  avoir  souvent  entendu  dire  k mon  père  que, 
dans  la  ville  de  Tongres,  les  Juifs  avaient  conspiré  quarante 
ans  auparavant,  et  qu’ils  avaient  égorgé  un  enfant  chrétien 
pour  en  employer  le  sang  k leur  pâque.  Mais  leur  iniquité 
s’était  enfin  révélée,  et  l'aveu  de  leur  crime  en  avait  conduit 
quarante-cinq  dans  les  flammes.  Mon  père,  qui  parvint  k 
s’échapper  avec  quelques  autres,  eut  la  chance  de  pouvoir 
s’établir  en  ce  pays » 

Ces  paroles  donnèrent  aux  investigations  de  la  justice  un 
surcroît  d'activité.  Les  Juifs,  aün  de  parer  le  coup,  eurent 
recours  k la  ruse,  et  usèrent  de  dénonciations  perfides, 
mais  sans  parvenir  k détourner  les  soupçons.  Leurs  frères  des 


* Id.,  Baronius,  AnncU.  eccl.,  ann.  4320,  XXVI.  Maledictiones  (|uo- 
que  gravissimæ,  etc.,  ann.  4286,  XXIV  : Vel  polius  in  execratio- 
nibuâ,  eic. 


498 


LES  JUIFS. 


payt  étranger  s'eCforçèrent  alors,  mais  vainement,  de  faire 
briller  des  monceaux  d’or  aux  yeux  des  juges , aux  yeux  de 
l’évêque  lui-même  qt  du  prince  Sigismond  d’Autriche.  Le 
monde,  comme  dans  l’affaire  du  Père  Thomas,  fut  remué  par 
leur»  intrigue»,  et  les  plus  habiles  jurisconsultes  mirent  ii 
leur  serv  ice  leur  science  et  leur  astuce.  Mais  Dieu  ne  permit 
pas  l'impunité  d'un  crime  si  noir.  Us  furent  condamnés, 
roués  vifs  et  brûlés.  Deux  des  moins  coupables  demandèrent 
le  baptême , le  reçurent  et  furent  simplement  décapités. 

Le»  prince»  de  la  certitude  hütorique,  les  Uullandistes , ont 
rapporté  ce  drame  avec  une  profusion  de  détails  du  plus 
haut  intérêt,  mais  que  le  besoin  de  la  brièveté  nous  force 
d’omettre*.  Aujourd’hui,  quatre  siècles  environ  se  sont  écou- 
lés depuis  la  date  de  ce  crime;  mais  nous  en  relevons  les 
traits  principaux,  et  nous  en  retrouvons  le  mobile  en  par- 
courant quelques-unes  des  pièces  qui  nous  sont  offertes,  et 
dont  se  comjwse  l’histoire  aussi  tragique  que  récente  du 
Père  Thomas  de  Damas,  et  de  son  domestique. 

L’Orient  est  le  pays  de  l’immobilité  -,  c’est  la  patrie  de  la 
nation  juive  et  du  Talmud.  Rien  n’y  change,  ou  plutôt,  rien 
n’y  changeait  hier  encore;  car,  aujourd’hui  seulement,  le 
mol  de  Bossuet  commence  h s’étendre  à cette  partie  du 
monde  que  nous  voyons  devenir  semblable  au  reste  de  la 
terre,  où  « la  loi  du  pays  est  la  loi  même  du  changement!  » 
C’est  que  Dieu  marque  à des  signes  particulier»  la  6n  de  cer- 

* Nous  ajouterons  toutefois  à ce  fait  un  argument  dont  ceux  qui  sa- 
vent la  prudence  des  hauts  conseils  du  catholicisme  nous  sauront  grê  ; 
c’est  que  la  multitude  des  miracles  qui  s’opérèrent  sur  les  reliques  do 
l'innocent  que  les  Juifs  avaient  martyrisé,  engagèrent  de  son  cùté  le 
pape  Grégoire  XJlf  à inscrire  les  lignes  suivantes  dans  les  fastes  sa- 
cres de  l’Eglise  : « A Trente,  passion  de  saint  Simon,  petit  innocent, 
cruellemont  égorgé  par  les  Juifs  en  haine  du  Christ,  et  qui  ensuite 
brilla  par  beaucoup  de  miracles.  » Le  plus  grand  homme  de  son  siècle, 
Sixte-Quint,  le  seul  homme  qu’Elisabeth  d’Angleterre  eût  daigné  se 
donner  pour  époux,  s'il  eût  pu  se  marier;  ce  grand  pape,  disons-nous, 
autorisa  plus  tard,  en  1588,  le  cardinal  Madruce,  évêque  et  prince  de 
Trente,  à célébrer  la  fête  du  saint  dans  son  diocèse,  en  y attachant  une 
messe  propre  et  un  oflicc  spécial.  Bollandisies,  Acta  SS.,  î4  mart. 
— Hist.  umi>.  de  FEqlise,  t.  XXll,  p.  Ï60;  Paris,  185S.  — Eglise  et 
Syn.,  voir  p.  119,  294,  et  de  269  à 296,  une  multitude  de  faits  pareils. 


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CHAPITRE  SIXIÈME. 


199 


laines  époques  et  le  commencement  de  certaines  autres. 
Or,  la  vapeur,  qui  attache  à nos  navires  et  h nos  chars  les 
ailes  de  l'oiseau,  et  l’électricitc,  par  qui  le  vol  de  la  foudre 
devient  dans  les  champs  de  l’espace  le  vol  même  de  notre 
pensée  voyageuse,  voilà  tout  à la  fois  les  instruments  et  les 
indices  d’une  ère  où  l’Orient , et  le  Juif  lui-même , vont  se 
sentir  entraînés  dans  les  voies  d’un  étrange  progrès  Mais 
le  millésime  de  i84û  est  la  date  où  nous  faisons  étape-,  la 
race  judaïque  était  alors  en  Orient  ce  qu’on  l’avait  vue  dans 
les  siècles  que  nous  venons  de  parcourir , et  l’opinion  pu- 
blique s’y  montrait  à son  égard  ce  qu’elle  fut  aux  é|H>ques 
les  plus  reculées  de  l’ère  chrétienne.  Il  nous  semblera  donc 
assez  naturel  de  lire  dans  l’ouvrage  intitulé  l'Égypte  eons 
Mèhémet-Ali , Paris,  1843,  que  « la  fin  tragique  du  Père 
Thomas  n’a  pat  occasionné  <f étonnement  en  Égypte,  car  les 
habitants  y sont  persuadés,  et  tous  ont  cette  conviction,  que 
les  Juifs  égorgent  parfois  des  esclaves  chrétiens  dont  ils 
prennent  le  sang  pour  le  mêler  aux  pains  azymes  '.  » Et  l'un 
des  membres  de  la  Société  orientale,  M.  Achille  Laurent, 
répète  sous  une  autre  forme  cette  pensée  lorsqu’il  s’écrie  ; 
« Est-il  un  voyageur  ayant  parcouru  l’Anatolie,  l’Archipel, 
l’Asie  Mineure,  Salonique,  Smyrne  et  Constantinople,  qui 
n’ait  entendu  le  récit  d’assassinats  semblables  à celui  de 
Damas  ’?  » 

Quant  à nous,  cédant  au  besoin  d’être  rapide,  mais  pourtant 
de  ne  présenter  le  récit  de  faits  d’une  telle  importance  que 
sous  le  couvert  d’une  autorité  sérieuse , et  qui  se  compose 
elle-même  de  plusieurs  autres,  nous  commençons  par  cx- 

■ Un  ëvéque  qui  a habité  la  Chaldée,  la  Mésopotamie,  nous  disait 
hier  que  nul  changement  n’est  encore  sensible  chez  les  Juifs  dans  ces 
régions;  mais  demain,  hier  sera  peut-être  bien  loin! 

2 T.  1",  I.  Il,  ch.  III,  des  Juifs.  Quod  ab  omnibus,  semper  et  ubi- 
que  : caractères  de  la  prescription  du  vrai  ! 

A.  Laurent,  Affaires  de  Syrie,  etc.,  t.  H,  p.  Î64;  Paris,  1846.  Ce 
livre  intéressant  est  devenu  rare.  Nous  le  demandâmes  à l'éditeur  et  à 
plus  de  vingt  libraires  avant  que  l’un  d’eux  pùl  se  le  procurer.  Il  s’est 
peu  vendu  cependant...  Mais  H y aurait,  dit-on,  du  mystère  dans  sa 
disparition. 


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*00 


LES  JUIFS. 


traire  de  la  grande  Histoire  de  l’Égtûe  de  Rolirbacher  une 
courte  réflexion,  suivie  d'un  résumé  de  quelques  lignes  du 
drame  atroce  de  Damas. 

« Le  Talmud,  nous  dit  en  l'an  de  grâce  1851  cet  histo- 
rien, non-seulement  permet  au  Juif,  mais  lui  commande  et 
lui  recommande  de  tromper  et  de  tuer  le  chrétien,  quand  il  en 
trouve  l'occasion.  C'est  ln  f.ut  hors  de  doute,  et  qui  mé- 
rite toute  l'attention  des  peuples  et  des  rois  » 

Exemple  : Nous  avons  vu,  reprend  le  même  historien 
douze  volumes  après  ce  seizième,  c’est-à-dire  après  s’être 
donné  le  temps  de  la  réflexion,  « que,  d’après  les  princi- 
pes de  leur  Talmud  et  f enseignement  si  conforme  de  leurs 
docteurs , les  Juifs  ne  peuvent  et  ne  doivent  pas  plus  se  faire 
scrupule  de  tromper  et  de  tuer  les  chrétiens,  surtout  les  chré- 
tiens convertis  du  Judaïsme,  qu’ils  n’ont  de  remords  et  de 
repentir  d’avoir  tué  le  Christ.  » Et  « que  tel  soit  encore  le 
secret  enseignement  de  la  Synagogue,  un  fait  épouvantable 
est  venu  le  révéler  de  nos  jours  : l’assassinat  du  Père  Tho- 
mas,Capucin,  par  les  principaux  J uijs  Ae  Damas;  » assassinat 
commis  « par  ceux  qui  passaient  pour  des  hommes  de  bien , 
et  qui,  depuis  plusieurs  années,  comblaient  ce  religieux  de 
politesses  et  de  prévenances  ’.  » Or,  voici  d’après  des  documents 
autres  que  ceux  de  l’bistorien  des  affaires  de  Syrie,  de  quelle 
sorte  les  choses  se  passèrent. 

Le  5 février  18  W,  ce  Père  est  appelé  dans  une  maison 
juive,  sous  prétexte  de  vacciner  un  enfant,  opération  dans 
laquelle  il  excelle;  mais  l'enfant  est  malade , et  le  Père  est 
sur  le  point  de  se  retirer.  11  cède  cependant  h l’invitation 
pressante  d’entrer  dans  la  maison  voisine,  « celle  de  D***  *, 
le  plus  pieux  des  Juifs  de  Hamas!  un  Juif  (|ue  les  chrétiens 
eux-mêmes  regardent  comme  un  honnête  homme,  et  que  le 

• Rohrb.,  l.  XVI,  p.  t06;  Ex.  XVItl,  683-i-5,  Paris,  185t. 

2/6.,  t.  XXVlll.p.  683;  185*. 

2 Quoique  nous  trouvions  les  noms  l'crifs  en  toutes  lettres,  nous  les 
supprimons  autant quu  possible  lors«|u'une  accu.sation  s'y  attache:  telle 
est  notre  horreur  pour  les  personnalités.  Il  est  tacile  à qui  le  veut  de 
les  savoir. 


CHAPITRE  SIXIÈME. 


201 


Père  Tliomas  compte  au  nombre  de  ses  amis,  » Le  soir  com- 
mence : on  l’accueille  avec  affection,  et  bientôt  surviennent 
les  deux  frères  de  puis  un  de  leurs  oncles,  et  deux 
Juifs  qui  comptent  entre  les  plus  notables  de  Damas.  Tout 
à coup,  le  Père  Thomas,  saisi  par  ces  gens  k l’improviste, 
est  bâillonné,  garrotté,  puis  enlevé,  transporté  dans  un 
appartement  éloigné  de  la  rue,  et  l’on  y attend  la  fin  du 
jour.  La  nuit  tombe,  et  avec  elle  arrive  on  rabbin,  accom- 
pagné du  barbier-saigneur  sur  lequel  les  sacrificateurs 
ont  compté  pour  l’accomplissement  de  leur  projet. — « Allons, 
égorge-nous  cet  homme,  nous  t’attendions.  » — Mais 
le  barbier  pâlit , le  cœur  lui  manque , et  il  se  récuse.  Les 
sacrifiants,  déçus  dans  leur  espoir,  prennent  le  parti  d’étendre 
â terre  le  Père  Thomas,  et  le  plus  pieux  des  Juifs  de  Damas, 

. l’honnête  D^^^,  faisant  contre  fortune  bon  cœur,  se  résigne 
à lui  scier  lui- même  la  gorge  avec  un  couteau.  La  main  lui 
tremble  cependant!  bientôt  même  il  faut  que  son  frère 
le  remplace,  taudis  que  le  barbier  se  contente  de  tenir  la 
barbe  du  Père,  dont  le  sang  est  recueilli  dans  un  vase  pour 
être  envoyé  plus  tard  au  grand  rabbin.  Il  s’agit  ensuite  de 
faire  disparaître  les  traces  de  ce  meurtre.  Les  officiants  se 
mettent  donc  â brûler  les  habits  de  la  victime,  dont  les 
chairs  sont  hachées  en  menus  morceaux  et  les  os  brisés 
sous  le  pilon  ^ après  quoi  cette  pâte  humaine  est  jetée  dans 
un  cloaque. 

Cependant  les  recherches  commencées  par  le  domestique 
du  Père  Thomas  ont  alarmé  les  Juifs,  et  sept  des  plus  no- 
tables de  Damas,  entre  lesquels  trois  rabbins,  décrètent 
l’urgence  de  faire  disparaître  cet  homme.  Ils  le  guettent , 
le  saisissent,  le  sacrifient  de  la  même  manière  qu’ils  ont 
sacrifié  son  maître , et  ne  conservent  de  sa  personne  que 
tout  juste  ce  que  convoitait  leur  foi  talnludique  : son  sang! 

Déjà  « plusieurs  de  ces  divers  attentats^  nous  dit  le  même  his- 
torien, (fuoique  connus  et  prouvés,  étaient  restés  sans  poursuites 
de  la  part  de  la  justice,  à cause  de  la  prépondérance  de  cer- 
tains Juifs  dans  le  gouvernement.  » Mais,  cette  fois,  la  justice^ 


20Î 


LES  JUIFS, 


informée  par  le  consul  de  France,  obtint  après  « les  procé- 
dures ordinaires  et  légales  du  pays,  » et  sur  les  débris 
presque  fumants  des  victimes,  les  aveux  des  coupables. 

A cette  nouvelle  qui  les  bouleverse,  « les  Juifs  d’Europe 
jettent  les  hauts  cris,  non  contre  les  coupables,  mais  contre 
la  victime;  mais  contre  le  consul  français,  mais  contre  la 
justice.  H Digne  du  noble  pays  qu’il  représente,  le  consul 
de  Finance  « a fait  courageusement  son  devoir  en  dépit  de  leurn 
offres,  de  leurs,  promesses  et  de  leurs  menaces.  I^s  Juifs 
demandent  h son  gouvernement  sa  flétrissure  et  sa  destitu- 
tion... Ils  offrent  en  même  temps  des  sommes  énormes  aux 
employés  des  consulats  français  pour  supprimer  les  pièces 
de  la  procédure';...  » mais  la  vérité  ne  se  laissera  point 
étouffer , elle  bravera  tous  leurs  efforts. 

Après  avoir  extrait  d’une  si  grave  histoire  de  l’Église  ce  • 
récit  sommaire  et  ces  traits  généraux , nous  croyons  devoir 
entrer  dans  quelques-uns  des  dét|iils  caractéristiques  de 
cette  monstruosité,  que  jamais  les  Juifs  ne  nièrent  avec  une 
unanimité  plus  audacieuse  qu’h  l’époque  actuelle;  et,  sans 
parti  pris  que  nous  voulons  être , nous  puiserons  nos  docu- 
ments aux  sources  mêmes  de  la  justice,  et  sous  la  garantie 
de  M.  Laurent,  qui  publia  les  pièces  du  procès. 

Le  premier  interrogatoire,  et  c’est  par  Ik  que  nous  entrons 
dans  notre  sujet,  est  celui  du  barbier.  Pressé  qu’il  est  de 
questions,  il  se  décide,  « après  de  nombreux  faux-fuyants 
et  de  manifestes  hésitations , à franchement  avouer  ce  qui 
suit  : » 

« me  fit  venir;  j’allai  chez  lui , j’y  trouvai  le  khakam 
(rabbin),  etc.,  etc.,  et  le  Père  Thomas  qui  était  lié. 

et  son  frère  A^^,  me  dirent  : « Égorge  ce  prêtre.  » — 

Je  répondis  que  je  ne  le  pouvais  pas.  « Attends,  )>  me  dirent-ils, 
et  ils  apportèrent  un  couteau.  Je  jetai  le  Père  par  terre,  et, 
le  tenant  avec  un  des  assistants,  je  plaçai  son  cou  au-dessus 
il’une  grande  bassine.  saisit  le  couteau,  l’égorgea,  et 

’ Rohrbacher,  Histoire  universelle  de  l’Église,  t,  XXVllI.  p.  683; 
IHtfis,  485*. 


CHAPITRE  SIXIÈME. 


<03 


A***  l’acheva.  Le  sang  fu  reaieilli  dans  la  bassine,  sans 
qu’il  s’eu  perdît  une  goutte;  après  quoi,  le  cadavre  fut 
traîné  de  la  chambre  du  meurtre  dans  la  chambre  au  bois. 
Lit,  nous  le  dépouillâmes  de  ses  vêtements,  qui  furent 
brûlés;  ensuite  arriva  le  domestique  M***,  » et  les  sept  sus- 
nommés nous  dirent  « de  dépecer  le  prêtre.  » Nous  deman- 
dâmes comment  s’y  prendre  pour  faire  disparaître  les  mor- 
ceau.v;  ils  noqs  répondirent  : « Jetet-les  dans  les  conduits.  » 
Nous  les  dépeçâmes;  nous  en  mimes  les  débris  dans  un  sac, 
et,  au  fur  et  â mesure,  nous  allâmes  les  jeter  dans  les  con- 
duits, puis  nous  retournâmes  chez  L’opération  ter- 
minée , ils  dirent  qu’ils  marieraient  le  domestique  â leurs 
frais,  et  qu’ils  me  donneraient  de  l’argent.  Alors  je  m’en  fus 
chez  moi.  » 

...  Fort  bien,  mais  les  ossements  pouvaient  vous  trahir; 
qu’avez-vous  fait  de  ces  os?  « Nous  les  avons  cassés  sur  la 
pierre,  avec  le  pilon  du  mortier.  » — Et  de  la  tête?  — « Nous 
l’avons  également  brisée  avec  le  même  instrument.  — Vous 
a-t-on  ]>ayé  quelque  chose?  — On  m'a  promis  de  l’argent, 
en  me  disant  que  si  je  parlais  on  déclarerait  que  c’est  moi 
qui  l’ai  tué.  Quant  au  domestique,  on  lui  promit  de  le 
marier,  comme  je  viens  de  le  dire.  » 

— Et  comment  était  le  sac  dans  lequel  vous  mettiez  les 
débris?  — « Comme  tous  les  sacs  à café,  en  toile  d'emballage, 
et  de  couleur  grise.  » — ...  Qu’avez-vous  fait  des  entrailles? 
— (I  Nous  les  avons  coupées,  nous  les  avons  mises  dans  le 
sac,  et  nous  les  avons  jetées  dans  le  conduit.  — lAt  sac 
ne  laissait-il  pas  dégoutter  les  matières  contenues  dans  les 
entrailles?  — Un  sac  'a  café,  lorsqu'il  est  mouillé,  n’est  pas 
sujet  a laisser  dégoutter  ce  qu’il  renferme...  — Le  portiez- 
vous  seul?  — Le  domestique  et  moi  nous  nous  entr’aidions, 
ou  nous  le  portions  tourk  tour.  — « Lorsque  vousavez  dépecé 
le  Père,  combien  étiez-vous?  combien  aviez-vous  de  couteaux  ? 
et  de  quel  genre  étaient  ces  couteaux?  — Le  domestique  et 
moi  nous  le  dépecions,  et  les  sept  autres  nous  indiquaient 
la  manière  de  s’y  prendre.  Tantôt  je  coupais,  et  tantôt 


304 


LES  JUIFS. 


c’était  le  domestique-,  nous  nous  relayions  lorsque  l’un  ou 
l’autre  était  fatigué.  Le  couteau  était  comme  ceux  des  bou- 
cliers; c’était  le  même  qui  avait  servi  pour  le  meurtre... 
— Sur  quel  pavé  avez-vous  brisé  les  os?  — Sur  le  pavé 
entre  les  deux  chambres.  — Mais  en  brisant  la  tête,  la  cer- 
velle dut  en  sortir?  — Nous  l’avons  transportée  avec  les 
os...  » — A quelle  heure,  à peu  près,  le  meurtre  a-t-il  eu  lieu, 
et  combien  s’est-il  passé  de  temps  jusqu’à  la  complète 
effusion  du  sang?...  — Je  crois  que  le  meurtre  a eu  lieu  vers 
le  letchai.  « Le  Père  est  demeuré  au-dessus  de  la  bassine 
jusqu’à  l’entière  effusion  du  sang,  l’espace  d’une  demi- 
heure  ou  de  deux  tiers  d'heure...  Quand  nous  eûmes  ter- 
miné toute /■  opération,  il  pouvait  être  environ  huit  heures, 
plus  ou  moins'.  » 

Le  domestique  M• * ***  fut  à son  tour  interrogé,  et  ses  réponses 
concordèrent  exactement  avec  celles  de  S***,  avec  les  réponses 
des  autres  accusés,  et  avec  tous  les  faits  de  l’enquête’.  La 
justice  se  mit  alors  en  devoir  de  vérifier  l’endroit  où  les  Juifs 
avaient  jeté  les  débris  : la  pâte  d’os  et  de  chair  de  leur  vieil 
ami  le  Père  Thomas.  i<  On  découvrit  le  canal,  et  l’on  trouva 
à l’entrée  des  traces  de  sang  et  des  filaments  de  chair...  Les 
ouvriers  qui  descendirent  dans  le  conduit  en  tirèrent  plu- 
sieurs fragments  de  chair,  une  rotule,  un  morceau  du  cœur, 
des  débris  du  crâne,  d’autres  morceaux  d'os  et  des  parties 
de  h calotte  du  Père.  Oii  mit  le  tout  dans  une  corbeille,  et  ou 
consigna  ces  débris  au  consul  de  France  pour  .les  faire  exa- 
miner par  des  médecins , après  que  le  pacha  les  eut  vus , 
qu'il  les  eut  montrés  aux  accusés  et  en  eut  fait  constater  la 
nature’...  » 

• Dépouillement  des  pièces  aulhi'uliques,  qui  sont  déposées  au  mi- 
nistère des  Affaires  étrangères,  à Paris,  et,  par  conséquent,  tacites  à 
vérifîer.  T.  il,  p.  34  à 31,  ibid.,  399;  Relation  historique  des  affaires 
de  Syrie,  depuis  1840  jusqu’en  1843,  et  procédure  complète  dirigée  en 
1840  contre  les  Juifs  de  Damas, etc.,  etc.,  par  .ichille  Laurent,  membre 
de  la  Société  orientale;  S vol.,  Paris,  Gaume  frères,  1846.  Ouvrage 
disparu.  Voir  ci-dessus. 

- Lire  à la  suite,  t.  Il,  ifc. 

» Ib.,  p.  37,  38. 


i05 


CHAPITRE  SIXIÈME. 

. ...  Cependant,  après  l’assassinat  du  Père  Tliotnas,  il 
avait  été  décidé  chez  les  Juifs  de  se  débarrasser  de  son  do- 
mestique, dont  les  investigations  devenaient  compromet- 
tantes; et  ce  domestique  disparut.  Le  lecteur  connaîtra,  par 
les  pièces  que  recueillit  et  que  nous  livre  M.  Laurent,  les 
menus  détails  du  complot  judaïque  dont  l’exécution  mit  fin 
aux  premières  terreurs  des  Juifs.  Nous  nous  bornerons  b 
relater  quelques  parties  des  interrogatoires  qui  concernent 
le  second  acte  de  cette  tragédie.  Ainsi,  par  exemple,  l'un 
des  accusés,  M*''*,  pressé  de  questions,  et  craignant  de  se 
compromettre,  adresse  cette  demande  : « Quelqu’un  a-t-il 
confessé  avant  moi?  — Certainement  il  a été  fait  des  aveux; 
dites  la  vérité  a votre  tour.  — M***  : Lorsque  je  retournai 
chez  mon  maiire,  il  me  demanda  : As-tu  donné  avis  pour  le 
domestique?  Je  répondis  oui;  sur  ce,  il  médit  : Retourne,  va 
voir  s’ils  l'ont  pris  ou  non,  et  qu'est-ce  ipt'on  en  fait.  — J'allai 
chez  M***,  je  trouvai  la  porte  fermée  aux  verrous;  je  frappai; 
le  màallem  M**’’  vint  m’ouvrir  : — Nous  le  tenons; 
veuMu  entrer,  ou  t'en  aller? — J’entrerai  pour  voir,  lui  dis-je.  » 
J'entrai,  et  je  trouvai  I***  et  A***  S***;  on  s’occupait 
à lier  les  mains  du  patient  derrière  le  dos,  avec  son  mouchoir, 
après  lui  avoir  « bandé  la  bouche  avec  un  linge  blanc.  La 
chose  se  passait  dans  le  petit  divan  qui  est  dans  la  petite 
cour  extérieure,  où  se  trouvent  les  latrines,  et  c’est  dans  ces 
latrines  qu’on  jeta  la  chair  et  les  os.  On  avait  barricadé  la 
porte  avec  une  poutre;  et,  après  qu’l*”  P”*  et  A”*  S”* 
lui  eurent  lié  les  mains  derrière  le  dos,  il  fut  jeté  par  terre 
par  M”*  F*”  et  M***  F”*  fils  de  R***,  etc.,  « c’est-à-dire 
par  les  sept  qui  étaient  présents  à l'opération.  Il  y en  avait 
parmi  eux  qui  regardaient  faire  les  autres.  On  apporta  une 
bassine  de  cuivre  étamé;  on  lui  mit  le  cou  sur  cette  ba.ssine, 
et  .M*”  F”*  l'égorgea  de  ses  propres  mains.  Y”*,  M*”, 
F”*  et  moi,  nous  lui  tenions  la  tête.  A***,  lils  de  R”*,  et 
I***  P”*  tenaient  les  pieds,  et  étaient  assis  dessus.  A*”  S*** 
et  les  autres  tenaient  le  corps  solidement,  pour  l’empécher 
de  bouger,  jusqu’à  ce  que  le  sang  eût  fini  de  couler.  Je  de- 


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J06  LES  JUIFS. 

meurai  encore  un  quart  d’heure,  en  attendant  qu’il  fût  bien 
mort.  Alors  je  le.s  laissai,  et  je  me  rendis  chez  mon  maitre, 
auquel  je  donnai  avis  de  ce  qui  s’était  passé.  » 

Quelqu’un  de  ces  sept  individus  est-il  .sorti  pen- 
dant que  vous  étiez  encore  Ib?  — Personne  avant  qu’il  fût 
égorgé  et  le  sang  écoulé.  » « Au  moyen  de  quel  expé- 

dient a-t-on  fait  entrer  le  domestique? — J’ai  déjà  dit  que 
j’avais  compris  des  paroles  de  Y***  M***  F***  qu’ils  étaient 
réunis  cinq  dans  la  rue,  près  la  porte;  que  le  domestique 
vint  demanderaprès  son  maître,  et  qucY***M***  répondit; 
Ton  maitre  s’e*t  attardé  chez  nous;  il  vaccine  un  enfant;  si  tu 
veux  l'attendre,  entre,  va  le  trouver.  11  entra  par  ce  moyen,  et 
il  en  est  advenu  ce  que  j’ai  déclaré.  » — « Qu’a-t-on  fait  du 
sang,  et  qui  l’a  pris?  » — Après  quelques  tergiversations 
l’accusé  répond  : « La  vérité  est  (|u’A***  a versé  le  sang 
dans  la  bouteille  qu’il  tenait  à la  main.  On  se  servit  d’nn 
entonnoir  neuf  en  fer-hlanc,  comme  ceux  en  usage  chez  les 
marchands  d'huile.  Ce  fut  Y**'*’  M**'*'  F***  qui  prit  la  bas- 
sine [K)ur  le  verser  dans  la  bouteille.  Après  qu’elle  fut  rem- 
plie, A***  S*’*  la  conlia  a Y”*  A***'.  » 

Peut-être  serait-il  difficile  d'imaginer  une  abondance  et 
une  précision  de  détails  plus  remarquables  que  celles  qui 
s’échappent  de  la  bouche  des  déposants.  En  tous  cas,  nous 
laisserons  aux  pièces  du  procès,  que  recherchera  peut-être 
le  lecteur,  le  soin  de  l’édifier  sur  de  nombreuses  particula- 
rités (|ue  nous  supprimons,  et  nous  le  mettrons  en  toute 
simplicité  sur  la  voie  des  faits  propres  à lui  faire  comprendre 
le  motif  des  protestations  formulées  contre  la  condamnation 
qui  frappa  les  .luifs. 

Lorsque  Israël  se  mit  à la  recherche  des  moyens  de  pro- 
tester contre  les  accusations  qui  l’atteignaient,  il  se  trouva 
que  l’un  des  complices  du  crime,  le  Juif  P‘”,  était  sujet  de 
l’Auliiche,  chance  heureuse  ipii  donna  plus  tard  à .M.  .Mer- 
lato,  le  consul  autrichien,  l’occasion  d’intervenir  dans  le 
débat,  ce  dont  il  n’avait  été  nullement  question  tout  d’abord. 

‘ Ib..  t.  H,  p.  tiSà  <5i. 


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CHAPITRE  SIXIÈME. 


207 


Car,  le  lendemain  de  la  découverte  des  restes  du  I’.  Thomas, 
M.  le  consul  de  France,  accompagné  de  M.  Beaudin',  des 
religieux  de  Terre  sainte,  du  Père  François,  Capucin,  et  du 
sieur  Salina,  médecin,  était  allé  rendre  visite  à M.  Mcrlato. 
La  conversation  ayant  roulé  tout  le  temps  sur  le  double 
assassinat  du  Père  Thomas  et  de  son  domestique,  M.  Mcr- 
lalo,...  élevant  le  verhe  de  manière  à être  entendu  de  tous, 
avait  dit  : « qu’il  croyait  bien  que,  pour  le  plus  grand 
nombre,  un  sentiment  de  fanatisme  avait  inspiré  le  crime; 
mais  qu’il  |)ensait  que,  pour  certains  d’entre  eux , leur  coo- 
pération pouvait  avoir  eu  pour  mobile  l'idée  de  trafiquer  sur  te 
sang.  Puis,  se  tournant  vers  le  consul  de  France...  : « C’est 
d’après  cette  conviction  que  j’ai  fait  prier  Chérif  Pacha,  — 
gouverneur  général  de  la  Syrie,  — de  faire  espionner 
et, 'si  liesoin  est,  de  faire  fouiller  sa  maison  *.  » 

A celte  page,  nous  devons  ajouter  une  partie  importante 
de  la  lettre  que  M.  Pierre  Laurella,  consul  d’Autriche  k 
Beyrouth,  adressait  h M.  Joseph  Bellier,  agent  consulaire 
de  la  même  nation  a Latakieh  : « Je  ne  sais  si  vous  avez  su 
l’horrible  assassinat  fait  par  les  Juifs  de  Damas  sur  la  per- 
sonne du  R.  Père  Thomas,  Capucin , et  de  son  domestique. 
Je  vous  remets  copie  de  ce  que  m’écrit  M.  Mcrlato,  consul 
autrichien.  Cependant  il  ne  faudra  pas  en  faire  une  publi- 
cité (»ic);  vous  en  comprenez  sans  doute  la  raison  ’.  » 

Or,  voici  quelle  était  la  lettre  de  M.  Mcrlato  : « Damas, 
2S  février  1840.  — Le  croirait-on?  Dans  la  maison  de 
^ commis  l’horrible  assassinat  du  Père  Tho- 
mas! Ces  infâmes,  au  nombre  de  trois  frères,  d’un  oncle  de 
jjw  d’un  barbier  et  d’un  domestique,  ont  égorgé 

‘ Chancelier  du  consulat  de  France,  et  négociant  i Damas. 

“ /6.,  t.  II,  p.  207.  M.  Merlato  ayant  reçu  des  ordresdu  consul  géné- 
ral d’Autriche  à Alexandrie,  ainsi  que  les  directions  de  M.  E***  P***, 
con.sul  général  d’Autriche  à Alcp,  < qui  lui  imposèrent  une  nouvelle 
manière  de  voir  dans  cette  afl'aire,  dit  M.  Laurent,  se  fit  l'avocat  des 
Juifs.  » Laurent,  iind.,  p.  216-217.  Des  exigences  diplomatiques  l’o- 
bligèrent-ellcs  à ce  changement  do  front?  Nous  ne  le  jugeons  point;  et 
notre  unique  recherche  est  la  vérité  quant  au  fait  principaL 
’ Ib.,  p.  288-9. 


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208 


LES  JDIFS. 


rinl’orluné  vieillard,  el  en  ont  recueilli  le  sang.  Ensuite,  ayant 
mis  le  cadavre  en  tout  petits  morceaux  et  brisé  le  crâne  et 
les  ossements,  ils  jetèrent  le  tout  dans  un  conduit  du  quar- 
tier juif.  Le  susdit  barbier  et  le  domestique  déclarent  le 
tout,  et  quatre  autres,  jusqu’à  présent,  ont  également 
avoué.  Ces  derniers  sont  au  nombre  des  complices.  Les 
restes  du  défunt  furent  retrouvés  à rendrait  indiqué  par  les 
déclarants,  dont  trois  disent  que  le  crime  résulte  des  principes 
religieux.  On  eberebe  maintenant  â découvrir  où  a été  caché 
le  sang.  On  ignore  encore  la  trace  du  domestique  assassiné, 
mais  on  suppose  qu’il  a eu  la  même  On  dans  quelque  autre 
maison  de  ces  brigands,....  etc.  '.  » 

Supposition  très-juste,  car  ou  ne  tarda  guère  ’a  savoir  ce 
(|ue  M.  le  consul  .Merlalo  ignorait  à cette  date.  Bientôt,  en 
effet,  les  .soupçons  conçus  s’étaient  changés  en  certitude, 
et,  le  22  avril  suivant,  M.  le  comte  Ratti  Menton,  consul  de 
France  â Damas,  l'homme  généreux  dont  la  conduite  dans 
celle  déplorable  affaire  reçut  dans  la  Chambre  des  représen- 
tants de  la  France  un  si  juste  tribut  d’éloges  officiels*,  écri- 
vait ’a  Cbérif  Pacha  ; « Je  dois  ajouter  de  nouvelles  informa- 
tions sur  les  intrigues  pratiquées  par  les  Juifs,  et  sur  les 
mouvements  qu’ils  se  donnent...  J’expose  donc  ’a  Votre  Ex- 
cellence qu’un  Juif,  intermédiaire  de  ses  coreligionnaires, 
a demandé,  par  l’entremise  du  protégé  d’un  autre  consulat 
que  le  mien , à s’aboucher  avec  le  sieur  C***,  et  à se  réunir 
tous  les  trois  pour  traiter  une  affaire  importante.  Cette  réu- 
nion a eu  lieu  de  mon  consentement , aün  de  connaître  le 
but  de  l’intermédiaire  juif.  Celui-ci  a formulé  quatre  pro- 
positions. La  première  stipule  la  « cessation  de  toute  tra- 
duction des  livres  juifs,  parce  que,  disait-il,  c'était  une  humi- 
liation pour  la  nation  » La  deuxième  corrobore  la  première. 

' /b.,  t.  II,  p.  289-290. 

2 juin,  à l’occasion  du  chap.  iii  des  Affaires  étrangères,  Cliambre 
des  députés. 

“ Les  nouvelles  reçues  par  faulorilc  sont  que  le  vice-roi  a donné 
l’ordre  de  tenir  bon  contre  les  Juifs;  et  les  gens  sensés  parmi  ceux-ci 
« n’ont  pas  l’espoir  de  démentir  ce  qui  a été  prouvé  contre  eux  relali- 


CUAPlTRli  SIXIÈME.  Ï09 

La  troisième  est  une  « intervention  auprès  de  moi  pour 
obtenir  de  Votre  Excellence  la  mise  en  liberté  du  mâallem 
j,'w  „ La  quatrième,  enfin,  « sollicite  l’adoption  de  ime- 
sures  propres  à obtenir  un  jugement  moins  sévère  en  faveur 
des  condamnés,  par  la  commutation  de  la  peine  de  mort  en 
toute  autre  punition.  » 

Ces  quatre  points  obtenus,  on  payait  cinq  cent  mille  pias- 
tres : savoir,  « cent  cinquante  mille  comptant  au  moment 
de  la  ratification , et  les  trois  cent  cinquante  mille  restant 
après  que  tout  serait  terminé.  restait  libre  de  partager 
la  somme  totale  avec  qui  bon  lui  semblerait.  » 

Le  sieur  C***  demandant  au  Juif  où  sc  prendraient  les 
cinq  cent  mille  piastres  en  question...  le  Juif  répondit  que 
K cette  somme  ne  devait  être  prise  sur  personne,  mais 
qu’elle  se  trouvait  prête  dans  la  caisse  de  la  synagogue,  appe- 
lée caiise  des  -pauvres!  » Signé  : Comte  de  Ratti-Menton 
Quant  a J***  P**,  ce  protégé  de  l’Autriche  que  son  con- 
sulat avait  abandonné  d’abord  aux  exigences  de  la  légalité . 
il  « chercha  oonstamment  par  son  attitude  audacieuse,  en 
SC  prévalant  du  nom  du  gouvernement  autrichien  et  de  celui 
de  ses  supérieurs,  a en  imposer  ’a  la  justice  égyptienne  et  k 
encourager  scs  coaccusés.  » Sa  ré|>onse’  est  d’ailleurs  « cal- 
quée sur  celle  que  fit  M.  Merlato  a M.  de  Ratti-.Menton  vers 
le  7 mars,  lorsque  s’éleva  un  conflit  entre  ces  deux  consuls 
relativement  k la  compétence  de  Chérif-Pacha.  Le  consul 
d’Autriche,  qui  avait  consenti  sans  difficulté  k l'incarcéra- 
tion de  dans  la  prison  du  gouvernement  local , déclara 
au  consul  de  France,  lors  de  son  revirement,  qu’il  ne  le  lais- 
serait pas  juger  par  l’autorité  égyptienne,  mais  qu’il  l’en- 
verrait au  tribunal  de  ses  supérieurs.  Il  n’expliqua  pas  si  c’était 

vement  à la  traduction  de  leurs  livres,  faite  par  quelques-uns  d’entre 
eux  au  Pacha,  et  qui  prouve  que  le  fang  de  tous  ceux  qui  travaillent  le 
jour  du  sabbat  (chrétiens  ou  musulmans)  leur  appartient.  • p.  S93. 

' Laurent,  ibid.,  t.  Il,  p.  88-90.  Sous  ce  nom  de  Caisse  des  pauvres 
existe  donc  une  caisse  nationale  semblable  à la  caisse  à Perretle  du 
Jansénisme,  à celles  des  sociétés  occultes,  et  commise  aux  bons  soins 
de  la  Synagogue. 

* Voir  p.  I7i. 


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ïio  i.i:s  JUIFS. 

à ses  supérieurs  d’Alep,  d’Alexandrie,  de  ('xmstantinople  ou 
de  Vienne  ‘ ! » 

Cependant  .M.  le  consul  de  France  restait  inébranlable 
dans  les  voies  du  devoir  et  de  l’honneur.  Sa  conduite  fut 
donc  attaquée  par  les  Juifs  et  par  leurs  iirotecteurs.  « Pour 
défendre  les  Jnifs,  nous  dit  M.  Hamont,  les  consuls  d’Au- 
triche ont  attaqué  la  réputation  d’un  magistrat  français! 
C’est  un  moyen  étrange,  mais  il  n’atténue  pas  l’accusation 
qui  pèse  sur  les  |>rotégés  des  Autrichiens.  Nous  avons  lieu 
de  nous  étonner  qu’un  consul  général  d’Autriche,  homme 
instruit , ver.sé  dans  les  mœurs  des  Orientaux,  ait  demandé 

que  l’affaire  fût  examinée  dans  des  formes  s/xcialcs Et 

que  sont  donc  les  Juifs  de  Damas  pour  qu’on  fasse  en  leur 
faveur  une  exception  à ta  règle  générale?  D'impitoyables  usu- 
riers, des  sangsues  affamées,  des  tralii|ueurs  saus  honte, 
comme  tous  ceux  qui  habitent  l'Oriciit'.  » 

Mais,  hélas!  dès  que  « I on  examine  avec  attention  ce  qui 
a été  publié  sur  la  disparition  du  Père  'l’homas,  on  éprouve 
uii  sentiment  pénible Un  honorable  magistrat,  le  repré- 

sentant de  la  France,  insiste  auprès  des  lieutenants  de  Mé- 
hémet-Ali  pour  que  justice  soit  rendue;  et  qu’arrive-t-il?  Les 
.lufEs  d’Europe  crient  au  meurtre,  h l’assassin!  On  diffame 
M.  de  Ratli-Menton ; la  communion  des  Juifs,  (]ue  protège 

le  consulat  d’Autriche,  jette  des  cris  de  détresse et, 

parce  que  des  enfants  d'Israël  sont  allés  d’Iéurope  en  Égypte,  un 
voile  épais  a été  tiré  sur  cette  scène  de  sang*,  » et  la  jus- 
tice a suspendu  son  cours. 

« Les  Juifs  de  Damas  ont  offert  de  l’or  a M.  de  Ratti- 
Ménton,  et  l’or  a été  refusé*;  » mais  cet  irrésistible  agent, 
sorti  de  la  cuisse  nationale,  ainsi  que  la  dénomme  M.  le  consul 
de  France,  s’est  mis  en  campagne,  et  la  cause  hébraïque  a 

* laiurenl,  ibid.,  t.  Il,  p.  Î19. 

2 llanionl,  l'Egypte  .vous  iléliémet-Ali,  i vol.  in-8“,  t.  I",  p.  375; 
Paris,  18i3. 

2 Les  représentants  du  judatsmo  occidental  ; voir  plus  bas,  Hamont. 
l’Egypte  mus  MehenmlnAli,  p.  J71  ; Paris,  1843.  Laurent,  t.  Il,  p.  338. 

* Laurent,  ib.,  t.  11,  p.  339. 


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CHAIMÏRE  SIXIÈMK 

trouvé  <1os  défenseurs!  Le  membre  de  la  Société  orientale 
qui  jeltc  au  beau  milieu  de  notre  public  l’étourdissante  et 
complète  procédure  de  cette  affaire,  M.  Acbille  Laurent, 
nous  affirme  que  ces  défenseurs  « ont  été  pour  la  plupart 
achetés  largement';  » et,  de  son  coté,  l’un  des  hommes 
ipii  ])ossèdent  le  mieux  le  monde  judaïque  et  le  Talmiid, 
l’ancien  rabhin  Drach,  prononça  celte  accablante  sentence  : 
« Les  assassins  du  l’ère  Thomas,  conraincus  de  leur  crime, 
ont  été  soustraits  h la  vengeance  de  la  loi  par  les  efforts  réu- 
nis des  Juifs  de  tous  les  pays L'argent  a joué  le  principal  rôle 

dans  cette  affaire  « 

Mais  que  ce  déni  de  justice,  que  la  suspension  des  lois 
'de  l’État  soient  ou  non  le  résultat  du  travail  de  cet  or  et  le 
fruit  des  exigences  de  la  |>olitiquc,  y a-t-il  pour  cela  rien  de 
changé  dans  la  nature  des  pièces,  des  aveux  et  du  jugement 
qui  donnent  ’a  ce  crime  une  accentuation  si  brutale,  une 
physionomie  si  nette  et  si  rude?  Nous  nous  contentons, 
pour  toute  réponse,  de  placer  devant  l'investigateur  des 
autorités  qui  répondent  personnellement  de  leurs  paroles  et 
de  leurs  actes;  cette  lâche  une  fois  remplie,  nous  laissons 
h chaque  lecteur,  s’il  lui  plaît,  le  soin  de  se  poser  en  juge! 
Mais  ce  que  nous  devons  formuler,  c’est  que,  dans  le  camp 
des  ennemis  de  l’Église  et  des  sociétés  occultes,  les  arrêts 
favorables  a Israël  et  insulteurs  pour  la  France  ne  se  firent 
guère  attendre,  et  nous  distinguerons  entre  les  patrons  de 
ces  Juifs  que  poursuivait  notre  consul  indigné,  le  digne  ami 
de  M.  de  Cavour,  Maxime  d’Azeglio,  dont  la  science  et  l’im- 
partialité SC  résument  dans  les  paroles  suivantes  : 

« Les  accusations  de  cruauté,  de  meurtres  d’eufanis,  de 
magie,  portées  contre  les  Israélites  en  dos  temps  moins  civi- 
lisés, sont  des  fables  qui  ne  peuvent  trouver  créance  à une 
époque  aussi  éclairée  que  la  nôtre.  Le  triste  fait  arrivé  à 

‘ l.aurent,  t.  II,  p.  ît)6.  Journnl  Je  Toulouse,  10  juillet  1840. 

- Uaroumie  entre l' Eglise  et  la  Sunagogue,  t.  I",  p.  79;Paris,  I84i. 
l.a  grave  Histoire  universelle  de  l'Eglise  de  Kulirbaclier  nous  a tenu  lo 
inèiue  Kingage,  t XXVIII,  p.  684,  ol  XXI.X,  p.  Xl7,ele.;  Paris,  1852 

14. 


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lÆS  JUIFS. 


Damas  en  484D,  dont  la  vérité  a été  révélée  et  la  justice  obte- 
nue par  sir  Moïse  Montefiore  et  par  le  jurisconsulte  Cré- 
mieux  montre  précisément  que  de  pareilles  extravagances 
ne  peuvent  avoir  de  partisans  que  dans  une  société  gros- 
sière et  ignorante*.  » 

Toutes  f)étries‘ d’audace  et  d’ignorance  que  semblent  être 
de  telles  paroles,  nous  nous  garderons  de  les  négliger,  et 
nous  nous  demanderons  comment  il  se  fit  qu’au  moment 
décisif,  la  justice,  après  s’être  si  franchement  prononcée,  ait 
trompé  l’attente  universelle  et  suspendu  ses  dernières  vin- 
dictes? Le  voici  : 

De  retour  au  Caire,  Chérif-Pacha , le  magistrat  suprême 
et  le  gouverneur  général  de  la  Syrie,  ne  cessait  de  raconter» 
« a qui  voulait  l’entendre  les  circonstances  du  meurtre.  Il 
assurait  que  les  Juifs  avaient  assassiné  les  chrétiens  pour  en 
avoir  le  sang  ®.  m El  nul  plus  que  ce  haut  magistrat  ne  de- 
vait se  sentir  en  droit  de  formuler  U haute  voix  ses  convic- 
tions, car  il  s’était  scrupuleusement  çntouré  de  tous  les 
moyens  d’investigation  que  mettait  h sa  portée  l’étendue 
sans  homes  de  son  pouvoir  discrétionnaire.  Sa  conduite 
((  ayant  été  constamment  dirigée  par  des  sentiments  de 
loyauté,  » cet  éminent  fonctionnaire  tenait  à honneur  qu’il 
fût  impossible  « de  suspecter  ses  sentiments  un  seul 
instant,  » et  le  résultat  de  Tafiaire  dirigée  par  ses  soins 
avait  été  que , de  sei/.e  Juifs  impliqués  dans  l’assassinat  du 
Père  Thomas  et  de  son  domestique,  deux  étaient  morts  dans 
le  courant  de  la  procédure , quatre  avaient  obtenu  leur  grâce 
pour  avoir  fait  des  révélations,  et  dix  avaient  été  condamnés  à 
mort  *. 

« 

L’exécution  des  condamnés  devait  suivre,  et  eût  immédia- 
tement suivi  le  prononcé  de  la  sentence,  si  le  consul  de 

‘ Grand  maître  de  l’ordre  maçonnique,  et  Israélite. 

2 L’Eglise  et  la  Synagogue,  p.  266,  etc.,  1859;  même  discours  dans 
la  bouche  de  sir  Robert  Peel  ; car  la  politique  et  le  monde  occulte  ont 
leurs  mystèras,  qui  ne  sont  que  trop  souvent  les  mômes. 

M.  Ilainont,  V Égypte,  ib.,  p.  274.  Laurent,  t‘6.,  t.  II,  p.  339. 

♦Laurent,  ibid.,  t.  Il,  f>.  223.  Voy.  leurs  noms,  ibid.,  t.  II,  p.  250,  etc. 


I 


CHAPITRE  SIXIÈME. 


213 


Franco,  M.  de  Ratti-Menton,  ayant  l’idée  assez  singulière 
de  donner  à cet  arrêt  la  sanction  de  l’approbation  la  plus 
solennelle , n’eftt  obtenu  l’envoi  de  la  procédure  au  fils  de 
Méhéraet-Ali,  b Ibrahim-Pacha,  généralissime  des  troupes 
égyptiennes  en  Syrie.  Ce  délai  changea  la  face  des  choses, 
sauva  la  vie  des  condamnés,  et  parut,  aux  yeux  des  gens 
étrangers  à l’Orient,  remettre  en  question  la  justice  de  l’ar- 
rêt-, car  ce  fut  le  moment  précis  où  les  délégués  des  Juifs 
d’Europe,  où  les  représentants  de  la  toute-puissance  Juda'i- 
que  en  Occident  arrivèrent  en  Égypte.  Ces  hommes  habiles 
et  entreprenants  adressèrent  aussitôt  leur  supplique  à Mé- 
hémet-Ali.  sollicitèrent  la  révision  de  la  procédure,  s’en- 
tendirent avec  ce  souverain,  et  lorsqu’ils  se  présentèrent  b 
l’audience,  ce  prince  leur  dit;  « Les  prisonniers  sont  libres; 
la  protection  la  plus  large  sera  accordée  b vos  frères  ; c’est 
mieux,  je  pense,  que  la  rérision  et  les  empiètes!  Le  voyage  de 
Damas  n’est  pas  sûr  aujourd’hui  ; refaire  un  procès,  d’ail- 
leurs, c’est  réveiller  entre  chrétiens  et  Juifs  des  haines  que 
je  veux  éteindre.  Je  vais  dire  aux  consuls  ma  volonté;  ce  soir 
même  j’adresserai  mes  ordres  b Chérif-Pacha....  J’aime  les 
Juifs;  ils  sont  soumis  et  industrieux-,  j’accorde  avec  plaisir 
b leurs  délégués  celte  preuve  de  sympathie  '.  « 

Voici  cependant  les  termes  du  lirman  de  Méhémet  dont 
les  Juifs  furent  réduits  b se  contenter  : « Par  l’exposé  et  la 
demande  de  MM.  Mosès Monteliore et  Crémieux,  qui  se  sont 
rendus  auprès  de  nous  comme  déléijiiés  de  tous  les  Européens 
qui  professent  la  religion  de  Moïse,  nous  avons  reconnu 
qu’ils  désirent  la  mise  en  liberté  et  la  sûreté  pour  ceux 
des  Juifs  qui  sont  détenus  et  pour  ceux  qui  ont  pris  la  fuite 
au  sujet  de  l’examen  de  l’affaire  du  Père  Thomas,  moine 
disparu  de  Damas’,  lui,  et  son  domestique  Ibrahim.  Et 
comme,  à cause  ifune  si  nombreuse  population,  il  ne  serait  pas 
convenable  de  refuser  leur  requête,  nous  ordonnons  de  mettre 

' P.  251  à 254.  Les  mots  de  grâce,  de  culpabilité  et  d'innocence  fu- 
rentévités  dans  le  firman  ; cel  acte  de  haute  et  suprême  volonté  annulait 
la  condamnation  légale  des  criminels. 

’ Mais  dont  les  restes  étaient  retrouvés. 


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114 


LKS  JUIFS. 


en  liberté  les  prisonniers  juifs,  et  de  donner  aux  fugitifs  la 
sécurité  pour  leur  retour,  etc.,  etc.  ' » 

Ce  que  les  Juifs  sollicitaient,  et  leurs  plus  folles  espé- 
rances ne  pouvaient  s’élever  plus  haut,  Méhémel-Ali  le 
concède  k la  tout(vpuissance  judaïque;  c’était  la  liberté  des 
condamnés  et  /«  iilence  de  la  justice.  Renouveler  l’enquête 
eût  été  folie  de  leur  part;  car  alors  la  France,  représentée 
dans  l’Orient  par  son  consul,  se  fût  vue,  jusque  sous  le  gou- 
vernement si  peu  chatouilleux  de  Louis-Philippe,  obligée 
de  tenir  cloués  sous  les  regards  du  monde  entier  tous  ces 
Juifs,  la  tête  basse,  les  yeux  et  la  barbe  dans  le  sang  des 
victimes I Et  ces  condamnés,  soumis  a la  honte  d une  se- 
conde enquête  que  la  France  entière  eût  suivie,  eussent-ils 
pu  faire  un  mouvement  sans  éclabousser  de  ce  sang  leurs 
hauts  et  nombreux  protecteurs? 

Le  silence,  chez  les  Israélites  européens,  un  instant  après 
cette  insigne  faveur,  eût  été  l’adresse  suprême!  Mais  ce  fut 
là  ce  que  les  Juifs,  ardents  à faire  retentir  tous  les  échos  de 
l’Europe  de  la  tapageuse  innocence  de  leurs  condamnés, 
n’eurent  jamais  le  tact  de  sentir.  Leur  principal  avocat, 
M*  Crémieux , eut,  il  est  vrai , le  mérite  de  protester  d’une 
voix  généreuse  contre  les  détestables  et  féroces  supersti- 
tions de  ses  coreligionnaires  orthodoxes;  mais  son  bonheur, 
nous  ne  saurions  dire  son  triomphe  dans  cette  malheureuse 
affaire,  ne  fut  point  modeste;  les  Juifs,  sans  doute,  ne  l’eus- 
sent point  permis!  Ils  ne  le  permettent  point  encore,  et  la 
pression  qu’ils  exercent  sur  ceux  qui  les  servent  est  irré- 
sistible. Un  jour,  en  effet,  tout  naguère,  et  c’était  en  pleine 
assemblée  judaïque,  en  l’an  de  grâce  186*4,  cet  orateur,  qui 
sait  le  coté  faible  des  siens  et  les  illusions  de  leur  orgueil , 
revient  tout  à coup  sur  ces  accusations  douloureuses,  humi- 
liantes, et  tonne  de  sa  voix  la  plus  forte  : Arrière  enfin, 
s’écrie-l-il , les  préjugés  « de  celte  contrée  où  s’était  ré- 
veillée vingt  ans  aupamant,  contre  les  Juifs,  cette  niaise 
et  abominable  calomnie  qui  les  représente  comme  pétris- 
‘ Laurent,  i6„  l.  Il,  p.  254  Î56.  Pièce*  juridique*. 


CHAPITRE  SIXIÈME. 


SIS 

sant  aux  fêtes  de  Pâque  le  pain  azyme  avec  le  sang  des 
ehréliens-,  calomnie  qu'au  nom  des  /uifs  de  tout  l’univert,  — 
ajoutait-il,  — sir  Mosès  Montefiore  et  moi,  avons  abolie  de- 
vant le  tribunal  de  ce  grand  Méhémet-Ali , dont  l'esprit 
égalait  le  courage  ’ ! » 

Plus  aveugles  que  leur  avocat,  et  d’nne  audace  que  nous 
n’oserions  qualifier,  les  écrivains  les  plus  orthodoxes  du  ju- 
daïsme français  osaient  hier  encore  se  permettre,  h l’en- 
droit du  ministre  historien  qui  glorifia  devant  la  Chambre 
des  députés  la  vigueur  du  consul  de  France  contre  les  Juifs 
de  Damas,  une  plaisanterie  que,  par  respect  pour  nos  lec- 
teurs, nous  nous  excuserions  de  rapporter  si  le  goût  et  le 
style,  si  raveuglcment  et  l’opiniâtreté  judaïques  ne  s’y  pei- 
gnaient en  traits  inimitables  : 

« Un  fait  curieux!  Les  jours  de  Hosch  Hascliana,  on  a 
sonné  du  schofar  dans  l’hôtel  M***,  qui  est  voisin  de 
M.  Thiers.  Le  grand  homme  a été  surpris,  saisi,  efl’rayé 
de  ces  sons  étranges  et  lugubres.  11  croyait  peut-être  que  le 
jour  du  jugement  était  arrivé,  que  le  Dieu  dm  Juif»  allait  lui 
demander  compte  de  sa  conduite  déplorable  dans  l’affaire  de 
Damas,  et  que  les  victimes  des  Jésuites,  sollicitant  en  vain  les 
seeoursdu  consul  de  France,  protégé  de.M.  Thiers, sortaient 
sanglantes  de  leurs  tombes  pour  crier  vengeance*.  » 

Et  certes,  si  la  pudeur  eût  seulement  permis  do  donner 
un  signe  d’intérêt  ô ces  misérables,  que  n’eût  [H)int  fait  en 
faveur  des  Juifs  de  Damas  le  gouvernement  du  souverain 
qui,  dans  un  de  ses  épanchements  libéraux,  leur  avait  dit 
en  audience  publique  ; « Ainsi  que  l'eau  qui  tombe  goutte 
à goutte  finit  par  percer  le  rocher  le  plus  dur,  de  même  l’in- 
juste préjugé  qui  vous  poursuit  s’évanouira  devant  les  pro- 
grès de  la  raison  humaine  et  de  la  philosophie  ’ ! » 

' Archives  Israélites,  recueil  religieux,  moral  et  littéraire...,  t.  XXV, 
p.  519,  in-S”;  Paris,  186i. 

“ L' Univers  israélite,  II,  p.  52,  octobre  1866.  Voilà  le  ton  et  l’au- 
dace de  ces  revues,  oû  reviennent  sans  cesse  les  noms  du  P.  Thomas 
et  du  petit  Mortara. 

Bédarride  ,ib„  Des  Juifs,  p.  i30.  — Un  de  nos  amis  fut  chargé  par 

• 


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S16 


LES  JUIFS. 


Mais  le  monarque  dont  M.  Thiers  fut  le  ministre  avait 
entre  les  mains  quelque  chose  de  plus  irrécusable  et  de  plus 
fort  que  les  clameurs  de  Juda;  car,  nous  dit  le  grave  auteur 
de  V Histoire  universelle  de  i Église,  « toutes  les  pièces  dix  procès 
furent  envoyées  k la  cour  de  France'.  » 

Elles  y furent  envoyées,  et  si  l’influence  qui  domine  dans 
les  révolutions,  où  les  Juifs  ont  toujours  une  part  immense, 
ne  les  a point  fait  disparaître , elles  y sont  encore  ; car  le 
livre  qui  les  a reproduites  quatre  ans  avant  le  bouleverse- 
ment de  1848,  c’est-à-dire  quatre  ans  avant  l’époque  où 
l’Israélite  Crémieux  fut  un  des  souverains  provisoires  de  la 
France,  se  termine  par  cet  avis  au  lecteur  que  nous  rappor- 
tons pour  la  seconde  fois  : 

« Tous  les  documents  relatifs  k la  procédure  dirigée  contre 
les  Juifs  de  Damas , accusés  du  double  assassinat  du  Père 
Thomas  et  de  son  domestique  Ibrahim-Amurali , ciaiu  dé- 
posés au  ministère  des  affaires  étrangères,  il  sera  facile  de  consta- 
ter l’exactitude  des  procès-verbaux,  notes  et  pièces  juridiques 
qui  sont  en  tête  de  celte  troisième  et  dernière  partie’.  » 

Le  lecteur  aura  donc  toute  facilité  de  s’édifier;  et  peut- 
être  alors  ces  paroles  de  M.  Hamont  lui  paraîtront- elles 
celles  d’un  homme  de  sens.  « Si  dans  notre  France, — pays 


le  gouvernement  de  4830  d’une  importante  mission  dans  les  Etats  de 
Méhémet.  Nous  croyons  même  que  le  but  principal  de  cette  mission 
était  de  savoir  de  ce  prince,  et  des  principaux  personnages  initiés  à la 
conduite  de  cet  affreux  procès,  les  faits  positifs  et  les  circonstances 
déterminantes  de  celte  odieuse  affaire.  Autant  que  ses  devoirs  de  dis- 
crétion le  lui  permirent,  ce  très-consciencieux  personnage  répondit 
à nos  questions,  entra  dans  certains  détails,  et  nous  alTirma  que  nul, 
en  Orient,  ne  révoquait  en  doute  cet  assassinat.  Cet  homme  grave,  que 
nous  devons  nous  abstenir  de  nommer,  est  encore  plein  de  vie;  il 
pourrait  parler  et  peut-être  mieux  faire  I 
Nous  reçûmes,  en  présence  de  quelques  amis,  un  témoignage  ana- 
logue de  la  part  d’un  voyageur  sérieux,  sénateur  de  l’Empire,  et  que 
ses  investigations  avaient  retenu  quelque  temps  à Damas.  Mon  do- 
mestique, nous  dit-il  en  outre,  y faillit  avoir  le  sort  du  Père  Thomas; 
il  ne  se  tira  d'affaire  que  grâce  à sa  force  musculaire  et  à une  rare 
présence  d’esprit.  ‘ 

‘ Rohrbacher,  t.  XXVIII,  p.  684;  Paris,  485Î. 

^ Ach.  Laurent,  membre  de  la  Société  orientale.  Relation  historique 
des  affaires  de  Syrie  depuis  4840,  etc.,  etc.,  t.  Il,  p.  399. 


e 


CHAPITRE  SIXIÈME.  217 

de  rectitude  mais  de  générosité  si  souvent  irréfléchie,  — la 
masse  de  la  nation  ne  peut  admettre  les  motifs  qui  ont  fait 
assassiner  le  Père  Thomas,  cela  se  conçoit;  mais  il  est  per- 
mis aux  hommes  qui  ont  séjourné  quelque  temps  en  Oriênt^ 
aux  hommes  qui  ont  fréquenté  les  Juifs , h tous  ceux  enfin  qui 
ont  vécu  parmi  les  peuples  orientaux,  de  penser  autre- 
ment' »,  et  nous  allons,  dans  un  instant,  une  fois  de  plus, 
en  voir  la  cause. 

CONCLUSION. 

Ces  immolations  accomplies  par  des  Juifs  franchement 
orthodoxes  sont  de  tous  les  siècles.  — La  loi  religieuse  du 
Talmud  leur  en  fait  un  devoir  et  un  singulier  mérite.  Un 
beau  jour  nous  les  voyons,  sous  le  règne  de  Philippe 
Auguste,  lever  le  masque  et  perpétrer  a ciel  ouvert  cette 
œuvre  talmudique-,  car  l’impunité,  cette  fois,  leur  semble 
légalement  acquise-,  mais  ils  ont  compté  sans  leur  hôte. 
Leur  habitude,  fondée  sur  les  lois  de  la  prudence,  est  de 
nier  avec  l’aplomb,  l’inexprimable  aplomb  qui  caractérise 
dans  leur  bouche  toute  offense  h la  vérité,  cet  acte  qui  ne 
cessa  de  soulever  contre  eux  l’unanime  réprobation  des  peu- 
ples. Mais  la  justice  humaine  les  a mille  fois  pris  sur  le  fait. 
Les  pages  les  plus  irrécusables  de  l’histoire,  les  arrêts  des 
tribunaux  laïques  les  plus  éminents,  et  les  plus  inattaquables 
procès-verbaux  de  l’Église,  répondront  jusqu’k  la  fin  des 
temps  aux  audacieuses  dénégations  du  Juif. 

Et,  chose  aussi  naturelle  que  digne  de  remarque,  ces 
faits  qu’engendrent  une  même  inspiration , une  même  idée 
religieuse,  se  ressemblent  d’une  ressemblance  si  frappante, 
que  l’intervalle  de  plusieurs  siècles  ne  saurait  altérer  leur 
physionomie,  modifier  leur  caractère.  C’est  pourquoi,  si 
nous  parcourons  du  regard  les  actes  relatifs  au  martyre  du 
jeune  Simon  et  les  actes  de  la  procédure  du  Père  Thomas , 
que  sépare  un  espace  de  temps  près  de  quatre  fois  séculaire, 
la  pensée  de  deux  dates  distinctes  s’efiTace  devant  la  nature 

I 

* Hamont,  ib.,  p.  373,  l’Egypte  sous  iféhémet-Ali;  2 vol.  in-S**, 
4843.  Laurent,  t.  II,  p.  339. 


!,rs  JUIFS. 


!IR 

des  faits-,  l’nn  est  l’exacte  répétition  de  l’autre,  et  nous 
ci-oyons  assister  an  même  drame. 

En  se  rcmlaiU  coupable  de  ces  crimes  religieux,  ce 
peuple,  qui  ne  vit  que  de  scs  traditions,  se  bornait  d’ail- 
leurs, ainti  que  nom  te  dira  le  chapitre  suivant,  à répéter  ce 
i|ue , dès  avant  le  Christ,  avaient  fait  ses  pères,  adonnés  aux 
pratiques  sauvages  de  l’idolâtrie,  cl  fanatiques  anlhroiK)- 
pliages,  si  la  Bible  est  un  livre  d'bisloire! 

yiioi  qu’il  en  soit,  n’oublions  point  le  mot  que  font  re- 
tentir à nus  oreilles  les  tils  de  .lacob  : u Les  Israélites,  ’a  qui 
Dieu  a révélé  sa  doctrine  et  i>rescrit  des  lois  si  justes,  sont 
animés  de  bonté  envers  toutes  les  créatures.  — C’est  là  le 
caractère  dominant  en  Israël;  on  peut  l’appeler  peuple  au 
cunir  tendre  ' ! » Amen  ! 

' Archives  israilites,  XVIll,  p.  84-j;  1867. 


NOTE  FINALE  ET  IMPORTANTE 

scs  I.A  CONDUITE  DO  CONSUL  DE  FRANCE. 

Dans-  leurs  rapports,  MM.  se  permettent  d'outrager  l’honora- 
ble M.  de  Halti-Menlon,  qu’une  carrière  administrative  do  dix-septans 
et  les  plus  brillants  services  devaient  mettre  à l’abri  d’un  reproclK-. 
Mais  « si  son  zèle  et  son  impartialité  dans  la  procédure  sont  méconnus 
par  quelques  ennemis  jaloux,  la  Franco,  la  religion  et  les  populations 
entières  de  l’Bgypti-  et  de  la  Syrie  lui  tiendront  compte,  ainsi  qu’i 
Oliérir-Pacha,  de  leur  conduite  impartiale.  Il  ost  vrai  que  M.  de  HaUi- 
Menton  a refustt  les  offres  les  plus  brillantes,  et  ipie  sun  âme  n'est  pas 
vénale  comme  celle  de  plusieurs  de  ses  adversaires;  lui,  du  moins,  n'csl 
pas  vendeur  d' esclaves;  et  son  nom,  dans  nos  contrées,  n’osi  pas  le 
synonyme  de  l’ignoniiniel  11  a rejeté  avec  dégoût  les  millions  qui  lui 
ont  été  offerts,  et  c’est  avec  indignation  que  nous  l’avons  vu  traiter 
d’inquisiteur  par  M.  Crémieux'.  s 

O I)e  la  discussion  qui  s'établit  A la  tribune  {fran^-aisel,  il  e*l  résulté 
que  la  conduite  de  notre  agent  coiisu.aire  à Damas  avait  été,  dans  cette 
circonstance,  digne  d’éloges...  M.  le  pré.sident  du  conseil  a pris  avec 
chaleur  la  défense  du  consul , que  recommandent  à la  fois  de  longs  et 
utiles  services  et  le  caractère  personnel  le  plus  honorable.  Les  paroles 
prononcées  par  M.  le  ministre  des  affaires  étrangères  ont  pleinement 
confirmé  ce  que  plusieurs  organes  do  la  presse,  très-exactement  infor- 
més. avaient  déjè  publié  sur  les  démarches  actives  du  représentant 

‘ f-atir.,  |6.,  I.  Il,  |i.  arti-S.  Lettre  insérée  te  10  jilîllcl  IHtO  clam  le  Journal  de 
Touloute  du  15  uiai.  Alcsaudrir. 


CH  \PFTI1E  SIXiKM  li.  îl9 

de  quelques  États  de  l'Alleiuiigne  qui,  cedant  à l'inslanot  de  plueieun 
maisons  de  banr/ue  juives,  ont  réuni  leurs  efforts  pour  lutter  contre  le 
consul  de  France,  (icnaturer  les  faits  de  celte  déplorable  affaire,  et  éga- 
rer ainsi  l’opinion  sur  la  véritable  cause  de  ce  double  assassinat'.  » 

Lire  toutes  les  pièces  dans  Achille  Laurent,  entre  autres  la  lettre  de 
M Barker,  ex-consul  d'Angleterre  à Alep,  et  depuis  fixé  à Siiedieli, 
avril  1841,  lettre  admirable  de  courage,  de  clarté  et  de  précision.  Ib., 
l.  Il,  p.  .302,  etc. 

Entre  ces  traits  nombreux  de  chrétiens  sacrifiés  par  les  Juifs,  l’un 
des  plus  beaux  est  celui  que  la  victime  elle-même,  arrachée  de  leurs 
mains,  avait  maintes  fois  racontée  à M.  .M**»,de  qui  le  tenait  .M,  le  baron 
de  Kalle,  officier  prussien.  C’est  l’histoiro  de  la  femme  d’un  négociant 
étranger,  enlevée  à quelques  pus  de  son  mari,  et  découverte  au  mo- 
ment critique  par  le  plus  singulier  Iwnheur.  Déjà  la  cérémonie  com- 
mençait, Dépouillée  jusqu’à  la  ceinture,  et  placré  devant  deux  rabbins 
qui  lésaient  depuis  quelques  instants  sur  elle  les  formules  du  rituel  hé- 
braïque, on  venait  de  lui  dire  : Vous  allez  mourir Cependant,  fou 

d’inquiétude  et  de  terreur,  son  mari  la  cherc.hail  partout  ; Faites  atten- 
tion, venaitdo  lui  rappeler  un  ami,  qu’en  certains  cas  les  Juifs  enlèvent 
les  chrétiens  pour  les  immoler.,,  etc.,  etc.  Lire  celle  très-intéressante 
relation  et  la  lettre  du  baron  de  Kalte,  Alexandrie,  6 février  4 844 , Lau- 
rent, ib.,  p.  307  à 313. 

' 5 juin  1K4Û.  t.  11,  p.  3ù5-*(>. 


CHAPlTIUi  .SEPTIÉ.ME. 

PREMIÈRE  DIVISION.  — MORALE  TAt.MHDtQEE.  ANtlOlITÉS 
IlIBLIUL'ES.  ANTMUOPOPIIAGIB  8ACRÈK. 

Toujours  entraîné  vers  le  polythéisme,  le  Juif,  dès  les  temps  les  plus 
anciens,  se  livre  aux  pratiques  immondes  cl  atroces  des  Cabniiaies 
sabéistes,  c’est-à-dire  des  premiers  adorateurs  dos  astres.  — Ce 
que  sont  ces  idolâtres.  — La  Bible  énumère  leurs  crimes,  que  ni  la 
loi  ni  les  prophètes  ne  pourront  arn'ter.  — Cette  épouvantable  ido- 
lâtrie s’établit  avec  son  personnel  cl  son  mobilier  jusque  dans  le  pa- 
lais des  rois,  jusque  dans  le  temple.  — Ses  actes  suprêmes  sont  les 
sacrifices  humains,  et  l’anthropophagie  sacrée,  la  manducation  de  la 
chair  humaine.  — La  Bible  nous  donne  l’histoire  et  la  clef  de  ces 
superstitions,  que  la  tradition  talmudique  transmit  aux  descendants 
de  ces  Juifs  prévaricateurs. 

■ t-'n  vérité,  la  religion  d^ltraèi,  «fre  ton  hor- 

reur du  saiJg  «*l  M céleste  douceur,  eat  caimbte  de  sauver 
le  iiiondcfie  Itt  iaflfarif!  * Vnivfrsitraéiite,  XI,  |».  490, 

Eli  quoi!  les  Juifs,  les  vrais  orlliodoxes  du  judaïsme,  se 
rendre  coupables  des  lâclies  assassinats  que  l’iiisioire  vient 


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ÎÎO 


I.ES  JUIFS. 


de  nous  signaler!  Mais  h quoi  bon  ces  perGdies?  pourquoi 
ce  sang?  pourquoi  du  sang  de  chrétien?  Que  la  voix  du  passé 
nous  le  dise  ou  que  ce  soit  celle  des  contemporains,  la  ré- 
ponse reste  la  même  et  ne  saurait  changer  ; c’est  que  tel  est 
le  vœu  du  culte. 

Comment!  du  culte?  Une  religion  pourrait-elle  donc  en- 
fanter ces  crimes  détestables,  exiger  ce  tribut  de  sang  hu- 
main? — Oui,  si  cette  religion  n’est  plus  qu'un  dégoûtant 
mélange  de  croyances  absurdes  et  de  pratiques  odieuses, 
où  s'entrc-croisent  les  superstitions  cabalistiques  du  Talmud 
avec  celles  de  certains  peuples  chez  lesquels  ont  campé  les 
üls  d’Israël.  Et,  dès  lors,  la  stupide  férocité  de  l’homme  n’a 
plus  lieu  de  nous  surprendre,  puisque,  chez  tout  être  humain, 
la  croyance  est  la  règle  des  actes.  Jusque  sous  la  verge  de 
Moïse  et  d’Aaron,  ce  peuple,  h qui  le  Christ  reproche  ses 
inventions  sacrilèges  et  ses  fausses  traditions,  mêlées ’a  celles 
qui  font  partie  de  la  loi  divine,  tombe  et  retombe  sans  cesse 
dans  les  honteuses  superstitions  des  étrangers  qui  l’entou- 
rent. Et  non-seulement  il  adore  le  veau  d’or  jusqu’aux  pieds 
du  Sinaï,  mais  sa  pente  vicieuse  l'entraîne  aux  plus  incroya- 
bles abominations.  Il  en  porte  témoignage  contre  lui-même, 
et  ce  témoignage  est  éternel , car  il  est  celui  des  livres  que 
sa  dispersion  a répandus  au  milieu  des  peuples.  Que  s’il 
nous  plaît  d’ouvrir  cette  histoire,  la  page  qui  nous  décrit 
son  inconstance  et  les  énormités  du  Juif  se  répétera  sans 
cesse,  et  nous  trouverons  presque  à toute  époque  Israël 
égal  et  identique  îi  lui-même,  c’est-à-dire  s’échappant,  glis- 
sant des  mains  de  Dieu.  Sur  ce  point , rien  ne  le  change  ; 
rien  jamais  ne  le  changera,  si  ce  n’est  le  Christ,  et  peut-être 
le  jour  de  ce  changement  radical  commence-t-il  à poindre! 
Jusque-là,  si  jadis  ses  législateurs,  si  sa  loi  divine  et  pure, 
si  son  gouvernement  divin,  si  son  sacerdoce  ne  purent  l'em- 
pêcher de  chanceler  et  de  tomber  de  gouffre  en  gouffre, 
quelle  candeur  y aurait -il  à s’étonner  que,  sevré  de  ces 
législateurs,  de  ce  gouvernement,  de  ce  sacerdoce,  de  cette 
loi  divine  et  pure  transformée  en  loi  sacrilège  et  adultère, 


CHAPITHË  S1‘PT1ËM£:.  tH 

il  se  traîne  dans  rabîme  d'où  jadis  le  bras  paternel  de  son 
Dieu  le  relevait  sans  cesse? 

Du  sang!  du  sang!  il  savait  en  verser  b flots  aux  pieds  des 
dieux  de  la  geutilité,  ce  peuple  que  de  tristes  savants  nous 
ont  peint  comme  possédé  de  l’esprit  du  monothéistne.  Oui , 
du  sang,  et  qui  devait  lui  coûter  un  peu  plus  que  celui  des 
chrétiens!  car  il  devait  sortir  de  ses  veines;  il  devait  être  le 
sang  de  ses  propres  enfants!  Et  sa  fureur  pour  ce  crime  reli- 
gieux était  extrême,  puisque  tant  de  pages  de  l'Écriture 
répètent  coup  sur  coup  les  terribles  menaces  de  Dieu  contre 
ce  crime  d’habitude,  c’est-a-dire  contre  les  actes  d'une  idolâ- 
trie qui  résume  dans  son  rituel  toutes  les  monstruosités  des 
sabbau  magiques;  le  vice  des  villes  maudites  de  la  mer  Morte 
et  au  delà  : l’homicide  et  rantbro|K>phagie.  Nous  nous  adres- 
sons b des  lecteurs  dont  quelques-uns  resteront  b coup  sûr 
bouche  béante  en  nous  écoutant  et  nous  demanderont 
compte  de  nos  paroles.  Nous  ne  saurions  nous  étonner  de 
leur  étonnement,  et  puisque  les  mains  du  Juif  sont  le  pupitre 
de  la  Bible,  au-dessus  de  laquelle  il  installa  le  Talmud,  dé- 
gageons ce  premier  livre  et  voyons  en  l’ouvrant  si  les  fils 
d’Israël  ont  dégénéré  lorsque,  fidèles  b leurs  traditions  ca- 
balistiques, et  scrupuleux  observateurs  des  rites  transmis 
par  les  grands  maîtres  du  rabbiuat,  ils  goûtent  et  savourent 
le  sang  des  hommes  tombés  sous  le  couteau  du  sacrifice. 

« Enfants  d’Israël,  disait  le  Seigneur,  vous  ne  cessez  de 
vous  livrer  aux  pratiques  idolâtres  de  tous  les  peuples  qui 
vous  entourent;  gardez-vous  donc,  b leur  exemple,  de 
donner  vos  enfants  pour  être  consacrés  b l’idole  de  Moloch  : 
gardez-vous  de  ces  abominations  que  le  texte  de  ma  loi 
vous  explique.  Marchez  devant  moi  dans  votre  droiture,  ou 
redoutez  mes  Justes  vengeances  ‘ ! » 

‘ Nec  poiluamini  omnibus  quibus  contaminatæ  sunt  universæ  gen- 
tes.  De  semine  tuo  non  dabis  ut  consecretur  idolo  Moloch.  Cum  mas- 
culo,  etc.,  etc.,  etc.,  quia  abominalio  est.  Cum  omni  pecore,  etc.,  etc., 
nec  maculaberis  cum  eo;  niuUer  non  succumbet,  etc.,  etc.,  quia  sce- 
lus  est.  Lévitique,  Bible,  xviii,  21  à 25. 

Moloch,  Mefehom,  Baal,  eic.,  ck-.,  sont  un  même  dieu-soleil,  ou  lu- 


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ïîJ  LKS  JUIFS. 

Les  audacieuses  iiilidélilés  d’Israël  übli^cnl  cependant 
le  Sei"iieur  à revenir  sans  cesse,  par  la  bouche  de  Moïse  et 
des  prophètes,  sur  les  interdictions  et  les  menaces.  Écou- 
lons, et  si  nous  voulons  pëiiétrer  les  cruels  mystères  du 
judaïsme,  ne  perdons  pas  une  seule  de  ces  paroles  bibliques. 
« Frappez,  frappez,  dit  le  Seigneur,  si  vous  ne  craignez  d'al- 
lumer ma  colère,  frap|tez  de  mort  riioinme  eu  Israël  qui 
donne  à l'idole  de  Moloch  un  de  ses  enfants'.  Ah!  vous 
vous  riez  de  mes  défenses,  et,  loin  de  repousser  toute  alliance 
avec  les  habitants  de  la  terre  de  Chanaan , et  de  renverser 
leurs  autels,  vous  faites  le  mal  à ma  face,  vous  épousez  les 
filles  et  les  üls  de  ces  idolâtres  j vous  vous  prostituez ’a  leurs 
dieux,  vous  les  adorez:  Israël  se  fait  le  serviteur  do  Baal  et 
d’Astarolh,  il  adore  des  abominations’! 

« Oui,  vous  usez  bâtir  jusque  sous  les  murs  de  Jérusalem 
les  hauts  lieux  de  Topiielh,  dans  la  vallée  des  fils  d’Ennom, 
|joiir  y consumer  dans  le  feu  vos  filles  et  vos  fils  ofl'erts  â Mo- 
lodi!  C'est  pourquoi’  je  renverserai  Jérusalem,  parce  que 
vous  avez  rendu  ce  lieu  célèbre  en  y sacrifiant  â des  dieux 
étrangers,  en  y bridant  vol  enfants,  en  les  ofjrant  en  lioto- 
causie  à Baal,  gorgeant  la  terre  du  sang  des  innocents.  C’est 
pourquoi  je  rendrai  cette  ville  l’objet  de  la  stupeur  et  do  la 
plus  cruelle  raillerie  des  hommes!  >'ul  n’y  passera  sans 
épouvante,  ni  sans  insulter  a ses  plaies.  L’ennemi  va  l’as- 
siéger, et  je  nourrirai  ses  habitants  de  la  chair  de  leurs  fils 
et  de  leurs  filles*. 

micro  mêle  et  femeüe  ; Uianus-tliana.  etc.,  etc.  Voir  notre livie/li'fu  et 
les  dieuic,  dans  une  niiiltiiude  de  chapitres,  et  dissertations  sur  Mulocti, 
Ctiainos,  Béelphdgor.  Bible  Venue  I).,  l.  Ut,  p.  tO  ;i  "3,  S''  ddil.,  Paris, 
18Î9.  — Dans  le  culte  c(i6a(wt/co-.wfieù/ur,  tantôt  un  faisait  pa.ssrr  la  per- 
sonne consacrée  au  travers  du  fou,  tantôt  on  t’v  ^ôti^^ait,  on  buvait  son 
sang  et  on  dévorait  ses  chairs.  Voir/ôid.  Bible,  iàagesse,  ch.  xii,v.  6,  etc. 

' Ih.,  Bible,  Lévil.,  ch.  xx,  v.  2 à C. 

- Ibid.,  Bible,  Juges,  ii,  v.  2 , 1 1,  17;  — iii,  6, 7,  etc.;  iVf.,  IV  Rois, 
ch.  XVII,  V.  1 1 a 13,  16,  17  ; «...  et  colucrunt  iminunditias.  » 

f Bible,  Jérémie,  cli.  vu,  v.  31-32;  xxxii,  3.5.  etc.  « Ædiflcaverunt 
cxcplsa  Tophelh,  ut  ii.ceiiderenl  filios  suos,  et  filias  suas  igni...  » 

* Bible,  i6.,  Jénhnie,  ch.  xix.  v.  3,  etc.  « Ponam  civitalem  in 
stuporcm  et  in  sibiluni.  cilwbo  eoa  carnibus  liliormu  suoruin  et  lllia- 
rum  suarum,  et  unusrjuisque  earnem  amici  sui  coinedet  in  obsidione.  » 


cil  A PITRE  SEPTIÈME.  423 

0 maison  tl  lsraël,  (|iii  le  croirait?  dëjh,  jusque  dans  le 
désert,  k peine  sortie  d’Égypte,  sous  l’œil  redoutable  de 
Moïse,  Il  rorubrc  de  la  nuée  miraculeuse  qui  vous  protégeait, 
au  milieu  des  prodiges  dont  vous  rassasiait  le  Très-Haut, 
déjh,  au  lieu  de  m’oiîrirdfcs  hosties  et  des  sacrifices  pendant 
, ces  quarante  ans  d’attente,  ne  portiez-vous  pas  'a  coté  de 
mon  arche  d'alliance  le  tabernacle  de  votre  Molocli  a tête  de 
veau'?  l’image  de  vos  divinités  homicides?  l’étoile  de  votre 
dieu  Rempham? c’est  pour(|uoi  je  vous  transporterai  plus  tard 
au  delà  de  Rabylone'!  Réiii  soit  doue,  entre  vos  rois,  le 
roi  Josias,  car  il  donna  l’ordre  au  pontife  Helcias  de  jeter 
hors  du  temple  du  Seigtieur  les  vases  qui  servaient  an  culte 
de  Baal  et  de  tous  les  astres  du  ciel'.  Béni  ce  roi,  car  il  les 
réduisit  en  cendres-,  il  extermina  les  augures  établis  par 
vos  rois  pour  sacrifier  sur  les  hauts  lieux  dans  les  villes  de 
Jtida;  il  mit  à mort  ceux  dont  l’encens  fumait  en  l’honneur 
du  Soleil,  de  la  Lune,  des  douze  signes  et  de  toutes  les 
étoiles  du  ciel;  il  renversa  les  petites  maisons  construites 
dans  le  temple  même  du  Seigneur  à l’usage  des  infâmes  qui 
servaient  d’instrument  à ce  culte  immonde,  et  [Kiur  lesquels 
les  doigts  des  femmes  s’exerçaient  à des  œuvres  sacrées!  Il 
profana  les  hauts  lieux,  où  venaient  sacrifier  les  prêtres  des 
idoles  d’un  bout  à l’autre  de  ses  États,  et  sans  omettre  ceux  de 
Topheth,  afin  que  personue  ne  consacrât  plus  sou  fils  ou  sa 
fille  à -Moloch  par  le  feu  ; il  enleva  les  chevaux  donnés  om 
Soleil  |)ar  les  rois  de  Juda,  et  brûla  les  chars  de  ce  dieu; 
il  détruisit  les  autels  élevés  parles  rois  de  Juda  sur  le  dôme 
de  la  chambre  d’Achaz,  et  ceux  qu’avait  construits  .Manassé 
dans  les  deux  parvis  du  temple  du  Seigneur;  il  profana  les 

* Bible,  Amos,  ch.  v,  25,  etc.,  Uissert.  sur  Moloch,  ib.,  Dis.scrl. 
sur  l’idolatric  dans  lo  désert.  Bible  Voiice  D.,  t.  XVH,  p.  170;  Pari.s, 
1829.  Et  porlastis  labernaciilum  Molocb  vcslro...  sidus  Dei  vestri.  — 
/6.,  Actes  des  Apôtres,  ch.  vu,  v.  .39  à 41,  etc.  — Lovitique,  ch.  xvit, 
V.  T.  Immolabunt  hostias  daemouibus  (pilusis)  cuin  quibus  t'ornicati 
sunt,  Lovit.  ch.  xvii,  v.  7. 

2 Salslismc  et  cabale,  ou  astroiopie  chuldéenne  enseignée  par  les  fils 
de  Cham.  l.es  Juifs  furent,  chez  tous  les  peuples,  les  princes  de  la  ma- 
gie cabalistique  et  do  l'astrologie;  voir  plus  bas,  ch.  Cabale. 


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îîi  LES  JUIFS. 

hauts  lieux  k droite  de  la  montagne  du  Scandale,  élevés  par 
Salomon  k Astarté,  déesse  des  Sidoniens,  k Cbamos  le  scan- 
dale de  Moab,  et  k Moloch  l’abomination  des  Ammonites; 
enfin  il  tua  les  prêtres  voués  aux  autels  des  hauts  lieux; 
il  extermina  ceux  qu’impirait  un  esprit  de  Python,  et  fit  dis- 
paraître du  milieu  du  peuple  tout  ce  qui  le  poussait  aux 
actes  immondes  et  abominables'.  Cependant,  hélas!  k peine 
l’abomination  avait-elle  été  chassée  de  la  maison  d’Israël, 
qu’elle  y rentrait  avec  une  violence  nouvelle , poussant  les 
vigoureux  rejetons  que  pousse  la  plante  qui  croit  dans  son 
terrain  favori,  et  toutes  les  monstruosités  imaginables  s’entre- 
mêlaient dans  les  pratiques  de  ce  culte  adultère,  si  plein 
d’appâts  pour  la  multitude  et  pour  les  princes  d'Israël’! 

Mais,  achevons  de  nous  convaincre,  devant  Le  texte  sacré,  de 
la  férocité  de  cette  religion  homicide  et  immonde  dont  la 
magie  conserva  les  rites  abominables,  et  que,  toujours  prêt 
k la  révolte,  Israël  préférait  au  culte  de  sou  dieu  : Les  voilk 
donc,  Seigneur,  ces  peuples  de  la  terre  de  Chanaan  que 
U vous  aviez  en  horreur,  que  vous  aviez  voulu  perdre  par  la 
main  de  nos  pères , » et  dont  nos  pères  ont  sans  cesse  imité 
les  abominations!  Voyez  ces  œuvres  détestables,  ces  crimes 
de  la  superstition  et  de  l’idolâtrie , ces  infâmes  débauches , 
« ces  enchantements  et  ces  sacrifices  impies!  Ils  tuent  sans 
compassion  leurs  propres  enfants  ; ils  hàngent,  et  ce  sont  les 
entrailles  des  hommes;  ils  boivent,  et  c’est  le  S.4NG  des  victimes 
humaines''.  » 

Voilk,  voilk  donc,  malgré  les  menaces  de  Dieu,  les  ido- 
lâtres dont  Israël  se  complaît  k faire  scs  modèles  ; voilk  le 
tissu  des  crimes  contre  nature  qui  sont  devenus  les  grands 
actes  de  sa  religion!  Aidée  des  conseils  empestés  du  sacer- 


' Immunditias  ol  abominationes  quæ  fuerant  io  terra  Juda  et  Jéru- 
salem, etc.  Rois,  liv.  IV,  tout  le  chap.  xxiii,  etc.,  etc. 

“ Léviüque,  ch.  xviii,  v.  St , SS,  S3.  — Rois,  liv.  IV,  ch.  xxiii,  v.  7, 
11,  IS,  etc.,  Ole. 

^ Et  Gliorum  suorum  necatores  sin«  misericordia.  etcoroestores  vis- 
cerum  boniiiium,  et  devoratores  sanguints!  Bible,  Sagesse,  cbap.  xii. 
V.  3,  etc. 


..  -.Ogk 


CIIAIMTRF  SEPTIÈME. 


225 


doce  et  des  oracles  de  l’idolâtrie,  la  sagesse  liumaiiie  mé- 
prise, repousse  la  tutelle  du  sacerdoce  divin-,  elle  pervertit 
les  idées  saintes  d’expiation  et  de  sacrifice,  et  se  dit  â elle- 
même  ' : Cette  chair  humaine  que  l’homme  mange , ce  sang 
humain  qu’il  boit,  c’est  la  loi  du  sacrifice  dans  sa  plus 
haute  et  parfaite  conception.  Car  celui  qui  prévarique,  celui 
qui  commet  le  péché,  le  crime,  n’est-ce  point  l’être  doué 
de  raison.^  n’est-ce  point  l’homme?  La  personne  humaine 
doit  donc  expier  le  péché.  La  victime,  ce  sera  dès  lors,  non 
point  un  animai  sans  raison,  mais  l’homme  lui-même.  Et 
la  purification  ne  s’opère  qu’autant  que  celui  qui  sacrifie 
s’identifie  ’a  la  victime,  qu’autant  tju’il  la  fait  devenir  ce 
qu’il  est  lui-même,  c’est-â-dire  sa  propre  chair  et  son  propre 
sang.  Or,  la  manducation  seule  accomplit  cette  œuvre. 
L’homme  religieux  doit  donc  sacrifier  et  manger  son  sem- 
blable*. Et  voila  comment,  issues  l’une  et  l’autre  de  la  cabale 
sabéhte,  l’idolâtrie  payenne  autrefois,  et  l’idolâtrie  des  tra- 
ditions talmudiques*  jusqu’à  nos  jours,  s’emparent  des 
vérités  éternelles  pour  les  corrompre,  pour  les  pervertir,  et 
pour  en  retourner  le  sens. 

‘ Elle  pervertit  les  saintes  notions  de  la  chariU^,  et  se  dit  : La  re- 
cherche ae  l’homme  par  l’homme,  devenue  le  vœu  du  culte  (Bible,  Reg., 
1.  IV,  ch.  XXIII,  V.  7 : ElTeminati,  etc.,  etc.),  c’est  le  symbole  de  la 
grande  fraternité  des  hommes;  c’est  la  haute  inspiration  de  l’amour 
céleste,  si  supérieur,  ainsi  que  l’enseigne  Platon  dans  son  Banquet, 2m\ 
vulgaires  et  misérables  instincts  de  l'amour  naturel.  L’humble  recher- 
che de  la  brute  par  l’homme,  c’est  l’élévation  de  la  brute  à l’homme; 
c’est  la  communion  des  règnes  échelonnés  de  la  nature.  L’homme 
unissant,  élevant  à lui  tant  do  choses  par  la  manducation  et  par  l’a- 
mour, recompose  le  grand  tout,  qui  se  divise  sans  cesse,  et  unit  par 
s’élever  lui-méme  jusiju’aux  dieux;  et  ceux-ci  l’cn  récompensent  sou- 
vent d’une  manière  visible  en  revêtant,  pour  s’unir  à lui,  cette  forme 
de  la  bête!  Notre  livre  des  hauts  phénomènes  de  la  magie  fait  plus 
spécialement  connaître  et  comprendre  ce  sujet. 

2 L’anthropophagie  fut  chez  presque  tous  les  peuples  de  la  terre  un 
crime  religieux.  Voir  le  chapitre  Anthropophagie,  dans  notre  livre 
Dieu  et  les  dieux,  185i. 

^ Notk  importante.  Nous  comprenons  dans  la  religion  du  Juif 
franchement  orthodoxe,  c’esl-à-dire  dans  l’idolâtrie  talmudique,  les 
traditipns  rabbiniques  ou  pharisaîques  que  nous  avons  dit,  dans  un 
autre  chapitre,  ne  plus  se  trouver  dans  le  Talmud,  mais  qui  se  trans- 
mettent oralement,  et  qui  font  partie  de  la  foi  pratique  des  talmu- 
disants. 


45 


JÎ6  LKS  JÜIKS. 

Mais  jiiiisque  loul  ici-bas  ( liante,  iiors  ce  qui  porle  le 
sceau  de  la  loi  divine,  les  superstitions  elles-mêmes  ne 
doivent  [touvoir  s’exempter  de  subir  dartâ  leur»  forme»  cette 
nécessité  du  changement.  Cherchons  donc,  en  interrogeant 
les  croyances  superstitieuses  du  Juif,  dont  les  saintes  Ecri- 
tures elles-mêmes  viennent  de  nous  donner  l'hhioire  et  la  clef, 
cherchons  si  quelque  chose  justifie  notre  pensée;  c’est-h- 
dire  si  la  religion  de  l’orthodoxe  talmudi.sanl,  semhlahie  à 
celle  du  Juif  jadis  infecté  d’idolâtrie,  exige,  en  se  bornant 
k varier  la  forme  du  sacrifice,  la  mort  de  victimes  humaines, 
et  commande  l’anthropophagie,  la  manducation  de  la  chair  ou 
du  taiiyl 


DEUXIÈME  DIVISION.  — DU  S.VNC , ET  POURQUOI. 

Les  vrais  Ulmudisants  n’inimoleiit  lesrlirétiensqu'afiii  rie  recueillir  leur 
sang;  exemples  aullienliques.  — Usages  .sacrés  tie  ce  sang,  et  qui 
varient,  comme  l'erreur,  selon  les  temps  cl  les  lieux;  mais  néces.silé 
(le  manger  ce  sang,  qui  représente  l'homme  et  (jui  est  appelé  sa  vie. 
— Ses  vertus,  sa  valeur  inappri'ciable.  — Il  guérit,  il  sanctifie,  il 
>auve.  — lléveloppement.s  et  preuves,  — I)(‘négations  éternelles  du 
Juif.  — Aveux  de  l'iiii  des  plus  célébrés  rabbins  en  plein  exercice  de 
fondions.  — Colère  de  Revues  jud.iïques  contre  cette  célébrité  na- 
tionale traitée  do  faux  prêtre.  — Légitime  indignation  dos  Juifs  dé- 
lalmudisés.  — Conclusion. 


Il  nous  fut  tout  k l’heure  démontré  que  certains  Juifs 
lalmudisants  immolent  des  chrétiens,  et  recueillent  leur  tang 
avec  une  avidité  scrupuleuse.  C’est  la  ce  que,  siècle  par 
.siècle,  recoiiiiurcnl  plusieurs  des  orthodoxes  du  Judaïsme, 
et,  quant  a moi,  nous  dit  un  des  Israélites  qui  représentent 
rOrieiii,  je  fus  un  de  leurs  rabbins,  je  connais  leurs  mys- 
tères. et  je  les  ai  tenus  secrets;  mais,  régénéré  par  la  grâce 
du  baptéiiie,  et  levètu  de  l'habit  monastique,  j’y  renonce, 
et  je  les  (luhlie  sur  bonnes  preuves.  Ecoutons  : 

Le  mytiire  du  sang  n’est  point  coutiii  de  tous  les  Juifs. 
Seuls  y sont  initiés  les  rabbins,  ou  kliakhams,  les  lettrés, 
et  les  pharisiens  tjii’ils  noniineiil  liasseidem.  Ceux-ci  en 


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CHAPITRE  SEPTIÈME.  227 

sont  les  gardiens  fidèles,  et  trois  motifs  doivent  nous  donner 
l’intelligence  des  homicides  sacrés  : 1”  la  haine  implacable 
qu’ils  nourrissent  contre  les  chrétiens,  et  qui  rend  méritoire 
l’assassinat  de  ces  ennemis;  2°  les  œuvres  de  superstition 
et  de  magie  familières  aux  Juifs,  et  pour  lesquelles  ce  sang  est 
nécessaire  ; 3*  la  crainte  éprouvée  par  les  rabbins  (pie 
Jésus,  le  fils  de  Marie,  ne  soit  le  véritable  Messie!  car  ils 
conçoivent  alors  l’espoir  superstitieux  de  se  sauver  en 
s’asjiergeant  de  sang  ebrétien. 

Essayer  de  démontrer  la  haine  atroce  du  Juif  pour  le 
chrétien,  ce  serait  en  vérité  perdre  son  temps  b vouloir  dé- 
montrer l’évidence.  Mais  les  superstitions  jndaï(]ues  dont 
nous  venons  de  rappeler  l’origine,  et  qui  subissent  de  nom- 
breuses modifications,  sont  moins  connues  que  cette  haine. 
Or,  quelles  que  soient  les  immunités  qui  font  du  tempéra- 
ment d’Israël  un  tempérament  exci^plionnel , et  que  nous 
aurons  à décrire.  Dieu  a couvert  les  Juifs  de  gales,  d’ulcères 
et  de  maux  caractéristiciûes,  pour  lesquels  ils  sont  convaincus 
que  de  (I  s’oindre  du  sang  d’un  chrétien  est  un  remède 
efficace'  ! » Il  est  d’us.ige,  en  conséipicnce,  que  le  soir  d’un 
mariage  israélite,  après  le  jeûne  sévère  des  futurs  conjoints, 
le  rabbin  présente  b chacun  d'eux  un  œuf  cuit.  Dans  cet 
œuf,  il  a mis  au  lieu  de  sel  la  cendre  d’une  toile  brûlée;  et 
cette  toile  a été  trempée  dans  le  sang  d’un  chrétien  tombé 
sous  le  couteau.  Le  rabbin,  tandis  que  les  mariés  mangent 
Vœuf  du  sang,  récite  quelques  versets  dont  l’efficacité  est  de 
leur  donner  la  vertu  de  tromper  les  chrétiens,  en  s’engrais- 
sant de  leur  substance. 

A la  mort  d’un  Juif,  le  khakham  ou  rabbin  prend  le  blanc 
d’un  œuf,  y mêle  quelques  gouttes  du  sang  d'un  chrétien 
martyrisé,  en  asperge  le  cœur  du  mort,  et  prononce  ces 
paroles  d’Ézécbiel  : Je  verserai  sur  vous  les  eaux  pures,  et 
vous  serez  purifié.  De  même  le  9 juillet,  jour  anniversaire 

• Inutile  de  rfRëler  avec  quelle  largeur  nous  voulons  adniellre  les 
iwceplions,  tout  en  rappelant  quelle  est,  au  milieu  même  des  peuples 
civilisés,  la  tvTannie  des  superstitions  héréditaires. 

ts. 


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Î28 


LES  JUIFS. 


(le  la  ruine  de  Jérusalem,  les  Juifs  se  mettent  sur  le  front 
la  cendre  de  la  toile  trempée  de  sang  chrétien,  et  mangent 
un  œuf  salé  de  cette  cendre.  On  nomme  ce  mets  ; Seida- 
amaph-sâhas.  Enlin,  lorscjuc  revient  le  jour  de  la  Pâque..., 
chaque  Israélite,  après  avoir  largement  livré  sa  langue  aux 
plus  affreux  blasphèmes  contre  le  Christ  et  contre  tons  les 
saints,  est  tenu  de  manger  un  morceau  de  pain  azyme  de 
la  grosseur  d’une  olive;  et  ce  pain,  qui  se  nomme  eplu- 
koîmon , se  prépare  avec  le  sang  d’un  chrétien  martyrité.  En 
outre,  et  ’a  l’époque  de  la  fête  des  PouHm,  le  14  d’adar 
(février),  les  Israélites  s'ingénient  h tuer  un  chrétien  en 
mémoire  de  leur  oppresseur  Aman.  Si  la  tentative  leur  est 
favorable,  le  rabbin  pétrit  avec  le  sang  du  chrétien  assassiné, 
et  du  miel , quelques  pains  de  forme  triangulaire.  « El  si 
le  rabbin  a des  amis  chrétiens,  U leur  envoie  de  ce  pain!  Cet 
envoi  se  nomme  mesloi-monnès . « 

Telles  sont  leurs  pratiques  habituelles,  et  nous  devons 
observer  que , dans  la  nuit  de  celte  fête  du  Pourini , vous 
rencontrerez  à peine  un  Juif  qui  se  possède,  et  qui  soit 
maitre  de  lui.  Ce  sont  des  forcenés  en  qui  s’accomplit  la 
malédiction  de  Moïse  : Ce  Seigneur  te  frappera  d'avenglt!- 
ment,  de  démence  et  d'eponvante.  Dans  cette  circonstance, 
ils  tâchent  d’enlever  des  enfants  chrétiens,  et  les  tiennent 
enfermés  jusqu’à  leur  pâipie,  (|ui  vient  aprï’s  la  fête  du  Pou- 
rim,  afin  d’avoir  du  lang  de  chrétien  martyrité.  La  forme 
triangulaire  des  pains  usités  à l’époque  du  Pourim  a pour 
raison  la  croyance  des  chrétiens  eu  la  Trinité  sainte,  et  leur 
sang,  que  le  Juif  y mêle,  est  une  insulte  a ce  mystère,  .sym- 
bolisé par  le  triangle'. 

' Buine  de  ta  religion  hébrdigue,  troisième  (idil.,  à NaiH>li  (le  Rouma- 
nie, 18.34;  opuscule  d’un  ex-rabbin.  C’est  surtout  aux  Juifs  orientaux , 
c’est-à-dire  a ceux  (pii  ont  le  moins  etiangé,  (jue  s'applii|uenl  les  pa- 
roles de  ce  rabbin.  Ceux-ci,  que  n’enveloppe  point  l’atmosphère  de  la 
civilisation  clirétienne.  sont  évideminenl  les  arriérés!  Imprimé  en  1 803. 
publié  en  grec  en  1834.  Laurent,  1846,  v.  Il,  p.  378,  etc.  Malgré- 
sa  triple  édition,  cet  ouvrage  est  rare;  on  croit  cpi’il  est  au  nombn- 
de  ceux  que  les  Juifs  font  di.-iparaitrt*.  Dans  l’anti((ue  sorcellerie,  la 
forme  des  hosties  de  couleur  noire,  destinées  à la  ciaébration  de  la 
messe  des  sabliatg,  éiait  également  triangulaire. 


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CHAPITRE  SEPTIÈME.  229 

Nous  venons  d’énoncer  ce  fait  étrange  que,  pour  le  Juif, 
la  troisième  raison  de  l’usage  du  sang  des  chrétiens  c’est 
le  soupçon  nourri  chez  les  rabbins  « que  Jésiu-Chritt  pourrait 
dire  le  vrai  Messie;  » et  ce  soupçon  s’élève  pour  un  grand 
nombre  au  niveau  d’une  véritable  croyance;  mais  un  indi- 
cible orgueil  refoule  et  comprime  dans  leur  cœur  cette  foi 
qui  les  poursuit  à la  façon  d’un  remords.  Aussi , lors  de  la 
circoncision  d’un  enfant,  le  khakham  mêle-t-il  dans  un  verre 
de  vin,  ’a  une  goutte  du  sang  de  l’enfant,  une  goutte  de  sang 
chrétien,  qu’il  introduit  dans  la  bouche  du  circoncis.  D’après 
leur  bizarre  interprétation  de  quelques  paroles  des  prophètes, 
ils  se  figurent  que,  si  la  circoncision  est  ineflicace,  « l’enfant 
non  baptisé  pourra  se  sauver  au  moyen  du  sang  de  ce  chré- 
tien martyrisé,  lequel  a reçu  le  baptême,  et  dont  le  sang  a 
été  vereé  comme  celui  du  Christ,  au  milieu  des  tortures' I » 

« J’ai  démontré  par  maintes  preuves,  dit  ce  rabbin  devenu 
moine,  les  erreurs  des  Juifs,  et  je  publie  « des  mystères 
qui  ne  se  trouvent  dans  aucun  de  leurs  livres.  » En  efl'et, 
cet  usage  de  tuer  des  chrétiens  et  de  recueillir  leur  sang 
ne  s’y  lit  nulle  part,  n Les  pères  et  les  rabbins  en  commu- 
nitpient  la  prescription  de  vive  voix,  et  par  tradition,  à leurs 
enfants,  qu’ils  conjurent  avec  la  menace  des  plus  grandes 
malédictions  d’en  conserver  le  secret  même  ’a  leurs  femmes, 
au  risque  des  plus  terribles  châtiments  et  des  plus  grands  dangers.  » 

A rage,  de  treize  ans,  les  Juifs  placent  sur  la  tête  de  leurs 
fils  une  corne,  nommée  liphilm.  symbole  de  la  force.  « Mon 
père,  en  la  plaçant  sur  ma  tète,  me  découvrit  le  mystère 
du  sang.  (Juand  tu  seras  marié,  quelque  soit  le  nombre  de 
tes  enfants,  tu  ne  révéleras  ce  mystère  qu'a  un  seul,  au  plus 
sage,...  au  plus  inébranlable  dans  sa  religion.  Garde-toi 
jamais  de  le  révéler  à aucune  femme!  et  que,  sur  la  terre, 
tu  ne  trouves  point  d’asile,  mon  fils,  si  tu  divulgues  ce  mys- 
tère, fût-ce  même  si  lu  te  convertissais  au  christianisme.  Malheur 
a toi  si  tu  le  dévoiles!  Or,  ayant  adopté  pour  père  Notre- 
Scigneur,  et  pour  mère  notre  sainte  Église,  je  fais  cou- 

> Ibid. 


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Î30  LES  JUIFS. 

naître  la  vérité  dans  tous  les  lieux  où  s" étend  son  do- 
maine'. » 

Et  ce  que  nous  affirme  si  didactiquement  ce  rabbin  con- 
verti, nous  est  et  nous  fut  confirmé  de  tous  temps  et  de 
toutes  parts,  il  est  avéré  que  chaque  année,  écrivait  jadis 
Thomas  de  Catimpré,  les  Juifs  tirent  au  sort  dans  quelques 
provinces,  pour  décider  quelle  ville,  ou  quel  village  habité 
par  eux,  doit  fournir  du  sang  chrétien  à leurs  coreligion- 
naires des  autres  pays.  Un  Juif  très-savant,  et  converti  de- 
puis peu,  m’affirma  qu’un  de  ses  coreligionnaires,  sur  le 
point  de  mourir,  avait  fait  aux  Juifs  cette  prédiction  : 

« Sachez  que  vous  ne  pourrez  vous  guérir  de  la  honteuse 
maladie  dont  vous  souffrez , que  par  l’u.sage  du  sang  chré- 
tien*! » — Il  vous  suffit  d’ailleurs  de  les  écouter  tour  à tour, 
et  vous  enteudrez  chacun  vous  détailler,  selon  la  superstition 
locale  du  pays  qu'il  habile,  la  vertu  merveilleuse  de  ce  tany  : 
il  arrête  les  hémorrhagies,  il  ranime  l'affection  des  époux; 
il  délivre  les  femmes  qui  le  boivent  des  incommodités  de 
leur  sexe;  il  facilite  les  couches;  il  les  préserve  de  la  mau- 
vaise odeur  qu’ils  exilaient;  il  est  enfin  pour  le  Juif  la 
panacée  universelle,  et  celui  qui  le  verse  en  tuant  un  chré- 
tien, accomplit  un  des  grands  préceptes  de  la  loi  des  sacri- 
fices '. 

Enfin,  chez  les  Juifs,  ces  superstitions  (ra(//ttoniiW/«a  se 
mêlent  aux  enseignements  de  /a  magie,  dont  le  dogme  ett  la 
doctrine  cabalistique  répandue  dans  le  Talmud,  et  qui  sans 
cesse  réclame  le  sang  de  l’homme.  Le  seigneur  Giles  de 
Raiz  recueillait  la  pellicule  irisée  qui  se  formait  sur  le  sang 

1 Jiutne  de  la  religion  hébr.,  Laurent,  t.  Il,  p.  378  à 393  ; 1 8t6. 

^Thomas  de  Calinipré,  De  vita  ùistituenda,  lib.  Ul,  cap.  xxix, 
art.  S3. 

5 Lire  l’ Eglise  et  la  Synagogue,  p.  31  i,  etc.;  Itolirbacher,  Histoin 
universelle  de  i Eglise, l.  XXll,  p.  Î61  ; 1 sSî.  — L’odeur  caractéristique 
du  Juif  est-clle  ou  non  un  préjugé?  Le  Juif  pur  sang,  nous  disait  notre 
ami  le  docteur  Boudin,  ancien  pré.sidentde  la  Société  anthropologique, 
sent  la  punaise.  — Voir  sur  leur  odour  un  curieux  passage  des.tnnale.s 
de  Baronius  ; Cuin  eoruin  corporibus  Inm  gravis  fœtor  inhæsorit.  Ex 
eoenim  etnomen  sunlassecuti  utfirten/M  Judæi  nominedicerentur,  etc. 
T.  l-'  p.  677  (72,  xxxi). 


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CHAPITRE  SEPTIÈME.  231 

de  ses  victimes,  puis  il  faisait  subir  a cette  pellicule  «diverses 
fcrinentaiions,  et  mettait  digérer  le  produit  dans  l’o'uf  phi- 
losophique de  l'Alhanor.  « Or,  telle  est  la  réputation  des  fils 
de  Jacoh,  qui  sont  vérilahlement  nos  pères  dans  la  science 
occulte,  aflirme  le  cabalisie  Eliphas,  qu'on  disait  « celle 
recette  tirée  de  ces  vieux  yrimoires  hébreux  qui  eussent  sufli, 
s’ils  eussent  clé  connus,  [tour  vouer  les  Juifs  à l'exécration  de 
toute  la  terre  ' . » 

Mais,  si  ces  faits  ne  sont  d’insignes  mensonges,  et  s’ils 
ont  un  langage',  ce  qu'ils  nous  disent  en  termes  assez  clairs, 
c’est  que,  sans  cesse  et  toujours,  cher  le  Juif  de  la  pure 
orlliodoxie,  chez  celui  que  la  civilisation  chrétienne  n'a 
point  encore  entamé,  les  exigences  du  dogme  talmudique 
et  celles  de  la  superstition  ramènent  la  nécessité  de  l’assas- 
sinat, qui  procure  ce  sang  des  chrétiens.  Les  pièces  oflicielles 
(le  l’interrogatoire  des  assassins  du  Père  Thomas  révèlent  à 
l'incrédule  Européen  de  nos  jours  ce  mystère  de  haute 
iniquité.  — Que  fait-on  du  sang?  demande  M.  le  consul  de 
France  à l’accusé  S***.  — On  s’en  sert  pour  le  fath-ir  (la 
fêle  des  azymes)  — Comment  savez-vous  qu’il  doit  servir 
pour  les  azymes?  — J’ai  demandé  pour  quel  objet  on  avait 
fait  couler  le  sang,  et  ils  me  dirent  que  c’était  pour  la  fête 
des  azymes*. 

Ailleurs,  le  pacha  s’adressant  au  Juif  D***  ; « Dans  quel 
but  avez-vous  tué  le  Père  Thomas?  » — D***  : « Pour  avoir 
son  sang.  Nous  l'avons  recueilli  dans  une  bouteille  blanche, 
ou  khalahiehs,  que  nous  avons  mise  chez  le  khakham 
A*”,  le  sang  étant  nécessaire  a l’accomplissement  de  nos 
devoirs  religieux.  — A quoi  sert  le  sang  dans  votre  religion? 
— On  l’emploie  aux  pains  azymes.  — Dislribue-t-oii  ce 
sang  aux  croyants?  — Ostensiblement,  non  5 on  le  douue  au 
[)rincipal  khakham.  — Pourquoi  ne  l avez-vous  pas  gardé 
chez  vous?  — L’usaijc  veut  que  le  sang  reste  chez  les  kha- 

‘ Lire  l’anticatholiquc  Eliphas  Lévi,  tlist.  de  la  magie,  p.  2S9  ; <860. 
Exécration  formulée  dans  le  Coran,  v.  1 , p.  45i;  2,  p.  12,  1775.J 

Laurent,  t.  11,  p 34-5. 


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i3î 


LES  JUIFS. 


khams  (les  rabbins).  » Nouvelle  demande  h I)***  ; « Pour- 
quoi donc  avez- vous  lue  ce  Père?  — Pour  le  sang-,  parce 
que  nous  en  avons  besoin  pour  la  célébralion  de  notre 
culte.  » Demande  au  kbakhain  .\***  ; « Qui  a remis  le 
sang  entre  vos  mains.?  — Le  kliakbam  Y***"  s’était  mis 
d'accord  avec  les  A***  cl  avec  les  autres,  pour  avoir  une 
bouteille  de  sang  humain-,  apres  quoi,  ledit  khakham  m'en 
avisa.  Les  A*'*’*  lui  promirent  (]ue,  cela  leur  dût-il  conter 
cent  bourses,  ils  le  lui  olilieudraient..  Je  lus  ensuite  in- 
formé par  eux  qu’ils  avaient  amené  une  personne  « pour 
l’égorger  et  recueillir  le  sang,  et  ils  me  dirent  ; Puisque 
vous  êtes  le  plusi-aisonnablc,  portez-le  cbezlekbakham  Y***. 

— Vous  êtes-vous  ini'ormé  auprès  du  kliakbam  Y*'*'*  s’il  en 
envoie  dans  d’autres  lieux?  — « Le  khakham  m’a  informé 
qu’il  devait  en  envoyer  k Bagdad. — Est-il  venu  de  Bagdad 
des  lettres  qui  en  demaiidassent? — « Le  kliakbam  Y*'*''*  me 
l’a  dit. — Est-il  vrai  que  le  barbier  ail  tenu  le  Père  pendant 
l’assassinat?  — Je  les  ai  vus  tous  ensemble  sur  lui , ainsi 
(|ue  S*'*’'*  et  le  domestique  .M***.  En  l’égorgeant,  iU  étaient 
trèi-contents , attendu  qu’il  s’agiswil  d’un  acte  religieux  l » — 
Le  projet  avait-il  été  de  tuer  un  prêtre,  ou  quelque  antre 
chrétien?  » 

...  Le  khakham  Y**'*  « nous  dit,  à tous  les  sept,  qu’on 
avait  besoin  de  sang  humain  pour  la  fêle  îles  azymes  ; <‘l  i|ue , 
puisque  le  Père  Thomas  était  toujours  dans  le  quartier,  il 
fallait  le  faire  venir  sous  quelque  prétexte,  l'égorger,  et  en 
prendre  le  sang  ' . » 

«El  [lourquoi  le  sang  est-il  néce.ssaire? demande  l'autorité 
judiciaire  au  rabbin  A***;  le  niel-on  dans  le  pain  azyme,  et 
tout  le  monde  mange- 1 -il  de  ce  pain?»  — Le  rabbin  ; « L'usage 
est  que  le  sang  mis  dans  le  pain  azyme  n’est  pas  pour  le 
peuple , mais  pour  les  personnes  zélées.  Le  kliakbam  Y*** 
reste  au  four  la  veille  de  la  fête  des  azymes.  L'a,  les  per- 

* Ibid.  Iiiterrog.,  suite,  l.  Il,  p.  34  à 49;  traducUon  de  M.  Bcaudin, 

interprète  rhanrelier  du  consulat  de  France  à Damas,  l.auront.  ib., 

t.  11,  p.  ZUWOO. 


CHAPITRE  SEPTIÈME.  *33 

sonnes  zélées  lui  envoient  la  farine  dont  il  lait  du  pain;  il 
pélrit  lui-même  la  pâte,  sans  que  personne  sache  y 
met  du  sang,  et  il  envoie  le  pain  à ceux  k qui  appartenait  la 
farine  ! 


— Votre  réponse  ne  nous  a pas  fait  siilTisamment  compren- 
dre comment  l'emploi  du  sang  d’une  personne  peut  être 
permis?  — C’est  le  secret  des  grands  khakhams;  ils  con- 
naissent cette  affaire,  et  la  manière  d’employer  le  sang....  » 
Ce  que  nous  savons,  nous,  c’est  que  U mode  de  cet  emploi 
varie;  c’est  qu’il  est  multiple;  c’csl.  Cil  outre,  que  dans  les 
azymes  le  sang  n’est  |>as  toujours  pétri  avec  la  farine; 
qu’on  se  home  quelquefois  à en  mettre  sur  le  pain  « une 
couche,  un  enduit  »,  comme  pour  le  dorer.  C’est  Ik  ce  que 
nous  aideront  k saisir  quelques  paroles  deBen-Noud,  Juive 
connue  fort  au  loin  : paroles  que  nous  allons  entendre , et 
qui  sont  confirmées  par  le  témoignage  de  l’un  de  nos  plus 
distingués  voyageurs  en  Orient,  M.  le  comte  de  Durfort- 
Civrac.  Nous  engageons  le  lecteur  k parcourir  sa  lettre  en- 
tière, k l’adresse  de  l’incorruptible  consul  de  France,  M.de 
Ratli-Menton , et  nous  y lisons  ces  mots  : 

La  Juive  Ben-Noud,  Glle  de  Mourad,  natif  d’Alep,  nous 
affirme  « se  rappeler  parfaitement  avoir  vu,  k l'âge  de  six  k 
sept  ans,  dans  la  ville  d’Aiitioche,  et  dans  la  maison  où  elle 
logeait,  deux  enfants  suspendus  au  plafond  par  les  pieds.  » 
Elle  courut  effrayée  prévenir  sa  tante;  la  tante  répondit  que 
c’était  une  punition  infligée  aux  enfants,  et  la  lit  sortir,  afin 
de  détourner  son  attention.  « A son  retour,  les  corps 
avaient  disparu,  mais  elle  vit  le  sang  dans  l'un  des  vases 
que  les  Arabes  appellent  taghen,  et  dont  ils  se  servent  pour 
laver  le  linge  ‘.  » 

Huit  ans  plus  tard,  en  1834,  elle  demeurait  k Tripoli 
chez  une  parente,  et  fut  témoin  dans  cette  ville  d’une  hor- 
rible scène  dont  aucun  détail  lie  s'échappa  de  sa  mémoire. 
Du  haut  d’une  terrasse  où  elle  était  inaperçue,  elle  vit  uq 

1 Lire  ibid.  luterrog.,  etc.,  t.  II,  p.  45,  58,  323,  319. 


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LES  JUIFS. 


chrétien,  vieillard  h harbe  blanche,  invité  parles  Juifs,  avec 
lesquels  il  trafiquait,  à venir  manger  des  oranges  dans  une 
petite  cour  attenant  à la  synagogue.  On  lui  offrit  le  narghi- 
leh,  l’eaii-de-vie,  le  café,  puis,  au  moment  où  il  se  voyait 
combler  de  politesses,  quatre  ou  cinq  Juifs  se  jetèrent  sur 
lui,  lui  bandèrent  la  bouche  avec  un  mouchoir,  le  garrottè- 
rent et  le  pendirent  par  les  pieds.  » Ainsi  fut-il  laissé  de- 
puis neuf  heures  du  matin  jusqu’ù  midi;  car  il  s'agissait 
« de  lui  faire  rendre  par  le  nez  et  par  la  bouche  l’eau  dont 
l’évacuation  est  nécessaire  pour  que  le  sang  acquière  le 
degré  de  pureté  qu’exige  l’emploi  auquel  on  le  destine.  » 
Au  moment  où  le  vieillard  était  près  d’expirer,  moment 
qu’il  importe  de  veiller  avec  un  grand  soin,  « les  Juifs  lui 
coupèrent  le  cou  avec  un  de  ces  couteaux  dont  les  rabbins 
se  servent  pour  égorger  les  victimes,  et  le  corps  resta  sus- 
pendu jusqu’k  ce  que  tout  le  sang  fût  tombé  dans  une  bas- 
sine. » 

Trois  ans  après,  Ben-Noud  vint  à Latakié  chez  un  de  ses 
oncles;...  et,  tant  qu’y  dura  sou  séjour,  on  leur  envoya 
régulièrement  d’Alep  le  pain  azyme  nécessaire  pour  la  pàque. 
Or,  il  en  est  de  deux  espèces,  dit-elle  ; « Le  mowa,  et  le 
mossa  guetira  *.  m Semblable  au  premier,  le  second  contient 
en  outre  un  enduit  de  sang  humain , mais  d’une'  quantité 
trop  minime  pour  communiquer  a la  pâte  un  goût  prononcé. 
c(  Les  Juifs  mangent  de  ces  pains  azymes  pendant  les  sept 
jours  de  leur  pàque  ; ils  ne  se  servent  du  mossa  que  lorsque 
le  mossa  guesira  vient  a leur  manquer.  » 

« Pendant  la  nuit  qui  précède  leur  pàque,  il  y a trèa-peu 
de  familles  juives  qui  ne  crucifient  un  coq.  On  lui  cloue  les 
ailes  à la  muraille,  et  on  le  tourmente  de  toutes  les  manières; 
chacun  des  assistants  vient  le  percer  avec  une  pointe  de  fer, 
pour  tourner  en  dérision  la  Passion  de  Jésus-Christ , et  par 
conséquent  pour  s’y  associer  de  cœur;  « tout  cela  se  fait  avec 
(le  grandes  explosions  de  rire.  » 

I.’année  passée , cette  cérémonie  barbare  s’accomplit  dans 
’ Guesira  signifie,  dil-on,  égorger,  en  syriaque. 


CHAPITRE  SEPTIÈME. 


S35 


la  maison  de  M,  Bélier,  où  se  trouvaient  la  famille  du  mari  do 
Üen-Noud  et  un  rabbin,  n Ab!  combien  sourirait  aux  4uifs, 
disait-elle,  la  possibilité  de  sacrifier  un  cbréticn  au  lieu 
d’un  co(]!  ILs  ont  deux  fêles  dans  lesquelles  ils  chargent  les 
chrétiens  d'imprécations  -,  et  les  Juifs  qui  paraissent  les  plus 
craintifs  sout  ceux  qui  montrent  dans  toutes  ces  horreurs 
le  plus  d'acharnement  et  de  cruauté  » 

Devant  ces  faits  hideux,  dont  les  plus  menus  détails  ont 
une  effrayante  précision,  nous  voyons  l’intention  rester  la 
même,  que  la  victime  réclamée  par  le  culte  orthodoxe  et 
traditionnel  se  trouve  être  un  chrétien,  un  coq,  un  agneau, 
ou  qu’elle  soit  tout  autre  animal.  En  d’autres  termes,  le 
vœu  du  culte  est  l’homicide,  la  mort  d'un  chrétien,  la  man- 
ducation de  son  sang;  et  la  figure  du  sacrifice  n’est  acceptée 
par  le  sacrifiant  que  s’il  lui  devient  impossible  d'en  attein- 
dre la  réalité.  D'où  ces  paroles  qui  semblent  ici  se  répéter 
d’elles-mémes  ; « La  Un  tragique  du  Père  Thomas  n’a  pas 
causé  d’étonnetneiu  en  Égypte.  Les  habitants  sont  persuadés, 
et  tous  ont  celte  conviction , que  les  Juifs  égorgent  parfois  des 
esclaves  chrétiens  dont  ils  prennent  le  sang  pour  le  mêler  au 
pain  azyme.  Si  les  descendants  des  hommes  qui  ont  cru- 
cifié Jésus-Christ  ne  peuvent  acheter  des  enfants  nés  dans 
le  christianisme,  disent  les  Égyptiens,  ils  choisissent  un 
mouton  bien  gras,  et  le  poignardent  l’un  après  l’autre,  en 
faisant  ainsi  allusion 'a  la  mort  du  Sauveur  du  monde  *.  » 

Cependant , si  ces  paroles  sont  claires , si  ces  faits  sont 
innombrables,  s’ils  sout  de  toutes  les  époques  et  de  tous  les 
pays,  et  si  l’histoire  semble,  par  la  précision  et  la  prodiga- 
lité de  ses  détails,  vouloir  nous  en  livrer  en  quelque  sorte 

' Comte  de  Durfort-Civrac,  t.  11,  lire  p.  3Î0  à 3Î5.  Fôtes  et  insultes 
analogues  à celles  que,  dès  et  avant  Tliéodose,  ils  se  permettaient  en 
Europe;  voir  le  grand  Traité  de  la  police,  t.  1 , p.  ÎSO.etc. ; Paris, 
<705;  et  Imprécations  : liaroniiis.  Annales  ; Abusiones  feré  innumera- 
biles,  etc.,  ann.  13Ï0.  t.  .\XVI,  et  p.  139. 

“ llaramout,  l'Egypte  .sous  iIéhémet-Ali,  p.  367  ; Paris,  1833.  — Celui 
qui  voudra  en  savoir  davantage,  dit  I.aurenI,  n'aura  (|ii’à  lire  le  cliapitre 
xxxiit  de  l’œuvre  du  mddeciii  Paolo,  touchant  la  haine  des  Juifs  con- 
tre les  chrétiens,  et  les  assassinats  d'enlants  chrétiens,  l.  11,  p.  38!. 


236 


LES  JUIFS. 


les  photographies,  le  Juif  les  nie;  il  les  nie  avec  l’effrayant 
aplomb  dont  tout  à riieure  il  niait  l’usure;  avec  l’aplomb 
qui  le  fixe  a nier  tant  de  faits  que  le  reste  des  hommes  a 
rangés  au  titre  de  l’évidence.  Et  cet  homme  h qui  le  Talmud 
fait  un  mérite  de  mentir  au  chrétien,  qu’oppose-t-il  k ces 
monceaux  de  témoignages  et  de  preuves  que  lui  objecte  le 
monde?  — Il  oppose  sa  parole  de  Juif.  Est-ce  assez?  En 
tout  cas,  notre  devoir  est  de  la  laisser  retentir,  celte  parole, 
et  de  la  livrer  au  critique,  qui  la  placera,  s'il  lui  trouve  un 
poids  quelconque,  dans  un  des  plateaux  de  sa  balance. 
Écoutons  : 

U Parmi  tant  de  prerendus  enlcvements  des  chrétiens  faits 
[>ar  les  Israélites,  et  « souvent  signalés  en  Orient  par  la  cia- 
meur  publique  durant  lesdeux  derniers  siècles;  au  milieu  des 
poursuites  sévères  qui,  par  suite  d’accusations  formelles,  y 
avaient  toujours  été  exercées  tant  par  les  autorités  maho- 
métanes  que  par  celles  des  communes  locales  des  chrétiens, 
ainsi  que  par  les  consuls  des  puissances  occidentales  rési- 
dant en  ce  pays;...  on  n*a  jamais  pu  constater^  ni  légalement, 
ni  MEME  PAR  DES  PRÉSOMPTIONS  JURIDIQUES,  aUCUn  dcS  mCUI’- 

tres  commis  par  des  Israélites.  Au  contraire,  il  y a eu 
mille  circonstances  et  mille  faits  historiques  qui  ont  évi~ 
demment  démontré  que  c’était  une  indigne  calomnie  em- 
ployée contre  ce  peuple  infortuné^  soit  par  une  malveillance 
préméditée,  soit  par  un  aveugle  fanatisme,  pour  couvrir, 
par  celte  présomption  généralement  accréditée  en  Orient, 
d’autres  crimes  qui  y étaient  réellement  commis  » 

« De  nos  jours  encore , on  répète  quelquefois  cette 
erreur  : qu’il  nous  faut  du  sang  chrétien  pour  la  célébration 
de  notre  Pâque.  Nous  n’avons  pas  oublié  la  triste  affaire  de 
Saraloff;  nous  n’avons  pas  oublié  iju’une  brochure  française 
destinée  'a  prouver  que  les  Israélites  st*  servent  de  sang 
dans  leurs  cérémonies  pascales,  fut  répandue  en  Russie atiu 
de  raffermir  les  convictions  chancelantes  des  juges.  Enfin , 
nous  nous  i*appelous  encore  que,  dans  une  élection  qui  n'est 

‘ Archives  israéliteSj  XIX.  p.  890-1  ; 1867. 


CHAPITHE  SEPTIEME.  Î37 

éloignée  de  nous  que  de  quelques  années,  un  obscur  avocat 
osa  nous  jeter  a la  face  dans  un  organe  de  la  presse  dépar- 
tementale cette  vieille  calomnie.  Nous  n’avons  doue  pas  le 
droit  de  la  croire  anéantie;  peut-être  u'est-elle  qu’endor- 
mie, et  SC  réveillera-t-elle  un  Jour?  C’est  pourquoi  il  faut 
la  combattre  encore  » 

« Chaque  année , h l’approche  des  fêtes  de  Pâques  juives 
et  grecques,  les  Israélites  étaient  en  butte  aux  mauvais 
traitements  de  la  part  de  la  populace  grecque,  (|ui  ajoute  une 
foi  aveugle  à l’emploi  du  sang  chrétien  pour  la  fabrication 
des  pains  a/.ymes. 

Il  En  18(51 , cependant,  lorsque  les  Israélites  de  Smyrnc 
curent  plus  asoutfrirqucd’babitude  de  cette  persécution  .sys- 
tématique, Mgr  Sophronios , qui  siégeait  alors  sur  le  tr()iie 
patriarcal,  intervint  énergiquement,  et  publia  une  encycli- 
que ’a  la  suite  de  laquelle  les  Pàipies  ne  furent  plus  trou- 
blées jusqu’à  ce  jour. 

» Mais,  si  ce  préjugé  absurde  a été  abandonné,  il  sullit 
maintenant  d'inventer  une  calomnie  quelconque;  et,  quelque 
invraisemblable  qu’elle  soit,  elle  fournit  à une  certaine 
clas.se  de  gens,  amis  du  désordre,  l’occasion  de  fomenter  la 
haine  et  la  discorde  entre  les  chrétiens  et  les  Juifs  » 

•Mes  paroles  furent  iioiir  mes  coreligionnaires  des  paroles 
sacrées,  ajoute  dans  une  circonstance  solennelle  l’avocat  juif 
Crémienx,  parce  qu'elles  étaient  celles  de  l’homme  « qui 
venait  d’obtenir  de  Méliémet-Ali  la  mise  eu  liberté  de  nos 
frères,  si  calomnieusement  accusés  d’avoir  pétri  leur  pain 
azyme  avec  le  sang  du  Père  Thomas  » Ah!  vraiment, 
« s'il  est  un  peu|de  malheureux  sur  la  terrei  c’est  assuré- 
ment le  peuple  juif.  Depuis  tantôt  dix-huit  siècles  qu'il  est 
éparpillé  sur  la  surface  du  globe,  il  n’est  pas  une  pereécu- 
lion,  pas  une  avanie,  pas  une  torture  qui  ne  lui  ait  été  sys- 
tématiquement infligée. 

' Archivef  imélilef.  11,  p.  7S;  IS67. 

- Archives  Israélites,  Xvi,  p.  738;  1HG7. 

s Archives  israéliles,  I,  p.  16;  (867.  Le  lecteur  jugera  ! car  il  vient 
de  lire  les  pièces  du  procès,  les  paroles  et  le  finnan  do  .Méhèmot. 


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Î38 


I.ES  JDIFS. 


K Cependanl,  la  révolution  de  1789  a frappé  de  mort  les 
préjugés  barbares;  et,  en  proclamant  l’égalité  parmi  tous 
les  boromes  ' , elle  a mis  (in  h la  situation  misérable  de  la 
nation  juive.  » 

« Tous  les  peuples  de  l’Europe  ont  suivi  cet  exemple; 
seuls,  quelques  fanatiques,  la  honte  de  notre  siècle  et  de  la 
civilisation,  continuent  à ...  se  faire  l’instrument  des  plus 
odieuses  persécutions.  » Et,  ne  craignons  point  de  nous 
répéter  : « Parmi  les  fables  mises  en  circulation  pour  entre- 
tenir la  haine  contre  les  Juifs,  la  plus  absurde,  la  plus  ridi- 
cule, si  elle  n’était  pas  odieuse,  est  sans  contredit  celle  qui 
consiste  k leur  imputer  l’emploi  du  sang  d’un  enfant  chré- 
tien pour  la  fabrication  des  pains  azymes  * ! » 

Telle  est  l’éternelle  dénégation  du  Juif,  et  nous  lui  lais- 
sons tout  son  retentissement  contre  les  plus  fortes,  contre 
les  plus  unanimes  autorités  de  l’histoire,  c’est-k-dire  contre 
les  arrêts  de  la  magistrature  humaine,  et  contre  la  certitude 
philosophique  qu’engendre  le  témoignage  humain.  Tout 
homme  qui  parle  des  choses  judaïques  a menti,  nous  dit  le 
Juif,  si  ce  n’est  le  Juif  et  l’avocat  du  Juif.  Jamais  un  fait,  et 
mieux  encore , jamais  « une  présomption  juridique  » ne  fut 
établie  contre  le  Juif  k l’endroit  du  sang  chrétien  dans  le 
pain  des  azymes;  et,  douter  de  cette  alTirmation  d’Israël, 
c’est  se  déclarer  fanatique  1 

Ce  que,  pour  notre  part,  nous  admettons  de  grand  cœur, 
c’est  que  d’odieuses  et  d’innombrables  calomnies  se  sont 
attachées  k la  poursuite  du  Juif,  et  nous  ne  saurions  nous 
étonner  des  injustices  qu’il  a subies,  car  son  invincible  au- 
dace, son  opiniâtreté  caractéristique  k nier  tous  les  crimes, 
en  face  de  toutes  les  évidences,  et  le  crime  d’usure  en  tête, 
n’cst-ce  point  Ik  surtout  ce  qui  les  a misérablement  provo- 
qués, ces  soupçons  injustes  et  ces  calomnies  à conséquences 

' A-t-elle  proclamo  ['égalité  morals?  rêg.ilité  du  lalmudisaiil  et  du 
sectateur  de  l’Evangile,  ce  qui  impliquerait  rdgalitÇ  de  l’Evaneile  et  du 
Talmudl...  En  tout  ras,  que  nous  im|)orlo,  et  qu’importe  à la  raison 
ce  que  la  Révolution  a pu  proclamer? 

'■‘L’Univers  israélite,  I,  p.  34-6,  septembre  t867. 


CHAPITRK  SEPTIÈME.  Î39 

désastreuses?  Laissons  cependant  le  critique  se  livrer  un 
instant  a ses  appréciations , et  ne  donnons  pour  première 
réponse  à Israël  qu’lsraël  lui-même,  représenté  par  un  de 
ses  plus  illustres  rabbins  : 

Un  prédicateur  juif,  un  rabbin  en  plein  exercice  de  fonc- 
tions, nous  dit  VUniver»  israélUe,  se  livre  k « une  sortie  vio- 
lente contre  le  fanatisme  religieua:,  au  milieu  du  peuple  juif  lui- 
même;  I)  puis,  nous  racontant  « les  faits  les  plus  odieux  et 
les  plus  absurdes,  attribués  aux  Israélites  d’une  grande  et 
célèbre  communauté  de  Gallicie , il  ajoute  : « Nous  avons 
des  lamentations  sur  les  persécutions  que  les  Juifs  curent  k 

supporter; mais je  loue  k l’avance  l’homme  qui  nous 

montrera  V horrible  tableau  du  fanatisme  juif.  » 

« Et,  ce  rabbin  accusateur,  dénonciateur  et  calomniateur 
de  ses  frères,  provoquant  contre  eux  la  haine  et  le  mépris 
des  peuples  »,  quel  est-il?  II  est,  et  « nous  éprouvons  une 
vive  douleur  k le  dire,  — le  célèbre  docteur  Adolphe  Jellinek, 
prédicateur  k Vienne!  Comment,  hélas!  pouvons-nous  nous 
plaindre  encore  des  attaques  et  des  persécutions  étrangères, 
lorsque  nous  voyons  un  orateur  de  notre  sanctuaire,  un  pasteur 
en  Israël , frapper  ainsi  son  troupeau  avec  toutes  les  armes 
empoisonnées  et  meurtrières  de  la  dénonciation  et  de  la 
calomnie?  » 

« Heureusement  les  peuples,  qui  voient  notre  conduite 
et  nos  œuvres , reconnaissent  la  fausseté  de  ces  hideuses 
insinuations  d’un  faux  prêtre  juif,  et  ne  croient  pas  plus  au 
meurtre  des  enfants  chrétiens  pour  les  besoins  de  notre 
pâque  qu’k  la  persécution  par  nous-mêmes  de  nos  pieux  rab- 
bins et  de  nos  hommes  de  science  » 

L’organe  judaïque  qui  s’emporte  contre  le  ministre  de 
son  culte,  contre  l’illustre  rabbin  dont  l’éloquence  reproche 
aux  Juifs  les  crimes  odieux  de  leur  fanatisme,  nous  aÛirme 
que  les  peuples  ne  croient  plus  aux  meurtres  d’enfants  par 

' Univers  Israélite.  Vf,  p.  *tt-3;  tS68.  Notons  que  ce  rabbin  nous 
parle  de  ce  qu’il  voit,  do  ce  qui  se  passe  sous  ses  yeux;  et  que  l'Uni- 
vers israéUte  nie  ce  qu'il  ignore! 


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UiS  JUIFS. 


îiO 

les  hommes  du  Talmud  pour  les  besoins  de  leur  pàque; 
mais  il  oublie  (|ue  dans  l'inslant  même  il  vient,  ainsi  que 
son  confrère  des  Arckivet  israélues,  de  nous  aflirmer  le  con- 
traire, et  d’accuser  rOrienl  tout  entier  de  ne  pouvoir  se 
purger  de  cette  croyance!  Se  serait-elle  tenue  debout  dix- 
huit  siècles  dans  les  lieux  les  plus  céléère*  et  les  plus  civUitét 
de  la  terre,  celte  croyance,  sans  avoir  jamais  eu  d’autre 
fondement  que  rimaginatioii  des  peuples?  Mais  au  seul  Juif 
de  la  pure  orthodoxie  le  mérite  ou  le  crime  de  ces  actes, 
que  répudient  avec  une  légitime  indignation  les  Juifs  détal- 
miidisés  des  parties  les. plus  civilisées  de  l'Europe. 

CONCLUSION. 

Lorsque,  si  nous  l’eu  croyons  lui-même,  nourri  pendant 
qiiarapte  ans  de  miracles  dans  le  désert;  lorsque,  vivant 
pendant  des  siècles  dans  la  Terre  sainte  d’une  vie  qui  le  fa- 
miliarise avec  le  miracle,  Israël  cède  aux  prestiges  des  faux 
dieux,  adore  les  plus  honteuses  divinités,  se  livre  ‘a  des  tur- 
pitudes dont  la  Bible,  son  histoire,  n’a  même  point  accusé 
Sotlome  ; lorsqu’il  immole  et  livre  au  feu  scs  propres  en- 
fants, mange  In  chair  des  victimes  humaines  et  boit  leur 
lang  ',  commet-il , en  se  livrant ’a  ces  actes  monstrueux,  un 
crime  d’une  autre  nature  que  lorsqu’après  la  mort  et  le 
triomphe  du  Christ  il  immole  les  chrétiens  qu’il  abhorre,  et 
mêle  leur  sang  aux  pains  que  son  code  religieux,  entaché 
de  magie,  lui  donne  'a  titre  de  pains  sacrés.^  Non,  sans 
doute!  Mais  en  outre,  Israël,  en  se  livrant  à ces  crimes  reli- 
gieux, fait-il  autre  chose  que  ce  que  faisaient  ses  pères? 
Non,  sans  doute;  non  mille  fois  cncorel 

Lors  donc  qu’Israël  nie,  contre  le  genre  humain  qui  l’ac- 
cuse, ces  derniers  crimes,  pins  rares  et  moins  compliqués 
d’horreurs  et  de  turpitudes  que  ceux  qu’il  a jadis  et  de  su 
propre  main  consignés  dans  les  pages  de  son  histoire , com- 
ment s’y  prendre  pour  ne  point  reconnaître  ilans  son  pre- 
mier aven,  dans  sa  confession  hibiùpic , soutenue  des  auto- 

' Voir  au  commencement  tle  ce  rliapitre. 


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CHAPITRE  SEPTIÈME. 


ïU 

rilés  inodunies  que  nous  avons  mises  en  ligne,  le  déinenli 
moral  de  ses  dénégations  actuelles? 

On  bien,  et  en  d’autres  termes,  si  les  crimes  religieux  du 
Juif  furent  des  actes  si  vulgaires  et  si  publics  pendant  un 
laps  de  quinr.e  siècles,  et  tandis  que  la  Synagogue  professait 
encore  dans  sa  pureté  la  loi  de  Moïse,  que  dire?  Et  pour 
quelle  raison  ces  mêmes  crimes,  ou  plutôt  des  crimes  de 
même  nature,  mais  plus  rares  et  d’une  qualité  moins  ma- 
ligne, cusscnt-ils  tout  à coup  cessé  de  se  produire  chez  les 
fils  de  ces  mêmes  Juifs?  Qui  donc  alors  eût  redressé  le  sens 
de  ces  hommes?  Qui  les  eût  remis  dans  la  droite  voie?  Ce 
n’est  point,  à coup  sûr , leur  religion , qui , loin  de  se  main- 
tenir dans  sa  pureté  depuis  le  Christ,  a perdu  son  sacerdoce, 
et  qui,  traversant  la  civilisation  chrétienne,  s'est  compliquée 
des  traditions  nouvelles  de  ces  rabbins  pharisaïques  dont  les 
doctrines  étaient  celles  de  la  Cabale , âme  de  l’idolâtrie  et 
de  la  magie  altérées  dans  tous  les  siècles  du  sang  des 
hommes  ' ! 

' Lire  sur  cette  soif  de  sang  la  brocliure  de  notre  ami  M.  le  docteur 
Boudin,  médecin  en  chef  de  rarmée  des  Alpes  et  d’Italie,  etc.,  etc.: 
Sacri/ien  humains,  t S62  ; et  notre  livre  Dieu  et  tes  dieux,  tSoi,  ou- 
vrage épuisé,  que  nous  n’avons  pas  encore  le  temps  de  rééditer  à 
notre  goût. 


16 


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TROISIÈME  PARTIE 


CHAPITRE  huitième. 


PnEHIÈRE  DIVISION.  — LA  MARCHE  DD  JUIF.  ORTHODOXIE 
OCCIDENTALE.  ' 


Il  se  crie  partout  que  le  Juif  est  en  marche,  que  scs  mœurs  changent, 

Suelle  plus  grande  mei\ cille!  — Sa  croyance  a donc  changé'?  — 
'est  l;\  le  signe  éclatant  d'une  époque  nouvelle.  — [,’indeslruclible 
noyau  du  judaïsme  reste  formé  des  orthodoxes  lalmudistcs;  mais, 
au^^essous  de  ceux-ci  se  rangent  le  nouvel  ortliodoxe,  les  r.  for- 
mistes  et  le  libre  penseur  judati|ue.  — Fureurs  des  nouveaux  ortho- 
doxes contre  les  adversaires  du  ranaltsmc  et  de  ïimmutabililé  tal- 
mudiques. — Attaques  du  fanatisme  Israélite  par  l'illustie  rabbin 
Jellinek.  — Répliques  amèn-s  de  t’Univers'i<raelile,  organe  de  l’or- 
Ihudoxie.  — Le  judaïsme  n'est  |iliis  une  religion,  il  est  une  chose 
morte,  etc.  — Un  grand  schisme  sépare  donc  Juda  en  diverses  par- 
ties, mais,  ô merveille!  sans  les  désunir  au  besoin.  — Exemple.  — 
Raison  et  ruse  des  réformisie.^;  elle  avorte.  — Doléances.  — Flaies 
du  juda'ïsme.  — Hypocrisie  de.s  aînés  qui  s’entre-déchirent;  elle 
leur  est  reprochée  par  les  puînés.  — Prosidylisnie  et  changement  de 
rôle  entre  les  deux  partis.  — Comment  l'orthodoxie  est-elle  jugée 
par  les  Juifs  de  nos  contrées?  — Les  faits.  — L'illustre  grand  rab- 
bin Klein  et  .M.  Isidor.  — Ce  dernier  est  élu  grand  rabbin  de 
France.  — Débats  curieux  et  concluants.  — La  famille  Israélite  dé- 
génère moralement,  et  tombe  dans  une  décadence  complète  ; lel  est 
le  cri  du  journal  judafque  la  .Veuteïl. 


De  toutes  les  régions  de  l’Europe  civilisée  il  se  crie,  — 
et  ce  phénomène  est  d’hier,  — il  se  crie  que  les  actes  du 
Juif  commencent  à dénoter  une  sensible  amélioration  mo- 
rale-, que  le  Juif  change,  tiu’il  se  transforme  et  se  mélamor- 
phose!  Dans  (|iiclle  mesure  la  chose  a-t-elle  donc  quelque 
réalité?  Nous  le  verrons  chemin  faisant:  mais  quel  que  suit 
ce  changement,  que  nous  enseignera-t-il?  Il  nous  euseignera 
qu’un  changement  pruporliunnel  s’est  opéré  dans  la  loi  du 
Juif;  que  les  traditions  rahbiniqnes  .sont  tombées  dans  le 
discrédit,  et  qu’un  miracle  moral  donne  au  monde  le  plus 
soudain  et  le  |dus  inattendu  des  spectacles,  celui  de  la 


-.—'le 


I; 


ClIAPlTni-  HümftMK. 


Ï43 


mtiicheAu  Juif.  Car,  an  poinl  de  vue  religieux,  et  par  con- 
séquent moral,  le  Juif  était  immobile,  sa  croyance  était 
iuimualilc-,  le  dogme  talmudique,  en  un  mot,  plus  solide 
que  la  Divinité,  se  trouvait,  d'après  la  parole  des  rabbins, 
au-dessus  de  Dieu  lui-même.  Et  voici  que  tout  d’un  coup , 
après  dix-huit  siècles  d’iuébranfuble  fixité,  tout  change,  tout 
s'ébi'anle,  tout  se  meut;  signe  éclatant  d'une  époque  nou- 
velle et  présage  d’événements  grandiosesi 

Mais  CO  que  nous  nous  proposons  avant  toute  chose  de 
relever  pour  le  moment , ce  ne  sont  point  les  conséquences 
de  ce  fait  inouï,  c’est  le  fait  lui-même  ; c’est  le  changement 
énonne,  l'incroyable  révolution  que  quelijucs  brèves  années 
amenèrent  ilans  la  croyance  du  Juif;  c’est  la  marche  qui 
soudain  l'éloigna  de  la  source  talmudique  où  il  jiuisait  sa 
foi;  marche  inégale,  il  est  vrai,  dans  les  contrées  diverses 
que  peuplent  les  fils  de  Jacob;  car,  à peine  sensible  dans 
les  régions  de  l'Orient,  elle  est  d’une  rapidité  si  prodigieuse 
dans  certaines  régions  occidentales , que  nous  ne  saurions 
mieux  en  comparer  rallnre  qu’au  pas  précipité  des  déroutes. 

A nous  donc  aujourd'hui,  puisqu’ils  ont  marché,  de  sa- 
voir ce  que  sont  et  ce  que  deviennent  les  Juifs,  ces  hommes 
dont  la  religion,  toute  seule  hier  encore,  constituait  la  uatio- 
nalité;  car  n’est-ce  pas  chose  étrange,  prodigieuse,  que  de 
voir  en  un  clin  d’œil  un  tel  peuple  se  décomposer,  et,  con- 
servant dans  son  noyau  le  plus  irrcduciiblc  son  orthodoxie  primi- 
tive, se  former  tout  k coup  en  orthodoxes  bâtards,  en 
croyants  épris  du  progrès,  en  philosophes  libres  penseurs, 
c’est-à-dire  en  membres  chez  lesquels  le  lien  religieux  brisé 
ne  laisse  plus  subsister  d'autre  attache  i|ue  celle  de  la  race, 
de  la  pareiiié,  du  sang. 

Au-dessous  de  l'indissoluble  noyau  des  (turs  talmudisanls, 
cette  primitive  et  autique  catégorie  dout_  naguère  se  com- 
posait exclusivement  le  corps  judaïque,  il  nous  faut  donc 
uujourd'liui  ranger  les  incroyants  de  nouvelle  école  et  les 
nouveaux  croyants;  mais  d'abord  ceux  i|ui,  dans  les  États 
les  [dus  policés  de  l’Europe,  tienaciU'a  se  conserver  le  nom 

16. 


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215 


I.KS  JUIFS. 


(l’orlhodoxes,  malgré  la  di.slancc,  malgré  l’abîme  i|ui  les  sé- 
pare des  Juifs  de  la  véritable  orthodoxie-,  ces  vaillants  des 
traditions  pharisaïqucs  dont  nos  chapitres  ont  assez  fré- 
quemment déjà  reproduit  les  paroles  et  les  actes.  Hier  en- 
core, sous  nos  yeux  (1827-1844),  ces  fidèles  talmudisants 
qui  [leuplaient  nos  grandes  villes  traitaient  la  femme  en 
être  infime  -,  ils  chassaient  sans  pitié  de  leur  toit  le  profes- 
seur assez  irréligieusement  délicat  pour  refuser  d’initier  ses 
jeunes  élèves  aux  monstrueuses  obscénités  du  Talmud;  et 
ces  enfants,  dociles  aux  leçons  de  leurs  pères,  attendaient 
avec  impatience  l’arrivée  du  Messie,  jirêts  à livrer  au  pil- 
lage, pour  fêter  sa  bienvenue,  les  boutiques  de  la  ville  de 
Strasbourg  ‘ 1 Certes,  si  l’orthodoxie  nouvelle  et  modifiée  ne 
nous  semble  plus  mériter  le  renom  de  l'antique  orthodoxie, 
qu’elle  en  reçoive  nos  félicitations  sincères!  Mais,  en  la  fé- 
licitant de  ce  qu’elle  cesse  d’être,  bâtons-nous  de  nous  for- 
mer une  idée  précise  de  la  physionomie  sous  laquelle  elle 
nous  apparaît-,  alors  nous  sera-t-il  donné  de  peser  dans 
d’assez  justes  balances  ses  pauvretés  et  son  mérite! 

■\  l'indéfinissable  scandale  de  l’Univers  israéliie^  organe 
de  cette  orthodoxie  mitigée,  mais  qui  conserve  ses  préten- 
tions à la  scrupuleuse  pureté  des  doctrines,  l’illuslrc  rabbin 
Jellinek , qui  semble  la  piquer  an  vif  par  cette  apostrophe , 
s’est  écrié  du  haut  de  sa  gorge  : « Dans  ce  seul  siècle  il 
n’est  presque  pas  un  seul  homme,  voulant  améliorer  l’édu- 
cation de  la  jeunesse,  relever  les  formes  du  service  divin, 
propager  la  culture  de  la  civilisation,  avancer  le  progrès 
pour  le  bien  des  Juifs,  qui  n’ait  senti  les  pointes  du  fanatisme 
juif.  Nous  avons  des  lamentations  sur  les  persécutions  que 
les  Juifs  eurent  à supporter  de  la  part  d’autres  peuples, 
mais  l’élégie  racontant  comment  des  membres  du  judaïsme 
ont  lâchement  Immilié  et  cherché  à perdre  les  plusinobles 
hommes  de  leur  peuple,  qui  avaient  consacré  à son  éduca- 
tion et  à son  élévation  toutes  leurs  forees,  cette  élégie  n’est 

pas  encore  composée La  fureur  religieuse...  se  place 

‘ Voir  plus  bas,  chap.  Messie;  18Î7. 


CHAPITRK  HUITIÈME.  Îi5 

avec  l'épéc  nue  devant  la  porte  de  l’instruction  et  de  la 
conversion,  inaccessible  comme  tout  autre  fanatisme  reli- 
gieux h toute  discussion  calme... .» 

Telles  sont  les  paroles  qui  blessent  au  cœur  l’antique  et 
la  nouvelle  orthodoxie  et  que  nous  dénonce  dans  toute 
l’amertume  de  son  langage  l’Vniven  israélite,  effrayé  du 
progrès  dont  le  cours  menace  de  l’emporter,  et  qui,  lui- 
même  pourtant,  s’est  mis  en  marche'! 

C’est  qu’en  vérité  les  temps  changent,  et  même  pour 
Israël,  ô prodige!  Jadis  l’autorité  talmudique  avait  triomphé 
de  l’autorité  de  Moïse,  et  le  Talmud  avait  effacé  la  Bible. 
.Maintenant,  nous  disent  avec  jactance  les  hommes  du  pro- 
grès judaique , voici  que  les  effluves  de  la  liberté  chassent 
devant  elles  les  nuages  de  l’immobile  orthodoxie...  Bien 
mieux,  « ceux  que  l’on  appelle  réformateurs  veulent,  d’un 
seul  coup,  se  débarrasser  de  toutes  les  entraves,  et  le  Tal- 
mud, qui  depuis  son  apparition  avait  joui  cCune  autorité  in- 
contetiée  »,  se  voit  « dédaigné  et  repoussé  »,  rendu  respon- 
sable des  .souffrances  antérieures...  de  la  nation  juive;  enfin 
c’est  k lui  que  s’applique,  en  le  retournant,  le  mot  célèbre 
de  Sieyès  : « Qu’a-t-il  été?  Tout!  Que  doit-il  être?  Bien.  » 
Ah!  c’est  trop  peu  maintenant,  en  vérité,  si  l’on  ne  renie  la 
foi  judaïque  ; mais  aussi  quelle  mesure  observer*? 

.\ucune,  nous  dit  ta  raison;  car  dès  qu’un  livre  nous  est 
proposé  comme  divin,  une  .seule  tache,  une  seule  erreur,  et 
la  moindre  que  l’on  y découvre , signale  en  lui  la  faiblesse 
humaine  ou  le  mensonge,  et  le  tue.  Il  faut  qu’il  en  meure; 
et  l’organe  de  l’orthodoxie  boiteuse  du  judaïsme,  l’Univers 
israélite,  en  confiant  aux  vents  tapageurs  de  la  publicité  ses 
lamentations,  ne  formule  que  les  justes  conséquences  des 
énormités  aperçues  enfin,  et  montrées  du  doigt  par  des  fils 
même  d’Israël  dans  le  Talmud.  Nul  étonnement  dès  lors  si, 
d’après  la  propre  parole  des  nouveaux  orthodoxes , « l'affai- 
1)lissement  graduel  de  la  conscience  religieuse  fait  di.spa- 

I Nous  donnons  les  paroles  textuelles;  VI,  p.  242,  1868. 

^ Lire  Archives  Israélites,  XII,  p.  242,  etc.;  1867. 


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246 


LES  JUIFS. 


raitre  au  dedans  de  la  coininiinauté  tonie  vie  israélite,  et 
fait  dire  au  dehors  qne  le  judaïsme  n’est  plus  une  religion, 
mais  une  simple  étude  arcliéologique,  une  chose  vieillie, 
une  chose  morte  ! » 

C’est  pourquoi  le  judaïsme  n’est  plus  qu’un  cadavre,  et 
vainement  Israël  s’efl'orce-t-il  de  le  ranimer  en  le  réehauf- 
fanl  de  son  vieil  amour,  l.'ambilion  l'emporte  chez  lui  sur 
la  foi , et  parmi  les  frères  divisés  vous  entendez  celui  qui 
conserve  un  reste  d’orthodoxie  reprocher  en  termes  amers 
aux  hommes  du  progrès  que,  « cotUrairematt  à ta  plus  simple 
loyauté , à la  plus  vnluaire  bonne  foi,  on  se  fusse  nommer  chef 
et  prince  du  judaïsme  lorsqu’on  montre  pour  toutes  srj  lois  un 
dédain  éclatant  ; lorsqu’on  foule  aux  pieds  le  drapeau  de  son 
proprer  égiment  ; « lors((ne  enfin,  devant  être  gardien  de  Jé- 
rusalem, on  vit  M dans  le  camp  payeu  '!  » 

Le  journal  protestant  la  Croix  se  home  donc  à mettre  au 
jour  une  vérité  d’évidence  lorsqu’il  exprime,  en  pays  civi- 
lisé, « le  peu  d’idée  qu'on  se  fait  de  l’énergie  qu’il  faut  pour 
demeurer  Israélite  orthodoxe*.  » 

Il  est  notoire,  en  effet,  que,  dans  les  régions  les  plus  libé- 
rales de  l’Kurope,  non-seulement  « l’antique  code  de  .Moïse 
et  le  Talmud  strictement  orthodoxe  ne  sont  plus  du  goûl'de 
la  majorité  »,  mais  que  les  simulacres  mêmes  de  l’orthodoxie 
oflusquent  des  myriades  d’Israélites.  C’est  assez  dire,  ce  me 
semble,  « qu’un  grand  schisme  s’est  élevé  entre  les  réfor- 
mistes et  les  orthodoxes  de  toutes  nuances*.  11  s’en  faut 
toutefois  que  cette  dissidiuice  profonde,  et  que  l’on  eût 
jugée  un  crime  impardonnable  il  y a quelques  aimées,  em- 
jiêche  aujourd’hui  les  deux  jiartisdc  s’eutendre  sur  d’autres 
points  et  de  fraterniser,  (jar  les  réformistes  et  les  ortho- 


‘ Univers  israélite,  XII,  p.  5SS-39;  tS66;  td.,  suprà. 
f La  revue  judaLiuç  réplique  avec  un  spirituel  à propos  « qu’on  se 
fait  également  pe  i d’idée  de  la  robuste  bonne  volonté  qu’il  faut  pour 
demeurer  chrétien  tout  en  niant  le  Christ  ! » Univers  israélite,  V 
p.  19C  ; tS67.  Car,  aujourd'hui,  la  plupart  des  minislrcsi  du  proteslar 
tisme  nient  ia  divinité  du  Christ  I 
^ Archives  israélihs,  p.  !>6:l  ; tS66. 


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CHAPITRE  HUITIÈME, 


247 


doxes  de  tout  échelon  brûlent  également  du  zèle  de  tenir 
haut  et  ferme  l’étendard  national  du  judaïsme.  C’est  pour- 
quoi nous  les  voyons  réunir  au  besoin  leurs  moyens  et  leurs 
forces  dans  un  intérêt  commun,  et,  par  exemple,  « pour- 
voir ensemble  avec  libéralité  aux  fonds  nécessaires  à l’érec- 

« 

lion  d’un  temple  magnifique  à Peslh.  » (Ibid.)  Il  est  vrai  que, 
sépulcre  blanchi,  le  temple  ne  renfermera  que  le  vide,  que 
la  corrupiion  de  la  loi  divine;  mais  la  magnificence  de  ses 
dehors  proclamera  la  richesse  et  la  force  du  peuple  élu  ; 
et,  si  Dieu  n’est  glorifié,  du  moins  resplendira  la  gloire 
d’Israël. 

Ces  deux  tronçons  palpitants  du  peuple  hébraïque  se 
réunissent  donc  dans  le  désir  de  donner  au  culte  une  appa- 
rence; et  les  réformistes  de  s’emparer  de  ce  désir  pour 
achever  la  ruine  de  l’orthodoxie  bâtarde  dont  la  présence 
odieuse  blesse  a la  fois  les  intérêts  nationaux  et  le  bon  sens 
humain.  La  convocation  d'un  svnode.  israélite  fut  en  con- 
séqu(*nce  un  des  leurres  dont  ils  se  servirent  pour  attirer  et 
réunir  à leur  bord  les  orthodoxes  nouveaux.  Mais  le  flair 
de  ces  champions  boiteux  du  Talmud  éventa  le  piège  : A 
quoi  bon  votre  synode,  frères?  « Cno  fusion  serait  désirable, 
certes  oui!  et  personne  ne  vous  contestera  ce  point.  Mais  peut- 
elle  se  réaliser?  Ici,  nous  hésitons;  car  on  pourrait  bien 
arriver  â une  confusion»  au  lieu  d‘une  fusion»  et  se  séparer 
plus  aigris  qu’avant  la  réunion.  » 

Il  se  trouve  en  effet  « deux  partis  extrêmes  en  présence  : 
d’abord  les  ultra-avancés,  ceux  qui  rejettent  toute  lai  céré- 
monielle,,.. qui  traitent  de  vétilles  et  de  minuties  les  prescrip- 
tions de  la  Synagogue,  et  les  déclarent  bonnes  tout  au  plus 
pour  des  nourrissons,  pour  des  enfants  â la  mamelle!  » 
Or,  ({  toute  réforme,  du  moment  qu’elle  ne  sera  que  par- 
tielle^ ne  contentera  jamais  les  premiers,  les  hommes  du 
progrès,  et  aliénera  toujours  les  seconds,  ceux  qui  cx)nti- 
niient  d’opposer  encore  quelque  résistance  aux  violateurs 
do  l’orthodoxie.  Le  synode  aurait  donc  tenu  ses  séances  en 
pure  perle!  » Disons  le  mot,  et  ne  l’oublions  plus  ; ce  qui 


«48 


LES  JUIKS. 


est  dans  les  vœux  des  réformistes , « c’est  une  abolition  du 
judaiame  traditionnel;  abolition  décrétée  en  bonne  et  due  forme 
par  ses  chefs  autorisés..  Une  victoire  partielle  ne  ferait 
qu’accroitre  leur  ambition,  sans  satisfaire  leurs  désirs;  et 
que  l’on  ne  croie  pas  que  nous  exagérons  les  choses!  » 

Nul  ne  l’ignore,  la  fusion  pour  laquelle  nos  hommes  du 
progrès  affectent  un  si  beau  zèle  « n’est  qu'un  piège  tendu  à 
la  bonne  foi  du  public.  » Mais  ce  qu’ils  veulent c’est  la 
« suppression  des  lois  alimentaires  et  des  dispositions  pro- 
hibitives du  sabbat...,  etc.,  etc.  Qui  sait?  peut-être  vont-ils 
jusqu’il  se  flatter,  in  petto,  que  la  circoncision,  ce  cachet  divin 
que  nous  portons  sur  notre  chair,  selon  la  poétique  expres- 
sion du  Talmud,  sera  rayée  par  un  trait  de  plume  de  MM.  les 
conférenciers.  Telles  sont  les  espérances  dont  se  flatte  le 
parti  qui  pousse  au  synode,  et  qui  se  croit  tellement  nudtre 
de  la  situation  qu’il  les  expose  au  grand  jour'.  » 

Malheur,  malheur  à Israël!  répliquent  à ces  paroles  les 
Juifs  de  la  moyenne  réforme,  ceux  qui  s'efforcent  de  se  tenir 
dans  un  certain  milieu  entre  ces  frères  de  la  petite  ortho- 
doxie et  les  Juifs  libres  penseurs;  malheur,  puisque  notre 
royaume  se  divise!  Car  « pour  les  uns  nous  sommes  des 
niveleurs  voués  au  culte  de  la  libre  pensée , et  les  autres 
voient  en  nous  des  libéraux  incomplets  et  inconséquents.  Un 
grand  nombre  d’Israélites,  pour  se  fusionner  davantage 
avec  la  société  moderne,  trouvent  importune  toute  voix 
qui  les  entretient  de  nos  intérêts  et  de  nos  devoirs;  et  les 
faux  orthodoxes , qui  tirent  bénéfice  de  la  défense  de  l’obscu- 
rantisme après  avoir  débuté  par  le  pourfendre,  regrettent 
de  ne  pas  nous  voir  relever  leurs  personnalités  injurieuses*.  » 

Si  le  Talmud  est  pour  Israël  un  fléau,  l’orthodoxie  mitigée, 
c’ est-h-dire  fausse  ou  bâtarde,  est  non  moins  que  la  réforme 
elle- même  une  véritable  plaie  pour  le  judaïsme.  Et  ce  qu'il 
y a de  certain,  nous  affirme  de  son  côté  le  Rév.  Père  Ratis- 
bonne,  prêtre  de  sang  Israélite,  c’estque  « les  hommes  de  cette 

' Univers  israétiU,  VOÏ,  p.  358-59;  1868. 

'■*  Archives  israélites^  XX,  p.  915;  1867. 


CHAPITRE  HUITIÈME. 


249 


catégorie  diminuent  tous  Us  jours;  car  ils  ne  se  recrutent 
guère  parmi  les  jeunes  gens , et  il  y a parmi  eux  beaucoup 
d'ignorance  et  d'hypocrisie' . » 

« Ils  se  parent  fièrement  du  titre  d’orthodoxes,  reprennent 
les  Archives  israélites , et  leur  unique  mérite  consiste  à suivre 
aveuglément,  et  sans  réflexion , ‘quelquefois  même  sans 
bonne  foi,  les  pratiques  bonnes  ou  mauvaises  que  le  moyen 
âge  nous  a léguées  : c’est  d’eux  que  le  prophète  a dit  : lis 
ont  des  yeux  et  ne  voient  point’ I » 

Les  hommes  de  la  bâtarde  orthodoxie  de  l’Occident,  née 
d’hier  et  décrépite  aujourd’hui,  sont  d’ailleurs  les  premiers 
eux-mêmes  â s’adresser  les  uns  aux  autres  de  cruelles 
paroles,  et  qui  les  subdivisent  en  fractions  hostiles.  Aussi, 
nous  dit  l'Univers  israélite , « et  tout  le  monde  le  sait, 
M.  le  rabbin  Hildesheimer  est  orthodoxe.  Mais  comme  cette 
expreuion  est  très-élastique  et  qu’on  en  fart  beaucoup  d’abus , 
je  crois  devoir  ajouter  : M.  Hildesheimer  est  orthodoxe  dans 
la  plus  noble  acception  du  mot.  C’est  un  vrai  et  généreux 
philanthrope;  faire  le  bien  est  pour  lui  un  besoin...  Par  lâ,  il 
se  distingue  des  orthodoxes  de  l’école  de  Presbourg,  qui  ne 
sont  et  ne  restent  orthodoxes  qu’autant  que  leur  orthodoxie 
n'entre  pas  en  conflit  avec  leiircAcs  moi;  qui,  craintivement 
prudents,  mettent  diplomatiquement  chacune  de  leurs 
paroles  et  chacune  de  leurs  actions  sur  la  balance,  pour 
s’assurer  qu’il  ne  peut  en  résulter  pour  eux  aucun'  pré- 
judice’. » 

Mais  eux-mêmes,  et  dans  une  multitude  de  circonstances 
qu’il  serait  fastidieux  d’énumérer,  les  orthodoxes  selon  le 
Sanhédrin  de  Napoléon  P'  ne  foulent-ils  pas  aux  pieds  la 

' Question  juive,  p.  12;  1868. 

^ Archives  israélites,  X,  p.  446  ; 1867.  «Bien  moins,  ajoute  cette  feuille, 
nous  occuperons-nous  encore  de  ceux  qui  se  croient  réformateurs  ou 
modernes,  et  qui  n'observent  d’autre  religion  que  celle  de  leur  bon 
plaisir  ou  de  leurs  convenances;  qui  n’écoutent  que  la  voix  de  leurs 
passions,  n’acceptent  aucun  frein  tant  que  la  fortune  leur  sourit, 
timides  et  superstitieux  jusqu’à  la  lâcheté  quand  le  malheur  les  atteint, 
ou  quand  l’âge  et  les  maladies  ont  plié  leur  vain  orgueil.  » Ibid. 

6 Univers  israélite,  IV,  p.  476  ; 4866. 


l'raDche  orthodoxie?  Resie-t-il  orthodoxe,  en  clFet,  ce  talnui- 
disant  qui  non-seulement  cesse  de  voir  une  simple  et  mé- 
prisahle  brute  dans  l’être  a visage  humain  étranger  au  sang 
d'Israël,  mais  qui  le  nomme  son  frère,  et  qui  soutient  sans 
frémir,  — comment  laisser  de  telles  paroles  atteindre  les 
oreilles  d’un  vrai  rahhiir:  — « que  les  hommes  vertueux  de 
toutes  les  confessions  jouiront  du  salut  éternel'!  » Reste- 
t-il  orthodoxe  ce  talinudisani  qui  méprise  les  intérêts  de 
s<m  Dieu,  qui  renie  la  tradition  pharisaïqiie,  et  qui,  misé- 
rable flatteur  de  l’iiicrédulilé  du  siècle,  redresse  fièrement 
la  tête  eu  se  proclamant  l’adversaire  du  prosélytisme’,  tan- 
dis que  le  Réformé  judaïque,  — coupable  peut-être  de 
quelque  distraction,  et  s’emparant  du  rôle  que  l’orthodoxe 
abandonne,  — s'écrie  d’une  voix  généreuse  : « Vos  obser- 
vances surannée*  empêchent  le  judaïsme  de  sc  faire  ac- 
cepter, et  nous  font  ainsi  manquer  au  prosélylitme  que  nous 
dernns  exercer’.  » Kst-il  enfin  le  représentant  d’une  ortho- 
doxie avouable,  ce  talmudisant  vaniteux  qui  donne  au  monde 
chrétien  le  spectacle  de  l’avidité  caractéristique  de  sa  race 
pour  les  titres  nobiliaires  et  les  distinctions  honorifiques*  Ecoii- 
icz-le  donc  emboucher  les  trompettes  de  la  renommée’  pour 
attirer  l’œil  du  public  sursa  poitrine,  bizarrement  chamarrée 
des  décorations  et  des  croix  qui  sont  le  symbole  des  mystères 
du  christianisme,  et  qui  [lorlent  le  nom  de  ses  saints!  Saurait- 
il  nous  dire  quels  préceptes  du  Talmud  lui  permettent  de  se 
pavaner  sous  ces  emblèmes  de  la  foi  chrétienne?...  Et 
cependant  nous  ne  soulevons  l’a  que  des  ipiestions  bien 
minimes  k l'adresse  du  Juif  orthodoxe!  Mais  ce  que  nous 

' Univers  israélite , II,  p.  Si;  tStiC;  lire  aussi  /trchives  israélites, 
III.  p.  lOî;  1S68. 

'■*  Jésus  leur  dit  : o Malheur  à vous,  scribes  el  pharisiens  hypocrites, 
f(ui  parcourez  la  terre  et  les  mers  pour  faire  un  seul  proséivie;  el, 
lonsjue  vous  l’avez  fail.  vous  le  rendez  dipne  de  l’enfer  deux  fois  plus 
que  vous.  » S.  Matllceu,  ch.  xxiii,  v.  14-15.  Lire  Hohrbacher,  Hist. 
univers,  de  l'Eglise,  t.  .X.1.V,  p.  i45;  1884  : « lis  s'eft'orcenl  d'aUirer 
les  cJirétiens  à leur  socle...,  etc.  » Lu  prosélytisme  est  de  l'essence 
d'une  religion  qui  se  croit  vraie. 

.irchives  israilihs,  X,  p.  448  ; 4867. 

* Lire  les  revues  judaïques. 


CHAPITRK  HÜITIK.ME. 


Ï51 


voulons  signaler  à l'observation  de  tout  homme  judicieux, 
ce  ne  sont  point  des  paroles,  — malgré  notre  habitude  de 
les  saisir  dans  la  bouche  même  du  Juif,  — ce  sont  les  actes 
qui  nous  enseignent  de  quelle  façon  les  Israélites  de  l’Occi- 
dent jugent  et  accueillent  l’orthodoxie  bâtarde  qui  fait  appel 
au  tribunal  de  leur  conscience , en  même  temps  que  d’une 
main  suppliante  elle  réclame  la  faveur  de  leursuifrage  : 

La  place  de  grand  rabbin  de  France  est  vacante;  il  s’agit 
d’y  élever  un  candidat,  et  deux  concurrents  qui  représen- 
tent au  plus  haut  degré  l’orlbodoiie  occidentale  et  la  ré- 
forme judaïque,  se  posent  devant  l’urne  du  scrutin.  Le  pre- 
mier, c’est  le  grand  rabbin  de  Colmar,  Salomon  Klein.  Qni 
ne  connaît  (en  Israël)  « celui  qui  fut  l’ornement  du  judaïsme 
du  Haut-Rhin  et  de  toute  la  France,  ou  |)ourrait  dire  de  la 
famille  Israélite  du  monde  entier'?  » Grand  rabbin  de  la 
capitale  de  l’empire,  et  progressiste,  le  second  se  nomme 
Isidor.  Lequel  de  ces  deux  champions  va  l’emporter  sur 
son  rival?  Lutte  décisive,  lutte  émouvante  et  qïTi  fait  palpi- 
ter tous  les  cœurs,  telle  est  la  taille  homérique  du  candidat 
de  l’orthodoxie! 

F>t,  qui  parle  de  ce  magnitique  athlète  pourrait-il  assez 
exalter  sa  valeur?  Écoutons  : « S’agil-il  de  philosophie? 
s’agit-il  de  théologie?  Klein  est  talmudiste.  S’agit-il  de 
science?  Klein  est  un  .savant  classique.  Aussi  combien,  par 
cette  raison,  ses  adversaires  eussent-ils  aimé  le  conquérir  1» 
Et  Klein  s’élevant  par  la  hauteur  de  sou  caractère  au-dessus 
de  la  plèbe  des  docteurs,  n’est  point  de  ceux  qui  s’abaisse- 
raient h « conformer  la  Thora  (la  loi  divine)  aux  idées  du 
temps  »;  au  contraire,  il  veut  conformer  « les  idées  du 
temps  a la  Thora.  Nous  sommes  malades  du  manque  de  tels 
hommes  *!  » Humilions-nous  donc  â leur  aspect,  et  sentons- 
nous  heureux  s'ils  daignent  agréer  nos  sufl'rages. 

Nos  suflrages?  Arrière  de  tels  hommes!  arrière!  répli- 
quent il  l’envi  les  lenants  de  la  Réforme  ; « Toute  candi- 

' Univers  israélite,  IV.  p.  <45;  <867. 

^ IJnimrs  israêlite,  V,  p.  196;  1868. 


LES  JUIFS. 


2ÔÎ 

datnre  qui  nous  ramènerait  h l'ancien  système  d’étroite  casuis- 
tique, et  qui  prétendrait  immobiliser  les  errements  talmudiques, 
ferait  obstacle  à l'avenir  du  judaïsme , et  doit  être  écartée  » 

Ainsi  donc , répliquent  les  orthodoxes  le  cœur  en  deuil , 
la  plus  grave  des  objections  s’élève,  se  dres.se  contre  le 
grand  rabbin  de  Colmar  : il  est  l'homme  de  l’orthodoxie;  il 
lui  manque  le  mérite,  dominant  tout  autre  mérite,  de  l’avoir 
désertée;  et  le  reproche  qui  l’exclut  sans  retour,  c’est 
d’avoir  conservé  sa  fidélité  religieuse,  « son  incorruptibilité; 

disons  le  mot,  sou  fanatisme! Il  a commis  une  faute 

impardonnable  : il  a refusé  de  répondre  contrairement  a sa 
conscience  a M.  le  colonel  Cerfberr  (c’est-h-dire  au  prési- 
dent du  consistoire),  qui  a eu  l’incroyable  idée  de  le  catéchi- 
ser, et  de  l’interroger  sur  ses  principes  religieux.  Mais  tout 
homme  de  cœur  ne  qualifierait-il  pas  d'hypocrite  et  de 
lâche  tout  rabbin  qui,  en  vue  d'une  nomination,  mentirait  â 
sa  foi , et  chercherait  h plaire  par  des  réponses  équivoques?  » 

Cependant,  malgré  cette  orthodoxie,  dont  les  novateurs 
font  un  crime  â celui  qui  en  est  le  candidat,  quelle  n'est 
point  l’aménité  de  mœurs  de  ce  docteur!  Car,  parmi  les 
rahbins  de  sa  circonscription,  il  a certes  rencontré  des 
adversaires;  et,  toutefois,  « par  la  douceur  de  son  caractère, 
par  son  amour  de  la  paix  et  son  extrême  tolérance,  il  est 
parvenu  à s’attacher  tous  les  cœurs.  » Mieux  encore,  « le 
jur.aïsme  du  Haut-Rhin,  sous  sa  forte  et  sainte  direction,  est 
un  des  plus  prospères  de  la  France  et  du  monde  entier  * ! » 

On  réfléchira  donc  avant  de  voter.  On  songera  donc  à 
l'â-propos,  à rurgcnce  d’élever  un  tel  homme  aux  fonctions 
suprêmes!  On  y songe  eu  effet  : quelques  mois  s’écoulent, 
et  U l’élection  dont  se  préoccupait  depuis  dix-huit  mois  la 
Synagogue  française  est  aujourd’hui  accomplie.  Le  scrutin 
a prononcé;  il  a prononcé  d’une  manière  éclatante  »,  et 
quel  est  sou  verdict?  11  est  celui  que  « notre  numéro  du 
15  novembre  annonçait  en  termes  assez  explicites  : M.  Isi- 

> Archives  Israélites,  XII,  p.  .533;  1868. 

^ Univers  israélite,  III,  p.  138;  1866. 


CIIAPITKE  HUITIÈME.  Î.M 

dor,  grand  rabbin  de  Paris  (et  réformiste),  a été  appelé  aux 
fonctions  de  grand  rabbin  de  France  par  vingt-deux  voix 
sur  vingt-cinq  votants  » L’ortbodoxie  bâtarde,  fille  de  la 
pure  orthodoxie  déjà  repoussée,  ne  figure  donc  plus  dans 
les  conseils  électifs  de  Juda  que  dans  la  proportion  de  trois 
à vingt-deux.  O désastrel 

Voilà,  si  nous  ne  nous  trompons,  de  l’histoire  toute  vi- 
vante! Voilà  l’opinion  qui  se  traduit  par  un  acte  de  palpable 
éloquence.  Oui,  tels  sont  les  faits  qui  s’accomplissent  à ciel 
ouvert  dans  le  cœur  même  de  notre  France,  en  même 
temps  que,  dans  l’antique  capitale  de  l’empire  allemand,  à 
Vienne,  une  feuille  juive,  la  Neuzeit,  non  contente  de  criti- 
quer ce  culte  orthodoxe,  attaque  avec  violence  « la  vie  israé- 
litc  tout  entière,  le  Talmud,  le  Schoukhan  Arouch,  les  traditions, 
lescérémonies  religieuses  du  foyer  domestique  »,  etc. , etc. 

El,  non-seulemeiit  cet  organe  judaïque  « livre  le  judaïsme 
prati({ue  et  les  enseignements  talmudiques  à la  risée  du  public 
juif  et  chrétien , » mais  il  insinue  k que  la  famille  Israélite 
dégénère  moralement,  montre  un  aflàiblissemeiit  visible  du 

sentiment  d’honneur, une  décadence  complète! Elle 

parle  comme  les  missionnaires,  les  trafiquants  d’âmes,  qui 
disent  à nos  frères  : La  loi  de  Moïse  vous  condamne-,  vous 
ne  pouvez  l’accomplir,  donc  vous  devez  la  déserter  ’ ! » 

Devant  ces  divers  et  nombreux  apôtres  de  la  Réforme, 
c’est-à-dire  du  progrès.  Salomon  Klein  peut  donc  avoir  toute 
la  sagesse,  toute  la  science,  et  bien  plus  que  la  moralité  du 
grand  roi  Salomon  son  homonyme;  mais  qu'importe  au 
judaïsme  occidental  cette  accumulation  de  mérites?  un  fait 
impardonnable  le  condamne  : le  Juif  frotté  de  civilisation 
voit  en  lui  l'homme  de  la  tradition  pharisaïque,  l’apôtre  du 
Talmud,  le  docteur  qui,  sous  le  soleil  du  dix-neuvième 
siècle,  ose  se  revêtir  d’orthodoxie!  Et  quoique  cette  or- 
thodoxie de  l'Occident,  singulièrement  affaissée  sur  elle- 
même,  ne  soit  plus  (|ue  l’ombre  de  celle  que  professait  notre 

* jlrcfctues  israéliles,  XXII,  p.  1017;  1866. 

’t  Univers  israélile,  IV,  p.  15Î;  1866. 


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LES  JUIFS. 


îSi 

tiicU  (i  «a  naissance,  le  jtiilaïsme  occidonlal  la  rrpons.se. 
I/orlho(loxie!  Ah!  ce  mot  lui  l•!lpl)elle  la  cause  de  ses. anti- 
ques souffrances-,  ce  mot  lui  fait  peur  et  le  dégoûte...  après 
nous  avoir  dégoûtés! 

C’est  pour(|uoi,  disons-nous,  et  nous  tenons  k le  redire  : 
Salomon  Klein,  « l’ornement  de  la  famille  Israélite  àans  le 
inonde  entier  »,  sollicite  du  judaispae  fran^-ais  le  |)Outilîcat 
suprême,  et  trois  voix  sur  vingt-cinq  de  s’écrier  : Amen, 
Amen , Amen  ! nul  plus  que  vous  ne  se  montre  digne  de 
telles  fonctions  et  d’un  tel  honneur.  Mais  devant  cet  hom- 
mage empressé,  vingt-deux  autres  voix  se  mettent  an  plus 
éclatant  unisson  pour  lui  crier  ; Arrière!  ô gloire  du  rahbi- 
nat!  nous  savons  ce  que  vaut  en  clhî-même  cl  ce  ipic  nous 
valut  l orthodoxie!  Arrière  à jamais  le  rabbin  -asscr  rétro- 
grade pour  oser  se  ilire  orthodoxe! 


DKCXIÈME  mvisio.x.  — LES  RÉFOHMISTES. 

tjup  veulent  les  réformistes?  — Unir  le  présent  au  pas,sé  ; mais  rom- 
nienl?  — Us  rejoUenl  lo  Talmud.  et  la  tliUIe  ne  leur  est  qu'un  livre 
de  myliies.  — Une  religion  ireliyare)  est,  surtout  jiour  eux.  uno 
chose  qui  ne  doit  point  lier  l’homme.  — Sottise  d’aUnbuer  à Moïse 
cl  à Jésus  ce  qui  appartient  à ceux  qui  les  préciyéront  ou  les  suivi- 
lent,  au  progrès  du  temps,  à riiuinanité.  — iViit  se  dire  Israélite 
quiconque  adopte  l'unité  de  Dieu,  l’iniinortalité  de  Dieu  et  de  l'éme,  et 
interptete  toute  chosi*  à son  scn-. — Do  l'ampleur  de  cotte  liberté  naîtra 
la  religion  universelle,  sans  troubler  aucune  conscience.  — Trois 
exemples  curieux  de  cette  tolérance  (tralique.—  la-  troisième  est  du 
ilocteur  Séc,  professeur  à l’Ecole  de  médi'cine  de  Paris,  accusé  de 
matérialisme  et  d’athéisme.  — Le  consistoire  central,  con.-cil  su- 
prême des  intérêts  religieux  1 1 sociaux  du  judaïsme,  n’en  cr(..il  pa> 
moins  devoir  l’admettre  dans  son  sein.  — t’.urieuse.-.  ^^éIaiion^.  — 
Un  grand  nombre  d’IsraéliU-s  cherchent  à dissimuler  leur  croyance. 
— t'ajtto  sorte  d'hommage  qu’ils  rendent  à leur  foi  plus  commode 
que  celle  du  martyre. 

Qtic  les  Juifs  se  peignent  dans  nos  pages,  que  lents  pro- 
pies  crayons  nous  appreniienl  a les  coniiailrc,  et  itoii  itoiitl 
par  des  portraits  île  fantaisie,  niais  par  la  réalité  île  leurs 
traits,  voila  l’uu  des  points  essentiels  de  notre  plan.  C’esl 
pourquoi,  conlinuaiil  de  nous  mêler  k eux  et  de  puiser 


CHAPITHE  HUITIÈME. 


255 


notre  science  dans  leurs  paroles  et  dans  leur  vie , nous  leur 
demanderons  ce  ()iie  sont  en  Israël  les  gens  que  nous  venons 
de  voir  repousser  à litre  d’insulte  le  nom  d’orthodoxes,  et 
nous  saurons  de  leur  bouche  ce  qui  caractérise  dans  le 
judaïsme  ceux  que  nous  entendons  s'intituler  les  hommes 
de  la  Réforme  et  du  progrès.  Ces  nouveaux  venus  ne 
seraient-ils  que  des  faibles  d’esprit,  que  des  hommes  ar- 
dents à s’imaginer  qu’une  religion  divine,  peut  et  doit  pro- 
gresser et  se  i)erfeclionner  ; qu’elle  doit  soumettre  par  con- 
séquent <t  la  sagesse  ordonnatrice  de  l’homme  le  Dieu  qui 
en  est  l’auteur;  qu’elle  |)eut,  en  un  mot.  durer  et  grandir  en 
assujettissant  ses  croyances  aux  caprices  des  événements, 
aux  tyranniques  et  mobiles  exigences  des  intérêts  temporels, 
au  coininandement  de  quelques  manœuvriers  habiles  à diri- 
ger ses  évolutions?  Mais  au  lieu  de  nous  livrer  au  courant 
de  folles  hypotliè.ses , prêtons  une  oreille  attentive  k ceux 
<)ii’il  nous  importe  de  connaître,  et  sachons  les  écouter  avant 
de  les  juger. — Non,  non,  s’écrient  leurs  voix  tumultueuses, 
nous  voulons  marcher,  nous  voulons  avancer,  nous  ne  sau- 
rions être  « pour  ce  ttaiu  quo  béat  et  inintelligent  dont  il 
existe  encore  des  coryphées!  L’immobilité  n’est,  en  ce 
moment  surtout , le  droit  ni  l’avuntaye  de  personne.  Unir  le 
jwssé  au  présent,  de  manière  k préparer  l’avenir  par  d'utiles 
amélioratium  faites  k pro|io3 , c’est  lit  le  secret  de  la  durée 
[lour  une  croyance.  Depuis  un  demi-siècle , on  a , malgré  les 
cris  et  les  protestations  de  ce  qui  l’intiiule  l’orthodoxie,  réa- 
lisé nombre  de  changements  avantageux  taxés  k l’origine  de 
subversifs  et  d'impies.  Nous  en  citerons  dix  pour  un  : 
l’initiation  religieuse,  l’imtruction  des  jeunet  Jilles , la  prédi- 
cation en  laugae  nationale,  etc.,  etc.; et  l’on  n’est  pas 

au  bout  de  celte  féconde  transformation,  il  faut  y persévé- 
rer, quoi  qu’en  puissent  penser  ceux  qui  disent  que,  la  lui 
religieuse  étant  au-<lessus  des  rabbins  cl  des  consistoires, 
comme  au-dessus  du  nous  tous,  ils  n’y  doivent  pas  plus 
qu'aucun  de  nous  rien  changer  » 

■ .trcAic'M  israèlites,  XIX,  p.  S35;  4866. 


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256 


LES  JUIFS. 


Ici,  les  réformistes  ont  grand  soin  de  se  taire  sur  les  ré- 
formes qui  portent  un  coup  mortel  à la  foi  judaïque;  mais 
déjà  nous  avons  vu  le  Talmud,  la  racine  de  cette  foi,  n'être 
plus,  k leur  sens,  qu'une  relique  archéologique,  un  véné- 
rable plastron.  Or,  ce  code  religieux  une  fois  relégué  dans 
les  cabinets  de  curiosités  et  placé  sous  des  vitrines  d'anti- 
quaire, que  reste-t-il  k Israël  en  fait  de  livre  sacré?  — La 
Bible,  ce  merveilleux  ouvrage  dont  ils  furent  jusqu'k  nos 
jours  les  fidèles  et  incorruptibles  gardiens!  — Non,  nous 
savons  le  contraire,  et  d'ailleurs  voici  leur  langage  : « Pour 
nous,  Israélites,  la  Bible  n’est  ni  un  livre  de  science  ni 
même  toujours  un  livre  d histoire.  » Ainsi  par  exemple  le 
récit  « d’Adam  et  d’Èvc,  de  Caïn  et  d'Hébel,  n’est  pas  né- 
cessairement le  récit  d’une  histoire  extérieure  qui  se  soit 
passée  sur  notre  terre;...  ce  récit  peut  bien  être  une  his- 
toire figurée  '.  » La  Bible  et  la  vérité  deviennent  donc  deux 
choses  distinctes!  Comment  exprimer  en  termes  plus  clairs 
que  nul  livre  sacré , nulle  croyance , nulle  loi  positive  ne 
lie  k la  parole  qu'un  Dieu  lui  aurait  révélée  le  peuple  qui  se 
prétend  élu? Nous  rendons  cependant  hommage  k cette  ab- 
sence de  toute  équivoque,  et  nous  remercions  nos  initiateurs 
du  développement  que  les  lignes  suivantes  donnent  k leur 
croyance  : « Une  religion  n’est  k nos  yeux  ni  un  moule  in- 
flexible,... ni  une  matière  inerte  qui  se  prête  k d’incessantes 
expériences;  c’est  un  être  vivant,  perfectible,  ayant  dans  le 
passé  des  racines  qu’il  ne  faut  pas  couper,  et  te  renouvelant 
avec  une  lenteur  nécessaire’.  » Or,  jamais  plus  que  de  nos 
jours  « la  pensée  religieuse  en  général  n’a  exercé  dans  le 
monde,  en  dépit  de  certainet  apparences  contraires,  une  plut 
considérable  influence ,.. . et  le  judaïsme  ne  saurait  se  tenir  en 
dehors  de  ce  courant.  N’ayant,  par  un  heureux  privilège  de 
son  organisation,  ni  mystères’  ni  caste  sacerdotale  k dé- 

' ytrcJiices  israéUtes,  XIV,  p.  613,  et  mille  autres  passages;  <866. 
itrcJiiue.s  israéUtes,  XX,  p.  879;  <866. 

* Rien  déplus  fauxl  mais  serait-il  une  absurdité  plus  énorme  que 
celle  d'uiie  religion  sans  mystères,  c’e.st-à-dire,  par  conséquent,  où  il 
serait  donné  à l'homme  de  pénétrer  et  de  comprendre  Dieu.  Compren- 


Î57 


CHAPITRE  HUITIÈME. 

fendre;  basant  ses  enseignements  sur  la  raison  et  |>ouvant 
invoquer  à l’appui  de  son  caractère,  hautement  moral,  les 
qualités  de  la  race  qui  l'a  pratiquée , la  croyance  Mosaïque 
doit  prendre  dans  l’activité  religieuse  de  notre  époque  la 
place  qui  lui  revient  de  droit*.  » 

Elle  s’emparera  donc  de  cette  place,  mais  sans  offenser 
les  religions  rivales,  et  nous  dira  le  seul  moyen  d’amener  la 
réconciliation  entre  les  cultes  hostiles;  car  on  l’ignore,  et  le 
voici  : c’est»  qu’on  n'attribue  plus  à Moïse  et  à Jésus  ce  qui 
appartient  aux  prédécesseurs,  aux  successeurs,  aux  progrès 
ou  àl'humanité  entière.  11  est  surtout...  indispensable 
de  séparer  nettement  la  morale,  qui  appartient  à tous,  des 
dogmes  religieux  particuliers  à chaque  croyance*.  » Mais 
<|uels  que  soient  notre  profession  de  foi,  nos  paroles  et  nos 
actes,  « on  nous  juge  toujours  au  dehors  avec  les  habitudes 
d’Église  établie  et  oflicielle  dont  le  christianisme  nous  offre 
le  modèle*.  Nous  sommes,  au  contraire,  le  type  le  plus 
absolu  de  démocratie  religieuse,  et  chacun  de  noua  est  le  juge 
suprême  de  la  foi  *. 

dre,  c’est  contenir;  l’homme,  c’est-à-dire  le  fini,  contiendrait  l’infini, 
s'il  comprenait  Dieu,  ce  qui  éciuivaut  à dire  que  l’écaille  d’huitre  pour- 
rait contenir  l’Oc''an,  et  bien  au  delà  ! 

' Ce  qui  est  déraison  de  la  façon  dont  on  l’entend , s’il  y a mvslèrcs  ; 
car  ces  mystères  exigent  la  foi,  telle  que  l’accepte  la  raison  : Aationa- 
bile  sit  ohsequium...  Or  la  religion  rie  Moïse  est  remplie  du  Dieu  mys- 
tère, qui  lui  a imposé  une  lignée  sacerdotale.  Ceux  qui  tiennent  le  lan- 
gage que  nous  exposons  ne  peuvent  donc,  sans  une  indicible  infirmité 
d’esprit,  revendiquer  K la  croyance  raosarque.  » Mais  ces  progressistes, 
aussi  étrangers  aux  règles  de  la  foi  qu’à  celles  do  la  raison,  osent  dire: 
a Une  foi  éclairée  n’est  plus  la  fui  ; la  foi  qui  raisonne  n'existe  plus.  » 
Archives  israélites,  XI,  p.  i97  ; 1867. 

2 Archives  israélites.  XXIII,  p.  1059;  1867. 

3 Archives  israélites,  XI,  p.  504;  1867.  Comme  si  la  morale,  qui  est 
une  régie  de  mœurs,  ne  descendait  pas  de  la  loi  religieuse!  Comme  si 
l’Evangile  et  le  Talmud,  par  conséquent,  n’engendraient  pas  chacun 
leur  morale  contraire  l 

* Modèle  que  vous  offrait  le  judaïsme  de  Moïse,  et  que  vous  vous  êtes 
efforcés  de  rétablir  par  le  rabbinat,  etc.,  etc.  Voir  au  chapitre  ci-dessus. 

* Archives  israélites.  XV,  p.  677  ; 1867.  Le  dernier  des  sots  ou  des 
ignorants  égale  donc  chez  vous  le  plus  éminent  des  docteurs,  et  l’en- 
semble de  tous  les  docteurs?  Monstrueuse  absurdité  qui  constitue  et 
ravage  le  protestantisme,  fléau  naguère  inconnu  de  la  Synagogue.  Har- 
monie,  t.  1,  p.  6Î-3. 

17 


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258 


LKS  JUIFS. 


En  un  mot,  ce  qui  suffit  pour  être  et  pour  se  dire  de  reli- 
gion isi'aélite,  nous  espérons  le  voir  adopter  à litre  de  pro- 
fession de  foi  par  un  synode  préparatoire  composé  de  rab- 
bins et  de  laïques  dont  la  musion  humanimire  et  te  devoir 
seront  « de  constituer  tout  progrès  en  évitant  tout  schismel  » 
Et  les  points  suffisants  se  réduisent  k trois  dogmes  ; « l’unité 
de  Dieu,  l'immortalité  de  Dieu  et  l'iinmortalilé  de  l’àme.  » 
Nous  déclarerons,  en  nous  appuyant  n sur  l’esprit  de  la 
Bible  et  sur  le  texte  du  Talmud  (Horaiolh,  fol.  8),  que  qui- 
conque les  admet  est  de  fait  Israélite.  » Après  quoi  nous 
proclamerons  « trois  principes  essentiels  issus  des  lois  na- 
turelles : le  libre  arbitre,  la  fraternité,  et  la  liberté  d’inter- 
prétation. » 

« Au  moyen  de  ce  principe,  qui  est  supérieur  k la  tolé- 
rance puisqu’il  consacre  la  diversité  d'interprétation  dans 
le  même  culte  ' ^ au  moyen  de  cette  liberté,  chacun,  suivant 
sa  conscience,  contervera  les  pratiques  du  culte  rendu  au 
Dieu  unique  et  immatériel,  ou  les  réformera  d'après  les 
principes  d’un  israélilisme  libéral  et  humanitaire.  » Grâce  a 
l’ampleur  de  cette  « liberté  pratique,...  le proyrèt  jaillira,  et 
la  religion  univertelle  ressortira  sans  qu'aucune  conscience 
ail  été  réellement  troublée  * ! » 

Il  n’est  en  vérité  que  trop  facile  de  s’imaginer  k quel  de- 
gré doit  s’étendre  la  tolérance  d’une  religion  ’ qui , loin  de 
lier  k Dieu  et  de  réunir  les  uns  aux  autres  ses  croyants,  les 
affranchit  de  tout  lien,  de  toute  obligation,  si  ce  n’est  celle 
de  se  gouverner  chacun  k sou  sens , tandis  que  ce  sens  de 
chacun  continue  de  s’appeler  la  foi  commune , en  atlendaul 
qu’il  s’empare  du  nom  plus  noble  de  foi  catholique  ou 
universelle! 

Mais  peut-être  cette  manière  commode  et  libérale  d’en- 

‘ Les  Juifs,  lombtSs  au  fond  des  abîmes  de  la  confusion,  ne  peuvent 
se  comprendre  eux-mêmes;  sinou  ils  verraienK|u'ils  élablisseul  auUmt 
de  cultes,  dans  une  même  religion,  iju’il  y a d'individus.  Üii  croit  rê- 
ver en  jetant  les  yeux  sur  ces  élurubrationsl 
Archives  israéiUes,  lit,  p.  IIS-S;  IStiS. 

^ Religio  vient  de  rcligare,  lier. 


CHAPITRE  HUITIÈME.  2B9 

tendre  une  religion  en  conduit-elle  les  sectateurs  à une  tolé- 
rance voisine  de  rindifféreuce  ou  du  mépris  : pensée  que 
nous  nous  contenterons  d’appuyer  sur  trois  exemples,  en  la 
livrant  au  lecteur. 

Premier  exemple.  Le  président  d’une  administration  syua- 
gogale  ügure  tous  les  ans  dans  les  processions  catholù/ues.  Il 
rend  de  la  sorte  un  éclatant  et  public  hommage  « aux  sym- 
boles d’un  culte  étranger,  » tandis  que,  jtour  com|iléler 
l’édification  de  ce  spectacle,  « le  secrétaire  de  la  commu- 
nauté escorte  le  dais  sous  lequel  est  portée  l’image  de  la 
Trinité  («>c/)  ».  Ce  fait , tel  qu’il  est  affirmé , paraîtra  sans 
doute  assez  fort.  Mais  qui  donc,  après  s’étre  [uînélré  de  la 
doctrine  des  réformistes  judaïques,  songerait  h s'indigner  de 
ces  outrages  aux  sentiments  et  à la  foi  d’Israël,  si  ce  n’est 
un  champion  de  l’orthodoxie  ’ P 

Deuxième  exemple.  Le  Consistoire  de  Paris  adresse  à 
M.  Low,  grand  rabbin  de  Szegedin,  et  d'un  savoir  éminent, 
une  lettre  de  félicitations  sur  les  articles  qu’il  a publiés  en 
faveur  de  la  fusion  des  rites  dans  les  feuilles  du  Den-chana- 
nia.  Or,  nous  dit  une  voix  qui  l’accuse  : Cet  éminent  docteur 
en  Israël  s’y  déclare  favorable  aux  tendances  « qui  ont  ou- 
vert l’ abîme  sous  le  judaïsme  moderne...  Il  nie  l’obligation 
de  nos  usages  religieux;  il  destitue  les  plus  illustres  auto- 
rités en  Israël  que  la  Synagogue  ait  reconnues  depuis  de 
longs  siècles.  Sont-ce  Ik  les  considérations  si  élevées  dont 
le  Consistoire  de  Paris  est  vivement  touché  ’?  » Oui  sans 
doute,  et  de  quel  droit  le  trouver  mauvais  si  le  talent  de  ce 
rabbin  répand  quelque  éclat  sur  ses  doctrines?  Car  ainsi 
l’exigent  les  intérêts  du  judaïsme  réformateur;  et  qui  s’en 
étonnera,  si  ce  n’est  un  champion  de  l’orthodoxie? 

Troisième  exemple.  Nous  lisons  dans  la  feuille  même  qui 
pose  et  pratique  à la  fois  les  préceptes  de  la  tolérance  réfor- 
miste : « On  nous  accuse  de  favoriser  le  matérialisme,  le 
nihilisme,  et  pourquoi?  » parce  que  notre  coreligionnaire, 

* Univers  israéiiie^  XI,  p.  498;  1866. 

^ Univers  Israélite,  XII,  p.  54î  ; 1866. 

1 7. 


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260  LES  JUIFS. 

M.  le  docteur  Sée,  — l’un  des  professeurs  de  l’Érole  de 
médecine  de  Paris,  accusé  de  matérialisme,  d’athéisme', 
et  dont  les  débats  parlementaires  viennent  de  livrer  le  nom 
aux  retentissements  de  la  tribune,  — « a été  récemmeiu  ad- 
joint au  Consistoire  israelite  de  Paris.  » Ah!  vraiment,  laissons 
donc  « de  côté  les  doctrines  du  docteur  Sée,  qui  ne  nous 
regardent  point  et  n'engagent  en  rien  notre  culte;  mais  consta- 
tons que  ce  médecin  distingué  a été  appelé  non  au  Consis- 
toire de  Paris,  mais  au  Consistoire  central.  Cette  adminis- 
tration réunit  dans  son  sein  des  notabilités,  mais^  être  admis 
n* implique  point  qu*on  s'occupe  du  culte,  ou  qu'on  soit  versé  dans 
les  questions  israélites  * ! » 

Tel  est  le  langage  des  réformistes  modérés,  que  les  Juifs 
d’un  libéralisme  plus  franc  appellent  des  libéraux  incomplets! 
Et  cependant  le  Consistoire  central,  où  s’effectuent  ces  libé- 
rales nominations,  est  le  conseil  suprême  chargé  de  l'admi- 
nistration des  intérêts  religieux  et  sociaux  du  judmsme!  N’étant 
même  rien  autre  chose  que  cela,  les  athées  et  les  matéria- 
listes ne  lui  semblent  nullement  déplacés  dans  son  sein! 

C’est  pourquoi  mieux  vaut  un  sage  ennemi  qu’un  ami  tel 
que  vous,  crie  du  haut  de  son  gosier  le  champion  de  l’ortho- 
doxie a ces  champions  de  la  réforme!  Oui  certes,  la  licence 
est  un  peu  forte  ^ mais  « nous  serions  les  premiers  h rire 
du  pavé  qui  vient  d’etre  jeté  à la  tête  du  Consistoire  central, 
si  nous  n'étions  profondément  attristé  du  sang-froid  avec  lequel 
une  publication  qui  se  dit  Israélite  en  vient  à parler  des 
devoirs  et  de  la  mission  de  notre  première  administration  reli- 
gieuse! » Nous  avons  exprimé,  pour  notre  part,  « notre  sen- 
timent sur  une  telle  nomination , et  nous  n’avons  malheu- 
reusement rien  u répondre  aux  journaux  catholiques,  qui 
s’étonnent  à juste  titre  du  choix  qu’on  vient  de  faire...  » Et 
quoi  1 fils  de  Jacob,  « vous  avez  cru  que  le  Consistoire  ceu- 

‘ « Je  pardonne  bien  des  choses...  mais  j’ai  horreur  de  l’athée,  du 
matérialiste.  Comment  vouléz-vous  que  j’aie  quelque  chose  de  commun 
a\ec  un  homme  qui  croit  qu’il  est  un  las  de  boue?  » Napoléon  I", 
Sentiments  sur  le  Christianisme,  p.  77. 

2 Archives  israélites,  IX,  p.  389;  4868. 


CHAPITRE  HUITIÈME.  261 

Irai  devait  s'occuper  du  culte  et  des  questions  religieuses 
israéliles.3  Erreur  profonde' , et  pardonnable  tout  au  plus  à 
des  orthodoxes  ! 

La  feuille  de  l'orthodoxie,  malgré  cette  sortie  généreuse, 
tient  cependant  a nous  apprendre  elle-même  que  M.  Sée, 
le  docte  professeur  de  l'École  de  médecine , vaut  un  peu 
mieux  que  son  renom  ou  que  ses  professions  de  foi  scien- 
tifiques; qu'il  n'est,  en  un  mot,  ni  le  matérialiste  qu'un  cer- 
tain public  applaudit,  ni  l'antagoniste  de  la  croyance  en 
Dieu;  et  pour  preuve  : « Un  rabbin  du  Haut-Rhin,  affirme- 
t-elle,  nous  adresse  des  renseignements  qui  constatent,  selon 
lui,  U»  sentiments  de  piété  de  M.  Sée,  sa  foi  en  l’immortalité 
de  l’àme  »,et,  ce  qui  va  dépasser  toute  croyance,  « à l’effica- 
cacité  des  prières;  n mais  qui  mieux  est,  K des  prières  de  la 
Synagogue!  » et  bien  plus  encore,  de  celles  mêmes  qui 
s’élèvent  en  faveur  des  morts! 

Notre  langage  est  sérieux;  car  « depuis  bientôt  deux  ans 
qu'il  a eu  le  malheur  de  perdre  sa  fille,  ledit  rabbin  est 
charyé  par  lui  de  |)l'ier  pour  le  repos  de  (âme  de  la  défunte,  de 
réciter  le  KaSsch  derahananan;  et , déjà  avant  ce  triste  événe- 
ment, M.  lu  rahiii  a souvent  rencontré  l’éminent  docteur  au 
cimetière  de  Schelestadt,  visitant  les  tombes  de  ses  pieux 
parents,  et  récitant  les  prières  d'usage  avec  une  vive  émotion 
et  un  saint  reateillement' . » 

S'il  en  est  ainsi,  que  voulez-vous?  la  tolérance  décrite  par 
les  Archives  israélites  permet  à cha)|uc  conscience  judaïque 
d’interpréter  sa  religion  et  ses  devoirs  à sa  guise.  Libre 
donc  à chacun,  dans  cette  voie,  de  renier  en  public  ou  de 
cacher  aux  yeux  indiscrets  sa  croyance,  de  tirer  iiiiTideau 
sur  sa  foi,  mais  sans  cesser,  pour  si  peu,  de  se  croire  et 
d'être  Israélite.  Ces  nouvelles  moeurs  religieuses  ont  d’ail- 
leurs le  précieux  avantage  d’unir  en  un  faisceau  les  esprits 
les  plus  dissidents,  ce  qui  les  popularise  en  Israël;  car  la 

* Univers  israéiile,  X,  p.  440;  4868.  Des  catholiques  se  figureraient- 
ils  les  conseils  de  l'Eglise  conipo.sés  d'incrédules  de  profession! 

Ib.,  Univers  israéiile,  X,  p.  476;  4868. 


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261 


LES  JUIFS. 


feuille  réformiste  s’empresse  de  nous  apprendre  que,  de  nos 
jours,  U un  yrand  twmbre  d’Israéliles  cherchent  à dufimuUr 
ou  a laUser  ignorer  la  croyance  dans  laquelle  ils  sont  nés'!  » 

Nous  ne  leur  saurons,  pour  notre  part,  aucun  mauvais 
gré  de  rendre  celte  sorte  d’hommage  ii  leur  foi.  Peut-être 
cependant,  gâtés  que  nous  sommes  par  la  lecture  de  la  Vie 
des  saints,  serions-nous  tentés  de  nous  écrier  : Mais  en 
vérité,  qu’est-ce  donc  qu’une  religion  qui  rougit  d’elle- 
mûme?  qu’est-ce  qu’une  réforme  qui  se  manifeste  au  monde 
non  par  l’alTlrmation,  mais  par  la  négation  de  ses  croyances, 
par  le  contraire  d’une  profession  de  foi  patente  et  du  cou- 
rage alTirmatif  du  martyre? 

Entre  les  hommes  de  l’orthodoxie  que  nous  avons  nommée 
bâtarde,  parce  qu’elle  est  h la  fois  le  commencement  et  la 
négation  de  la  réforme,  et  les  singuliers  champions  d’une 
réforme  qui  déforme  le  judaïsme  en  portant  la  main  sur 
ses  dogmes,  choisisse  qui  l’ose 5 et  si  le  progrès  en  laisse 
le  temps! 

' Archives  israélites,  XV,  p.  675;  <867. 


TROISIÈME  DIVISION.  — LE  JUIF  LIBRE  PENSEUR. 

Passage  du  Juif  réfonniste  au  Juif  libre  penseur.  — Baisers  de  Lamou- 
relle  entre  les  trois  üllcs  de  la  Bible  mises  face  à face  par  l'Israélite 
Hippolyte  Rmlripue.  — Un  même  temple  contiendra  tous  les  cultes 
fusionnés,  sous  les  bannières  de  la  Haison  et  de  la  Philosophie  du 
div-huitième  siècle.  — Ce  temple  est  l’Alliance-israélite-universelle, 
ouverte  au  genre  humain  tout  entier,  sous  la  haute  direction  d’IsraSl. 

— Sait  accompli,  elle  anéantit  le  fanatisme  et  fonde  la  grande  frater- 
nité.— Ce  qu’est  cette  alliance. — Paroles  de  M.  Crémieux,  son  pré- 
sident. l'une  des  illustrations  de  la  franc-maçonnerie  eldu  judaïsme. 

— Elle  prépare  le  Messianisme  des  nouveaux  jours;  une  a Jérusalem 
de  nouvel  ordre  substituée  à la  double  cité  des  Césars  et  des  Papes  ; » 
car  t Israël  est  la  grandeur  do  Dieu.  » Elle  est  le  protecteur  de  tous 
les  cultes,  fût-ce  > contre  les  lois  encore  en  vigueur,  s — Les  peuples 
tendent  la  main  k Israël,  et  lui  demandent  pardon  du  passé.  — Il  n’a- 
vait plus  de  centre,  mais  tout  est  changé.  — Episode.  — Exemple 
frappant  et  à peine  croyable  de  libéralisme  religieux  chez  les  Juifs. 

— Un  grand  rabbin  défenseur  intrépide  de  la  libre  [lensée. — Récit. 

— On  peut  « devenir  libre  penseur  et  rester  Israélite  ».— Même  foi, 


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CHAPITUE  HUITIÈME. 


s 


iR8 

mêmes  aspirations  animant  le  Juif,  le  franc-maçon  et  le  libre  pen- 
seur ou  le  solidaire.  — Quiconque  entre  dans  les  sociétés  occultes 
est  l’allié  du  Juif.  — Son  amour  nouveau-né  pour  la  liberté  ne  mé- 
connaît que  le  culte  catbolii|ue.  — Mot  d'Eckert. 

Les  prodigieux  et  fantasnmgoriqties  préceptes  de  la  ré- 
forme judaïque  nous  conduisent,  par  une  entraînante  et 
irrésistible  déclivité,  non  plus  aux  préceptes  d’une  religion 
quelconque,  ou  plutôt  d'un  simulacre  de  religion,  mais  k la 
philosophie  sceptique  et  avouée  du  dix-huitième  siècle,  que 
nous  voyons  effectivement  aujourd’hui  s’établir  de  plain-pied 
dans  le  juda'isme.  A*la  lueur  que  projettent  ces  doctrines, 
nous  témoignons  que  tout  contempteur  d’une  religion  posi- 
tive rencontre  chez  le  Juif  réformiste  un  allié  naturel,  un 
auxiliaire,  un  frère,  un  autre  lui-même.  Et,  si  nous  prenons 
la  peine  de  gravir,  en  nous  élevant  dans  le  vide,  un  nouvel 
échelon  de  l’échelle  dont  la  hase  repose  dans  notre  Occident 
sur  le  faux  et  pulvérulent  granit  de  l’orthodoxie  judaïque, 
un  simple  coup  d’œil  nous  révélera  sous  un  jour  plus  clair 
encore  le  point  extrême  où  toute  foi  périt  en  Israël.  Mais  ne 
progressons  qu’avec  une  sage  lenteur,  et  contemplons  k 
notre  aise  l’étendue  et  la  variété  de  ce  spectacle. 

n Convaincu  qu’en  matière  religieuse  l’esprit  est  tout  et 
la  forme  peu  de  chose,  — l'Israélite  Hippolyte  Rodrigue  — 
s’adresse  successivement  aux  trois  Glles  de  la  Bible  ; au 
judaïsme,  au  christianisme,  et  k l’islamisme.  » De  sa  voix 
la  plus  pathétique  il  les  exhorte  et  les  conjure  « de  mettre 
de  côté  les  formes  extérieures  de  culte  qui  les  séparent', 
et  do  s’unir  sur  le  terrain  qui  leur  est  commun,  de  l’anité 
de  Dieu  et  de  la  fraternité  universelle.  » 

K Que  partout  des  temples  s’élèvent,  recevant  dans  leur 
mceinte  tous  les  hommes,  sans  distinction  d’origine  reli- 
gieuse! Que  tous  les  cœurs,  remplis  des  mêmes  sentiments 
d’amour,  s’épanchent  devant  le  même  Dieu,  père  de  tous 
les  êtres.  Que  tous  soient  nourris  des  mêmes  principes  de 

> Les  myitères  et  les  gacrements  seront  d*$  formé»  pour  ce  doctenr 
en  Israël! 


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36i 


LES  JUIFS. 


vertu,  de  morale  et  de  religion,  et  les  haines  de  secte  dispa- 
raîtront, et  l'harmonie  régnera  sur  la  terre,  et  ta  temps  Meuia- 
niqita,  prédits  par  les  prophètes  d’Israël,  seront  réalisés.  » 

Dans  ces  retentissants  appels  du  sentimentalisme  reli- 
gieux, la  Revue  du  judaïsme  réformiste  admire  « une  gran- 
deur, une  élévation  et  une  générosité  d’idées  d’autant  plus 
admirables  et  contagieuses  que  l’auteur  les  expose  avec  une 
chaleur,  une  conviction  et  un  enthousiasme  qui  transportent 
et  enlèvent  le  lecteur'.  » Et,  comme  les  temps  sont  enûn 
venus  où  les  faits  s’empressent  de  répondre  aux  paroles,  le 
plus  vaste,  le  plus  merveilleux  des  temples,  un  temple  dont 
les  pierres  sont  vivantes  et  douées  de  la  pensée,  s’élève 
pour  recevoir  dans  son  élastique  enceinte,  sous  la  bannière 
à jamais  sacrée  de  la  raison  et  de  la  philosophie,  tout  ce  que 
le  genre  humain  renferme  dans  son  sein  de  généreux, 
d'hostile  au  mystère  et  'a  l’ignorance , de  vrais  fils  de  la 
lumière  et  de  la  liberté.  Ce  temple  abritera  donc  la  religion 
juive,  qui  survit  ù tout  et  que  rien  n’ébranle;  religion  élargie 
et  rendue  digne  de  l'humanité  tout  entière,  s’écrie  aux 
tumultueux  applaudissements  de  ses  frères  l’un  des  princes 
d’Israël.  Et,  ce  n’est  pas  du  sein  du  judaïsme,  c’est  de  la 
France,  notre  patrie,  que  part  l’idée  libératrice,  l'idée  qui 
fusionne  toutes  les  croyances  et  tous  les  cultes;  c’est  de 
notre  France  adorée  «qui  régénérale  monde,  et  reçut  avec 
bonheur  la  suinta  et  généreuses  maxima  de  la  philosophie  du 
dix-huitième  siècle*.  » 

Mais  quittons  toute  ligure  de  discours.  Ce  temple  com- 
posé de  pierres  vivantes,  quel  est-il,  si  ce  n’est  la  plus 
vaste  association  qui  jamais  doive  étonner  l’humanité  par  le 
nombre  et  la  prodigieuse  diversité  de  ses  membres!  Née 
d’hier,  cette  association  a pour  date  l’année  1860,  pour  titre 

' Archives  israélites,  XIV,  p.  6Î8-9;  1866. 

* ylrcfcit'cs  israélites,  XXIV,  p.  1071;  1866.  Philosopliie  cosmopolite, 
qui  renonce  à tout  patriotisme,  à tout  devoir,  à toute  affection  parti- 
culière ou  positive,  pour  s<‘  dévouer  à l’amour  de  l’humanité,  et  qui 
dit  à la  religion  du  Christ,  après  qu’elle  a civilisé  le  monde  : Tu  n'es 
que  mensonge  et  que  ténèbres  I 


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CHAPITRE  HUITIÈME.  Î65 

l’Alliance-uraélite-unwerulle;  pour  dogmes,  ceux  que  la 
grande  association  de  la  Fratic-Maçonnerie  et  les  plus  actives 
Sociétés  de  l’occultisme  n'enseignèrent  jusqu’ici  que  dans 
l’ombre.  Ouverte  au  genre  humain  tout  entier,  tout  la  haute 
érection  fltraël,  « elle  attire  nos  regards  par  ses  services 
distingués  en  faveur  de  l égalité  et  du  progrèt  moral  de  nos 
coreligionnaires.  » Et  déjii  ses  œuvres  retentissent  d’un  bout 
h l’autre  de  la  terre;  « car  le  programme  de  l’Alliance  ne 
consiste  pas  en  phrases  creuses.  Il  est  la  grande  œuvre  de 
l’humanité,  l’anéantissement  de  l’erreur  et  du  fanatisme, 
l’union  de  la  société  humaine  dans  une  fraternité  solide  et 
tidèle-,  et  ce  programme  est  devenu  un  fait  accompli  au 
Maroc  et  en  Perse , en  Syrie  et  en  Grèce , dans  les  princi- 
pautés danubiennes  et  en  Suède , c’est-'a-dire  au  nord  et  au 
sud , n dans  les  zones  glaciales  et  dans  celles  où  sévissent 
les  feux  d’un  soleil  dévorant 

Nous  l’entendons,  et  qui  le  croirait?  ce  langage  qui  range 
Israël  sous  la  bannière  de  l’incrédulité  philosophique  du 
dix-huitième  siècle,  est  offert  à notre  admiration  par  la 
feuille  Judaïque  qui  se  donne  pour  l’un  des  boulevards  de 
l’orthodoxie!  Mais  fermons  l’oreille  à ses  paroles  pour  les 
ouvrir  k celles  de  la  grande  Alliance , empressée  de  nous 
exposer  ses  titres  par  la  bouche  même  de  son  illustre  pré- 
sident, l’une  des  gloires  du  judaïsme  moderne,  et,  par  une 
conséquence  presque  rigoureuse,  l’un  des  coryphées  de  l’as- 
sociation maçonnique  : 

« Notre  siècle  se  rend  volontiers  cette  justice,  que  le  fa- 
natisme religieux  a disparu  parmi  nous.  » Mais,...  « ayons 
le  courage  de  l'avouer,  ce  qui  domine...  c’est,  — en  dehors 
d’un  amour  excessif  pour  le  bien-être  matériel,  — l’inéffé- 
rencel  11  y a comme  un  poison  lent  qui  s’est  infiltré  jusque 
dans  le  cœur  de  nos  cœurs  : inditférencc  religieuse,  indiffé- 
rence morale,  indifférence  pour  tout  ce  qui  fait  vibrer  les  cordes 
élevées  de  notre  nature.  Tout  cela  est  recouvert  d’une  espèce 
é hypocrisie  officielle  qui  n'ose  s’avouer  à elle-même.  » 

• Univers  israélite,  VUl,  p.  357;  1867. 


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Ï6«  LES  JUIFS. 

Cppendant,  tel,  Jésus  « s’est  substitué  d'autorité  aux  dieux 
établis  et  a trouvé  sa  plus  haute  manifestation  dans  le  sein 
de  Rome;  tel,  un  Met*iani$me  dft  nouveaux  jours  doit  ielore  et 
se  développer-,  telle,  une  Jérusalem  de  nouvel  ordre,  sainte- 
ment  assise  entre  l'Orient  et  l’Oeeident,  doits*  substituer  à la 
double  cité  des  Césars  et  des  Papes'.  Or,  je  ne  m’en  cache  pas, 
depuis  uno  longue  suite  d’années  je  n’ai  nourri  d’autre  pen- 
sée que  l'avenir  de  efette  œuvre.  Autant  que  mes  forces  ont 
pu  le  permettre  j’en  ai  drossé  le  drapeau-,  il  ne  tardera  pas 
à flotter  avec  cflicacité  entre  des  mains  plus  jeunes  que  les 
miennes’.  » 

« VAUianco~israélke-universrUe  commence  h peine,  et  déjà 
son  influence  salutaire  se  fait  sentir  au  loin...  Elle  ne  s’ar- 
rête pas  à notre  culte  seul,  elle  s'adresse  h tous  les  cultes. 
Elle  veut  pénétrer  datis  toutes  les  reUgions  comme  elle  pénètre 
dans  toutes  les  contrées.  Que  de  nations  disparais.sent  ici- 
bas!...  Que  de  religions  s’évanouissent  à leur  tour!  Israël  ne 
finira  pas.  Cette  petite  peuplade,  e’est  ta  grandeur  de  Dieu! 
La  religion  d’Israël  ne  périra  pas;  celte  religion,  c’est  l’unité 
de  Dieu  M » 

n La  voilb,  cette  loi  gui  sera  un  jour  la  loi  de  l’univers. 
Toutes  les  religions  révélées  l'ont  prise  de  ce  petit  |>eople... 
la  Bible  est  partout.  Sa  morale  devient  la  morale  de  tous  les 
peuples.  La  religion  juive  est  la  mère  des  religions  qui  ré- 
pandent la  civilisation.  Aussi,  â mesure  gue  la  philosophie 
émancipe  l'esprit  humain,  les  aversions  religieuses  contre  le 
peuple  juif  s' effacent.  On  se  demande  {pourquoi  celte  odieuse 
persécution  M...  Eh  bien.  Messieurs,  continuons  notre  mis- 
sion glorieuse.  Que  les  hommes  éclairés,  tans  distinction  de 
culte , t’unissent  dam  cette  Atsociation-israélite-universeUe  dont 

> Un  nouveau  pouvoir  dont  Itraël  serait  l’âme  et  le  chef,  dont  la 
mission  serait  do  renverser  toute  puissance  politique  et  religieuse  an- 
tdrieure  à lui-mânie.  Or,  ce  chef,  ce  Messie,  â quelle  Idde  rdpond-ll"’ 

’ Archives  iiraelites.  XXV,  p.  600,  SKI  ; 1861. 

* Ibid.,  p.  51  i-5. 

' Pourquoi’  C’est  que  les  traditions  talmudiques,  et  non  la  Bible, 
étaient  la  loi,  la  conscience  du  Juif. 


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CHAPITRE  HCITIÈME. 


*67 


le  bul  est  si  noble,  si  largement  civilisateur.  Détruire  chea 
les  Juifs  les  préjugés  dont  ils  se  sont  imbus  dans  la  persé' 
cution,  qui  engendre  l’ignorance;  fonder  au  nord,  au  midi, 
au  levant,  au  couchant,  des  écoles  nombreuses-,  mettre  en 
rapport  avec  les  autorités  de  tous  les  pays  ces  populations 
juives  si  délaissées,  quand  elles  ne  sont  pas  traitées  en  en- 
nemies; Il  la  première  nouvelle  d’une  attaque  contre  un  culte, 
d’une  violence  excitée  par  des  baiues  religieuses,  «ou*  lever 
comme  un  teul  homme,  et  réclamer  l'appui  de  tous;  faire  en- 
tendre notre  voix  dans  les  cabinets  des  ministres,  et  jus- 
qu’aux oreilles  des  princes,  quelle  que  soit  la  religion  qui 
est  méconnue , persécutée  et  atteinte , fût-ce  tnéme  par  det 
mesure»  écrite»  datu  de»  loi»  encore  en  lûgueur,  mais  repoussées 
par  les  lumières  de  notre  temps;  nou»  joindre  à tou»  ceux  qui 
protestent,  et  agir  de  tous  nos  efforts  ; donner  une  main  amie 
’a  tous  ces  hommes  qui , nés  dans  une  autre  religion  que  la 
nôtre,  nous  tendent  leur  main  fraternelle,  reconnaissant 
que  toutes  les  religions  dont  la  morale  est  la  base  dont 
Dieu  est  le  sommet,  sont  sœurs  et  doivent  être  amies  entre 
elles;  faire  ainsi  tomber  les  barrières  qui  séparent  ce  qui  doit 
se  réunir  un  jour;  voilé , Messieurs , la  belle , la  grande  mis- 
sion de  notre  Alliance-Urailite-univertelle,..  Marchons  fermes 
et  résolus  dans  la  voie  qui  nous  est  tracée.  J'appelle  à notre 
ASSOCIATION  no»  frère»  de  tou»  les  cultes;  qu’ils  viennent  é 
nous;...  avec  quel  empressement  nous  irons  vers  eux!  On 
nous  tend  une  main  fraternelle.  On  nou»  demande  pardon  du 
passé;  le  moment  est  venu  de  fonder  sur  une  base  indestruc- 
tible une  immortelle  association  ’.  » 

De  longs  applaudissements  succèdent  à ces  paroles,  qui 
doivent  sembler  étonnantes  à quiconque  ne  connait  la 

‘ Quelle  moralef  celle  du  Talmud?  du  Coranîetc.,  etc.  Et  l'Allianoe 
Israélite  donnc-t-cllc  signe  de  vie,  aujourd'hui,  en  Italie,  en  Russie,  en 
Espagne,  contre  les  gens  qui,  par  décrets,  démolissent  les  églises,  et  au 
nom  de  la  liberté  religieuse,  chassent  les  religieux,  abolissent  les  so- 
ciétés charitables  de  Saint-Vincent  do  Paul,  aux  applaudissemeols  des 
écrivains  libéraux  et  des  feuilles  politiques  amies  des  Juils...  etc.,  etc. 

> Ibid.,  p.  5t  l i 6*0. 


268 


LES  JÜIFS. 


marche  actuelle  du  monde  que  par  des  relations  circonscrites. 
Mais  il  était  naturel  que  le  peuple  Israélite  témoignât  hau- 
tement sa  faveur  à « l’institution  qui  porte  si  haut  le  dra- 
peau d’Israël,  » et  qui,  lui  rappelant  dam  l’idiome  comacré  par 
te  libéralisme  tes  prophétiques  destinées,  « est  devenue  en  peu 
de  temps,  selon  ses  propres  expressions,  le  phare  de  salut 
de  ses  frères  opprimés.  » 

Toutk  l'heure,  « Israël  dispersé  depuis  dix-huit  siècles 
sur  la  surface  du  globe,  n’avait  plut  de  centre,  plus  de  repré- 
sentants, plus  de  défenseurs  des  intérêts  communs.  Mainte- 
nant tout  est  changé!  Une  société  florissante,  et  qui  trouve 
accès  auprès  des  trônes  les  plus  puissants , est  lâ , toujours 
prête  à revendiquer  nos  droits,  a combattre  ces  hommes  qui 
sont  tout  h la  fois  les  ennemis  de  notre  race  et  ceux  de  la 
lumière  et  de  la  liberté!  » 

Ainsi  parie  le  président  de  l’Alliance!  Et,  parmi  les  appro- 
bateurs et  les  échos  de  ses  paroles,  les  uns  veulent  se  croire 
orthodoxes,  tandis  que  les  autres  se  raillent  de  l’orthodoxie; 
mais,  tous  ensemble , ces  sectateurs  de  la  religion  la  plus 
atrocement  exclusive  que  nous  ait  signalée  l’histoire,  tous 
ensemble  ces  talmudistes  d’hier  se  proclament  amoureu- 
sement les  fils  de  la  philosophie  du  dix-huitième  siècle!  Et 
voyez-les  battre  des  mains  aux  révolutions  qui  boulever- 
sent les  croyances  et  les  empires;  voyez-les  tresser  des 
couronnes  aux  Voltaire,  aux  Volney,  aux  Grégoire,  aux 
Joseph  II,  aux  Garibaldi,  aux  Michelet’.  Leur  langage 
est  assez  explicite,  sans  doute!  et  porte  avec  soi  la  lu- 
mière; il  n'a  poiut  égalé  cependant  les  paroles  saisissantes 
qui  sortent  de  la  bouche  de  M.  le  grand  rabbin  de  Belgique. 
Ou  ne  saurait , en  vérité , donner  plus  de  vie  que  ne  l’a  fait 
ce  pasteur  en  Israël  au  tableau  qui  représente  la  sincérité 
philosophique  d’un  judaïsme  devenu,  par  l’éclipte  de  sa  Joi,  le 
refuge  de  ceux  qui  renient  leur  culte  et  leur  foi.  Mais  pré- 

' Archives  israélites,  XIV,  p.  655;  1867. 

Voir,  dirpclement  ou  indirectement,  tou/  le  long  des  revues  citées, 
et  par  exemple.  Archives  israélites,  X,  p.  463;  1867. 


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CIIAIMTRE  IIÜITIÈME.  Ï69 

(tarons  par  quelques  lignes  encore  l’esprit  du  lecteur  a celte 
surprise  : 

Le  journaliste  juif  et  libre  penseur  Michel  Bérciid  vient 
de  fermer  les  yeux  sur  le  sol  belge , et  de  les  ouvrir  a la 
lumière  de  l’autre  monde.  Chargé  par  un  journal  auquel  il 
prêtait  le  concours  de  sa  plume  de  lui  donner,  sous  forme 
de  parodie , le  compte  rendu  d'une  procession  jubilaire  de 
Notre-Dame , Bérend  avait  laissé  librement  jaillir  sa  verve 
sarcastique  et  sacrilège-,  mais  quelques  instants  après  ces 
insultes  au  catholicisme,  le  choléra  le  surprenait  au  théâtre 

et  lui  faisait  ressentir  ses  foudroyantes  atteintes Il 

expirait. 

L’heure  des  funérailles  ayant  sonné,  ses  coreligionnaires 
de  la  libre  pentée  le  portèrent  au  cimetière  israélite,  où, 
tournant  le  dos  aux  pomjieuses  et  libérales  maximes  du 
res|)ect  pour  tous  les  cultes  que  proclame  l’Alliance  israé- 
lilc  universelle,  M.  le  grand  rabbin  de  Belgique  Aristide 
Astruc  prononça  sur  la  tombe  béante  le  panégyrique  de  cet 
insulteur  de  la  religion  que  professent  les  Belges.  I.e  journal 
du  judaïsme  orthodoxe,  auquel  nous  empruntons  le  récit  de 
ce  fait,  s’attache  'a  faire  valoir  par  des  citations  elrangères 
les  mérites  éminents  du  libre  penseur,  que  sa  prudence  ne 
lui  permet  point  de  louer  en  termes  directs,  et  rapporte  le 
texte  de  ce  discours  sans  y ajouter  un  mot  de  critique  : 

« .Mes  frères,  s’écrie  le  grand  rabbin  douloureusement 
affecté,...  je  ne  puis  laisser  se  fermer  cette  tombe  préma- 
turément ouverte , sans  y déposer  un  juste  tribut  de  regret 
et  d’fitiiKe;  et  permettez-moi  de  vous  dire  qu’à  la  douleur 
que  j’éprouve  il  se  mêle  un  sentiment  de  profonde  tristesse 
jiersonnellej  car  Michel  Bérend,,  dont  je  vais,  au  nom  de  la 
religion,  bénir  la  sortie  de  ce  monde,  saluait  il  y a quelques 

jours  à peine mon  entrée  dans  le  sein  de  cette  grande 

cité. 

» Vous  avez  tous  connu  l’énergie  de  ses  convictions,  et  la 
force  indomptable  qu’il  mettait  à assurer  leur  triomphe. 
Amant  passionné  de  la  liberté,  Bérend  a toujours  combattu 


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no 


LHS  JUIFS. 


pour  celle  noble  el  sainte  cause.  Fils  d'une  vieille  race  de 
persécutés,  il  mettait  son  honneur  en  toute  occasion  k rele- 
ver le  drapeau  d’Israël , qui  est  celui  de  la  liberté  religieuse. 
Adieu  donc,  Bérend;  sois  bénit  Comme  le  jeune  héros  de  la 
Bible,  tu  es  mort  en  combattant  ' . » 

Mais  ce  langage  est  incomplet,  et  nous  nous  devons  de 
le  compléter.  Le  moniteur  des  solidaires,  journal  du  libre 
examen,  cfTaroilché  de  cet  apparat  religieux,  traita  de  mé- 
prise ou  d’inconséquence  l’intervention  dun  culte  qttelconque 
sur  la  tombe  d’un  libre  penseur.  Or,  isoler  du  judaisme  la 
libre  pensée,  c’était  oITenser  la  religion  du  grand  rabbin,  qui 
sur-le-champ  répliqua  : « Vous  affirmez  que  l’intervention 
du  culte  que  je  représente  n’a  été  dans  celle  triste  occasion 
qu’une  méprise...  Permettez- moi  de  vous  dire.  Monsieur, 

que  vous  vous  trompez Bérend  était  membre  de  ta  libre 

pensée,  nous  le  savions.  Le  judaisme  n’exclut  personne  de 
ses  temples  pendant  la  vie,  ni  de  ses  cimetières  après  la 
mort.  Non-seulement  il  admet  dans  les  uns  et  dans  les 
autres  les  Israélites  qui  ont  cessé  de  pratiquer  ses  rites, 
mais  encore  il  y reçoit  les  étrangers,  sans  leur  demander 
sur  le  seuil  aucune  formule  de  confession.  Il  les  appelle 
tous,  sans  distinction,  k la  fraternité  ici-bas,  et  k l’immor- 
talité dans  la  vie  a venir. 

« Voila  pourquoi  Bérend  a pu  devenir  libre  penseur  en  r»* 

tant  Israélite Voilk  pourquoi,  enfin,  la  franc-maçonnerie, 

el  aussi  la  libre  pensée,  ont  pu  intervenir  sans  obstacle  k 
côté  du  judaisme  sur  le  tombeau  d'un  frère,  d'un  ami,  d’un 
coreligionnaire  que  tous,  Israélites,  francs-maçons  et  libres  pen- 
seurs, regrettent  également  ' . » 

L’intime  union,  l’égalité,  la  parité,  régnent  donc  de  nos 
jours , au  sens  de  la  théologie  rabbinique , entre  ces  trois 

* Univers  Israélite,  II,  p.  S.’i-e;  1866.  Oser  dire  (pie  le  drap^  de 
ceux  dont  le  Talmud  est  le  code  est  le  drapeau  de  la  liberté  religieuse, 
et  faire  de  celte  lilierté  celle  du  libre  peii.teur,  do  combien  n'cst-ce 
point  dépasser  les  bornes  de  l’audace! 

^ Archives  israélites,  XXI,  p.  9S7-9â8;  1866.  Ce  discours  est,  d’un 
bout  à l'autre,  le  reniement  du  Talmud,  du  vrai  judaïsme. 


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«1 


CHAPITBE  HUITIÈME. 

expressions  d’une  même  foi,  d’une  identique  aspiration  : le 
Juif,  le  franc-maçon  et  le  libre  penseur,  auquel  la  Belgique 
donne  le  nom  de  solidaire.  En  d'autres  termes,  la  théologie 
du  judaïsme  libéral  commence,  ouvertement,  k n’étre  plus 
que  la  philosophie  des  sectes  révolutionnaires! 

Depuis  longtemps  nous  savions  en  effet,  nous  dit  le  docte 
proteMani  Eckeit,  que  dans  les  symboles  de  ses  loges,  la 
franc-maçonnerie,  qui  renferme  parmi  ses  initiés  la  plus 
grande  partie  du  clergé  protestant,  « consacre  le  culte 
du  matérialisme , et  qu’elle  y prêehe  une  doctrine  abomi- 
nable, monstrueux  mélange  de  philosophie,  de  judaïsme  et 
de  christianisme,  qui  se  résout,  en  dernière  analyse,  au 
déisme  le  plus  grossier  » 

Une  grande  partie  des  sectes  du  protestantisme,  enrôlées 
dans  les  rangs  de  la  philosophie  du  dix-huitième  siècle  et  des 
sociétés  occultes,  ne  forment  guère  en  effet  avec  les  mem- 
bres de  l’occultisme  qu’une  seule  et  unique  famille.  Mais 
celle  famille  ne  devient  complète  qu’en  se  confondant  de  fait 
et  souvent  de  cœur  avec  le  Judaïsme,  et  surtout  avec  les 
membres  de  ce  culte  qu’Isracl  appelle  ses  réformistes  et  ses 
libres  penseurs,  c’est-à-dire  avec  la  majorité  des  Juifs  occi- 
dentaux. Et,  spectacle  curieux,  nous  voyons  les  tenants  de 
l’orthodoxie  bâtarde  dont  se  compose  dans  ces  régions  la 
minorité  des  fils  de  Jacob,  partager  avec  ardeur  sinon  les 
opinions,  du  moins  les  sentiments  de  ce  pêle-mêle  à mille 
noms  des  représentants  de  la  libre  pensée. 

En  d’autres  termes,  si  nos  yeux  s’arrêtent  sur  les  philo- 
sophes du  dix-huitième  siècle,  sur  les  hommes  du  protes- 
tantisme, d’où  le  souille  aride  du  la  philosophie  moderne 
achève  de  chasser  toute  idée  religieuse,  et  sur  les  adeptes 
des  sociétés  de  rocculiisme  issus  des  humeurs  corrompues 
du  sang  chrétien,  la  simple  observation  des  choses  nous 
fait  reconnaître,  eu  dehors  de  toute  donnée  maçonnique, 
un  seul  et  même  esprit  qui  les  prédestine , en  les  pénétrant , 

* Ed.  Eckert,  avocat  à Dresde,  ta  Franc-maçonnerie,  etc.,  etc.,  t.  1**, 
p.  413v  etc.;  Liège,  I8ô4;  livre  qui  devient  rare. 


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LES  JUIFS. 


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m 9 m 

a être  les  auxiliaires  honteux  ou  patents  du  Juif  poussé 
comme  eux  h devenir  libre  penseur  depuis  qu’il  est  devenu 
citoyen,  et  réduit  pour  conserver  ce  titre,  soit  à mutiler,  soit 
h reuier  les  doctrines  du  Talmud. 


CHAPITRE  NEUVIÈME. 

PREMIÈRE  DIVISION.  — NOUVELLE  MORALE,  NOUVELLES 

MOEURS. 

Qualités  sociales  du  Juif  à demi  dégagé  du  Talmud,  et  jugé  d’après 
les  représentants  de  la  presse  judaïque.  — Observations  limitées  à 
ces  deux  points  : véracité,  bienveillance  envers  le  chrétien.  — La 
simple  destruction  de  l’orthodoxie  talmudique  sulBt-elle  à la  régéné- 
ration sociale  du  Juif?  — Quels  sont  aujourd’hui  les  sentiments  des 
Juifs  pour  le  chrétien?  — Protection  que  leur  accordèrent  les  empe- 
reurs, les  Papes  et  les  hautes  classes.  — Ingratitude  universelle.  — 
Celte  ingratitude  serait-elle  encore  la  môme,  et  quoique  le  Juif  se 
se  détalmudise?  — Exemple.  — Cri  de  mort  du  Juif  contre  Rome, 

3ui  fut  de  tout  temps  son  plus  inviolable  asile.  — Prétexte  et  mot 
’ordre  universel.  — L’affaire  Morlara.  — Un  mot  sur  cette  affaire 
et  comparaisons.  — Raison  de  la  fureur  jouée  des  Juifs.  Leur  pro- 
pre exemple. — Intolérance  excessive,  mensonges  haineux  et  calom- 
nies contre  l’archevôque  d’Alger.  — La  lettre  admirable  de  ce  pré- 
lat, et  le  Juif.  — Faits  énormes.  — Les  textes.  — Traces  profondes 
de  la  croyance  dans  les  actes,  après  même  que  la  croyance  a disparu. 
— Notes.  — Pie  IX  et  la  diplomatie  euro|)éenne  militant  en  faveur 
du  Juif.  — M.  Mirés  aux  Israélites  scs  coreligionnaires.  — La  Russie 
et  les  Juifs... 

Le  spectacle  des  mœurs  talmudiques  a tout  b l’heure 
étonné  nos  regards^  un  spectacle  non  moins  intéressant,  et 
plus  varié,  serait  celui  des  mœurs  du  Juif  pour  qui  le  Talmud 
n’est  plus  qu’une  lettre  morte  ou  mourante,  un  linceul  dont 
Israël  doit  achever  de  dégager  ses  membres  s’il  ne  veut  être 
tour  b tour  l’horreur  et  la  risée  des  peuples.  Les  yeux  fixés 
sur  ces  Juifs  dont  la  marche  va  dans  un  instant  provoquer 
notre  attention,  et  dont  la  multitude  confuse  occupe  depuis 
les  plus  hauts  jusqu’aux  plus  bas  degrés  de  l’échelle  du 
progrès  moral , nous  nous  bornerons  b les  considérer  dans 
leurs  rapports  avec  les  chrétiens  au  simple  point  de  vue  de 
ces  deux  qualités  sociales  : la  reconnaissance  et  la  véracité, 


CHAPITRE  NEUVIÈME.  S73 

car  nous  ne  voulons  pas  étendre  sans  limites  le  champ  de 
nos  observations.  Nous  apprendrons  de  la  sorte  si  l’éloigne- 
ment qui  s’est  tout  h coup  manifesté  chez  le  Juif  occidental 
pour  l'orthodoxie  talmudique  suffit  h la  régénération  de  ce 
Juif,  qui  continue  de  faire  corps  avec  les  fidèles  talmudisants  ; 
et,  peut-être,  de  ce  nouvel  aperçu  de  l’une  des  faces  du 
judaïsme  découlera  pour  nous  quelque  utile  leçon.  Il  nous 
convient  d’ailleurs  plus  que  jamais  d’admettre  sur  ce  terrain 
les  exceptions  heureuses,  et  de  les  admettre  dan»  la  plus 
large  mesure. 

Eh  bien,  ces  Juifs  que  nous  voyons  s’éloigner  h des  degrés 
si  différents  l’un  de  l’antre  des  préceptes  absurdes  ou  hai- 
neux du  Talmud,  se  sentent-ils  enfin  capables  de  quelque 
reconnaissance  pour  les  services  que  leur  rend  le  monde 
chrétien,  pour  les  bienfaits  dont  il  les  comble?  Et,  sans  se 
rendre  coupable  d’un  excès  de  candeur,  la  société  chrétienne 
devra- t-elle  se  fier  désormais  au  langage  qui  s’échappe  de 
la  bouche  d’Israël,  ou  qui  semble  être  quelquefois  un  débor- 
dement de  son  cœur  ! Ce  langage  fii  t h certaines  époques  rempli 
de  tendresse  et  d’effusion  pour  l’Église  -,  Israël  aurait  donc , à 
son  égard , contracté  de  temps  en  temps  quelque  dette  sa- 
crée? Consultons  à ce  propos  deux  ou  trois  pages  de  l’bistoire. 

Un  aréopage  moderne,  et  qui  traite  avec  une  rare  et 
délicate  bienveillance  les  questions  judaïques,  nous  a dit  : 
« En  général,  quoique  les  Juifs  se  soient  toujours  montrés 
extrêmement  hostiles  au  christianisme,  jamais,  à partir  du  jour 
où  l’Évangile  établit  son  empire  dans  le  monde , jamais  ni 
l’Église  ni  les  gouvernements  chrétiens  ne  traitèrent  les 
Juifs  avec  la  même  sévérité  que  l'avaient  fait  les  payens 
Les  empereurs  et  les  Papes  protégèrent  leurs  synagogues, 
défendirent  qu’on  les  troublât  dans  l’exercice  de  leur  culte 
et  la  célébration  de  leurs  fêtes,  qu’on  les  inquiétât  dans 
leurs  propriétés  et  leurs  personnes , et  jamais  ils  ne  consen- 
tirent à ce  qu’on  les  baptisât  contre  leur  gré! 

I Cf.  J.  H.  Bœhmer,  Jus  eccles.  protest.  ad.  tit.  De  Judœis,  I.  V, 
lit.  IV,  § 4t. 

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LES  JUIFS. 


Les  Juifs,  et  il  nous  importe  de  le  bien  savoir,  tant  l’his- 
toire fut  (lëligurée  par  les  historiens  d'origine  ou  de  tendance 
judaïque,  « les  Juifs  étaient  protégés  par  lethautet  doue»;  et 
les  émeutes  qui  éclatèrent  contre  eux,  tout  comme  celles  qui 
eurent  lieu  11  l’origine  des  croisades,  étaient  de  brutales 
violences  d’hommes  pervers  et  de  bas  étage,  que  la  autoritét 
et  le  clergé  démpproxuiaient  et  arrêtaient  de  tout  leur  pouvoir  ‘ . » 

Telle  est  la  vérité  générale,  que  valident  en  toute  ren- 
contre les  exceptions  dont  le  propre  est  de  confirincr  la 
règle,  mais  que  les  gens  perfides  ou  que  les  esprits  faux 
exploitent  avec  un  succès  trop  souvent  regrettable.  Les 
Juifs  cependant,  ces  implacables  ennemis  de  la  loi  du  Christ 
malgré  leur  singulière  avidité  pour  les  distinctions  marquées 
au  signe  du  Sauveur^  se  montrèrent  partout  ennemis  des 
hautes  classes  et  du  clergé,  c’est-à-dire  de  ceux  que  leur 
position  rendait  les  instruments  et  les  colonnes  de  la  civi- 
lisation. Tout  sentiment  du  reconiiaissauce  et  de  respect 
pour  la  vérité  se  glaçait  doue  et  mourait  dans  le  cœur  du 
Juif,  dès  que  la  justice  le  réclamait  en  faveur  du  chrétien. 
Mais  laissons  la  parole  céder  sur  ce  point  la  place  aux  faits; 
et,  puisqu’il  s'agit  pour  nous  de  juger  en  Israël  ceux  dont 
l’orthoiloxie  s’est  laissée  vaincre,  ne  prenons  à témoin  de 
cette  vérité,  mille  fois  répétée  par  l’iiistoire,  que  les  faits  de 
l’époque  actuelle,  celle  où  le  Juif  se  détalmudise. 

Aujourd’hui,  l’esprit  des  révolutions  déchaîne  et  soulève 
de  tous  cétés  à la  fois  ses  Ilots  et  son  écume  contre  les  murs 
de  la  Ville  éternelle,  contre  le  siège  de  la  puissance  apo- 
stolique , qu’assaillent  à la  fois  les  plus  brutales  et  les  plus 
hypocrites  fureurs  : magnifique  occasion  pour  le  judaïsme, 

' Dictionnaire  encyclopédique  de  la  théologie  catholique,  par  les  plus 
savants  professeurs  et  docteurs  en  théologie  de  l’Allemagne,  traduit  par 
Goschler,  l.  XII,  p.  4JS-iS0,  in-8“;  Paris,  4861.  I.ire  aussi  le  grand 
Traité  de  la  police,  Delamare,  t.  1“'',  p.  279,  etc.;  4705. 

Croix,  ordres  et  distinctions  honorifiqueset  nobiliaiies.  En  parcou- 
rant les  revues  judaïques  de  deux  ou  trois  années,  on  voit  avec  quelle 
lureur  de  vanité,  malgré  leur  horreur  du  Crucifié,  les  Juifs  se  parent 
de  nos  croix  et  des  Ordres  qui  portent  le  nom  de  nos  taints  et  de  tto.s 
mystères. 


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CHAPITRE  NEUVIÈME. 


S76 


àme  primitive  des  hérésies,  àrae  éternelle  des  révoltes  contre 
les  principes  de  la  société  chrétienne,  de  se  soulever  contre 
la  tiare,  si  le  judaïsme  est  ingrat...  Ah!  oui,  périsse  enlin, 
périsse  Rome  h jamais!  Ce  cri  forcené  se  répète  de  bouche 
en  bouche  comme  le  cri  de  mort  du  Calvaire;  mais  il  fallait 
b Israël  1111  motif,  et  n’importe  lequel,  b ce  nouvel  éclat. 

I.e  motif,  ce  fut  un  acte  qu’Israël , gonllé  de  ses  vieilles 
et  implacables  colères,  dénonça  tout  b coup  aux  quatre 
vents  du  ciel,  sous  le  titre  d’attentat  b la  liberté  des  con- 
sciences. Ainsi  le  criaient  ses  publicistes  qui,  forts  des  erreurs 
et  des  préjugés  répandus  et  nourris  au  sein  môme  des  États 
chrétiens  par  les  .luifs  et  les  alliés  de  la  nation  juive,  ne 
laissèrent  plus  s’écouler  un  jour  sans  fatiguer  de  cette  écœu- 
rante répétition  les  échos  du  monde  entier'.  Il  s’agit  donc 
pour  nous  de  savoir  ce  qui  ne  fftt  guère  dit  que  par  des 
bouches  hostiles,  et  nous  le  redirons  d’un  mot  rapide. 

Une  chrétienne  était  .servante  dans  une  maison  juive;  et, 
dans  sa  sagesse,  la  loi  romaine  défend  en  termes  formels  an 
Juif,  qui  ne  peut  la  violer  qu’b  ses  risques  et  périls,  d'avoir 
pour  serviteur  un  chrétien*.  La  servante  crut,  b tort  ou  b 
raison , devoir  baptiser  b l’article  de  la  mort  l'enfant  de  ce 
Juif,  dont  le  nom  est  Mortara.  Or,  nul  n'Ujnore  à Rome  que 
tout  enfant  baptisé  tombe,  pour  le  maintien  des  vœux  du 
baptême,  sous  la  tutelle  des  lois  romaines.  Voilb /e /air;  et 
la  |iure  courtoisie  nous  engage  b laisser  au  judaïsme  liberté 
plénière  de  lui  donner  les  plus  fantasques  accompagnements. 
Placés  que  nous  sommes  au  point  de  vue  exclusivetneni  pro- 
fane de  la  légalité,  nous  nous  bornerons  b dire  au  Juif  : La 
loi^  cette  loi  que  vous  aviez  acceptée  en  votre  qualité 
d’habitant  de  Rome,  dure  ou  non  (dura  /«•,  sedlex),  n’était 
point  perfide.  Elle  vous  avertissait;  et,  cependant,  il  vous 
plut  de  la  braver;  la  conséquence  du  délit  est  donc  votre 

> Lire  les  Revues  judaïques,  et  voir  la  note  à la  fin  de  celte  première 
division  de  chapitre. 

s Celte  interdiction  était  jadis  universelle  dans  la  catholicité.  Voir 
le  grand  Traité  de  la  Police,  l.  t'r,  p.  ï7‘.t,  etc.;  Paris,  t70.S. 

I.S. 


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276 


LES  JUIFS. 


œuvre.  A vous,  étranger  d’origine,  el  que  Rome  sait  cire 
l'iinplaeable  ennemi  de  son  culte,  Rome  voulut  bien  ouvrir 
son  sein  chaque  fois  qu’aillciirs  on  vous  repoussa;  mais  ce 
ne  fut  point  sans  poser  k cet  accueil  ses  conditions  précises. 
De  quel  droit  exhaler  contre  elle  vos  lugubres  doléances 
parce  qu’il  vous  a plu  de  les  accepter  et  de  les  enfreindre? 
El  quel  État  au  monde  permettrait  à l’étranger  la  violation 
du  pacte  en  vertu  duquel  il  le  tolère,  l’adopte  cl  le  protège? 

De  temps  en  temps  il  échappe  au  Juif  de  nous  apprendre 
que  des  milliers  de  faits,  non  pas  semblables,  mais  bien 
autrement  cruels,  s’accomplissent  au  préjudice  de  sa  foi 
soit  dans  l’immense  et  silencieux  empire  des  Russies  soit 
dans  les  Étals  hérétiques.  Ses  propres  feuilles  ne  peuvent 
s’ouvrir  sans  multiplier  les  preuves  que,  jusque  dans  ces 
derniers  temps,  les  chrétiens  et  les  convertis  de  sa  nation 
lui  reprochent  des  actes  de  prosélytisme  et  d’intolérance 
plus  nombreux  et  plus  graves  que  ceux  qu'il  ose  reprocher 
k Rome  ; et  l'histoire  des  persécutions  vraiment  incrogabU» 
de  l'Églûe  dans  les  États  protestants  * témoigne  quel  est , au 

' Archives  israéliles,  XXl\\  p.  U 21  ; 13  décembre  1867. 

^ Suède,  Allemagne,  Grande-Bretagne,  etc...  Lire,  à litre  de  prodi- 
gieux échantillon,  l’Irlande  politigue,  sociale  et  religieuse,  de  M.  Gus- 
tave de  Beaumont,  ancien  députe,  collaborateur  de  M.  de  Tocqueville, 
petit-fils  du  général  Lafayctte. 

Les  clameurs  des  liberaux  de  Vienne,  au  sujet  de  quelques  Juives 
réfugiées  dans  des  couvcnl.s,  donnent  lieu  à la  Gazeta  Aarodou’a  de 
Lemberg  de  publier  les  renseignements  suivants  (octobre  1867)  ; 

I Dans  tous  leurs  discours,  les  libéraux  allemands  insistent  spécia- 
lement sur  la  liberté  de  conscience,  et  dans  toute  loi  ils  introduisent 
le  paragraphe  que  tout  le  monde  est  libre  de  changej-de  religion.  Mais 
si  une  Juive  veut  faire  usage  de  ce  droit,  ils  qualifient  cela  d’acte  de 
violence,  parce  que,  comme  dans  les  cas  présentés  au  Reichstag,  les 
personnes  en  question  avaient  prcfiTé  le  baptême  catholique  au  bap- 
tême protestant  et  s'étaient  réfugiées  dans  des  couvents  catholiques. 
I>es  libéraux  allemands  ne  paraissent  pas  savoir  pourquoi  les  Juives 
veulent  se  faire  baptiser  cl  se  réfugier  dans  le.s  couvents.  Nous  vou- 
lons bien  le  leur  dire. 

n II  est  arrivé  très-souvent  chez  nous  que  des  Juives  âgées,  qui  vou- 
laient changer  de  religion  et  croyaient  se  cacher  dans  quelque  établis- 
sement bien  fermé,  ont  été  prises  de  force  par  des  Juifs  fanatisés  et 
ont  à jamais  disparu.  Il  y a deux  ans  qu'au  retour  d'un  pèlerinage,  une 
Juive  du  cercle  de  Czarikow,  qui  voulait  se  convertir,  fut  attaquée  et 
enlevée  par  les  Juifs;  on  la  transporta  dans  une  auberge  juive  du  voi- 


277 


CHAPITRE  NEUVIÈME. 

point  de  vue  même  que  choisit  Israël,  la  bénignité  relative 
de  Rome  à l’égard  des  Juifs.  Mais  admettons,  s’il  le  faut 
pour  plaire  au  Juif,  une  certaine  intolérance  de  la  part  de  la 
papauté;  accordons-lui  que  le  fait  Mortara,  tel  que  le  peignent 
ses  inhdèies  pinceaux,  est  un  fruit  que  produisent  toutes 
les  religions  et  toutes  les  latitudes.  Eh  bien , les  statistiques 
ne  nous  disent-elles  point  en  ce  cas  que  Rome,  si  nous  la 
supposons  coupable,  Test  mille  fois  moins  que  les  régions 
où  dominent  leTalmud,  l’hérésie  ou  le  schisme'  ? Pourquoi, 
cependant,  la  coupe  des  fureurs  du  Juif  s’épanche-t-elle  pres- 
que sans  partage  sur  le  seul  État  pour  lequel , h certaines 
heures  si  facilement  effacées  de  ses  souvenirs,  il  a cru  devoir 
professer  une  gratitude  si  vive?  — Ahl  Rome  est  le  siège 
du  catholicisme,  dont  l’existence  exaspère  Juda-,  plus  que 
jamais  Rome  est  faible;  plus  que  jamais  elle  est  entourée 
de  conjurés  implacables  qui  n'attendent  que  le  dernier 
moment  de  son  agonie.  L’énigme  dont  nous  cherchons  le 
mot  ouvre  donc  ses  profondeurs  à la  lumière,  et  la  cité  des 
vicaires  du  Christ  n’est  accusée  par  les  Juifs  que  parce  qu’ils 
veulent  se  donner  le  droit  d’encourager  et  d’exciter  de  leurs 
cris  ceux  qui  demandent  sa  mort. 

Plus  vivement  que  d’autres,  peut-être,  les  Juifs  sentent-ils 
aujourd’hui  même  la  nécessité  de  faire  sortir  des  vices  de 
l’ignorance  religieuse  les  enfants  que  leurs  parents  veulent 
y laisser  croupir.  Leur  zèle  est  souvent,  h cet  égard,  celui 
qu’ils  reprochent  aux  chrétiens  les  plus  zélés,  et  l’esprit  de 
prosélytisme  qui  caractérisait  les  Pharisiens  leurs  pères  * 
perce  h chaque  page  le  couvert  des  mots  dans  le  texte  de 

binage,  où  elle  fut  étranglée  avant  qu’on  eût  pu  faire  sauter  la  porte 
de  la  pièce  où  les  meurtriers  s’étaient  enfermés  avec  elle.  Pourquoi  le 
docteur  Mühlfeld  n’a-t-il  pas  interpellé  alors  le  ministre  sur  l'enquête 
ouverte  à ce  sujet  et  sur  la  punition  des  coupables?  » 

O Chez  nous,  en  Galicie,  il  n’est  pas  nécessaire  d’engager  les  Juives 
à se  faire  baptiser.  La  position  de  la  femme  dans  la  société  juive,  sur- 
tout chez  les  Juifs  orthodoxes  de  la  Galicie,  suflit  pour  les  décider  à 
adopter  le  christianisme...  » 
t Voir  la  note  A,  à la  6n  de  cette  division. 

^ S.  Matth.,  Ëvang.,  cap.  xxiii,  45. 


•m 


LES  JUIFS. 


leurs  Revues^  il  est  dillicile,  en  tout  cas,  d’y  étaler  et  d'y 
proclamer  les  droits  du  Juif  sur  les  hommes  de  son  sang 
avec  uoe  hardiesse  de  zèle  plus  vaillante.  Nous  citerons  à 
ce  propos  une  ville  où,  d’après  leur  langage,  « il  faut  voir 
de  vrais  miracles  » opérés  de  leurs  mains,  et  cette  ville  c’est 
Venise.  Presque  tous  les  Juifs  y appartiennent  aux  deniières 
classes  sociales;  or  ceux-ci  se  font  remarquer  par  une  invin- 
cible oisiveté,  et  par  une  dégoûtante  ignorance  unie  à la 
plus  inqualifiable  eUronterie.  ici  donc,  nous  dit  Israël,  « il 
ne  s’agissait  pas  seulement  de  secourir,...  il  fallait  instruire 
les  enfants  et  les  voler  pour  ainsi  dire  à leurs  parents,  aûn  de 
les  acheminer  vers  d’autres  voies Que  de  luttes  ù sou- 

tenir pour  celai  1 que  d’obstacles  à vaincre!  Et  néanmoins 
on  a su  tout  surmonter!  » 

Ces  mots  disent  quelque  chose,  à coup  sûr,  mais  surtout 
dans  la  bouche  du  Juif.  Et  si  le  Juif,  dont  il  nous  importe 
d’apprécier  ù la  pierre  de  touche  la  véracité;  si  le  Juif,  qui 
déchire  sa  gorge  ’a  faire  retentir  le  monde  de  ses  récits  Mor- 
tara,  donne  l’exemple  de  sévir  jusqu’au  crime  contre  ceux 
qui  partagent  sa  foi , lorsque  le  cri  de  la  conscience  leur  si- 
gnifie d’en  changer;  si  le  Juif  se  fait  un  devoir  d’enlever, 
« de  voler  pour  ainsi  dire  aux  pères  leurs  enfants,  » afin  de 
les  sortir  de  leur  ignorance , et  surtout  de  leur  ignorance 
religieuse,  de  quel  Iront  ce  même  Juif’  ose-t-il,  défigurant 
toute  vérité,  insultant  k toute  évidence,  lancer  le  reproche 
de  ravir  les  orphelins  de  l’Algérie,  toute  couverte  encore 
des  cadavres  de  leurs  mères,  k la  face  de  cet  archevêque  qui 
ne  les  vole  point,  lui,  qui  ne  les  violente  point,  lui,  qui 
n’use  d’aucun  art  |)our  les  attirer  dans  ses  bras,  lui,  mais 
qui  se  borne  k les  arracher  k la  prostitution  et  k la  mort? 
Eh  quoi!  ces  enfants  sauvés,  ce  sont  des  victimes!  vous  les 
appelez  des  .Mortara!  Votre  compassion  les  noie  de  ses 
larmes!  .Mais  quelle  est  donc  la  cause  de  vos  doléances? 
Quelle  est  la  raison  de  vos  désespoirs?  Serait-ce  parce  qu’au 

* Univers  Israélite,  XI,  p.  530;  4867. 

^ Ce  même  Juif  est  l'ecrivain  des  mêmes  revues. 


CHAPITRE  NEUVIÈME.  *79 

milieu  du  peuple  français,  dont  la  civilisation  chrétienne  pro- 
tège le  Juif,  ces  orphelins  courent  le  risque  de  ne  point  grossir 
le  nombre  des  musulmans  qui,  pourtant,  hier  encore,  trai- 
taient le  Juif,  jusque  dans  notre  Algérie,  comme  on  y traite 
les  animaux  les  plus  vils'?  Serait-ce  parce  que  ces  enfants, 
dont  nul  ne  s’avisera  de  faire  des  Juifs,  risquent  de  grossir 
le  nombre  des  chrétiens?  Cependant,  arrière  tout  semblant 
de  déclamation,  et  prêtons  l’oreille  au  langage  sorti  de  la 
bouche  du  Juif,  car  il  constate,  outre  son  amour  pour  la 
vérité,  son  respect  et  sa  reconnaissance  pour  ces  chré- 
tiens auxquels  il  doit  et  ce  qu'il  est  et  ce  qu’il  a;  c’est 
lit  ce  que  notre  dix- neuvième  siècle  ignore  d’une  igno- 
rance que  l’on  pourrait  appeler  merveilleuse!  Le  Juif  parle, 
silence  : 

Ainsi,  monseigneur  l’archevêque,  « parce  que  vous  avez 
donné  aux  orphelins  un  morceau  de  pain,  leurs  Âmes  vous 
appartiennent  comme  s’ils  les  avaient  vendues  au  prince  des 
ténèbres,  à l’heure  de  minuit,  pour  une  pièce  d’orl...  » Oui, 
l’archevêque  d’Alger,  Mgr  de  Lavigerie,  a écrit  au  maréchal 
gouverneur  de  l’Algérie,  et,  « ne  mettant  plus  aucun  frein 
à son  intolérance  déchaînée,  il  reproche  au  gouvernement 
d’aider  k élever  des  mosquées,  d’accorder  des  subventions 
k des  écoles  arabes,  de  tolérer  des  réunions  religieuses,  de 
faciliter  les  pèlerinages  de  la  Mecque,  de  donner,  chose  vrai- 
ment incroyable,  au  nom  de  la  France,  renseignement  du  Co- 
ran k la  jeunesse  algérienne,  etc Mais  ca  déplorables 

déclamatioTis , gui  révèlent- la  haine  religieuse  la  plus  ardente,  le 
fougueux  apôtre,  s’il  ne  les  a pas  encore  sur  les  lèvres  et 
sous  la  plume,  les  a sans  doute  aussi  dans  son  cœur  contre 
les  Juifs  et  les  protestants,  coupables  des  mêmes  crimes, 
lui,  le  /onctionnaire  public , qui  prête  serment  de  soumis- 
sion et  de  fidélité  k la  loi  de  l’État  proclamant  la  liberté  re- 
ligieuse et  l’égalité  des  cultes.  — Ah!  que  le  ciel  et  la  bonne 

■ Nos  colons  et  nos  soldats  se  rappellent  le  temps  où  le  musulman 
frappait  du  pied  le  Juif,  ou  crachait  sur  sa  personne,  à sa  fantaisie, 
lorsqu’il  le  rencontrait  sur  son  chemin. 


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380 


LES  JUIFS. 


étoile  de  la  France  nous  préservent  à tout  jamais  de  la 
domination  de  ces  gens-la  ' ! » 

Ainsi  parle  au  milieu  de  nous  le  judaïsme,  et  tel  est  son 
style!  Plaçons,  pour  toute  réponse,  à côté  de  ton  texte  le 
texte  de  l'évêque,  et  que  l’œil  de  chacun  voie  si  la  véracité 
judaïque  en  respecte  ou  en  outrage  l’esprit  et  la  lettre*. 

Et  d’abord,  qu’en  présence  de  ce  rapide  épisode,  aucun 
de  nos  lecteurs  se  garde  bien  de  s’écrier  : O mon  Dieu! 
que  saurait  donc  avoir  de  commun  avec  l'étude  du  Juif  ce 
lambeau  de  la  question  religieuse  algérienne  ! Car  nul  inci- 
dent peut-être  ne  donne  une  notion  plus  vive  de  l’esprit 
qui,  de  nos  jours  encore,  et  sur  le  sol  même  que  noos  lui 
offrons  à fouler , anime  le  Juif  contre  les  principes  de  la 
civilisation  chrétienne.  Hâtons-nous  donc  de  rentrer  dans 
cette  terre  d’Afrique,  sur  le  terrain  où,  dans  leur  pêle- 
mêle  de  croyants  et  d'incrédules , les  hommes  de  Juda  se 
font  les  auxiliaires  avoués  du  Coran  contre  le  Christ. 

Monseigneur  l’archevêque  d’Alger  s’adresse  â M.  le  maré- 
chal gouverneur  de  l’Algérie  : « Alger,  23  avril  1868.  — Mon- 
sieur le  Maréchal,  let  octet,  ici,  donnent  à mes  paroles  un 
commentaire  autrement  éloquent  que  tous  lesdiscours.  Dites- 
moi,  monsieur  le  Maréchal , en  ce  moment,  qui  attire  les 
Arabes  près  de  lui,  malgré  les  dangers  de  leurvoisinagePQui 
les  accueille  dans  ses  séminaires , dans  ses  asiles , dans  sa 
propre  maison?  Qui  les  soigne?  Qui  donne  un  refuge  â leurs 
veuves,  h leurs  enfants?  Qui  tacrifie  pour  eux  la  vie  de  ses 
prêtres,  de  ses  religieuses  ’?  Et,  au  contraire,  qui  les  re- 

‘ Univers  israélite,  p.  436-7;  1868.  — Le  rabbin  juif,  salarié  par 
l'Etat,  peut  se  dire  fonctionnaire  public;  mais  le  clergé  chrétien  n'a 
point  ce  privilège  du  salaire;  il  ne  reçoit  de  l’Etat  que  ce  qu’en  reçoit 
un  rentier,  l’intérét  d’un  capital  ; c’est-à-dire,  en  vertu  du  Concordat 
une  minime  indemnité  de  ses  biens,  dont  il  plut  à l’Etat  de  s’emparer! 

Un  député  de  la  gauche,  M.  Ollivier,  eut  la  droiture  de  feire  valoir 
cette  observation  vers  la  lin  de  la  session  du  Corps  législatif  s^nce 
du  10  juillet  1868.  ’ 

ï Cette  lettre,  digne  des  Pères  de  l'Eglise,  est  trop  longue  pour  que 
nous  ne  nous  bornions  pas  à des  extraits.  Le  Monde  l’a  reproduite  le 
15  mai  1868. 

^ Bonus  pastor  vitam  dat  pro  ovibus  suis. 


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CHAPITRE  NEUVIÈME.  *81 

foule  comme  des  troupeaux  humains?...  Vous  le  savez;  et 
je  le  sais  aussi!... 

» Mieux  que  personne,  vous  savez  ce  que  valent  ces  odieuses 
insinuatiom,  que  Votre  Excellence  ne  craint  pas  de  renouve- 
ler k la  suite  d’une  presse  antichrétienne  : que  je  veux  faire 
payer  par  le  sacriGce  de  leur  religion,  k ces  pauvres  Arabes, 
le  pain  que  leur  distribue  par  mes  mains  la  charité  catho- 
lique. Non , il  n'en  va  pas,  il  n’en  ira  pas  ainsi  de  la  part  d’un 
évêque!  Je  n’ai  pas  dit,  ni  laissé  dire  un  mot  dans  ce  sens 
aux  Arabes  que  je  secours.  Je  n’ai  pas  voulu,  et  je  l'ai  déclaré 
hautement,  qu'un  seul  des  douze  cents  enfants  recueillis  par 
moi  fût  baptisé  autrement  qu’au  moment  de  la  mort;  et 
encore,  au  moment  de  la  mort,  je  ne  l’ai  permis  que  pour 
ceux-lk  qui  n’avaient  pas  l’âge  de  raison.  J’ai  voulu,  je  veux 
qu’ils  conservent  k cet  égard  touu  leur  liberté;  et,  s’ils  pré- 
fèrent rester  mahométans  lorsqu’ils  seront  en  âge  de  pren- 
dre une  décision  raisonnée,  je  ne  leur  en  continuerai  pas  moins 
mon  dévouement  et  mon  appui  paternels. 

» Je  leur  apprendrai,  il  est  vrai,  qu’il  est  mieux  de  s’aider 
soi-méme  par  le  travail  contre  les  coups  de  la  fortune  que 
de  s’endormir  dans  la  mort  en  invoquant  le  destin  ; qu'il  est 
mieux  d’avoir  une  famille  que  de  vivre,  sous  prétexte  de 
divorce  ou  de  polygamie , dans  une  perpétuelle  et  honteuse 
débauche;  qu’il  est  mieux  d’aimer  et  d’aider  tous  les 
hommes,  â quelque  race  qu’ils  appartiennent,  que  de  tuer  les 
chiens  de  chrétiens.  (O  le  fougueux  apôtre!)...  Voilk  ce  que  je 
leur  apprendrai.  Quel  est  celui  qui  oserait  y trouver  k redire? 

» Mieux  que  personne  enfin,  monsieur  le  Maréchal,  vous 
savez  que  je  vis  dans  la  solitude,  dans  la  retraite  la  plus  pro- 
fonde, fuyant  le  monde,  ne  m’occupant  que  de  mes  devoirs 
et  de  mes  œuvres  d’évêque.  Si  donc,  comme  vous  me  l’appre- 
nez, la  population  algérienne  se  serre  encore  davantage  autour 
de  moi,  c'est  qu’elle  considère  les  idées  et  les  principes  que 
je  soutiens  comme  son  port  de  salut  après  tant  de  tempêtes! 

v C’est  mon  troupeau , monsieur  le  Maréchal  ; ce  sont  les 
âmes  dont  je  suis  le  pasteur;  et  vous  leur  reprochez  leur  con- 


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LES  JUIFS. 


fiance  en  moi!  et  vous  me  reprochez  de  les  aimer,  de  cher- 
cher à les  sauver!  et  vous  me  faites  entendre  que,  si  je  ne 
me  sépare  pas  d’eux,  je  ne  suis  pas  l’ami  de  César!.  . . . 

» 4e  connais  l’Empereur!...  Le  devoir  de  tout  honnête 
homme,  en  présence  de  la  crise  qui  illumine  nos  questions 
algériennes  d’un  jour  sinistre,  c’est  de  lui  dire  avec  autant 
de  respect  que  de  courage  qu’on  l’a  trompé.  On  a trompé 
Votre  Excellence  elle-même  ‘ 


et  c’est  k l’origine  même  de  la  conquête  que  remonte  le 
système  dont  je  parle.  »...  Car  Mgr  Pavy , le  successeur  de 
Mgr  Dupiich,  premier  évêque  d’Alger,  « n’a  pas  été  plus 

heureux Le  vénérable  supérieur  de  son  grand  séminaire 

a été  publiquement  menacé  de  la  prison,  et  des  galères 
mêmes,  |>our  avoir  recueilli  dans  les  boues  d’Alger  quelques 
petits  orphelins  inrligènes  dont  il  voulait  faire  des  hommes!  » 

« Et  pendant  qu’on  leur  refusait  ainsi  toute  liberté 
d’apostolat,  mes  deux  vénérables  prédécesseurs  avaient  la 
douleur  de  voir  élever  à grands  frais  des  mosquées,  le  plus  sou^ 
vent  inutiles;  de  voir  encourager  par  des  subventions  les 
écoles , les  réunions  religieuses  où  seaaUaü  le  fanatisme  des 
indigènes  de  voir  le  pèlerinage  de  la  Mecque’  facilité, 
accompli  aux  frais  de  l’État  par  les  musulmans  de  l’Algérie*, 
de  voir  enfin  donner,  au  nom  de  la  France,  chose  w'aiment  in^ 
croyable!  l’enseignement  du  Coran  à ceux  mêmes  qui  ne 
t* avaient  jamais  connu,  comme  les  habitants  de  la  Kabylie.  Je 
devais  voir  se  continuer  les  mêmes  épreuves...  » 

Aussi , « malgré  l’autorisation  que  j’en  avais  obtenue 
d’une  auguste  bienveillance,  je  n’ai  pu  parvenir,  k cause  de 
la  résistance  obstinée  qui  m’a  été  opposée , k établir  k mes 

‘ Monseigneur  d’Alger  it^moigne  hautement  d’ailleurs,  et  avec  raison, 
de  quelle  sincère  estime  est  digne  M.  le  maréchal. 

2 Qui  aboutit  à la  révolte  des  Arabes,  et  au  massacre  des  chré- 
tiens! 

^ Auquel  le  monde  dut  une  dee  plus  longues  et  cruelles  reprises  du 
choléra  asiatique. 


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CHAPITRE  NEUVIEME.  *83 

frais,  en  Kabylie,  mümc  de  timples  mnitom  de  Sœun,  pour 
distribuer  aux  indigènes,  qui  le  deha?ii)aient,  des  m«*dica- 
ments  et  des  aumônes  * ! 

» Lorsque  Fépouvantable  famine  qui  vient  de  rouvrir  l'Alqérie 
de  cadavre»^  étendit  ses  ravages,  je  voulus  user  de  mon 
droit  et  accomplir  mon  devoir  d’évéque  en  recueillant  les 
orphelins  indigènes.  Je  l’ai  fait,  mais  bientôt  j’ai  entendu 
autour  de  moi  des  paroles  inquiétantes  pour  l’avenir  de  mon 
œuvre.  Le  silence  gardé  par  vous  au  Sénat  sur  mon  œuvre, 
quiasmraii  b la  seule  province  d’.\lger,  pour  les  veuves  et 
les  orphelins  arabes,  un  secours  quatre  ou  cinq  foi»  plue  ron- 
eidérabte  que  celui  de  l'État,  a bientôt  confirmé  mes  inquié- 
tudes. Mais  tout  doute  a cessé  ppur  moi  lorsque  j'ai  su  que 
vous  aviei  dit , b l’époque  de  l’installation  des  Frères  b Ben- 
Aknoun,  que  leur  œuvre  ne  serait  que  transitoire,  que  les 
orpheline  seraient  réclamés  après  la  moisson  par  leure  tribue 
respectives,  et  qu’on  ne  pourrait  les  leur  refuser;  ajoutant 
que,  dans  quelques  mois,  l’orphelinat  serait  ainsi  fermé.  » 

« C’esl-b-dire,  monsieur  le  maréchal,  que  ces  enfants  lane 
pire,  eans  mire,  abandonnée  tous,  et  livrée  à la  mort,  mais  re- 
cueillis par  moi  grâce  b la  charité  des  évêques , des  prê- 
tres, des  chrétiens  de  France,  veillés,  soignés  aux  périls  de 
leurs  jours  par  nos  Religieuses,  dont  plus  de  vingt  ont  pris 
le  typhus  auprès  d’eux , dont  plusieurs  ont  déjb  succombé 
victimes  de  leur  charité,  nous  ne  les  aurions  sauvés,  et 
sauvés  b ce  prix,  que  pour  les  livrer  après  quelques  mois, 
eane  protection,  eane  défense,  sans  parente,  garçons  et  filles,  aux 
passions  bestiales  de  leurs  coreligionnaires'!  Mieux  aurait 
valu  mille  fois  les  laisser  périr!... 

B A leurs  pères , b leurs  mères , je  les  eusse  rendus  sans 

< Tolérance!  liberté  des  cultes!  liberté  religieuse! 

5 Cette  famine  tua  deux  cent  dix-sept  mille  Arabes,  et  fit  périrqualrc 
millions  et  demi  de  télés  de  bétail.  Discours  de  M.  Le  Hon,  après  la 
grande  enquête  en  Algérie,  séance  du  13  avril  4869,  au  Corps  légis- 
latif. 

' Passions  trop  connues  de  qui  connaît  le  musulman , le  «totltsé  du 
CoranI  ce  livre  que  nous  avons  pris  la  peine  de  lire. 


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S8i  LES  JUIFS. 

difficulté^  mais  je  suis  le  père  et  le  protecteur  de  tous  ceux 
de  ces  enfants  dont  les  pères,  dont  les  mères  n'existent 
plus.  Ils  m’appartiennent,  parce  que  la  vie  qui  les  anime 
encore  c’est  moi  qui  la  leur  ai  conservée.  C’est  la  force  seule 
qui  les  arrachera  de  leur  asile;  et,  si  elle  les  en  arrache,  je 
trouverai  dans  mon  cœur  d’évéque  de  tels  accents , qu’ils 
soulèveront  contre  la  auteurt  de  paraît  attentatt  tous  ceux  qui 
méritent  encore  sur  la  terre  le  nom  d’hommet  et  celui  de 
chrétiens.  » 

Voilà  donc,  si  nous  répétons  les  paroles  textuelles  de  l’ Uni- 
ver»  itraélUe  à Mgr  d’Alger,  — paroles  qui  semblent  jetées 
à l’adresse  (fun  prince  du  sabbat  da  sordèra,  — voilà  « le 
morceau  de  pain  » au  prix,  duquel  les  « âmes  des  orphelins 
appartiennent  (à  l’évéque)  comme  s’ils  les  avaient  vendues 
au  prince  des  ténèbres,  à l’heure  de  minuit,  pour  une  pièce 
d’ori  » Ce  père  des  orphelins  arrachés  par  lui  à la  mort,  et 
qui , s’il  leur  plait  de  rester  disciples  du  Coran  entre  ses 
mains,  u ne  leur  en  continuera  pas  moins  son  dévouement 
et  ses  soins  paternels,  » quel  est-il,  d’après  le  texte  judaï- 
que? Il  est  n le  fougueux  apôtre  qui  ne  met  plus  aucun 
frein  à son  intolérance  déchaînée;  » et  les  paroles  dictées 
par  l’esprit  de  conseil,  de  sagesse  et  de  force,  les  paroles  de 
cet  évéque  autour  duquel,  d’après  la  parole  de  M.  le  maré- 
chal, se  presse  la  colonie  tout  entière,  voilà  « les  déclama- 
tions qui  révèlent  la  haine  religieuse  la  plus  ardente!  » Mais 
ce  fougueux  apôtre,  ce  monstre  chrétien,  ne  serait-ce  pas 
le  Christ  agissant  sous  les  traits  d’un  évêque?....  Oui , sans 
doute,  et  le  judaïsme  l’a  reconnu,  c’est  le  Christ,  c’est  lui- 
méme;  car  cet  infatigable  cri  du  Juif  retentit  à sa  vue  : 
Que  cet  homme  ne  règne  point  sur  nous!  Âh!  « que  le  ciel  et 
la  bonne  étoile  de  la  France  nous  préservent  à jamais  de  la 
domination  de  ces  gens-là  M » Enfin  les  enleveurs  de  petits 
.Mortara,  selon  l’expression  judaïque,  seraient-ils  ici  l’évê- 
que que  maudit  la  voix  de  nos  Juifs,  le  pasteur  qui  donne 

* iVoIumus  hune  regnare  super  nos.  — Univers  israélite,  X,  p.  436-7, 
juin  1868. 


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CHAPITRE  NEUVIÈME.  18S 

sa  vie  pour  scs  brebis,  btanchet  ou  noires,  ou  bien  les  ravis- 
seurs auxquels  Israël  l’associe , ceux  qui  viendraient  arra- 
cher des  mains  de  l’apôtre  les  abandonnés  qu’il  a conquis 
sur  la  mort  et  sur  la  débauche  au  prix  du  sang  de  ses  prê- 
tres? Cette  question  sc  pose  devant  nous  dans  sa  simplicité; 
et,  puisque  nous  étudions  les  qualités  morales  d’Israël,  nous 
prions  tout  autre  qu'un  Juif  de  la  résoudre  en  y ajoutant  ce 
qu’il  pense  de  la  véracité,  de  la  bienveillance  et  de  la  grati- 
tude judaïques. 

Chaque  croyance  religieuse  se  reconnaît  donc  à ses  œu- 
vres, qui  la  caractérisent.  En  d’autres  termes,  et  nous  le  ré- 
péterons sans  cesse,  une  des  vérités  les  plus  importantes 
en  ce  monde , mais  que  l’on  oublie  toujours , est  celle-ci  : 
L’homme  agit  d’après  ce  qu’il  croit. 

Appuyée  sinr  le  sabre,  la  religion  de  Mahomet,  malgré 
les  splendides  maximes  dont  le  Coran  se  pare , est  la  reli- 
gion de  l’orgueil  et  du  libertinage!  Envisagée  dans  ses  fruits, 
que  nous  montre-t-elle?  Une  licence  de  mœurs  effrénée, un 
fatalisme  homicide  qui  sape  les  lois  du  bon  sens  et  du  pro- 
grès social  ; un  despotisme  farouche,  un  mépris  sauvage  de 
la  vie  de  l’homme  : mépris  pour  le  sujet,  mépris  pour  le 
faible,  mépris  pour  celui  dont  elle  fait  un  esclave;  mépris 
surtout  pour  l’infidèle,  pour  ce  chien  k visage  humain,  Juif, 
idolâtre  ou  chrétien , qui  refuse  de  plier  sa  vie  à la  loi  do 
prophète  ; extermination  de  ce  chien  partout  où  se  trouve 
profit  'a  le  faire  (Voir  note  B 'a  la  fin  de  cette  division),  par- 
tout où  sa  domination  menace  celle  de  l’enfant  du  prophète; 
mépris  encore  pour  la  femme , être  sans  âme , et  non  point 
la  compagne  mais  la  servante  de  l’homme,  un  de  ses  instru- 
ments de  débauche!  civilisation  impossible,  en  un  mot,  bar- 
barie doctrinale  et  pratique! 

Or,  même  spectacle  chez  le  Juif  de  la  franche  orthodoxie 
talmudique.  Sa  loi  religieuse  est  une  loi  d’exclusion  et  de 
haine;  mais  il  ne  vous  fuira  point,  lui;  non,  car  il  vit  de 
vous.  Son  œil  vous  absorbe  et  sa  sagesse  vous  dévore;  vous 
êtes  sa  graisse.  Le  vol,  l’usure,  la  spoliation,  sont  un  de  tes 


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LES  JUIFS. 


droits  religieux  sur  le  chrétien  *,  car  le  non-Juif  n’est  de- 
vant sa  face  qu’une  simple  brute  inhabile  à posséder^  et, 
pour  le  Juif,  la  propriété  que  détient  cette  brute  c’est  le 
vol.  Aucune  loj  ne  lui  impose  le  respect  des  biens,  aucune 
le  respect  de  la  vie  de  cet  infidèle,  et  souvent  meme  c’est  le 
contraire'.  Que  vous  l’appeliez  ou  que  vous  le  repoussiez, 
comptez  bien  l’avoir  toujours  pour  voisin;  mais  que  vous  le 
persécutiez  ou  qu’il  plie  sous  le  poids  de  vos  bienfaits, 
vous  ne  l’aurez  jamais  |)our  prochain;  jamais  il  ne  vous 
tiendra  pour  son  semblable!  En  un  mol,  la  doctrine  anti- 
sociale du  lalmudisaut  est  la  mort  de  la  civilisation  chré- 
tienne, et  ces  pages  ne  montrent  que  trop  clairement  dans 
quelle  mesure  insuffisante  encore  le  (ils  de  celui  qui  talmu- 
disa  diffère,  dans  ses  affections  et  ses  sympathies,  de  son 
père!  Telle  est  la  profondeur  des  traces  que  laissent  dans 
la  nature  des  peuples  les  habitudes  de  leur  foi  religieuse. 

La  loi  du  chrétien,  tout  au  contraire,  est  une  loi  d’union, 
d’amour  et  de  fraternité.  Elle  lui  fait  de  l’orgueil  un  crime, 
de  la  haine  un  crime;  et  l’humilité,  l’une  de  ses  vertus  ca- 
pitales , lient  celui  qu'elle  pénètre  à la  portée  du  dernier  des 
hommes.  Tout  homme,  n’importe  ce  qu’il  croie,  n’importe 
ce  qu’il  soit,  est  son  prochain,  ce  qui  veut  dire  son  frère; 
et  sa  vie  religieuse  est  une  vie  de  dévouement  qui  place  au 
service  de  tous  ses  biens,  sa  science,  son  intelligence,  son 
cœur  et  sa  vie. 

Tout  chrétien  sincère,  il  est  vrai,  n’a  point  la  perfection 
de  sa  loi,  de  sa  règle  de  vie,  de  même  que  tout  Juif  ortho- 
doxe, et  tant  s en  faut,  ne  charge  point  ses  actes  des  énor- 
mités du  Talmud;  mais  tout  chrétien  sérieux  s’applique 
chaque  jour  k rapprocher  ses  déviations  quotidiennes  de  la 
suprême  rectitude  de  sa  règle  de  foi  ; et  les  grands  hommes 
du  christianisme,  ses  saints,  héros  de  dévouement  pour  la 
plupart,  sont  un  véritable  prodige  de  beauté  morale,  l’uni- 
que merveille  que  le  Ciel  puisse  envier  à la  terre.  Leur  foi 
les  fait  ce  qu’ils  sont,  et  rien  ne  doit  sembler  plus  naturel, 

• Voir  suprà  et  infrài 


CHAPITRE  NEUVIÈME.  *87 

car  nul  ne  saurait  imaginer  un  principe  de  civilisation  qui 
n’émane  de  la  loi  chrélicniie,  héiilière  de  la  loi  de  Moïse. 

Mais  après  nous  être  permis  de  suivre  pendant  quelques 
pas  les  réflexions  qui  sortent  de  notre  sujet,  hâtons-nous 
d’y  rentrer. 


NOTE. 

Les  Juifs  nous  donnent  eux -mêmes  des  documents  qui  deviendraient 
précieux  dans  une  enquête  sérieuse.  Ainsi  lisoiis-nous  ces  mots  dans 
une  de  leurs  revues,  à propos  de  Mortara  père,  accusé  de  s'étre  fait 
chrétien  : 

Comment!  M.  Mortara,  — » celui  qui  a fait  appel  à la  protection,  â 
la  sympathie  du  ;udaV.<me  universel,  et  s’est  rendu  à Paris,  à Londres, 
où  il  a obtenu  de  la  part  de  nobles  et  généreux  coreligionnaires  des 
sommes  considérables,  afin  qu’il  prtt  rétablir  ses  affaires,  ruinées  par  le 
crime  de  Bologne;  M.  Mortara,  après  avoir  ainsi,  au  nom  de  son  mal- 
heur, exploité  la  charité  etlasainte  fraternité  Israélites,  aurait  commis 
une  honteuse  trahisonf  Non,  nous  ne  le  croyons  pas,  nous  ne  voulons 
pas  le  croire!  La  penersitê  humaine  n’est  pas  encore  arrivée  jusque- 
là!  » Univers  israélité.  Vil,  p.  294-S;  1867, 

« L’Alliance  Israélite  universel  e,  nous  disent  les  Arcliioe.v  israélites,  a 
reçu  un  Icgsde  îo.OOO  fr.  de  ,<ir  Scott,  dont  l’exécuteur  testamentaire  est 
le  baron  Arthur  de  Rothschild,  à Londres.  » Or,  ce  seigneur,  ce  gentil- 
homme, était  un  pseudonyme,  c'était  tout  simplement  un  Juif  du  nom  de 
Blumenthal,  qui  a combattit  .sous  Caribaldi,  reçut  une  blessure,  laquelle 
lui  valut  le  grade  d’officier,  avec  la  décoration  de  l’ordre  italien  » 
(croix  de  Saint-Maurice,  etc,);  c’était  un  Israélite  zélé,  ardent  défenseur 
de  notre  cause.  Lors  de  l’expédition  de  Garibaldl,  en  1 860,  il  avait  de- 
mandé au  général  la  permis.sion  d'aller  a Rome,  avec  quelques  compa- 
gnons déguisés  en  capucins,  pour  enlever  le  jeune  Mortara.  C’est  par 
suite  d’un  départ  imprévu  que  cette  tentative  ne  put  avoir  lieu.  Sir 
Scott  (ce  JuifJ  aimait  à faire  le  bien  sous  le  voile  de  l’anonyme...  Ra- 
rement de  nos  jours  on  n’étale  pas  son  nom  dans  de  telles  circon- 
stances, » [Sic,  car  nous  *ne  corrigeons  point  ce  style  !)  Archives  israc- 
lites,  p.  391-*,  l*'  mai  1867.  — Voir  en  mille  endroits  les  cris  de 
haine  du  Juif  contre  Rome.  Ib.,  Arch.  isr.,  p.  9,  14,  15,  etc.,  1"  jan- 
vier 1869. 


NOTE. 

« Je  me  résume.  Monsieur  le  Maréchal.  Au  fond.  Votre  Excellence 
m’adresse  deux  accusations,  et  toutes  deux  seront  le  plus  grand  honneur 
de  ma  vie.  L’une  est  d’avoir  soulevé  le  premier,  et  un  peu  trop,  selon 


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S88 


LES  JUIFS. 


vous,  le  voile  funèbre  qui  cachait  aux  yeux  de  la  France  les  malheurs  de 
l’Algérie.  Si  c’est  un  crime,  il  est  le  mien,  etc.  » — Lire  la  suite,  et  ce  que 
nous  avons  omis  de  celte  admirable  lettre.  Le  système  suivi  jusqu’à  ce 
jour,  et  qui  fut  si  favorable  au  Coran,  eut-il  un  résultat  politique?  Ré- 
ponse : t Vous  me  disiez  qu’en  cas  de  guerre  européenne  on  ne  pourrait 
pas  compter  ici  sur  la  fidélité  de  vingt  indigènes,  en  pn'sence  d’une 
insurrection.  » Que  penser  de  ce  résultat?  « — Moralement,  ils  ont  pris 
nos  vices,  sans  acquérir  aucune  de  nos  qualités,  etc.,  etc.  a 

Mgr  de  Lavigerie  écrivait  en  outre  à la  Gazette  du  Midi,  le  H mai, 
une  lettre  rendue  publique,  où  nous  lisons  entre  autres  cette  phrase  : 
« Comme  homme  et  comme  Français,  je  crois  pouvoir  dire  que  je  m’as- 
socie aux  vœux  unanimes  des  colons  de  mon  diocèse,  et  que  je  désire 
avec  eux  la  modification  d’un  système  qui  étouETe  toute  vie  en  suppri- 
mant toute  initiative  et  toute  liberté,  a — A la  suite  de  cette  lettre,  nous 
lisons  dans  la  Gazette  du  Midi  : « Il  est  temps  de  savoir  qui  commande 
dans  notre  colonie?  Est-ce  la  puissance  publique,  ou  bien  une  puis- 
sance occulte?  Est-ce  le  chef  de  l’État?..,  ou  bien  est-ce  cette  déplo- 
rable centralisation  peuplée  de  ci-devant  saint-simoniens ‘,  et  de 
Turcs  déguisés  en  Français,  ayant  à leur  tète,  comme  influence  téné- 
breuse, mais  prépondérante,  un  homme  qui  s’était  fait  musulman,  et 
que  la  presse  algérienne  désigne  sous  le  nom  du  Renégat.  On  sait  trop 
bien  en  Algérie  tout  ce  que  cette  influence  active  et  multiple,.,  a fait 
pour  paralyser  les  résultats  espérés  du  dernier  voyage  de  l'Empe- 
reur, eic.  » E.  Roux,' et  Monde,  45  mai  4868. 

’ PArmi  letqaeli  dea  Jaifs  bien  connus. 


NOTE  A. 

Si  nous  ajoutons  quelque  foi  à la  parole  d’un  Pape,  qui  s’énonce  en 
plein  jour,  au  milieu  de  tout  un  peuple  témoin  de  ses  actes,  nous 
jugerons  par  l’allocution  suivante  de  ce  que  Pie  IX  eut  à souffrir  des 
ingérences  de  la  diplomatie  de  certains  gouvernements  entraînés  par 
les  Juifs.  Et  que  diraient  ces  gouvernements  si  le  Pape,  au  nom  de  la 
justice,  et  non  plus  d’un  libéralisme  arbitraire,  se  plaçait  dans  leurs 
États,  par  l’entremise  de  ses  diplomates,  à la  tète  des  réformes  les 
plus  légitimes? 

Il  s'agit  d’une  circonstance  où  le  jeune  Edgard  Mortara  lui-mènic 
s’avance  à la  tète  de  ses  camarades  du  séminaire , qui  l’ont  délégué 
pour  offrir  à Pie  IX  l’hommage  d’un  léger  présent.  Le  Pape  l’accueille, 
et,  sans  se  livrer  à la  moindre  allusion  contre  les  Juifs,  excitateurs  de 
tout  le  tapage  diplomatique  qu’il  va  signaler,  il  rappelle  su  jeune 
baptisé  lui-méme  les  incessantes  calomnies  dont  son  éducation  chré- 
tienne devint  le  prétexte  : « Vous  m’ètes  bien  cher,  mon  fils,  parce 
que  je  vous  ai  acquis  pour  le  Christ  à un  très-grand  prix.  — Vous 
m’avez  coûté  une  bonne  rançon!  — A cause  de  vous,  un  déchaînement 
universel  a éclaté  contre  moi  et  contre  ce  Siège  apostolique.  Dm 


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CHAl'lTRlî  Nlil'VIÈ.Ml-. 


2i)9 

gouvornemcnU  et  des  [leuplcs,  des  puissants  de  ce  monde  et  des  jour- 
nalisles,  qui  sont  aussi  les  forts  de  nos  jours,  m'ont  dédaré  la  guerre. 
Des  rois  iniinies  se  sont  mis  à la  UHe  de  cette  campagne,  et  ont  fait 
écrire  [«r  leurs  ministres  des  notes  diplomatiques.  Tout  cela  à cau.so 
de  vous.  Je  pas.'O  sous  silence  les  rois.  Je  ne  veux  rappeler  que  les 
outrages,  les  calomnies  et  tes  malédictions  prononcés  par  une  foule 
innombrable  de  simples  particuliers  qui  parais.saient  indignés  de  ce 
que  le  bon  Dieu  vous  a fait  le  don  de  sa  vraie  foi  en  vous  tirant  des  té- 
nèbres de  la  mort,  où  votre  famille  est  encore  plongée.  — On  s’est  plaint 
surtout  du  sort  qui  aurait  été  fait  à vos  parents  parce  que  vous  aviez, 
été  régénéré  par  le  saint  Baptême,  et  que  vous  avez  reçu  une  instruc- 
tion telle  qu’il  a plu  à Dieu  de  vous  l’accorder.  — Et  personne  cepen- 
dant ne  me  plaint,  moi , le  Père  de  tous  les  fidèles,  à qui  le  schisme 
arrache  des  milliers  d’enfants  en  Pologne , ou  cherche  à les  corrompre 
par  son  enseignement  [>ernicieux.  — Les  peuples,  ainsi  <|ue  les  gou- 
vernements, se  taisent  au  moment  où  je  crie  en  gémissant  sur  le  sort 
de  cette  partie  du  troupeau  de  Jésus-Christ,  ravagée  par  les  voleurs  en 
plein  jour.  — Personne  ne  bouge  pour  courir  au  secours  du  père  et 
de  ses  enfatiLs!  n (.\  Sainte- Agnès,  12  avril  1867.) 

Plus  prévoyant,  plus  loyal  que  ses  aveugles  coreligionnaires,  le 
célèbre  financier  Mirés  donnait  aux  Israélites,  ses  frères,  un  conseil 
que  lui  avaient  dicté  la  sagesse  et  le  génie.  C’était  de  se  déclarer  hau- 
tement, non  point  les  accusateurs  injustes  et  implacables,  mais  les 
reconnaissants  et  généreux  défenseurs  du  Souverain  Pontife,  réduit  à 
hisser  sur  le  vaisseau  de  l’ftglise  le  pavillon  d'alarme  et  de  détresse. 
« A mon  avis,  leur  criait-il,  l'émancipation  des  Juifs  en  France  leur 
crée  des  devoirs  qu’ils  ne  peuvent  enfreindre  sans  porter  atteinte  à 
leur  propre  securité;  ces  devoirs,  le  patriotisme  les  dicte,  car  ce  patrio- 
tisme correspond  à l’intérêt  général  '.  » 

«jLes  républicains  de  1848  avaient  parfaitement  compris  qu’étendu 
à tout  le  monde,  le  jmuvoir  politique  devenait  la  propriété  du  prolé- 
tariat. Pour  moi,  le  suffrage  univcr.-el  en  iicrmanence,  c’est  la  force 
légalisée;  et  je  ne  puis  oublier  que,  le  jour  où  la  force  commande,  le 
droit  a péri.  C’est  ce  sentiment  dominant  dans  mon  esprit  qui  m’a 
attaché  à la  puissance  temporelle  du  Pape,  quoique  appartenant  à la 
communauté  juive I Aussi,  en  défendant  te  droit  représenté  par  le 
pouvoir  temporel  des  Papes,  ai-je  la  prétention  do  défendre  en  même 
temps  la  société  et  mes  coreligionnaires  s 

« Je  considère  ce  pouvoir  comme  le  dernier  rempart  des  sociétés 
modernes.  Et  si,  par  la  t'o/onfé  du  prolétariat,  décoréede  ce  grand  nom 
de  suffrage  universel,  il  devient  licite  d’arracher  à la  papauté  ses 
possessions  dix  fois  séculaires,  ce  même  droit,  cette  même  légalité, 
s'étendra  nécessairement  à toutes  propriétés,  dès  que  l’intérêt  du  plus 
grand  nombre  l’exigera,  c'est-à-dire  dés  qu’on  prétendra  qu’il  l’exige. 

* Archives  israél.,  1,'C,  p.  3îtO.  I"  mai  1868. 

^ M.  Mirèt  nVft  pa$  le  lenl  Itrai’lile  de  son  avis,  mais  mallieitr  a qui  l'imile! 
I,irc  t'f-’amers  israél.,  VI,  p.  286,  février  I.S67. 


19 


*90  ' LES  JUIFS. 

Malheur  alors  aux  minorilési  Que  ces  minorités  soient  civiles  ou  reli- 
gieuses,  elles  succomlieront  toutes  » 

Et  les  Juifs  sont  partout  une  minorité. 

Le  despotisme  à dix  mille  UHes  les  trailera  comme  les  traite  ailleurs 
le  despotisme  à une  tête.  ! liions  un  exempte,  entre  mille,  de  ce  dernier. 

On  écrit  à la  Kouvetle  l’resse  librf,  b la  date  du  20  juillet  1868  : 
« Le  gouvernement  rus.se  ne  cesse  de  travailler  dans  la  Lithuanie,  et 
même  en  Pologne,  a l’extirpation  du  calhniieisme.  Il  a été  formé  à cet 
effet  des  commis-sions  ileslinées  à transformer  les  églises  catholiques 
en  églises  schismatiques,  et  à convertir  la  population  avec  le  knout, 
au  besoin.  Toutefois,  la  presst;  russe  ne  se  contente  pas  de  la  persé- 
cution d'une  seule  confession,  et  elle  attaque  à présent  une  autre  reli- 
gion lari/ernent  reprheiUée  dans  te  pays,  c'e.sl ■ à-dire  la  religion  juive. 
Tous  les  journaux  russes  sont  remplis  d’invectives  des  plus  violentes, 
dont  voici  le  sens  ; o Pans  la  Kussic  tout  entière,  il  faut  que  tous  les 
habitants  soient  devrais  Russes,  ünvrai  Rus-e  ne  |«;ut  être  que  schis- 
matique. Abstraction  faite  de  ce  que  les  Juifs  se  distinguent  des 
Rus-ses  par  leur  religion  détestable  et  impie,  ils  doivent,  pourd’autres 

motifs,  être  considérés  comme  des  ennemis  de  la  Rus.sie 

» L)’un  aulroeôlé,  les  Juifs  sont  pour  nous  très-dangereux  en  Pologne, 
et  même  plus  dangereux  que  les  Polonais,  parce  qu’ils  possèdent  la 
plus  grande  partie  des  capitaux,  parce  qu'ils  tiennent  dans  leurs  mains 
le  développement  économique  futur  du  pays,  et  enfin  parce  qu’ils 
montrent  plus  d’attachement  pour  les  Polonais  i|uc  pour  nous.  Qu’on 
les  chasse  donc  de  la  Pologne  I II  faut  que  l'on  relét/ue  les  Juifs  dans  les 
provinces  les  plus  éloignées,  au  milieu  des  contrées  russes  pures  de 
l'empire,  au  delà  de  Moscou,  de  Kasan,  par  exemple,  et  que  l’on 
attire  en  Pologne  cl  en  Lithuanie  des  ni'gociants  russes  à la  place  ries 
Juifs.  Dans  le  cas  où  cela  serait  difficile,  ou  impossible,  on  devrait  alors 
forcer  tes  Juifs  a renoncer  au  commerce,  et  les  transformer  en  ouvriers 
et  en  laboureurs.  Le  journal  russe  de  Saint-Pétersbourg,  Viedumosti, 
est  le  plus  modéré  entre  tous,  et  il  s’expirime  ainsi  : «Nous  pouvons  et 
nous  dflOOMS  haïr  et  mépriser  les  Juifs.  Il  faut  que  nous  écartions  celte 
engeance  du  monde,  mais  comment?  » 

» En  attendant,  les  Juifs  de  Wilna  sont  tombés  dans  une  telle  [lau- 
vrelé  qu'il  ti'est  /ms  rare  d'en  voir  mourir  de  faim.  Tous  les  journaux 
russes  {IViedomosti , Wiestnik,  Colus,  etc.)  se  réjonisse.nt  de  tels  faits 
et  s'écrient  ; « Les  Juifs  se  jier  Iront  tout  seuls,  si,  peu  à peu,  on  leur 
enlève  leurs  biens  et  leur  avoir.  Il  faut  en  faire  des  mendiants  ; de 
celle  façon  on  est  certain  qu'ils  se  russifieront  d’eux-mémes. 

» Voilà  les  vraies  visées  des  .Mongols.  Nous  nous  arrêterons  là;  ce 
que  nous  en  avons  dit  suffit  pour  édifier  le  monde  sur  la  tolérance 
russe.  » — Les  Juifs  ne  trouvent-ils  pas  dans  ces  lignes  une  leçon  de 
tolérance  et  de  justice? 

' la-urr  Jr  U.  Miri-s  « .M.  Ciicliev«l-(;lari|>t)y , rcilacietir  en  chef  de  ta  Presse, 
9 uovcinijrc 


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CFÏAPITRE  NEUVIÈME. 


294 


NOTE  B. 

« En  Europe,  on  est  trop  porti^  à méconnaître  la  haine  invétérée 
des  musulmans  contre  tous  ceux  qui  ne  sont  pas  de  leur  religion,  et 
surtout  contre  les  chrétiens.  Aujourd’hui  la  force  est  à la  chrétienté, 
ils  sentent  qu’ils  seraient  ntis  au  ban,  et  dépouillés  de  tout  bénéfice 
du  droit  des  gens,  s’ils  ne  dissimulaient  l’esprit  qui  les  anime;  et 
lorsque  leur  férocité  se  Irarluil  de  loin  en  loin  par  quelques-uns  de 
ces  actes  qui  font  frémir  l’Europe  (les  massacres  de  la  Syrie,  etc.), 
ils  s’empressent  de  les  désavouer,  et  l’opinion  publique  les  explique 
trop  aisément  [lar  cette  tendance  à la  cruauté  qui  persiste  malheureu- 
sement au  fond  des  races  les  plus  civilisées.  Quand  on  u surpris  le 
musulman  dans  sa  vie  intime;  quand  on  l’a  vu  agir  lorsqu’il  se  croit 
hors  de  portée  de  cette  opinion  publique  de  l’Europe  qui  pèse  sur  lui, 
l’obsède,  et  en  lait  cet  être  rusé,  astucieux,  dédaigneux,  fastueux  et 
arrogant  qui  induit  en  erreur  tant  de  nos  coreligionnaires,  et  les 
leurre  de  l’espérance  de  leur  transformation,  on  est  convaincu  que  ses 
moindres  actes  sont  inspirés  par  un  fanatisme  implacable,  et  on  ne 
s’étonne  plus  que,  dans  celle  lutte  sans  témoins,  au  centre  de  l’Afri- 
que, il  ait  osé  entreprendre  d’effacer  le  christianisme  en  arrêtant  la 
génération  dans  tout  un  pays  peuplé  de  tant  de  millions  d’hommes  », 
c’est-à-dire  qu’il  ail  introduit  la  coutume  de  « pratiquer  l’éviration  sur 
l’ennemi  à terre.  » {Douze  ans  dans  la  haute  Ethiopie,  par  M.  Arnauld 
d’Abbadie,  t.  I''*’,  p.  22i;  Paris  1868.  Excellent  et  très-remarquable 
ouvrage,  écrit  par  l’un  de  nos  voyageurs  et  investigateurs  les  plus 
éminents.) 

D’après  le  Coran  pour  le.  musulman , et  d’après  le  Talmud  pour  le 
Juif,  le  chrétien  est  une  brute  dont  il  est  méritoire  de  se  débarrasser. 
Le  Coran  est  donc  le  plus  grand  obstacle  imaginable  à la  civilisation, 
à la  fusion  di*s  races,  à l’union  de  l’Arabe  au  Français,  au  chrétien  ! 

Tout  mahométan  est  missionnaire,  et  son  instrument  de  conversion 
est  le  sabre;  son  paradis  sur  )h  terre  et  au  ciel,  c’est  la  possession 
des  voluptés;  en  d’autres  termes,  son  bonheur  est  dans  ces  mots  ; 
divorce,  polygamie,  débauche  atroce  et  meurtrière.  — En  somme,  le 
principe  suprême  dont  le  Coran  remplit  l’intelligence  et  le  cœur  de 
son  disciple,  c’est  mépris,  haine  et  mort  à quiconque  refuse  d’ètre 
avec  Mahomet.  Le  résultat  de  sa  politique,  au  sein  des  empires  que 
lui  créèrent  ses  immenses  conquêtes,  ce  fut  une  mortelle  épaisseur  d’i- 
gnorance, une  ignoble  dégradation,  la  crapule,  l’extermination  (de  nos 
jours  même  en  Syrie)  et  la  dépopulation  de  contrées  florissantes  chan- 
gées en  déserUs.  Partout  donc  où  le  Coran  a régné , nos  yeux  nous 
démontrent  que  son  sectateur  est  devenu  non  point  un  homme  civi- 
lisé, mais  un  destructeur  de  la  civilisation,  un  barbare;  et,  favorL«er  la 
doctrine,  la  croyance,  qui  fait  de  cet  homme  ce  (ju’il  est,  c’est  favoriser 
la  barbarie.  — C’e.sl  pourquoi,  dans  la  séance  du  16  au  17  juillet  1868 
du  Corps  législatif,  l’un  des  hommes  les  plus  avancés  de  l’opposition, 
.M.  Favre,  dit  au  ministre  d’Etat  ; « Vous  ne  devez- pas  vous  faire 

19. 


LES  JUIFS. 


*9Î 

pr'Micanl  rie  religion,  et  surtout  de  religion  musulmane  ! » P.iroles  rie 
haute  raison  I Et  pourtant  le  ministre  de  laisser  tomber  du  haut  de  ta 
tribune  française  cette  prodigieuse  réponse  : 

« L’honorable  M.  Jules  Favre  est  étonml  que  deseiilanls  élevés  dans 
la  religion  musulmane  étudient  le  Coran , et  y puisent  des  leçons  de 
morale  et  de  respect  qui  y sont  écrites  en  paroles  élevées  et  en  grandes 
pensrés.  Les  sociétés  qui  ne  seraient  pas  fondées  sur  de  grands  prin- 
cipes de  morale  ne  vivraient  pas  longtemps,  et  la  société  musulmane  a 
occu|)é  une  grande  partie  de  la  terre.  Il  ne  faut  pas  avoir  ces  dildains; 
et  lorsqu’on  m’interrompt  pour  me  dire  qu’il  faut  enseigner  aux 
populations  musulmanes  la  civilisation,  qu’on  me  permette  de  répon- 
dre que  les  sociétés  ne  se  transforment  pas  en  quelques  jours,  sous  la 
parole  plus  ou  moins  véhémente  de  quelques  orateurs,  et  qu’il  faut  le 
temps,  le  labeur,  l’effort  quotidien,  pour  qu’une  nation  qui  est  coulée 
en  granit  dans  ses  institutions  puisse  être  graduellement  fusionnée, 
transformée  et  absorbée  par  une  civilisation  nouvelle.  (C’est  vrai!  — 
Très-bien!  très-bien  1 ») 

Une  civilisation  nouvelle  I nous  dit-on.  La  loi  du  sabre  et  du  fata- 
lisme aurait  donc  été  la  loi  d’une  civilisation?  Mahométisme  et  civi- 
lisation n’avaient  cessé  jusqu’à  ce  jour  de  se  prendre  pour  les  deux 
antipodes;  et  ce  que  les  évêques,  ce  que  les  hommes  éclairés  de 
l’Algérie  demandent  depuis  bierUôt  guarante  ans,  c’est  que,  sous  le 
régime  de  la  liberté  de  conscience , on  rommence  enfin  à permettre 
aux  civilisateurs  du  christianisme  « te  labeur  et  l'effort  quotidien  > 
nécessaires  à transformer  ces  barbares  de  granit  en  membres  vivants 
d’une  civilisation  honnête.  Animé  sans  doute  d’excellentes  intentions, 
M.  le  ministre  d’Étal,  cet  homme  doué  d’une  intelligence  si  grande, 
tiendrait  un  tout  autre  langage , et  n’aurait  point  les  Juifs  pour  auxi- 
liaires, s’il  savait  un  peu  mieux  le  Coran , le  petit  catéchisme  des 
catholiques,  l’histoire  de  la  civilisation  européenne,  et  l’histoire  si  mal 
et  si  peu  connue  de  l’Église. 


DEUXIÈME  DIYISIOH.  — NOUVELLE  HORXLE,  NOUVELLES 
MOEURS. 

Suite.  — Qualités  sociales  du  Juif.  — Reconnaissance.  — M.  Mirés; 
son  conseil  aux  Juifs  de  ne  point  toucher  à l’or  de  l'Église,  et  de  lui 
témoigner  quelque  gratitude.  — Réponse  astucieuse,  et  fureurs.  — 
Reproches  amers  à propos  de  l’épouvantable  tyrannie  qui  les  mar- 
tyrise dans  les  ghetto.  — Œuvre  ayant  pour  but  de  transporter 
tous  les  Juifs  hors  de  l’.'ibominablc  ville  de  Rome;  résultats.  — 
Qu’est-ce  donc  que  le  Ghetto?  — RéfuLition  du  Juif  par  les  descrip- 
tions ou  la  parole  de  M.  Thiers,  ancien  ministre;  — de  M.  Sauzet, 
ancien  président  de  la  Chambre  des  députés;  — de  l'anticatholique 
M.  Renan,  de  l’Institut;  — de  M.  Bail,  ptron  de  la  cause  juive.  — 
Réfutation  du  Juif  par  la  déclaration  si  remarquable  de  leur  plus 


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CHAPITRE  NEUVIÈME. 


S93 


grande  assemblée  dans  les  temps  modernes.  — Ce  que  le  Juif  doit  à 
l’Eglise;  curieux  et  admirable  morceau.  — Aisance  du  Juif,  même 
dégagé  des  entraves  du  Talmud,  à renier  la  parole  de  ses  repré- 
sentants. — Celte  parole  n'était  pour  lui  qu’une  ruse  de  guerre,  il 
ne  doit  que  haine  à l’Eglise  et  à la  papauté.  — Actes  des  Pajies  et 
du  clergé  romain , défenseurs  et  protecteurs  désintéressés  du  Juif  ; 
ils  lui  assurent  pour  son  culte  une  liberté  que  tant  de  gouverne- 
ments refusent  aujourd’hui  même  au  catholique.  — Le  plus  impla- 
cable ennemi  du  Juif  nous  peindra-t-il  mieux  qu’il  ne  le  fait  lui- 
même  de  nos  jours  son  horreur  pour  toute  vérité  qui  le  blesse,  sa 
haine  héréditaire  pour  le  chrétien?  — Le  Juif  qui  se  peint  dans  ses 
pages,  telles  que  nous  les  citons,  est-il  un  homme  que  la  civilisation 

Euisse  avouer?  — Exceptions,  — Notes.  — Le  Ghetto  d’Avignon. — 
es  ghetto  (tre  ghetti)  ; celui  de  Rome. 

Nous  venons  d’exposer  sans  mise  en  scène  et  sans  étalage 
de  phrases,  c’est-à-dire  en  toute  simplicité,  quelle  est,  en 
l’an  1868,  la  tenue  du  Juif  devant  l’évidence  historique  : sa 
physionomie,  sa  contenance,  sa  parole  devant  les  splendeurs 
de  la  vertu  chrétienne-,  prions  maintenant  le  lecteur,  de- 
venu peut-être  un  peu  moins  naïf,  un  peu  moins  libéral  à 
l’endroit  du  Juif,  de  nous  déclarer  dans  quelle  mesure 
approximative  de  temps  il  juge  que  l’esprit  de  gratitude  na- 
turel aux  peuples  civilises  doive  finir  par  échauffer  et  rani- 
mer le  coeur  de  cet  homme.  Mais  afin  de  faciliter  le  coup 
d’œil  (le  l’observateur,  concentrons  ses  regards  vers  le  mur 
du  Ghetto  romain , et  rappelons  d’abord  un  fait  : 

Après  avoir  offert  aux  Juifs  le  conseil  que  lui  inspirait  sa 
haute  intelligence,  de  se  faire  non  plus  les  aveugles  destruc- 
teurs, mais  les  conservateurs  du  pouvoir  papal,  M.  Mirés, 
continuant  à plaider  la  cause  de  la  reconnaissance  et  de  la 
prudence,  conjurait  la  banque  judaïque  de  mettre  un  frein 
à ses  fougueuses  convoitises,  et  de  refuser  aux  spoliateurs 
du  clergé  de  l’Italie  le  secours  de  son  industrie  financière 
et  de  sa  puissance Respectez-vous;  respectez  votre  na- 

tion; ne  salissez  point  vos  mains  de  cet  or.... 

De  cet  or?  Eh  quoi!  Nous?  nous?  répliquait  avec  empor- 
tement le  judaïsme,  salir  nos  mains  en  les  portant  sur  l’or 
du  sacerdoce  chrétien,  sur  Torde  l’Église?  Ainsi,  « d’après 
ce  champion  inattendu  de  la  sécurité  d'Israël,...  tout  Israé- 
lite serait  tenu  de  rester  étranger  à toute  opération  finan- 


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«91 


LFS  JUIFS. 


cière  concemanl  un  gdOvcrnemcnt  que  Rome  papale  traite 

en  ennemi » M.  Mirés  défendre....  contre  les  banquiers 

israélitcs  les  intérêts  des  Juifs,  « leur  rappeler  l’injuste  et 
séculaire  réprobation  dont  nous  avons  été  victimes,  pour 
les  engager  à n'y  pas  donner  prise  de  nouveau!  Il  y a la  quel- 
que chose  de  bouffon l.a  reconnaissance,  dit  .M.  Mirés, 

nous  enchaîne  aux  Papes,  à Pie  IX,  qui  a supprimé  le  Ghetto. 
C’est  là  ce  qu’on  ne  craint  pas  de  dire  après  le  scandale  de 
l’affaire  Mortara M....  » 

De  la  reconnaissance?  oh!  oh!  ceux  qui  tiennent  ce  lan- 
gage oublient  « que  les  bienfaits  ont  été  contre-balancés  par 
les  persécutions^  ils  parlent  du  Ghetto,  mais  le  Ghetto 
n’existe-t-il  pas  encore  à Rome*?...  » 

Se  livrant  à sa  verve  sarcastique  contre  l’Israélite  qui  ose 
arrêter  la  main  de  ses  compatriotes  devant  l’or  de  l’Église 
que  lui  tend  la  Révolution,  et  j)roclamerà  haute  voix  la  dette 
de  reconnaissance  d’Israël  envers  les  Souverains  Pontifes, 
la  Revue  judaïque  jette  devant  elle  ce  cri  d’alarme  et  d'hor- 
reur : L’entendez-vous?  « Un  Israélite  plaide  la  cause  de 
nos  plus  mortels  ennemis!  » Ah!  ce  que  veut  M.  Mirés,  « ap- 
partenant à la  communauté  juive,  c’est  le  maintien  perpé- 
tuel du  Ghetto  de  Rome,  la  tyrannie  épouvantable  exercée 
sur  nos  pauvres  frères,  leurs  souffrances  indicibles,  leur  hu- 
miliation, leur  martyre.  Voilà  ce  qu’une  plume  Israélite  ose 
défendre  à la  face  d’Israël  et  du  monde  civilisé!  Ah!  M.  .Mi- 
rés, si  on  vous  traitait  à Paris  comme  les  nôtres  sont  traités 
sous  la  domination  des  prêtres  romains!...  si,  au  lieu  d’une 
maison  splendide,  on  vous  donnait  pour  habitation  un  réduit 
misérable  et  délétère,  sans  soleil  et  sans  air,  sur  les  bords 
infects  et  maudits  du  Tibre,...  si  on  faisait  de  vos  enfants 
des  cadavres  vivants , voués  dès  leur  naissance  au  malheur  et 
à la  dégradation,  vous  chanteriez  peut-être  moins  la  gloire 
des  persécuteurs  de  vos  frères  > 

' Archives  israèliles,  XI,  p.  489,  l'''juin  t867. 

* Archives  israèliles,  II,  p.  54,  15  janvier  tS67. 

3 Univers\israélile,  IV,  p.  149-150  ; 1866.  Ce  chant  à la  gloire  de» 


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CHAPITRE  NEUVIÈME, 


295 


Déserter  Rome,  fuir  cette  Babylone  qui  le  dévore,  voilà 
donc,  voilà  désormais,  s’il  nous  fallait  ajouter  foi  à la  parole 
du  Juif,  voilà  Tunique  espoir,  voilà  Timpérieuse  préoccu- 
pation du  judaïsme  haletant;  et  de  sa  voix  la  plus  stridente 
il  la  dénonce  à tous  les  vents-,  il  étonne  de  ses  doléances,  il 
en  étourdit  tous  les  échos  de  l’Europe-,  il  va  plus  loin  : le 
soin,  le  devoir  de  s’arracher  à cet  odieux  séjour  devient  son 
rêve,  son  œuvre;  et  cette  œuvre  qui  ne  pouvait  être  viable 
jHirce  qu’elle  eût  été  le  désespoir  et  la  désolation  du  Juif  ro- 
main, naît  au  milieu  d’une  agitation  aussi  violente  que  fac- 
tice. Mais  écoulons  le  Juif  lui-même,  et  que  la  connaissance 
des  choses  précède  notre  jugement  : 

« Notre  projet  de  réunir  les  ressources  nécessaires  pour 
que  les  Israélites  de  Rome  puissent  quitter  celte  terre  abo- 
minable a été  favorablement  accueilli  partout.  Des  souscriptions 
isolées,  ouvertes  par  les  journaux,  ne  produiraient  que  peu 
de  résultats;  les  grandes  choses  doivent  être  faites  grandement. 
Mais  que  l’Alliance-israélile-universelle  se  mette  à l’œuvre,  et 
le  succès  n’est  pas  douteux.  Seulement,  il  faudra  envoyer 
deux  hommes  compétents  à Rome  pour  étudier  la  situation, 
établir  la  statistique  et  les  calculs,  arrêter  les  voies  et 
moyens,  et  s’assurer  qu’à  l’heure  venue  tous  nos  coreligion- 
naires romains  sans  exception  sortiront  de  cette  ville  sinistre 
sans  regretter  les  poissons  du  Tibre!  Ce  sera  l’événement  le 
plus  glorieux  de  Thisloire  Israélite  moderne  » 

Et  tandis  qu’ainsi  parlait  la  feuille  conservatrice  du  ju- 


persëculeurs  n’esl  en  fait  que  le  conseil  de  ne  point  se  salir  les  mains 
d’un  or  enlevt^  à ses  maitres.  Et  ces  bords  inlef-lset  maudits  du  fleuve 
de  la  Ville  éternolle,  où  vécut  si  fièrement  le  peuple-roi,  (jui  vous  y 
enchaîne?  Et  cette  é}X)uvantable  tyrannie  qui  fait  de  vos  enfants  des 
cadavres  virants , qui  vous  oblige  à la  subir?  Mais  pourquoi  votre 
plume,  s’astreindrait-elle  a plus  de  justice  et  de  véracité  envers  les 
grands  Pontifes  du  christianisme  que  tout  à l’heure  envers  l’arche- 
vêque d’Alger,  l’apolre  de  l’Algérie?  Voir  des  exemples  de  ce  déchaî- 
nement actuel  des  Juifs  contre  le  Pape,  fb.,  Univers  israélite,  Xll, 
p.  554;  4867,  elç.,  etc. 

> L'Univers  israélite,  XX' année,  p.  55;  septembre  4864.  — Ces 
paroles  nous  disent  déjà  (juelle  machine  à effet  est  cette  œuvre,  et  ce 
qui  sortira  de  cette  bouffissure. 


296 


LES  JL'll'S. 


(laïsme,  celle  du  progrès  nous  tenait  ce  langage  : « La 
proposition  que  nous  avons  faite  dans  notre  numéro  du 
lo  septembre,  pour  mettre  un  terme  a la  situation  vraiment 
intolérable  des  Israélites  encore  sujets  pontificaux , a trouvé 
de  l'écho  dans  les  cœurs  généreux.  Elle  nous  a valu  des 
lettres  et  observations. ..  » telles  que  la  suivante  : « J’a[)- 
prouve  complètement  votre  idée  d'une  sontcription  universelle 
pour  l’expatriation  en  masse...  » 

Sortir  Israël  du  Ghetto,  de  la  geôle  pontificale,  du  cloa- 
(]ue  romain,  voil'a  le  mot;  voilh,  diraient  ceux  que  la  vertu 
du  Juif  ne  laisse  pas  sans  défiance , le  coup  monté  pour 
étonner  les  simples  et  faire  éclat  contre  le  Saint-Siège... 
Mais  « cet  événement,  le  plus  glorieux  de  l'iiistoire  israélite 
moderne,  » devait  aboutir  ii  l’avortement...  On  le  savait, 
on  le  voulait  ainsi  dans  le  camp  judaïque,  et  les  Archives 
Israélites  du  13  septembre  1804  nous  disaient  ; « La  récente 
convention  dont  toute  l’Europe  se  préoccupe  'a  l’heure  qu’il 
est  (c’est-’a-dire  la  remise  de  Rome  h la  révolution  triom- 
phante) rendra  sans  doute  inutile  l’exécution  du  projet  que 
nous  avons  conçu.  Nous  nous  en  féliciterons;  mais  il  faut 
attendre  avant  de  se  prononcer  '.  « 

Israël  restera  donc  dans  cette  Rome  que  sa  bouche  mau- 
dit, qui  n’inspire  que  colères  et  blasphèmes  aux  plumes 
judaïques,  mais  dont  ce  serait  sa  terreur  et  sa  désolation 
de  s’entendre  proscrire.  Il  restera  dans  le  Ghetto,  s’il  ne  pré- 
fère un  autre  quartier  de  la  ville  ’a  cette  enceinte,  moralement 
et  légalement  supprimée  bien  que  son  mur  continue , 
comme  Rome  elle-même,  à se  tenir  debout.  .Mais  qn’est-ce, 
après  tout,  que  le  Ghetto,  ce  lieu  de  malédiction  et  de 
mort;  ce  nom  devant  lequel  Israël,  cnnant  sa  voix,  veut 
faire  reculer  de  honte  l’Israélite  qui  réclame  en  faveur  des 
Pontifes  romains  la  reconnaissance  de  ses  frères? 

* P.  8Ü8  9.  — Et  déjà,  le  mois  suivant,  cette  souscription  urgente, 
nniverselle.  entreprise  « pour  faire  grandement  les  choses,  » s’éle- 
vait au  chiffre  rédempteur  de  trois  cent  quarante-trois  francs...  de 
quoi  transporter  et  appatrier  ailleurs  quelque  chose  comme  un  quart 
de  Juif!  P.  943. 


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CHAPITRE  NEUVIÈME. 


■Î97 


Un  mot  le  dit  : le  Ghetto  c’esl  un  quartier  de  Rome, 
et  sa  destination  toute  spéciale  est  d'être  habité  par  les 
Juifs.  Nul  chrétien  ii’a  le  droit  d’y  fixer  son  séjour,  et  nul 
Juif  n’avait  autrefois,  à Rome,  le  droit  de  s’établir  ailleurs. 

C'était,  en  définitive,  une  sorte  de  place  forte  féodale, 
ou  plutôt  d'enceinu  affectée  ’a  l’étranger  de  race  juive  habi- 
tant la  ville  de  Rome,  c’est-à-dire  au  Juif  romain.  Chaque 
soir,  et  chaque  fois  qu’une  sédition  semblait  être  à redouter, 
la  porte  de  ce  lieu  se  fermait  et  protégeait  le  Juif  contre  la 
colère  souvent  très-juste  du  chrétien,  eu  même  temps 
qu’elle  protégeait  le  chrétien  contre  ses  incursions  et  ses 
industries  nocturnes.  Tel  est  le  mystère  du  Ghetto;  et  c’é- 
tait à la  coiiditiou  d’accepter  pour  résidence  ce  quartier 
clos,  soumis  ’a  quelques-unes  des  servitudes  de  nos  places 
de  guerre , que  les  étrangers  de  race  judaïque  obtenaient 
droit  de  séjour  dans  les  États  où  l’intérêt  du  chrétien,  où 
l’intérêt  du  Juif  et  de  l’ordre  public  commandaient  au  gou- 
vernement l’établissement  de  ces  enceintes! 

Mais  le  Juif  émancipé  ne  se  contente  point  de  briser  du 
pied  la  muraille  du  Ghetto.  Une  fois  l’égal  du  chrétien,  il  veut, 
et  nous  le  verrons,  atteindre  l’objet  de  ses  désirs,  devenir  son 
juge,  son  législateur,  monter,  s’asseoir  aux  plus  hauts  som- 
mets du  pouvoir  ; et  lorsque , déjà  victorieux , il  se  met  eu 
marche  vers  de  nouvelles  conquêtes,  malheur  à l’homme 
d’Etat  qui,  pour  arrêter  son  élan,  repousse  la  parole  judaï- 
que par  le  langage  de  l’expérience  et  par  la  parole  de 
riiistoire.  Q"e  s'  notre  témoignage  est  récusé,  taisons- 
nous,  et,  fidèle  à notre  habitude  de  laisser  les  gens  se  faire 
connaître  par  eux -mêmes,  appelons  à notre  secours  la 
bouche  frémissante  du  Juif.  Empressée  de  s’ouvrir,  elle 
nous  dit  : 

« .M.  Thiers  parlait  aussi  de  la  liberté  des  cultes  dans  les 
États  romains,  en  disant  qu’il  y a une  synagogue  à Rome. 
Comment  un  homme  de  bonne  foi,  un  historien,  un  homme 
qui  a passé  une  partie  de  sa  vie  en  Italie,  et  qui  a vu  l’épouvan- 
table sort  des  martyrs  du  Ghetto,  peut-il  produire  un  si  triste 


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LES  JÜIFS. 


argument,  contre  lequel  sa  conscience  aurait  (ht  se  soulever 
d’indignation!  » 

« On  a regretté  au  milieu  de  nous  l'ahtence  au  Si'nni  (Cun 
Israélite  qui  eût  pu  n'pondre  aux  affirmations  incroyables 
de  plusieurs  pri'Iats  relativement  aux  malheureux  Israi^lites 
de  Rome.  Mais  il  y a plusieurs  des  nôtres  au  Corps  législa- 
tif-, qu’ont-ils  répondu  h M.  Thier.«  '?  m — Rien!  c'est-à-dire 
tout  ce  (]u’il  y avait  h répondre  dans  une  assembU^e  dont 
plusieurs  membres  ont,  comme  il  est  dit  de  M.  Thiere, 

« passé  une  partie  de  leur  vie  en  Italie  » et  sans  y voir  ce 
qu'y  voient  les  Juifs.. Mais  l’un  des  anciens  présidents  de  nos 
assemblées  législatives,  un  de  ces  jurisconsultes  célèbres 
qui  firent  de  Rome  à la  fois  une  seconde  patrie  et  l’objet 
tout  spécial  de  leurs  éludes  comparatives,  succède  h l'his- 
torien législateur;  écoutons  : 

« On  s’est  plaint  d’une  police  tracassière  et  inquisitoriale; 
c’est  sa  mollesse,  et  quelquefois  son  inertie,  qu’on  pourrait 
accuser.  Il  faut  s’étonner  surtout  de  la  longanimité  avec 
laquelle  elle  a souffert  les  menées  et  les  scandaleux  embau- 
chages des  émissaires  piémontais.  s’abritant  sous  des  pro- 
tections diplomatiques  pour  exciter  ouvertement  les  sujets 
du  Pape  h la  révolte  et  ses  soldats  à la  désertion. 

» On  a accusé  le  gouvernement  romain  d’intolérance;  et  . 
la  tolérance  véritable,  éclairée,  pratique,  celle  qui  professe 
non  l’insouciance  pour  les  principes,  mais  la  bienveillance 
|)Our  les  personnes,  est  poussée  'a  Rome  jutr/u’ei  ses  dernières 
limites,  (’diacun  suit  librement  sa  croyance  et  exerce  en  paix 
son  culte;  Rome  fut  de  tout  temps  le  refuije  des  Juifs,  et  ils  la 
nommèrent  eu.r-méines  leur  paradis,  au  moyen  âge , alors  que 
les  barbaries  de  rignorance  les  persécutaient  impiloyable- 
ment  par  toute  l'Europe.  Rome  offre  encore  aujourd'hui  un 
abri  protecteur  au  peu)de  ennemi  de  sa  foi.  Ce  peuple  a,  dans 
Home  même,  une  synagogue  et  un  quartier  où  il  peut  forcer  les 
propriétaires  des  maisons  à le  recevoir;  et  cependant  il  a la  liberté 
ifen  sortir  pour  habiter  le  reste  de  la  ville.  Il  n’est  tenu  alors 
' Univers  Israélite,  p.  416;  novembre  1864. 


- Pat^-L.  ■ " J 


î99 


CHAPITRE  NEUVIÈME, 
qu'à  observer  les  règles  générales  de  la  police  religieuse  de 
la  cité , dont  il  est  affranchi  tant  qu'il  rate  dan»  le  faubourg 
qui  forme  ton  domaine,  (l’est  un  des  nombreux  bienfaits  de 
Pie  IX  que  l’abolition  de  plusieurs  entraves,  motns  lourde* 
cependant  que  celles  qui  pesaient  encore  sur  Iqs  Juifs  au 
commencement  de  ce  siècle,  au  ceiure  de»  cwilitation»  prote»- 
tante».  S’il  a pu  rester  au  Ibnd  de  certaines  lois  quelques 
vestiges  d’ancienne  .sévérité,  qui  survivent  toujours  un  cer- 
tain temps  aux  textes  mêmes  qu’on  a détruits,  on  peut 
compter  sur  la  bienveillante  sagesse  qui  a fait  l’œuvre  pour 
la  compléier  généreusement.  Kien  ne  sera  refusé  de  ce  qui 
conciliera  les  droits  de  la  liberté  civile  avec  le  respect  indé- 
fectible et  vital  de  la  foi  calbolique  » 

Que  dire,  entre  ces  hurlements  lugubres  du  Juif  contre 
l’épouvantable  tyrannie  que  Rome  exerce  sur  ses  fi'ères,  le» 
martyr»  du  Ghetto,  livrés  à d’indicibles  souffrance»,  et  ces 
afllrmations  calmes,  sérieuses,  plus  explicites  encore  que 
celles  de  M.  Tliiers,  et  que  ne  craint  point  de  développer  îi 
la  face  du  monde  l’un  des  hommes  les  plus  indépendanis  de 
la  France,  l'un  des  hommes  les  plus  considérés  de  l'Europe 
au  double  point  de  vue  du  mérite  intellectuel  et  morall  Que 
dire?  Nous  taire , nous  qui  connaissons  aussi  cette  ville  de 
Rome  que  tout  le  monde  aujourd’hui  connaît,  et  laisser 
parler,  après  M.  Thieis»  et  M.  Sauzet,  l’un  des  plus  vaillants 
auxiliaires  du  Juif,  l’un  de  ces  écrivains  dont  le  Juif  s’esi 
déclaré  l'admirateur,  par  la  raison  bien  naturelle  que  sa 
plume  déicide  s'attaque  b la  divinité  même  du  Christ  : 

« Etranger  partout,  dit  avec  raison  M.  Renan,  tan»  patrie, 
San»  autre  intérêt  que  ceux  de  sa  secte,  le  Juif  lalmudiste  (c’est- 
à-«lire  orthodoxe)  a souvent  été  un  fléau  pour  les  pays  où  le 
sort  l’a  |)orlé.  » Et  si  l’on  veut  le  connaître,  «qu’on  songe 
au  Juif  d’Orient,  etc.,  méchant  quand  il  est  persécuté,  arro- 
gant et  insolent  dès  qu’il  se  sent  protégé!...  Sans  doute  la 

’ « Les  protestants  peuvenl  aussi  louer  de  la  poülûjue  éclaink' 

de  la  rour -romaine.  » Borne  devant  l’Europe,  par  M.  Paul  Sauzet, 

ancien  président  de  la  Chambre  dns  députés,  p.  304  a 306,  3*  édil. 
iiï-tî,  J.  Lecoffre;  Paris,  1866. 


300 


LES  JUIFS. 


détestable  organisation  sociale  de  l'Orient,  depuis  la  seconde 
moitié  du  moyen  âge,  est  la  première  cause  de  ce  mal  -,  mais 
l'esprit,  que  j’appellerais  volontiers  talmudique,  y est  aussi 
pour  beaucoup.  Le  régime  du  Ghetto  est  toujours  funeste. 
Or,  les  pratiques  du  pharisaîsme  et  du  talmudisme  faisaient  de 
ce  régime  de  réclusion  une  nécessité  pour  le  peuple  juif'  ! » 

Un  des  avocats  de  la  cause  judaïque,  M.  Bail,  dont  l'école 
est  si  difTérente  de  la  notre,  eût  donc,  il  ii’y  a que  peu  d’an- 
nées encore,  manqué  de  sincérité,  si,  dans  son  livre  écrit 
en  faveur  des  Juifs , il  n’eût  tenu  ce  langage  : ■ Rome  mo- 
derne offre  un  spectacle  remarquable...  Elle  donne  l’e.\emple 
de  la  douceur  et  de  l’équité,  et  Ics  Juifs  d’Italie  réclament 
eux-mêmes  sa  médiation  avec  la  plus  grande  confiance.  Dans 
tous  les  temps  les  Etats  romains  furent  leur  asile,  et  les 
Pontifes  ont  les  premiers  enseigné  la  tolérance  dont  ils  sont  les 
apôtres’.  » 

Déjà  peut-être  abusons-nous  cruellement  de  l’évidence? 
Un  mot  cependant  nous  re$te  à dirc^  car,  lorsqu’il  s'agit  de 
la  reconnaissance  que  les  Juifs  doivent  au  Pontife  romain, 
qu’ils  accablent  de  leurs  plus  sanglantes  et  grossières  calom- 
nies depuis  que  le  malheur  accoble  Rome,  nulle  parole  ne 
saurait  équivaloir  à celle  que  la  plus  grande  assemblée  judaïque 
des  temps  modernes  adressait  en  termes  officiels  non-seule- 
ment à la  papauté,  mais  au  sacerdoce  chrétien.  Ce  que  les 
Juifs  eu.\-mêmes  vont  nous  affirmer,  ils  ne  le  nieront  point 
sans  doute!  Et  cependant,  qui  sait?...  Mais,  ils  ouvrent  la 
bouche,  à nous  de  nous  taire  et  de  recueillir  la  parole  des 
représentants  du  judaïsme  : 

« Les  députés  de  l’empire  de  France  et  du  royaume 
d'Italie  au  synode  hébraïque  décrété  le  30  mai  1806, 
pénétrés  de  gratitude  pour  les  bienfaits  successifs  du  clergé 
chrétien,  dans  les  siècles  passés , en  faveur  des  Israélites  des 

' Archives  Israélites,  XII,  p.  534,  15  juin  1868.  Les^rcAiues  citent 
ce  passage  tout  en  le  comballanl,  bien  entendu! 

2 Des  Juifs  au  dix-neuvieme  siècle,  p.  1S5,  ou  Considérations  sur 
leur  état  civil,  î'  édit.  ; Paris.  1816.  Voir  la  noie  .V,  à la  fin  du  cbap. 


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3(11 


CHAPITRE  NEUVIÈME. 
divers  États  de  l'Europe;  pleins  de  reconnaissance  pour 
l’accneil  que  divers  Pontifes  (Papes)  et  plusieurs  antres 
ecclésiastiques  ont  fait  dans  différents  temps  aux  Israélites 
de  divers  pays,  alors  que  la  barbarie,  les  préjuges  et  l’igno- 
rance réunis  persécutaient  et  expulsaient  les  Juifs  du  sein 
des  sociétés;  arrêtent  que  l’expression  de  ces  sentiments 
sera  consignée  dans  le  procès-verbal  de  ce  ionr.  pour  qu’il 
demeure  à jamais  comme  un  témoignage  authentique  de  la  grati- 
tude des  Israélites  de  cette  assemblée  pour  les  bienfaits  que 
les  générations  qui  les  ont  précédés  ont  reçus  des  ecclé- 
siastiques de  divers  pays  de  l’Europe.  Arrêtent,  en  outre, 
que  copie  de  ces  sentiments  sera  envoyée  à Son  Excellence 
le  ministre  des  cultes'.  » 

Cet  arrêt  fut  adopté  à la  suite  d’un  discours  fort  remar- 
quable de  M.  Avigdor  (Isaac  Samuel),  député  îi  l’assemblée 
Israélite  par  les  Alpes-Maritimes.  Nous  en  extrayons  le 
passage  suivant  ; « Les  plus  célèbres  moralistes  chrétiens 
ont  défendu  les  persécutions , professé  la  tolérance , et 
prêché  la  charité  fralernelle.  Saint  .\thanase,  livre  I",  dit  : 
" C’est  une  exécrable  hérésie  de  vouloir  tirer  a soi  par 
la  force,  par  les  coups,  par  les  emprisonnements,  ceux 
qu’on  n’a  pu  convaincre  par  la  raison.  » — « Rien  n’est  plus 
contraire  ’a  la  religion,  dit  saint  Justin  martyr,  que  la  con- 
trainte. » (Livre  V.)  Etc.,  etc.,  etc 

>)  C’est  par  suite  de  ces  principes  sacrés  de  morale  que, 
dans  différents  temps,  les  pontifes  romains  ont  protégé 
ET  ACCUEILLI  DANS  LEURS  ÉTATS  les  Juifs  persécutés  et  expulsés 
de  diverses  parties  de  C Europe,  et  que  les  ecclésiastiques  de  tous 
les  pays  les  ont  souvent  défendus  dans  plusieurs  États  de 
cette  partie  du  monde.  Vers  le  milieu  du  septième  siècle, 
saint  Grégoire  défendit  les  Juifs,  et  les  protégea  dans  tout 
le  monde  chrétien.  Au  dixième  siècle,  les  évêques  d’Espagne 

' Extrait  du  procès-verbal  de  la  séance  du  5 février  1807.  — Voyez, 
le  procès-verbal  des  séances  de  l’assemblée  des  députés  français  pro- 
fessant la  religion  juive,  p.  169  et  suiv.  Chez  Oesenne,  1 vol.  in-8°. 
Paris,  1 806. 


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302 


LES  JUIFS. 


opposèrent  la  pins  grande  énergie  au  peuple  qui  voulait  les 
massacrer.  Le  pontife  Alexandre  II  écrivit  a ses  évêques 
une  lellre  pleine  de  félicitations  pour  la  conduite  sage 
qu’üs  avaient  tenue  à ce  sujet;  cl,  dans  le  onzième  siècle, 
les  Juifs,  en  très-grand  nombre  dans  les  diocèses  d’Uzès  et 
de  Clermont,  furent  puissamment  protégés  par  les  évêques. 
Saint  Bernard  les  jléfendil,  dans  le  douzième  siècle,  de  la 
fureur  des  croisés.  Innocent  II  et  Alexandre  111  les  proté- 
gèrent également.  Dans  le  treizième  siècle.  Grégoire  IX  les 
préserva,  tant  en  Angleterre  qu'en  France  et  en  Espagne, 
des  grands  malheurs  dont  on  les  menaçait  : il  défendit,  sous 
peine  d’excommunication , de  contraindre  leur  conscience 
et  de  troubler  leurs  fêles.  Clément  V fil  plus  que  les  protéger, 
il  leur  facilita  encore  les  moyens  d'instruction,  et  Clément  Vil 
leur  acconla  un  asile  a Avignon,  alors  qu’on  les  persécutait 
dans  tout  le  reste  de  l’Europe'. 

« Mais  le  peuple  d’Israël,  toujours  malheureux  et  presque 
toujours  opprimé,  n'a  jamais  eu  le  moyen  ni  l'occasion  de 
manifester  sa  reconnaissance  pouu  tant  de  bienfaits;  recon- 
naissance (C autant  plus  douce  à témoigner^  (ju’il  la  doit  b des 
hommes  désintéressés,  et  doublement  respectables.  Depuis 
dix-huit  siècles,  la  circonstance  où  nous  nous  trouvons  est 
la  seule  qui  se  soit  présentée  pour  faire  connaître  les  senti- 
ments dont  nos  cœurs  sont  pénétrés.  Celle  grande  et  heu- 
reuse circonstance,  que  nous  devons  h noire  auguste  et 
immortel  Empereur,  est  aussi  la  plus  convenable,  la  plus 
belle,  comnae  la  plus  glorieuse,  pour  exprimer  aux  philan- 
thropes de  tous  les  pays,  et  notamment  aux  ecclésiastiques, 
notre  entière  gratitude  envers  eux  et  envers  leurs  prédécesseurs. 
Empressons-nous  donc,  Messieurs,  de  prohter  de  celle 
époque  mémorable;  cl  payons-leur  ce  juste  tribut  de  re- 
connaissance que  nous  leur  devons;  faisons  retenlir  dans  cette 
enceinte  l’expression  de  notre  gratitude,  et  lémoignons-leur 
AVEC  SOLENNITÉ  nos  sincères  remercîmenls  jiour  les  bienfaits 

‘ Les  Juifs  insullèrcnt-ils  les  Papes,  leurs  bienfaiteurs,  à cause  de 
col  asile  que  leur  offrait  le  Ghcllo  ? etc.,  etc 


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303 


CHAPITRK  NKUVir.ME. 

> 

tuccestifi  dont  ils  ont  comblé  les  générations  qui  nous  ont  pré- 
cédés. » 

Ainsi  parle  le  Irès-honorable  orateur,  et  le  procès- 
verbal  se  termine  par  ces  paroles  ; « L’assemblée  a applaudi 
au  discours  de  M.  Avigdor  : elle  en  a délibéré  l’insertiou 
en  entier  dans  le  procès-verbal,  ainsi  que  l’impression,  et  a 
adopté  l'arrété  qui  le  suit  : « Telle  est  rejprcssion  de  l’as- 
semblée , organe  officiel  de  la  nation  Juive.  » Séance  du  5 fé- 
vrier 1807. 

Voici  donc  un  langage  aussi  noble  et  clair  qu’authentique. 
Honneur  aux  hommes  loyaux  et  nombreux,  sans  doute,  (|ui 
le  tinrent,  honneur  ’a  ceux  qui  le  maintiennent!  Or,  ce 
que  ces  Israélites  d’hier  nous  affirment  d’une  voix  si  géné- 
reuse, les  principaux  organes  de  noire  judaïsme  oseront-ils 
le  nier  aujourd’hui.^  Pourquoi  pas?  et  qui  sait?  disions-uous 
il  n’y  a qu’un  instant.  Si  cependant  quelqu’un  s’imagine 
que  nous  sommes  excessif,  laissons  a l’Israélite  Bédarride 
le  soin  d’éclaircir  le  point  nnageux. 

« Lorsque  l’Europe  (‘litière  était  intolérante,  Rome 

prêchait  la  charité  et  donnait  des  exemples  de  douceur 
envers  ceux  qui  se  trouvaient  hors  dn  giron  de  l’Eglise.  Le 
n'est  pas  que  le  Saint-Siège  ait  jamais  proclamé  la  liberté 
des  cultes.  Les  Papes  accueillaient  les  Juifs  daus  leurs  États, 
mais  c’était  toujours  avec  l’arrière-pensée  de  les  convertir 
au  ebristianisme.  A cet  égard,  Rome  est  aujourd’hui  ce 
qu’elle  était  dans  le  moyen  âge;  elle  tolère  les  Juifs  dans 
son  sein , mais  ce  n'est  que  pour  qu'ils  puissent  servir  de  preuve 
vivante  de  la  vérité  du  christianisme  ' ; ce  qui  amenait  â dire 
que,  si  les  Papes  veulent  convertir  les  Juifs,  ils  ont  intérêt 
à en  laisser  subsister  quelques-uns' . » 

' Là  serait  donc  une  preuve  de  cette  vérité,  aux  yeux  mêmes  des 
Juifs  I 

^ Les  Juifs  en  France,  en  llalie,  etc.,  p.  423,  2'  édit.  ; Paris,  1861. 
J.  Bédarride,  ancien  bâtonnier  des  avocats,  cour  impériale  de  Mont- 
pellier, chevalier  de  la  Légion  d lioiiueur,  iiiairo  d'Aix,  etc.  V'oir  son 
eloge  par  M.  Borély,  ancien  procureur  général  à la  cour  d’Aix,  son 
compatriote,  Israélite;  et  l'éloge  de  M.  G.  Bédarride,  avocat  général  en 
cour  de  cassation,  Israélite.  Arch.  israéUles.p.  21  ; 1“'  janv.  1S69,  etc. 


3U4 


I.KS  JUIFS. 


Laisser  subsister  quelques  Juijs,  et  se  conserver  un  échan- 
tillon de  la  nation  juive,  tel  fut,  d'après  le  langage  d’Israël , 
le  but  de  la  bienfaisance  apparente  de  l’Eglise;  et  les  bien- 
faits de  ces  Papes , que  tout  h l’heure  la  solennelle  assemblée 
du  sanhédrin  remerciait  en  termes  si  vifs,  ne  s’étendaient 
point  au  delà  des  limites  de  cet  égoïsme  religieux!  Nous 
voyons  avec  quelle  facilité  se  dédit  la  reconnaissance  chez 
le  Juif  même  qui  s’est  dégagé  des  liens  de  l’orthodoxie 
talmudique  ; nous  voyons  avec  quelle  aisance  il  renie  sa  propre 
parole  : la  parole  ofricielle  de  ceux  dont  il  alfirme  au  betoin 
que  la  bouche  exprime  sa  pensée,  le  vœu  de  son  cœur! 
Voilà  de  quelle  sorte,  en  un  mot,  l’un  des  hommes  éminents 
du  judaïsme  mesure  sur  son  propre  cœur  le  cœur  et  la 
charité  des  Papes. 

Mais  ne  nous  imaginons  point  en  être  quittes,  avec  de 
tels  appréciateurs,  pour  des  paroles  d’une  si  cruelle  séche- 
resse-, ne  nous  figurons  point  que  ce  langage  soit  le  seul 
qui  fasse  retentir  contre  l’Eglise  les  calculs  de  l’ingratitude  : 
non,  et  de  toutes  parts  éclatent  en  Israël  ces  sentiments 
haineux  contre  les  représentants  du  Sauveur  des  hommes, 
contre  ces  chefs  du  sacerdoce  chrétien  qui  furent  dans  le 
cours  des  âges  les  protecteurs  et  les  sauveurs  de  la  nation 
juive.  L’un  des  organes  français  de  cette  nation  revient  à 
la  charge  sur  le  même  point,  et  nous  le  suivrons  d’une  atten- 
tion soutenue,  car  chacun  de  ces  traits  est  un  trait  du  carac- 
tère judaïque. 

On  dit  n qu’Israël  doit  de  la  reconnaissance  à la  Papauté 
|K)ur  l’avoir  accueilli  lorsque  tant  de  peuples  l’avaient  banni. 
Nous  nions  celte  reconnaissance.  Les  Papes  toléraient,  désiraient 
les  Juifs  à Rome,  pour  avoir  en  eux  des  trophées  vivants  et 
éternels,  pour  montrer,  dans  leur  abjection  et  leurs  mal- 
heurs, une  preuve  éclatante,  du  christianisme  triomphant;  pour 
enseigner  aussi  aux  princes  et  aux  peuples  qu'on  u’a  pas 
besoin  de  traiter  les  Juifs  comme  les  autres  hommes,  et  que  la 
divine  loi  : Aime  ton  prochain  comme  toi-même,  ne  leur  est 
pas  applicable.  Car  si  les  Papes  avaient  agi  par  humanité. 


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CHAPITRE  NEUVIÈME.  303 

par  devoir  religieux  ou  social,  auraient-ils  imité  ou  taUsé 
traiter  les  Juifs  avec  tant  de  cruauté  et  de  violence?  » 

« Les  Juifs  ne  doivent  pas  plus  de  reconnaissance  à la 
Papauté,  que  le  prisonnier  n'en  doit  à son  geôlier.  Sans  doute 
la  réunion  des  notables  Israélites  ii  Paris,  en  1807,  a fait 
une  manifestation  a l’éloge  de  plusieurs  Papes,  et  rappelé 
leur  bienveillance  pour  les  Juifs  ; mais  n’était-ce  pas  uniqie- 
MENT  pour  déterminer  les  catholiques  du  monde  entier  h 
cesser  d’opprimer  nos  frères,  et  non  pour  proclamer  des  faits 
dont  l'authenticité  est  si  discutable? 

» La  manifestation  des  notables  était  un  acte  politique 
d'une  grande  habileté'  !...  » 

Eh  quoil  ce  sont  les  Juifs  eux-mêmes  qui  veulent  nous 
contraindre  à ne  voir  dans  l’acte  de  justice  et  de  reconnais- 
sance dont  nous  faisons  honneur  aux  représentants  de  leur 
nation  qu’un  acte  de  ruse  et  de  fourberie!  Leur  parole  n’est 
pas  douteuse,  ’a  coup  sûr.  Eh  bien,  après  leur  avoir  prêté 
l’oreille,  laissons  deux  actes  de  la  Papauté  nous  dire  avec 
quelques  développerâents  s’il  y a plus  de  justesse  dans  la 
triste  et  ignominieuse  interprétation  de  ces  Juifs  que  dans 
la  simple  et  noble  déclaration  du  grand  synode  hébraïque. 
Nous  choisirons,  afin  de  faire  la  partie  belle  aux  amis  de  la 
nation  juive,  deux  époques  réputées  barbares. 

Les  Juifs,  lors  des  trois  premières  croisades,  « avaient  eu 
à craindre  ou  b souffrir;  dans  la  quatrième,  ils  furent  tran- 
quilles. Le  pape  Innocent  III  tïtbieur  égard,  en  l’année  I21C, 
une  ordonnance...  qui  nous  fait  voir  .sa  conviction  sur  les 
véritables  rapports  des  Juifs  et  des  chrétiens.  Ils  sont  en 
effet,  dit-il,  les  témoins  vivants  de  la  véritable  foi  chré- 
tienue.  Mais  le  chrétien  ne  doit  pas  les  exterminer,  ni 
même  les  opprimer,  pour  qu’il  ne  perde  pas  lui-même  la 
connaissance  de  la  loi....  Quoiqu’ils  aiment  mieux  persister 
dans  l’endurcissement  de  leur  cœur,  que  de  chercher  b 
comprendre  les  secrets  de  leur  loi,  et  b parvenir  b la  con- 
naissance du  Christ,  Us  n’en  ont  pas  moins  droit  à notre  pro- 

' Univers  israélile,  VII,  p.  S93-i;  1867. 

iO 


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306 


LES  JUIFS. 


lection.  Ainsi,  comme  ils  rcclameiu  notre  secours,  nous  les 
prenons  sous  l’t’tçide  de  notre  protection...  Et,  suhaiU  les 
traces  de  nos  prédécesseurs  d’heureuse  mémoire  : de  Calixtc, 
d’Eugène,  d’Alexandre,  de  Clément  et  de  Célestin,  nous 
défendons  à qui  que  ce  soit  de  forcer  un  Juif  nu  baptême,  car 
celui  qui  y est  forcé  n’est  pas  censé  avoir  la  foi.  Mais,  s'il 
consent  à le  recevoir,  que  personne  n’y  mette  obstacle. 
Aucun  chrétien  ne  doit  se  permettre  des  voies  de  fait  a 
leur  égard',  ni  de  s’emparer  de  leurs  biens,  ou  de  chanqcr 
leurs  coutumes  sans  jugement  léjal.  Que  personne  ne  les 
trouble  dans  leurs  jours  de  fêtes , soit  en  les  frappant,  soit  en 
leur  jetant  des  pierres;  et  que  personne  ne  leur  impose  pen- 
dant ces  jours  des  ouvrages  qu'ils  peuvent  faire  en  d’autres  temps  * . 


' Les  voies  (ie  fait  et  l'insulte  étaient  et  sont  encore  d’usage  contre 
le  Juif  dans  une  grande  partie  des  iminen-es  Etals  où  règne  le  Uoran. 
A'ous  avons  at)oii  en  Algérie  ces  oïlieux  abus. 

L'Eglise  respecte  donc  leurs  jours  religieux  plus  qu’i's  ne  le  font 
eux-ini'mes . car  ils  n’obsenenl  même  plus  le  jour  du  .«abbat.  Les 
chrétiens  qui  insu'laienl  ainsi  les  Juifs  ne  faisaient  d’ailleurs  que  leur 
rendre  la  pareille.  Lire  à litre  d’échantillon  ce  qui  suit  : lorsrpie  les 
Juifs  « rencontraient  ceux  d’entre  eux  qui  s’etaient  convertis,  ils  les 
insultaient , et  souvent  même  les  poursuivaient  à coups  do  pierres 
pour  les  assassiner.  » Constantin,  I.  i,  Cod.  Th.  De  Juilœis.  - «...  Dé- 
fense aux  Juifs  de  rien  mêler  dans  leurs  fêles  et  dans  leurs  diverlisse- 
nienls  qui  fût  injurieux  à la  religion  chrétienne et  surtout  de  brû- 

ler une  croix  à leur  fête  de  Mardorhée.  » l oi  de  408,  Honoriiis  et 
Théüdose.  — D.  fense  « aux  Juifs  de  paraître  en  public,  ni  d'ouvrir 
les  portes  et  fenêtres  de  leurs  maisons  le  Vendredi  saint  et  dans  le 
tcnqis  de  Pâques,  parce  qu'ils  avaient  coutume,  en  ces  jours,  d'insulter 
ù la  piété  des  chrétiens.  » Les  gains  de  l'u'iuro  les  avaient  « rendus 
insolents.  Us  affectaient,  pour  insulter  aux  chrétiens,  de  paraître,  la 
semaine  sainte,  plus  magnitiquement  vêtus  que  d'ordinaire,  cl  de  la 
passer  en  n jouissances;  et  ils  paraissaient  au  contraire  Instes  et  en 
deuil  dans  le  temps  de  Pâques.  Childebert,  fils  du  grand  Clovis,  fil 
cesser  ce  scandale  par  un  édit  de  l’an  .*133.  qui  d fendu  aux  Juifs  de 

fiarailre  en  public  pendant  le  saint  temps  de  la  Passion  et  à Pâques.  Il 
eur  défendit  aussi  d’avoir  aucun  domestique  ou  esclave  chrétien...  » 
Le  pajie  Innocent  III  écrit  « qu’il  était  informé  que  l’on  souffrait  en 
France  que  les  Juifs  fissent  nourrir  leurs  enfants  par  des  femmes 
chrétiennes,  cl  que  ces  malheureux  en  prenaient  occasion  de  commet- 
tre un  crime  énorme  contre  notre  sainte  religion.  Que  toutes  les  fois 
que  ces  femmes  recevaient  le  corps  de  Nulie-Seigneur  Jésus-Christ, 
à Pâques,  ils  les  obligeaient  durant  les  trois  jours  qui  suivaient  les  fêles 
à tirer  leur  lait  dans  les  latrines  avant  de  donner  à teler  à leurs  en- 
fants. Qu'ils  commettaient  plusieurs  autres  abominations  qu’il  était  im- 
portant de  faire  cesser.  Il  conclut  enfin  sa  lettre  par  des  défenses  très- 


1 ^Vriniglc 


CHAPITRE  NEUVIÈME.  .107 

Ceiix  qui  contreviendraient  ii  ces  défenses  seront  excom- 
muniés ' ! » 

Plus  d’un  siècle  et  demi  s’écoule,  et  le  plus  airrciix  des 
fléaux,  la  peste  et  son  désolant  cortège  de  maux,  s’est 
abattu  sur  le  monde.  I^a  peste  est  l’effet  du  poison;  l’air  est 
empoisonné,  les  eaux  sont  empoisonnées,  et  les  empoison- 
neurs ce  sont  les  Juifs!  ce  sont  ces  implacables  ennemis 
des  chrétiens  : voilà  le  cri  de  la  fureur  aveugle,  le  cri  du 
désespoir  homicide;  et  les  Juifs  sont  immolés  par  milliers. 
Mais  au-dessus  des  têtes  sacrées  qui  gourmaiident  vaine- 
ment cette  odieuse  tempête,  il  en  est  une  qui  la  domine; 
et  cette  tête,  cette  voix  puissante  qui  l’apaise,  c’est  la  tête, 
c’est  la  voix  du  Souverain  Pontife  : « Défense,  s’écrie  Clé- 
ment VI,  défon.se  à tout  ch  éiieii  d'imputer  aux  Juifs  des 
crimes  dont  ils  ne  sont  pas  coupables;  défense  d’attenter  à 
leur  vie;  défense  d’attenter  à leurs  biens;  défense  d’exercer 
contre  eux  aucune  violence  sans  tordre  et  la  sentence  des  juges 
légitimes,  défense  de  les  forcera  recevoir  le  baptême.  » 

La  fureur  de  la  populace,  un  instant  calmée,  se  rallume 
avec  le  fléau;  mais  Clément,  une  seconde  fois,  se  lève*  : 
Non!  les  coupables  ce  ne  sont  point  les  Juifs;  rien  ne  prouve 
leur  crime,  mais  vos  meurtres  sont  détestables.  Si  vous  les 
surprenez  en  faute,  (lUC'  vos  tribunaux  rendent  justice-, 
sinon,  que  tout  évêque  se  dresse,  et,  qu’au  nom  du  Saint- 
Siège  il  lance  les  foudres  de  l' excommunication  contre  quiconque 
ose  inquiéter  un  Juif, 

Ainsi  parla  l’Église;  mais  telles  étaient  les  exaspérations 
du  mal , et  telles  avaient  été  les  mœurs  sauvages  d’Israël, 
que,  hors  des  Étals  où  le  pouvoir  temporel  permettait  au 
Pape  de  parler  en  souverain,  c’est-à-dire  hors  d’Avignon  et 

expresses  eux  femmes  chrétiennes  de  servir  les  Juifs,  soit  comme 
nourrices  de  leurs  enfants,  ou  autremoiit,  à peine  d’excommunication.  » 
Exilait  de  « celte  excellente  lettre  de  tîlï,  qui  a merile  d'élre 
mise  au  nombre  des  lois  que  nous  lisons  dans  le  Droit  canon.  » Grand 
Traité,  de  la  police,  l.  1",  p.  479-isO  ; Paris,  170.5. 

' Innocent.  I.  II,  episl.  .inî,  Rnhrbacher,  Histoire  universelle  de 
l'Eglise,  t.  -WH,  p,  157;  Paris,  ISil. 

'^Halles  lo-,  l juillet;  2',  26  septembre  1.318. 

20. 


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308 


LES  JUIFS. 


(lu  comtal  Venaissin,  les  fureurs  homicides  et  vengeresses 
des  peuples  ne  suivirent  que  trop  longtemps  leur  cours'. 

Bravant  le  flot  de  toutes  les  menaces,  les  Papes,  on  le 
voit  ;jar  leurs  paroles  et  par  leurs  actes,  ne  se  bornent  pas  à 
vouloir  conserver  sain  et  sauf  un  échantillon  du  judaïsme. 
11  ne  leur  suflit  même  point  de  rencontrer  dans  la  nation 
juive  tout  entière  un  témoin  vivant  de  la  vérité  des  Écri- 
tures catholiques,  dont  Israël  s’épouvante  en  se  considérant 
lui-même!  Non,  ce  qu’ils  veulent,  ainsi  que  le  voulut  et  le 
voudra  toujours  l’Église,  c’est  que,  tout  en  respectant  les  lois 
de  chaque  État  chrétien  qui  les  accueille,  les  Juifs,  affranchis 
de  toute  inquiétude,  jouissent  en  paix  de  la  protection  la 
plus  ample,  et  de  la  sereine  plénitude  de  leur  liberté  reli- 
gieuse; cette  liberté  qu  aujourd'hui  même  la  plupart  des  gou- 
vernements chrétiens  refusent,  au  nom  des  principes  du 
libéi'alisme,  k leurs  sujets  catholiques. 

Mais  le  Juif  a posé  devant  nous*,  il  s’est  peint  dans  sa 
parole  -,  il  n’a  craint  ni  de  nous  ouvrir  ni  de  nous  développer 
son  àme-,  il  nous  a , de  sa  main,  donné  la  mesure  de  scs 
qualités  sociales.  Nous  nous  garderons  de  l’insulter,  de  le 
qualifier,  et,  simple  historien,  il  nous  suflit  de  poser  celte 
question  : Ses  plus  implacables  ennemis  sauraient-ils  trou- 
ver, pour  nous  décrire  son  mépi  ^s  brutal  des  vérités  qui  le 
blessent,  sa  guerre  audacieuse  aux  vérités  mêmes  qu’il  a 
reconnues,  et  son  ingratitude  envers  ses  bienfaiteurs,  des 
paroles  qui  retombent  sur  sa  chair  en  traits  plus  aigus  et 
plus  cruellement  trempés  que  celles  qui  viennent  de  se  for- 
mer dans  sa  bouche  et  de  se  tremper  dans  sa  salive  *. 

En  un  mol,  le  Juif  du  dix-neuvième  siècle,  celui  qui  ne 

* Lire  le  grand  Traité  de  la  police,  ib.,  t.  I,  p.  280,  etc. — Id.  Rohr- 
bacher,  Histoire  universelle  de  l’ Eglise,  t.  XX,  p.  350,  etc.,  1851. 

2 a Quand  le  vent  du  siècle  tourne  à rincrëdulité,  à la  persécution  de 
l’Eglise,  comme  de  nos  jours,  le  Juif,  oubliant  l’oppression  sous  la- 
quelle il  a vécu  si  longtemps,  et  la  main  généreuse  que  lui  a tendue 
rEglise,  devient  arrogant,  insolent,  haineux;  il  remplit  le  monde  de 
ses  dol^nces;  il  s’associe  à toutes  les  menées  hostiles  à l’Eglise,  et 
devient  par  son  intolérance  révolutionnaire  le  plus  inconséquent  des 
sectaires.  » (Goschler,  Juif  d’origine,  Dict.  encycl.  allemand,  suprà,  — 


CHAPITRE  NEUVIÈME. 


309 


respecte  plus  qu’à  demi  le  Talmud,  ou  celui  qui  vient  de  lui 
tourner  le  dos,  mais  qui  subit  encore  le  joug  des  habitudes 
nationales  puisées  dans  ses  doctrines,' est-il  un  homme  que 
la  civilisation  puisse  avouer?  Les  sentiments  qui  l’animent 
en  présence  des  vérités  historiques  les  plus  évidentes,  ou 
sous  Tinfluence  des  bienfaits  dont  il  est  comblé,  sont-ils 
ceux  d’un  être  dont  la  civilisation  ait  dilaté  l’âme  et  amolli 
le  cœur? 

D’autres  répondront,  si  bon  leur  semble,  à ces  questions 
que  les  faits  ont  posées.  Qu’une  part  soit  faite  cependant, 
et  la  plus  large  possible,  aux  exceptions,  mais  surtout  dans 
nos  contrées;  telle  est  notre  invariable  règle,  et  nulle  habi- 
tude ne  nous  est  plus  douce. 

p.  453;  1861.)  Chaque  fois  que  l’Église  a son  dimanche  des  Rameaux, 
iaissons-le  donc  jeter  scs  vêtements  sous  les  pas  du  triomphateur  et 
faire  retentir  les  échos  de  son  hosanna.  Mais  chaque  fois  qu’elle  prend 
le  chemin  du  Calvaire,  soyons  sur  nos  gardes,  et  ne  nous  étonnons 
point  s’il  lui  crache  au  visage,  s’il  la  frappe  à la  tête,  s’il  la  charge  do 
sa  croix,  et  s’il  lui  préfère  Barabbas  ou  Garibaldi.  — Lire  les  Revues 
judaïques  sur  Garibaldi,  etc. 


NOTE  SUR  LES  GHETTO. 

L’Église  « a énergiquement  condamné,  par  l’organe  des  Pontifes, 
les  fureurs  de  ces  inimitiés  cruelles,  alors  même  qu’elles  étaient  des 
représailles.  Elle  a couvert  de  son  égide  les  Juifs  tremblants;  elle  ne 
s’est  pas  bornée  à les  arracher  aux  passions  populaires;  elle  leur  a 
ouvert  des  asiles  inviolables  où  ils  trouvaient  la  sécurité.  C’est  Rome 
qui  a donné  l’exemple  de  cette  charité  protectrice;  elle  a concédé  aux 
Juifs  un  quartier  à part,  et  plusieurs  autres  villes  ont  imité  l’initiative 
des  Pontifes  romains.  Grâce  aux  lieux  de  refuge,  les  Juifs  vivaient 
ensemble  autour  de  leur  Synagogue,  conformément  à leurs  lois^  sous 
l’autorité  de  leurs  chefs  spirituels,  et  ils  avaient  la  jouissance  pleine 
et  entière  de  l’exercice  de  leur  culte.  De  là  les  Ghetto,  dont  l’origine 
se  rattache  à une  pensée  hospitalière  trop  oubliée,  trop  calomniée  de 
nos  jours.  La  philanthropie  en  fait  de  sombres  tableaux,  et  en  déplore 
à juste  titre  la  vétusté  et  la  malpropreté.  Mais  on  oublie  qu’ils  datent 
d’un  temps  où  généralement  toutes  les  villes  avaient  le  même  aspect. 
Âu  moyen  âge , la  civilisation  chrétienne  ne  mettait  pas  son  orgueil  à 

transformer  en  palais  les  fragiles  demeures  de  ce  monde Si,  avec 

les  progrès  du  siècle,  on  a singulièrement  embelli  les  cités  de  l’exil 
terrestre , il  ne  faut  pas  s’étonner  que  les  Juifs  n’aient  pas  suivi  ce 


310 


LES  JUIFS. 


mouvement.  Les  Ghetto  sont  resi(!s  stationnaires  comme  les  popu- 
lations qui  y demeuraient.  Ce  sont  les  Juifs  qui  les  ont  mainlenus 
dans  l'état  où  ils  se  trouvent;  il  parait  niùnie  que  des  hahilations 
d(*labrdes  ne  leur  ditpla’senl  point;  car,  aujourd’hui  en:ore  ils  les 
préfèrent  à d'autres.  Depuis  le  commenceinenl  de  son  lègne.  Pie  IX  a 
mis  tous  les  quartiers  de  Home  à leur  disposition,  et  cependant,  ils 
s'obstinent  à ne  pas  quitter  te  Ghetto,  et  ils  y restent  voloniairement 
atlacliés.  Les  Israélites  commetient  évidemment  une  injustice  et  une 
ingratilude  quand  ils  s’insurgent  aujourd’hui  contre  une  institution 
qui  les  a sauvés  autrefois  *.  s 

* Queslhn  juive,  \nr  le  R.  P.  Relisbonne,  Isracliu-  couverli,  ]i.  16-17  ; Parii,  186S, 
3i 


TROISIÈME  DIVISION.  — NOUVELLE  MORALE,  NOUVELLES 
MOEURS. 

Suite.  — Tolérance  du  Juif;  ses  prétentions,  sa  présomption  née  des 
défaillances  de  la  foi  chrétienne  et  do  la  foi  talmudique.  — Gran- 
deurs de  son  orgueil  lorsqu'il  compare  ce  qu’il  est  depuis  qu’il  cesse 
de  croire,  à ce  que  deviennent  les  peuples  chrétiens  depuis  qu'ils 
perdent  la  foi.  — Il  se  tient  pour  insulte  par  les  libertés  du  culte 
chrétien.  — Curieux  exemples.  - Appels  aux  principes  de  notre 
Révolution.  — Ses  poid<  et  mesures  toujours  aulres  pour  lui  que 
pour  autrui.  — Sa  manière  atroce  d’entendre  la  liberté  des  cultes. — 
Sa  miss  on.  — Pour  lui,  la  liberté  du  culte  c’est  la  de^t^uetion  du 
culte  chré'tieu.  — Loyales  protestations  de  quelques  Israélites  conlre 
ce  fanatisme.  — Cri  de  1 Al  emagne  contre  le  despotisme  sauvage 
du  Juif.  — L’égalité  ne  lui  sullit  p'us;  il  domine,  et  veut  des  égards 
exceptionnels.  — Exemple  curieux  et  inouï!  — Aulre  exemple  : 
Insolence  d'Israid  contre  l'Lmpoieur  lui-méme,  qu’un  instant  avant 
il  appelait  son  ange,  et  pourquoi.  — Autre  exemple  : les  chrétiens 
menacés  juscpie  dans  le  for  do  leurs  solennités  antiques.  — Le 
même  droit  lui  permettrait  de  demander  la  clôture  des  églises,  et  la 
suppression  du  nom  chrétien,  — Ce  qu'est  le  Juif,  cl  ce  qu’il  était 
hier;  progrès  immense,  mot  de  .M.  Créinieux.  — Devoir  de  l'Israélite 
de_lourner  conlre  l'Eglise  l’étude  même  de  la  théologie,  et  de  la 
nieitro  d'accord  avec  la  philosophie  judaïque,  qui  est  celle  du  dix- 
hinticmc  siè.  le.  — Homme  ou  idée,  le  Messie  judaïque  est  proche, 
il  faut  que  les  peuples  tombent  à ses  pieds.  — « Jérusalem  ville  de 
l’avenir.  » — Le  rationaliste  Kluber  sur  le  Ju'f.  dans  son  livre  Du 
droit  de  la  Confédération  germanique.  — Les  théologiens  de  l Allc- 
mague  sur  le  Juif.  — Résumé  du  chapitre,  et  conclusion. 

Au  moment  où  baisse  et  semble  dt'faillir  la  morale  rarac- 
idrislii|ue  que  le  chrclien  puisait  dans  sa  foi,  lorsque  la  foi 
cbrélieiinc  était  florissante,  le  Juif  sent  croître  en  lui  le 


CHAPITRE  NEUVIÈME.  311 

sentiment  de  sa  valeur  sociale,  qui  monte,  cherche  le  jour, 
et  se  développe  1»  mesure  que  s’éteint  en  lui  la  fui  talmudi- 
que, source  d’une  morale  antisociale.  C'est  pourquoi  nous 
voyons  son  orgueil  grandir  et  dépas.ser  toutes  limites  lors- 
qu’il se  prend  à comparer  ce  qu'il  est  depuis  qu’il  a resté  de 
croire,  à ce  que  deviennent  les  populations  catholiques  de- 
puis qu'elle»  perdent  la  foi;  depuis  que,  par  une  juste  consé- 
quence de  cette  perte,  elles  élèvent  à leur  niveau  cet 
homme  qui,  de  jour  en  jour,  se  fait  moralement  leur  égal. 
Ce  sentiment  de  complaisance  en  lui-même,  qui  décuple  les 
forces  du  Juif,  ne  s'allirme  et  ne  s’afllche  au  milieu  de  nous 
que  d’une  manière  trop  sensible;  et,  si  peu  que  nous  sui- 
vions de  l'œil  cet  être  dont  rien  ne  lasse  la  persévérance 
et  dont  l'audace  est  indomptable,  nous  voyons  le  flot  mon- 
tant de  ses  prétentions  s’élever,  grossir,  déferler  et  frapper, 
en  l’ébranlant  sur  tous  scs  rivages,  le  roc  antique  de  la  ci- 
vilisation chrétienne. 

Un  groupe  de  quelques  exemples  pris  au  hasard  sera 
pour  nous  le  thermomètre  des  exigences  déjh  brutales  qui 
commencent  k se  dessiner  et  à s’accentuer  dans  le  camp 
judaïque,  et  qui  bientôt  nous  étonneront  tro|)  tard!  Hier 
encore  le  Juif,  humble  et  rampant,  feignait  de  trembler 
pour  la  liberté  de  sou  cidte,  si  largement  respecté  dans 
notre  royaume;  aujourd’hui  ce  même  Juif,  le  parvenu  du 
jour,  se  tient  pour  insulté  par  la  liberté  du  nôtre.  Ainsi, 
par  exemple,  les  processions  de  la  Fête-Dieu  continuent, 
comme  dans  les  temps  |»assés,  h suivre  leur  cours  ordinaire 
dans  la  ville  de  Marseille  : ces  processions  chrétiennes  que 
le  sultan  laitte  libres  de  développer  leurs  fdes  pieuses  dans 
les  rues  de  Constantinople.  Et  tout  'a  coup  voici  que,  devant 
leurs  pacifiques  bannières,  le  Juif  se  sent  menacé,  se  dresse, 
s’insurge,  et  d’une  voix  tonnante  s’écrie  : Halte-là!  chré- 
tien! « ces  cérémonies  extérieures  du  catholicisme  violent 
k notre  détriment  la  loi  ; elles  outragent  souvent  et  les  sen- 
timents et  même  les  personnes  des  citoyens  appartenant  k 
d'autres  cultes.  » Rentre  donc  chez  toi  ; va,  cherche  l'ombre 


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312 


LES  JUIFS. 


(le  les  églises,  et  laisse  libre  au  Juif  la  largeur  entière  de 
la  voie  publique,  le  pavé  de  les  anciens  rois  très  chrétiens. 
Arrière  ' ! 

La  loi  de  Moïse  punit  de  mort  quiconque  viole  le  saint 
jour  du  sabbat*,  c’esl-b-dire  quiconque  ose  voler  b Dieu  le 
jour  qu’il  s’est  réservé,  convertir  en  un  jour  de  travail  le 
jour  du  Seigneur.  Eb  bien , ce  Juif  que  nous  venons  de  faire 
citoyen,  de  rendre  notre  égal,  notre  pair,  ce  Juif  daignera- 
t-il  nous  permettre  l’observation  de  ce  jour  qui  lui  doit  être 
si  sacrée,  »i  la  loi  de  Moïse  est  sa  loi?  Permettra-t-il  au  chré- 
tien de  respecter  ce  jour,  que  des  populations  libérales  et 
protestantes  entourent  d’un  si  profond  respect?  Malheur, 
par  exemple,  malheur,  sur  le  sol  libre  de  l’Angleterre, à l’au- 
dacieux, fût-il  prince,  qui,  bravant  l’œil  du  public,  oserait 
profaner  par  le  travail  extérieur  ou  par  des  réjouissances 
mondaines  le  repos  du  dimanche  ! Le  peuple,  insulté  dans 
sa  foi  par  un  tel  acte,  s’y  rendrait  sur-le-champ  justice. 
Mais  en  France,  la  loi  si  dérisoirement  observée  qui  prohibe 
le  scandale  de  ce  travail,  est  un  scandale  pour  le  Juif;  elle 
doit  être  conspuée  et  chassée  de  nos  Codes  si  l’on  veut  que 
le  Juif  se  taise.  Trente-huit  millions  de  citoyens  dont  se 
compose  la  population  française  comptent  dans  leur  sein 
soixante-quatorze  mille  Juifs  environ,  dont  un  quart  à peine 
se  soucie  de  l’observation  de  la  loi  judaïque  *.  Eh  bien,  de- 
vant celle  poignée  d’hommes  il  faut  que  la  loi  chrétienne  et 

* La  loi  du  18  germinal  an  X ne  permet  à l’autorité  locale  d'interdire 
aux  {^Iholiques  les  ceréinonic.s  extérieure»  du  culte  que  si  quelque 
perturbation  de  l’ordre  public  en  est  la  conséquence  probable.  — 
Exception,  exemple  contraire  : Le  dimanche  6 juin  1869,  à Pari.s,  lors 
de  la  procession  de  la  Madeleine,  au  lever  Dieu,  l’un  des  assistants 
bravant  le  public  dont  l’indignation  se  maîtrisait  à peine,  se  tint  de- 
bout, tète  couverte,  et  refusa  de  s’éloigner.  Un  vigoureux  coup  de 
poing  lui  fit  tout  à coup  sauter  deux  dents;  quel  était  donc  ce  cham- 
pion du  saint  Sacrement?  Un  Juif,  que  la  brutalité  de  ce  provocateur 
avait  exaspéré.  Nous  admirons  non  point  la  vivacité  de  l’acte,  mais  le 
noble  mouvement  qui  l’inspira,  et  la  liberté  des  cultes  eut  en  ce  jour 
un  défenseur  inattendu I — Lire  k Monde  et  le  Droit,  etc.,  etc..., 
1ü  juin  1869. 

* Exode,  XXXV,  v.  2,  etc. 

* Lire  les  Revues  judaïques. 


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CHAPITRE  NEUVIÈME. 


313 


française  s’humilie!  Au  pilon,  au  pilori  celle  loi  du  diman- 
che! s’écrie  Juda  du  haul  de  ses  Iribunes^  car  « nos  droits 
les  plus  inviolables,  ceux  de  noire  conscience  et  de  noire 
libre  arbitre  comme  minorité  religieuse,  » sont  violés  si 
cette  loi  subsiste  ’ 1 

Sommes-nous  ou  non  citoyens  français , nous,  membres  et 
citoyens  de  la  nation  juive}  Oui,  sans  doute!  Or,  « si  les  con- 
ditions de  liberté  dans  lesquelles  vivent  les  citoyens  aujour- 
d’hui  sont  pleines  et  entières,  comment  concilier  avec 

elles  l’existence  d’une  loi  qui  est  leur  vivante  négation?  » 
Et  que  nul  ne  vienne  nous  dire  : Mais  on  usera  de  cette  loi 
a avec  toute  la  mesure  et  la  modération  imaginables....  » 
— Non  ; « il  n’y  a Ih  ni  transaction  ni  conciliation  possibles. 
Si  on  laisse  cette  loi  encore  debout,  il  est  permis  de  dire 
que  les  immortels  principes  qui  brillent  au  fronlispice  de 
notre  révolution  subissent  une  dérogation,  tant  sous  le  rap- 
port de  la  liberté  de  conscience  que  sous  celui  du  principe 
d’égalité*.  » 

Tel  est  le  langage  de  l’homme  qui  rampait  hier  k nos 
pieds.  Maintenant,  au  nom  du  principe  des  lois  modernes, 
il  faut  que  la  loi  chrétienne  disparaisse.  Le  Juif  le  veut,  il 
l’exige , parce  qu’il  se  prend  k y voir  une  offense  a sa  loi 
religieuse,  celle  même,  ne  craint-il  pas  de  nous  dire,  que 
Dieu  lui  donna  par  les  maiRs  de  Moïse.  A nous  donc  de 
jeter  un  coup  d’œil  sur  ce  jour  de  repos  chez  les  Hébreux; 
à nous  de  voir  si  le  Juif  est  en  droit  de  maudire  notre  légis- 
lation; k nous  de  voir  ce  qu’il  ose  au  milieu  de  nous,  et, 
d’abord,  s’il  trouverait  bon  que  le  peuple  chez  lequel  il 
reçoit  les  bienfaits  du  droit  de  cité  se  permît  b son  égard 
ce  que  lui,  Juif,  regardait  comme  un  devoir  de  se  permettre 
dans  sa  patrie  judaïque  soit  contre  l’homme  de  sa  race, 
soit  contre  l’hôte  accueilli  dans  la  cité  de  Moïse. 

Le  septième  jour  de  la  semaine,  nous  dit  le  législateur 

* Arch.  israèl.,  XVI,  p.  733,  1867.  — Ib.,  XV,  p.  7t7,  1867.  — 
Id.,  à bas  les  crucibx  dans  les  tribunaux,  ib.,  XIX,  p.  584,  1869. 

2 Archives  Israélites,  XVI,  p.  708-9;  1866. 


314 


LES  JUIFS. 


hébraïque,  et  nous  avons  eu  soin  de  le  rappeler  tout  à 
l’heure,  « est  le  jour  du  sahhat  de  ton  Dieu.  Tu  ne  feras  en 
ce  jour  aucun  ouvrage,  ni  toi,  ni  ton  fils  ou  ta  fille,  ni  ton 
serviteur  ou  tes  bêles  de  service,  ni  C étranger  (advenu)  qui 
sera  dans  l’enceinle  de  les  villes.  Observez  mon  sabbat, 
puisqu'il  vous  doit  être  saint...;  vous  travaillerez  pendant 
six  jours;  mais  le  septième  jour  est  le  sabbat,  et  le  repos 
consacré  au  Seigneur.  Quiconque  (omnis)  travaillera  ce  jour- 
là,  sera  puni  de  mort\ 

Peine  de  mort  au  travail  du  septième  jour,  telle  est  votre 
foi,  telle  est,  diies-vous^  votre  loi,  qui  « n'est  suceptible,  — et 
vous  l’ajoutez  aujourd’hui  meme  — ni  de  conversion  ni  de 
réforme*.  » Et,  chez  les  chrétiens,  c'est  vous,  hommes  du 
talion , c’est  vous  qui  venez  crier  mort  a la  loi  mourante  et 
si  douce  dont  le  texte  n’est  plus  aujourd’hui  qu’un  mo- 
nument historique  du  respect  que  le  public  portait  hier 
encore  au  jour  du  Seigneur  votre  Dieu*!  Que  dire  devant 
ces  énormités,  si  ce  n’est  que  le  Juif  entend  chaque  chose  à 
sa  façon  très-pnriiciUiàel  Écoutons-le  donc  nous  exprimer 
dans  toute  la  candeur  de  son  langage  ce  que  doivent  être, 
lorsqu’il  ne  s’agit  que  du  chrétien,  la  tolérance  et  la  liberté 
du  culte  : 

« On  ne  se  borne  pas,  en  Italie,  à pratiquer  la  liberté  des 
cultes  par  des  faits  isolés,  sauf  'a  la  fouler  aux  pieds  si  le 
caprice  ou  l’intérêt  l’exige;  on  la  proclame  hautement;  on 
eu  constitue  la  base  du  gouvernement.  Les  premières  lois  que 
le  prince  régent  a {oubliées  dans  les  provinces  délivrées,  ont 

‘ bible,  Exode,  xx,  10  , ib.,  xxxi,  14-15,  etc.,  etc. 

- Archives  israéliles,  XVII,  p.  801  ; 1867. 

Ajoutons  que  le  Juif  n’observe  plus,  pour  ainsi  dire,  ni  les  lois  ali- 
mentaires, ni  la  loi  du  sabbat,  ni  tant  d’autres  lois  religieuses  sans 
l’observation  desquelles  il  n’y  a plus  de  Juif.  Voir,  en  cet  ouvrage, 
l’exemple  de  la  violation  donnt^e  par  ceux  qui  devraient  veiller  à la 
conservation  de  ces  lois  : « Le  nombre  des  observateurs  du  sabbat 
est  si  minimel  » Univers  israèUte,  IV,  p.  187,  etc.;  1866.  — Aussi 
quelques-uns  ont-ils  cherché  en  Israël  à imiter  l’œuvre,  malheureu- 
sement si  nécessiure  chez  les  chrétiens,  de  l’observation  du  jour  du 
Seigneur.  Univers  Israélite,  IX,  p.  388;  1867.  Lire  Id.,  II,  1866; 
id.,  p.  68  à 72,  etc.,  etc.,  etc. 


CHAPITRE  NEUVIÈME. 


3)5 


élé  le  statut,  ta  $uppressioit  dei  corporations  religieuses,  l’abo- 
tiiioii  du  Concordat,  la  déclaration  de  la  complète  é(;alité  des 
citoyens  de  tous  les  cultes...  A la  suite  de  pareilles  amélio- 
rations, il  est  facile  de  prévoir  ce  que  pourront  faire  nos 
coreligionnaires  de  la  Vénétie...  Ils  sont  k même  de  se 
montrer,  tout  de  suite,  à la  Hauteur  des  temps  nouveau.!-,  et 
ils  apportent  un  précieux  contingent  à l’israélitisme  du 
royaume'.  » 

Se  tournant  ensuite  vers  l’Angleterre,  l’organe  du  libé- 
ralisme judaïque  s’écrie  : « Vous  dites  que  i'biimanité  est 
arrivée  à son  âge  viril?  » cependant  « nous  n’avons  pas 
appris  que  Londres,  (pii  aime  les  meetings,  ail  demandé  l'abo- 
lition de  la  Société  biblique'!... 

El  vous,  b' rance,  a quoi  donc  s’use  votre  courage?  car 
« l'établissement  de  renégau  (c’est-k-dire  de  Juifs  convertis) 
dirigé  k Paris  même  par  des  abbés  Ralisbonne  et  antres 
ejusdem  farinœ,  n’a  pas  encore  été  exproprié  pour  cause  d'uti- 
lité publique.  >»  Comment  donc!  laisser  debout  dans  un  pays 
libre  des  institutions  que  le  libéralisme  ne  peut  avouer,  et 
qui  lui  font  horreur!  Eh  bien,  nous,  « tant  que  le  soleil  ne 
brille  pas,  nous  ne  pouvons  éteindre  notre  flambeau...  la 
mission  confiée  par  Dieu  ù Israël  est  loin  d'étre  terminée’.  » 

Devant  des  textes  judaïques  si  précis,  une  même  question 
sort  de  mille  bouches,  et,  de  mille  côtés  k la  fuis,  ou  se  dit  : 
La  liberté  du  culte,  jmurle  Juif,  dans  les  pays  qui  l'accueil- 
lent, c’est  donc  la  destruction  du  culte  chrétien?  c’est 
donc  l’assujettissement  des  i)opulalions  aux  lois  de  cette 
Révolution  que,  dans  tous  les  royaumes,  son  génie  domi- 

* Archives  Israélites,  XX,  p.  905-906;  1S6G.  Au  lieu  de  dire  à 
l'israélitisme,  di.sons  à la  judaisalion  du  royaume  ; sorte  d‘-  civilisa- 
tion qu’ont  entreprise  les  Soei'  lés  secrétes,  qui  ne  sont  que  l'instru- 
ment du  Juif.  La  preuve  morale  en  ressort  de  ce  fait  qu  elles  ne  pen- 
sent et  ne  veulent  que  re  qu’il  pense  et  ce  qu’il  veut. 

^ Si  la  loi  de  Moïse  élait  votre  loi,  feriez-vous  la  guerre  aux  mis- 
sionnaires de  celle  loi? 

^Archives  israélites,  VIII,  p.  363;  1867.  Répétons  que  nos  cita- 
tions enire  guil  omets  sont  littérales;  ce  qui  se  trouve  en  dehors  est, 
ou  l’extrait  de  passages  trop  longs,  ou  ce  qui  relie  le  tout  conformé- 
ment à notre  sens  général. 


316 


LES  JUIFS. 


Dateur  inspire  et  dirige  contre  la  civilisation  chrétienne? 
Des  maisons  d’agiotage  et  d’usure-,  des  maisons  de  débauche 
et  d’orgie,  soill  et  qu’il  s’en  élève  en  tous  lieux  ; les  spécu- 
lateurs ne  manqueront  ni  pour  les  tenir,  ni  pour  en  assurer 
les  fonds-,  mais,  de  corporations  religieuses,  point!  Non, 
plus  de  maisons  de  retraite  ouvertes  aux  existences  brisées, 
aux  cœurs  navrés,  désolés-,  plus  de  maisons  destinées  au 
défrichement  des  terres,  'a  la  culture  opiniâtre  des  sciences, 
aux  études  approfondies  de  la  théologie,  et  h la  perfection 
de  la  vie  chrétienne.  Les  chrétiens  dehors!  les  chrétiens 
de  toutes  sectes  ’a  la  porte  de  l’édifice  sacré  de  leurs  insti- 
tutions, et  que  cet  édifice  s’écroule  sur  leur  tête!  Les  textes 
sont  précis,  et  ne  sont  point  rares!  Voilà  donc  la  liberté  que, 
chez  les  peuples  chrétiens  qui  se  l’assimilent,  daigne 
leur  accorder  le  Juif,  ce  faux  fils  de  la  liberté,  dont  ils  ont 
eu  l’audace  de  faire  leur  égal. 

Ces  flambeaux  que  le  Juif  menace  de  n’éteindre  que 
lorsque  brillera  le  soleil,  ou  la  lumière,  — termes  mystiques 
à l'usage  du  monde  occulte,  et  qui  signifient  la  doctrine 
des  révolutions,  — ne  sont-ce  point  là  les  flambeaux  redou- 
tables que  brandit  la  philosophie  régénératrice  disraël? 
N’est-ce  point  là  ce  qui,  de  la  bouche  même  de  sages  et 
loyaux  Israélites,  arrache  contre  Israël  le  cri  retentissant 
de  fanatisme  ' ? N’est-ce  point  là  l’épouvantail  qui  force  à 
reculer  et  à se  retirer  de  la  direction  des  œuvres  israélites 
d’honorables  membres  semblables  au  savant  dont  nous 
enregistrons  les  paroles  : « Je  n'hésite  pas  à reconnaître  avec 
peine  que  les  sentiments  de  la  tolérance  n’ont  pas  encore 
pénétré  parmi  nos  coreligionnaires  autant  qu’il  le  serait 
désirable  : je  crois  donc  qu’il  est  dans  l’intérêt  de  notre 
œuvre,  comme  dans  celui  de  ma  dignité,  de  me  retirer.  » 
L.  S.  Kœnigswater,  membre  correspondant  de  l’Instilul*. 

1 Univers  Israélite,  VII,  p.  292,  et  alias;  t868. 

. 2 Archives  israélites,  XllI,  p.  1055,  1®^  décembre' 1866.  Cette  into- 
lérance perce  et  so  manifeste  avec  un  certain  éclat  dans  le  style  de 
quelques-uns  de  ces  Messieurs,  et  se  manifeste  jusque  dans  les  écrits 
où  ils  s’érigent  en  professeurs  de  bon  ton  : Exemple  : Le  chef  du  con- 


CHAPITRE  NEUVIÈME. 


Si- 


Mais  jetons  nos  regards  autour  de  nous;  est-ce  que  ces 
réformateurs  de  la  civilisation  cliréiionne  ne  sont  point 
ceux  qui  déjà  terrorisent  l'Autriche,  et  dont  le  farouche 
entrain  inspire  aux  Feuilles  historiques  et  politiques  de  l’Alle- 
magne  cette  page  quel'l/m'i’er*  Israélite  reproduit  en  la  cou- 
vrant de  ses  insultes  ; « Il  est  bien  difficile  de  se  faire  une 
une  idée  du  manège  actuel  des  Juifs  à Vienne.  Si  tous  les 
Juifs  sanguinaires  qui  entouraient  jadis  la  maison  de  Pilate 
en  criant  : Criici(iez-le!  crucifiez-le!  étaient  tout  à coup 
changés  en  journalistes,  tout  en  conservant  leur  caractère 
de  férocité  primitive,  ils  ne  pourraient  manifester  une  haine 
plus  sauvage  contre  le  Christ  que  ne  le  fait  actuellement  la 
bande  de  Juifs  qui  domine  l’opinion  publique  en  la  terro- 
risant  » 

B Depuis  la  fameuse  réponse  de  l'Empereur  aux  évêques, 
une  véritable  fureur  s’est  déclarée  parmi  les  Juifs  du  jour- 
nalisme et  de  la  terreur.  Des  caricatures  infâmes  repré- 
sentant les  évêques,  et  spécialement  le  cardinal  de  Vienne, 
sont  exposées  à toutes  les  vitrines.  On  excite  la  populace 
d’une  telle  manière  contre  le  clergé,  que  l’exaltation  pro- 
voquée en  1793,  h Paris,  par  les  Voltairiens  contre  le  clergé 
français,  paraît  presque  un  jeu  d’enfant.  Le  Juif  règne  à 
Vienne,  et  il  le  montre  en  déversant  sa  coupe  toute  pleine 
de  colère  et  de  fureur  sur  l’Église,  sur  les  évêques  et  le 
clergé.  Grâce  à ces  journaux,  le  peuple  égaré  est  tellement 


sistoire  central  a levé  le  bâton , etc. , etc. , sur  la  tète  de  l'un  de  ces 
Israélites.  Le  rencontrant  dans  la  rue , il  a marché  sur  lui  le  regard 
chargé  d'étincelles  de  haine,  et  lui  adressant  d'ignobles  menaces,... 
formulées  en  termes  hideux.  Ce  sont  les  termes  mêmes  du  plaignant 
que  nous  rapportons.  Univers  israélite  ; V,  p.  196-7,  1867.  Etlo  mois 
suivant,  il  ajoute  : 

> On  nous  dit  qu’une  feuille,  connue  par  son  extrême  outre- 
cuidance, faisant  allusion  au  scandale  du  5 décembre,  parle  de  boue 
(sic).  Cela  est  tout  naturel  ; il  y en  a tant  sur  les  tartines  de  son 
rédacteur  en  chef!  C'est  même  un  des  éléments  féconds  de  ses  tra- 
vaux. Certaines  têtes,  comme  des  champs  stériles,  ne  peuvent  rien 
produire  sans  fumier;....  Mais  nous,  qui  écrivons  avec  une  plume,  et 
non  pas  avec  un  balai  d'écurie,  nous  ne  voulons  pas  salir  nos  mains 
pour  renvoyer  à ladite  feuille  ce  qui  lui  appartient  naturellement,  n 
Univ.  israél.,  VI,  p.  279;  1867. 


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318  LES  JUIFS. 

excité,  qu’on  l’entend  proférer  dans  les  rues  les  invectives 
les  plus  révollantes  contre  le  prêtre  qui  passe » 

U L’égalité  qu'il  vient  d’acquéiir  ne  suflil  plus  au  Juif  ; 
il  veut  être  préféré,  dominer.  11  n’y  a point  jusqu’au.x 
hommes  de  talent  et  d’esprit,  parmi  les  Juifs,  qui  ne  mani- 
festent ce  désir;  et,  du  plus  grand  sérieux,  ils  demandent 
des  égards  exceptionnels  pour  leur  peuple.  Lorsqu’on  tire 
le  plus  jietit  Juif  un  peu  par  le  bout  de  l’oreille,  tous  les 
Juifs  du  ijlobe  poussent  des  cris  au  sujet  de  ce  traitement , 
de  cet  attentat  brutal.  Lorsqu'on  se  permet  l'observation 
que  peut-être  le  petit  Juif  n'a  eu  que  ce  qu’il  avait  mérité, 
ou  est  traité  de  réactionnaire  et  d’obscurantiste.  L’histoire 
des  Juifs  peut  se  résumer  dans  ces  mots  ; Pendant  (juinze 
siècles  les  ebrétiens  ont  maltraité  les  Juifs  ‘ ; aujourd’hui 
les  Juifs  nous  mallraiteiH  *.  » 

Les  Juifs,  qui  forment  un  corps  compacte,  une  associa- 
tion nationale,  une  famille  dont  les  membres  se  soutiennent 
Tun  l’autre  à tort  et  a travers  contre  tout  chrétien,  les 
Juifs,  qui  possèdent  or,  presse,  talent,  génie,  et  dont  quel- 
ques-unes  des  for’.es  têtes  exercent  un  si  mystérieux  empire 
sur  les  afiiliations  maçonniques',  les  Juifs  possèdent  par  cela 
même  au  plus, haut  degré  le  don  de  se  taire  compter,  de  se 
faire  redouter,  de  se  faire  aduler  et  combler  par  les  puis- 
sants de  la  terre,  et  nous  les  voyons  sans  cesse  user  et 
abuser  de  ce  don.  Places,  fonctions,  privilèges,  honneurs, 
tombent  donc  de  tout  côté  sur  la  tête  d’Israël;  et  si  nous 
doutions  de  la  veine  prospère  qui  semble  le  poursuivre,  nos 
yeux,  en  se  promenant  sur  les  feuilles  piiblii|ues  signées 
de  son  nom,  devraient  en  saluer  l’évidence.  Le  Juif  lui- 
même  est  donc  loin  de  la  nier,  sauf  aux  heures  où  ses 
audacieuses  exigences  font  entendre  le  cri  d’une  ambition 
sans  bornes  et  d’une  insatiable  convoitise.  « Remercions  le 
Tout-Puissant,  — s’est-il  écrié  dans  ce  noble  pays,  — 
d’avoir  mis  sur  le  troue  un  prince  (|ui  le  premier,  dans  ses 

' Pourquoi?  Voyez  dans  nos  chapitres. 

* Univers  israélile,  p.  Î93-1;  1868. 


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CHAPITRE  NEUVIÈME. 


319 


rapports  diplomatiques,  a déc'ard  à l'élranger  que  la  France 
ne  renfermait  que  des  Français  On  dirait,  en  vérité,  que 
Napoléon  III  s’est  imposé  la  tâche  généreuse  de  consoler  la 
race  juive  des  souffrances  indicibles  qu’elle  a endurées  dans 
le  passé,  et  qu’elle  endure  encore  dans  beaucoup  de  con- 
trées prétendues  civilisées  *!  » Ab!  gloire  et  honneur  « ’a 
notre  grand  et  puissant  souverain,  qui  se  place,  comme 
l’Ange  au  glaive  flamboyant,  entre  la  barbarie  homicide  et 
nos  pauvres  frères  ».  Ailleurs,  au  contraire,  « on  voit,  â la 
bonté  de  notre  temps,  les  persécuteurs,  les  pillards,  des 
bêtes  féroces  babillces  en  chrétiens  et  en  Européens,  monter 
en  grade  et  conserver  des  portefeuilles  ministériels  ’ ». 

a Ilcndüiis  aussi  grâce  â l’administration  supérieure,  qui, 
s’inspirant  de  si  nobles  pensées , n’a  cessé  de  nous  donner 
des  preuves  de  son  bienveillant  intérêt*»;  et,  puisque  la 
circonstance  s’y  prête,  cédons  avec  empressement  à la  voi.x 
du  devoir  qui  nous  appelle  à reconnaître  un  trait  véritable- 
ment suave  et  touchant  de  cette  délicate  sollicitude,  de 
cette  haute  et  vigilante  protection  : 

Un  jeune  homme  de  sang  judaïque  fut  molesté  dans  un 
collège  « par  un  de  ses  camarades , qui  ne  cessait  de  te  traiter 
de  Juijh  toute  occasion.  Le  père  alla  se  plaindre  au  ministre 
de  l’instruction  publique  et  demanda  protection.  Le  ministre 
se  rendit  immédiatement  dans  ledit  collège;  il  fit  vue  verte 
semonce  au  professeur  de  la  classe,  qui  n’avait  pas  voulu 
intervenir,  et  le  professeur  dut  écrire  une  lettre  d’excuse 
au  père  de  famille,  blessé  dans  sa  religion  * ». 

...  Ainsi  donc,  une  de  ces  querelles  de  bambins  qui, 
d’insultant  â insulté,  se  terminent  de  toute  autre  façon  entre 
élèves  de  sang  français;  une  de  ces  taquineries  d’écoliers 
où  les  supérieurs  ne  verraient  que  maladresse  dans  leur 

* Arch.  israèliles.,\n,  p.  300;  <867. 

Univers  Israélite,  V,  p.  t03;  1867. 

5 Univers  israélile,  X,  p.  433  ; 1868. 

* Archives  iraélites,  Vit.  p.  300;  1867. 

’’  Archives  israélites,  XXII,  p.  991  ; 1866. 


320  LES  JLMFS. 

intcrvenlion,  et  laissent  à la  générosité  des  camarades  le 
soin  de  la  jiislice  finale,  voilà  qui,  sur-le-cliamp,  s’élève 
aux  proportions  d’ime  affaire  d'f:tat;  voilà  qui  motive  la  fas- 
tueuse et  immédiate  intervention  du  plus  haut  représentant 
du  pouvoir  public,  lorsqu’il  s’agit...  du  fils  d’un  roi?  — 
non  , du  üls  d'un  Juif,  qu’un  de  ses  camarades  ose  ajipeler 
un  Juif,  et  qui  prend  les  quatre  lettres  de  son  nom  pour  la 
plus  intolérable  des  insultes  '! 

D’autres  lèveront  les  épaules  devant  le  ridicule  qui  se 
condense  dans  ce  misérable  incident^  quant  à nous,  nous  y 
trouvons  le  mérite  immense  de  caractériser  la  haute  et 
solide  ]iosition  du  Juif  au  milieu  des  simples  citoyens  de 
l’Empire  -,  nous  y admirons  l’imporlance,  la  puissance  de  ce 
persécuté!  Comment  donc  enfin  ne  battrions -nous  pas  des 
mains  à cette  insigne  démonstration,  à cette  humble  génu- 
flexion devant  Israël , puisqu’elle  nous  apprend  que  les  auda- 
cieuses exigences  du  Juif  ne  savent  plus  accepter  de  frein, 
puisqu’elle  nous  révèle  que  son  irrésistible  grandeur  se 
développe  en  raison  directe  de  l’empressement  des  forts  à 
le  satisfaire!  Et  craindrons-nous  d’avoir  trop  dit  lorsque 
nous  le  voyons  prétendre  que  l'État  lui-même,  que  la  per- 
sonne même  de  son  chef,  celui  qu’il  vient  d’appeler  son 
consolateur  et  son  ange,  s’incline,  s’humilie  devant  lui,  et 
rétracte  comme  une  insulte  sa  parole  d'impérial  littérateur, 
si,  dans  les  hasards  de  son  langage,  se  rencontre  un  mot 
qui,  s’adressant  à un  peuple  chrétien,  semble  témoigner 

' Aussi  la  tendresse  des  Juifs  pour  .M.  Duruy  esl-ulle  sans  limite; 
elle  ne  s'arrête  d'aitleurs  pas  à celte  cause  unique.  Deux  lignes,  dont 
nous  nous  garderons  bien  de  gâler  le  style , nous  permettront  d'en 
juger  ; 

« Voyez  plutôt  cette  ardeur,  cette  activité,  ce  remuement  de 
MM.  les  évêques  cl  arclievêques  français Témoin  la  guerre  achar- 

née qu'ils  font  à M.  Duruy,  ministre  de  l'instruciion  publique,  à 
l’occasion  rie  sa  remarquable  circulaire  relative  à l’enseignement 
secondaire  des  jeunes  filles;  au  ministre  que  la  posiérilé  bénira, 
comme  l'admirent  déjà  tous  les  hommes  de  progrès  et  amis  des  lu- 
mières pour  tout  ce  qu'il  a fait  de  bien  et  de  grand  dans  le  domaine 
de  l’enseignement  public  I » Archiv.  israél..  Il,  p.  68;  186S.  — La 
postérité  (Tu  Juif  le  bénira  sans  doute,  puisque  les  Archives  Israélites 
s’y  engagent  ! 


t-ii^volr 


CHAPITRE  NEUVIÈME.  3ïl 

d’une  croyance  chrétienne...  Quelqu’un  va  s’écrier  |ieut-clre: 
Mills  vous  rêvez!  et  quelque  malsaine  vision  hante  vos  yeux! 
Eh  bien,  l’honorable  Israélite  Crémieux  consent  à nous  ôter 
la  parole  et  a la  prendre-,  écoutons  : 

« .Mon  cher  Guéroult,  je  viens  de  lire  la  préface  que  Na- 
poléon III  inet  en  tête  de  la  Vie  <lc  Jules  César.  D’une  part, 
un  système  de  fanatisme,  assez  mitigé  pourtant;  d’antre 
part,  le  devoir  pour  les  peuples,  assez  grandement  présenté 
d’ailleurs,  d’admettre,  selon  les  époques,  les  idées  de  César, 
de  Chartemayne,  de  Napoléon  I".  avaient  éveillé  toute  mon 
attention,  lorsqu’on  poursuivant  ma  lecture  j'arrivai  à ces 
mots  : n Heureux  les  peuples  qui  les  comprennent!  Malheur 
h ceux  qui  les  méconnaissent  et  les  combattent!  ils  font 
coMMF,  LES  JUIFS,  ILS  CRUCIFIENT  LEUR  BiEssiE.  » Comment 
Na|M)léon  III  a-t-il  écrit  cette  phrase?  Où  donc  l’iiistorien 
a-t-il  trouvé  la  preuve  historique  de  celte  énonciation  ipi’il 
formule  si  nettement?  « Les  Juifs  ont  crucifié  leur  Messie!  » 
La  religion  juive,  qui,  dans  les  contrées  où  ses  sectateurs 
jouis.sent  des  droits  civils  et  politiques,  marche  l’égale  des 
autres  religions;  qui,  dans  les  contrées  où  scs  sectateurs 
subissent  encore  d’indignes  mépris  ou  d'odieuses  persécu- 
tions, maintient  avec  tant  de  courage  son  immoi  telle  vitalité, 
1)  Im  religion  juive  aVend  son  Messie. 

» LA  RELIGION  CATHOLIQUE,  SEULE,  VEUT  JUC  CC  Mcsste,  mé- 
connu par  les  Juifs,  ait  été  crucifie  par  eux. 

K .Mais écrire  au  point  de  vue  catholique  la  préface  de  Jules 
César!  présenter  une  prétention  religieuse  comme  un  axiome 
hisloiique!  que  nous  sommes  loin  de  cette  large  pensée  de 
Napoléon  I"  allirmant  la  religion  juive  par  la  convocation 
du  grand  Sanhédrin,  et  par  l'organisation  du  culte  Israélite! 

» Nous  vivons  dans  un  temps,  dans  un  pays  où  la  religion 
et  le  culte  doivent  se  renfermer  dans  les  consciences  et  se  mou- 
voir dans  le  temple.  Qu'un  prêtre  dans  une  église,  du  haut 
de  la  chaire,  soutienne  V avènement  du  Messie  et  l'aveuglement 
des  Juifs  qui  l'ont  méconnu  et  crucifié,  je  comprends  celle  ex- 
pression de  la  foi  catholique,  dont  le  rabbin,  dans  la  syna- 

2t 


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LES  JUIFS. 


■JÎJ 

gogue,  du  haul  d’une  autre  chaire,  prouvera  l'inanité.  Mais 
que  le  cliel'd’un  vaste  eini)ire  jette  dans  une  page  d'hisluirc 
une  parole  si  dangereuse;  qu’il  dénonce  de  nouveau  h l'uni- 
vers, dans  un  livre  qu’on  fait  traduire  dans  toutes  les  lan- 
gues, qu’il  dénonce  surtout  à la  France,  où  il  concentre 
dans  ses  airains  le  pouvoir  suprême,  Vaveugtemen;  des  Juifs 
coujHibles  cCavoir  crucifié  leur  Messie,  QUAND  CE  MESSIE  EST 
JÉSUS-CHRIST  ; qu’il  ravive  cette  terrible  et  douloureuse  accu- 
sation, que  les  dots  de  sang  juif  qu’elle  a fait  répandre  sem- 
blaient avoir  étoullée  au  sein  des  nations  éclairées  par  le 
flambeau  de  la  philosophie,  c’est  une  bien  malheureuse 
inspiration! 

))  Veuillez,  mon  cher  Giiéroult,  faire  place  à mes  protes- 
tations dans  votre  journal  {l'Opinion  nationale).  Je  vous  en- 
voie l’expression  de  ma  vieille  amitié.  Paris,  27  février  18(35. 
— Ad.  Crémieux.  » 

« Une  chose,  observe  M.  Lechêne,  nous  a frappé  tout 
d’abord  dans  ce  défi  audacieux  jeté  'a  la  tête  de  l’Empereur 
et  ’a  la  face  de  deux 'cents  millions  de  catholiques,  c’est  le 
chemin  que  les  Juifs  ont  fait  dans  h*  monde  depuis  le  jour 
ou  les  sociétés  chrétiennes  les  ont  admis  dans  leur  sein  cl 
leur  ont  accordé  une  généreuse  jiarticipation  aux  droits  ci- 
vils et  politiques.  Et  puisque  M.  Crémieux  cite  le  Sanhé- 
drin réuni  en  1807  par  Napoléon  1",  qu’il  [trenne  la  peine 
de  relire  les  procès-verbaux  de  cette  assemblée  hébraïque, 
et  qu’il  compare  l’Inmilité,  la  reconnaissance  des  Juijs  d'alors 
avec  les  prétentions  inouïes  du  judaïsme  contemporain  ‘.  w 

' « Certes,  quand  Napoléon  1"'  disait  au  général  Bertrand  ; » Je  me 
connais  en  hommes,  et  je  te  dis  que  Jésus-Christ  n'était  pas  un 
homme;  » quand  il  prononça,  avec  l’accent  de  la  conviction,  cette 

fiarole  profonde,  il  était  loin  de  prévoir  qu'un  jour  les  Juifs,  réhabi- 
ités  par  lui,  feraient  un  crimeàson  successeur  d’airimier  cette  même 
vérité.  O puissance  de  l'or! 

» M.  Crémieux,  émancipé  depuis  cinquante  ans,  exige  aujourd’hui 
que  les  catholiques,  que  l'Emnereur  lui-méme,  renferment  leur  foi  au 
fond  de  leurs  consciences  ; il  défend  qu'on  manifeste  cette  foi  endehors 
du  temple...  Au  train  dont  vont  les  Juifs,  que  sera-ce  donc  de  la 
.société  chrétienne  à la  fin  du  siècle! 

» M.  Crémieux,  pour  le  succès  de  sa  cause,  va  mémejusqu’à  donner 


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CHAPITRE  NEUVIÈME.  3,3 

Cependant  le  flot  de  ces  prétentions  énormes,  devant 
lesquelles  il  faut  que  le  christianisme  recule , ce  flot  grossit 
et  menace  de  nous  atteindre , non  plus  même  au  dehors  de 
nos  temples,  mais  jusque  sous  le  couvert  de  nos  réunions 
chrétiennes,  jusque  dans  le  for  de  nos  solennités  antiques. 
Un  pas  de  plus,  et,  demain  même,  défense  sera  faite  au 
prédicateur  de  prêcher  la  Passion  du  Christ;  mais,  sons 
prétexte  d’ordre  public,  et  dès  aujourd’hui  le  Juif  nous 
interdit,  selon  la  mesure  de  scs  forces,  d’en  représenter  les 
mystères.  < 

Que  si  nos  paroles,  après  ce  que  nous  venons  d’e.xposcr, 
pouvaient  encore  semhler  exce.ssives,  ouvrons  les  yeux' 
lisons  et  jugeons  : « En  présence  de  la  haute  bicmèitlance 
que  nous  montre  le  gouvernement  de  l’Empereur,....  nous 
SOMMES  ÉTONNÉS  quc  l'autorité  supérieure  ait  toléré  derniè- 
rement certains  spectacles  dans  les  deux  départements  de 
l’Alsace.  Les  journaux  de  cette  province  ont  annoncé  que  la 
Société  bavaroise  de  la  Vie  et  de  la  Passion  de  Notre-Sei- 
gneur  Jésus-Christ,  a donné  une  longue  série  de  représen- 
tations devant  un  public  toujours  très  nombreux , dans  fa 
ville  de  Strasbourg,  où  elle  fut  même  bonorée  par  la  pré- 
sence des  plus  hauts  dignitaires  de  l’Église,  aussi  bien  que 
par  le  préfet  du  Bas-Rhin , le  maire,  et  autres.  Cette  Société  a 
donné  aussi  des  représentations  à Colmar.  Un  tel  sp<*ctacle 
n’est-il  pas  de  nature  h réveiller  l'intolérance  religieuse 
peut-être  l’antique  fanatisme  des  populations  lu  moins  éclai- 
rées contre  les  Juifs,  qu’on  leur  montre  comme  lu  auteurs  de  la 
mort  du  Dieu  des  chrétiens?  Nous  avons  droit  de  nous  défier  de 
ce  genre  d’exhibitions  » 


un^  d"menli  à 1 histoire.  Il  avance  que  les  catholiques  seut«  recon- 
naissent Jesus-Christ  pour  leur  Me-sie.  Ignore-t-il  qu  en  ce  point  les 
protestants  ne  dilfèrent  pas  des  catholiques?  * 

(Suivent  des  textes  sacr  s.} 

• t-aiil-il  d'autres  textes  poîir  convaincre  M.  Crdmieux  Que  les  Juifs 

VftUf?  Pl  mnnnhlnc  n„i  1/ .*.  <>  ‘ • * 


- . WW  ..  X,  uuvito  puui  vuiivcimure  sa.  v 

aveug  es  et  coupables,  ont  crucifir  le,ur  MessW* 
» Paris,  î mars  1865,  publié  le  5 id.  Ac 


Adolpue  Lecuêne.  s 


* Vnivers  israélite,  VIII,  p.  3i3.4;  1868.  Strasbourg  entend  ces 
paroles  de  tolérance!  la  ville  où  les  condisciples  de  Oraoh^  notr* 


*1. 


LES  JUIFS. 


Trôs-claireiiicnl  ilit,  à coup  sûr!  Mais  ce  genre  d’exliibi- 
lioiis  clircliennes,  ([ue  le  Juif  prétend  interdire  en  pays 
chrétien,  se  répète  en  tous  lieux  avec  la  plus  solennelle 
publicité  chaque  fois  que  nous  est  prêcbée  la  Passion  du 
Christ  ; chaque  fois  que  les  cérémonies  de  la  semaine  sainte 
ramènent  l’adoration  publique  de  la  croix  -,  chaque  fois  <|ue 
renaissent  les  augustes  solennités  du  Tombeau , où  chaque 
année  le  peuple  entier  se  prosterne  devant  le  corps  du 
.Messie  que  les  Juifs  ont  percé  de  leurs  coiiiis.  El  depuis  des 
siècles,  dans  les  jours  on  ce  deuil  religieux  remue  les  raul- 
lilndes,  chaque  lidèle  s’associe  aux  prières  de  l'Église  contre 
ceux  qu’elle  appelle  publiquement  alors  la  pafida  ennemu 
du  Sauveur  {pro  perfidh  Jndœis).  Quelle  insulte  plus  grande 
au  judaïsme'.  Comment  donc,  après  l’éclat  de  ces  prodi- 
gieuses doléances,  comment  le  Juif  s’abstiendrait-il  de  re- 
quérir, au  nom  de  l’onlre  et  du  respect  que  la  Synagogue 
est  en  droit  d’exiger  de  nous,  la  clôture  de  nos  églises,  la 
réforme  de  nos  liturgies,  la  suppression  du  culte  public  cl 
l’abolilion  du  nom  chrétien!  Car  celui  qui  ose  se  nommer 
chrétien  ne  peut  être  pour  le  Juif  que  le  complice  d’un 
scélérat,  que  l’adorateur  d’un  infâme  qui  le  rend  infâme 
lui-même  si  l’innocence  du  Christ  est  proclamée,  et  si  le 
Juif  s’associe  ’a  la  condamnation  que  ses  pères  ont  portée 
contre  ce  coupable.  C’est  là,  nous  dit-il  à propos  de  la  re- 
présentation de  nos  mystères,  ce  qu’il  ne  saurait  souflrir  s’il 
est  notre  égal;  c’est  là  ce  qu’il  ne  souffrira  pas,  c’est  là  ce 
qu’il  commence  à ne  plus  souffrir! 

Certes,  M.  Crémieux,  l'illustre  président  de  V Alliance 
hraéliie  universelle,  et  ruu  des  hauts  dignitaires  de  la  ma- 
çonnerie, ne  l’ignore  nullement  ce  progrès  judnïiiiie,  celte 
marche  des  choses  qui  déjà  tend  à rendre  celui  qui  porte  le 
nom  de  chrétien,  fût-il  ministre  d’un  empire  et  fût-il  empe- 
reur, si  souple,  si  prévenant  devant  le  Juif!  Loin  de  l’igno- 

vieille  rajiinaisssince,  altondaieiit  la  venue  du  Messie  pour  tomber  sur 
les  rlirdliens  et  les  piller.  Deuxieme  lettre  d’un  rabbin  converti, 
p.  319;  Paris,  I8J7, 


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CHAPITRE  NEUVIÈME. 


3J5 


rcr,  il  le  proclame,  il  s’en  glorifie,  el  nous  tenons  'a  répéter 
scs  paroles,  car  elles  deviennent  un  monument  de  l'histoire  : 
« Comme  tout  est  changé  pour  nous.  Messieurs,  en  si  peu 
de  temps!  Quand  j'étais  enfant. ..je  ne  pouvais  pas  traverser 
les  rues  de  ma  ville  natale  sans  recueillir  .']ucl(|uc  injure. 
Que  de  luttes  j’ai  soutenues  avec  mes  poings!  Oui,  je  vous 
le  dis.  Messieurs,  je  suis  orgueilleux  des  Juifs,  et  il  faut 
qu’on  me  passe  ce  sentiment  de  vanité  -,  car  lorsque  j’étais 
enfant  ils  me  comptaient  pour  rien  *...  » 

Le  Juif  ne  comptait  pour  rien-,  tandis  qu’il  faut  aujour- 
d’hui que  les  Étals,  que  les  puissances  de  ce  monde,  que 
les  souverains  comptent  et  comptent  humblement  avec  lui. 
Mais  d’où  nous  vient  cette  sinistre  merveille.^  — Elle  nous 
vient  des  défaillances  de  la  foi  chréiienne.  IjC  chrétien  relâ- 
ché se  figure  un  peu  vite  que  le  Juif,  parce  qu’il  r-nie  les 
croyances  de  ses  pères,  n’est  plus  un  Juif.  Elle  nous  vient 
encore  et  plutôt,  cette  sinistre  merveille,  du  progrès  des 
sociétés  occultes,  remplies  de  ces  chrétiens  apostats  qui 
veulent  ce  que  veut  le  Juif,  c est-h-dire  la  civilisation  judaï- 
que, celle  que  nous  donne  notre  précepteur  et  notre  maître, 
le  Juif  philosophe,  le  Juif  de  V Alliance  universelle.  Cette  civi- 
lisation judaïque  commence  donc  â prendre  ouvertement  la 
place  de  la  civilisation  chrétienne,  et  le  Juif,  en  conséquence, 
de  nous  crier  ; Place  au  maître!  place  à celui  dont  vous  sui- 
vez les  doctrines  et  qui  vous  a délivrés  des  imbécillités  de  la 
foi  chrétienne-,  arrière  la  fui  qui  fit  son  temps  I 
Oui,  déjà  « dans  le  domaine  de  la  science  la  lumière 
commence  k se  faire.  >■  U ne  reste  plus  guère  aux  enfants 
du  progrès  qu’à  pousser  du  pied  une  religion  vermoulue,  et 
le  jour  de  sa  chute  se  fait  pressentir.  — « Inaugurée  par  la 
savante  et  spéculative  Âllemagiie,  la  rénovation  des  éludes 
tliéologiques s’acclimate  en  France,  qui,  grâce  k son  esprit 
généralisateur  et  expansif,  peut  être  appelée  k faire  pour  la 
synthèse  religieuse  ce  qu’elle  fit  un  jour  pour  la  reconstitu- 
tion civile  et  politique  du  monde.  Et  tout  Israélite  doit  éprou- 
' Archives  israttites,  I,  p.  13;  1867. 


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326 


LES  J'ÜIFS. 


ver  le  désir  de  coopérer  à cette  œuvre  ^ où  sont  engagés  ses  in- 
téi'èlfi  les  plus  sacrés'.  » 

. (Il  faut,  on  le  voit,  que,  refondue  comme  le  furent  par  la 
Révolution  le  droit  et  l’Idstoire,  la  théologie  romaine  s'ac- 
corde avec  la  philosophie  judaïque^  il  faut  que  la  parole 
chrétienne  se  taise;  il  faut  que  ceux  qui  doivent  aux  leçons 
.du'juilaïsme  tant  de  lumières,  cessent  d’insidter  le  Juif  en 
donnant  au  Christ,  igiioi)le  et  vulgaire  supplicié,  le  nom 
sacré  du  Messie;  il  faut  que,  sur  un  sol  où  le  respect  est  dû 
aux  fils  de  Jacob  comme  à des  égaux,  le  spectacle  de  la 
croix  du  Calvaire  disparaisse;  il  faut  que  la  raison  de  chaque 
iudivi^lu  donne  au  monde  un  Dieu  jugé  par  elle  raisonnable  ; 
il  faut  (pic  le  langage  proscrive  la  sottise  d’un  Dieu  incarné, 
d’un  Dieu  rédem[)leur  mort  sur  un  gibet;  il  faut  que,  d’un 
bout  à l'autre  de  la  terre,  non  plus  une  foi  stupide,  mais 
une  croyance  hostile  au  surnaturel,  c’esl-'a-dire  vraiment 
antichrélienne  et  digne  des  clartés  de  la  science  qui  affecte 
de  s'appeler  moderne*,  lie  et  cimente  les  uns  aux  autres 
les  membres  de  la  grande  famille  humaine!  Ilommeou  idée, 
le  Messie  que  le  Juif  attend,  ce  glorieux  ennemi  du  Sau- 
veur des  thrétiens,  n’est  point  venu,  mais  il  arrive,  son 
jour  approche!  et  déjh  commencent  h s’incliner  devant  Is- 
raël les  peuples  conduits  h scs  pieds  par  les  Sociétés  régé- 
nératrices du  progrès  et  de  la  lumière!...  Que  l’humanité 
tout  entière,  docile 'a  la  philoso|ihic  de  V Alliance  universelle 
Israélite,  suive  donc  sans  hésitation  le  Juif,  ce  peuple  véri- 
tablement cosmopolite  y le  seul  qui  le  soit  et  le  puisse  être’, 
et  qui  dès  aujourd’hui  gouverne  l’intelligence  et  les  inté- 
rêts des  nations  les  plus  progressives;  que  celte  humanité 
tourne  enfin  les ‘yeux  vers  la  métropole  du  monde  régénéré; 

‘ Univers  Israélite,  V,  p.  223;  1867.  L’esprit  judaüjue,  ou  anlichrc- 
tien,  s’est  introduit  dans  la  science  moderne,  et  en  a souvent  vicié  les 
découvertes  admirables,  mais  sans  faire  p«1lir  une  seule  dos  vérités  du 
callu.licisme;  voilà  ce  (pie  savenl  les  vrais  savants. 

~ Nous  ne  connaissons  que  la  science  réelle,  sans  acception  de 
date. 

^ Voir  plus  bas,  id.,  pour  le  Messie. 


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CHAPITRE  NEUVIÈME. 


327 


et  que  celle  métropole  ne  soit  ni  Londres,  ni  Paris,  ni 
Rome,  mais  Jérusalem  relevée  de  ses  ruines,  une  Jérusalem 
nouvelle  « appelée  à de  grandes desiinées  »,el  qui  se  Irouve 
être  « h la  fois  la  ville  du  passé  et  de  l’avenir*.  » 

RÉSUMÉ  ET  CONCLUSION 
Des  deux  chapitres  : h Marche  du  Juif,  et  Ma'urs  iiourelle!:. 

Telle  est,  depuis  quelque  temps  déjh,  la  parole  que  fait 
retentir  le  Juif,  et  la  plupart  des  détails  du  tableau  que  ce 
chapitre  et  le  précédent  viennent  d'offrir  aux  regards  se 
résument  h peu  de  chose  près  dans  la  page  que  nous  allons 
emprunter  'a  de  maîtres  écrivains,  avant  de  nous  résumer 
nous-même. 

Un  pénétrant  observateur,  le  rationaliste  Kiuber,  nous 
faisait  rcmanpier,  dans  son  livre  Du  droit  de  la  Confédération 
gernuinique,  « que  depuis  queb|ue  temps,  en  face  du  ju- 
daïsme rabl)ini(|ue  ou  du  talmudisme,  il  se  formait,  {tarmi 
un  petit  nombre  relativement  encore  de  Juifs,  un  judaïsme 
réformé  ou  non  rabbinique  préparé  par  Moïse  Mendeissolin, 
qui  professait  la  croyance  en  Dieu  et  la  morale  naturelle, 
mais  s’affranchissait  du  joug  du  culte  cérémonial,  des  lois 
alimentaires  du  judaïsme,  et  de  la  stricte  observation  du 
sabbat.  — Ce  judaïsme  se  transformera,  selon  toute  vrai- 
semblance, disait  Kiuber,  en  un  pur  déisme  ou  en  une  reli- 
gion naturelle,  dont  les  partisans  n'auront  pas  besoin  cCappar- 
tenir  à la  race  judaïque  * ! » 

Si,  quelque  temps  après'ces  paroles  de  Kiuber,  nos  yeux 
s’arrêtent  sur  les  Juifs  de  France  et  d’Allemagne,  déj'a  nous 
les  voyons,  en  effet,  se  décomposer  en  trois  groupes  essen- 
tiellement distincts  : les  talmudistes,  les  réformés  ou  pro- 
testants du  judaïsme,  et  les  indifférents. 

Les  talmudistes,  nous  disent  les  plus  doctes  professeurs 
de  la  faculté  tbéologique  de  l’Allemagne,  dont  le  saint 

‘ Isidore,  grand  rabbin  de  France.  Archives  israélites,  XI,  p.  495, 
1868. 

2 Kiuber,  4®  édit.,  § 516,  note  4,  Droit  germanique. 


LES  JUIFS. 


3« 

prêtre  Goscliler,  d’origine  israêlile,  a réuni  les  lumières  en 
faisceau,  « les  talmuilistcs,  composés  de  la  vieille  généra- 
tion, des  gens  de  la  campagne  et  de  ceux  de  la  plus  basse 
classe  des  villes,  reconnaisseni  l’autorité  religieuse  des  rab- 
bins, l’autorité  législative  du  Talmiid,  observent  scrupuleu- 
sement non  pas  la  loi  mosaïque,  mais  la  loi  rabbinique,  ne  SC 
mêlent  aux  chrétiens  que  pour  leurs  affaires  d’intérêt,  et 
continuent  ’a  être  les  ennemis  traditionnels  de  l’Eglise.  » 

« C’est  le  nov.vu  indestructible  de  la  nation  qui 
subsistera  jusqu'à  la  fin  dans  son  enlétemenl  et  dans  sa  fidélité 
à conserver  les  Kentures.  » 

« l.es  réformés,  éclairés,  riches,  bien  élevés,  ont  secoué 
le  joug  des  rabbins,  les  formes  surannées  de  la  Synagogue 
et  les  mœurs  nationaUs  de  leurs  ancêtres.  Mais  irayaiit  pas 
la  foi  chrétienne,  voulant  touicfois  conserver  leur  nom  his- 
torique et  leurs  dogmes  fondamentaux,  sentant  la  nécessité 
d'un  culte  et  le  vide  des  rites  purement  rabbiniques,  ils  ont 
in\enté  un  culte  réformé  dont  la  langue  est  toujours  l’Iié- 
breii  et  dont  les  cérémonies  sont  celles  de  la  tradition,  mais 
où  ils  ont  introduit  de  l'ordre,  de  la  décence,  un  clianl  plüs 
régulier,  l’usage  de  l’orgue,  de  la  prédication  et  d’un  lumi- 
naire brillant,  etc.,  etc,  Hors  des  réunions  religieuses,  où 
les  zélés  se  rendent  au  jour  du  sabbat  et  aux  grands  jours 
de  fête,  le  plus  grand  nombre  une  seule  fois  par  an,  ils  ne  pra- 
tiquent absolument  aucun  rite  judaïque,  et  vivent  tant  qu'ils 
peuvent  et  de  préférence  avec  les  chrétiens.  » 

Les  indifférents,  dont  les  rangs  commencent  à se  con- 
fondre avec  ceux  des  libres  jienscurs,  semblables  à ceux 
« de  toutes  les  religions,  ne  s’inquiètent  ni  de  la  tradition, 
ni  de  la  réforme,  ni  des  rabbins,  ni  des  synagogues,  ni  de 
Mo'ise,  ni  du  Consistoire,  ù peine  de  la  circoncision!  Ils  ne 
conservent  le  nom  de  Juifs  que  par  un  respect  humain 
honorable...  Quand  l’occasion  s’en  présente,  ils  épousent 
volontiers  des  chrétiennes,  font  sans  hésitation  baptiser 
leurs  enfants,  et,  « progrès  remarquable  »,  pratiquent  dans 
ce  cas,  à l’égard  des  croyances  religieuses  de  leur  famille. 


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CHAPITRE  NEUVIÈME.  .3Î9 

une  tolérance  qui  pourrait  servir  (l’e.\cniple  ii  maints  catho- 
liques de  nom.  » 

« L’émancipation  complète  des  Juifs  de  France,  on  les 
mêlant  à tous  les  rangs  de  la  société . en  les  faisant  partici- 
per n leur  itisu  à tous  les  bimfails  du  clirislianisme , soit  que  les 
enfants  reçoivent  l’édiication  dans  les  institutions  |iuhliqiies, 
soit  que  les  plus  intelligents  et  les  plus  studieux  remplis- 
sent des  fonctions  administratives,  judiciaires,  industrielles, 
siègent  dans  les  conseils  municipaux,  dans  les  assemblées 
législatives,  dans  les  sociétés  savantes,  ou  servent  dans  les 
rangs  de  l’armée-,  cette  émancipation  civile  et  politique, 
disons-nous,  a plus  fait  pour  la  conversion  religieuse  des 
Juifs,  depuis  cinquante  ans,  que  les  persécutions  et  les 
exclusions  de  dix-huit  siècles!  L’Église  a ceriainemcnt  reçu 
dans  son  sein  depuis  un  demi-siècle,  en  France,  plus  d'en- 
fants d’Israël  qu’elle  n’en  a jamais  vu  embrasser  la  foi  de- 
puis son  établissement  dans  les  Gaub‘s  ' I » 

Un  peu  plus  tard,  un  Révérend  Pore  de  sang  Israélite 
nous  tient  ce  même  langage  et  nous  dit  ; « La  Synagogue 
n’est  plus  aujourd’hui  ce  qu'elle  était  il  ÿ o vingt  ou  trente 
ans!...  Renonçant  ’a  ses  rites  séculaires,  elle  a couvert  sa 
luidiié  en  empruntant  quelques  lambeaux  aux  divers  cultes 
chrétiens.  Les  observances  de  la  loi  sont  tombées  en  désué- 
tude; les  traductions  talmudiques  sont  inconnues  ’a  la  géné- 
ration nouvelle;  l’administration  du  judaïsme,  calquée  sur 
celle  du  protestantisme,  n'est  plus  qu’une  constitution  civile  qui 
varie  et  se  transforme  au  gré  des  gouvernements!  » Et  si  nous 
comparons  « cet  étrange  mouvement  du  judaïsme  moderne 
avec  l'immobilité  où  il  est  demeuré  depuis  plus  de  dix-huit  siècles, 
ne  pouvons-nous  pas  constater  quelque  dessein  providentiel 
sur  les  restes  de  Jacob  * ? » 

' Dictionn.  encycl.  de  la  théoloq.  cathol. , par  les  plus  savants  pro- 
fesseur» et  docteurs  de  l’Allemagne,  Gosch'er,  t.  XII,  p.  453;186l. 

® Notice  sur  la  congn-galion  des  religieuses  de  Notre-Dame  de  Sion, 
p.  H-ti;  tS6î.  — Même  pensée  dans  Question  Juive,  p.  3,  etc.; 
tShS;  brochure  imporianle  de  31  page»  du  R.  P.  Ralisbotine,  de 
sang  Israélite. 


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330 


LKS  JUIFS. 


Ainsi  donc,  l'israélile  orthodoxe  rend  une  conijilèle  et 
aveugle  obéissance  au  Talmud,  et  ce  lalmiidisnnl  forme  el 
formera  dans  le  monde  judaïque  Viitdesiruciible  noyau  de  la 
nation  .Mais  dans  notre  Occident,  partout  où  la  civilisation 
chrélienuc,  partout  même  où  la  civilisation  abâtardie  des 
peuiilos  qui  sont  en  voie  de  se  déchristianiser  atteint  le 
Juif,  elle  le  contraint  jour  à jour  à re|)Ousser  les  obscénités, 
les  absurdités  el  les  horreurs  doctrinales  de  ce  code  tradi- 
tionnel et  tuprème  de  la  foi.  Si  donc  l'orthodoxie  judaïque 
trouve  quelque  intérêt  encore  ù con.server  ton  nom  dans  les 
royaumes  occidentaux,  elle  y perd  h peu  |»rès,  et  sauf  au 
bout  de  riàurope,  sa  substance  pharisaïque,  son  antique 
et  rébarbative  physionomie,  le  principe  essentiel  de  sa  vie. 
Elle  n’y  est  plus  qu'une  contrefaçon  de  l’orthodoxie,  ou 
plutôt  qu’un  cadavre  dont  la  tiédeur  s’éteint,  que  ré- 
chaiilTeut  el  (|ue  cherchent  vainement  'a  ranimer  quchpies 
piteux  vieillards,  objet  de  l'insultante  compassion  de  leurs 
fils. 

En  consé(|uence  de  cet  abandon  du  Talmud  el  de  l'opi- 
niâtre aveiii'lement  du  Juif,  le  protestantisme,  ce  fléau  du 
bon  sens  qu'Israël  ignorait  hier  encore  et  qu’il  salue  naïve- 
ment du  nom  de  réforme,  a vu  se  lever  dans  la  Synagogue 
son  aurore...  et  déjà  touehe  'a  son  couchant;  car  la  maiche 
du  réformiste  est  de  nos  jours  celle  du  géant!  Simple 
relique  archéologique,  le  Talmud  reçoit  encore,  il  est  vrai, 
son  coup  de  chapeau,  mais  jtour  recevoir  aussitôt  après  le 
coup  de  pied  qui  lui  signifie  sa  déchéance  el  l’ère  naissante 
de  ses  humiliations.  La  Bible  déjà  n'élail  plus  h scs  yeux 
qu'un  livre  de  symltolcs  ou  de  fables,  et  voici  maintenant 
que  .sa  religion,  (|uitianl  les  célestes  hauteurs,  est  réduite 
à s’intituler  banalement  le  progrès,  la  marche  en  avant  dans 
les  voies  de  la  raison!  .Au  nom  de  la  liberté  et  de  Végnlité, 
chacun  dès  lors  s’approprie  également  celte  raison , jirétend 
l’héherger  en  lui  tout  entière,  devient  l'interprète  suprême  de 

‘ Jusqu'au  jour  de  sa  conversion  au  christianisme. 


Dii'ii,  -M'y  Google 


331  ' 


CHAPITRE  NEUVIÈME. 

foi,  et  de  quelque  façon  que  ce  chacun  raisonne  ou  dérai- 
sonne, cet  ensemble  confus,  ce  chaos  forme  la  foi  commune, 
s’il  en  reste  une  en  Israël!  l.a  /ibre  pemée  se  confond  en  con- 
•séquence  chez  le  Juif  avec  la'religion,  ce  qui  équivaut,  en 
bon  français,  h cette  absurdité  : que  la  liberlé  de  la  pensée 
se  confond  avec  la  pensée  soumise  à la  foi. 

Et  quiconque  est  libre  penseur,  c’est-à-dire  quiconque 
pense  ce  qu’il  veut,  fi'it-ce  vingt-quatre  fois  le  contraire  en 
vingt-quatre  heures,  peut  se  dire  ou  rester  Israélite;  il  est 
reconnu  membre  de  la  grande  fraternité,  digne  d’adorer 
dans  les  temples  d’Israël  et  de  reposer  dans  sa  terre  sainte-' 
Ainsi  l’a  proclamé  dogmati(iuement  le  grand  rabbin  de  l’un 
des  royaumes  de  l’Europe. 

Voilà  donc  Israël,  ce  peu])lc  hier  encore  partout  si  sem- 
blable à lui-même,  réduit,  dès  (]u’il  s’éloigne  du  Talmud 
sans  se  réfugier  dans  l’Eglise  du  ( brist,  à se  proclamer 
libéral,  ibilosophe,  libre  iienscur  et  religieux  à la  fois. 
O miracle  dos  temps!  le  voilà  r('duità  se  donner  pour  centre, 
sous  le  nom  iV Alliance  israélile  iiiiiverurlle , une  association 
dans  laquelle  tout  homme  de  toute  religion  est  en  droit 
d’apporter,  pour  en  former  un  fonds  commun,  toutes  les 
croyances  et  toutes  les  incrédulités  dont  il  s’éprend! 

Il  est  vrai  que  ce  centre  oi’i  sa  religion  se  noie  le  rend  mdtre 
d’un  monde  où  sa  croyance,  et  par  conséquent  ses  mœurs, 
ont  désormais  perdu  toute  fixité  , toute  boussole,  et  ([iie  ses 
machinations  antieliréticnnes  ont  formé  de  longue  date  à son 
image.  Or  ce  monde  que  nous  voyons  aujourd'hui  le  Juif  som- 
mer avec  arrogance  de  se  dépouiller  des  derniers  restes  de 
sa  foi , de  se  jeter  dans  ses  bras  et  de  lui  témoigner  son 
admiration,  ses  sympathies  et  ses  respects-,  ce  monde,  qui, 
loin  de  s'indigner  de  ses  prétentions,  répond  docilement  à 
sa  voix,  est  celui  de  la  grande  Révolution  mise  au  jour  par 
la  philosophie  du  dix-huitième  siècle,  dont  nous  venons  de 
voir  le  Juif  revendiquer  la  gloire;  c’est  le  monde  de  la 
grande  idée  messianique,  le  monde  qui,  sapant  les  insti- 
tutions chrétiennes,  appelle  les  peuples  à fonder  en  commun 


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33i 


LES  JUIFS. 


une  religion  liumanitaire , où  l’iiorame,  débarrassé  d’un 
Dieu  qu’il  ne  peut  comprendre  et  auquel  il  refuse  d’obéir, 
devient  à lui-même  son  propre  Messie. 


NOTE  se  rapportant  à la  page  300  de  ce  chapitre. 

Voici  ce  que,  l’an  1771  , nous  disent  du  Ghetto  d’Avi»non,  ville 
papale,  les  Essais  hislorigues  et  critiques  sur  les  Juifs  anciens  et 
modernes  : a Les  Juifs  ne.  sont  tulJrés  que  dans  une  partie  de  la  France, 
mais  ils  vivent  tranquillement  dans  tout  le  comtal  renuissin  (appar- 
tenant a Home).  La  juivcrie  d'Avignon  est  un  quartier  alTecté  aux 
Juifs,  qui  y font  leur  demeure,  et  qui  y sont  sdpares  des  autres  habi- 
tants. Le  nombre  de  ces  Juifs,  liommes  ou  femmes,  monte  à six  cents 
personnes  environ,  tous  malpropn  s et  di'goùlanls.  Autrefois,  ils  ne 
faisaient  presque  pas  d’autre  commerce  que  celui  de  la  friperie; 
mais,  depuis  quelque  temps,  ils  ont  éte.idu  leurs  vues  sur  des  objets 
plus  propres  à favoriser  leur  amour  pour  la  riche.sse.  Sous  l’appa- 
rence de  faii-e  le  maquignonnagi'  et  de  commercer  en  étoffes  et  en 
toiles,  ils  sont  venus  à bout  de  mettre  dans  leur  déjiendance  une  infi- 
nité d'hunnéles  gens  qui  ont  eu  le  n alheur  de  trouver  chez  eux  les 
premières  ressources,  et  ils  exercent  impunément,  sur  ceux  qui  leur 
sont  redevables  une  tyrannie  d'autant  plus  affreuse  qu'ils  sont  plus 
luibiles  à imposer  le  joug  par  degrés.  » 

« Les  habitants  d’Avignon  et  ceux  du  eomiat  Venaissin  ne  sont 
pas  les  seules  victimes  des  Juifs.  Ceux  des  provinces  voisines,  et  sur- 
tout de  Provence,  en  augmentent  le  nombre.  Il  faut  cependant  que 
les  Juifs  soient  bien  entreprenants  pour  oser  établir  leur  empire  en 
Provence,  car  les  arrêts  de  règlement  du  Parlement  d'Aix  des  12  et 
tO  mai  1660,  8 mai  et  Î8  septembre  1696,  et  11  septe.mbre  1697,  leur 
défendent  rxrpres.vémeiitdelréquentcrcetieprovineerjpefnedu/'ouft'...» 

Lorsque  du  fond  do  leur  juiverie,  ou  de  leur  Ghetto,  une  poignée 
de  Juifs  infimes  peuvent  exercer  un  si  cruel  despotisme  sur  la  popu- 
lation de  plusieurs  provinces,  et  braver  impunément  les  peines  les 
plus  ignominieuses,  de  quel  côté  se  trouve  la  tyrannie,  de  quel  côté 
les  martyrs?  Mais  plus  ces  Juifs  garrottent  et  pressurent  les  chré- 
tiens plus  leurs  cris  contre  l'oppression  chrétienne  déchirent  l'air.  — 
Vile  donc,  des  places  au  Sénat,  des  places  au  Parlement  pour  ces 
opprimés  ! 

T.  1*%  preaiière  partie,  p.  S04-2Û5;  Lyoo,  1771. 


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CHAPITRE  DIXIÈME. 

PREMIÈRE  DIVISION.  .VCTION  DU  JUIF  SUR  L.V  M.VRCIIE  DES 

CHOSES,  OHG.VNIS.iTION  DU  JUDAÏSME  DANS  LE  MONDE,  SES 
EFFETS. 

Le  mol  du  concile  ou  synode  judaïque  do  1869.  — La  eonstilulimi 
naturelle  du  Judaïsme.  — Ce  que  peut,  veut  et  ose  le  Juif.  — 
Grâce  aux  sociOlés  secrèles  formées  à son  image,  et  dont  il  est  l'âme, 
chacun  des  siens  est  une  maille  vivante  de  I immense  réseau  qui 
enserre  le  monde.  — Rôle  des  aflidés  de  leur  commerce  qui  em- 
brasse le  globe.  — Celle  organisation  née  d'cllc-méine.  — Néces- 
si;é  d’y  supph  er  plus  lard  par  des  assoeiaitons  arlilicielles.  — So- 
ciéin  demi-patente,  V Alliance  israélite  universelle  olfre  aux  Juifs  un 
lien  qui  les  unit  en  lous  lieux;  société  oiculte,  la  franc-magonnerie 
joue  parallèlement  le  même  rôle.  — Rien  n'ei  happe  dans  le  monde 
social  à ce  multiple  réseau  dont  les  hauts  cabalistes  du  judaïsme 
sont  les  maîtres.  — Noyau  peu  nombreux  des  vrais  initié.s.  — La 
consliiution  judaïque  de  la  franc  maçonnerie  place  en  major  ilé  dans 
ses  hauts  conseils  des  Juifs  rnitiés  et  rnitralerirs.  — Ces  sociétés 
n'rmt  d’antre  but  que  le  trionrphe  des  idrms  judaïques,  qui  sont  les 
idées  modernes-  — llehors  séduisants  de  ces  Socimés.  — Trahisons 
et  indiscrétions  qui  démasquent  le  Juif.  — Le  Juif  et  les  loges.  — 
Loges  juda’iques;  c’est  la  que  se  réunissent  lous  les  fils  de  tous  les 
événemenis  ri’volulionnairesqui  couvent  dans  les  loges  chn  liennes. 
— Instruclirm-.  — Aveux  précieux.  — Même  action  judaïco-ma- 
çonnique  dans  le  nouveau  monde.  — Le  mystère  maçonnique  est 
indispensable  à la  Synagogue  au  sein  même  des  rêpirbi  ques  les  plus 
libres.  — Mol  de  Kluber.  — Antagonisme  inévitable  eiilro  le 
judaïsme  el  les  Etals  chrétiens.  — Le  triomphe  du  Juif  sur  la  civi- 
lisation chrétienne  est  l’inévitable  résultat  de  cette  lutte. 

Le  29  juin  1869,  c’est-'a-tlire  l’année  même  du  concile 
œcuménique  convoqué  par  le  Chef  de  la  chréiienté , le  pre- 
mier concile  du  judaïsme  s’es  lotivcrt  à Leipzig,  sous  le  titre 
de  synode  israélite.  Il  a siégé  plusieurs  jours,  sous  la  pré- 
sidence du  professeur  l.azarus,  de  Uertin,  el  de  deux  vice- 
présidents  : le  rabbin  Geiger,  de  Francfort  _ el  le  cbevalier 
Joseph  de  Werlbeimer,  île  Vienne.  Deux  grandes  fractions, 
les  Juifs  réformistes  el  les  oriliodoxes,  tenaient  la  balance 
dans  ce  concile,  où  figuraient  les  représentants  de  l’.\lle- 
magne,  de  la  Russie,  de  la  Tiirtpiie,  île  IWiilrichc,  de  l’An- 
gleterre, de  la  France,  des  Pays-Ras,  etc.,  clc. 

Nous  donnons  pour  épigraphe  ’a  ce  chapitre  les  paroles 
suivantes,  auxquelles  nous  ramènerons  souvent  l’esprit  du 


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3.U  I.ES  JUIFS. 

lecteur.  Elles  font  partie  d’une  pro|)osiliün  qii'j  fil  le  docteur 
I*liili|)pson,  de  Bonn,  que  recommanda  M.  le  grand  rabbin  de 
Belgique  Astrue,  et  qui  fut  adoptée  du  concile  pur  acclamation  : 

c;  l.e  synode  reconnaît  que  le  déoeloppement  et  lu  réali.sa- 
lion  des  princi|)OS  modernes  sont  Us  plus  sûres  garanties  du  pré- 
sent et  de  l'arenir  du  judaïsme  et  de  ses  membres.  Ils  sont  les 
conditions  les  plus  énergiquement  vitales  [lour  l'exislence  expan- 
sive et  te  plus  haut  développematt  du  judaïsme.  » 

l.es  principes  modernes,  dans  la  politique  et  dans  la 
science,  sont  ceux  de  la  libre  pensée  révolutionnaire  et 
maçonnique,  dont  V Alliance  hraélite.  vniverselle  et  M.  le 
grand  rabbin  Astrue  viennent  de  se  déclarer  devant  nous 
les  patrons  parce  qu'ils  Jiidaïsent  le  monde,  parce  qu'ils 
préparent  l’avenir  du  judaïsme,  c’est-à-dire  répo(|ue  M s- 
sianique  (]ue  nous  promet  V Alliance  universelle  et  que  nous 
ne  tarderons  guère  à décrire.  M.  Kubn,  le- publiciste , a 
donc  raison  de  s’écrier  ; u Cette  revendication  des  principes 
modernes  en  faveur  du  judaïsme  est  des  plus  humiliantes 
l>our  nos  démocrates,  en  face  desquels  les  Juifs  se  dressent 
maintenant  comme  les  véruahlcs  chefs  de  file  du  progrès.  La 
domination  des  financiers  juifs  sur  les  hommes  du  progrès 
SC  trouve  ainsi  expliquée  et  justifiée.  » Kulin,22juillet  1869. 

Ces  choses  dites,  laissons  parler  notre  chapitre. 

Si  le  Juif,  tout  en  se  libérant  de  sa  foi,  conserve  cl  main- 
tient avec  un  soin  jaloux  la  bannière  de  sa  religion , ce  der- 
nier refuge  de  sa  nationalité;  s'il  étend  par  anticipation  sa 
main  sur  le  monde;  s’il  continue  de  croire,  — et  ses  prin- 
cipaux organes  nous  l'affirment, — à des  temps  Messianiques 
qui  le  rendront  un  jour  le  peuple  souverain  cl  l'arbitre  des 
peuples,  un  intérêt  énorme  s’attache  à savoir  quelles  sont, 
au  milieu  des  nations  chrélicnucs,  la  nature  et  la  variété 
des  moyens  d'action  que  possède  le  Juif  sur  la  marche  des 
clioscs,  sur  le  maintien  ou  la  transformation  de  l’ordre  social 
européen,  que,  pour  le  moment  encore,  nous  trouvons  partiel- 
lement assis  sur  les  antiques  et  solides  croyances  de  nos  pères . 


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CHAPITRE  DIXIÈME. 


335 


Voilb  donc  ce  que  nous  allons,  page  à page,  demander  h 
ce  chapitre,  et  peut-être  nous  dira-t-il  ce  que  le  Juil'/jcin, 
veut  et  ose,  grâce  â la  force  dont  jouit  Israël  en  fornnant  des 
membres  épars  de  sa  communauté  un  État  panicutier  dans 
le  sein  de  chacun  des  États  de  ce  mon<le;  grâce  au  secours 
que  lui  prêtent  des  associations  composées  d’hommes  de 
toutes  croyances,  ou  plutôt  de  toutes  les  incroyances  ima- 
ginables-, grâce  à l'empire  qu’il  exerce  sur  des  sociétés  dont 
quelques-uns  de  ses  chefs  sont  l'âme  secrète,  et  dont  l’ori- 
gine remonte  aux  traditions  les  plus  intimes  de  l'occullisme; 
grâce  à l’art,  où  nul  ne  l’égale,  de  faire  travailler  ces  sociétés 
â son  profit;  grâce  â l’immensité  sans  cesse  croissante  de  ses 
richesses;  grâce  à l’instinctive  habileté  qui  le  caractérise 
de  savoir  soulager  de  leur  or  tous  les  peuples;  grâce  aux 
leviers  qu’il  se  forge  de  cet  or  pour  soulever  et  mouvoir 
l’opinion ';  grâce  encore  â la  prodigieuse  flexibilité  de  ses 
aptitudes,  grâce  â rinllexihiliié  de  son  vouloir,  â l’impertur- 
hable  tenue  de  sou  esprit,  â la  supériorité  de  son  intelli- 
gence partout  où  les  questions  religieuses  ne  font  point  de 
cet  Argus  un  être  â part  dont  les  yeux  ont  la  propriété  de  tuer 
la  lumière;  grâce  enfin  aux  singuliers  et  merveilleux  privi- 
lèges de  sa  nature  physique,  qui  fait  de  cet  homme  l’homme 
unique,  formé  pour  braver  impunément  les  climats  les  plus 
opposés  de  la  terre,  et  se  créer  de  tout  sol  une  patrie  : c’est- 
â-dire  pour  donner  dans  sa  personne  l’unique  échantillon  de 
l’espèce  humaine  qui  puisse,  sans  mentir  îi  la  vérité  scien- 
tifique, s’intituler  cosmopolite,  ou  citoyen  du  monde  entier’. 

l'n  soutlle  irrésistible  et  mystérieux  pénètre  aujourd’hui 
l’éducation  de  l’homme  que  nous  appelons  libéral;  et  ce 
souille,  ce  n'est  déjà  plus  celui  du  ministre  de  la  religion  â 
qui  le  fondateur,  le  restaurateur  de  la  civilisation,  le  Christ’, 
a dit  : Allez  et  enseignez  tous  les  peuples.  Non!  loin  de  là; 
ce  souffle  est  l’esprit  de  ceux  qui,  fauteurs  ou  flatteurs  des 

' Si  souvent  la  reine  des  sols! 

- Voir  en  ce  cliapilre  plus  bas. 

a Insluurare  omnia  in  Cbristo. 


336  LES  JUIFS. 

rëvolulions,  s'intiliileiU  de  leur  propre  bouche  le  .sacerdoce 
de  la  presse-,  dociles  instruments,  ou  directeurs  pour  la 
plupart,  et  dans  la  plupart  des  États  de  l'Europe,  du  con- 
seil des  sociétés  secrètes,  dont  un  conciliabule,  où  le  Juif 
domine,  est  l’inspirateur  secret  et  suprêmel 

Or,  l'éducation  qui  transforme  le  chrétien  en  fidèle  de  la 
grande  communauté  révolutionnaire,  — et  peut-être  le  cha- 
pitre qui  précède  nous  permet  trait-il  de  dire  judaïque,  — 
commence  par  lui  inculquer  des  principes  auxquels  les 
moyens  de  communication  moderne  ont  donné  la  plus 
incroyable  force  d’expansion. 

L’égalité,  nous  disent  ces  principes,  est  la  loi  suprême 
des  êtres  intelligents-,  elle  est  la  seule  que  le  juste  senti- 
ment de  leur  dignité  leur  permette  d’accepter  sans  dé- 
chéance. Tous  les  hommes  ne  sont  en  définitive  que  des  égaux  ; 
tous  seyaient  les  uns  les  autres,  et,  par  conséquent,  un 
.Anglais  ne  doit  être  pour  un  Erançais  que  l’équivalent  de 
tout  autre  Français,  un  membre  de  la  même  famille 
humaine,  un  frère  auquel  ni  la  loi  de  nature  ni  les  lois  de 
la  raison  ne  l'autorisent  a préférer  un  compatriote.  .Ainsi 
sera-t-il  <le  l’ÂlIemand,  ou  du  Russe,  ainsi  de  l’Asiatique 
ou  du  Juif.  Car,  aimer  son  voisin  du  même  pays,  aimer  son 
prochain  du  même  toit,  aimer  sa  province  ou  .sa  patrie  d’un 
amour  i)rivilégié,  c’était  l'a  le  fait  d’une  âme  étroite,  d’un 
es[>rit  illihéral  et  sans  grandeur.  L'homme  véritablement 
digne  du  nom  d’homme  cesse  aujourd'hui  de  voir  sa  patrie 
dans  une  bande  de  terre  limitée;  il  la  voit  dans  l’espace 
sans  bornes  <lu  monde  habitable;  et  ceux  (jii'il  appelle  ses 
frères,  ce  ne  sont  |toint  les  simples  rejetons  d’un  simple 
rameau  de  la  race  humaine,  ce  sont  les  hommes  de  l’huma- 
nité tout  entière.  Tout  pays,  toute  famille,  tout  peuple, 
aura  sur  son  cœur  un  même  droit,  et  le  seul  nom  dont  il 
ait  'a  se  glorifier,  le  seul  qui  doive  flatter  sa  raison  est  celui 
de  cosmopolite,  c’est-'a-dire  de  citoyen  du  monde  entier'! 

' Si  tous  les  hommes  sont  frères,  comme  le  dit  dans  un  .‘cns  con- 
forme aux  intérêts  do  l'oidre  social  l'Ecriluro  sacne,  il  n'existe  sur 


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CHAPITRE  DIXIÈME. 


337 


Telle  est  ou  devienl  la  dominante  de  la  pensée  moderne, 
au  milieu  du  concert  des  voix  libérales.  Et  si  l’homme, 
ainsi  que  le  répètent  de  tous  côtés  les  organes  de  la  Révo- 
lution , doit  être  comopolite;  si  les  peuples  réunis  d’abord 
en  corps  de  nation , doivent  s’unifier  ensuite  et  ne  plus  for- 
mer qu’une  famille,  une  république  universelle %t  unique, 
empressons-nous  de  signaler  une  conséquence  rigoureuse 
qui  naît,  qui  découle  de  ces  prémisses,  et  qui  nous  suit  pas 
b |>as  : c’est  que  l’homme  est , ou  que  tôt  ou  tard  il  doit 
être  et  sera  le  subordonné,  le  sujet  du  Juif. 

Et  [Kiurquoi  le  sujet?  Ab!  si  ce  mot  interrogatif  nous  est 
adressé,  les  yeux  de  celui  qui  nous  interroge  ne  sont  pas 
encore  ouverts,  et,  dès  lors,  ne  craignons  pas  d’étonner  le 
lecteur  en  aflirmant  ce  que  nous  ne  démontrerons  que  tout 
k l’heure  : c’est  que,  seul  entre  tous  les  peuples,  le  Juif  est 
citoyen  du  monde  entier;  c’est  que,  seul,  il  inscrit  en  tous 
lieux  sa  naissance  sans  que  la  terre  ait  une  latitude  h la- 
quelle il  soit  permis  de  lui  être  marâtre-,  c'est  que,  seul,  il 
se  mêle  h tons  les  peuples  et  sans  jamais  s’y  confondre; 
c’est  que,  seul,  par  conséquent,  il  représente  un  peuple  tou- 
jours le  même  dans  le  sein  des  autres  peuples;  c’est,  en  un 
mot,  que  la  nation  juive,  s’il  lui  plaisait  de  tirer  des  délégués 
judaïques  de  tous  les  points  de  l'horizon,  et  de  former  de 
ces  élus  un  vaste  congrès,  pourrait,  à elle  seule,  représenter 
tous  les  intérêts,  tous  les  idiomes,  et  toutes  les  nationalités 
de  la  terre!  Et,  dans  ce  sens,  parfait  représentant  du  globe 
entier,  elle  ferait  voir  dans  chacun  des  siens  une  maille 
vivante  de  l’immense  réseau  qui  doit,  en  réalisant  ses  espé- 
rances, enserrer  un  jour  tous  les  hommes. 

Couverte  par  une  invisible  protection,  que  l’Église  et  la 
Synagogue  ont  chacune  à leur  point  de  vue  nommée  mira- 
culeuse, la  nation  juive  se  trouva  préservée  du  naufrage  qui 


terre  qu’une  race  unique,  proveuanl  d’un  même  père.  Or,  l'école  libé- 
rale pres(]ue  tout  entière  soutient  le  contraire , dans  son  inconsé- 
quence, afin  d’attaquer  ce  qu'établit  la  parole  biblique  ou  divine, 
c’est-à-dire  l'unité  de  la  race  liumaine! 

a 


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338 


LES  JUIFS. 


devait  rengloiitir  dans  les  Ilots  sans  cesse  tourmentés  de 
cette  mer  qui  forme  la  multitude  des  peuples.  L’éternel 
mouvement  qui  l’y  ballottait  l’y  soutint  au  milieu  des 
populations  exaspérées  contre  scs  mœurs  nationales  par- 
tout où  le  Talpmid  resta  sa  loi.  Courbés  dix-huit  siècles 
durant  sous  le  poids  de  la  haine  et  du  mépris,  ces  Gis  de  la 
disper-sion  se  formèrent  donc,  comme  par  la  force  des  choses, 
en  une  immense  et  compacte  société  que  le  soin  de  son 
salut,  et  que  des  espérances  inhérentes  b sa  foi,  discipli- 
nèrent sous  la  lui  rigoureuse  du  secret.  Entretenant  du  sein 
de  cet  océan  des  peuples,  au  milieu  duquel  apparaissaient 
leurs  tètes  éparses,  des  rapports  de  religion,  d’affaires  et  de 
nationalité , qui  de  chacun  des  divers  pays  habités  par  eux, 
les  liaient  les  uns  aux  autres,  ces  frères,  qui  eussent  perdu 
le  titre  de  citoyens  juifs  s’ils  se  fussent  écartés  de  leur  foi 
judaïque,  épiaient  d’un  œil  sagace  et  tendu  tout  incident 
propre  b servir  leurs  farouches  instincts,  tout  événement 
apte  b soutenir  la  longue,  l’infatigable  attente  de  leur  race. 
La  grandeur  et  l’ubiquité  de  leur  commerce,  la  dévorante 
et  la  secrète  activité  de  ses  affidés,  devenus  pour  eux  le  seul 
et  infaillible  moyen  de  se  concerter  et  d’agir,  portaient  des 
uns  aux  autres,  avec  le  silence  et  la  rapidité  de  l’oiseau 
nocturne,  le  mot  d’ordre  dont  la  magi(|ue  puissance  établis- 
sait b la  fois  sur  tous  les  points  du  monde  la  pensée  com- 
mune et  l’action  d’ensemble'.  Ainsi  donc,  du  milieu  des 
peuples  qui  l'abhorraient,  Israël  gémissant  de  la  faiblesse  ap- 
parente que  lui  causait  sa  dispersion,  couvrait-il  la  face  entière 
du  globe  d'une  famille  de  frère»,  d’une  affiliation  sacrée 
dont  chaque  membre,  serviteur  de  tout  autre  membre, 
puisait  sa  force  sur  le  tronc  commun;  image  grandiose  de 
ce  polype  géant  qui,  dans  le  sein  des  mers,  livre  aux  cou- 
rants dont  le  Ilot  l' agile  et  le  nourrit,  ses  innombrables  ten- 
tacules et  ses  inévitables  suçoirs, 

• Le  récit  de  l’enlèvement  des  enfants  do  Drach,  opéré  de  nos  jours, 
et  que  nous  avons  rapporté,  suffit  i donner  une  idée  de  cette  organi- 
sation naturelle  et  mystérieuse  d’Israël. 


CHAPITRE  DIXIÈME.  339 

Celle  organisation  du  judaïsme  naquit  en  quelque  sorte 
d’elle-méme  -,  elle  fut  de  tous  les  siècles,  et  parut  suffisante 
aux  intéressés  jusqu’au  jour  où  les  liens  religieux,  en  se 
relâchant,  entraînèrent  le  relâchement  des  liens  de  la  na- 
tionalité judaïque.  Ce  fut  alors  que  les  moyens  artificiels , 
créés  pour  venir  en  aide  à ceux  qui  s’étaient  formés  de  la 
nature  des  choses,  réclamèrent  rattenlion  sérieuse  des 
chefs  ou  des  grands  meneurs  de  la  nation  -,  et  les  sociétés 
de  l’occultisme,  au  sein  desquelles  nous  allons  apercevoir 
dans  un  instant  l’infiuence  et  l’action  du  Juif,  furent  le 
moyen  par  excellence.  L’une  d’elles  s’organisait  h ciel  demi 
ouvert,  et  formait  le  plus  universel  des  liens,  c’est-h-dire 
une  société  de  défense,  d’attaque  et 'de  propagande  dont  nous 
avons  entrevu  tout  à l’heure,  sous  le  nom  à' Alliance  îsraélite, 
l’insidieuse  texture.  Douce  d’une  constitution  plus  active  et 
plus  militante  que  celle  d’un  peuple  dispersé,  cette  alliance 
semble  au  premier  coup  d’œil  n’en  être  qu’une  inutile 
variante,  qu’une  doublure  insignifiante.  Mais,  ouverte  aux 
rêveurs,  aux  transfuges  et  aux  contempteurs  de  tous  les 
cultes,  elle  a le  mérite  de  se  prêter  à des  combinaisons  plus 
vastes,  et  d’offrir  aux  éléments  étrangers  dont  elle  prépare  et 
réalise  l’assimilation,  des  cadres  d’une  élasticité  sans  bornes. 
Elle  aide  les  hommes  progressifs  d’Israèl , habiles  h parer 
leur  visage  des  engageants  sourires  d’un  libéralisme  politi- 
que et  religieux,  b se  concilier  les  masses  naïves;  et,  sous 
prétexte  de  servir  U la  fois  les  intérêts  et  les  consciences,  elle 
pose  doucement  a leur  tête  les  hauts  directeurs  de  Juda. 
Elle  rapproche  enfin  quiconque  est  de  sang  judaïque  de 
ces  chrétiens  de  naissance  qui  sont,  mais  à leur  insu  pour 
la  plupart,  les  alliés  et  les  sujets  du  Juif,  et  qu’elle  façonne 
dans  ses  rangs  k mêler  fraternellement  leurs  sympathies  et 
leurs  haines  à celles  des  fils  de  Jacob,  dont  naguère  le  nom 
meme  était  pour  eux  l’expression  du  mépris  suprême. 

C’est  ce  pêle-mêle  d’hommes  de  nuances  et  de  positions 
diverses,  nourris  de  préjugés  antisociaux , indifférents  è toute 

croyance  ou  animés  de  sourdes  haines  contre  le  christia- 

22. 


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340 


LES  JUIFS. 


uismo,  que  la  franc-maçonnerie,  reine  pour  le  moment  des 
sociétés  de  roccullisme,  appelle  ou  déjà  compte  et  réunit 
dans  son  sein  : la  Maçonnerie,  cette  immense  association 
dont  tea  rare*  iniliés,  c'est-a-dire  dont  les  chefs  réels,  qu’il 
faut  se  garder  de  confondre  avec  les  chefs  nominaux,  vi- 
vent dans  une  étroite  et  intime  alliance  avec  les  membres 
militants  du  judaïsme,  princes  et  initiateurs  de  la  haute 
cabale  ' î Car  il  importe  de  le  réjwter,  cette  élite  de  l’Ordre, 
ces  chefs  réel*  que  si  peu  d'initiés  connaissent , et  qu’ils  ne 
connaissent  jwur  la  plupart  que  sous  des  noms  de  guerre 
fonctionnent  dans  la  proOtable  et  secrète  dé[)endance  des 
cabalistes  Israélites.  Et  ce  phénomène  s’accom|)lit  grâce  aux 
habitudes  de  rigoureuse  discrétion  auxquelles  les  assujet- 
tissent des  serments  et  des  menaces  terribles  ; grâce  encore 
â la  majorité  de  membres  juifs  que  la  mystérieuse  constitu- 
tion de  la  maçonnerie  assoit  dans  son  conseil  souverain. 

One  si  quelque  chose  de  malsonnant  offense  l’oreille  dans 

' Lire  plus  bas  le  ctiapitre  Cabale. 

La  plus  imporlanie  oes  associations  occulles,  celle  qui,  avant  de 
s’evre  laissi  pénétrer,  commit  tant  de  ravages  dans  le  monde,  et  que 
le  sceau  du  judaï-rae  marque  de  signes  impossibles  à nier,  un  savant 
adepte  nous  le  dit  : c’est  « la  grande  association  cabalistique  connue 
de  nos  jours  en  Europe  sous  le  nom  de  Maçonnerie.  » Avant  de  porter 
ce  nom  tout  moderne,  elle  > apparait  tout  à coup  dans  le  monde  au 
moment  où  la  grande  protestation  du  seizième  siècle  contre  l’Eglise 
vient  démembrer  l’unité  chrétienne.  » Elle  tolère  toutes  les  croyances 
jiarco  qu'elle  n’en  reconnaît  aucune,  « et  ne  professe  qu’une  seule 
philosophie  • (Bliphas  Lévi , Hisl.  de  la  magie,  ibid.,  p.  399-400.), 
celle  du  protestantisme  transcendant.  Cette  philosophie  de  la  raison 
révolU‘0,  qui  fut  des  l’origine  celle  dos  hauts  initiés  de  la  Cabale,  est 
celle  même  que  professe  île  nos  jours,  à ciel  ouvert,  l'Alliance  Israélite 
universelle,  ouverte  aux  mécontents  de  tous  les  ctikes. 

Quiconque  daignera  scruter  avec  quelijue  soin  la  a grande  asso- 
dlation  cabalistique  e de  la  maçonnerie,  quiconque  étudiera  aux 
sources  historiques  son  origine  et  ses  principes,  son  organisation  et 
ion  but,  ne  verra  guère  en  elle  qu’une  œuvre  audacieuse  du  judaïsme, 
une  juiverie  artificielle  recrutée  d'hommes  étrangers  à la  race  juive, 
et  surtout  de  chrétiens!  La  plupart  de  ces  chrétiens  lui  supposent  un 
but  innocent;  mais  ceux-ci  ne  sont  point  les  initiés,  ce  sont  les 
appeaux.  — La  Maçonnerie  cabalistique  a encore  un  de  ses  rentres,  cl 
peut-être  son  centre  primitif,  dans  la  Chaldée,  pays  natal  de  la  cabale; 
elle  a un  do  ses  grands  chefs-lieu*  chez  les  Druses. — Nous  avons  traité 
ailleurs  ces  questions...  Voir  plus  bas,  chapitre  Cabale. 

* Tels  que  Nubius  et  le  juif  Piccolo-Tigre. 


bv  Çooqle 


CHAPITRE  DIXIÈME.  Ui 

nos  paroles,  peu  de  lignes  suflironl  a rasséréner  les  esprits, 
et  surtout  l’esprit  de  quiconque  se  donnera  la  peine  d’ob- 
server que  ces  sociétés  de  l’occultisme  n’ont  en  définitive 
d’autre  but  sérieux  que  celui  des  associations  judaïques  dont  elles 
ne  sont  que  des  variantes  à physionomie  quasi-chrétienne  -, 
car  la  pensée  qui  les  dirige  est  la  même , et  nous  le  savions 
avant  qu’un  accident  eôt  mis  au  jour  la  correspondance  des 
Nubius  et  des  Piccolo-Tigre;  car  tout  leur  labeur  se  borne, 
car  toute  leur  activité  s’applique  et  s’use  h la  propagation,  h 
l’éclosion  des  idées  et  des  faits  qui  doivent  être  l’anéantis- 
sement de  la  doctrine  du  Christ  dans  les  sociétés  chré- 
tiennes. En  d’antres  termes,  le  but  unique  de  leurs  cITorts 
est  la  réalisation  du  triomphe  des  idées  judaïques,  procla- 
mées sous  le  nom  de  principes  modernes  par  Israël  lui-même 
(«n  tête  de  ce  chapitre),  et  dont  la  conséquence  est  l'ère  .Mes- 
sianique que  ses  vœux  appellent.  (Voir  plus  bas.) 

La  flexibilité  caractéristique  des  adeptes  de  l'occultisme 
leur  permet  de  se  faire  tout  k tous;  l’élasticité  de  leurs 
doctrines  s’étend  jusqu’au  prodige,  et  leur  insidieuse  phra- 
séologie sait  aussi  doucement  caresser  ici  le  Christ,  objet 
de  leurs  sourdes  et  implacables  hostilités,  que  le  conspuer 
là-bas.  En  un  mot,  les  actes  des  sociétés  secrètes  dont  les 
chefs  apparents  portent  des  noms  chrétiens,  se  glissent  par 
cette  raison,  et  sont  reçus  dans  notre  milieu  social  avec  une 
faveur  qui,  sous  le  nom  du  Juif,  sc  tournerait  en  méfiance. 
Et , sous  le  couvert  de  ces  noms  honorables , les  yeux  ras- 
surés du  vulgaire,  loin  de  saisir  l’antichrétienne  réalité  des 
aspirations  et  des  œuvres,  se  laissent  éblouir  par  les  tapa- 
geuses apparences  d’une  philanthropie  réelle  et  sincère  chez 
l’immense  majorité  de  ses  membres,  mais  aussi  fausse  que 
trompeuse  chez  ses  grands  et  véritables  initiés,  chez  ses 
mystérieux  directeurs. 

Quelques  maladresses  commises  sous  des  yeux  qui  com- 
mençaient k s’entr’ouvrir,  et  au  moment  où  la  certitude  de 
succès  entrevus  poussait  de  téméraires  adeptes  k se  dé- 
masquer; de  nombreuses  indiscrétions  échappées  k l’ivresse 


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LES  JUIFS. 


3i! 

d’un  triomphe  prochain,  et  dont  les  lugubres  splendeurs 
laissaient  percer  déjà  quelques-uns  de  leurs  rayons;  des 
aveux  clairs,  des  révélations  positives,  voilà  ce  qui  nous 
permet,  en  dehors  de  nos  données  personnelles,  d'asseoir 
un  jugement  certain  sur  le  mode  et  la  puissance  d'action  de 
ces  hautes  sociétés  de  l'occultisme,  où  les  chrétiens  vien- 
nent SC  ranger  par  troupeaux  sous  la  main  du  Juif.  Assez 
d’avis  jetés  du  haut  des  toits-,  assez  de  documents  épars 
dans  cet  ouvrage  même,  auront  éveillé  l'oeil  et  l’oreille  du 
public  pour  que  nous  nous  bornions  à ne  reproduire  en  ce 
moment  que  quelques  rares  et  brèves  confirmations  de  nos 
pages 

Dans  cette  Allemagne,  où  les  Juifs  et  les  sociétés  auxi- 
liaires des  Juifs  SC  sont  depuis  longtemps  mis  en  tête  iCuni- 
fier  les  peuples  et  de  les  constituer  en  empire,  afin  de  substi- 
tuer plus  lard  avec  aisance,  et  d'un  seul  mouvement,  a celte 
forme  de  gouvernement  celle  de  la  république  cosmopolite, 
les  feuilles  histoiiques  et  politiques  de  Munich'  publièrent 
en  l'an  de  grâce  1802,  et  à l'occasion  de  la  brochurq  d'Al- 
ban  Stolz  sur  la  franc-maçonnerie , les  doléances  d’un  ma- 
çon de  Berlin.  Ces  pages,  y aflirme-t-on,  passèrent  sous  les 

yeux  du  roi  Guillaume; et  l’auteur,  tout  attaché  qu’il 

est  au  culte  protestant,  y signale  comme  le  danger  le  plus 
imminent  pour  le  trône  et  pour  l’autel  « la  puissance  que 
les  Juifs  ont  su  acquérir  par  le  moyen  de  la  franc-maçonne- 
rie, {luissancc  qui  aurait  atteint  au/ourd’AMÎ  son  zénith.  » 

Il  existe  en  .Mlcmagnc,  nous  dit-il,  — et  nous  laissons  à 
chacun  la  pleine  responsabilité  de  ses  paroles,  — « il  existe 
une  société  secrète  à formes  maçonniques,  qui  est  soumise 
à des  ehefs  inconnus.  Les  membres  de  cette  association  sont 
pour  la  plupart  Israélites;  leurs  grades  et  leurs  systèmes  n’ont 
de  rites  et  de  symboles  chrétiens  que  pour  la  forme,  et  ser- 
vent par  là  d’autant  mieux  à couvrir  leur  action.  Les  Juifs 
n’y  font  usage  de  christianisme  que  par  moquerie  ou  pour 

' Reproduites  dans  le  journal  de  Bruxelles;  id.,  dans  le  Monde,  le 
5 novembre  1 862. 


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CHAPITRE  DIXIÈME.;  343 

masquer  encore  l’obscurilé  de  leurs  projets  et  de  leurs  in- 
trigues. » 

« 11  ne^  s’agit  nullement  ici  de  calomnies  ridicules  aux- 
quelles la  sottise  est  seule  encore  h ajouter  foi Non,  et 

les  criminels  ne  restent  plus  dans  l’ombre  ; ils  se  produisent, 
paraissent  comme  s’ils  étaient  nos  frères,  et  se  vantent  de 
la  protection,  de  l'alliance  meme  de  princes  allemands.  » 
Ajoutons  « que,  dans  les  derniers  temps,  les  Juifs  ont  été 
exclus  d’un  certain  riomèrede  loges;  mais  que,  maintenant , ils 
sont  reçus  universellement  dans  toutes  les  loges  du  monde.  A 
Berlin,  les  Juifs  sont  parvenus,  depuis  la  mort  du  pieux  roi 
Frédéric-Guillaume  IV,  h se  faufiler  dans  les  loges  par  les 
portes  de  derrière.  Pour  cela  ils  se  faisaient  admettre  ail- 
leuis,  et  on  leur  accordait  alors  ici  l'entrée.  .Maintenant  que 
plus  une  seule  loge  ne  leur  est  inaccessible , il  existe  d’autres 
loges  composées  exclusivement  d<^  Juifs,  dans  lesquelles  les 
non-Juifs  n’ont  pas  d'accès.  A Londres,  OÙ  SC  trouve,  comme 
on  sait,  le  foyer  de  la  révolution,  sous  le  grand  maître  Pal- 
merston,  il  existe  deux  loges  juives  qui  ne  virent  jamais  de 
chrétiens  passer  leur  seuil.  C’est  là  que  se  réunissent  tous  les 
fils  de  tous  les  éléments  révolutionnaires  qui  couvent  dans  les  loges 
chrétiennes' . » 

Ces  paroles  révélatrices,  sans  répéter  exactement  nos  pa- 
roles, sont  loin,  ce  nous  semble,  d’en  diminuer  la  valeur. 

En  Italie,  les  membres  de  la  Vente  suprême  n’étaient 
connus  du  petit  nombre  d’adeptes  supérieurs  auxquels  ils 
dictaient  leurs  ordres,  que  par  des  noms  de  guerre,  [.'un  des 
plus  célèbres,  lecompagnondu  fameux  Nubius,  portait  le  nom 
de  Petit-Tigre  (Piccolo-Tigre).  Redoutable  et  atroce  cham- 
pion de  l’occultisme,  ce  potentat  des  Ventes  itait  un  Juif*-, 

' Reproduites  dans  le  journal  de  Bruxelles;  id.,  dans  le  Monde,  le 
6 novembre  tS6î. 

2 Le  pseudonyme  et  sycophante  Nubius  fréquentait  à Rome  quel- 
ques-uns de  nos  amis,  à l’epoque  où  nous  visitâmes  cette  ville.  Ce 
scéirrat  consommé,  qui  avait  la  confiance  deM.  le  prince  de  Metter- 
nich,  premier  ministre  do  l’empereur  d'Autriche,  et  pompait  ainsi  tes 
secrets  d’ktat,  fut  empoisonné  par  les  siens  après  avoir  (ail  des  mer- 
veilles en  faveur  de  la  révolution  anticbréiienne. 


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34i 


tES  JUIÏS. 


cl  dans  les  instructions  que  transmetlait  sa  plume  aux 
agents  supérieurs  de  la  Vente  piémonlaise,  nous  lisons  ces 
lignes,  h la  date  du  18  janvier  1822  : 

« L’essentiel,  c’est  d’isoler  l'homme  de  sa  famille,  et  de 

lui  en  faire  perdre  les  mœurs Il  aime  les  longues  causeries 

du  café,  l’oisiveté  des  spectacles'.  Entraînez-le,  souiirez-le. 
donnez-lui  une  importance  quelconque,  apprenez-lui  discrète- 
ment h s’ennuyer  de  ses  travaux  journaliers,  et,  par  ce 
manège,....  après  lui  avoir  montré  combien  sont  pénibles  tous 
les  devoirs,  VOUS  lui  inculquez  le  désir  d’une  autre  existence, 
l/homme  est  né  rebelle.  Attisez  ce  désir  de  rébellion  jus- 
qu’î»  l’incendie,  mais  que  l’incendie  n’éclate  pas!  C’est  une 
préparation  ’a  la  grande  œuvre  que  vous  devez  commencer. 
Quand  vous  aurez  insinué  dans  quelques  âmes  le  dégoût  de 
la  familbe  et  de  la  religion , laissez  tomber  Certains  mots  qui 
provoquent  le  désir  d’être  affilié  ’a  la  loge  la  plus  voisine. 
Celte  vanité  du  citadin  ou  du  bourgeois  de  s’idenlilier  à la 
franc-maçonnerie  a quelque  chose  de  si  banal  et  de  si  uni- 
versel, que  je  suis  toujours  en  admiration  devant  la  stupidité 
humaine.  Je  m’étonne  de  ne  pas  voir  le  monde  entier  frap- 
per à la  porte  de  tous  les  Vénérables,  et  demander  à ces 
messieurs  l’honneur  d’être  l’un  des  ouvriers  choisis  pour  la 
reconstruction  du  temple  de  Salomon  ’ ! » 

Une  loge  semblable  à celle  que  nous  venons  de  signaler 
à Londres,  c’est-h-dire  entièrement  composée  de  Juifs,  et  où 
se  réunissent  tout  les  fils  des  trames  révolutionnaires  ourdies  dans 
les  loges  chrétiennes,  existe  h Rome,  où  elle  est  « le  suprême 
tribunal  de  la  Révolution.  De  là  sont  dirigées  les  autres  loges 


' Et  les  cercles I la  vie  facile,  les  connaissances  des  cercles,  où  de 
ai  nombreux  affidés,  placés  sous  l'habile  direction  des  chefs  de  l’oc- 
cultisme, déroutent,  tout  en  les  coudoyant,  les  plus  Gns  limiers  de  la 
police.  AhI  si  les  mères  de  famille  savaient!  Mais,  être  membre  de 
tel  ou  tel  cercle,  où  tant  de  clinquant  se  mêle  à tant  d’or  pur,  cela 
relève  si  bien  on  jeune  homme  I 

^ Ce  terme  symbolique,  et  dont  le  vrai  sens  est  connu  seulement  de 
la  haute  et  invisible  hiérarchie  du  Temple  et  de  la  Maçonnerie , com- 
posée de  cabalistes  juifs , signiGe  la  reconstitution  de  la  puissance  ju- 
daïque sur  les  ruines  du  christianisme. 


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CHAPITRE  DIXIÈME. 


315 

comme  par  des  chefs  secrets,  de  sorte  que  la  plupart  des  révo- 
lutionnaires chrétiens  ne  sont  que  des  marionnettes  aveugles 
mises  en  mouvement  par  des  Juifs  au  moyen  du  mystère,  u 

« A Leipzig  ' , h l’occasion  de  la  foire  qui  fait  arriver  en 
cette  ville  une  partie  des  hauts  négociants  juifs  et  chré- 
tiens de  l’Europe  entière,  la  loge  juive  secrète  est  chaque  fois 
permanente,  et  jamais  maçon  chrétien  n'y  est  reçu;  voilil  ce  qui 

fait  ouvrir  les  yeux  à plus  d’un  d’entre  nous Dans  les 

loges  juives  de  Hambourg  et  de  Francfort,  il  n’y  ?t  que  des 
émissaires  qui  aient  accès.  Le  nom  de  cette  dernière,  Absa- 
lon  aux  trois  orties,  fait  entrevoir  sa  nature  politique  brû- 
lante {nomen  et  omen).  n 

(I  Daigne  le  Tout-Puissant  adoucir  les  épreuves  qui  fon- 
dent snr  les  grands  par  suite  de  leur  insouciance,  et  leur 
faire  comprendre  ce  que  veulent  les  travaux  de  la  maçonnerie 
pour  révolutionner  et  républicaniscr  les  peuples  dans  l’intérêt  du 
judaïsme!  Puissent-ils  se  rappeler  cITicacement  la  prédiction 
de  Napoléon  1"  : Dans  cinquante  ans  l’Europe  sera  républi- 
caine ou  cosaque Et  cette  autre  de  Burke  : Un  temps 

viendra  où  les  princes  devront  devenir  des  tyrans,  parce 
que  les  sujets  seront  devenus  des  rebelles  par  principe  ’ ! >> 

Si  ce  langage  n’était  celui  de  nombreux  fidèles  du  pro- 
testantisme , sans  doute  nous  serait-il  quelque  peu  sus|>cct, 
mais  frappée  qu’elle  fut  des  anathèmes  de  l’Église,  la  ma- 
çonnerie compte  dans  son  sein  l'immense  majorité  des  mi- 
nistres de  la  réforme  -,  les  témoignages  qui  nous  arrivent  de 
ce  côté  portent  donc  un  caractère  d’impartialité  vraiment 
remarquable. 

Excité,  facilité  par  Israël,  le  mouvement  révolutionnaire 
auquel  ce  peuple  entreprenant  dut  la  conquête  de  ses  droits 
de  cité  ne  cesse  et  n'a  jamais  cessé  de  trouver  dans  la  partie 
remuante  du  judaïsme  les  agents  les  plus  dévoués , les  propa- 

‘ Où  s’est  tenu  le  concile  oecuménique  judaïque  de  4869.  Voir  en 
tête  de  ce  chapitre. 

^ Feuilles  historiques,  ut  suprà  diet.,  excepté  deux  alinéas  qui  re- 
gardent la  circulaire  du  Juif  le  Petit-Tigre. 


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3«  LES  JDIFS. 

gateurs  les  plus  audacieux  et  de  l’habileté  la  plus  rare.  Être 
en  pays  chrétien  l’égal  du  chrétien,  c’est  quelque  chose 
déjà  I>our  le  Juif;  mais  cela  ne  saurait  rassasier  l'insatiable 
ambition  de  cet  admirable  machinateur;  et  trop  bien  sait-il 
devoir  ses  plus  incroyables  succès  au  jeu  constant  des  asso- 
ciations mystérieuses  dont  sa  main  couvre  le  monde  comme 
un  réseau,  pour  s’arrêter  et  s’endormir  à cette  première 
étape  de  son  triomphe. 

Certes,  nous  disait-il  de  sa  propre  bouebc  un  instant 
avant  de  répéter  avec  une  audace  croissante  sa  profession  de 
foi  dans  son  concile  de  1869,  « l’Israélite  se  montrerait 
bien  imjrat  s’il  ne  reconnaissait  pas  tout  ce  qu’il  doit  au 
mouvement  qui,  depuis  trois  siècles,  » c’est-à-dire  depuit 
Luther,  « a ébranlé,  et  dejiuis  quatre-vingts  ans,  » c’est-à- 
dire  depuis  la  proclamation  des  théories  de  1789,  « a ren- 
versé l’ancienne  organisation  de  la  société.  L’âpre  souffle  de 
la  persécution  ne  nous  oblige  plus  à non»  serrer /es  uns  contre 
Us  autres;  nous  pouvons  marcher  isolément,  sans  crainte 

d’attaques  hostiles  contre  nos  personnes  ou  notre  foi 

Nous  avons  observé  ces  tendances  de  la  société  moderne; 
nous  avons  sérieusement  médité  sur  les  conséquences 
qu'elles  devaient  avoir  pour  notre  culte,  » indissolublement 
lié  aux  intérêts  de  la  nationalité  judaïque,  « et,  loin  d’y 
avoir  rien  trouvé  qui  nous  démontrât  la  nécessité  de  relâ- 
cher le  lien  de  la  communauté , nous  y avons , au  contraire , 
puisé  de  nouvelles  raisons  pour  le  maintenir  et  le  fortifier'. 
Or,  l’un  des  plus  sûrs  moyens  de  le  fortifier  consiste  dans 
l’adjonction  et  la  multiplication  de  communautés  auxiliaires, 
de  sociétés  parallèles,  entées  sur  celle  du  judaïsme,  et  de 
la  manière  dont  les  bois  parallèles  destinés  à fortifier  les 
grosses  poutres  sont  appliqués  et  rivés  à leurs  flancs. 

Car  ce  n’est  pas  au  moment  de  la  victoire  qne  le  conqué- 
rant se  relâche  de  ses  efforts  et  renonce  à la  fois  aux  moyens 
et  aux  bénéfices  de  la  conquête!  Partout  où  s’étend  le  sol  de 
la  terre  habitable,  partout  où  son  appui  se  prête  aux  pieds 

‘ Urtivers  israelite,  111,  p.  1Î9;  4866. 


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CHAPITRE  DIXIÈME. 


3i7 


du  chrétien,  et  sous  quelque  variété  de  formes  que  les  gou- 
vernements s'y  produisent,  le  Juif,  plus  que  jamais,  doit 
donc  consolider  les  liens  qui  lient  l'un  h l’autre  les  mem- 
bres de  ta  communauté;  le  Juif,  plus  que  jamais,  doit  en 
outre  resserrer  les  nœuds  des  associations  secrètes  que  sa 
communauté  traite  en  Giles  obéissantes,  et  qui  fonctionnent 
b son  profil! 

Et  le  continent  américain  ne  devait  point  échapper  lui- 
même  'a  ce  plan,  disons  mieux,  k ces  habitudes  instinctives 
d’Israël  ; aussi  lirons-nous  sans  surprise  les  lignes  suivantes 
dans  l’un  des  organes  les  plus  accrédités  du  judaïsme  : 

B II  a été  fréquemment  question  de  Cordre  itraélhe  de 
Beui-Bérilh,  c’est-k-dire  des  /Ht  de  l’alliance,  qui  s’est  créé 
aux  Etats-Unis.  Comme  l’importance  de  cet  ordre  s'accroît 
incessamment,  et  qu’il  est  fort  peu  connu,  il  nous  paraît  utile 
d’analyser,  d’après  les  feuilles  américaines,  le  dernier  mes- 
sage du  grand  maître  de  l'ordre,  M'  B.  F.  Peixolto.  « 

B L’ordre  des  Beni-Berith  a envoyé  aux  victimes  israélites 
du  choléra,  en  Orient,  près  de  5,000  dollars  (25,000  l'r.). 
Le  grand  maître  visite  aussi  souvent  que  possible  les  loges 
affiliées.  Cette  année,  il  a visité  celles  de  onze  villes  considéra- 
bles. Il  y a ouvert  des  conférences  et  prononcé  des  allocutions 
pour  les  instruire  sur  leurs  devoirs  comme  Gis  do  covenant, 
pour  fortifier  en  eux  le  sentiment  et  l’amour  des  objets 
supérieurs  que  poursuit  l’Ordre,  k savoir  : l'avancement 
moral  et  intellectuel  de  la  famille  d'Israël,  et  l’union  la  plus 
parfaite  entre  tes  membres.  Celte  lâche  est  d’autant  plus  urgente 
que  la  population  Israélite  de  l’Amérique  s’étant  formée 
de  races  cl  de  nationalités  diverses,  il  a dû  s’y  produire  des 
divergences  et  des  antipathies  qu’il  faut  amortir'.  » 

Les  loges  maçonniques,  que  maudit  l'Église  chrétienne, 
deviennent  donc  pour  Israël  les  suppléantes  indispensables 
de  la  Synagogue; et,  jusque  dans  le  sein  des  républiques  les 
plus  libres,  le  judaïsme  cède  au  besoin  de  ne  répandre  gi^à 
l'ombre  du  mystère,  et  dans  le  fond  des  loges,  ce  qu’il  appelle 
‘ Archivet-israélites , XX,  p.  885-6;  4866. 


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3i8 


LES  JDIFS. 


l’édiicalion  inlellectuelle  et  morale  des  siens,  « l’amour  da 
objetê  supérieurs  que  poursuit  l’Ordre,  » et  le  mot  de  rallie- 
ment qui  fait  marcher  les  frères  adoptifs  du  même  pas  que 
Les  frères  du  même  sang. 

Aidés  dans  tous  les  royaumes  de  la  terre  par  le  secours 
mutuel  que  s'entre-prctent  avec  ardeur  les  membres  de  leur 
communauté;  aidés  par  les  secours  qu’ils  puisent  dans  des 
associations  mixtes  et  patentes;  aidés  par  les  secours  et  la 
protection  que  leur  doivent  et  leur  prodiguent  les  sociétés 
secrétes,  où  leur  poste  est  le  poste  suprême,  et  dont  la  puis- 
sance égale  ou  domine  aujourd’hui  toute  puissance;  citoyens 
de  leur  propre  nation  et  citoyens  de  la  nation  qui  les 
adopte,  c’est-à-dire  deux  fois  citoyens,  et  deux  fois  splen- 
didement protégés  dans  la  patrie  où  chaque  chrétien  ne 
l’est  qu’une  seule,  les  Juifs,  dont  l’astuce,  dont  l’audace  et 
le  savoir-faire  ont  été  de  tout  temps  chose  proverbiale,  ont 
sur  tout  indigène  des  États  chrétiens  le  plus  incontestable 
des  avantages  et  s’en  prévalent  avec  une  habileté  singulière 
pour  accroître  une  influence  déjà  si  grande.  Simple  obser- 
vateur du  fait,  dont  il  ne  semblait  point  démêler  la  cause, 
un  homme  d’esprit  de  race  Israélite  écrivait  donc,  il  y a déjà 
quelque  temps,  avec  vérité  : Les  Juifs  « remplissent,  pro- 
portion gardée,  et  grâce  à leur  insistance,  plus  d’emplois 
que  les  autres  communions  catholiques  et  protestantes.  Leur 
désastreuse  influence  se  fait  sentir  surtout  dans  les  affaires  qui 
pèsent  le  plus  sur  la  fortune  du  pays;  il  n’est  point  d’entre- 
prise dont  les  Juifs  n’aient  leur  large  part,  point  d’emprunt 
public  qu’ils  n’accaparent,  point  de  désastre  qu’ils  n’aient  pré- 
paré et  dont  ils  ne  profitent;  ils  sont  donc  mal  venus  à se 
plaindre,  ainsi  qu’ils  le  font  toujours,  eux  qui  ont  toutes  les 
faveurs  et  qui  font  tous  les  bénéfices  ' ! » 

En  un  mot,  forts  contre  chacun  de  nous  des  forces  que 
leur  prêtent  les  lois  des  États;  forts  de  celles  que  leur 
donne  au  milieu  de  la  masse  des  peuples  l’organisation 
naturelle  de  la  communauté  judaïque  ; fort  de  celles  qu’ils 
‘ Cerfberrde  Medelsheim,  Lm  p.  9;  Paris,  1847. 


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CHAPITRE  DIXIÈME.  349 

empruntent  aux  sociétés  de  roccultisme  et  aux  alliances 
créées  selon  le  besoin  des  temps  et  des  lieux  par  ces  sociétés, 
les  Juifs,  ainsi  que  nous  le  fait  observer  Kluber,  forment  au 
sein  des  rojaiimcs  chrétiens  on  État  dans  l’État.  « De  Ih 
vient , i'il  arrive  que.  la  société  chrétienne  reste  digne  de  son  nom 
et  fidèle  à la  défense  de  ses  droits,  n qu’un  antagonisme  //er- 
manent  entre  l’État  et  le  judaïsme  devient  inévitable',  » 
et  que  le  triomphe  du  Juif,  c’est-h-dirc  le  bouleversement 
des  États  chrétiens,  ou  de  la  civilisation  chrétienne,  est  la 
conséquence  inévitable  de  cette  lutte. 


DEIHIÊME  DIVISION.  — MOYENS  d’iNFLIENCE  , AIXILIAIIIES  : 
l’or. 

L’or  est  lo  maître  du  monde;  l’or  nous  possède,  et  le  Juif  pos- 
sède l’or.  — Enormilé  de  la  puissance  que  lo  Juif  doit  à son  or, 
à son  génie  pour  le  faire  suer.  — Jamais  autant  que  de  nos  jours 
l’or  ne  fut  le  nerf  de  la  guerre  et  de  la  paix,  le  désire  des  familles, 
l’assaisonnement  de  lout  honneur,  le  couronnement  de  toute  gloire 
et  de  toute  noblesse.  — Le.s  hommes  d'Etat  de  l’Europe  à genoux 
devant  le  Juif.  — Rien  sans  l’aveu  du  Juif;  comment  il  trône  sous 
les  espèces  ou  apparences  de  rois  chrétiens.  — Par  l’or,  il  gouverne 
les  sociétés  occultes,  qui  gouvernent  le  monde.  — Puissance  sans 
limites  de  la  finance  dans  un  monde  où  toute  croyance  religieuse 
s’éteint,  conspuée  par  Ic'Juif  et  par  ses  auxiliaires. — Un  seul  remède 
à ce  mal  immense.  — Ces  faits,  cette  puissance  noua  étonnent; 
étonnement  qu’en  éprouve  l’un  des  premiers  ministres  de  la  Grande- 
Bretagne,  et  son  mot  qu’il  y aurait  folie  à oublier.  — Note  finale  sur 
l'un  des  potentats  du  Juda'i'sme. 

Entre  les  auxiliaires  de  la  puissance  du  Juif,  basée  sur 
l’organisation  des  sociétés  de  l’occultisme  dont  nous  avons 
vu  que  celle  de  sa  nation  est  le  type,  noos  nous  garderons 
bien  d’oublier  l’or  : l’or  que  le  paganisme  accusait  de 
changer  et  de  corrompre  les  mœurs;  l’or  que  le  Christ  a 
maudit,  parce  qu’il  amollit  l’amc  et  durcit  le  cœur;  l'or,  le 
tentateur  de  toutes  les  consciences,  et,  dans  son  froid  mu- 
tisme, le  plus  irrésistible  des  orateurs  ; l'or,  le  souverain  de 

’ Coup  d'œil  des  déli/jérations  diplomatiques  du  congrès  de  t ienne , 
t.  III,  p.  390  ; Kluber. 


350  LES  JUIFS. 

multitudes  dont  le  dénombrement  est  au-dessus  de  tout 
calcul!  simple  métal  pourtant,  mais  à qu<  *out  ce  qui  peut 
être  acheté  se  vend  ou  se  rend.  Et  qui  nous  dira  la  chose 
ou  l’homme  qui  n'ait  point  son  tarif  de  vente,  en  dehors  de 
l’atmosphère  qui  enveloppe  et  protège  l’homme  sincèrement 
religieu.x? 

Ville  vénale!  s'écriait  dans  sa  fureur  Jugurtha  franchis- 
sant le  seuil  de  Home,  cette  Hépuhiique  si. hère  dont  les 
sénateurs  et  les  généraux,  habitués  au  pillage  de  toutes  les 
provinces,  avaient  si  souvent  abaissé  leur  âme  devant  l’or 
que  leur  avait  tendu  ce  chef  redoutable;  ville  vénale!  que 
ne  se  trouve-t-il  un  marchand  assez  riche  pour  l’acheter! 
Aujourd’hui  ce  marchand  existe;  il  est  partout. 

Souverain  maitre  et  seigneur  de  l’or,  le  Juif,  qui  jamais 
n’eul  â gémir  de  celte  insuffisance,  est  donc  le  seigneur  et 
le  maître  des  ]missances  de  la  terre.  En  d’autres  termes, 
l’or  possède  le  monde,  et  le  Juif  possède  l'or! 

Mais  ne  jetons  qu’un  rapide  coup  d’œil  sur  quelques-uns 
des  points  relatifs  à Ce  chapitre  de  l’or;  n’envisageons  rien 
au  del’j  de  ce  qui  suffit  â nous  découvrir  l’immensité,  l’énor- 
mité de  la  puissance  que  le  Juif  doit  â son  métal,  à son  art 
inimitable  de  le  faire  suer,  â l’instinct,  au  talent,  au  génie 
dont  il  est  doué  d’élever  au-dessus  de  toute  hauteur  son 
crédit,  et  de  l’équilibrer  de  telle  sorte  que  l’ébranler  ce 
soit  ébranler  le  monde!  Laissons  d’ailleurs,  selon  notre 
habitude,  h chacun  la  responsabilité  de  sa  parole,  et  faisons 
observer  en  produisant  les  écrivains  qui  eurent  la  rare  géné- 
rosité de  se  prendre  corps  à corps  avec  le  colosse  judaïque, 
que  si  l'hyperbole  se  glisse  par  hasard  dans  certains  menus 
détails  de  leurs  pages,  leurs  prodigieuses  affirmations  ne 
méritent  en  général  d’autre  reproche  que  celui  d’exposer 
avec  insuffisance  les  vérités  dont  ils  se  font  les  révélateurs. 
Disons  enfin  que  si  les  Juifs  sont  avant  tout,  que  s’ils  furent 
de  tout  temps  les  rois  de  la  finance,  jamais  autant  que  de 
nos  jours  la  finance  ne  fut  le  nerf  de  la  guerre  et  de  la  paix, 
la  vie,  l’ame  de  la  politique  et  de  l'industrie,  du  commerce 


CHAPITRE  DIXIÈME. 


351 


et  de  toutes  les  transactions  humaines,  le  bonheur  et  le 
relief  des  familles,  t assaisonnement  de  toute  distinction,  de 
toute  dignité,  de  tout  honneur,  le  couronnement  de  toute  gloire 
et  de  toute  noblesse.  Répétons  en  même  temps  que  jamais 
cette  puissance  , qui  dans  tous  les  siècles  eut  pour  domicile 
ou  pour  citadelle  le  coffre-fort  du  Juif,  ne  s’y  concentra  d’une 
manière  aussi  prodigieuse  et  formidable  que  de  nos  jours* 

En  Allemagne,  » h la  suite  de  la  sécularisation  des  biens 
et  des  principautés  ecclésiastiques,  des  embarras  financiers 
de  la  noblesse  et  des  emprunts  contractés  avec  les  gouver- 
nements, les  Juifs  du  dix-neuvième  siècle  sont  devenus  une 
puissance  devant  laquelle  s’inclinent  les  plus  grands  hommes 
d'Éiat,  et  qui,  de  temps  à autre,  a ébranlé  jusqu’aux  trônes. 
Cette  influence,  acquise  par  la  force  des  choses,  par  les 
efforts  de  l’école  des  publicistes  philosophes  qui  depuis  le  milieu 
du  dix-huitième  siècle  se  sont  servis  de  tous  les  leviers  pour 
renverser  la  religion  et  la  société  chrétienne,  a fait  de  l’éman- 
cipation des  Juifs,  c’est-à-dire  de  légalité  des  droits  civils 
et  politiques  des  Juifs  et  des  chrétiens,  une  véritable  question 
vitale  de  la  politique  européenne 

Que  si,  détournant  nos  yeux  de  l’Allemagne,  nous  les 
portons  vers  deux  des  pays  les  plus  opulents  de  l’Europe, 
un  écrivain  fort  anticatbolique,  les  y arrêtant  d’un  signe  de 
sa  main,  viendra  nous  dire  en  1847  avec  une  rare  fermeté 
de  parole  : « Les  travailleurs  qui  s’exténuent,  et  meurent 
à la  peine,  sur  les  trois  quarts  de  la  superficie  du  globe, 
travaillent  pour  enrichir  quelques  milliers  de  nababs  fai- 
néants de  Juda  d’Amsterdam  et  de  Londres*!  » 

• Tout  effrayé  du  pouvoir  sans  limites , qui , sous  les  aus- 

‘ Goschlcr,  d’origine  judaïque,  Dictionnaire  encyc.  allemand,  par 
les  plus  savants  professeurs  et  docteurs  en  théologie  de.  l'Alleaiiigne, 
t.  XII,  p.  451;  1864. 

2 Toussenel,  Les  Juifs  rois  de  l'époque,  préf.,  p.  v;  1847.  — L’An- 
gleterre, ce  pays  où,  lorsqu'il  arrive  au  banquier  d’Israël  de  marier 
une  de  ses  filles,  la  presse  judaïque  se  hâte,  dans  l’épanouissement  de 
son  orgueil,  de  nous  faire  observer  que  les  splendeurs  de  ce  mariage 
égaient  ou  môme  a surpassent  les  magnificences  royales  ! » Univers 
Israélite^  V,  p.  239;  1867. 


351  LBS  JUIFS, 

pices  (le  la  philosophie  vollairiennc,  s’attachait  a la  finance, 
le  même  économiste,  ramenant  vers  la  France  nos  regards, 
ajoutait,  sous  le  règne  de  Louis-Philippe  d'Orléans  : a Le 
Roi  peut  bien  nommer  aux  fonctions  d’ollicier  et  de  juge, 
h des  emplois  dont  les  titulaires  jouissent  d’un  traitement 
de  douze  cents  h trois  mille  francs;  mais  tous  les  emplois 
élevés  ou  lucratifs  de  la  France,  voire  ceux  de  la  magistra- 
ture, sont  b la  nomination  du  Juif.  C’est  le  Juif  qui  distribue 
les  recettes  générales ’a  ses  pieux  serviteurs,  et  destitue  les 
receveurs  généraux  qui  le  gênent.  Le  Juif,  jiossesseur  exclu- 
sif de  l’administration  des  transports  par  tout  le  royaume, 
aura  bientôt,  ’a  lui  seul,  plus  d’employés  que  l’État.  » 

Une  influence  énorme,  un  pouvoir  déj’a  redoutable  émane 
des  Juifs  et  se  fait  sentir  au  loin.  Le  Roi  lui-même,  sans 
leur  concours,  « ne  fait  pas  les  traités.  Je  défie  le  Roi  et  les 
Chambres  de  faire  un  traité  d'alliance  douanière,  un  traité 
de  coton,  de  houille,  de  fer,  dont  les  Juifs  ne  veuillent  pas! 
.\nzin  n’a  pas  voulu  de  la  réunion  de  la  Belgique  b la 
France,  et  cette  réunion  n'a  pas  eu  lieu...  Avant  que  la  loi 
eût  concédé  les  chemins  de  fer  au  Juif,  tout  voyageur  pou- 
vait circuler  librement  sur  la  grande  route,  sur  te  pavé  du 
lioi'.  Depuis  que  toute  voie  de  communication,  railvvays, 
canaux,  rivières,  sont  au  Juif,  nul  n’y  peut  plus  passer  sans 
lui  payer  tribut.  » 

O vous,  passant,  sauriez-vous  nous  dire  n qui  lient  le 
monopole  de  la  banque  et  celui  des  transports,  les  deux 
bras  du  commerce?  — Le  Juif.  — Qui  a le  monoiiole  de 
l’or  cl  du  mercure?  — Le  Juif.  — Qui,  bientôt,  aura  le 
moQopole  de  la  bouille,  des  sels  et  des  tabacs?  — Le  Juif. 
— Qui  a le  monopole  des  annonces?  — Le  saint-simonien, 
valet  du  Juif  *...  Si  l’air  pouvait  s’accaparer  cl  se  vendre,  il 
y aurait  un  Juif  pour  l’accaparer  cl  l’acheter...  » 

' Voir  la  note  A,  à la  fin  de  cette  division. 

* Ij  secte  immorale  et  inai.saine  des  saints-simonions,  à qui  nous 
devons  le  libre  (ichange,  prélude  de  l'unification  des  peuples,  comptait 
un  grand  nombre  de  Juifs  dans  son  aristocratie. 


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CHAPITRE  DIXIÈME.  35i 

« Pour^|iioi,  dans  la  question  des  sucres,  avoir  écrasé 
notre  commerce  maritime  et  nos  colonies'?...  Parce  que, 
dans  la  question  des  sucres , tous  les  intérêts  nationaux  sont 
en  opposition  directe  avec  tes  intérêts  de  la  coterie  des  raffi- 
nettrs,  etc.,  etc.,  etc.,  — qui  tiennen;  à tu  haute  panque,  et 
que  les  Chambres  et  le  Pouvoir  ne  surent  sc  iircocctqier  que 
d’une  chose  : bien  mériter  des  puissances  financières.  » Car 
la  toute-puissance  est  'a  l’or;  l’or  est  le  suzerain  des  rois, 
et  ce  suzerain  est  rjnstrnment,  la  propriété  du  Juif.  Il 
commande  au  monde,  et  le  Juif  le  possède’I  Et  d'ailleurs, 
un  conseil  où  des  Juifs  doivent  s’asseoir  en  majorité  ne 
solde-t-il  pas,  avec  l’or  que  les  cotisations  révolutionnaires 
font  afHuer  dans  ses  coffres,  lesajtenls  suprêmes  de  l’occul- 
tisme? Ne  tient-il  pas  entre  ses  mains  les  fils  de  toutes  ces 
sociétés  secrètes  qui  gouvernent  aujourd'hui  les  plus  puis- 
sants États  de  la  terre?  Kien  n’ôtera  donc  ’a  M.  Cerfherr, 
écrivain  de  race  judaïque,  le  mérite  d’avoir  « un  des  pre- 
miers dessillé  les  yeux  sur  un  pouvoir  qui  frajqie  de  terreur  les 
hommes  dont  tes  regards  se  tournent  vers  l’avenir’ \ » 

Car  les  temps  ont  leurs  signes  auxquels  ils  n’est  pas  aisé 
de  se  tromper.  Aussi,  dans  la  scène  où  il  plaît  à M.  About  de 
traîner  ignominieusement  devant  le  public  un  Religieux 
qui  venait  tendre  'a  un  baron  juif  sa  main  charitable,  aurons- 
nous  remarqué  ces  paroles  de  haute  insolence  cl  de  sinistre 
vérité,  dont  l'Univers  israêtiie  réjouit  l’œil  de  ses  lecteurs  ; 
« Personne  ne  serait  assez  fort  pour  demander  l’expulsion 
des  Juifs,  tandis  que  les  chrétiens  pétitionnent  aujourd’hui 
pour  obtenir  la  vôtre*,  »et  vous  chassent,  ajouterons-nous, 
au  nom  même  de.  la  liberté,  partout  OÙ  domine  la  Révo- 
lution, dont  ks  principes  sont  ceux  que  professe  le  Juif! 
(Synode  juif  de  1869). 

' I.ire  CB  curieux  passage,  et  tant  d'autres  des  Juifs  rois  de 
l'é/iorjue,  Toussenel,  v.  1,  p.  19,  etc. 

2 Toussenel,  1. 1,  p.  10-19-20;  1847.  — Id.,  Cerfberr,  les  Juifs,  p.  1, 
1847. 

s Cerfberr,  les  Juifs,  p.  1 ; 1847. 

* L’Univers  israélite,  p.  420  ; septembre  1864. 

21 


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35i 


LES  JUIFS. 


En  somme  donc,  le  nerf  de  la  guerre  et  de  la  paix,  le 
nerf  de  tout  service  public,  de  tonie  entreprise  et  de  toute 
association,  le  nerf  de  toute  puissance  et  de  toute  jouissance, 
soit,  en  d'autres  termes,  la  force  d’un  monde  où  toute 
croyance  religieuse  s’éteint,  c’est  la  finance,  c’est  l’or,  ce 
n’est  et  ce  ne  peut  être  que  l’or;  l’orqui  commande  et  comman- 
dite l’idée,  l’or  qui  forge  et  qui  paye  le  fer,  épée  ou  machine, 
destiné  à la  réalisation  de  l’idée  ; l’or  qui  règne  en  souve- 
rain, et  qui  s’exprime  en  despote;  l’or  qui  met  humble- 
ment aux  pieds  de  celui  dont  la  main  le  répand  rois  et 
nobles,  ministres  et  sujets,  philosophes  et  femmes,  sciences 
et  arts,  lois  et  mœurs!  Chaque  jour  qui  s'écoule,  liélasl 
rend  l’éclat  de  cette  vérité  plus  terrible,  et  nous  fait  voir, 
en  déhoilive,  que  l’or  c’est  le  Juif! 

Oui,  nommer  l’or,  ou  la  tinancc;  nommer  une  valeur 
qoeivonque,  ou  le  crédit  ; c’est,  d’un  bout  h l’autre  de  notre 
globe,  nommer  le  Juif,  qui  nous  possède  en  le  possédant.  Sou- 
veraineté colossale,  exorbitante,  implacable,  sans  cesse  crois- 
sante, et  sans  autre  contrôle  imaginable  que  celui  des  lois 
dirétiennes,  conspuées  aujourd’hui  par  le  Juif,  notre  suprême 
instituteur,  et  par  ses  auxiliaires. 

A l'nii  de  ces  Juifs,  roi  de  finance,  un  personnage  nous 
rapporte  qu'il  échappa  de  dire,  en  nommant  un  de  ses 
rivanx  judaïques  : Ah  I si  cet  homme  et  moi  nous  pouvions 
nens  entendre,  resterait-il  bientôt  aux  chrétiens  autre  chose 
que  leors  yeux  pour  pleurer?  Tenons  ce  mol  pour  un  conte. 

Mais,  de  fait,  quel  monarque  déj'a,  quel  Étal  peut  aujour- 
d'hui lever  dos  armées,  construire  ses  flottes  et  ses  chemins, 
creuser  scs  canaux,  distribuer  scs  emplois,  ses  dignités, 
dormir  en  paix,  armer  en  guerre,  remuer,  fonctionner, 
broncher,  respirer  librement  en  un  mot,  s’il  n’a  pour  lui 
le  contre-seing,  l’agrément,  le  bon  plaisir  de  son  maître,  le 
Juif? 

Le  Juif  nous  tient,  il  est  notre  maître,  non-seulement 
parce  que  nous  ne  possédons  plus  l’or,  mais,  répétons-le 
sans  cesse,  parce  que  c’est  l’or  qui  nous  possède;  parce 


CHAPITRE  DIXIÈME 


355 


que  l’orgueil,  le  luxe,  la  luxure,  la  soif,  la  rage  de  toute 
puissance  et  de  toute  jouissance,  se  sont  emparées  de  nos 
âmes.  Il  ne  lâchera  prise  que  devant  la  résurrection  de  t'édu- 
caiion  chrétienne  qui  inspire  â l’homme  humilité,  modération, 
honnêteté,  sobriété,  dévouement,  égards  et  respect  pour  le 
faible  et  le  pauvre.  Jusque-là  doue,  il  nous  faut  durement 
rester  sur  les  paroles  que  fait  retentir  un  saint  prêtre  issu 
de  sang  israélite,  cl  qui  résument  nos  dernières  pages  : 

« Naturellement  habiles,  ingénieux,  et  possédés  par  l'in- 
stinct de  la  domincaion,  les  Juifs  ont  envahi  graduellement 
toutes  les  avenues  qui  conduisent  aux  richesses,  aux  dignités 
et  au  pouvoir.  Leur  esprit  s’est  peu  à peu  infiltré  dans  la 
civilisation  moderne.  Ils  dirigent  la  Bourse,  la  presse,  le 
théâtre,  la  littérature,  les  administrations,  les  grandes  voies 
de  communication  sur  terre  et  sur  mer;  et,  par  l’ascendant 
de  leur  fortune  et  de  leur  génie,  ils  tiennent  enserrée,  à 
l’heure  qu’il  est,  comme  dans  un  réseau,  toute  la  société  chré- 
tienne'. » 

Avons-nous  entendu  ces  paroles?  les  avons-nous  com- 
prises? Non!  pas  encore!  Elles  semblent  nous  étonner,  et 
notre  étonnement  fait  sourire  de  pitié  le  premier  ministre 
du  royaume  de  la  Grande-Bretagne,  un  des  princes  de  la 
politique  moderne,  un  des  vaillants  soutiens  du  protestan- 
tisme anglican,  un  des  fili^dc  la  race  juive,  et  qui,  dans 
l’épanouissement  de  l’orgueil  judaïque,  s’écrie  : En  vérité, 
« le  monde  est  gouverné  par  de  tout  autres  personnages 
que  ne  se  l’imaginent  ceux  dont  l’œil  ne  plonge  point 
derrière  la  coulisse”.  » 

> Le  U.  P.  Balisbonne,  Question  Juive,  p.  9;  Paris,  t868. 

^ The  World  is  governed  by  lery  difîerenl  personnages  lo  wliat  is 
imagined  by  lliose  who  are  i»l  behind  llie  seene.  — Disraeli,  dans 
Coningsby,  livre  où  cet  homme  d’Etat  met  en  relief  la  valeur  des  Juifs, 
p.  18i;  Paris,  18ii,  in-8“. 


NOTE. 

M.  le  baron  de  Rothschild,  grand-croix  de  la  Légion  d'honneur, 

chevalier  de  etc.,  etc.,  etc.,  consul  d’Autriche , laisse  en  mourant 

Î3. 


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356 


LES  JUIFS. 


quaire  (ils,  et  quelque  diosc,  se  dit-il,  comme  huit  cents  millions  de 
forlune.  Au  taux  légal  de  cinq  pour  cent,  huit  cents  millions  produi- 
sent par  an  huit  cents  fois  cinquante  mille  francs,  c’est-à-dire  (juarante 
milliotin.  Quelle  puissance  aux  mains  du  possesseur  d’un  tel  revenu! 

Ajoutons  (pie  le  taux  de  cin(j  pour  cent  n’est  qu’un  intérêt  plate- 
ment bourgeois,  et  qu'il  nous  est  impossible  de  savoir  à quel  degré 
s’élève  la  fé(X>ndih^  des  écus  sous  la  main  d’un  banquier,  mais  surtout 
sous  la  main  des  hauts  seigneurs  et  des  princes  de  la  Itancjue.  Ce  que 
tout  le  momie  sait,  à Paris,  et  cela  nous  dis|H'use  de  tout  détail,  c’est 
que,  chez  certaines  classes  de  gens  de  finance  que  le  langage  ordi- 
naire ne  qualifie  nullement  d’u-iuriers,  la  moyenne  du  produit,  nous 
ne  di-îons  point  de  V intérêt  do  rargent,  est  de  vingt-cin(j  pour  cent. 
Chez  ces  financiers,  huit  cents  millions  donneraient  un  revenu  de 
deux  cents  millions! 

On  afiirmo  qu’en  1812  M.  de  Rothschild  no  possédait  qu’un  unique 
million,  et  l’on  dit  que  ce  banquier  donne  à son  fils  aîné,  en  préciput 
et /jors  p.ir/ , sa  magnifique  terre  de  Ferrières,  en  Seine-el -Marne  , 
outre  la  somme  de  deux  cents  millions.  Quelle  que  soit  sa  fortune ^ 
M,  de  Rothschild,  n’étant  pas  Français,  si  nous  ne  nous  trompons,  a le 
privilège,  en  France,  d’ètre  le  propriétaire  sérieux  de  sa  fortune. 
L’Ftat  u(‘  peut  ea  conséquence  se  permettre  de  tester  pour  lui, 
comme  il  le  fait  pour  nous,  en  faisant  la  [lart  de  nos  enfants,  M.  de 
Rothschild  fait  donc  scs  parts  à son  gré,  dans  l’intérêt  do  sa  maison. 
I.a  France  peut  ainsi  se  couvrir  de  liauts  et  puissants  seigneurs,  de 
potentats  ([ui,  parce  qu’ils  sont  étrangers,  se  donnei-onl  sur  notre 
sol,  et  à leur  gn*,  la  j>uissance  à la(juelle  nous  ne  pouvons  prétendre, 
parce  que  nous  n’y  sommes  que  Français.  En  d’autres  termes,  un 
Français,  pour  acquérir  le  j>rivi!ége  d’ètre  le  propriétaire  véritable  de 
ses  propriétés,  doit  renoncer  à sa  (jualilé  de  Français  et  se  faire 
étranger  L 

fl  Un  célèbre  financier  vient  de  mourir,  nous  dit  l’un  de  nos  grands 
et  vérital  les  économistes,  M.  Coquille.  Ims  uns  portent  sa  forlune  à 
huit  cents  millions,  d’autres  au  chiffre  fabuleux  de  deux  milliards 
(soit  cinq  cents  millions  de  rente  au  produit  do  vingt-cinq  pourcent), 
IRusieurs  Journaux  saisissent  l’occasion  de  vanter  le  désintéressement 
de  M.  de  Rothschild,  et  les  services  (ju’il  a rendus  à la  France.  Il  eût 
mieux  valu  que  la  France  n’eût  pas  eu  besoin  de  ces  services.  Car  il 
est  trop  évident  que  la  fortune  de  M.  de  Rothschild  ne  s’est  accrue 
que  par  nos  dcîsastres  financiers.  N’esi-il  pas  honteux  que  les  sociétés 
modernes  soient  toujours  à court  d’argent?  Rien  n’indique  plus  la 
faiblesse  d’esprit  de  nos  gouvernants  *.  » 

Et  \oilà  comment  les  Juifs,  même  les  plus  honnêtes,  sont  le  suçoir 

• t.irc  If  bel  ouvrage  de  M.  le  Play,  sénateur,  sur  ces  qucslions,  etc.  : La  Ré- 
Jormr  sociale  eu  France,  Paris,  Plon  , 

* Lr  Monde,  23  novembre  et  novembre;  id.,  1868.  « — La  Providence,  disent 
les  Archives  israétites,  a comblé  celte  famille  d’une  fortune  ptus  que  princière.  • 
Vil,  p.  213;  I8G9. 


357 


CHAPITUE  DIXIÈME, 
et  la  ruine  des  peuples  que  la  folie  destine  il  tomber  sous  leur  sceptre. 
Car  les  gouverneinenls  dissipateurs  sont  faits  à l’image  de  certains 
fils  de  famille  empressés  de  jouir.  Les  Juifs  sont  là  pour  leur  faire  les 
plus  gracieuses  avances;  la  facilité  des  emprunts  tente  ces  imprudents; 
ils  y succombent  et  so  perdent  1 Et  puis,  la  fortune  que  les  Juifs  ont 
acquise,  et  peut-être  par  des  voies  léga'es  ou  admises  que  nous  nous 
abstenons  de  dire  légitimes,  leur  met  en  main  les  moyens  d'action  sur 
le  monde  civilisé,  dont  l’étude  nous  apprend  l’usage  ! — On  dit  énonnes, 
monstrueux,  les  gains  que  doit  valoir  à la  üanque  juive  la  révolution 
italienne,  dont  le  caractère  aniicallioiique  est  assez  saillant.  Heureuse 
est  rilalie  révolutionnaire  do  rencontrer  de  tels  financiers sinon! 

Nous  no  connaissons  ni  les  opérations  de  banque  de  .M.  do  Uotli- 
schild,  ni  les  vues  politiques  do  ce  potentat;  mais  nous  n’avons  entendu 
dire  que  du  bien  de  l'homme  privé,  et  nous  portons  témoignage  de 
ses  nombreuses  charités,  non-seulement  à ses  coreligionnaires,  mais  à 
des  chrétiens.  — Lorsque  nous  visitâmes  son  royal  château  de  Fer- 
rières , une  chose  nous  frappa  : ce  fut  de  ne  voir  |>arnii  les  objets  d’art 
aucune  sculpture,  aucun  tableau  dont  la  pudeur  eût  à suiilfi  ir.  Com- 
bien do  demeures  chrétiennes  peuvent  lui  envier  cette  gloire! 


TROISIÈME  DIVI8IOM.  — LA  P.VROl.F,  PfBI.tQÜE  ET  ENSEIGNANTE, 
LA  PRESSE. 

Autre  puLssanco  dont  le  Juif  se  fait  un  auxiliaire;  scs  représentants 
honorables,  et  non.  — Services  que  le  Juif  avoue  lui  devoir.  — Elle 
n’a  pas  encore  achevé  de  judafser  le  monde,  mais  patience!  — Les 
diverses  catégories  des  hommes  de  la  presse.  — Despotisme  sans 
I bornes  du  maître  d’un  journal.  — Dans  nombre  de  journaux,  (|ucl 
est  ce  desjvoto?  — .Alystère  I — Caractères  de  sa  )>esition.  — Son 
mérite  est  la  sûreté  de  sa  main  dans  le  choix  de  scs  intendants  ou 
do  scs  ouvriers  littéraires.' — Places  où  foisonnent  ces  gens  de 
haute  et  de  bas.«e  paye.  — Semblable  à toute  propriété,  tout  journal 
change  sans  cesse  de  maîtres,  de  locataires,  et  jiar  conséqut  nt  d’es- 

ftrit.  — Le  Juif  achète,  exploite  ou  fait  exploiter  la  plupart  des 
èuilles  importantes.  — Son  influence  sur  l’opinion , sur  les  idées 
religieuses,  sur  les  entreprises  commerciales,  industrielles,  poli- 
tiques ; le  Juif  par  elles  tiornpo  et  entraîne  gouvernements  et  gou- 
vernés. — .Malgré  le  grand  nombre  des  écrivains  honnêtes,  la 
Presse  est,  de  sa  nature,  essentiellement  vénale;  nul  n’e.st  plus  in- 
téressé que  le  Juif  à l’acheter,  et  nul  n’a  plus  d’or  pour  la  payer. — 
-Mais  la  péesse  a-t-elle  une  valeur  sérieuse?  — Exemple  aussi 
éclatant  que  piquant.  — Un  gouvernement  et  un  grand  journal, 
organe  de  la  féodalité  financière.  — Quelle  que  soit  la  puissance, 
des  journaux,  le  Juif  presque  partout  en  est  ou  en  devient  le  maître, 
mais  sans  apparaître.  — Plus  qu’un  autre  pvays,  l’Allemagne  nous 
montre  cette  puissance  du  Juif.  — Les  événements  de  l’Europe 
dépendent  d'une  dizaine  d’hommes,  Juifs  ou  auxiliaires  du  Juif.  — 


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358 


LES  JUIFS. 


Mot  effrayant  et  prodipicux  de  l'ex-preniier  ministre  de  la  Grande- 
Brelagne,  de  sang  judaïque,  Disraeli.  — Ce  mot  et  celui  de  M.  le 
prince  de  Metleruich  confirment  nos  pages.  — Appendice.  — Pro- 
digieuse dépravation  du  clergé  autrich  en,  naguère;  elle  fut  l’œu- 
vre du  jansénisme  et  du  Juif.  — Prodigieuse  dépravation  des  sen- 
timents de  l'honneur  et  du  patriotisme,  et  par  qui. 

Une  seconile  puissance  figure  en  tête  de  celles  qui  se  sont 
faites  les  auxiliaires  du  Juif,  et  cette  puissance  c'est  la 
presse-,  mais  peut-être,  au  lieu  d’employer  ce  terme, 
devrions-nous  dire  la  parole  publique,  la  parole  vibrante 
de  l'orateur;  la  parole  du  professeur  des  grandes  chaires 
qui,  dans  le  sein  de  l’Allemagne,  par  exemple,  sont  des 
tribunes  d’un  retentissenaent  étrange;  la  parole  plus  grave, 
mais  plus  sourde,  de  l’écrivain  poliliijuc  ou  religieux,  qui 
n’altcint  guère  que  par  des  échos  affaiblis  l’oreille  pré- 
occupée de  la  foule;  la  parole  enrin  du  journaliste  dont  la 
tâche  (|uotidienne  est  de  donner  un  bruyant  écho  â chacune 
de  ces  autres  paroles,  de  les  commenter,  de  les  défigurer, 
de  les  embellir,  d’en  éteindre  l’éclat  ou  de  les  couronner  de 
gloire  en  les  aidant  'a  jeter  sur  leur  passage  les  splendeurs 
d’un  radieux  météore. 

Là  presse,  et  nous  nous  hâtons  de  le  proclamer,  compte 
dans  notre  France  et  dans  le  sein  de  l’Europe  de  nombreux 
et  trèt-honorables  reprétentan's;  mais  cette  réserve  faite,  et  la 
justice  Pexitje,  nous  ne  saurions  hésiter  à reconnaître  que  sa 
vertu  trop  souvent  n'est  qu’une  vertu  suspecte,  et  tel  est 
le  terme  dont  ne  craignent  guère  d’user  les  gens  les  plus 
polis  dans  leur  langage.  Car,  d’un  bout  à l’autre  de  l'Europe, 
l’or  et  la  presse  ne  sont  que  trop  fortement  accusés  d’entre- 
tenir l’un  avec  l’autre  de  secrets  et  fort  illégitimes  rapjiorts; 
et  si  déjà  le  Juif  tient  « dans  un  réseau  la  société  chré- 
tienne tout  entière  »,  le  crime  en  est  le  plus  souvent  aux 
séductions  que  sa  main  fait  briller  aux  yeux  de  la  presse, 
devenue  l’un  des  plus  irrésistibles  agents  de  son  génie  domi- 
nateur. Mais  la  presse,  — pour  résumer  en  elle  toute  la 
question  de  la  parole  publique,  — est-elle  au  Juif  de  quel- 
que utilité  sérieuse?  Se  vendrait-elle  au  Juif?  Le  Juif,  en  un 


CHAPITRE  DIXIÈME.  359 

mot,  pourrait-il  acheter,  saurait-il  construire  ou  manœuvrer, 
au  profit  de  scs  intérêts  et  de  ses  doctrines,  les  grandes 
machines  de  guerre  de  la  presse?... 

Les  services  que  le  Juif  doit  k la  presse  se  peignent  dans 
les  paroles  mêmes  dont  les  Archives  israélites  chatouillent  les 
oreilles  réjouies  d’Israël,  et  ces  paroles  sont  assez  claires 
pour  que  chacun  de  nous  en  saisisse  le  sens  et  la  portée. 

Car  ce  que  le  Juif  appelle  intolérance  et  préjugé,  faiwitisme 
et  barbarie , ce  sont  les  principes  mêmes  de  la  croyance  et 
de  la  civilisation  chrétiennes-,  nous  le  savons,  et  nous  ne 
pouvons  nous  y laisser  décevoir  : « Si  les  préjugés  dimi- 
nuent, nous  dit  une  des  grandes  revues  judaïques,  c’est 
que  nos  paroles  et  nos  écrits  se  répandent;  c'est  que  les 
livres  et  les  journaux  israélites  agissent  de  proche  en 
proche,  n Rien  en  elfet  n’esi  plus  ellicace,  « |»ur  noos 
garantir  contre  le  retour  des  excès,  que  le  développement 
de  nos  travaux  littéraires'.  » Il  n’y  a plus,  il  est  vrai, 

« que  de  rares  contrées  où  les  droits  de  nos  frères  soinu  mé- 
connus. On  peut  dire  que  l’intolérance  et  le  fanatisme  sont 
vaincus,  mais  les  |»réjugés  ne  le  sont  pas,  ils  subsistent  tou- 
jours. On  les  trouve  dans  tous  les  pays,  dans  les  plus  avan- 
cés comme  dans  les  plus  arriérés,  et  dans  toutes  les  classes, 
dans  les  plus  éclairées  comme  dans  les  plus  illettrées’.  » 

En  un  mot,  le  mal  dont  le  Juif  se  plaint  de  soulEi'ir  a conr 
servé  dans  le  sol  quelques  racines;  c’est-k-dire  que  les 
principes  civilisateurs  du  christianisme  ont  encore  qnetqne 
vie;  c’e$t-k-dire  que  la  presse  judaïsante,  malgré  l’éclat  et 
l’immensité  des  succès  qu’elle  avoue,  ne  nous  a peint  asaej. 
judaïsés  encore!  Cependant,  aujourd’hui,  peu  de  gens  in-  < ^ 

formés,  et  nous  devons  accentuer  ici  les  assertioos  tlont  le 

' Nul  à peu  près,  et  même  parmi  les  plus  intéressés  k les  connaître, 
ne  lit  de  livres  et  de  journaux  ostensiblement  juifs;  le  public  en  sait 
à peine  l'existence.  Il  est  donc  clair  que  ces  livres  et  ces  journaux 
israélites  sont  ceux  qu’inspire,  afin  de  nous  former  l'esprit  et  le  cœur, 
le  comité  directeur  du  judafsme,  celui  qui,  dans  son  concile  oecumé- 
nique do  1869,  nous  dit  quels  principes  font  les  affaires  du  Juif.  Ci- 
dessus,  premières  pages  de  ce  chap.  x. 

* Archives  israélites,  XIV,  p.  607 i 1866;  ié.,  XVII,  p.  760. 


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360 


LES  JUIFS. 


public  sera  le  juge  suprême,  ignorent  que,  dans  notre 
Europe,  la  presse  a laissé  passer  entre  les  mains  du  Juif  la 
|)arlic  la  plus  considérable  de  sa  puissance 

Eh  quoi!  la  presse  se  [)licr  au  joug  des  fils  de  Juda? 
O blasphème!  Et  quel  langage  nous  expliquerait  le  i)liéno- 
inène  de  servilisme  d’une  puissance  que  nous  savons  être 
si  lièreP  Comment!  les  cliam[)ions  les  plus  tapageurs  de  la 
liberté,  les  représentants  les  plus  libéraux  de  la  presse 
européenne,  ne  gouverneraient  le  monde,  — s’il  est  vrai  que 
les  Juifs  soient  leurs  souverains,  — que  sous  les  gages  et  la 
verge  d’un  monarque  qui  se  dit  [laria? 

Le  mot  de  l’énigme  est  assez  simple-,  il  nous  suffira 
d’ajouter  peu  de  chose  a sa  transparence,  et  peut-être  alors 
apparaîtra-t-il  quelque  raison  passable  de  conclure  que  les 
rois  (le  la  finance  sont  les  souverains  d’une  immense  région 
dans  le  domaine  de  la  presse. 

Quelques  lignes,  et  dont  aucun  honnête  homme  ne  se 
blessera,  doivent  rappeler  ici  que,  parmi  les  écrivains  de 
la  presse,  les  uns  sont  des  gens  de  parti,  mais  emportés 
par  des  passions  ardentes  et  souvent  généreuses,  dont 
l’essor  les  élève  au-dessus  des  bassesses  de  l'écrivain  qui 
se  vend^  ceux-ci,  nous  les  plaignons,  et  nous  sommes  loin 
de  les  mépriser;  nombre  d’entre  eux  ont  conquis' notre 
estime,  et  notre  espoir  est  que  leurs  préjugés  se  noieront 
un  jour  dans  les  flots  de  la  lumière.  D’autres,  plus  réfléchis 
et  surtout  plus  éclainîs,  sont  des  hommes  de  conscience  et 
de  dévouement  : le  camp  des  catholiques  en  fourmille;  d’autres 
encore  se  rangent  au  nombre  des  hommes  viciés,  corrompus, 
créés  pour  l’adoration  et  le  service  du  mal  : les  beautés  de 
la  religion  du  Christ  leur  sont  un  objet  d’horreur!  D’autres 
enfin,  simplement  plats  et  vils,  se  sont  faits,  sous  l’inspira- 
tion de  leurs  besoins  ou  de  leurs  sens,  valets  de  plume.  Et 
qui  n’a  vu  maintes  fois,  avec  nous,  tantôt  celui-ci , tantôt 
celui'Hi,  soldat  le  malin  d’une  dynastie  déchue,  protection-^ 
niste  accentué,  champion  valeureux  d’une  idée  quelconque, 
se  trouver  le  soir  même  rbpmme  du  gouvernement  en  pied, 


CHAPITRE  DIXIÈME. 


,i6I 

l’avocat  éloquent  liu  libre  éiiiauye,  le  palroii,  le  protecteur 
ardent  d'une  idée,  d’un  intérêt  tout  contraire  à ceux  pour 
lesquels,  au  lever  de  l’aurore,  il  versait  .son  encre?  (i’est 
(|ue,  dans  le  domaine  de  la  presse,  le  simple  écrivain,  dillicile 
’a  distinguer  de  riiomnic  ’a  convictions  sérieuses,  n’est  (jne 
trop  souvent,  hélas!  le  souple  et  très-humble  serviteur  d’un 
maître  qui,  d’une  voix  exemple  de  douceur  et  d’égards, 
lui  commande  militairement  son  service.  Il  reste  alors  ’a  ce 
malheureux  la  liberté  d’obéir  ou  de  mourir  de  faim! 

•Mais  quel  tout-puissant  et  invisible  despote  plane  donc 
au  plus  haut  des  cieux  dans  les  sphères  sublimes  du  journal? 
Quel  en  est  le  mystérieux  inspirateur,  le  moteur,  l’ànie,  le 
dieu?  — Certes,  bien  audacieux  serait  l'homme  de  peine 
qui  vend  les  sueurs  de  sa  verve  h ce  maître  siqircme,  si 
jamais  il  prétendait  le  contempler  face  h face  ou  faire  arti- 
culer ’a  ses  lèvres  les  lettres  dont  se  compose  son  nom.  Eh 
quoi!  le  caissier  de  la  feuille  lui  com|)te  à juste  échéance 
le  prix  de  sa  prose  h tant  la  tâche,  ’a  tant  le  mètre,  et  sa 
curiosité  n’csl  pas  assouvie!  Ah!  qu’il  écrive,  ([u’il  traîne  ou 
fasse  voler  sa  plume,  mais  qu’il  ait  le  tact  de  se  taire,  s’il 
ne  renonce  ’a  toucher  ses  gages! 

L’homme  véritable  île  la  ])res.se,  et  celui-là  seul  la  repré- 
sente, qu’il  écrive  ou  qu’il  ne  sache  tenir  une  plume,  qu’il 
soit  seul  ou  qu’il  se  nomme  société,  compagnie,  légion,  car 
le  nom  ne  fait  rien  h la  chose,  cet  homme  est,  dans  chaque 
feuille,  celui  qui  peut  dire  du  journal  ; Ceci,  c’est  mon  bien, 
c'est  ma  personne,  c’est  moi.  Ces  paroles  sont  un  avis  assez 
clair  à quiconque,  si  cette  feuille  est  disponible,  prétend  se 
la  donner  pour  auxiliaire  ou  pour  organe.  11  sait  que  désor- 
mais il  doit  iinancer  cl  contracter  avec  le  maître  d’icelle;  sinon, 
lui  plaire  ou  le  convaincre.  De  ces  deux  partis,  le  premier 
passe  pour  être  le  plus  général  et  le  plus  sûr  '. 

Or,  le  propriétaire,  le  maître  de  cette  maebine  à remuer 

' La  Finance  est  une  feuille  française,  mais  qui  s’imprime  en  Belgi- 
que |>arce  qu'elle  tient  à vivre  et  à conserver  la  liberté  de  ses  allures. 
Elle  a pour  rédacteur  en  chef  M.  Crampon , piquant  et  habile  écri- 


36» 


LES  JUIFS. 


l’opinion,  ce  spéculateur  latent,  qui  le  plus  souvent  et  dans 
la  plupart  des  États  de  l'Europe  est  de  race  judaïque  ou 
tend  la  main  aux  faveurs  du  Juif,  n’a  jamais  quelquefois  ni 
fabriqué  ni  limé  la  moindre  phrase.  Mais  l'un  de  ses  mérites 
est  d’avoir  la  main  sûre  dans  le  choix  de  ses  subordonnés, 
de  ses  entrepreneurs  littéraires,  habiles  eux-mêmes  h se 
pourvoir  de  ces  artistes  en  style  dont  le  nombre,  immense 
déjà,  s’accroît  chaque  jour,  grâce  à l impolitique  et  cruelle 
sorte  d’éducation  qui  se  prodigue  sans  relâche  aux  classes 
nécessiteuses.  Dressés  que  sont  ces  mercenaires  à l'art  de 
tourner  une  phrase,  et  fatalement  étrangers  ou  hostiles  pour 
la  plupart  à toute  doctrine  sociale,  à tout  principe  de  fixité, 
vous  les  voyez  se  faire  de  leur  talent  un  métier  qui  ne  sau- 
rait admettre  de  chômage,  et  se  disputer  sans  ménagement 
la  main  qui  daigne  leur  tendre  un  salaire. 

Tels  sont,  dans  une  grande  partie  de  l’Europe,  les  gens 
de  haute  et  de  basse  paye  qui  foisonnent  sur  les  places  où 
se  fournit  une  certaine  presse;  artisans  empressés  que  nous 
voyons  en  foule  innombrable  accourir,  offrir  leurs  services, 
et,  sans  sourciller,  se  faire,  aux  ordres  du  chef  datelier  qui 
les  engage,  les  joyeux  démolisseurs  de  l’ordre  social  des 
pays  chrétiens.  Or,  ces  valets  de  plume,  et  nous  voulons 
éviter  un  terme  plus  fort  qu’employa  Lamartine,  ne  sont  la 
plupart  du  temps,  et  presque  toujours  à leur  insu,  que  les 
exécuteurs  des  œuvres  du  Juif,  exact  à payer  ce  qui  fut 
promis,  et  doué  d’une  habileté  rare  à cacher  la  main  qui 
trace  les  plans  et  qui  solde  l’ouvrage. 


vain . Nul  penl-ètre,  dans  (Vite  double  et  scabreuse  .spécialité  de  journa- 
liste et  de  docieur  es-finances,  no  fait  re-sorlir  avec  plus  de  U'ent  et 
de  courage  le  mercantilisme  et  la  vénalité  de  la  presse.  M.  Crampon 
dirige  au  grand  jour  ses  attaques,  et  sa  tactique  est  do  produire  des 
faits,  à côté  desquels  il  faut  avouer  que  ses  arguments  deviennent 
quelquefois  un  véritable  luxe.  Nousavons  remarqué,  entre  ses  différents 
numéros,  celui  du  27  février  ^ 668.  Lire  dans  cette  feuille,  par  exemple, 
l’article  sur  le  journalisme  contemporain,  et  celui  qui  commence  par 
ces  mots  : Le  mercniiiUsme  de  la  presse  est-il  arrivé -à  son  apogée? 

Nous  ne  connai-,sons  point  M.  Crampon,  et  nous  n'avons  aucune 
relation  avec  son  journal,  qui  est  la  terreur  de  ceux  auxquels  on  aime 
à ne  point  ressembler. 


363 


CHAPITRE  DIXIÈME. 

A 

Nous  tenions  h ne  point  dire  un  mot  au  delà  du  néces- 
saire le  plus  strict  sur  le  personnel  vmble  et  invisible  de  ces 
organes  de  l'opinion  publique.  Et,  tous,  nous  savons  que  cha- 
que feuille  périodique,  que  chaque  journal  est  une  propriété; 
que  semblable  k tout  objet , à tout  édifice  capable  de  tenter 
un  acquéreur,  il  change  de  maître  chaque  fois  que  la  mort 
ou  que  des  convenances  l’exigent.  Noirs  saivons  qu’il  se  vend 
alors  aux  enchères,  et  que  l’acheteur  est  libre  d’en  congé- 
dier le  locataire,  c’est-à-dire  l’esprit  qui  fhabite,  pour  y 
loger  et  y installer  le  sien.  Grâce  donc  à la  surabondance  de 
son  or,  le  Juif  est,  tantôt  ouvertement  et  tantôt  sous  un  nom 
d’emprunt,  racheleiir  de  cette  mobile  propriété  qui  penche 
et  verse  sans  cesse  sur  son  terrain. 

Ajoutons  à ces  notions  générales  une  réflexion  : c’est  que 
riiifluence  des  idées  religieuses  s’étend,  aujourd’hui  surtout, 
fort  au  delà  des  limites  que  leur  assigne  le  vulgaire.  Elles 
gouvernent,  en  mille  circonstances,  la  politique  des  peuples; 
et  des  allures  de  cette  politique  dépendent  ou  la  marche  ou 
le  sommeil  des  entreprises  dans  les  voies  du  commerce  et 
de  l'industrie.  Or,  mieux  que  tout  autre  agent,  ce  sont  les 
feuilles  publiques  qui  donnent  l’essor  à ces  idées  dirigeantes 
et  qui  les  comtiriment  au  besoin,  qui  les  pétrissent,  et  for- 
ment l’opinion  d’après  les  vœux  de  leur  maître;  ce  sont 
elles,  plus  souvent  encore,  qui  trompent  gouvernements  et 
gouvernés  en  se  donnant  pour  les  représeulants  de  cette 
opinion  dont  elles  usur|)cnt  audacieusement  la  place.  Ce 
fait  malheureux,  et  qui  ne  saurait  échapper  aux  regards  de 
l’observateur,  nous  dit  assez  quel  instrument  indispensable 
sont  devenues  ces  feuilles  aux  intérêts  et  aux  machiniilions 
du  Juif,  le  prince  de  tous  les  commerçants  de  la  terre,  et, 
dans  les  intérêts  de  son  commerce  et  de  sa  foi,  le  politique 
le  plus  machiavélique  de  ce  monde  ! 

Plein  de  confiance  que  nous  sommes  dans  la  pénétra- 
tion de  nos  lecteurs,  nous  indiquons  ces  choses  du  bout  de 
la  plume,  et  nous  disons,  sans  la  moindre  crainte  de  blesser 
le  nombre  considérable  des  écrivains  fidèles  aux  lois  de 


364 


LES  JUIFS. 


l’honneur,  que  la  presse  est,  par  la  nature  même  de  sa 
constitution  et  des  usages  auxquels  elle  consent  h se  prêter, 
essentiellement  vénale.  A ce  litre,  elle  appartient  au  plus 
offrant^  le  plus  offrant,  (juaiul  il  le  veut,  c’est  le  Juif,  et  ce 
chapitre  ne  sera  point  terminé  que  la  houche  d’Israël  elle- 
même  ne  .s’ouvre  pour  donner  h nos  j>arolcs  une  preuve  .sans 
répli<|ue,  et  légitimer  des  conclusions  qui  de  prime  abord 
auraient  semblé  téméraires. 

Mais  avant  de  passer  outre,  il  jious  importe  de  savoir, 
autrement  (jue  par  des  paroles , si  la  presse , cette  forme 
orgueilleuse  de  l’opinion  qui  s’intitule  la  reine  du  monde,  a 
réellement  «piclque  valeur,  cl  si  la  puissance  prétendue  de 
ce  levier  que  manie  le  bras  du  Juif  est  ou  n’est  pas  une 
puissance  surfaite. 

Klle  est  peu  de  chose  en  vérité,  nous  disent  les  uns, 
moins  que  rien,  une  sorte  de  néant ^ car  ses  deux  pôles 
opposés  SC  font  équilibre  l’un  à l’autre.  — Ah!  laisse/,  donc! 
c’est  bien  tout  le  contraire,  reprennent  les  autres-,  elle  est 
tout  a elle  seule!  Elle  est  la  force  des  forces,  et  la  plus 
ferme  des  puissances  ne  saurait  se  tenir  debout  devant  elle. 
De  ces  deux  affirmations,  en  est-il  une  qui  soit  acceptable 
et  solide? 

Nous  nous  contenterons  de  donner  pour  réponse  un 
exemple  do  la  valeur  qu’un  gouvernement  fondé  par  des 
journalistes,  juste  appréciateur  des  services  de  la  presse  et 
maître  d’un  nombre  considérable  de  journaux,  allacbail  à 
la  plus  éminente  de  ces  feuilles.  Mais  celle  feuille  était-elle 
vénale?  Mettait-elle  au  bénéfice  du  premier  venu  tel  ou  tel 
prix  à ses  laveurs?  Prostituait-elle  à des  inconnus  scs  folles 
tendresses  et  ses  amours?  Ou  plutôt,  et  sans  lui  prêter  de 
telles  bassesses,  était-elle  de  celles  que  les  gouvernements 
indemnisent  par  des  subventions  et  des  grâces,  des  peines 
qu’elles  se  donnent  à les  servir  et  des  pertes  dont  les 
sympathies  qu’elles  leur  témoignent  deviennent  pour  elles 
une  inévitable  source?  Ainsi  l’établit,  en  nommant  celle  for- 
midable feuille  des  Débats,  M.  Toussenel,  l’un  de  nos  plus 


CHAPITRE  DIXIÈME. 


36;> 

s|)irituels  iuvcstigaleurs.  L’iij  perliole  et  l’injustice  sc  mêlent- 
elles  a sa  parole,  dont  il  assuma  lièrement  devant  le  public 
la  responsabilité?  Trop  ignorant  sommes-nous  des  faits  dont 
il  a rassasié  ses  pages,  pour  ne  nous  point  abstenir  de  jilacer 
h côté  de  son  jugeinenl  le  nôtre.  Mais  le  personnel  des 
Débats,  fût-il  resté  ce  (]u’il  était  alors,  ce  sera  justice  de 
faire  observer  à qui  nous  lit  que  nulle  affirmation  de 
M.  Toussenel,  — et  nous  sommes  loin  de  les  reproduire 
dans  leur  intégrité,  — ne  dépasse  le  millésime  de  son  livre 
(Paris,  1817). 

Sous  un  prince  protecteur  et  admirateur  des  Juifs',  et 
dont  cette  feuille  était  l’organe  le  [dus  accrédité,  éclate  le 
cri  de  M.  Toussenel  ; Les  Juifs!  les  Juifs  sont  les  rois  de 
l’époijue!  Ce  cri  devient  le  titre  de  son  livre,  et  nous  y lisons 
ces  paroles  : « Im  féodalité  financière  a,  pour  faire  connaître 
son  bon  plaisir  aux  hommes  du  (jouvernemen'  nominal,  son 
journal  officiel,  le  Journal  des  Débats!  » 

« On  a osé  imprimer  que  tout  ministère  était  tenu  de 
payer  au  Journal  des  Débats  une  énorme  contribution  de 
guerre.  — Le  fait  csl-il  vrai?  — Il  y eut  de  grands  ministres 
qui  ont  essayé  de  s’aflranchir  de  ce  protectorat  onéreux , 
M.  de  Villèlc  entre  autres.  Mais  M.  de  Villèlc  fut  renversé 
par  une  coalition  dans  laquelle  les  Débats  figurent  glorieuse- 
ment, et  le  ministère  .Martignac  fut  obligé  de  rembourser  au 
Journal  des  Débats  les  trois  années  de  l’arriéré....  M.  Tbiers 
eut  aussi,  un  jour,  à ce  qu’on  assure,  la  velléité  de  sc  ré- 
volter contre  le  despotisme  des  Débats.  Mais  le  vieux  Entelle 
terrassa  d’un  seul  revers  d’article  le  présomptueux  Darès, 
qui  mit  aussitôt  les  pouces,  demanda  pardon,  et  sc  hâta  de 
conclure  la  paix  avec  le  caissier  du  journal.  L’acte  de  con- 
trition fut  accepté » 

« M.  Guizot  et  M.  Ducbâtel  s’honorent  de  leur  empresse- 
ment a exécuter  les  moindres  ordres  du  Journal  des  Débats  : 
« Si  c’est  possible  c’est  fait  ; si  c’est  impossible  on  le  fera!  » 
Ils  lui  servent  sa  subvention  à genoux,  et  sur  un  plat  d’or. 

' O't  suprà,  Bêdarride,  p.  430;  î'  édit.,  <861. 


366 


LES  JUIFS. 


La  dévotion  de  M.  de  Montai! vel  au  Journal  des  Débats  dé- 
passe les  bornes  de  la  servilité-,  c’est,  h proprement  par- 
ler, le  Journal  des  Débats  qui  règne  k l'intérieur  quand  M.  de 
Monlalivot  est  ministre.  M.  de  Monlalivet  a dû  causer  un 
tort  immense  h la  dynastie  de  Juillet,  plus  encore  par  son 
entourage  que  pour  ses  actes ^ non  pas  seulement  parce 
qu’il  a encombré  tous  les  offices  publics  des  pires  écrivains 
des  Débats,  mais  parce  qu’il  a habitué  l’opinion  k faire  in- 
tervenir le  nom  du  Roi  dans  tous  les  tripotages  de  la  presse 
ministérielle,  et  k considérer  le  Journal  des  Débats  comme 
l’organe  du  château,  du  parti  de  la  cour.  Et  comment  au- 
rait-on douté  dans  le  public  de  l’intimité  qui  régnait  entre 
la  royauté  de  la  rue  des  PnMres  et  celle  des  Tuileries,  quand 
on  voyait  figurer  sur  la  liste  des  rédacteurs  du  journal  tous 
les  noms  des  précepteurs  des  princes?  » 

((  J’ai  pu  habiter  aussi  longtemps  que  je  l’ai  voulu , sous 
le  io  avril,  la  région  des  faveurs,  des  sinécures  et  des  gra- 
tifications. Je  ne  sais  pourquoi,  malgré  mes  affections  pour 
le  pouvoir,  je  n’ai  jamais  pu  séjourner  dans  cette  région 
plus  d’un  mois.  11  faut  qu’il  s’exhale  de  ce  milieu  ofliciel 
une  senteur  de  rachitisme  moral  et  d'âpreté  argentière  qui 
suffoque  l’homme  de  cœur!  » 

Ces  paroles  de  M.  Toussenel  ne  sont  point  ambiguës-, 
mais  ne  nous  importerait-il  pas  de  savoir  ce  qu’est  en  lui- 
méme  le  journal  qui,  par  les  faveurs  dont  on  le  comble, 
nous  donne  un  échantillon  de  l’importance  de  quelques-unes 
des  feuilles  de  la  presse?  Eh  bien,  cela  se  dit  du  ton  le  plus 
ferme  : le  Journal  des  Débats  est  d'abord  « l’organe  officiel  de 
la  liante  banque,  et  non  pas  du  château.  Il  protégera  la  cour 
tant  que  la  cour  se  montrera  docile  aux  volontés  des  puissants 
seigneurs  de  la  rue  Bergère  et  de  la  rue  Laffitte;  sinon,  non;  et 
son  dévouement  k la  dynastie  n’ira  pas  plus  loin.  Le  Journal 
des  Débats  a enterré  beaucoup  de  dynasties  dans  sa  vie,  et 
il  y a longtemps  qu’il  a juré  de  ne  plus  s’attacher  k des 
institutions  si  fragiles'. 

1 76.,  p.  6 à 9,  vol.  II. 


CHAPITRE  DIXIÈME.  367 

Ce  journal  de  la  haute  banque,  dont  les  seigneurs  judaïques 
de  la  rue  Bergère  et  de  la  rue  Laffitte  seraient  les  princes, 
« est  donc  une  véritable  puissance,  presque  oflQciellemcnt 
reconnue  en  Europe?  » Et  de  fait,  il  « s’amuse  quelquefois 
h piquer  aux  naseaux  l’empereur  de  Russie.  Il  n’y  a pas  de 
couronnement  d’empereur  d’Autriche  ou  de  reine  d’Angle- 
terre sans  un  envoyé  extraordinaire  du  Journal  des  Débats. 
Mais  cette  feuille  est  surtout  la  grande  feuille  des  bénéfices, 
le  livre  rouge  du  règne  actuel.  Je  vous  défie  d’entrer  dans 
une  bibliothèque  publique,  dans  un  amphithéâtre  du  Col- 
lège de  France  ou  de  la  Sorbonne,  sans  vous  cogner  la  tête 
b un  rédacteur  des  Débats.  La  Cour  de  cassation,  la  Cour 
des  comptes,  le  Conseil  d’Étal,  les  ambassades,  le  Conseil 

royal  de  l’instruction  publique,  tout  est  de  son  ressort! 

M.  de  Broglie  avait  eu  l’excellente  pensée  de  rendre  une 
ordonnance  qui  réservait  les  con.sulats  aux  élèves  de  VÉcole 
des  rotuuls.  L’ordonnance  de  M.  de  Broglie  ii’a  jamais  eu  de 
signification;  la  véritable  école,  l’unique  école  des  consuls, 
est  le  Journal  des  Débats.  Le  Journal  des  Débats  a son  consul 
général  ’a  Bagdad  (un  Juif),  un  autre  b Alexandrie,  un  autre 
b Jérusalem , un  autre  b Gènes,  sans  compter  un  ambassa- 
deur b Constantinople.  M.  Adolphe  Guéroult,  un  ex-saint- 
simonien,  rédacteur  alors  des  Déèatt,  homme  d’esprit,  s’en- 
nuyait en  Europe;  M.  Guizot,  pour  le  tirer  de  peine,  lui  a 
trouvé  un  consulat...  Le  Journal  des  Débats  peut  tout,  même 
le  bien!  mais  il  n’en  abuse  pas;  il  lui  sera  cependant  par- 
donné beaucoup,  pour  avoir  publié  les  Mystères  de  Paris!  » 

« L’Académie  française  et  le  théâtre  relèvent  du  feuille- 
ton des  Débau,  comme  les  ministères,  les  ambassades,  les 

consulats  et  le  reste  relèvent  du  premier-Paris » En 

somme,  le  Journal  des  Débats,  ce  « journal  de  la  féodalité 
financière  » , dont  les  Juifs  sont  les  princes,  « est  l’arbitre 
suprême  des  destinées  de  la  nation  ' ! » 

Nous  nous  arrêterons  b ce  point,  et,  laissant  b l’apprécia- 
tion du  lecteur  une  série  de  pages  d'un  singulier  mordant , 

* Toussenel,  les  Juifs  rois  de  Fépoque,  t.  11,  p.  1î,  t3,  6,  10. 


^ ~ Digitized  by  Google 


368 


LES  JUIFS. 


nous  prierons  rpiiconque  jette  les  yeux  sur  cet  écliantillon 
<le  la  presse  française,  sur  « cet  organe  ofliciel  de  la  haute 
bampie,  » dont  les  corypliées  sont  des  Juifs,  de  nous  dire 
si  le  journalisme  est  un  rien?  Si,  tantôt  pris  en  bloc  et  tan- 
tôt meinlire  à membre,  il  est  une  puissance?  S'il  est  une 
puissance  aussi  jurande  par  l’éclat  de  ses  services,  lorsqu’on 
se  réduit  'a  la  nécessité  de  les  acquérir,  que  redoutable  par 
ses  hostilités  lorsqu’on  n’a  point  su  se  donner  la  force  de 
les  rendre  méprisables?  .Mais,  dans  (|uelque  sens  (jiie  st> 
prononce  la  sentence,  ce  que  mille  bouches  se  joindront  de 
mille  côtés  différents  a la  nôtre  pour  afiirmer,  c’est  que,  sur 
notre  continent,  rimmense  majorité  des  organes  de  la 
presse  vit  dans  la  dépendance  du  Juif;  c'est  ([ue  les  fonda- 
teurs du  jdus  grand  nombre  de  ces  feuilles,  et  quelquefois 
même  les  écrivains  qui  les  rédigent,  sont  de  race  judaïque; 
c’est  que,  plutôt  encore,  propriétaire  ou  suprême  directeur 
de  ces  journaux,  Israël  y tient  à ses  gages,  et  derrière  le 
rideau , un  assortiment  de,  littérateurs  riliginu:  et  politiques, 
d’hommes  de  science  et  de  roman,  dont  la  plujtart,  ainsi 
qne  dans  les  rangs  de  la  hiérarchie  maçonnique  a laquelle 
a[>partient  cette  presse,  ne  savent  ni  quel  est  leur  véritable 
maître,  ni  quels  sont  le  plan  et  le  but  de  l’œuvre  complexe 
dont  un  délégué  de  ce  maître  leur  fait  exécuter  les  détails'. 

Ces  choses  dites,  nous  croyons  que  l’Allemagne  est,  pour 
le  moment,  la  région  de  rCiirope  qui  place  dans  leur  plus 
saillant  relief  ces  deux  faits  ; 1“  la  puissance  de  la  parole 
publique,  de  la  parole  enseignante  jetée  du  haut  des  chaires, 
et  surtout  de  celle  qui  se  donne  la  presse  pour  organe;  2"  la 
part  de  lion  que  le  Juif  s’est  faite  dans  la  possession  et  dans 
l’usage  de  cette  puissance. 

Homme  d’Ktat  au  service  de  la  Grande  puissance  germa- 
nique, et  aussi  clairvoyant  que  sagace,  un  de  nos  amis,  — 
un  de  ces  rares  protestants  qui  sont  restés  fidèles  à la  divi- 
nité du  Christ,  — nous  écrivait  au  mois  de  décembre  1863  : 
« Pour  les  temps  présents,  je  crois  les  Juifs  très-actifs  à rui- 

' Ces  choses  ne  sont  ni  seulement  ni  surtout  pour  la  France. 


L'"-  1 by  Google 


CHAPITRE  DIXIÈME.  369 

lier  tes  fondements  de  notre  société  et  h préparer  les  révolu- 
tions. Ils  appartiennent  à une  race  admirablement  bien  douée, 
qui  produit  des  génies  dans  tous  les  domaines  et  dans  toutes  les 
tendances;  je  veux  dire  des  hommes  originaux , d’une  haute 
intelligence  et  déune  grande  puissance  d'action.  En  Hollande, 
par  exemple,  deux  des  protestants  évangéliques  les  plus  in- 
fluents ont  été  deux  Juifs  convertis,  d’Acosta  et  Cappadose; 
en  Allemagne,  le  grand  historien  de  l’Église,  Néandre,  était 
pareillement  né  d’une  famille  israélitevh  Neuchâtel,  dans 
le  camp  opposé,  le  propagateur  le  plus  infatigable  et  le  plus 
heureux  de  l’athéisme,  c’ést  un  Juif,  un  banni  d’Allemagne, 
qui  a su  se  faire  une  magnifique  position  dans  ce  pays; 
l’État  lui  fait  un  gros  traitement  et  lui  a bâti  un  observa- 
toire. Depuis  la  recrudescence  révolutionnaire  de  1848,  je 
me  suis  trouvé  en  relation  avec  un  Juif  qui,  par  vanité, 
trahissait  le  secret  des  sociétés  secrètes  auxquelles  il  s’était 
associé,  et  qui  m'avertissait  huit  à dix  jours  d’avance  de 
toutes  les  révolutions  qui  allaient  éclater  sur  un  point  quel- 
conque de  l’Europe.  » 

« Je  lui  dois  l’inébranlable  conviction  que  tous  ces  grands 
mouvements  des  peuples  opprimés,  etc.,  etc.,  sont  combinés 
par  une  demi-douzaine  d'individus  qui  donnent  leurs  ordres 
aux  sociétés  secrètes  de  C Europe  entière  ! » 

« Le  sol  est  tout  à fait  miné  sous  nos  pieds,  et  les  Juifs 
fournissent  un  large  contingent  k ces  mineurs...  Les  ban- 
quiers juifs  seront  bientôt,  par  leurs  prodigieuses  fortunes, 
nos  maîtres  et  seigneurs.  » On  m’affirme  enfin  « que  tous 
les  grands  journaux  radicaux  de  l’Allemagne  sont  entre  les 

mains  des  Juifs » Les  premières  ligues  de  cette  lettre 

nous  ont  dit  quelle  y est  leur  tâche. 

Quelques  mois  s’étaient  écoulés  k peine  depuis  que  nous 
l’avions  reçue,  et,  sous  les  coups  foudroyants  de  la  Prusse, 
l'un  des  plus  puissants  empires  du  monde  s’affaissait  sur 
lui-méme,  et  tombait  avec  un  tel  fracas  de  ruines,  avec 
une  si  effrayante  soudaineté,  que  l’Europe  en  tressaille 
encore.  Leçon  terrible  et  peut-être  inutile,  mais  qui -nous 

li 


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370  LES  JUIFS. 

apprend,  lorsque  dans  le  domaine  de  la  pensée  chaque 
agent  destrucleura  rempli  sa  lâche,  avec  quelle  vélocité  de 
foudre,  — dans  le  siècle  de  la  vapeur  et  de  l’éleclriciié, 
c’est-à-dire  dans  un  siècle  de  miraculeux  raccourcissements 
de  temps  et  d’espace,  — viendront  fondre  sur  nous  les 
événements  les  plus  gros  de  surprises-,  événements  qui  ne 
cesseront  de  paraître  aussi  lointains  aux  yeux  de  ceux  qui 
ne  savent  ni  croire  ni  voir,  que  le  semblait  aux  contempo- 
rains de  Noé  le  déluge  universel , la  veille  meme  du  jour  où 
ce  cataclysme , si  longtemps  prophétisé , bouleversa  la  terre. 

Or,  le  secret  du  vaste  ensemble  de  machinations  et  de 
trahisons  au  centre  duquel  s’accomplissait  ce  tragique 
changement  à vue,  ce  secret  se  trouvait  avoir  été  celui  du 
public,  qui  tout  à coup,  se  le  rappelant,  commençait  à en 
saisir  le  sens.  Chose  étonnante  et  « fait  incroyable,  quoique 
signalé  depuis  longtemps,  » s'écriait-on , c’est  que  : toute  la 
presse  de  l'Empire  entrave,  arrête,  neutralise  les  efforts  du 
pouvoir,  et  semble  militer  bien  autrement  dans  les  intérêts 
des  ennemis  de  l'Autriche  que  de  l’Autriche  elle-même; 
c’est  que  : toute  parole  de.  haut  enseignement  sort  d’une 
bouche  judaïque  ; « c’est  que  : toute  la  presse  est  entre  les  mains 
des  Juifs’.  » c’est  que  les  Juifs,  là  comme  ailleurs,  sont  les 
instiluteurs  de  toute  la  jeunesse  de  l’Empire,  les  chefs  in- 
visibles et  suprêmes  des  sociétés  secrètes,  qui,  toutes  en- 
semble, sont  en  voie  d’achever  et  de  parfaire  la  ruine  de 
toute  puissance  chrétienne 

Et,  de  fait,  qui  le  croirait  si  les  yeux  n’eu  portaient 
témoignage?  les  journaux  mêmes  de  l’Autriche  « qui  dé- 
eudent  la  monarchie  et  l'Église  catholique  sont  comman- 
dités par  des  Israélites.  » Là  comme  ailleurs,  le  judaïsme 
s’est  fait  le  maître,  afin  de  l’être  partout-,  a et  la  noblesse 
autrichienne  n’a  pu  trouver  en  elle-même  ni  le  talent  ni  le 
dévouement  nécessaires  pour  fonder  des  journaux!  Aussi 
cherche-t-on  vainement  dans  les  feuilles  allemandes  une 
défense  sérieuse  des  droits  et  des  intérêts  de  l’Empire. 

' Voir,  à la  fin  de  cette  division,  tes  notes. 


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CHAPITRE  DIXIÈME. 


371 


Quelques  personnes  catlwlique.i,  eu  France,  onl  seules  sou- 
tenu avec  persévérance  la  cause  de  l’Autriche,  » tandis  que 
les  journaux  français  de  la  Révolution,  où  domine  l'inllueiice 
Judaïque,  travaillaient  contre  l’intérêt  vital  de  leur  patrie  ’a 
fonder  la  puissance  de  la  Prusse.  Ils  se  servaient,  comme 
en  Italie,  de  la  force  unitaire  d'un  Roi,  non  dau%le  dessein 
de  le  grandir,  mais  avec  la  pensée  de  réaliser  un  peu  plus 
tard,  à l'aide  des  États  agglomérés  sous  sa  main,  cette 
unification  républicaine  de  l'Allemagne  que  doit  suivre  de 
si  près  runification  républicaine  de  l’Europe  entière. 

Depuis  longtemps,  hélas!  la  dissolution  de  l’Empire  était 
préparée  par  les  plus  Judaïques  doctrines;  « le  rationalisme, 
lèpre  hideuse,  rongeait  jiresque  tous  les  corps  de  l’Etat; 
l’athéisme  était  publiquement  professé  dans  les  universités  ; 
une  presse  impie  versait  'a  flots  chaque  matin  le  poison  des 
plus  mortelles  doctrines,  et  ne  parlons  ni  de  la  corruption 
des  villes,  ni  des  mœurs  licencieuses  de  l’armée  et  des  offi- 
ciers surtout,  ni  de  la  vénalité  sordide  et  presque  prover- 
biale de  ses  administrations,  ni  de  l’oblitération  du  sens 
moral  dans  les  hautes  classes  de  la  société,  où  l’adultère 
était  excusé,  le  duel  glorifié,  le  suicide  légitimé!  » De  tous 
côtés  donc  la  machine  vermoulue  craquait,  croulait,  tombait 
en  ruine;  et,  malgré  la  vaillance,  et  malgré  l’héroïsme  de 
l’armée  presque  tout  entière,  d’odieuses  trahisons,  au 

moment  critique,  livraient  à l’ennemi quoi?  — dirons- 

nous  la  patrie?  non!  mais  l’empire!  — car  la  patrie,  com- 
mençaienth  dire  un  grand  nombre  des  citoyens  de  l’Autriche, 
c’est  l’Allemagne,  que  représente  la  Prusse! 

La  voilà  donc  cette  puissance  à demi  brisée  et  sur  laquelle 
la  révolution  avait  lancé  ses  anathèmes  parce  qu’elle  avait 
été,  parce  qu’elle  pouvait  redevenir  un  des  boulevards  du 
catholicisme  : te  Saint-Empire!  et,  sous  quelque  face  que  l’on 
envisage  ses  peuples,  si  le  désordre  y est  si  profond,  si  la 
misère  y est  si  grande,  il  ne  faut  l’attribuer  qu'au  savoir- 
faire  du  monde  occulte  et  de  son  prince , le  Juif.  Voilà  ce 
qui  se  dit  et  se  répète  à haute  voix  sur  tous  les  points  de 

24. 


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:,7j  LES  JUIFS. 

l’Erapirc.  Oui,  « le  plus  gianil  fléau  de  l’Allemagne,  nous 
disait  naguère  un  homme  d'Étai  prussien,  c’est  le  ju- 
daïsme, » et  le  plus  redoutable  des  instruments  du  judaïsme, 
c’est  la  parole  du  professeur  des  hautes  chaires,  c est  le 
dissolvant  quotidien  de  la  presse  ' 1 

Mais  Isrjël  lui-même  est  loin  de  cacher  son  triomphe, 
encore  inachevé-,  et  dans  le  pays  qui  donnait  naguère  ii  la 
franc-maçonncrie  pour  gi-aïul  maître  universel  son  premier 
ministre,  lord  Palmerston,  un  autre  premier  ministre,  le 
fds  d’un  Juif  et  d’une  Juive,  M.  Disraeli,  revendique  en 
toutes  lettres  pour  le  Juif  l’honneur  d’avoir  fait  de  l’Alle- 
magne catholique  l’Allemagne  Juséphisle  et  maçonnique, 
c’est-a-dirc  l’Allemagne  révolutionnée  que  nous  voyons  re- 
pousser à litre  d’insulte  et  de  danger  public  une  alliance 
avec  la  religion  du  Christ,  un  concordai  avec  Romel  Écou- 
lons, cl  que  nos  oreilles  ne  laissent  se  perdre  aucune  syllabe 
de  ces  précieuses  paroles  : 

« Im  puissante  révolution  qui  se  prépare  et  se  brasse  en  Alle  - 
magne (18W),  où  de  fait  elle  sera  bientôt  ume  seconde 
réforme  plus  considérable  QUE  LA  PREMIÈRE, 
celte  révolution  dont  un  soupçon  de  jour  permet  à peine  aux 
yeux  de  la  Grande-Bretagne  de.  pénétrer  tes  mystères,  eh  bien! 
sous  quels  auspices  prend-elle  /q  plénitude  de  ses  développe- 
ments:' Sous  les  auspices  du  Juif,  a qui , dans  l'Allemagne, 
est  échu  le  monopole  presque  complet  de  toutes  les  chaires 
professorales’  » et  de  tous  les  organes  delà  presse  : vérité 
d’e'vidence  et  de  notoriété  publique! 

Ce  que  disait  en  termes  si  clairs  le  ministre  triomphant 
de  la  Grande-Bretagne,  M.  Disraeli,  l’un  des  (ils  et  des 
initiés  d’Israël,  et  ce  qu’il  savait  en-quelque  sorte  par  droit 


> Pour  les  entre-guillemets,  la  correspondance  du  Monde  4 sep- 
tembre 1 866  ; l’auteur  de  celle  correspondance  est  un  liomme  éminenl, 
nui  connaît  à fond  l’Allemagne;  il  est  Allemand,  et  l'homme  d’Etat 
dont  il  parle  n’est  pas  celui  dont  nous  reproduisons  une  lettre,  et  que 
nous  appelons  notre  ami.  „ 

2 Entirelv  doveloping  (itself)  under  tlie  auspices  of  lhe  Jews...  Lom-- 
bien  ces  paroles  n’onl-ellos  pas  gagné  en  évidence  depuis  leur  date. 
1844  Disraeli  pour  l’entre-guillemets,  Coninpjbÿ,  p.  183-4. 


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CHAPITRE  DIXIÈME. 


373 


(le  naissance,  le  premier  ministre  de  rAutricIie,  M.  le  prince 
de  Metlernich  eût  dû  le  savoir  par  le  fait  de  l’observation, 
lui,  cet  homme  d’État  tout-puissant  qui  se  doutait  si  peu  qu’un 
des  hommes  investis  de  toute  sa  confiance,  et  par  conséquent 
dépositaire  de  la  plupart  des  secrets  politiques  de  l’Europe, 
était  le  pseudonyme  Nubius,  c’esl-a-dire  le  chef  le  plus 
redoutable  de  l’occultisme , et  le  collègue  du  Juif  piccolo- 
Tigre!  Ses  yeux,  ainsi  que  les  yeux  de  la  plupart  des  souve- 
rains, refusaient  le  jour  d’une  lumière  trop  vive.  Vaincu 
cependant  qu’il  était  par  des  indices  d’une  importunité 
fatigante,  un  beau  jour  il  laisse  s’échapper  de  sa  poitrine 
ce  cri,  où,  dans  l’expression  du  langage  familier,  la  pro- 
phétie se  mêlait  ù l’histoire  : t 

Il  y a dans  Tempire  d’Allemagne  des  éléments  révolu- 
tionnaires qui  n’ont  pas  encore  servi,  et  qui  sont  redou- 
tables-, L'élément  juif,  par  exemple...  En  Allemagne,  les  Juifs 
occupent  le  premier  rôle,  et  sont  des  révolutionnaires  de  pre- 
mière volée.  Ils  ont  des  écrivains,  des  philosophes,  des  poètes, 
des  orateurs,  des  publicistes,  des  banquiers,  et  sur  la  tête  et 
dans  le  cœur  tout  le  poids  de  l’ancienne  ignominie!  Ils 
auront  un  jour  redoutable  pour  l’Allemagne,...  probablement 
suiiri  d'un  lendemain  redoutable  pour  eux  ' ! m 

L’organisation  particulière  a la  nation  juive,  ses  doctrines 
antichrétiennes,  qui  sont  celles  des  sociétés  occultes  dont 
le  Juif  est  l’âme  et  le  prince,  et  dont  l’organisation  répète 
celle  de  sa  race  au  milieu  des  peuples;  l’or  qu’il  possède  et  qui 
nous  possède;  la  parole  enseignante  et  la  parole  de  la  presse* 
qui  deviennent  sa  propre  parole,  voilà  ce  qui  fit  du  Juif  ce 
qu’il  est  : notre  maître  latent;  voilà  ce  qui,  dans  un  avenir 
prochain,  fera  du  Juif  notre  maître  patent,  ou  du  moins  le 
principal  instrument  du  plus  inimaginable  despotisme. 

‘ Rougeyron,  Antéchr.,  p.  28-9:  Paris,  1861;  paroles  prononcées 
en  1849, 

2 Lire  sur  la  presse  : 1.  I,  la  Grosse  presse;  1.  II,  la  Petite  presse 
Louis  Veuillot,  Odeurs  de  Paris,  7“  édit.,  1867. 


371 


LES  JUIFS. 


PRE.MIER  APPENDICE. 

Comment  et  par  quelles  voies  ce  travail  de  décomposition  d’une 
société  chrétienne  que  nous  venonsd’inrriquer  fut-il  si  maiheureosement 
préparé  dans  l’empire  d'Allemagne?  Quelle  en  fut  la  cause  antérieure, 
et  rinfluence  judaïque  fut-elle  étrangère  aux  origines  de  ce  mal?  — ■ 
Peut-être  notre  réponse  étonnera-t-elle  plus  d’une  oreille;  car,  nous 
le  dirons  d'un  mot,  et  sans  hésiter  : Il  faut  chercher  dans  1 héiTsie..., 
il  faut  chercher  dans  le  haut  jansénisme , la  cause  immédiate  de  celle 
décomposition  sociale.  Nous  y verrons  aussitôt  d’une  vue  claire  que 
ce  jansiaiisme  , intime  allié  dis  sociilés  occultes,  a professé  les  doctri- 
nes des  Gnostiques;  que  les  Gnostiques,  ainsi  que  tous  les  premiers 
hérésiarque.s,  ont  eu  pour  pères  les  Juifs;  et  nous  nous  rappellerons 
alors,  pour  le  répéter  sans  cesse,  que  les  Juifs,  les  instiluleurs  actuels 
de  l’Europe,  sont  les  chefs  primordiaux  et  permanents  des  SnciiHés 
de  l’ocfultisme,  dont  les  principes  rongent  et  dévorent  les  entrailles 
des  sociétés  de  la  vieille  Europe.  Déjà  peut-être  e>t-ce  dire  en  termes 
assez  clairs  que  l’inllucnce  judaïque  dut  s’infuser  en  Autriche  d’une 
manière  aussi  profonde  que  sensible  sous  la  main  audacieuse  du  jan- 
sénisme, dont  les  exploits  forment  une  série  d’incomparables  mer- 
veilles. Car,  dès  que  cette  hérésie  se  prend  à rc.spirer  l’air  libre  dans 
le  saint-empire,  l'espiit  qui  souille  d’un  bout  à l’autre  de  ces  (itats 
chrétiens  y rend  le  clergé  lui-mèine,  et  jusqu’aux  évêques,  l’objet 
d’un  scandale  dont  nulle  plume  ne  nous  trace  une  plus  vive  et  navrante 
peinture  que  celle  d’un  très-docte  et  puissant  investigateur,  M.  l’abbé 
Davin. 

M.  l’abbé  Davin?  l’un  de  ces  prêtres  qui  se  passionnent,  s’aigrissent, 
et  dont  l’esprit  se  lance  avec  intrépidité  dans  la  voie  détestable  des 
exagérations!  — AhI  quelques-uns  le  disent,  et  nous  ignorons  s’il 
y a quelque  vérité  dans  ces  paroles.  Ce  que  nous  savons,  c’est  que 
les  recherches  de  ce  docteur  ont  un  intéiêt  saisissant;  c’est  qu’il  pro- 
digue une  énorme  richesse  de  faits  et  de  détails  que  font  afllucr  sous 
sa  main  des  autorités  qui  nous  semblent  graves,  et  parmi  lesquelles  se 
distingue  un  de  nos  plus  vénérables  cardinaux.  Nous  ne  les  avons  pas 
discutées,  il  est  vrai,  ces  autorités,  car  le  lecteur  pourra  s’imi>oser 
celte  lâche.  Mais  ce  que  nous  devons  énoncer,  c’est  que  nulle  part 
nous  ne  trouvons  l'histoire  de  l’Eglise  en  désaccord  avec  les  faits  et 
les  conclusions  que  ce  docte  écrivain  établit,  et  qui,  chose  remar- 
quable entre  toutes,  semble  n’êlre  que  le  développement  du  mot  par 
lequel  un  Israélite  de  nais.sancc,  le  premier  ministre  de  la  Gramle- 
Brelagne,  nous  rlécrit  avec  orgueil  l'action  désastreu.ve  et  irrésistible 
de  la  propagande  judaïque  au  sein  du  vaste  empire  d’Allemagne. 

Mais  les  indiscrétions  de  ce  prêtre  mettent  h nu  les  plaies  doulou- 
reuses de  l’Eglise?  Grand  sujet  de  scandale  pour  les  fidèles,  et  de 
triomphe  pour  ses  ennemis! 

Serait-il  plus  sage  de  les  cacher?  Pourquoi  donc  alors  l’Église,  dans 


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CHAPITRE  DIXIÈME.  375  ' 

ses  Évangiles  et  dans  son  hisloiref,  se  garde-l-ellé  si  fort  de  ne  point 
nommer  ses  Judas?  Est-ce  que  jamais  elle  a voilé  ses  plaies,  les 
stigmates  qui  prolongent  dans  son  corps  la  Passion  de  son  divin  Chef? 
Est-ce  que  sa  gloire  n’a  pas  toujours  été  de  vivre  dans  le  grand  jour 
de  la  vérité?  Moven  admirable  de  prouver,  aussi  bien  par  les  faiblesses 
et  les  trahisonsque  par  la  sainteté  de  ses  serviteurs,  la  divinité  de  son 
caraclère. 

Ces  choses  dites,  nous  nous  hâtons  de  soumettre  à l'appréi  iation  du 
lecteur,  et  en  simple  note,  un  extrait  de  la  pièce  importante  dont 
M.  l’abbé  Davin  ne  craignit  point  d’assumer  devant  le  public  la  res- 
ponsabilité : nous  y ajoutons  peu  de  chose. 

L’illustre  et  très-clmUienne  impératrice  Marie-Thérèse  crut  devoir 
introduire  dans  scs  Etats  deux  médecins  célèbres,  mais  que,  fidèles  à 
leurs  plans  destructeurs,  les  habiles  initiés  qui  poursuivent  le  Qirist 
de  leurs  haines  mortelles  avaient  h son  insu  choisis  dans  la  Hollande 
parmi  les  hommes  les  plus  dangereux  pour  la  paix  de  l'Église  ; Van 
Swieten  et  de  llaén.  A peine  ces  deux  savants  ont-ils  pris  pied  dans 
l’empire,  que  i le  jansénisme,  c'esl-è-dire  la  Révolution,  s jette  un 
bandeau  sur  les  yeux  de  l’Impératrice  et  des  futurs  Empereurs,  s’em- 
pare I du  ministère  de  l'instruction  publique^  et  marche  à pas  de 

géant.  Il I Trente  ans  après,  elle  sera  maîtresse  de  tout.  Le 

Sanhédrin  janséniste  aura  partout  ses  synagogues,  sous  le  nom  de 
loges  maçonniques  ; elles  dirigeront  tous  les  cabinets,  et  elles  occupe- 
ront presque  tous  les  temples  '.  s 

Van  Swieten  meurt  en  1772,  et  son  fils,  qui  s'est  lié  lors  de  son 
séjour  à Paris  avec  les  apôtres  do  la  nouvelle  philosoj  tiie,  se  fait 
l’in  trument  d’un  parti  si  puissant  que,  sur  le  terrain  religieux,  il 
règne  <i  abso'ument,  et  durant  vingt  ans,  sous  les  noms  de  Marie- 
Thérèse,  de  Joseph  11  ce  misérable  empereur  à qui  la  chrétienté, 
l’humanité  devront  tant  de  maux,  et  de  LÂipold  11...  » 


* Obirrvons  ralliance  étroite  que  le  perupirace  invc«tigafeur  établit,  par  le* 
•euU  mou  Sanhédrin  et  Sj  naijague,  entre  le  jndaUme  et  l hérésie  reprraeniêe  par 
le  haut  jaosrniime.  Voyons  encore  le  jaiiséiiisnie  transcendant  se  eonfomire,  par 
ses  coti*ulsioanaires,  avec  tes  ilhimivéêf  c'est^i  dire  avec  les  conspirateur*  de 
tordre  epîrite,  adeptes  de  la  Cabale  magoimùjue.  Car  la  Cabale,  noii*  dit  rinilié 
Ba|>oa,  est  • la  mère  des  sciences  occultes  ■ [Ma^-oimerie  occuUty  p 78;  raâs, 
1853),  et  nous  savons  qn’clle  est  l'àine  du  Talmud  et  du  Zohar  l Ne  perdons  de 
vue  aucune  de  CCS  espressions,  aucun  de  ces  points  de  repère. 

* Joseph  II,  ce  stuge  du  {;raiid  Krederîr,  a qui  les  JutFs  n’oot  pas  ménagé  la 
louange,  et  que  ce  mnuarque  appelait  mon  Frère  le  sacristain,  était  inca|>able  de 
gouverner  ses  États;  mais,  possédé  de  la  maoie  des  réformes,  il  y ^.git  en  des> 
pote,  il  y usurpa  le  pouvoir  papal,  régenta , bouleversa,  désola  rhlglise,  et  pré- 
para par  tes  prodigieuses  inepties  la  ruine  de  l'.^utriche.  Bien  plus  niais  que  nié* 
cbatil,  il  fut  pour  la  chrétienté  un  Héau  dont  l'actiou  ne  cesia  poiul  avec  sa  vie! 
Lire  dans  VHietoire  de  tÊtjUse  de  Rolirbaiher,  l.  XXVll,  p.  !231  ; 1852,  etc.,  un 
résumé  des  actes  de  ce  triste  et  implacable  novateur  (élève  de  l'abbé  janséniste 
de  Terme,  etc.,  etc.  Cours  dîhistaire  ecclétiaHique,  i.  III,  p.  436;  1867,  par 
M,  l'abbé  J.  J,  Blanc  ; trè^Mvant  ouvrage). 


I 


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376 


LES  JUIFS. 


« La  destruction  totale  de  l’ÉgliSe,  dit  le  P.  Tlieiner,  était  résenée 
à un  seul  homme.  Cet  homme  était  le  janséniste  baron  Van  Swieten , 
qui  par  son  hypocrisie  sans  égale,  et  par  le  crédit  qu’il  s'était  acquis 
grice  à ses  relations  avec  les  philosophes  français  et  allemands, 
mais  surtout  avec  ceutL  de  Berlin,  sut  amener  l'Empereur  i le  nommer 
directeur  do  l’instruction  publique  en  Autriche.  » Nous  comptons  au 
nombre  de  ses  appuis,  Sonnenfels,  Born  et  Ejbel,  c’est-à-dire  « les 
propagateurs  les  plus  zélés  de  l'Illuminisme!  » 

Tel  fut,  en  conséquence,  l'homme  dont  les  Illuminés  qui  se  révélè- 
rent en  Franco  par  les  exploits  auxquels  se  rattache  le  nom  de  saint 
Médard,  se  servirent  pour  a décapuciner  et  déniaiser  les  Autrichiens.  » 
Van  Swieten,  a6n  de  faciliter  cette  œuvre,  a ne  donna  de  places  qu’à 
des  hommes  dépourvus  de  conscience  et  do  religion,  de  vertus,  de 
piété,  de  mœurs  et  de  dignité  '.  La  véritable  science  n'entrait  jamais 
chez  lui  en  considération.  Je  dirai  même  plus,  partout  où  elle  se  trou- 
vait, elle  était  repoussée,  parce  qu'un  la  craignait.  Il  fallait  être  philo- 
sophe ou  Illuminé,  pour  obtenir  une  chaire  en  théologie.  — Les  char- 
latans les  plus  impies  étaient  ceux  qui  obtenaient  le  plus  de  facilité 
pour  l’avancement.  Enfin , l’esprit  immonde  a jeté  son  masque  ; il 
s’est  fait  cynique,  il  a installé  l’orgie  en  plein  soleil  et  en  plein  sanc- 
tuaire ; c’est  à peine  si  l’on  ose  en  croire  ici  l'histoire  la  plus  au- 
thentique, et  surtout  la  citer.  > 

Il  serait  trop  long,  écrivait  le  t7  septembre  1788  un  vertueux  fran- 
ciscain, professeur  à l’académie  de  Rattenbcrg,  de  vous  faire  part  de 
tout  ce  que  j’ai  éprouve  à Vienne.  Sachez,  en  tous  cas,  « et  soyez 
convaincu  que  je  ne  parle  point  par  hyperbole.  » J'ai  vu  , dans  cette 
université  jadis  si  florissante,  le  renversement  de  toutes  choses,  et 
« une  si  effroyable  immoralité  que,  si  je  ne  l'avais  vue  de  mes  propres 
yeux,  je  n'ajouterais  pas  foi  à ce  que  d'autres  m'en  diraient.  • 

On  compte  dans  le  séminaire  général  quatre-vingts  séminaristes; 
• mais  le  nombre  de  filles  de  joie  à qui  les  directeurs  accordent  la 
libre  entrée,  dans  le  but  d’ôter  à ces  jeunes  gens  tout  sentiment  de 
honte,  est  beaucoup  plus  considérable.  Et  que  dirai-je  des  thèses  que 
l’on  y soutient!  Les  écrivains  les  plus  dangereux  se  trouvent  dans 
toutes  les  mains,  et  plusieurs  professeurs  complètent  dans  leurs  ex- 
plications ce  qui  manque  à ces  ouvrages  en  impiétés  et  en  infamies.  > 
D'ailleurs,  « ce  que  je  vous  dis  du  séminaire  général  de  Vienne  est 
plus  ou  moins  vrai  de  toutes  les  institutions  du  même  genre  à Gratz 
en  Styrie,  à Olmutz  en  Moravie,  à Prague  en  Bohème,  à Pavie  dans  le 

Milanais,  à Insprucli  dans  le  Tyrol Le  janséniste  Tamburini,  après 

avoir  été  chassé  de  l’État  vénitien  pour  ses  blasphèmes  et  scs  propo- 
sitions scandaleuses,  et  s’être  réfugié  à Pavie,  y a été  nommé  recteur 
du  séminaire  général.  Le  recteur  du  sthninaire  d'inspruck  est  le 
fameux  incrédule  et  franc-maçon  Allierlini.  • 


' Ce  même  travail,  ce  ntêrac  criiuc,  est  en  voie  de  t'accomplir  dani  un  très* 
{;rand  nombre  d’Éiau;  et,  par  ses  effets,  la  Révolution  eicrce  des  ravages  autre* 
ment  redoutables  que  par  la  terreur. 


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CHAPITRE  DIXIÈME.  377 

Prêtre  et  professeur  de  théologie  au  séminaire  de  Rattenberg, 

Jean  Kolb  se  livrait  à tous  les  vices;  et,  digne  imitateur  des  anciens 
Gnostiques,  « il  attaquait  ouvertement  la  religion  et  la  morale  en 
présence  des  séminaristes  et  des  laïques.  R menait  ses  élèves  le  ven- 
dredi dans  les  plus  mauvais  cabarets,  buvait  et  mangeait  avec  euï,  et 
les  excitait  à faire  usage  en  public  des  viandes  défendues  par  l'Église. 
Il  leur  enseignait  sans  détour  que  la  simple  fornication , loin  d’être  un 
péché , était  permise , et  même  nécessaire.  Pour  leur  rendre  com- 
préhensibles ces  principes  de  morale  (gnostique),  il  les  conduisait  lui- 
même  dans  les  fossés  de  la  ville  aux  heures  où  les  soldats  ont  coutume 
de  s’y  livrer  à leurs  orgies;  il  repaissait  ses  yeux  de  ce  spectacle,  et 
exhortait  ses  séminaristes  à imiter  en  toute  tranquillité  de  conscience 
ces  abominables  exemples.  Kolb  devMt  enfin  un  objet  de  scandale 
pour  toute  la  ville;  on  protesta  hautement  contre  lui  à Vienne,  mais 
en  vain  ; Van  Swieten  le  protégeait,  et  Kolb  demeura  cinq  années  en- 
tières à Rattenberg.  La  mort  saule  put  retirer  ce  monstre  du  théâtre 
de  ses  crimes.  » 

Une  circonstance  permit  sans  doute  « au  ministre  de  l’instruction 
publique  à Vienne  de  si  affreuses  audaces  : c’est  qu'il  avait  pour 
complice  le  premier  prélat  de  l’empire , l’archevêque  électeur  de 
Mayence,  C***  F*’**  J***  d’E'**,  et  toute  une  troupe  de  Judas  avec 

lui » Ce  prélat  était  parvenu  d’ailleurs  â se  donner  pour  coadjuteur 

son  parent,  le  baron  de  D***,  traître  à sa  patrie,  et  qui  ne  craignit 
point  de  livrer  l’Église  aux  francs-maçons,  ses  frères  >. 

Lors  de  la  chute  des  principautés  ecclésiastiques  de  l’Allemagne , 
lui  seul  gardera  la  sienne  : Napoléon,  en  lui  laissant  le  domaine  tem- 
porel de  quelques  États,  lui  permit  de  prendre  le  litre  de  primat,  ce 
qui  indiquait  assez  quels  projets  il  basait  sur  ce  prélat  I Mais  la  divine 
Providence  fit  avorter  ce  projet. 

a Ainsi  parle  le  cardinal  Pacca  ; et  le  cardinal  Consalvi  nous  montre, 
le  jour  du  sacre  de  Napoléon,  Mgr  D***  assis  à la  table  impériale 
avant  le  Pape  » Enfin,  de  progrès  en  progrès,  « le  ministre  de  l’in- 
struction publique  et  l’archevêque  de  Mayence  en  étaient  venus  à 
réformer  à peu  près  tout  l'épiscopal  â leur  image.  Des  loups  I on  ne 
voyait  que  des  loups  à la  tète  des  brebis  de  Dieu  I » 

Mais  où  donc  s’étaient  réfugiés  les  évêques?  HélasI  cette  terrible 
chute  de  notre  sainte  Eglise,  écrit  un  digne  religieux,  < aurait  pu  faci- 
lement être  prévenue  par  nos  évêques;  mais,  ù douleur  I presque  tous 
y ont  prêté  la  main,  et  ont  préféré  rendre  hommage  aux  princes  de  la 
terre  que  de  glorifier  le  Dieu  du  ciel.  » Trois  de  ces  prélats  exceptés, 
< les  autres  purent , à juste  litre,  être  appelés  les  dévastateurs  plutôt 
que  les  gardions  de  leurs  troupeaux.  Je  ne  veux  pas,  de  peur  de  vous 
affliger,  vous  rappeler  le  triste  souvenir  de  C*'*,  primat  d’Allemagne 
et  archevêque  de  Salzbourg,  ni  celui  de  l’infâme  K***,  évêque  de 

* Voir,  même  pièce,  ce  que  ttil  le  cardinal  Pacca  de  cet  Illuminé,  dont  la 

tecte  diri{-cait  alori  plus  ou  moint  tous  les  caliineu  de  l’Allemagne* 

* Voir  lea  antoritéa,  même  pièce. 


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378 


LES  JUIFS. 


Saint-Pollen  et  conseiller  privé  de  l’Empereur,  car  il  est  Irop  connu...  » 

C***,  O rival  d'E***  en  fourberie  schismatique,  riait  franc-maçon, 
comme  D*'*,  comme  tou.s  les  meneurs  du  mouvement  qui  chanpeait 
alors  la  face  de  r.\llemapne.  » La  franc. maçonnerie,  dont  les  Juifs 
forment  l’elat-major,  • et  qui  n'est  que  le  jansénisme  doublé  du  plii- 
losophismc  son  adversaire  en  apparence,  mais  foncièrement  son  ami, 
la  franc-mafonnerie  occupait  lous  les  grands  sièges  épiscopaux , ou 
par  les  titulaires  ou  par  leurs  sutiordonnés.  » 

O .-Xinsi  les  prélats  trompaient  l’Église,  ainsi  on  les  trompait  eux- 

mémes;  ainsi  les  scandales  n'avaient  plus  de  limites Que  devaient 

donc  être  les  peuples,  avec  un  tel  clergé  et  do  telles  menées  diaboli- 
ques? Les  mœurs  s'écroulaient  dans  les  villes,  elles  étaient  boulever- 
sées dans  les  cam|tagnes;  nftis  nulle  part  elles  ne  présentaient  un 
aussi  triste  spectacle  qu'à  Vienne,  où  le  gouvernement  avait  comme 
pris  à tâche  de  corrompre , pour  régner  à la  place  de  l'Église.  » Il 
prétendait  accroître  de  la  sorte  son  tiès-légilime  pouvoir  du  pouvoir 
tout  spiécial  qui  ne  saurait  appartenir  qu'aux  ministres  de  la  puissance 
spirituelle. 

Et  cependant,  dans  les  masses,  la  foi  résistait  encore,  o tant  elle 
était  antique  et  solide,  et  tant  la  grâce  de  Dieu  la  soutenait.  Quant  à 
la  religion,  dit  le  cardinal  i’.icca,  malgré  tous  les  efforts  des  sectes  et 
des  sociétés  secrétes  pour  la  déraciner  du  cœur  des  bons  .\llemands,  je 
puis  dire  qu'elle  y était  encore  pleine  de  vie  dans  la  plupart  des  ca- 
tholiques, et  cette  conservation,  on  peut  le  dire,  était  un  véritable 
prodige  ' I » 

Ainsi,  lorsque  sonnera  l'heure  des  dernières  et  tics  plus  redoutables 
persécutions  de  l'Église,  Dieu  protégcra-t-il  les  üdeles,  jetés  bien  plus 
avant  encore  que  nous  no  venons  de  le  voir  au  milieu  des  dangers  où 
h'  vertige  s’emparerait  de  la  foi  la  plus  robuste,  si  le  ciel  lui-méme 
ne  se  hâtait  d intervenir.  .Mais  gardons-nous  d'agrandir  l’amph-ur  de 
notre  horizon,  et  bornons-nous,  pour  le  moment,  à répéter  une  phrase 
do  ce  précieux  texte,  car  elle  le  résume  tout  entier. 

s Le  jansénisme,  c'est-à-dire  la  Révolution  »,  tenant  le  < ministère 
de  l'instruction  publique  »,  va  marcher  en  .\llemagne  « à pas  de  géant. 
Trente  ans  encore,  et  elle  sera  maîtresse  de  tout.  Le  Sanhédrin  jan- 
séniste aura  partout  ses  synagogues  sous  le  nom  de  loges  maçonniques. 
Elles  dirigeront  tous  les  cabinets,  et  elles  occuperont  presque  tous  les 
temples  » 

' T.  tt,  p.  81.  Cetle  pièce  ioiportanle,  munie  de  toutes  les  autorités  à l'appui, 
fut  publiée  dans  le  Monde , te  lit  août  ts68. 

* Fiiurmie  imptacable  et  surtout  liyporrite  de  toute  libt'rté,  la  révolution, 
dont  le  janséuisiuc  n'est  tpi 'une  face,  veut,  sous  prêtclte  tle  progrès,  im|toser  aui 
faoiilles,  dans  tous  les  fltats,  le  jnuf>  de  l'instruction  obligatotre ; et  itouripioi?  — 
Parce  qu'eile  veut  faire  de  nos  tuFants  les  siens,  en  les  mudebnt  à sou  image; 
parce  qu’elle  vrtit,  coiiiine  en  Sulriclie,  irausFbrmer  un  peuple  clirélirn  en  un 
peuple  imbu  de  toutes  les  doctrines  subversises  de  la  civilisation  cbrctiriiiie,  c'est* 
à-ilirc  en  un  p,  uple  imbu  ries  doctrines  du  jud.iîsiue.  l.ire  les  passages  que  nous 
avons  cités  des  discours  de  ï Alliance  ûraélite  umvenetle. 


i?ôaT,^  oaiis'^Ie 


CHAPITRE  DIXIÈME.  379 

Lorsque  nou.s  rpproiltiisimee  ces  lignes,  qui  semblent  amiilgamer, 
pour  en  l'ormer  sans  raison  un  seul  et  nu'me  tout,  quatre  choses  en 
apparence  distinctes  : r/if'rcsi>  (janséniste)  et  la  lirvotulion,  la  franc- 
maçonnerie  et  le  judaïsme  (Sanhédrin),  quelques  lecteurs  ont  pu 
croire,  quelques  critiques  ont  pu  s'imaginer  et  nous  eûmes  soin  d'en 
rormuler  la  remarque,  que  l'auteur  cité  par  nous  abusait  de  l'hyper- 
bole et  confondait  l’une  avec  l'autre  des  choses  qui  n,'ont  entre  elles 
que  d'insensibles  et  de  lointains  rapports.  .Vais  l'histoire,  inlerrogée  à 
sa  source,  compulsée  dans  ses  archives,  aidée  des  aveux  du  judaïsme, 
démontre  le  contraire,  et,  pour  notre  part,  nous  admirons  la  science 
de  l'écrivain  et  la  justesse  de  son  jugement,  tout  en  regrettant  dans 
l'intérét  du  public  la  trop  nerveuse  concision  do  sa  parole. 

Rien  donc  de  plus  clair  et  de  mii  ux  avoué  ; le  judaïsme,  aidé  de  la 
parole  enseignante  et  de  la  presse,  est  l'âme  infatigable  de  toutes  les 
sociétés  cabalistiques  et  .secrètes  et  de  toutes  les  menées  impies  qui, 
soit  dans  le  for  intérieur  de  l'hérésie,  soit  dans  les  développements  du 
philosophisine  qu’elle  enfante,  s'attachent  à la  ruine  du  monde  chré- 
tien dont  M.  Disraeli  semble  jeter  au  milieu  de  nous  la  menace. 


DEUXIÈ.ME  APPENDICE. 

.Méconnaissant  les  intérêts  les  plus  évidents  de  la  France,  la  pres.se 
révolutionnaire  presque  tout  entière  s'est  portée  avec  un  désastreux 
entrain  à produire  les  dcu.x  grandes  unifications  de  l'Italie  et  de  l’Alle- 
magne, qui  sont  la  ruine  de  notre  prépondérance,  et  qui  déjà  nous 
réduisent  à la  cruelle  et  impérieuse  nécessité  de  ruiner  nos  finances, 
notre  agriculture  et  notre  industrie,  en  faisant  de  tout  Français  un 
soldat.  Entre  mille  preuves  de  ce  déploiable  esprit,  nous  ne  citerons 
que  l’un  des  mille  p issages  du  journal  t'Élendird,  dont  les  premiers 
succès  furent  dus  à cette  annonce  : qu'il  s’abstiendrait  de  toute  appré- 
ciation politique,  parole  qui  nous  tronqia.  Sa  spécialité  devait  être  la 
relation  des  événements  de  la  guerre  entre  la  Prusse  et  l’Autriche. 
Mais  ce  qui  frappa  le  public,  et  ce  qu'on  vit  s’épanouir  avec  une  com- 
plaisante na'i'velé  dans  cette  feuille,  ce  sont  les  sentiments  d horreur 
qu'inspire  à la  Révolution  tout  État  coupable  d’une  tendance  catho- 
lique, l’existence  et  la  prospérité  de  cet  Etat  fussent-elles  nécessaires 
à la  puissance  et  à la  prospéiité  de  la  patrie.  Il  est  donc  question  de 
l'Autriche,  où  les  principaux  organes  de  l’opinion  sont  la  bouche  et  la 
plume  du  Juif. 

<1  Pendant  la  guerre,  nous  dit  le  journal  l’Étendard,  tout  a servi  la 
Prusse,  tout  a desservi  l'Autriche...  » Et  d'où  vient  ce  singulier  phé.io- 
mèneî  Ah!  ahi  vous  en  iriez  chercher  trop  loin  les  causes,  et  vous  y 
perdriez  trop  de  temps,  lecteur  non  stylé!  Qu’il  nous  soit  donné  de 
vous  épargner  cotte  peine.  La  cause  de  toutes  ces  catastrophes,  l’hten- 
dard  vous  la  dit  ; « L'Autriche  a un  pacte  funeste  qui  absorbe,  détourne. 


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380 


LES  JUIFS. 


IMralyne  toutes  ses  forces  vives  » ; et  ce  pacte c’est  un  concordat 

avec  Rome!  Donc,  cl  puisque  ce  n’est  point  un  concordat  avec  la 
Révolution,  i les  citoyens  se  défient  les  uns  des  autres;  et,  tous  en- 
semble, du  pouvoir!  Le  magistral  tremble  devant  le  prêtre,  le  mar- 
chand devant  le  soldat.  Toutes  les  relations  sont  faussées  et  forcws...  » 

« Il  n'en  saurait  être  autrement!  L’Autriche  ne  s’appartient  pas; 
toute  sa  vie  uationalc  est  aux  mains  de  son  clergé,  lui-même  à la 

merci  de  qui  le  mène! Il  n’est  pas  une  des  branches  de  l’activité 

socia'.e  sur  laquelle  le  concordai  de  18.55  ne  donne  au  clergé  autri- 
chien une  souveraineté  complète Qu’on  s’étonne,  après  cela,  de  voir 

à Vienne  tant  de  sourds  mécontentements  se  répandre,  cl,  dans  toute 
l' Allemayne,  les  hommes  d'action,  d’étude  et  de  pensée,  te  rallier  à la 

Prusse' Nous  pouvons  donc  dire  de  l’Autriche  ce  que  nous  avons 

dit  de  l'Espagne  ; il  s’y  forme  fatalement  deux  société  dans  la  so- 
ciété, deux  Étals  dans  l’État...  Voilà  le  mal,  et  ce  mal  est  tout  entier 
dans  le  concordat  de  1855,  dont  le  Reichsralh  n’a  cessé  do  demander 
la  révision,  o 

« En  donnant  sa  démission  en  masse  lorsque  l’ennemi  vain- 
queur est  sur  le  territoire  de  l’empire,  le  conseil  municipal  de  Vienne 
aura-t-il  fait  un  acte  utile?  Cette  leçon  ouvrira-t-elle  les  yeux  du  pou- 
voir? « Nous  voudrions  le  croire,  nous  n’osons  l’espérer.  Mais  il  faut 
que  la  situation  soit  bien  grave,  le  mécontentement  bien  vif,  la  com- 
pression bien  lourde,  pour  que  lu  ville  de  Vienne  se  soit  vue  obliijée 
d'élever  la  voix  dans  d'aussi  douloureuses  circonstances 

0 C’est  qu’en  effet  un  prince  qui  fait  de  pareilles  concessions,  et 
ipii  laisse  ainsi  amoindrir  la  couronne,  devient  par  son  exemple  un 
danger  public , non-seulement  pour  ses  peuples,  mais  pour  tous  les 
Etats  3 ! g 

O singulier  patriotisme , et  dont  le  premier  ministre  de  la  Grande- 
Bretagne,  l’Israélite  Disraeli,  vient  de  nous  donner  le  mot!  On  croit 
rêver  en  lisant  ces  lignes!  Non,  notre  lâche  ne  saurait  être  de  dire  ce 
qu’il  y eut  de  lâchetés  et  de  trahisons  dans  l'Empire  devant  l’inva- 
sion prussienne,  d’autres  l’ont  fait!  Il  nous  sulTit  d’indiquer  le  rôle  de 
ceux  qui  crurent  devoir  se  faire  au  dehors  les  auxiliaires  des  vain- 
queurs, dans  la  campagne  contre  le  concordat.  Eli  quoi!  un  É-tal,  un 
prince,  oser  se  reconnaître  catholique  au  dix-neuvième  siècle!  Oser 
donner  ce  dangereux  exemple  au  moment  où  l’anticalholique  M.  Toiis- 
scnel  a jeté  ce  cri  de  terreur  : Les  Juifs!  les  Juifs  sont  les  rois  de 
l’époque I Un  État,  un  prince,  oser  traiter  avec  Rome,  oser  régler,  à 
l'exemple  de  Napoléon  I",  l’accord,  la  concordance  des  droits  de  la 
religion  avec  les  droits  de  l’Étal  I Un  prince,  enfin , oser  se  soustraire 
à la  Révolution  qui  concentre  sur  le  Christ  toutes  les  haines!  un  prince 
oser  ne  céder  que  pied  à pied  aux  sociétés  secrètes,  celle  milice  cos- 


' Écliantillon  du  palriolitnic  judaico-marnunique. 

* ProSter  de  t’agonie  de  la  patrie  pour  arriver  à de  letles  6ns  : Proh  pudor.’ 
Od  tâit  comment  était  composé  ce  conseil. 

’ Les  enlrc-guillemcls  sont  de  (‘Etenilard,  30  juillet  1666. 


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CHAPITRE  DIXIÈME. 


381 


mopolite  que  disciplinent  et  gouvernent  quelques-unes  des  plus  fortes 
tête?  d’Isniël.  Ah!  périsse  cel  État  ou  le  judaïsme!  la  môme  terre  ne 
saurait  porter  à la  fois  ces  deux  puissances. 

Un  mot  encore,  et  que  des  plumes  allemandes  nous  peignent  les 
sentiments  qui,  la  presse  aidant,  s’affichent  dans  cette  Allemagne  que 
M.  Disraeli  s’applaudit  de  voir  si  profondément  judaïsée  ; mais  vrai- 
ment, un  spectacle  plus  navrant,  plus  écœurant,  plus  dégoûtant,  serait 
difficile  à imaginer  : 

O A différentes  reprises  nous  avons  signalé  les  sympathies  prus- 
siennes beaucoup  trop  vives  des  journaux  libéraux , des  étudiants  et 
de  certaines  associations  de  Vienne  et  de  l’Autriche.  Une  nouvelle 
association  de  ce  genre  vient  de  se  constituer  à Gratz,  sous  la  direc- 
tion (le  MM.  de  Hausegger,  Obmann  (président  de  la  commission  du 
cercle),  du  comte  Attems,  Sailler,  et  des  docteurs  Strohal  et  Mack. 
L’association  se  qualifie  de  Nationale-Allemande.  Sa  tâche  est  de  faire 
une  guerre  implacable  à l'Eglise  catholique  et  à tous  ceux  qui  s’oppo- 
sent à l'unification  prussienne  de  l’Allemagne.  Voici  un  extrait  de 
l’appel  qu’elle  a adressé  aux  Allemands  autrichiens  : » 

« Aujourd’hui  30  millions  d’Allemands  sont  unis  dans  la  Confédéra- 
tion du  Non!;  le  nom  Allemand  a acquis  une  considération  et  une 
autorité  que,  depuis  les  beaux  temps  de  l’Empire,  il  ne  possédait  plus. 
Par  CO  fait,  la  conscience  nationale  non-seulement  remplit  chaque 
Allemand  de  fierté  et  d’heureuse  espérance , mais  lui  donne  encore  la 
conviction  certaine  que,  selon  les  lois  de  la  gravitation,  qui  s’exercent 
aussi  dans  la  vie  des  peuples,  l’annexion  du  sud  de  l'Allemagne  à 
l’Etat  fédéral  du  Nord  n’est  plus  qu’une  question  de  teynps.  » 

a Notre  sentiment,  quant  à nous,  est  que,  pour  l’État  auquel  nous- 
mêmes  nous  appartenons,  ce  n’est  pas  seulement  une  tâche  à remplir, 
mais  une  question  vitale,  que  de  n’opposer  aucun  obstacle  à cet  irré- 
sistible besoin  d’unité  qui  pousse  l’Allemagne  dans  la  voie  de  son  déve- 
loppement national.  Séparés  de  la  patrie  allemande  par  les  événements 
de  1866,  nous.  Allemands- Autrichiens,  n’en  avons  pas  moins  le  devoir 
de  laisser  s’accomplir,  il  est  vrai  sans  y coopérer  directement,  mais 
non  pas  sans  une  chaleureuse  participation  de  cœur,  la  réunion  de  nos 
frères  d’Allemagne  en  un  seul  grand  État.  Et  si  quelque  tentative 
hostile  avait  lieu  contre  ce  progrès  unitaire  qui  se  poursuit  dans  l’Aile-  • 
magne  non  autrichienne,  nous  devrions  voir  là  une  trahison  envers  la 
cause  allemande  et  nous  y opposer  avec  toutes  les  armes  légales...  » Il  y 
aura  donc  trahison  pour  un  Autrichien  à ne  plus  trahir  l’Autriche! 

Et  tout  marche  de  front.  Les  tribunaux,  jusqu’ici  assez  fermes  sur 
les  principes,  reprend  M.  Khun  à qui  nous  devons  cet  extrait,  com- 
mencent à se  mettre  à la  hauteur  du  progrès  libéral  le  plus  moderne. 
Le  tribunal  supérieur  (Oberlandesgericht)  a statué  que  les  chansons 
indécentes  et  obscènes  ne  peuvent  être  punies  parles  tribunaux.  Cette 
décision  assure  donc  une  impunité  complète  à toutes  les  obscénités 
mises  en  chansons.  L’effet  en  a été  qu’aujourd’hui , dans  toutes  les 
brasseries  de  Vienne,  on  ne  chante  plus  que  des  chansons  si  infâmes 


382 


LES  JUIFS. 


que  les  journaux  libéraux  eux-mêmes  s'en  effrayent  et  protestent.  — 
Hermann  Khun,  Monde,  il  avril  1869. 

Au  moment  où  la  Prusse , aidée  de  toutes  les  sociétés  secrètes  de 
l’Europe,  vient  do  briser  l'Autriche,  coupable  d’avoir  osé  signer  un 
concordat  avec  Rome,  ne  voyons-nous  point  que  l'esprit  qui  règne 
dans  cet  empire  où  les  Juifs  .sont  aujourd’hui  les  maîtres  de  l’or,  de 
la  plume  et  de  la  parole,  est  celui  que  lui  ont  inspiré  les  alliés  du 
judaïsme,  les  disciples  de  Van  Swielen,  les  membres  du  Sanhédrin 
révolutionnaire  qu’une  plume  savante  vient  de  nous  décrire;  ces 
adeptes,  en  un  mot,  dont  l'audacieuse  habileté  prépare  avec  les  Juifs 
leurs  maîtres,  selon  lesyiaroles  du  prcmieè'  ministre  Disraeli,  le  dernier 
acte  du  bouleversement  social  I 


OU.VTRIÈME  DIVISION.  — SUPÉRIORITÉ  INTELLECTUELLE  DU 
JUIF  SUR  LE  CHRÉTIEN;  UN  MOT  SUR  LA  SUPÉRIORITÉ 
MORALE. 

Le  Juif,  armé  de  ses  moyens  d'influence,  est  aujourd'hui  l’homme  qui 
prime  et  qui  dirige;  une  force  i^ré^istlble,  et  qu’il  ajoute  aux  forces 
que  déjà  nous  lui  connaissons,  est  l’incomparable  supériorité  de 
son  intelligence  ; — Exce|)tion.  — Culture  acharnée  de  i elte  su|)é- 
riorilé;  pourquoi  et  comment  elle  s’affirme  dans  toutes  les  carrières. 
— Elle  est  la  preuve  de  sou  impéris.sable  vitalité.  — Cette  supério- 
rité de  nature  éclate  jusque  dans  le  sein  des  classes  infimes;  des- 
cription pittoresque.  — Le  Juif,  si  prompt  à grandir,  n'est  cejven- 
dant  point  un  parvenu  ; il  est  un  gentilhomme  déchu  qui  rentre  dans 
ses  droits  de  noblesse.  — Autre  peinture,  complaisante  et  vraie, 
des  étonnantes  supériorités  du  Juif,  |iar  le  premier  ministre  de  la 
Grande-Bretagne,  M.  Disraeli.  — Comment  celle  supériorité  pré- 
pare au  Juif  l’empire  du  monde,  qu'il  convoite,  et  que  déjà  il  exerce 
en  partie.  — La  supériorité  inlellecluelle  du  Juif  sur  le  chrétien  est- 
elle  accompagnée  de  la  supériorité  morale'f 

Arme  des  moyens  de  défense  cl  d’attaque  qu’il  s’est  pa- 
tiemment, laborieusement  créés  dans  le  cours  des  siècles, 
cet  homme  tout  pétri  de  ruse,  d’industrie  et  d’audace,  le 
Juif,...  dans  un  certain  nombre  des  États  de  l’Europe,  peut 
aujourd'liui  se  dire  sinon  le  maître  patent  de  la  société,  du 
moins  l’Iiomme-prince , celui  qui  prime  en  réalité,  celui  qui 
dirige,  et  dont  l'influence  est  dominatrice! 

Telle  est  cependant  encore  l’auréole  de  mépris  dont  les 
siècles  l’ont  entouré,  que,  pour  exercer  son  empire,  ce 
maître  doit  le  plus  souvent  abaisser  le  voile  sur  son  origine. 


- llinili/roh',  Glltlj^le 


CHAPITRE  DIXIÈME. 


383 


et  ne  découvrir  qu’avec  une  réserve  extrême  les  moyens  de 
supériorité  qui  distinguent  sa  personne  et  convergent  dans 
sa  main.  Le  nombre  en  est  inüni;  loin  de  nous  est  donc 
l’idée  de  les  énumérer.  Mais  à la  force  que  prête  au  Juif  la 
constitution  naturelle  de  son  peuple  au  milieu  des  autres 
peuples,  c’est-h-dire  l’inappréciable  avantage  d’être  à la 
fois,  en  tous  royaumes,  un  État  dans  l’État,  et  par  cela 
même,  d’un  bout  à l’autre  de  la  terre,  une  société  jiresque 
aussi  facilement  secrète  qne  patente-,  à la  force  que  prête  au 
Juif  son  habileté  séculaire  et  suprême  à tenir  sous  sa  mysté- 
rieuse direction  les  sociétés  de  l’occultisme,  dont  l'esprit 
est  l’esprit  même  qui  l’anime;  à la  force  que  prête  au  Juif 
l’or  sur  lequel  il  exerce  l’action  fatale  de  l’aimant  sur  le  fer; 
à la  force  encore  que  lui  assure  la  presse,  dont  l’or  est  l’un 
des  plus  énergiques  moteurs,  il  faut  ajouter  une  force  à la- 
quelle toute  autre  obéit  ; et  le  noyau  de  la  nation  la  possède 
à un  rar(^ degré  sans  que  presque  aucun  frein  le  gêne'.  Or, 
cette  force  qui  sans  cesse,  dans  le  monde,  nous  oblige  à plier 
devant  elle,  c’est  la  supériorité  de  son  intelligence,  c’est  la 
richesse  et  l’excellence  de  sa  nature  : avantage  qu’il  est  dif- 
ficile de  contester  au  Juif,  si  ce  n’est  dans  les  sciences  phi- 
losophiques, ces  régions  d’escarpements  où  tombe  et  se 
brise  dans  des  chutes  mortelles  quiconque  prétend  en  gravir 
les  hauteurs,  si  la  vérité  reWjieuse  n’a  jeté  devant  ses  pas 
d’indispensables  lumières.  De  ce  côté,  le  Juif  n’est  donc 
qu’un  infirme,  et  pareil  est-il  à ces  hommes  que,  dans  un 
de  ses  bons  jours,  nous  a dépeints  le  poète  Hugo  : lugubres 
railleurs  qui  s’assoient  sous  les  feux  du  soleil  pour  le  nier 
et  lancer  l’ironie  au  visage  du  public  dont  les  yeux  eu 
affirment  les  rayons;  railleurs  dignes  de  toutes  railleries, 
car  ils  s’enorgueillissent  des  infirmités  et  des  négations  de  leur 
vue  comme  de  la  [irécision  suprême  dans  la  faculté  de  voir! 

’ Car  la  morale  talmudique  l’alTraDcbit  de  toute  règle  do  mœurs 
dans  ses  rapports  avec  le  chrétien.  Nous  admettons,  ici  comme  ailleurs 
et  toujours,  de  nombreuses  exceptions.  Quant  au  Juif  non  orthodoxe, 
il  agit  selon  ce  qu'il  croit,  et  si  sa  croyance  n’est  point  Juda'ique, 
notre  parole  ne  ralteint  jamais. 


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38i 


LES  JUIFS. 


Frappée  autant  qu'elle  peut  l’être  de  cette  supériorité  gé- 
nérale du  Juif,  la  feuille  protestante  qui  s’intitule  la  Gazette 
de  la  Croix  ne  craint  donc  nullement  de  proclamer  que 
« partout  les  Israélites  sont  supérieurs  aux  chrétiens  ou  bien 
près  de  les  égaler,  sauf  sur  un  point  seul,  le  dévouement 
missionnaire.  » Et  plus  que  jamais  de  nos  jours  voyons- 
nous  Israël  prodiguer  la  culture  à cette  supériorité  générale  -, 
car  sa  pensée  dominante,  son  ambition,  d'apres  sa  propre 
parole,  c'est  « de  prendre  une  éclatante  revanche,  et  d’ex- 
citer une  admiration  éyate  au  méprit  dont  il  a été,  pendant 
des  siècles,  la  victime  » 

Il  n’est  |K>int  de  siècle,  pourtant,  qui  n’ait  vu  les  Juifs  se 
distinguer  dans  les  diverses  carrières  où  l’intelligence  hu- 
maine brille  de  ses  qualités  transcendantes*.  Mais  de  nos 
jours  on  renoncerait  h nombrer,  dans  les  difléreuts  États  de 
l’Europe  et  du  monde,  ceux  des  (ils  de  Jacob  qui  encom- 
brent et  parcourent  avec  distinction  les  carrières  libérales 
et  scientifiques^  ceux  qui  s’assoient  non  point  sur  les  fleurs 
de  lis,  — jamais  ils  n’ont  eu  cet  honneur,  — mais  sur  les 
hauts  sièges  de  notre  magistrature;  ceux  qui  figurent  et  se 
distinguent  par  leur  habileté  dans  les  postes  administratifs, 
ou  qui  portent  avec  honneur  l’épaulette*;  ceux  qui,  grâce 
au  vote  de  l’électeur,  franchissent  le  seuil  de  nos  Chambres 
et  deviennent, — ô merveille!  — les  législateurs  des  na- 
tions chrétiennes  ; ceux  que  de  remarquables  talents  élèvent 
au  rang  de  membres  des  grands  Conseils,  d’hommes  d’État, 
de  ministres,  ou,  disons  le  mot,  de  directeurs  des  plus 
puissants  royaumes  ou  des  plus  puissants  souverains  de  la 

' Univers  Israélite,  V,  p.  t95;  1867. 

“ Lire  Archives  israéliles,  IX,  p.  371  à 377;  1867. 

® Vaillanls  successeurs  d-  s guerriers  qui  combattirent  avec  le  cou- 
rage du  lion  sous  les  Machabées,  avec  la  rage  du  tigre  sous  les  chefs  de 
révolte  qui,  depuis  la  mort  du  Christ,  provoquèrent  dans  les  contrées 
orientales  l’extermination  presque  totale  de  leur  race.  En  France, les 
Archives  israélites  comptent  un  Juif  sur  trois  cent  soixante  habitants, 
et  un  nombre  d’officiers  trois  fuis  p.us  fort  que  la  proportion  de  un  à 
trois  cent  soixante  I Ajoutez  que  les  grades  d’officiers  ne  sont  accessi- 
bles aux  Juifs  que  depuis  la  révolution  de  1830.  Archives  israélites, 
XVI,  p.  746;  1867. 


CHAPITRE  DIXIÈME.  385 

terre.  Et  nous  ne  dirions  point  assez  si  nous  n’ajoutions  que 
le  Juif  est,  en  outre,  non  point  purement  et  simplement  le 
roi , mais  le  génie  même  de  la  finance. 

Ses  (|ualités  éminentes,  la  supériorité  de  son  intelligence 
primosautière  et  de  son  génie  méditatif  et  calculateur,  écla- 
tent non-seulement  dans  le  nombre  infini  des  carrières  qu’il 
parcourt  avec  une  haute  et  lare  distinction,  mais  elle  se 
manifeste  dès  la  tendre  jeunesse,  et  nous  les  voyons  percer 
dans  les  concours  généraux  de  nos  lycées,  où  ses  fils  pa- 
raissent SC  faire  un  jeu  d’arracher  au.x  nôtres  les  lauriers 
dont  se  couronne  le  mérite  naissant'.  Ainsi  ses  facultés 
transcendantes  se  sont-elles  manifestées  sous  mille  formes 
dans  les  mille  régions  de  l'industrie^  le  Catalogue  des  Expo- 
sants, et  la  feuille  des  récompenses  décernées  en  1867  au 
grand  concours  de  l’Exposition  universelle,  portèrent  d’un 
bout  ù l’autre  du  monde  le  témoignage  de  ces  glorieux  tra- 
vaux et  de  ces  éclatants  succès*. 

En  un  mot,  si  partout  où  la  comparaison  .se  rend  pos- 
sible nous  tenons  compte  du  nombre  des  têtes,  Israël  est 
notre  vainqueurj  ses  aptitudes  surpassent  celles  que  nous 
lui  opposons;  sou  intelligence  nous  réduit  ù reconnaitre 
l’infériorité  de  la  nôtre,  et  nous  pouvons,  en  signalant  ce 
fait,  répéter  ses  propres  paroles  : N’est-ce  pas,  au  milieu 
de  la  foule  des  peuples,  « un  spectacle  étrange  que  celui 
d’une  minorité  numériquement  si  mince  occupant  une 
place  relativement  si  considérable  dans  les  préoccupations 
publiques,  et  n’est-ce  point  là  l’éclatante  marque  d’une 
vitalité  impérissable  s’affirmant  en  dépit  de  tous  les  obsta- 
cles ’?  » 

L’intelligence  des  fils  de  Jacob  perce  et  se  manifeste  avec 
une  rapidité  singulière  jusque  dans  le  sein  des  classes  in- 

' Univers  isTaétite,\ , p.1;1866;  — Arc/iives  israc/ite.i, IX,  p.  403à 
iH  ; <867.  Id.,  VIII,  p.  371  à 377  ; 1867 ; — Univers  israélite,  VIII, 
p.  339,  1867,  etc.,  etc. 

* Archives  israélites,  XII,  p.  549  ; 1867.  Id.,  XIII,  p.  610  ; — Uni- 
vers israélite,  XII,  p.  584;  1867.  H.,  I,  p.  9;  1867. 

•*  Archives  israélites,  XV,  p.  675  ; 1 867. 

25 


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386  LES  JUIFS. 

fîmes  qui  forment  le  gros  d'Israël , et  ce  phénomène  nous 
est  décrit  par  un  écrivain  de  sang  judaïque  dans  un  style 
dont  l’allure  légère  et  scmi-houlTonne  est  loin  d'altérer  la 
vérité  descriptive. 

Nous  avons  dit  qu’Israël  « est  intelligent;  prenez,  en 
effet,  le  Juif  le  plus  dégoûtant,  de  l’ignorance-la  plus  crasse, 
de  raccoutreraent  le  plus  déguenillé,  delà  tournure  la  plus 
meshaignante,  comme  dirait  le  pantagruélistc  Rabelais; 
faitcs-le  laver,  peigner  et  barbifier;  emboîtez  ses  jambes 
dans  des  bottes  non  encore  éculées;  revêtez  ses  membres 
d'habits  quasi  neufs;  au  linge  blanc  de  sa  chemise  attachez 
des  boutons  en  faux  à trente-neuf  sous;  faites  servir  sa  tète 
de  champignon  è un  chapeau  retapé;  recouvrez  ses  mains 
galeuses  de  gants  beurre  frais;  armez-les  d’un  bâton  de  sa- 
pin peint  en  jonc,  surmonté  d’une  pomme  en  meiebior; 
glissez  dans  sa  poche  quelques  écus,  et  aussitôt  vous  verrez 
cette  espèce  de  Quasimodo  se  redresser  et  se  fendre;  il  aura 
l’air  superbe,  le  regard  assuré,  le  geste  vif,  la  parole  arro- 
gante et  saccadée  ; il  se  promènera  en  dandy  sur  le  boule- 
vard de  Gand;  et  grâce  â son  baragouin  alsacien,  â son 
accent  étranger,  il  se  donnera  pour  un  baron  allemand,  et 
dînera  le  même  soir  au  Café  de  Paris  aux  dépens  de  sa 
dupe’.  Il 

Le  Juif  est  né,  ne  semble-t-il  point,  pour  le  rôle  de  par- 
venu.? — Non,  pourtant!  et  ce  que  nous  dirons,  nous,  c’est 
le  contraire!  Le  Juif  est  un  seigneur  que  la  misère  accabla, 
qu’elle  avilit,  qui  dérogea  de  mille  manières,  et  qui  de  sa 
crasse  se  fit  un  masque,  mais  qui  sent  la  valeur  de  son 
sang,  et  que  le  moindre  souffle  relève.  Vous  le  voyez  donc 
rentrer  dans  les  droits  de  sa  noblesse  avec  autant  d’aisance 
et  de  nonchaloir  que  l’homme  qui,  s’étant  couvert  pendant 
une  nuit  glaciale  de  la  dégoûtante  couverture  d’une  au- 
berge, lave  son  corps  au  point  du  jour  et  rentre  dans  ses 
vêtements  de  la  veille. 

Mais  ce  que  nous  avançons  est-il  paradoxe?  Il  sera  facile 

' A.  Ccrfberr,  les  Juifs  touristes,  p.  iO;  Paris,  4847. 


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CHAPITRE  DIXIÈME. 


387 


au  public  (le  s’en  rendre  juge.  Faisons  dans  la  foule  un  tri 
quelque  peu  soigné^  choisissons  dans  le  rebut  de  nos  popu- 
lations européennes  un  assortimtnt  des  mêmes  types  d’igno- 
rance et  de  grossièreté,  de  crasse  et  de  misère.  Le  voila 
fait,  ce  choix;  voici  nos  hommes;  eh  bien!  de  quelques 
coups  de  peigne  et  de  brosse  que  nous  caressions  leurs  ha- 
bits et  leurs  tètes;  de  quelques  Ilots  de  lessive  ou  de  savon 
noir  que  nous  leur  inondions  le  corps;  de  quelque  luxe  de 
Gn  linge,  et  de  quelque  coupe  élégante  de  vêtements  (|u’il 
nous  plaise  de  les  ébahir  et  de  les  couvrir,  arriverons-nous 
jamais  à ce  résultat  subit  et  protjigieux  de  haute  contrefa- 
çon baronialeP  Non;  notre  canaille,  malgré  la  trompeuse 
similitude  des  apparences,  restera  de  cent  piques  au-dessous 
de  la  leur;  on  pluti^t,  la  canaille,  au  point  de  vue  intellec- 
tuel, n’existe  point  chez  ce  peuple  d’élite.  Grattez  son  ré- 
pugnant épiderme  ; il  n’est  chez  lui  qu’un  effet  de  pein- 
ture, un  trompe-l’œil,  et  sans  cesse  aurez-vous  la  surprise  de 
voir  apparaître  l'homme  dont  aucune  nation  n’aurait  ’a  rougir. 

Que  si  l’on  se  prend  à comparer  en  Israël  les  premiers 
aux  dergiiers,  ces  gens  quelquefois  si  rapprochés  l’un  de 
l’autrel  ou,  pour  mieux  dire,  si  l’on  étudie  l’ensemble  de 
cette  population  chez  laquelle,  esprit  et  corps,  tout  est  pro- 
dige de  vie,  bien  vite  s’apercevra-t-on  que  nous  avons  parlé 
sans  hyperbole.  Et  comment,  dans  les  temps  nouveaux  qne 
le  dix-neuvième  siècle  inaugure,  échapper  devant  la  nation 
juive  h un  étrange  sentiment  où  se  mêle , h la  crainte  et 
au  dégoût,  une  singulière  admiration?  Comment  dès  lors 
se  figurer  que  les  merveilleuses  facultés  et  l’influence  si 
rapidement  progressive  de  ce  peuple,  « qui  commence  à se 
distinguer  partout  et  sous  tous  les  rapports,  avec  une  tendance 
de  supériorité  visible  devant  laquelle  toutes  les  nations  sem- 
blent s’incliner,  » ne  seraient  pas  « l’instrument  principal  de 
son  rétablissement'  » au  milieu  des  peuples,  et  de  sa  gloire 
prochaine? 

< J.  de  .Fclidlë,  pseudonyme  (F.  Vercruysse),  les  Douze  tribus, 
p.  b7-68;  Paris,  1860. 

25. 


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388 


LES  JUIFS. 


Mais  laissons  Israël  lui-méme  nous  tenir  un  langage 
d’autant  plus  vrai,  si  d'ailleurs  il  est  peu  modeste,  que  la 
date  de  ses  paroles  est  celle  de  l’année  184i,  et  que  les 
qualités  qui  font  marcher  l’Israélite  h la  conquête  de  sa 
position  future  se  sont  développées  depuis  cette  époque  avec 
une  vertigineuse  rapidité.  L’œuvre  que  nous  prenons  la 
lilwrté  de  traduire  porte  le  seing  de  ce  premier  ministre 
de  la  Grande-Bretagne  auquel,  dans  le  chapitre  précédent, 
nous  venons  de  faire  un  bref  et  décisif  emprunt.  Cet  homme 
d’État  est  de  race  judaïque,  et  sa  plume  expose  avec  une 
indicible  complaisance  au.x  yeux  de  notre  monde  judaïsé, 
c’est-'a-dire  livré  sans  réserve  aux  instincts  cupides  et  sen- 
suels que  le  christianisme  ré|>rouve,  la  supériorité  constante, 
mais  surtout  la  supériorité  croissante  de  la  race  juive,  dont 
les  merveilleuses  facultés  et  l’audace  progressent  du  même 
pas  que  ses  immenses  richesses. 

K A la  suite  de  luttes  mille  fois  répétées,  signalées  par 
des  traits  d’héroïsme  que  jamais  Romain  n’égala  : luttes 
fécondes  en  actes  de  patriotisme  qu’Athènes,  Sparte  et 
Carthage  eussent  déclarés  inimitables,  le  poids  de  quinze 
cents  ans  de  servitude  surnaturelle'  s’est  abattu  sur  nos  têtesi 
Mais  loin  d’être  brisés  sous  ce.  fardeau  d’oppression  et 
d'ignominies,  nous  nous  sommes  joués  des  efforts  de  l’inven- 
tion humaine,  qui  s’épuisait  vainement  h nous  avilir  et  h 
nous  perdre.  Oui,  le  fds  du  Juif  n’a  grandi  que  pour  apprendre 
(ju’il  était  le  paria  de  cette  ingrate  Europe  qui  lui  doit  la 
plus  belle  partie  de  scs  lois,  le  côté  le  plus  exquis  de  sa 
littérature  et  sa  religion  tout  entière!  » 

« Les  Juifs!  les  Juifsl  est-ce  que  jamais  vous  verrez  se 
prononcer  en  Europe  un  mouvement  intellectuel  de  quelque 
importance  sans  que  les  Juifs  y figurent  pour  leur  large  part? 
Qui  seront  les  premiers  Jésuites?  des  Juifs.  — Cette  diplo- 
matie russe  si  pleine  de  mystères',  et  devant  laquelle  pdlic 

‘ Filleen  hundred  years  of  supernatural  slavery. 

^ Celle  politique  russe  qui  renouvelle,  au  dix-neuvième  siècle,  les 
[dus  atroces  el  hypocrites  persécutions  du  christianisme  par  les  Cé- 


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CHAPITRE  DIXIÈME. 


389 


l'Europe  occidentale  tout  entière,  qui  l’organise  et  la  diri- 
ge? des  Juifs-,  ce  sont  des  Juifs  encore!  — La  puissante 
révolution  qui  se  prépare  et  se  brasse  en  Allemagne,  où,  de 
fait,  elle  sera  bientôt  une  SECONDE  RÉFORME,  PLUS  consi- 
dérable QUE  LA  PREMIÈRE-,  cctte  révolutioD  doiit  un  soupçon 
de  jour  permet  a peine  aux  yeux  de  la  Grande-Bretagne  de 
pénétrer  les  mystères  ' , eh  bien , sous  quels  auspices  prend- 
elle  la  plénitude  de  ses  développements?  sous  les  auspices 
du  Juif,  — under  the  auspices  of  the  Jewsl  — A qui,  dans 
l’Allemagne,  est  échu  le  monopole  presque  complet  de  toutes 
les  chaires  professorales?  Néandre,  le  fondateur  du  catholicisme 
spirituel,  et  Bégius,  le  professeur  de  théologie  de  l’univer- 
sité de  Berlin,  ne  sont-ce  pas  deux  Juifs?  Bénary,  celte 
illustration  de  la  même  université,  c’est  bien  un  Juif,  n’est- 
ce  pas?  et  c’est  un  Juif  encore  que  Wehl,  le  professeur 
d’Heidelberg!...  » 

« En  Palestine,  il  y a quelques  années , je  rencontrai  un 
étudiant  allemand  qui,  s’inspirant  du  génie  de  la  localité, 
n’avait  de  vie  que  pour  colliger  les  matériaux  destinés  à 
l’hisloire  du  christianisme.  Ce  modeste  étudiant,  quel  était- 
il?  c’était  un  Juif,  un  inconnu!  c’était  Wehl,  l’homme 
aujourd’hui  le  plus  savant  dans  les  lettres  arabes,  et  l’auteur 
de  la  vie  de  Mahomet!  En  un  mot,  quel  est  le  nom  des  pro- 
fesseurs allemands  de  race  judaïque?  ce  nom,  c’est  légion!  la 
ville  de  Berlin  à elle  seule  en  compte  plus  de  dix*.  » 

sars,  et  qui,  sur  le  sol  de  la  Russie,  persécute  au  besoin  les  Juifs  eux- 
mêmes,  0 mystère!  — « Le  Czar  et  la  Révolution  font  souvent  cause 
commune,  ce  n’est  pas  la  première  fois  que  nous  le  remarquons , et 
cette  coïncidence  n’est  pas  sans  jeter  quelque  jour  sur  la  politique 
moderne.  » M.  Coquille,  23  août  1869. 

* Nous  répétons  ces  cinq  ou  six  lignesafin  de  ne  point  détruire  l’effet 
du  tableau.  Cette  révolution  est  celle  dont  la  Prusse,  en  tant  que  pro- 
testante et  chef-lieu  des  sociétés  occultes,  fut  déclarée,  avant  Sadowa, 
l’exécuteur  et  le  bénéficiaire  provisoire  contre  l’Autriche,  la  France 
et  l’Espagne.  Son  but  est  de  frapper  et  d’atteindre,  en  atteignant  ces 
royaumes,  les  derniers  boulevards  du  catholicisme,  c’est-à-dire  de 
préparer  la  CTande  république  universelle  à laquelle  travaillent,  contre 
leur  patrie,  les  révolutionnaires  cosmopolites  de  l’occultisme,  dont  1^ 
chefs  sont  des  Juifs. 

2 Les  instituteurs  de  l’Allemagne  moderne,  ce  sont  donc  des  Juifs!  Et 


390 


LES  JUIFS. 


...  K Lors  de  mon  arrivée  à Saint-Pétersbourg,  j’eus  une 
entrevue  avec  le  ministre  des  finances  de  Russie,  le  comte 
Cancrim^  c’était  le  fils  d’un  Juif  de  Lithuanie.  En  Espagne, 
j’avais  obtenu  du  ministre  Mendizabal  une  audience  -,  Men- 
dizahal  est  ce  que  je  suis  moi-même,  le  fils  d’un  Juif,  d'un 
converti  de  la  province  d’Aragon.  A Paris,  je  voulus  prendre 
avis  du  président  du  conseil,  et  j’eus  devant  lesyeus  un  héros, 
un  maréchal  de  l’Empire  (celui  qui  faillit  un  jour  s’asseoir 
sur  te  trône  de  Portugal),  on  un  mot,  le  fils  d’un  Juif  fran- 
çais, Soult.  Eli  quoi!  Soult  un  Juif?  Oui,  sans  doute,  ainsi 
que  plusieurs  autres  maréchaux  de  l'Empire,  en  tête  desquels 
Masséiia,  qui,  chez  nous,  se  nomme  Mauasseli...  Je  quittai 
Paris  pour  Berlin,  et  le  ministre  que  j’eus  a visiter,  le 
comte  Arnira,  n’était  autre  qu’un  Juif  prussien...  » 

Eu  vérité  vous  le  voyez,  « ce  monde  est  gouverné  par  de 
tout  autres  personnages  que  ne  se  le  figurent  ceux  qui  ne  voient  pas 
ce  qui  se  passe  derrière  les  coulisses  ' ! » 

En  d’autres  termes,  la  main  toute-puissante  mais  si  souvent 
encore  invisible  du  Juif  est  partout!  Partout,  et  jusque  dans 
le  domaine  des  beaux-arts,  le  Juif  règne  en  souverain.  « Au 
moment  où  je  vous  parle,  l’Europe  musicale  tout  entière, 
c’est  nous-mêmes!  Est-il  datis  une  capitale  quelconque  une 
troupe  de  virtuoses,  un  théâtre,  un  orchestre  où  ne  foi- 
sonnent les  enfants  du  Juif  sous  les  faux  noms  (Itie  feigued 
names)  dont  ils  se  couvrent  pour  échapper  â la  haine, 
ignoble  dont  vos  descendants  ne  tarderont  guère  à rougir 
de  nous  avoir  aecables?  A peine  nommeriez-vous  un  com- 
positeur éminent,  â peine  un  musicien  savant,  un  gosier 
ravissant,  une  voix  d’ange  que  ne  réclame  une  de  nos  tribus! 
Trop  longue  en  serait  la  liste  pour  la  dérouler,  et  trop  glo- 

c’est  dans  le  sein  de  relte  Alirmacno  judalsco  que  les  philosophes  de 
l’Europe  vont  chercher  la  lumière  et  le  progrès,  depuis  que  l'Eu- 
rope tourne  le  dos  à Home,  à la  philosophie  chrélienne.  Aie  donc  quel- 
que respect  pour  le  Juif  ton  maître,  û chrétien  I 

• The  World  is  governed  by  very  different  personage<  lo  whal  is 
imagined  by  Ihose  who  are  not  behind  the  seenes.  Disraeli,  Co- 
ningsby,  p.  183-4;  1844. 


QjgUjzc:!  by 


CHAPITRE  DIXIÈME. 


391 


rieuse  pour  que  nous  tentions  de  l'allonger  en  inscrivant 
les  talents  secondaires,  quelle  que  soit  la  vivacité  de  leur 
éclat.  Assez  sera-t-il  de  nommer  les  trois  grands  génies 
créateurs  devant  lesquels  aujourd'hui  toute  nation  s’incline  : 
Rossiiii,  Meyerhcer,  Mendeissohn  : Et  je  doute  que  chez 
vous,  les  arbitres  et  les  régulateurs  de  la  vogue,  les  mus- 
cadins de  Paris  — your  muscadins  of  Paris  — cl  les  dandies 
de  Londres  soupçonnent,  lorsqu'ils  se  pâment  aux  mélo- 
dieux accents  de  la  Pasta  on  de  la  Grisi,  que  leurs  hom- 
mages lombent  aux  pieds  des  enchanteresses  d’Israël'.  » 
.Mais  pour  conclure,  et  sans  nous  égarer  dans  les  champs 
de  l'histoire  et  de  la  politique,  de  la  science  ou  des  arts, 
voici  notre  mot  : « Aucune  loi  pénale,  aucune  torture  phy- 
sique ne  fera  jamais  qu’une  race  supérieure  soit  absorbée  par 
une  race  inférieure.  La  race  bâtarde  (mixed)  et  persécutrice 
disparait;  mais  la  race  pur  sang  et  fÆrséciitéc  tient  et  sub- 
siste! Vainement  donc  s’écroulent  sur  nous,  en  nous  salts- 
sant,  en  nous  aplatis.sant  sous  leurs  débris,  des  siècles  et 
des  décades  de  siècles,  l'esprit  du  Juif  se  relève,  reprend 
vie,  marche,  et,  de  nos  jours  enfin,  exerce  sur  les  affaires 
de  l’Europe  une  inlluence  dont  le  prodige  est  saisissant.  Je 
ne  veux,  toutefois,  faire  allusion  ni  â leurs  lois,  qui  sont 
celles  sous  lesquelles  vous  vous  courbez  encore  (which  you 
ttill  obej),  ni  â leur  littérature  dont  vos  esprits  se  rassasient; 
non,  je  n'entends  parler  ici  que  de  l’intelligence  du  Juif 
actuel  : ofthe  living  hebrew  inteUeel'l  » 

Mais  chaque  fois  qu’une  race  active  s’enrichit  et  se  déve- 
loppe dans  un  pays  où  il  y a plusieurs  races  en  présence,  il 

'Disraeli,  Md.,  p.  ISS;  4814.  As  lhey  Ihrill  into  captures  at  Ibe 
notes  of  a Pasla,  or  a Grisi , Utile  do  lhey  suspect  thaï  lhey  are  oHe- 
ring  their  homage  lo  lhe  sweel  singers  of  Israël.  — N’allons  point  au 
delà;  ne  parlons  ni  des  Rachel,  etc.,  etc. 

^ III.,  p.  183.  On  voit  que  si  nous  donnons  è notre  traduction  quel- 
que liberlë  d'allure,  ce  n'est  jamais  au  détriment  d’une  rigoureuse 
exactitude.  Ce  véridique  et  insolent  morceau  de  l'homme  d’Etat  an- 
glais a trop  d'importance  pour  ne  point  mériter  un  c.erlain  respect  I 
Ce  qui  n’est  point  entre  guillemets  est  de  nous,  comme  souvent,  mais 
conforme  au  sens  du  texte. 


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392 


LES  JUIFS. 


semble  que  les  moins  actives  « se  l'aigeiu  de  leur  infériorité 
par  la  ralomnic.  On  déprécie  ceux  qu'on  n’a  pu  égaler,  et 
le  grief  qui  se  pardonne  le  moins,  c'est  le  succès  ' ! » 

Que  si  déj'a  tel  est  le  succès  pour  le  Juif  h peine  éman- 
cipé, que  sera-ce  donc  tout  à l'heure  et  dès  que  son  éman- 
cipation sera  complète?  Un  prochain  avenir  s’apprête  à nous 
le  dire,  et  nous  aiderons  quelque  peu  nous-méme  à la  lettre. 
Nous  demanderons,  en  attendant,  si  la  supériorité  intellec- 
tuelle du  Juif  sur  le  chrétien  est  accompagnée , comme  il 
serait  naturel  qu’elle  le  fût,  de  la  supériorité  morale.^ 
Grande  question  que  nous  ne  traitons  point,  mais  'a  laquelle 
voici  pourtant  un  mot  de  réponse. 

Si  les  types  sur  lesquels  s’arrête  notre  choix  sont  le  chré- 
tien orthodoxe  et  le  Juif  de  l’orthodoxie  talmudique,  non; 
la  supériorité  ne  sera  point  du  côté  d'Israël  ; cela  ne  peut 
être;  et  pourquoi?  Parce  que  la  supériorité  morale  dérive 
do  la  supériorité  de  la  religion,  qui,  chez  le  Juif  orthodoxe, 
est  monstrueuse,  de  même  que  chez  le  Juif  de  la  réforme 
elle  est  bâtarde,  d’une  instabilité  (lareille  â celle  des  sectes 
ou  des  vents , absurde  ! 

On  ne  le  répétera  jamais  assez  ; la  corruption  des  hommes 
qui  furent  les  meilleurs,  et  celle  des  meilleures  choses , est 
de  toutes  la  plus  détestable  ; Corruptio  optimi  pessima.  C’est 
pourquoi  le  Juif  qui  corrompit  sa  foi , c’est-â-dire  le  prin- 
cipe de  sa  morale,  qui  est  la  règle  de  ses  mœurs;  le  Juif 
talmudisant,  qui,  rebelle  aux  enseignements  de  la  Syna- 
gogue antique , repoussa  la  perfection  que  venait  imprimer 
â sa  loi  religieuse  la  main  divine  du  Christ;  ce  Juif  est' le 
plus  immoral  et  le  dernier  des  sectaires , car  il  agit  ttaprès  ta 
croyance.  De  même,  et  par  la  même  raison,  le  catholique 
franchement  orthodoxe  est-il  le  plus  philosophe,  le  plus 
moral  et  le  moins  imparfait  dos  hommes. 

Mais  de  ces  deux  purs  échantillons  le  nombre  se  restreint 
chaque  jour;  et,  lorsque  nous  leur  voyons  franchir  le  seuil 
de  l’orthodoxie,  nous  ne  daignons  plus  accorder  h ces 

' ..trcluvei  israélites,  p.  726,  n»  t6;  1866. 


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CHAPITRE  DIXIÈME.  393 

croyants  déchus  d’autre  nom,  s’il  s’agit  du  chrétien,  que 
celui  de  baptisé,  s’il  s’agit  du  Juif,  que  celui  de  circoncis. 
N’appartenant  plus  ’a  leur  Église  que  par  un  signe  caracté- 
ristique, le  circoncis  et  le  baptisé  sont  alors,  chacun  dans 
leur  espèce,  plus  ou  moins  protestants  ou  fantaisistes,  puis- 
que chacun  ne  reconnaît  d’autre  règle  et  d’autre  mesure  de 
sa  foi  que  celle  de  sa  fantaisie,  nommée  par  lui  sa  raison. 

Ils  ne  peuvent,  en  conséquence,  avoir  l’un  sur  l’autre  de 
supériorité  morale  que  celle  qui  défive  de  la  règle  de  leurs 
mœurs,  c’est-à-dire  de  la  croyance  dont  il  leur  plaît,  — 
s’ils  croient  à quelque  chose  en  ce  monde , — de  se  faire 
heure  h heure  une  religion.  Savoir  ce  qu’ils  croient,  lors- 
qu’il est  impossible  de  les  voir  à l’œuvre,  serait  donc  la  pre- 
mière et  la  plus  essentielle  des  conditions  pour  leur  assigner 
un  rang  dans  l’échelle  des  êtres  moraux;  mais  rarement  le 
savent-ils  eux-mêmes,  et  plus  rarement  encore  se  montrent- 
ils  stables  et  conséquents  dans  leur  foi.  Réduits  que  nous 
sommes  alors  à n’opérer  que  dans  les  ténèbres  et  à ne  juger 
que  d’instinct,  nous  avouons  que  nos  préférences  nous  por- 
tent vers  le  circoncis;  car,  élevé  qu’il  fut  dans  les  grossiè- 
retés absurdes  de  l’erreur,  il  est  incontestablement  moins 
déchu,  moins  dégradé  que  l’être  élevé  selon  les  lois  de  la 
raison,  qui  se  laissa  tomber  de  gaieté  de  cœur  des  hauteurs 
de  la  doctrine  chrétienne  dans  l’abîme  de  la  libre  pensée , 
mère  de  la  libre  morale,  c’est-à-dire  de  la  morale  sans  règle 
et  sans  frein. 

Le  circoncis  peut  donc,  à notre  sens,  regarder  en  face, 
souvent  même  avec  avantage  et  de  haut  en  bas , celui  qui 
ne  conserve  du  chrétien  que  le  signe  indélébile  du  baptême, 
et  qui,  grâce  aux  doctrines  et  aux  affiliations  de  l’occul- 
tisme, n’est  en  général  que  le  disciple  et  souvent  que  le 
valet  du  Juif! 


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39i 


LES  JUIFS. 


CINQUIÈME  DIVISION.  — SDPÉKIOBITÉ  PinSIQUE  DU  JUIF, 
SA  CO.NSTITUTION. 

Sa  conslilulion  tout  excrplionnollc  ot  privilégiée;  immunité  d’infir- 
mités et  de  maladies  qui  frapiient  toute  autre  famille  humaine.  — 
Conséquence  : le  Juif,  le  p<'uple  de  la  dispnfion , est  le  seul  peuple 
vraiment  cosmopolite,  c'est-à-dire  dont  chaque  individu  peut  ha- 
biter impunément  tout  lieu  quelconque  de  la  terre.  — Causi  s de  ce 
privilège  insigne,  d'après  certains  explicateurs  imperturbables.  — 
Second  privilège;  le  Juif  n’a  jamais  cultivé  les  arts  qui  fortifient  le 
cor()s;  se.s  membres  sont  généralement  grêles  et  faibles;  et  pour- 
tant ses  forces  vitales,  sa  longévité,  remportent  sur  celles  des  au- 
tres peuples.  — Kxemple.s,  statistiques,  autorités  diverses.  — .Mais, 
outre  le  plnmomène  de  cette  railleuse  vitalité  qui  se  produit  en  sens 
inverse  de  la  vigueur  des  corps,  et  celui  do  ses  immunités,  un  nou- 
veau phénomène  signale  cet  unique  cosmopolite.  — Quel  est-il? 
Une  fi'condité  suhilf,  que  la  science  ne  peut  expliquer,  et  iiui 
rappelle  celle  d’Israël  en  Egypte  à l'époque  dos  miracles  de  l’Rxode. 
— F.xemples.  — Oite  consiitution  qui  a fait  du  Juif  errant  et  dis- 
persé l'homme  le  plus  indestructible,  le  plus  tenace  missionnaire  du 
mal,  l’apôtre  universel  de  l occuitisme,  le  prodispose-t-elle  ou  non 
à être  le  plus  universel,  le  plus  tenace  et  le  mieux  doué  des  mis- 
sionnaires de  l'Evangile? — Tableaux  statistiques  de  l’élément 

Judaïque  répandu  dans  lo  monde,  et  résumé  des  supériorités  de  ce 
peuple;  ce  qu'il  pourrait  oser  et  faire  dans  un  moment  donné.  — 
Exemple  au  chapitre  suivant. 


■V  celte  supériorité  intellectuelle  du  Juif  que  vient  de 
signaler  notre  plume,  et  qui,  dans  l’état  où  se  trouve 
notre  monde,  nous  présage  la  suprématie  prochaine  des 
fils  de  Jacob,  nous  devons  ajouter  une  supériorité  phy- 
sique étrange,  cl  que  jusqu’à  ce  jour  aucune  raison  tirée 
de  l'ordre  naturel  n’explique  d’une  manière  acceptable. 
Cette  supériorité  ressort  dun  privilège  de  constitution  que 
nous  devons  appeler  unique;  et,  pour  conséquence,  elle 
engendre-  une  immunité  singulière  des  infirmités  et  des 
maladies  qui  frappent  et  moissonnent  chaque  famille  hu- 
maine, lorsque,  s’éloignant  du  berceau  de  ses  pères, 
celte  famille  s'im|ilanle  sous  un  climat  nouveau.  .Mais 
une  question  préalable  et  intéressante,  celle  du  cosmo- 
politisme’, doit  jeter  sur  la  route  de  celle-ci  quelques  lu- 
mières. 

L'homme  est-il  un  être  cosmopolite,  ainsi  que  l’a  répété 


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CHAPITRE  DIXIÈME. 


395 


jusqu'il  ce  jour  la  langue  du  vulgaire?  — Issue  il’un  couple 
unique,  ainsi  que  l'enseignent  au  Juif  et  au  catholique  les 
livres  de  Moïse,  que  sont  loin  Je  contredire  les  données  de 
la  science,  la  race  humaine,  créée  pour  habiter  ce  monde 
et  pour  y exercer  son  empire,  l’a  couvert  tout  entier  du 
flot  de  ses  générations.  En  ce  sens,  l’histoire  la  déclare 
cosmopolite.  .Mais  l’expérience  a(Brme-t-clle  le  cosmopoli- 
tisme de  l’homme  en  cet  attire  sens  que  toute  famille  hu- 
maine puisse  impunément  transporter  sa  demeure  dans  des 
climats  où  une  longue  suite  d’années  n’a  point  naturalisé 
scs  pères?  En  d’autres  termes,  l'homme  qui  change  les  con- 
ditions de  son  milieu  natal  relrouve-t-il  un  domicile  naturel 
dans  tous  les  lieux  de  la  terre?  Sa  vie  y a-t-elle  même  acti- 
vité, même  plénitude,  même  longueur,  et  sa  race  y pousse- 
t-elle  des  rejetons  aussi  nombreux  et  aussi  viables  que  sur 
le  sol  où  fut  sou  berceau? 

Non,  l’expérience  a démontré  le  contraire-,  et,  dans  ce 
sens,  l’homme  est  loin  d’être  cosmopolite.  .Au  Juif  seul  le 
privilège  de  l’exception;  et  la  science  interrogée  nous  dit 
que  sa  race  obéit  « à des  lois  statistiques  de  naissance,  de 
maladie  et  de  mortalité,  complètement  différentes  de  celles 
aux(}uelles  sont  soumis  les  peuples  au  milieu  des(|uels  il 
vit.  » Elle  nous  dit,  cette  même  science,  que  « seule  entre 
toutes,  la  race  juive  s’acclimate  et  se  perpétue  dans  tous  les 
climats';  qu’elle  s’y  perpétue  sans  lutte,  d’elle-même,  et 

' Du  non-cosmopolitisme  des  races  humaines,  par  M.  te  docteur  Bou- 
din, p.  39i;  extruil  du  l.  1"  dos  Mémoires  de  la  Société  d'anthropo- 
lojfie  de  Paris,  dont  ce  savant  était  président.  — Médecin  en  ctief  de 
rhôpilal  militaire  de  Saint-Marlin,  à Paris;  médecin  en  chef  de  l’armée 
dos  Alfics  en  ISiS,  puis  de  l’armée  d’Italie,  où  il  succédait  en  1859  à 
M.  le  barron  Larrey,  rillustie  docteur  Boudin,  auteur  de  très-nom- 
breux ouvrages,  et  qui  en  a laissé  plusieurs  inédiia,  traite  celte  mémo 
question  au  chapitre  intitulé  Les  Juifs  (t.  Il , p.  1Î8  de  son  magnifi- 
que ouvrage  : Traité  de  géographie  et  de  statistique  médicales,  deux 
énormes  volumes  de  sept  cents  et  tant  de  pages  chacun,  avec  plan- 
ches: Paris,  1857,  J.-B.  Baillère.  Nous  allons  le  citer  tout  à l'heure.) 

Notre  très-intime  ami  M.  le  docteur  Boudin  avait  été  franc  maté- 
rialiste ; mais,  aiinait-il  à répéter,  «j’ai  sur  la  plupart  de  mes  confrères 
un  énorme  avantage  : — je  sais  oublier.  i Lorsque  Vexp'rience  lui  faisait 
reconnaître  dans  sa  croyance  scientifique  un  préjugé  d'école,  il  le 


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396 


LES  JUIFS. 


sans  appeler  à elle  ce  flot  auxiliaire  et  lointain  qui  devra  si 
longtemps  encore,  par  exemple,  soutenir  ou  accroître  le 
niveau  des  populations  de  l’Algérie',  de  l’Amérique,  et 
d’une  multitude  de  colonies  dont  le  sang  veut  être  sans 
cesse  renouvelé,  parce  que  sans  cesse  une  terre  marâtre  le 
dévore. 

Mais  quelle  est  la  nature  des  singularités  étranges  qui 
distinguent,  favorisent  ou  quelquefois  affligent  le  4uif?  El 
d’abord  quelle  est  celle  des  immunités  qui  lui  donnent  droit 
a la  vie  au  milieu  des  plus  mortels  fléaux?  C’est  la  peut-être 
ce  que  quelques  exemples  nous  aideront  â saisir! 

« En  ce  qui  regarde  le  choléra,  tantôt  les  Juifs  en  font 


répudiait  à l’instant,  et  sans  s’inquiéter  du  nombre  ou  de  la  qualité  de 
ceux  qui  faisaient  de  cette  erreur  un  des  dogmes  de  la  science  mo- 
derne. Plusieurs  faits  do  haut  magnétisme  dont  il  avait  été  témoin,  et 
qu’il  avait  étudiés  avec  le  mélange  de  sagacité  et  de  ténacité  qui  ca- 
ractérisait son  esprit,  le  bouleversèrent.  Il  y a donc  autre  chose  ici- 
bas  que  de  la  matière!  — Peu  de  temps  après,  cet  éminent  docteur 
fut  mis  en  rapport  avec  notre  voisin  le  R.  P.  Ventura , et  bientôt  il 
nous  dit  : « Je  commence  à croire  que  le  bon  bout  est  du  côté  des  ca- 
tholiques. » Un  peu  plus  tard,  le  crépuscule  qu’il  avait  entrevu  devint 
pour  lui  pleine  lumière,  et  il  se  rapjtrocha  de  Dieu. 

Le  9 mars  1867,  vers  neuf  heures  du  malin,  à la  suite  d’une  longue 
maladie  qui  n’avait  arrêté  ni  sa  marche  ni  ses  travaux,  il  nous  envoya 
par  un  domestique  ce  mot  de  sa  main;  «Je  suis  perdu;  un  prêtre!...» 
Nous  arrivâmes,  et  il  nous  désigna  M.  l’abbé  Depontailler  , du  clergé 
de  Saint-Roch.  Nous  l’aidâmes  à recevoir  les  derniers  sacrements,  et, 
le  soir,  vers  neuf  heures,  jouissant  d’un  calme  parfait  et  conservant 
la  plénitude  de  son  intelligence,  il  rendait  devant  nous  son  âme  à 
Dieu. 

La  plus  complète  biographie  que  nous  connaissions  sur  la  vie  scien- 
tifique et  les  travaux  du  docteur  Boudin  est  celle  de  M.  le  docteur 
J.  A.  N.  Perier,  ancien  médecin  en  chef  de  l’hôpital  des  Invalides. 
V.  Rozier,  39  pages  grand  in-8®;  Paris,  1867;  très-fin  caractère. 
Celte  brochure  fut  lue  le  20  Juin  1867  dans  la  séance  solennelle  de  la 
Société  d’anthropologie,  dont  le  docteur  Boudin  avait  été  le  président. 

Le  père  de  M.  Boudin  était  officier  supérieur;  sa  mère  appartenait 
à l’une  des  maisons  nobles  de  la  Bavière.  Il  était  polyglotte,  et  la 
langue  allemande  lui  était  aussi  familière  que  la  française. 

’ Algérie,  mortalité,  décès  sur  1,000  habitants  : 


1844.  Européens.  . . . 44,6.  Juifs 21,6. 

1845.  — ....  45,5.  — 36,1. 

1847.  — ....  50,0.  — 31,5. 

1848.  — ....  42,5.  — 23,  4. 

1849.  — ....  105,9.  — 56,9. 


Docteur  Boudin,  Non-cosmopolitisme  des  races  humaines,  p.  389. 


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CHAPITRE  DIXIÈME. 


397 


»euU  les  Trais',  tantôt  ils  sont  pour  ainsi  dire  teuU  épar- 
gnés, » et  ce  cas  est  de  beaucoup  le  plus  fréquent.  — Depuis 
l’année  1832,  — « les  Juifs  ont  été  souvent  complètement 
épargnés,  lors  même  qu'ils  liahitaient  les  quartiers  les  plus 
malpropres  et  les  plus  agglomérés.  Tout  le  moyen  âge  s'ac- 
corde â signaler  l’immunité  des  Juifs  pendant  les  épidémies 
de  peste;  immunité  qui  devenait  souvent  contre  eux  un 
prétexte  de  jrersécution.  En  parlant  de  la  peste  de  13i6, 
Tschudi,  ancien  historien,  dit  textuellement  que  cette  ma- 
ladie n’atteignit  les  Juifs  dans  aucun  pays'.  » Les  Juifs,  ob- 
serve V International  de  Londres.  « résident  dans  mie  localité 
malsaine,  insalubre,  et  c'est  ce  que  savent  ceux  qui  habi- 
taient le  même  district,  surtout  'a  l’époque  où  le  choléra 
exerçait  ses  ravages.  Eh  bien,  â part  trois  ou  quatre  cas  de 
maladies,  tous  les  Juifs,  et  nous  comprenons  dans  le  nombre 
la  classe  la  plus  infime  et  la  plus  pauvre,  otu  miraculeuse- 
ment échappé  au  fléau  ' . » 

« Fra.scator  nous  montre  les  Juifs  échappant  complète- 
ment à l’épidémie  du  typhus  de  1503;  Rau  signale  la  même 
immunité  dans  l’épidémie  de  typhus  observée  â Langgæus, 
en  1824;  Ramazzini  insiste  sur  l’immunité  des  Juifs  lors  de 
l’épidémie  des  fièvres  intermittentes  observée  â Rome  en 
1691  ; Deguer  nous  montre  les  Juifs  échappant  en  1730  â 
l’épidémie  dyssentérique  de  Nimègiie;  M.  Eisenmann  insiste 
sur  l’extrême  rareté  du  croup  chez  les  enfants  juifs;  et, 
selon  Wawruch,  le  tænia  (ver  solitaire)  ne  se  rencontre 
pas  dans  la  population  juive  en  Allemagne*.  » 

' « Diverses  maladies  constituent  l’apnage  presque  exclusif  de  la 
race  juive,  tandis  que  d’autres  semblent  lepargner  complètement.  » A’on- 
eusmofiolitisme,  p.  388.  Les  maladies  oplitnalmiques  sévissent  avec  une 
certaine  prédilection  prmi  les  Juifs.  MM.  Grellois  et  Furnari  onl 
signalé  en  Algérie  l’hjdrophthalmie  comme  une  propriété  presque  ex- 
clusive de  cette  race.  » Docteur  Boudin,  Gèogr.  méd.,  t.  II,  p.  140. 
Ce  qu’il  faut  remarquer,  c'est  que  l’immunité  de  ce  souffre-douleur  est 
généralement  celle  qui  l’exemple  des  maladies  mortelles. 

" Iselin,  Schweizer  Historié,  1734  ; Boudin,  Gèogr.  méd.,  t.  II,  p.  1 4t . 

••  Arch.  israél.,  XXIV,  p.  1063;  1866.  En  1849,  même  phénomène. 

' Lire  tout  ce  chapitre;  Gétgr.  médic.  I.  11,  p.  lit  ; 1857;  Boudin, 
autorités  à l’appui,  ib. 


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398 


LES  JUIFS. 


Mais  quelles  sont  pour  les  Juifs,  cl  pour  certains  expli- 
cateiirs  de  profession,  les  causes  de  cette  préservation 
inexplicable'?  Ce  sont  des  causes  qui  ne  peuvent  l’élre, 
puisque  la  plupart,  dans  les  circonstances  où  on  les  signale, 
n’existeiil  pas.  Ce  sera,  par  exemple,  l’observation  du  régime 
religieux  alimentaire,  que  nous  voyons  la  plupart  des  Juifs 
fouler  aux  pieds  aussi  lestement  que  celle  du  sabbat!  ce 
sera  la  circoncision,  que  nombre  d’Israélites  commencent  k 
négliger-,  ce  seront  les  ablutions  fréquentes  et  d’autres 
causes  d’égale  justesse*!  Car,  s’il  est  un  fait  avéré,  c’est  que 
dans  tous  les  pays  de  ce  monde,  la  saleté  du  Juif  est  à l'état 
proverbial;  et,  si  quelque  ville  recèle  dans  son  enceinte 
une  population  judaïque,  ou  plutôt  si  vous  y rencontrez  un 
quartier  malpropre,  misérable,  effrayant  an  (>oint  de  vue 
de  riiygiène,  chacun  vous  dira,  s’il  vous  arrive  de  demander  : 
quel  est-il?  — Eh!  que  voulez-vous  qu’il  soit,  si  ce  n’est  le 
quartier  des  Juifs?  Car  encore,  et  non  pas  enfin,  chez  les 
Juifs,  où  l’on  ne  se  marie  guère  qu’entre  voisins  de  même 
race,  la  fréquence  des  mariages  consanguins  est  extrême,  et  la 
statistique  s’est  armée  de  chiffres  terribles  pour  établir,  non 
pas  les  avantages  hygiéniques,  mais  la  multitude  des  causes 
de  mort  et  d’inQrmitésqui  sortent  de  ces  néfastes  alliances*. 
Il  importe  donc  de  chercher,  dans  une  direction  que  n’a 
point  encore  sondée  l’œil  profane,  les  causes  de  ces  singu- 
larités que  l’observateur  voit  se  répéter  sous  une  étrange 
variété  de  formes,  et  nous  ne  saurions  présenter  sous  un 

> Ce  fait  avait  échappé  à Skakespeare,  puissant  observateur  : Hath 

not  a Jew  oyes? red  wilh  the  same  food,  hurtwith  the  same  wea- 

pons,  subject  In  the  same  diseases,  healed  by  llin  same  means,  war- 
med  and  eooled  by  the  saine  winlerand  summer  as  a Christian  is? 
Merchant  of  Venice.  — Walter  Scott  montre  dans  son  Ivanohe,  à pro- 
pos d’Isaac  of  York  et  de  Rebecca,  une  profonde  "connaissance  de 
l'éuit  du  Juif  au  moyen  âge. 

* Archives  israéiites,  .XXIV,  p.  1065  ; 1866. 

Lire  Docteur  Boudin,  Les  Danjers  des  unions  consanguines,  H 
la  nécessité  des  croisements  dans  l'espèce  humaine;  Paris,  186Î, 
J.-B.  Baillère;  brochure  in-8»  do  8î  pages.  — Les  professions  aux- 
quelles le  Juif  se  livre  l’exposent  peut-être  i moins  de  dangers  que  le 
chrétien;  ibid.,  Géogr.  médic.,  t.  II.  p.  140;  mais  cette  cause  de  pré- 
servation serait  bien  minime! 


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CHAPITRE  DIXIÈME.  399 

jour  trop  favorable  a la  vue  une  si  phénoménale  exception. 

Oui,  sans  autre  ressource  que  iui-mémc,  « dispersé  au 
milieu  de  tous  les  peuples  et  sur  tous  les  points  de  la  terre, 
loin  de  la  Judée,-  incroisé  et  incroisable,  ayant  ses  maladies 
et  scs  immunités  pathologiques  à fui,  partout  acclimaté, 
seul  peuple  véritablement  cosmopolite,  le  Juif  représente  dans 
le  temps  et  l’espace,  au  physique  et  au  moral,  le  phénomène 
historique  et  ethnographique  le  plus  surprenant.  Partout  il  est 
resté  lui-même,  gardant  ses  traditions,  ses  rites,  ses  traits,  sa 
nationalité  et  son  type,  semblable  au  Rhône  qui  traverse  le 
lac  de  Genève,  conservant  toujours  sa  trace  et  la  qualité 
initiale  de  ses  eaux.  » 

Oui,  « les  traits  des  Juifs  sont  tellement  caractérisés 
qu’il  est  dillicile  de  s'y  tromper.  Depuis  des  siècles,  ils  font 
partie  de  la  population  des  pays  où  ils  se  sont  fixés,  mais  le 
climat  ne  les  a point  assimilés  aux  nations  parmi  lesquelles 
ils  habitent-,  et,  ce  qu’il  y a de  plus  important,  c’est  qu’ils 
se  ressemblent  tous  dans  des  climats  divers...  c’est-à-dire 
que  tous  ont  les  mêmes  caractères  de  formes  et  de  pro- 
portions, en  un  mot,  tout  ce  qui  constilue  essentiellement 
un  type.  Aussi  les  Juifs  de  ces  divers  pays  se  ressemblent 
beaucoup  plus  entre  eux  qu'ils  ne  ressemblent  aux  nations 
parmi  lesquelles  ils  vivent'  -,  » caractère  physiologique  dont 
l’invincible  ténacité  dans  le  cours  des  siècles  ne  cessa  de 
les  isoler,  en  les  distinguant  de  tout  compatriote  non  judaïque, 
pour  les  rapprocher  de  tout  Juif  étranger  à la  terre  où  ils 
avaient  vu  le  jour!  Nulle  des  habitudes  que  produit  la  natu- 
ralisation ne  peut,  en  effet,  changer  ou  altérer  en  aucun 
lieu  l’évidence  de  leur  nationalité-,  « et  le  climat',  malgré 
la  longue  durée  de  son  action , ne  leur  a guère  donné  que 

‘ Ibid.,  p.  <28.  W.  Edwards,  Mémoires  de  la  Société  ethnologique , 
t.  !'*■,  p.  <3,  Paris,  1841 . — Examinez  les  monuments  égynliens  les  plus 
anciens,  et  à chaque  pas  vous  rencontrez  « des  groupes  (lont  les  types 

sont  encore  les  portraits  frappants  des  Juifs  d’aujourd’hui Et  si 

vous  voulez  vous  contenter  d’un  espace  de  trois  cente  ans,  éludiez  le 
tableau  de  la  Cène  de  Léonard  de  Vinci.  Dans  ce  chef-d’œuvre,  « les 
Juifs  d’aujourd’hui  sont  peints  trait  pour  trait.  » Géogr.  méd.,  t.  Il, 
p.  128-9;  — Mémoires  ae  la  Société  etftnologique,  l.  p,  13. 


400 


LES  JUIFS. 


des  diversités  de  teint  et  d’expression,  ou  peut-être  d’autres 
modilicalions  aussi  légères'.  » 

Ces  remarques  ont  déconcerté  plus  d’un  observateur! 
Tout  n’est  point  dit  sur  le  Juif  cependant,  et  non-.seule- 
ment  l'immunité  qui  le  poursuit  et  s’attache  li  sa  chair  est 
un  fait  dont  le  physiologiste  reste  frappé  de  stupeur  et  le 
chrétien  muet  d'admiration,  mais  une  seconde  anomalie 
l'accompagne  et  se  produit  à eontre-tem  de  la  frêle  apparence 
du  Juif,  et  de  la  faiblesse,  de  la  ténuité  de  ses  membres. 
Cette  singularité  consiste  dans  sa  longévité,  c’est-h-dirc  dans 
la  supériorité  de  sa  force  vitale  sur  celle  des  peuples  dont 
la  vigueur  physique  surpasse  étrangement  sa  vigueur. 

' Docteur  Boudin,  (léogr.  tnéd.,  p.  1Î8-1 S9.  — Que  s'il  plaît  à quel- 
ques chrétiens  de  reconnaître,  a’accord  avec  un  grand  nombre  de 
Juif»,  une  action  divine  dans  cet  étal  exceptionnel , ce  sera  le  cas  de 
se  rappeler  le  principe,  sans  cesse  rappelé  dans  nos  livres  sur  la  magic, 
du  parallélisme  constant  qui  existe  entre  l’ordre  divin  et  l’ordre  démo- 
niaque dans  les  choses  de  ce  monde,  où  le  démon  e<t  appelé  le  singe 
de  Dieu.  L’application  de  ce  principe  se  retrouvera  sur-le-champ  dans 
l'espèce  actuelle  ; car,  à côté  de  ruhiquilé,  ou  de  l’universalité  mer- 
veilleuse, et  des  immunités  du  peuple  de  Dieu , momentanément  mau- 
dit et  humilié,  nous  rencontrons  dans  la  race  énigmatique  des  Bolnt- 
miens,  ces  sorciers  de  la  bonne  aventure,  une  universalité  et  des 
immunités  parallèles,  quoique  d’un  ordre  très-inférieur.  Nous  livrons 
notre  idée  a ceux  qui  voudront  construire  ce  parallélisme,  dont  ils 
rencontreront  quelques  éléments  dans  le  chapitre  des  Bohémiens  du 
Traité  de  géographie  et  de  statistique  médicale  en  France  • 

« Le  nom  de  Bohémiens  a été  donné  à un  peuple  errant  et  vaga- 
bond qui,  depuis  le  commencement  du  quinzième  siècle,  s’est  répandu 
dans  toute  l’Europe.  Il  paraît  aujourd'hui  démontré...  qu’il  est  Indien 
d’origine;  mais  on  ne  trouve  aucune  trace  dans  l’histoire  de  son  émi- 
gration... » Leur  nom  varie  chez  lesdiflérents  peuples  de  1 Europe,  et 
ils  « sont  disséminés  dans  presque  toutes  les  parties  du  monde.. . On 
rencontre  aujourd’hui  leurs  tentes  au  Brésil,  et  mémo  dans  r.tmériquo 
du  Nord , et  on  estime  leur  nombre  total  à 600,000  ou  à 700.000.  » 
a Le  Bohémien  résiste  admirablement  au  froid  et  à la  chaleur,  et  il 
n’est  presque  jamais  malade.  Sa  sobriété  est  remarquable,  mais  il  a 
un  goiH  prononcé  pour  la  chair  d’animaux  crevés.  Presque  tous  les 
historiens  accusent  ce  peuple  de  cannibalisme,  et  ils  attribuent  à ses 
goûts  anthropophages  les  vols  d’enfants  qui  lui  sont  imputés.  » /6.  Iî4. 
Nous  rencontrerons  cette  dépravation  de  goôtdans  l'étude  des  sabbats 
diaboliques;  chez  les  Juifs  (Bible),  chez  les  Chananéens,  chez  les  ido- 
lâtres ou  gens  à religion  démoniaque,  et  chez  les  sorciers.  Nous  au- 
rons, comme  conséquence,  les  vols  d’enfants,  l’assassinat  dos  adultes, 
comme  celui  du  P.  Thomas,  pour  avoir  leur  sang,  et  nous  verrons  se 
dessiner  les  variantes  diverses  de  l’anthropophagie , qui  est  un  crime 
sacré.  Voir  notre  livre  (momentanément  épuisé)  Dieu  et  les  Dieux. 


DiqijL^  hi  C'o(igIc 


CHAPITRE  DIXIÈME. 


401 


Et  vainement  les  peuples  qui  méprisent  sa  race  s’enor- 
gueilliront-ils des  forces  supérieures  de  leurs  muscles  et 
de  leurs  membres-,  vainement  réussiront-ils  k les  développer 
et  k les  accroître  par  les  savants  exercices  de  la  gymnas- 
tique et  le  perfectionnement  des  lois  de  l’hygiène;  vaine- 
ment s'étudieront-ils  k lutter  de  durée  avec  ce  chétif  des- 

« 

Cendant  d’Israël  -,  car,  k celui-ci , la  vie  s’ouvre  et  se  donne 
d’elic-méme  ; il  se  sent  des  racines  dans  le  sol  aussitôt 
qu’il  y plante  ses  pieds-,  il  tient  k la  terre,  et  la  terre  le 
soutient  avec  amour  lorsque  le  vent  de  la  mort  abat  autour 
de  lui  les  plus  vigoureux  rejetons  de  toute  race  qui  n'est 
point  la  sienne. 

Les  faits  relevés  d’après  la  statistique  de  la  vie  eu  Angle- 
terre, en  Prusse  et  en  France,  nous  dit  le  docteur  Richardson, 
conduisent  k cette  inévitable  conclusion  : que  les  consé- 
quences de  la  gymnastique  ont  amené,  dans  tous  les  pays 
où  la  pratique  en  devient  vulgaire,  une  amélioration  géné-' 
raie  de  la  vie.  « Cependant,  le  fait  le  plu»  remarquable  entre 
tous  s’aperçoit  dans  l’histoire  d’une  race  particulière,  et  je 
veux  parler  de  la  race  juive.  Dans  aucune  période  de  l'his- 
toire de  ce  peuple  merveilleux,  nous  ne  découvrons  la  moindre 
trace  d’un  système  qui  tende  k développer  ses  capacités 
physiques. 

<(  Ses  propres  ordonnances  etses  lois  hygiéniques,  parfaites 
en  certains  détails,  sont  peu  définies,  ou  même  négatives, 
au  sujet  des  procédés  spéciaux  dont  le  hut  est  de  développer 
la  force  et  la  taille.  Il  reste  ce  fait  certain  que,  comme 
peuple',  il  n’a  jamais  donné  la  moindre  preuve  de  supé- 
riorité physique.  » Cependant,  fidèle  k sa  foi,  et  supportant 
le  poids  des  persécutions  cruelles  et  de  l’oppression  que  lui 
attirait  de  toutes  parts  la  vue  même  de  sa  faiblesse,  il  s’est 
étendu  « sur  toute  la  surface  de  la  terre  au  milieu  des  con- 
ditions, des  climats,  des  sociétés  les  plus  diverses,  et  il  est 
de  tous  les  peuples  civilisés  le  premier  au  rang  de  la  vitalité!  » 

* La  force  et  la  taille  des  habitants  de  Chanaan,  qu'ils  devaient  con- 
quérir et  détruire,  leur  étaient  jadis  un  sujet  d’épouvante. 

26 


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402 


LES  JUIFS. 


Les  actes  de  l’étal  civil  de  la  Prusse,  si  ce  sont  eux  par 
exemple  que  nous  prenons  k titre  de  comparaison,  donnent 
pour  les  Juifs  une  mortalité  de  1,61  pour  100,  tandis  que, 
j)our  le  reste  du  royaume,  elle  est  de  2,0.  Chaque  année  la 
population  chrétienne  augmente  de  1,36  pour  100,  tandis' 
que,  chez  les  Juifs,  l’augmentation  est  de  1,73...  A Franc- 
fort, d’après  les  relevés  du  docteur  de  Neufville‘,  « la  durée 
moyenne  de  la  vie  n’est  que  de  trente-six  ans  onze  mois 
parmi  les  chrétiens,  tandis  que  pour  les  Juifs  elle  est  de 
quarante-huit  ans  neuf  mois.  » 

(c  Pendant  les  cinq  premières  années  de  la  vie , les  décès 
d’enfants,  chez  les  chrétiens,  ont  été  de  vingt-quatre,  et  de 
douze  seulement  chez  les  Juifs...  En  total,  la  vie  des  chré- 
tiens arrivait  au  quart  de  la  vie  des  Juifs,  les  premiers 
oiïi*ant,  en  somme,  sept  ans  et  onze  mois,  et  les  seconds 
vingt-huit  ans  et  trois  mois.  La  moitié  des  chrétiens  n’arrivent 
'pas  à trente-six  ans,  tandis  que  la  même  proportion  chez  les 
Juifs  est  de  cinquante-trois  ans  trois  mois.  Au-dessus  de 
cinquante-neuf  ans  un  mois,  on  ne  trouve  en  vie  que  le 
quart  de  la  population  dirélienne-,  le  quart,  chez  les  Juifs, 
dépasse  soixante  et  onze  aus‘.  » 

Que,  dans  son  style  inélégant,  celle  pièce  pèche  ou  non 
par  quelque  légère  exagération,  cela  se  peut,  et  qu*elle  nous 
offre  un  exemple  tout  exceptionnel  de  l’exception  même 
que  nous  signalons,  nous  voulons  le  croire-,  mais,  dès 
lors,  elle  ne  se  rapporte  que  d’une  manière  d’autant  plus  re- 
marquable aux  données  générales  de  la  statistique^  elle  cor- 
robore les  observations  relatives  aux  immunités  qui  sont  le 
privilège  d’Israël  ; et , pour  sa  part,  elle  démontre  une  vitalité 
singulière,  une  prodigieuse  supériorité  de  force  vitale  chez  cette 

< D’après  le  docteur  C.  de  Neufville,  Francfort,  4855,  Lebonsda- 
ner,  etc.,  le  quart  de  la  population  meurt  : 

Chez  les  Chrëliens,  à 0 ans  41  mois.  Chez  les  Juifs,  à 28  ans  3 mois. 
La  moitié  à 36- — 6 — — à 53  — 4 — 

Les  trois  quarts  à 59  — 40  — — à 74  — 0 — 

Ibid.t  Non-cosmopolitisme,  p.  390.  , 

2 Ce  document  anglais  est  reproduit  par  les  Archives  israélites,  XI, 
p.  497-499;  4 868. 


> 


CHAPITRE  DIXIÈME.  iOÎ 

race  de  dispersés,  si  remarquable  au  milieu  des  peuples  par 
l'infériorité  de  $a  force  phyeique  ! , 

Mais,  outre  le  phénomène  d’une  invariable  et  invincible 
infériorité  de  type;  outre  le  phénomène  de  cette  railleute 
vitalilé  qui  SC  manifeste  en  sens  inverse  de  la  vigueur  des 
corps;  outre  le  phénomène  de  ces  immunités  qui  singu- 
larisent une  fois  de  plus  le  Juif,  eu  l’exemptant  des  maladies 
et  des  fléaux,  et  qui  lui  impriment  au  milieu  des  peuples 
un  caractère  plus  indélébile  que  la  rouelle  jaune  dont  les 
ordonnances  de  police  le  marquaient  jadis  aux  vêtements  ; 
outre  ces  phénomènes  si  bizarres  dans  leur  cours  et  dans 
leur  concours,  un  phénomène  non  moins  inexplicable,  et  né 
d'hier,  vient  de  causer  une  étrange  surprise,  un  véritable 
saisissement , aux  investigateurs  des  comptes  rendus  de  la 
statistique,  tandis  que  la  soudaineté  de  sa  production  semble 
le  désigner  comme  un  de  ces  avertissements  que  la  Provi- 
dence se  plait  h donner  au  monde,  et  que  l’histoire  enregistre 
sous  le  titre  de  signes  des  temps. 

Mais  ce  signe,  quel  est-il  donc?  Ce  qu’il  est?  Nul,  dans 
quelques  années,  ne  l’ignorera;  c’est  une  anormale  multi- 
plication de  l’espèce , c’est  un  inexplicable  accroissement  de 
population  qui , tout  à coup  et  partout  à la  fois,  s’opère  et 
s’accuse  au  foyer  d’Israël,  dans  le  sein  des  peuples  divers 
auxquels  il  se  mêle.  Et  cependant  ce  n’est  point  à l'atmo- 
sphère malthitsienne,  dont  les  miasmes  envahissent  la  .so- 
ciété moderne,  devenue  le  milieu  du  Juif  détalmudisé;  ce 
n’est  point  à des  conditions  nouvelles  et  favorables  h l’ex- 
pansion de  la  vie  humaine  qu’il  nous  est  permis  d’attribuer 
cette  vertu  prolifique  sortie  à l’improviste  de  la  chair  d’Is- 
raël , et  dont  l’action  s’arrête  sous  son  toit  sans  en  dépasser 
la  limite,  sans  se  communiquer  aux  peuples  dont  le  sol  lui 
prête  une  patrie. 

Est-ce  donc,  par  hasard,  qu’une  force  intelligente,  est-ce 
qu’une  puissance  invisible  aurait  doué  les  fils  de  Jacob  d’un 
privilège  qui,  sous  la  chute  incessante  des  siècles  et  sous  le 
coup  destructeur  des  révolutions,  ne  les  aurait  conservés, 

26. 


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404 


LES  JDIFS. 


seuls  intacts  dans  le  tourbillon  des  peuples,  que  pour  les 
appeler  par  les  voies  de  cette  multiplication  subite  b de 
nouvelles  destinées?  Est-ce  qu'après  avoir  maintenu,  pen- 
dant des  siècles,  sur  la  surface  du  globe,  le  niveau  de  la 
population  que  nourrissait  la  Judée  lors  de  la  mort  du 
Christ,  cette  force  inexpliquée  voudrait  créer  au  Juif  des 
ressources  dont  la  grandeur  inattendue  lui  serait  une  tenta- 
tion de  conquête,  dans  ces  temps  où,  passionnés  pour  l'im- 
prévu , les  peuples  malades  et  souffrants  qui  l’hébergent  se 
délectent  des  coups  de  théâtre  dont  la  succession  change  et 
renouvelle  la  face  du  monde?  Est-ce  qu'elle  voudrait  exciter 
à quelque  audacieux  mouvement  celui  qui  sut,  en  tout  pays, 
inculquer  ses  doctrines  antichrétiennes  aux  plus  turbulents 
excitateurs  des  peuples';  ce  Juif,  en  un  mot,  qui  jusqu'ici 
ne  machinait  que  dans  les  ténèbres  la  résurrection  d’un 
empire  judaïque?  Est-ce  enfin  que  cette  force  invisible  et 
intelligente,  est-ce  que  cette  force,  qui  jamais  ne  se  fatigua 
de  marcher  d’accord  avec  le  sens  des  prophéties  judaïco- chré- 
tiennes, voudrait  en  quelques  années,  b côté  de  la  puissance 
intellectuelle  et  métallique  d’Israël  parvenu  tout  b coup  au 
sommet  de  toutes  les  positions  sociales,  doubler,  tripler  sa 
valeur  numérique?  Est-ce  qu’elle  voudrait  lui  créer,  toute 
prête  b se  mouvoir  au  coup  de  trompette  de  l’homme  qu’elle 
appellera  son  Messie,  une  armée  maîtresse  en  tous  lieux  de 
l’or  et  du  fer,  ces  deux  métaux  qui,  sur  laVuine  des  prin- 
cipes de  la  civilisation  chrétienne,  sont  devenus  les  deux 
uniques  leviers  de  nos  changements  sociaux , les  deux  rai- 
sons dominantes  de  toute  puissance  moderne? 

Mais  abstenons-nous  de  toute  hypothèse  -,  contentons-nous 
de  soumettre  les  chiffres  de  la  statistique  au  lecteur  nourri 
des  leçons  de  l’histoire,  qui  sont  celles  que  nous  recom- 
mande l’Eglise , et  laissons  b la  sagacité  de  chacun  le  soin 
des  réflexions  et  des  commentaires. 

' Voir  dans  les  Revues  israéliles  que  nous  citons,  l’amour  et  l'admi- 
ration du  Juif  pour  tous  les  rcvolutionnaiies  qui  furent  et  sont  le  fléau 
des  sociétés  chrétiennes. 


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i05 


CIIAIMTHE  DIXIÈME. 

« Dans  Ions  les  pays  où  nous  avons  pu  nous  procurer  des 
recensemenis  rétrospectifs  de  la  population  juive , — écri- 
vait notre  ami,  l'illustre  président  de  la  Société  anthropo- 
logique de  Paris, — nous  constatons  un  accroissement  d’une 
rapidité  insolite.  Et,  nous  disait-il  dans  l’intimité  de  la  con- 
versation, cette  rapidité,  de  quelques  raisons  qu’on  s’efforce 
de  l'expliquer,  me  semblait,  ainsi  que  la  vertu  cosmopolite 
du  sang  d'Israël , un  de  ces  phénomènes  « qui  confondent  la 
raison  humaine  ' ! » 11  nous  importe  donc  de  placer  sous  des 
yeux  attentifs  quelques  exemples  de  ces  faits  étourdissants  : 

Dans  la  Hollande,  en  1830,  la  population  juive  recensée 
est  d3  'io,482;  elle  est,  en  1840,  de  51,138. 

E l Suisse,  1803,  1,2(57-,  1837,  1,300;  1850,  3,146. 

En  Bavière  rhénane,  1814,  9,951  -,  1829,  13,937;  1835, 
14,428. 

En  Prusse  (royaume).  1822,  145,000;  1840,  195,000; 
1849,  218,000.  ' 

En  Algérie,  1849,  19,028;  1851,  21,048. 

En  Hongrie,  4785,  75,089;  1805,  127,816;  1840, 
241,632;  1848,292,000. 

Dans  la  ville  de  Peslh , 1840  , 7,721  ; 1843,  12,800; 
1848, 16,512*. 

Les  Israélites  de  l’Algérie,  d’après  les  Archives  israéliks, 
étaient,  en  1861,  au  nombre  de  28,097,  et  ce  nombre  s’est 
accru,  pendant  les  cinq  dernières  années,  de  5,855  indi- 
vidus’. Or,  « un  accroissement  d’une  telle  rapidité  ne  se 


< Gèogr.  méd.,  t.  II,  p.  13t-1.S7;  1857. 

* Gèogr . méd.,  t.  II,  p.  137,  etc.,  etc. 

s Univers  israélile,  tX,  p.  4î3-i;  1867;  iJ.,  VI,  p.  Ï69;  1868. 
D’après  le  rapport  présenté  au  gouverneur  général  de  l'Algérie,  l’aug- 
mentation pour  les  Juifs  est  dune  dans  la  proportion  de  208,39  pour 
1,000,  tandis  que  le  climat  nous  y dévore.  Le  même  phénomène 
s'éUiit  accompli  jadis  en  Egypte  en  faveur  d’Israél , lors  de  la  capti- 
vité. La  multiplication  des  fils  de  Jacob  y avait  dépassé  les  limites 
ordinaires  de  la  fécondité,  et  c'est  là  ce  qu'exprime  le  texte  hébraïque. 
La  traduction  latine  nous  dit  : Filii  Israël  crevcrunl,  et,  qui  si  gerroi- 
nantes,  multiplicati  sunt;  ac,  roborali  nimi’s,  impleverunt  terram.  — 
Lu  mot  nimis  marque  texcès.  La  traduction  française  emprunte  la 
périphrase,  impuissante  qu’elle  est  à rendre  la  force  du  texte  ; a Le» 


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i06 


LES  JUIFS. 


voit  chez  aucun  peuple  de  l’Europe  ' ! » Cette  fécondité  sou- 
daine, et  renouvelée  de  l’époque  miraculeuse  d’Israël  ; celte 
ubiquité,  ce  cosmopolitisme  exceptionnels,  indices  du  plus 
singulier  et  extraordinaire  privilège  de  constitution  physi- 
que que  riiisloire  des  peuples  ait  h nous  signaler,  et  qui, 
— nous  devons  le  répéter,  — « confond  la  raison  hu- 
maine, n’cst-ce  point  là  l’indice  plutôt  d’une  grande  mhtion 
providentielle  qu’un  simple  hasard  '?  » 

Les  Juifs  auraient-ils  donc  encore,  ainsi  qu’ils  l’affirmè- 
renl  avec  Moïse,  un  ange  qui  les  conduit,  et  qui,  tout  en  les 
châtiant  dans  la  proportion  de  leurs  fautes,  conserve  ce»  élu» 
pour  une  mission  providentielle  que  nous  verrions  tout  h 
coup  s’étendre  'a  toutes  les  régions  de  ce  monde?  Les  textes 
bibliques  sont  précis  pour  le  passé  : « Je  vais  envover  mon 
ange,  dit  le  Seigneur,  afin  qu’il  marche  devant  vous,  et  qu'il 
vous  garde  pendant  le  chemin!...  Ecoutez  sa  voix,  et  gaixlez- 
vous  bien  de  le  mépriser,  parce  qu’il  ne  vous  pardonnera  point 
lorsque  vous  pécherez!.,.  Si  vous  entendez  sa  voix,  et  que 
vous  fassiez  tout  ce  que  je  vous  dis,  je  serai  l’ennemi  de 
vos  ennemis,  et  j’affligerai  ceux  qui  vous  affligent’.  » 

Se  lassant  de  respecter  l’ange  du  Seigneur  et  d'écouter 


-enfants  d'Israël  s’accrurent  comme  des  arbres,  et  se  multiplièrent  comme 
des  poissons,  et,  étant  devenus  extrèmcmeiu  forts  par  leur  nombre  et 
leurs  richesses,  ils  remplirent  tout  le  pays  où  ils  étaient.  » Le  docte 
traducteur  ajoute  ; « La  paraphrase  rend  ici  la  force  des  expressions 
du  texte  hébreu,  qui  présentent  l’idée  de  ces  deux  comparaisons.  » 
Bible  de  Vence,  Exode,  ch.  i,  v.  7 ; t.  H,  p.  501 -î,  .5' édit.;  Paris,  I8S9. 

11  s’agit  donc  d'un  fait  de  multiplication  prodigieuse.  Ce  fait  pré- 
pare l’exode,  ou  la  sortie  triomphale  des  Hébreux.  Une  multiplication 
devenue  soudainement  semblable  présage-t-cUe  un  fait  analogue? 

Malgré  l’oppression  des  Hébreux  et  le  massacre  de  leurs  enfants 
mâles,  on  voit  dans  le  livre  biblique  des  Nombres,  cliap.  i,  et  surtout 
V.  45-i6,  à quel  point  s'est  accrue  leur  descendance.  Lire,  quant  aux 
miracles  qui  pullulent  dans  le  livre  biblique  de  l'Exode,  l’ouvrage  : 
/Pensées  sur  la  religion,  de  notre  honorable  ami  il.  J.  Thomassy,  con- 
seiller honoraire  à la  Uour  impériale  de  Paris.  Nous  nu  saurions  trop 
.recommander  cet  ouvrage,  remarquable  par  la  beauté  du  style  et  la 
grandeur  do  la  pensée;  1 vol.  in-8"  de  5’79  pages;  Paris,  1855,  Plon. 

■ Géogr.  méd.,  l.  H,  p.  138;  ce  que  démontre  le  tableau  de  la 
page  65,  même  volume. 

» Ibid.,  t.  11,  p.  131. 

f Bible,  Exode,  t,  XXIII,  p.  20,  etc. 


CHAPITRE  DIXIÈME. 


407 


sa  voix , le  Juif  Ta  méprisé.  Ce  mépris  est-il , ainsi  que  le 
lui  ont  dit  les  peuples,  la  cause  du  châtiment  qui  le  pour- 
suit? Voyez-le  donc,  après  avoir  été  partout,  depuis  sa 
chute,  le  témoin  de  la  vérité  des  Écritures  prophétiques  qu’il 
colporte  sans  jamais  parvenir  â les  comprendre,  être  à la 
fois  le  missionnaire  du  mal , le  cabali&te  de  gauche , l’apôtre 
des  traditions  primitives  de  l’occultisme,  et  l’homme  que 
la  fixité,  que  la  paix,  que  le  repos  repoussent.  Marche! 
marche  donc,  homme  du  progrès  sinistre.',  avance!  — Mais 
où  marcher?  — Où  tu  pourras,  âme  errante,  Juif  errant; 
car  fë  peuple,  en  te  voyant  passer,  te  salue  de  ce  nom. 
Marche*,  marche,  enfant  de  la  terre,  prince  de  la  terre; 
marche,  et  sans  pouvoir  y trouver  une  patrie  : marche  tou- 
jours, et  toujours  agité,  toujours  inquiet,  toujours  souffleté, 
conspué,  toujours  le  meme,  toujours  impassible  et  im- 
muable au  milieu  de  tous  les  changements!...  Si  vieux  es-tu 
que  toutes  les  ruines,  â côté  des  siècles  que  comptent  tes 
rides,  semblent  d’hier;  et  cependant  ta  sève  étonne  et  ta 
verdeur  est  une  merveille.  L’argent  que  lu  adores  ne  peut 
tarir  dans  tes  mains;  mais  tu  le  possèdes  sans  jouir;  et  ni 
ton  pied  ni  ton  avoir  ne  peuvent  se  fixer  au  sol.  Marche! 
marche!  car  rester  en  place  c’est  pour  toi  porter  double  le 
poids  du  temps  qui  te  pèse  cl  te  fatigue,  mais  sans  t’user  M 
Toute  nation  le  reste  étrangère;  toute  nation  pourtant  le 
connaît,  et  lu  les  connais  toutes;  mais  ton  cœur  de  pierre 
ne  s’attache  â aucun  homme,  et  nul  ne  s’attache  ’a  toi!  Aucun 
lieu  ne  t’est  domicile,  et  la  lente  sons  laquelle  ton  front 
s’abrite  se  promène  de  pays  en  pays,  déchirée  par  tous  les 
vents  de  tempête.  On  le  reconnaît  partout,  et  partout, 
hommes,  climats  et  fléaux,  s’ils  ne  te  ménagent  l’insulte, 

' Le  temps  n’use  pas  plus  le  Juif  que  les  quarante  années  dans  le 
désert  n’usèrent , d’après  la  parole  de  la  Bible , ses  vêlements  et  sa 
chaussure,  lorsqu’il  errait  sous  la  conduite  de  Moïse  : « Il  vous  a 
conduits  jusqu’ici  dans  le  désert  pendant  quarante  ans  : vos  vêtements 
se  sont  conservés , et  les  souliers  qui  sont  à vos  pieds  ne  se  sont 
point  usés  pendant  tout  ce  temps.  » Bible,  Deutéronome,  i.  XXIX,  p.  6. 
— Lire  Thomassy,  ut  suprà,  sur  ces  miracles  de  VEœode. 


4U8 


LES  JUIFS. 


épargnent  ta  vie.  Un  signe  semblable  h ceini  qui  marquait  et 
préscnait  Caïn  te  marquerait-il  donc?  Enfin,  marchant  sans 
cesse,  et  sans  cesse  attendant , ne  sembles-tu  pas  poursuivi 
par  cet  anathème  qui  tomba  sur  toi,  mêle  au  sang  du  Christ, 

le  jour  de  la  grande  scène  du  Calvaire  : Tu  es  maudit , 

oui,  maudit,  mais  pour  un  temps  que  l’on  dirait  sur  le  point 
do  finir,  si  nous  ne  nous  trompons  aux  signes  qui  se  pres- 
sent pour  réveiller  nos  yeux  as.soupis!...  Maudit!  et  les  pro- 
phètes de  ton  ancienne  loi  te  crient  que  nulle  bénédiction 
n’égalera  la  tienne  le  jour  où  il  te  plaira,  comme  jadis, 
d’écouter  l’ange  du  Seigneur;  le  jour  où,  régénéré  par  le 
sang  du  fils  de  David,  tu  voudras  refaire  de  la  personne  le 
véritable  enfant  d’Abraham! 

Quoi  qu’il  en  soit,  gardons-nous  jusqu’à  cette  heure  de 
te  disputer  la  supériorité  de  ton  intelligence,  et  l'étrange 
supériorité  physique  qui  fait  de  ta  race  la  race  durable  par 
excellence,  la  race  cosmoiwlite,  celle  qui,  dans  la  plénitude 
de  la  santé  et  de  la  vie,  sûre  de  ne  point  perdre  son  nom  à 
côté  des  peuples  florissants  qui  perdent  le  leur,  peut  s'as- 
seoir en  reine  sur  tous  les  points  du  globe,  respirer  avec 
impunité  le  venin  de  toute  atmosphère,  braver  toute  intem- 
périe, toute  mystérieuse  et  délétère  influence,  prospérer 
enfin  dans  les  lieux  memes  où  toute  autre  colonie  humaine 
dépérit,  condamnée  le  plus  souvent  à disparaître  si  les  flots 
successifs  de  l’immigration  ne  remplacent  les  flots  que  le 
sol  y dévore.... 

Oui,  l’histoire  le  dit  et  le  veut  : le  Juif  est,  par  son  es- 
sence, le  peuple  le  plus  indestructible  dè  ce  globe,  et  par 
conséquent  le  mieux  doué  pour  les  entreprises  et  les  négo- 
ciations lointaines,  pour  le*  mittion*  étrangère*,  facilitées  en 
lui  par  *a  merveilleiue  aptitude  à parler  le*  langue*  de  toute*  le* 
nation*.  Au  point  de  vue  physique  et  intellectuel,  le  Juif,  ce 
cosmopolite  insigne,  est  donc,  en  attendant  qu'il  le  devienne 
au  point  de  vue  religieux,  l’homme  le  plus  universel,  c’est- 
à-dire  le  plus  catholique  qui  se  puisse  concevoir,  car  tel  est 
le  sens  de  ce  mot  (KadoXixofj! 


r.lUPlTRE  DIXIÈME. 


i09 


Jusqu’ici  l’éclnt  de  sa  supcriorilé  iic  resplendit  encore 
que  dans  les  genres  qui  donnent  à l'ambitieux , a l’homme 
cupide  et  sensuel,  dont  le  but  unique  est  la  conquête  et  la 
joflissance  des  biens  de  ce  monde,  un  irrésistible  ascendant 
sur  autrui  : supériorité  dans  l’art,  dans  la  science  d’ex- 
ploiter l’homme  qui  possède,  l’homme  qui  produit,  l’homme 
qui  vend  ; supériorité  dans  l’art  de  faire  suer  et  circuler  l’or, 
dans  l’association  redoutable  des  capitaux , des  bras  et  des 
têtes;  supériorité  dans  l’organisation  et  la  discipline  des 
sociétés  occultes,  où  les  adeptes  marchent  vers  un  but  que 
la  plupart  ignorent,  mais  où  le  génie  judaïque  excelle,  en  se 
dérobant,  h tourner  k son  prolit  l’ambition  ou  la  vanité  des 
uns,  la  malice  et  la  sottise  des  autres;  supériorité  dans  les 
arts  qiii  charment  et  passionnent  les  foules-,  supériorité  ca- 
balistique dans  les  arts  de  ténèbres  et  d'audace  qui , plon- 
geant dans  les  profondeurs  de  l’empire  du  mal,  associent 
l’action  de  l’homme  k celle  des  esprits  de  révolte;  supério- 
rité dans  les  sciences  transcendantes,  celles  de  la  religion  et 
de  la  philosophie  exceptées;  mais  supériorité  dans  l'art  pro- 
fetsoral(\u  sophiste,  habile  à mêler  aux  doctrines  du  théo- 
logien et  du  publiciste  les  subtilités  où  l’esprit  s’égare,  le 
venin  des  doctrines  enivrantes  qui  pervertissent  les  indi- 
vidus et  font  tomber  les  peuples  en  démence;  supériorité 
singulière  k marier  le  faux  au  vrai , dans  les  lois  d’une  éco- 
nomie politique  et  d’une  science  sociale  destinées  k former 
k son  image  les  nations  qu’il  aveugle  pour  les  conduire  k ses 
fins;  supériorité  surtout,  et  c’est  Ik  l’une  des  plus  insignes 
aux  yeux  de  tout  observateur  sagace,  supériorité  sans  égale 
k cacher,  soit  dans  le  conseil  réfléchi  des  rois,  soit  dans  le 
conseil  tumultueux  des  peuples,  leur  singulière  et  infati- 
gable influence,  la  richesse  et  l’éminence  des  dons  qui  s’ac- 
cumulent en  eux,  le  génie  d’intrigue  qui  les  caractérise, 
ou  plutôt  le  surnaturel  instinct  qni  les  entraîne,  au  milieu 
de  leur  aveuglement  religieux  et  moral,  vers  le  but  extrême 
de  domination  que  tour  k tour,  pour  le  malheur  et  le  bon- 
heur du  monde,  il  leur  est  et  leur  sera  donné  d’atteindre. 


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410 


LES  JUIFS. 


Voilà  donc,  voilà  le  Juif,  voilà  le  Juif  de  nos  jours, 
c’est-à-dire  voilà  celui  qui  nous  prépare , à l’ombre  des  so- 
ciétés secrètes  dont  il  est  l’âme  et  le  prince , un  prochain 
et  redoutable  avenir-,  personnage  chargé  d’un  rôle  hauffe- 
ment  prophétisé  par  l’Église,  terrible,  lugubre;  mais  enfant 
prodigue,  ajoute-t-elle,  qui  rentre  après  de  rudes  épreuves 
dans  la  maison  de  son  père,  qui  s’y  cb'argc  d'un  rôle  admi- 
rable, réparateur,  et  qui  dès  lors  est  béni  de  Dieu  pour  cire 
à jamais  béni  des  hommes. 


NOTES  FINALES.  STATISTIQUE. 

Quelques  tableaux  slalisliques  où  se  trouve  décrite  la  répartition  du 
peuple  juif  dans  les  principales  parties  du  monde,  deviennent  un 
appendice  nécessaire  à ce  chapitre,  que  nous  terminons  par  ces  aligne- 
incr.ts  de  chilTrcs.  Lorsque  nous  aurons  comparé  ces  documents,  nous 
en  pèserons  lu  valeur  à loisir,  et  nous  saurons  quelles  sont  sur  ce 
globe,  aux  dates  marquées  par  ces  recensements,  les  forces  approxi- 
matives et  la  distribution  de  l’élément  judaïque.  Peut-être  alors,  en 
ce  temps  de  surprises  révolutionnaires,  nous  sera-t-il  aisé  de  com- 
prendre, en  songeant  au  spectacle  que  nous  donne  sur  les  rivages  de 
l’Océan  le  Ilot  montant  des  marées  galopantes,  avec  quelle  rapidité 
le  flot  humain  doué  de  telles  puissances  peut  envahir  un  jour,  et  peut- 
être  un  jour  assez  prochain,  telle  ou  telle  région  de  la  terre. 

Au  moment  même  où  nous  tenons  ce  langage,  les  provinces  danu- 
biennes de  la  Roumanie  sont  en  voie  de  nous  donner  un  important 
exemple  de  ce  phénomène.  Loin  de  dédaigner  les  enseignements 
qu’elles  nous  olfrent,  essayons  d’y  saisir  un  avertissement  que  notre 
parole  ne  saurait  mettre  dans  un  relief  assez  saillant  pour  frapper  uti- 
lement les  regards. 

O On  divi.se  les  Juifs  répandus  en  Europe  en  trois  classes  : l”  Les 
Juifs  espagnols  et  portugais,  qui  se  trouvent  non-seulement  dans  la 
Péninsule  au  delà  des  Pyrénées,  mais  aussi  en  France  et  en  Angle- 
terre: — éminemment  distingués  et  hors  ligne,  ceux-ci  ne  sont  guère 
Juifs  que  de  sang;  î"  les  Juifs  polonais,  qui  se  disent  descendants  des 
Galiléens;  3"  les  Juifs  allemands,  ceux  de  la  dernière  classe,  c’est-à- 
dire  celle  qui  se  trouve  en  Souabe  et  en  Alsace  ; car  les  Juifs  du  nord 
de  l’Allemagne  sont  de  la  même  classe  que  les  Juifs  polonais  '.  » 

El  remarquons,  en  passant,  que  l’Israélite  allemand,  notre  proche 
voisin,  O est  le  type  et  le  prototype  du  Juif  tel  qu’on  le  dépeint  et 
que  nous  le  connaissons  en  général.  Il  est  astucieux,  avide  et  ra[>ace; 
sans  foi  et  sans  loi,  quoique  d’une  dévotion  fanatique  lorsqu’il  se 

' Docteur  Boudin,  Giogr,  rrarûtiyuc,  t.  I,  p.  130;  1857. 


CHAPITRE  DIXIÈME. 


trouve  dans  les  derniers  rangs  de  sa  nation  : mais  s’il  prie  Dieu , ce 
n’est  que  pour  lui  demander  le  bien-être  matériel.  Il  n’est  pas  vrai 
qu’il  le  prie  de  l’aider  à tromper  les  chrétiens  dans  les  transactions 
qu’il  fait  avec  lui,  car  il  n’a  pas  besoin  du  secours  divin  pour  s’en 
acquitter  avec  habileté  et  succès.  Il  a une  incroyable  activité  d’intelli- 
gence et  d’imagination , mais  il  est  fainéant  et  Iciche.  Il  n'est  propre 
qu'une  fois  par  an,  à Pessach,  ou  à la  fête  de  Pâques,  parce  que  c’est 
une  obligation  de  sa  religion  de  balayer  alors  sa  maison , de  brosser 
ses  habits,  et  de  faire  de  fréquentes  ablutions  '.  » 

La  population  juive  du  globe  a été  évaluée  : 


Pur  HiLTücliclmauu,  en  IH33,  à (*,598,000 

Jülmiion,  1855,  à (>,000,(K)0 

Groeiwrg,  à 5,000,000 

Pinkerlon,  à 5,(X)0,000 

Malle-Brun , i 5,000,000 

Baibi,  18*29,  à 4,000,000 

Berghaiis,  1851,  â 4,(XX),000 

à 3,930,000 

Le  Magnn'n  catholifjutf  â 3,*i(î0,000 


L’Annuaire  isra^lite  de  la  Hollande,  en  prenant  la  moyenne  de 
ces  divers  nombres,  estime  l’ensemble  de  la  population  juive  à 

i,il  1 ,000 Après  avoir  consulté  une  masse  de  recensements  officiels 

et  de  documents  épars , nous  croyons  pouvoir  proposer  le  chiffre  de 

3,900,000  comme  se  rapprochant  assez  de  la  vérité.  Les  chiffres  sui- 
vants indiquent  approximativement  la  distribution  des  Juifs  dans  les 
cinq  parties  du  monde 


Europe. . . 

A*le 

Afrique. . . 
Amérique. 
Auitialie. 


3, ‘2*28, 000 
‘200  000 

450,000 

20,000 

2,000 


Total. 3,910,000* 


Un  peu  plus  tard,  dans  sa  brochure  du  yon-cosmopoUlisme  des 
racei  humaines , publiée  dans  le  tome  l"  des  Mémoires  de  la  Société 
(f anthropologie  dont  il  était  le  président,  .M.  le  docteur  Boudin  nous 
dit  : On  compte  aujourd’hui  environ  i,. 300, 000  Juifs,  ainsi  répartis  ; 


Europe.  . 
Afrique. . . 

Asie 

Amérique, 

Ausiralie. 


3,000,000 

450.000 

200.000 

48,000 

2,000 


Total 


4,300,000  *. 


' Rapporter  ces  aitertions  à leur  date;  Cerfberr,  u(  auprd,  p.  38;  l^rit,  1847. 

* Boudin,  Géoyr.  tt  statistique  tnéd.^  t.  Il,  p.  I31'132;  1857. 

* P.  387,  tian-cosmopolitisme. 


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412 


LES  JUIFS. 


L’ Almanach  israélile  de  182.S  à 1829,  indique  : 

Kuro|>e 1,699,0(K> 

Asie 1,738,000 

Afrique I,50i,000 

Aiiiéri(|ue 5,700 

Aumnilir 100 

Total 4,946,800 

Mais  ce  document  supporte  à peine  Texamen 

Il  y a donc  lieu  de  contester  l'exactitude  du  chiffre  que  semblent  ga- 
rantir ios  paroles  suivantes  adressées  le  31  mai  1864  à V Alliance  israé^ 
lite  par  AI.  Crémieux:  « Savez-vous,  me  disait  en  1831  notre  abbé  Gré- 
r/oire  2,  savez-vous  que  nos  statistiques  établissent  qu’il  y a six  millions 
de  Juifs? — Six  millions!  Vous  n'avez  jamais  atteint  ce  nombre  môme 
quand  vous  étiez  une  nation  florissante , dans  les  plus  beaux  temps  de 
votre  histoire.  » 

Aujourd’hui , c’est-à-dire  trente-sept  ans  après  les  supputations  de 
l’abbé  Grégoire,  et  neuf  ans  après  les  derniers  et  très-sérieux  cal- 
culs de  M.  le  docteur  Boudin  sur  le^  chiffre  total  de  la  nation  juive 
(4,300,000),  nous  donnons  sur  les  Juifs  allemands  la  statistique  sui- 
vante ; c’est  celle  de  la  Nouvelle  carte  constitutive  de  l'Allemagne,  pu- 
bliée à Munich. 


Prusse 260,751 

Wurtemberg 1 1 ,610 

Graud-duclié  de  Bade 25,263 


La  Prusse  a conquis  par  l’annexion 

De  Nassau  et  Francfort 20,000  noiiYcauz  sujets  israelites. 

Du  Hanorre 15,000  — 

De  la  Hesse  électorale 12,000  — 


Des  six  millions  d’Israélites  répandus  sur  toute  la  terre,  chiffre  adopté 
par  VUnivers  israélite,  plus  de  la  moitié  habitent  l’Europe,  à savoir  : 


Russie l,300,tK)0 

Prusse  et  reste  de  rAllemagne 316,000 

Aiitriclie 900,000 

France 80,000 

Angleterre 42,000 

Saxo 1,200 

Syrie  et  Turquie  d'Asie 520,000 

Maroc  et  Afrique  du  nord 6t0,(X)0 

Amérique 250,000 


Il  y en  a un  peu  en  Suède  et  en  Norvège®. 

' Boudin,  Géoyr.  méd.,  t.  II,  p.  131-132. 

* Notre  abbé!  expression  très-juste.  Nous  ne  saurions  disputer  aux  Juifs  cet 
évéque  assermenté,  ce  cooTeiuioonel  qui  traita  son  roi  comme  les  Juifs  ont  traité 
le  leur  : Jésus  Nazarenus  rex  Judxorum. 

• BrpitHliiit  dans  VUtiiven  Uraélite,  IV,  p 189;  1866. 


CHAPITRE  DIXIÈME.  4<3 

D’après  le  premier  chiffre  du  docteur  Boudin , dans  sa  Géographie 
médicale,  en  I8S7,  et  c'est  le  plus  bas  des  deux,  nous  trouvons  : 


Allemagne,  1,150,000. 

Autriche 749,851 

Pniste  ■vdoi  tes  anneitoos 226,868 

Bavière 69.288 

Wurtemberg 11,974 

Bide 33.700 

Graad^tuebè  de  Hewe 28.734 

Heuc  électorale 14,4-22 

Nasttu 6,871 

Royaiioie  de  Saie 988 

Üraiithiluché  de  Saie^Weiinar I,i50 

Duché  de  Saxe  Cobourg*Gotlia 1.600 

Duché  de  Saxe^MeiDingca. 1 ,508 

Duché  de  Saie*AlleobotirQ 1,100 

Hanovre 1 1,563 

Duché  de  Brunswick 980 

Gr.ind'duché  d'Oldenbourg 1,488 

Mecklenibourg*Slréliiz 676 

HüUieia-l.aueDbourg. 3,402 

Litiemhoiirg  (i*r) 326 

Limbourg  (1849) 1.259 

Oiicbé  d’Anlialt 1,400 

Villes  libres,  etc 11,656 

Total  en  France,  73,975,  à savoir  ; 

Bas-Rhin 20,935 

HiiiU-Rliin 14,882 

Seine 10,978 

Moselle 7,768 

kleurtbe 5,675 

Gironde 2,454 

Boaches-du^hAne 1 ,37 1 

Vosges 1,194 

Landes 836 

V Doubs « 745 

Meute 699 

Le  reste  diminuani  beaucoup,  par  exemple  : 

Var 79 

Aube 21  • 


* Doctenr  Boudin,  Géogr,  €t  sUHislkfut  p.  133*135  ; 1857.  — Le  A#om/e. 

23  août  1869.  nont  dit  sans  tndiqner  la  source  : Europe,  pius  de  trois  mililoos  et 
demi.  Pologne.  1,700,000,  dont  1,100,000  Pologne  russe;  400,000  royaume 
de  Pologne;  200,000  Galicie,  77,000  duché  de  Posen , 8,000  Gracovie.  — En 
France,  156.000 (disons  moînt  de  80,000);  en  Algérie.  29,000. 


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CHAPITRE  ONZIÈME. 


UNE  POPULATION  JUIVE  DU  MOYEN  AGE  AU  PLEIN  MILIEU 
DU  DIX-NEUVIÈME  SIÈCLE. 

U.N  MOT  POUR  POSER  LA  QUESTION.  — Le  flot  juilalque,  avons-nous  dit, 
peut,  un  certain  jour,  couvrir  un  point  do  l’Europe  et  se  l’appro- 
prier. — Qui  seraient  ces  Juifs?  Des  Juifs  du  moyen  âge,  et  les  voici. 

— Leurs  prélcnlions^subites,  soutenues  de  tous  leurs  commtri'otei 
du  dehors  el  d'une  partie  dos  puissances  de  l’Europe.  — Comment 
et  pourquoi.  — La  Roumanie,  tluiâlre  do  leur  invasion.  — Lutte  des 
Roumains,  pareille  à celle  des  chrétiens  contre  le  Juif  au  moyen  âge. 

— Réaction  contre  le  Juif. 


Les  dernières  lignes  de  noire  dernier  chapitre  nous  ont 
dit  que  les  flots  grossissants  de  la  population  judaïque  ])our- 
raient  un  beau  jour,  et  sous  un  vent  de  tempête,  se  soule- 
ver, s’accumuler  étage  sur  étage,  et  tout  d’un  coup,  mon- 
tagnes croulantes,  fondre  sur  tel  ou  tel  point  de  ce  globe, 
l’envahir,  le  submerger,  y couvrir  la  terre,  et  s’y  étendre 
en  paix  sur  un  fond  de  ruines.  Lisons  maintenant  dans  les 
pages  actuelles,  non  plus  la  simple  possibilité  de  ce  fait, 
mais,  nous  pourrions  nous  aventurer  h le  dire,  le  commen- 
cement de  ce  fait  lui-même.  Dans  l’audace,  dans  les  mœurs, 
et  par  conséquent  dans  la  foi  de  la  tourbe  Israélite  qui  l’ac- 
complit, peut-être  reconnaîtrons-nous  ce  Juif  dont  on  a si 
souvent  el  si  singulièrement  parlé,  le  Juif  de  notre  moyen 
âge.  El  s’il  nous  parait  sortir  tout  vivant  de  sa  tombe,  — 
où  jamais  il  ne  descendit , — voyons  si  le  but  providentiel 
de  cette  vision  n’est  point  de  ressusciter  sous  nos  yeux  l’his- 
loire  défigurée,  massacrée  par  des  historiens  étrangers  â la 
race  juive  pour  la  plupart,  mais  dont  un  certain  nombre  pour- 
raient s’appeler  judaïques'.  I.’heure  est  venue  sans  doute  où, 
dans  les  desseins  de  la  Providence,  la  connaissance  exacte 
d’un  passé  qui  se  ranime  el  reprend  corps  pour  frapper  nos 
yeiLv  doit  nous  donner  l’intelligence  de  l’avenir. 

' Ilisloriens  ignorants  on  passionnés  et  auxiliaires  du  Juif.  A eux 
le  mot  do  Joseph  de  Maistre  : a L’histoire,  depuis  trois  cents  ans, 
n’est  qu’une  vaste  conjuration  contre  la  vérité,  s 


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CHAPITRE  ONZIÈME.  415 

C’est  aux  confins  de  l’Autriche,  et  du  côté  de  l’Orient, 
que  ce  passé  reprend  figure , que  le  moyen  âge  se  remet  à 
vivre,  et  que  tous  les  Juifs  de  l’Europe,  auxiliaires  des  Juifs 
de  la  localité,  s’efforcent  pour  le  moment  de  diriger  nos  re- 
gards et  de  tenir  en  haleine  le  monde  entier.  La  principauté 
de  Roumanie,  c’est  k-dire  un  vaste  démembrement  de  l’em- 
pire du  sultan  formé  des  provinces  moldo-valaques,  voilk  le 
point  topogi'aphique  où  se  débattent  ces  intérêts  nouveaux, 
ces  prétentions  audacieuses  du  judaïsme^  et  le  poids  des 
grandes  puissances  de  l’Europe  y est  ouvertement  poussé 
par  les  mains  d’Israël  dans  la  balance  des  affaires  publiques. 
Appuyé  sur  ces  forces  diverses,  le  Juif  de  la  Roumanie  dit 
au  Roumain  qui  vient  de  l’accueillir  sur  son  sol  : Désormais 
chez  toi  je  veux  être  chez  moi^  j’y  serai  ton  égal;  et  chez 
toi  mou  culte  sera  chez  lui , respecté  de  tous , et  l’égal  du 
lien  ‘ . 

Car  Israël  a donné  pour  le  moment  au  monde  révolution- 
naire ce  mot  d’ordre , si  peu  compris  de  tant  de  chrétiens  ; 
Égalité  des  cultes!  Il  le  fait  retentir  de  sa  voix  la  plus  so- 
nore ; (I  C’est  l’égalité  des  cultes  qui,  seule,  permet  tous  les 
progrès;  » et  « la  liberté,  l’égalité  des  cultes,  sont  un  des 
premiers  droits  de  l’homme*.  » Le  judaïsme,  en  effet,  ne 
saurait  établir  sur  aucun  point  de  la  terre  un  principe  plus 
favorable  h sa  cause! 

Or,  au  pohu  de  vue  légal,  Israël , en  tenant  ce  langage  sur 
le  sol  roumain,  se  trouve  être  dans  son  droit;  de  même 
qu’au  point  de  vue  de  la  raison  il  est  dans  l’absurde;  et,  au 
point  de  vue  pratique,  dans  l’impraticable,  dans  l’impos- 
sible. Mais  d’où  naît  pour  le  Juif  ce  droit  légal?  Le  voici  : 
Les  potentats  de  l’Europe,  circonvenus  par  les  Juifs  et  par 
les  fauteurs  de  révolutions,  auxiliaires  constants  d’Israël, 
ont  inscrit  dans  une  constitution  dont  ils  dotèrent  les  Rou- 

* Nous  avons  fait  voir  comment,  pour  les  Juifs,  l’égalité  implique  la 
supériorité. 

2 Archives  israélites,  XV,  p.  683,  1 867  ; — ibid.,  XVI,  p.  721 , 1 866  ; 
discours  de  ITsraélile  Crémieux  devant  un  bureau  de  la  Chambre  légis- 
lative de  Roumanie. 


LES  JUIFS. 


il  6 

mains  et  qu’ils  revêtirent  du  titre  significatif  d'iniernatio- 
nale,  ce  droit  à l'égalité  dont  le  Juif  use  déj'a  quelquefois  au 
milieu  de  nous  en  s’essayant  à le  tourner  contre  le  libre 
exercice  du  culte  que  notre  nation  jirofesse. — {Vide-  tuprà.) 
On  n’eut  sans  doute  point  le  temps  de  penser,  en  improvi- 
sant celte  constitution,  qu’accorder  au  Juif  talmudique  de  la 
Roumanie  les  droits  du  Roumain,  c’élait  déposséder  le  Rou- 
main de  ses  droits  naturels  et  de  son  avoir.  Car  il  manque  h 
cet  indigène,  pour  lutter  à armes  égales  contre  le  Juif,  une 
religion  semblable  k celle  du  Talmud , c’est-k-dire  qui  lui 
permette  et  lui  fasse  un  mérite  de  tromper  et  de  spolier  I hoinme 
dont  la  croyance  est  étrangère  k la  sienne.  Il  lui  manque 
encore  une  intelligence  et  des  ressources  acquises  qui  le 
rendent  l’égal  du  Juif;  il  lui  manque  en  outre  ce  «{uc,  seul 
au  monde,  possède  le  Juif,  c’est-k-dire  non-seulement  au 
milieu , mais  autour  de  la  nation  commune,  une  seconde  na- 
tion, une  nation  particulière  qui  partage  sa  foi,  qui  suit  de  son 
sang,  et  qui,  lui  donnant  en  tons  lieux  l’appui  d’une  puis- 
sante et  irrésistible  famille,  lasse  de  la  cause  de  tout  indi- 
vidu la  cause  d’une  nation  tout  entière!  De  là  le  sentiment 
de  faiblesse  et  d’infériorité  qui  décourage,  qui  désole  le 
Roumain,  et  l’excite,  comme  jadis  les  populations  chré- 
tiennes, k se  soulever  contre  des  oppresseurs  que  la  loi  ne 
saurait  lui  permettre  d’atteindre,  k se  porter  contre  eux  k 
des  actes  de  la  plus  répréhensible  violence 

Les  phases  de  cette  question  redeviennent  ainsi  celles 
des  grandes  luttes  du  chrétien  contre  le  Juif  au  moyen  âge 
et  depuis.  A mesure  qu’elles  se  déroulent,  elles  reproduisent 
donc,  en  faveur  des  habitants  du  dix-neuvième  siècle  dont  les 
yeux  consentiraient  k ë’ouvrir,  une  des  pages  efl’acées  de 
ces  temps  aujourd'hui  méconnus;  elles  nous  offrent  une 
leçon  d'histoire  aussi  sure  et  nécessaire  qu’attachante; 

• Même  cause  en  Servie,  mêmeseiïels.Voir  rt'm'cers  Israélite,  Vltl, 
p.  357’ 9;  tS57.  Mais  en  vain  la  loi,  en  vain  Iclranger  pesérenl-iis 
de  tout  leur  poids  en  Taveur  du  Juif;  les  mœurs,  et  la  nécessité  de 
vivre  en  restant  le  maître  chez  soi,  l’emportèrent  en  Servie  sur  toute 
autre  force  : Primo  vivere,  secundo  phitosophari. 


Gtigitizec  er^'ioo^k' 


CHAPITRE  ONZIÈME. 


i17 


veuillons  suivre  d’un  œil  atlentif  Israël  qui  la  donne  et  qui 
nous  la  fait  payer  assez  cher! 

Israël  arrive,  se  repose,  s’établit,  s’assoit,  prospère,  pul- 
lule dans  les  provinces  danubiennes,  et  décrète  aussitôt  que 
le  moment  est  venu  pour  lui  d’exposer  et  de  soutenir  ce 
qu'il  appelle  Gèrement  ses  droits.  Il  les  soutient;  il  en  use, 
il  cil  abuse,  et,  pour  conséquence,  voici  que  tout  ’a  coup  le 
sol  tremble  sous  ses  pas  et  refuse  de  le  laisser  debout.  Israël 
est,  comme  jadis  au  cœur  de  l’Europe,  renversé,  conspué, 
soullleté,  chassé!  La  brutalité  des  sévices  dont  on  l’accable 
égale  celle  que  déploient,  aux  applaudissement»  du  Juif  et  de 
scs  amis,  l’Espagne  et  l’ilalie  régénérées,  en  dépouillant  et  en 
chassant,  au  nom  de  la  liberté  de  conscience  et  des  cultes,  les 
religieux  et  les  religieuses  qui  réclament  dans  leur  pays  le 
droit  de  vivre  dans  les  pratiques  de  la  religion  dominante  ' ! 
il  est  brûlé,  bâtonné,  noyé,  victime  d’odieux  complots  et 
de  persécutions  atroces.  Tous  les  fléaux  qui  sortent  de  la 
malice  et  de  la  scélératesse  humaine,  — si  l'hyperbole  ne  se 
mêle  à son  langage,  — se  déchaînent  sur  sa  tête  dévouée-,  il 
s’agite  et  s'irrite;  il  se  désole  et  se  courrouce;  il  crie, 
pleure,  hurle,  menace,  gémit,  tempête;  et,  descendant  ou 
remontant  la  gamme  des  passions  qui  s’inspirent  de  la  ter- 
reur et  de  la  fureur,  sa  voix,  prompte  à varier  les  tons, 
assourdit  le  ciel  et  la  terre  ! 

> Lire  les  Revues  juives  que  nous  citons  passim,  et  nos  journaux 
révolutionnaires  : le  Siècle,  etc. 


Les  persécutions,  détails.  — Récils  el  doléances  du  Juif.  — Cris 
de  détresse,  appel  à l’intervention  des  Juifs  du  dehors  et  des  puis- 
sances. — Razzias  de  Juifs,  emprisonnements,  expulsions  brutales. 
— Scènes  désolantes.  — Quelques  mois  de  répit,  et  la  fureur  des 
populations  se  rallume;  pillage,  violences,  synagogues  renversées, 
sévices  affreux. 

Écoutons,  écoutons  les  impérieuses  doléances  de  ces 
persécutés,  car  l’électricité  télégraphique  les  adresse  au 
grand  avocat  Israélite  chargé  du  soin  de  donner ’a  tout  intérêt 

87 


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4*8 


LES  JUIFS. 


judaïque  le  plus  haut  retenlissemeut  que  puisse  atteindre  la 
parole  humaine  ; « Un  homme,  et  c'est  le  premier  ministre  du 
prince,  — il  se  nomme  Bratiano,  — se  permet  d’annuler 
d’un  trait  de  plume  les  contrats  qui  nous  sauvegardent;  il 
déchire  ceux  même  que  le  gouvernement  a passés;  il  nous 
chasse  de  nos  locations  : fermes , auberges , maisons  publi- 
ques; et,  presque  à portée  de  ses  yeux,  la  |>olice,  exempte 
de  contrôle  judiciaire,  exécute  avec  sa  désolante  brutalité 
des  battues  de  Juifs!  Ni  l'àge,  ni  l’état,  ni  la  position,  rien  n’é- 
meut ces  exécuteurs.  On  nous  poursuit,  ou  nous  charge  de 
fers,  on  nous  jette  par  masses  au  delà  du  pas  de  la  frontière, 
hommes,  femmes,  enfants;  et  lorsque  s’élèvent  vers  le  ciel 
nos  cris  de  détresse , ce  spectacle  bienvenu  n’est  pour  la 
populace  qu’un  sujet  de  risée.  Les  excitations  partent  d’en 
haut  et  se  multiplient;  le  fanatisme  s’anime,  et  nous  ne 
vivons  plus  que  sous  la  menace  d'un  massacre  général. 
Frères  de  l’Occident,  protégez-uous ! inJerren«;  accueillez 
* nos  supplications;  sauvez,  sauvez  vos  malheureux  frères  de 
la  Moldavie.  Hâtez-vous  de  nous  arracher  à notre  malheu- 
reux sort  ‘ ! » 

A ces  doléances,  à ces  nouvelles  désolantes  succèdent 
d’autres  nouvelles,  mais  rien  ne  change.  « Les  arrestations, 
les  expulsions,  d'ahord  plus  faibles, — et  nous  transcrivons 
les  termes  mêmes  des  Revues  judaïques,  — avaient  fini  par 
prendre  de  telles  dimensions,  que  leur  nombre  atteignait 
par  jour  de  cent  cinquante  à deux  cents!  Au  début,  elles 
ne  s'étaient  opérées  que  par  des  commissaires  de  police, 
sur  l’ordre  du  ministre  et  sous  les  auspices  du  conseil  mu- 
nicipal; mais  à présent,  afin  de  gagner  le  peuple, on  fait 

faire  nuit  et  jour  des  razzias  générales  dans  la  ville  par  des 
individus  salariés,  ainsi  qu'en  fournit  partout  la  lie  du 
peuple.  Arrestations  dans  les  rues,  envahissements  des  mai- 
sons et  mauvais  traitements , tel  fut  le  mot  d’ordre  de  ces 
bandes,  et  heurenx  ceux  qui  sont  arrivés  jusqu’aux  prisons 
sans  avoir  été  par  trop  maltraités Les  prisons  sont  de- 

‘ Sercth,  mai  *867.  itrcâioes  israélilet,  XII,  p.  639;  *867,  etc. 


CHAPITRE  ONZIÈME. 


149 


venues  insuffisantes...  Le  désespoir  de  ceux  qui  sont  l’objet 
de  ces  persécutions  est  indescriptible,  et  la  plume  se  refuse 
b retracer  des  scènes  que  l’on  peut  s’imaginer  chez  des  sau- 
vages', mais  non  parmi  des  chrétiens.  Les  Israélites  excités 
ont  songé  un  moment  h résister  par  la  force  à ces  actes  de 
brutalité;...  la  peur  et  le  désespoir  se  peignaient  sur  tous 
les  visages  ...  » Le  calme  cependant  se  rétablit,  malgré 
cette  réponse  du  maire,  si  propre  a le  troubler  : « Il  y a 
quelque  chose  de  supérieur  uux  lois,  c'esl  notre  droit,  comme 
Roumains  et  comme  possesseurs  de  ce  pays , de  vous  chasser, 
vous  autres  Juifs  qui  n’étes  ici  que  des  habitants*,  » c’est- 
à-dire  que  des  étrangers;  et  quel  ramas  impur!  . . . 


Quelques  mois  se  sont  écoulés  depuis  ces  lamentables 
scènes,  mais  la  fureur  des  populations  contre  nous  ne  s’est 
point  apaisée,  et  bientôt  nous  voyons  les  mêmes  actes  se 
répéter  en  variantes  infinies.  A.  Berlad,  « un  millier  d’indi- 
vidus, h la  tête  desquels  il  y avait  quelques  instigateurs,  se 
sont  jetés  sur  les  Israélites  avec  une  fureur  diabolique,  en 
pillant  ces  malheureux  jusqu’à  la  dernière  chemise...  Dans 
la  rue  où  je  demeure,  le  dommage  causé  aux  Israélites 
monte  à quinze  mille  ducats...  Tout  a été  détriiit  sans  pitié, 
tant  les  meubles  que  les  immeubles.  Aux  artisans,  on  a 
brisé  les  outils.  Toutes  les  fenêtres,  toutes  les  portes  des 
Israélites  ont  été  tellement  abîmées  que  nous  sommes  obligés 
de  nous  couvrir  de  nattes  pour  ne  pas  mourir  de  froid.  Nos 
synagogues  sont  démolies  et  détruites  jusqu’aux  fonde- 
ments... Les  plus  riches  Israélites  sont  réduits  à la  plus 

‘ Et  les  prisons  de  votre  Italie  libre!  Et  les  fusillades  auxquelles  se 
sont  livrés  t'os  amis  dans  le  royaume  des  Deu.v-Siciles,  où  les  fusillés 
sans  jugement  se  sont  comptés  par  milliers  ! Et  les  scènes  atroces  de 
la  Pologne,  où  les  femmes  ne  sont  pas  plus  ménagées  que  les  hommes! 
Nous  avons  pour  attester  ces  faits  incroyables  d’aulres  témoins  que 
des  Juifs...  Hâtons-nous  de  dire  que  ces  odieux  excès  ne  peuvent  ex- 
cuser ceux  dont  les  Israélites,  amis  et  admirateurs  des  hommes  extrê- 
mes de  révolution  et  de  leurs  doctrines,  ainsi  que  le  constatent  leurs 
Revues,  se  trouveraient  être  les  virtimes. 

^ Archives  israéliles,  XIII,  p.  693;  4867.  — Ibid,,  XV,  p.  688.  — 
Ibid.,  Jassy,  XIII,  p.  594. 

Î7. 


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410 


LES  JÜIFS. 


profonde  misère...  La  main  me  tremble,  car  le  malheur  est 
si  grand  et  si  effroyable,  qu’il  m’est  absolument  impossible 
de  vous  décrire  notre  terreur  et  notre  effroi  '.  » 

Le  Itulleiin  iiiternatiomt  publie  de  son  coté  la  note  sui- 
vante, où  se  peint  une  consternation  profonde  : « Les 
dépêclies  de  Berlad  demandent  du  secours  contre  les  actes 
barbares  de  la  populace  qui  envahit  les  synagogues,  détruit 
les  maisons  et  saccage  les  magasins  des  Israélites.  — Le 
banquier  Thenen,  dont  la  maison  a été  dévastée,  a échappé 
avec  peine  ù une  mort  certaine.  Le  rentier  Numts,  horrible- 
ment maltraité,  est  dangereusement  malade.  Les  commer- 
çants Nachbar  et  autres , dont  les  magasins  ont  été  pillés, 
sont  ruinés  totalement.  M.  Éi)ouiéano , et  ceux  qui  ont 
cherché  ’a  défendre  les  Israélites,  ont  été  outragés  sans  que 
le  préfet  ait  pris  des  mesures  pour  repousser  les  assail- 
lants... U Cependant,  « c’est  aux  gendarmes  que  les  Juifs 
doivent  leur  vie’  ! » 

' ytrf/oVes  israélites,  Ht,  p.  l2i-5;  1868. 

^ lind.,  p.  1S5.  Mais  esl-cw  que  les  pendarnnes  ne  sont  point  les 
instruments  du  préfet?  — A Smyme,  vers  la  même  époque,  les  Juifs 
se  rendent  coupables  de  faits  pareils  â ceux  dont  ils  sont  ici  victimes. 
Archives  israélites,  Vlll,  p.  34J-3;  1867. 


I.XSTIGATEUBS  00  AOTELRS  DE  CES  PERSÉCOTIOSS  ; ACCUSATIONS  HARDIES 

DO  Juif.  — Déni  de  justice  du  prince,  élu  de  M.  de  Bismark.  — 
Son  ministre  tout-puLssant  est  Bratiano;  ce  rlief  des  démocrates  est 
le  grand  persécuteur.  — Enormités  qu’il  commet,  scs  dénégations 
effrontées;  il  cherche  à donner  le  change  à l'Europe.  — En  un 
mol,  le  grand  coupable,  au  sens  du  Juif,  c’est,  comme  au  moyen 
âge,  le  prince  qui  ose  protéger  contre  lui  ses  sujets. 

Israël  a parlé;  nous  u’avons  point  étouffé  scs  doléances, 
et  nos  paroles  n’ont  été  que  les  siennes,  mais  tout  n’est  |)oint 
dit;  des  persécutions  atroces,  odieuses,  et  dont  la  violence 
rappelle  celle  des  siècles  les  plus  reculés,  voilà  donc  le 
fait  dont  retentissent  les  échos  de  l’Europe.  Mais  quel  en 
est  l’instigateur?  Qui  nous  en  nommera  l'auteur?  Serait-ce 
le  parti  que  les  hommes  du  libéralisme  moderne  appellent 


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CHAPITRE  ONZIÈME. 


i24 


rétrograde  et  clérical?  Non,  pas  le  moins  du  monde.  Il  s’en 
fautl  et  le  grand  coupable,  si  les  Juifs  disent  vrai,  c’est  le 
prince  lui-méme-,  c’est  le  jeune  militaire  de  la  maison  de 
Prusse  que  M.  de  Bismark  et  Napoléon  III  ont  assis  sur 
le  trône  roumain!  C’est  le  jeune  protestant  que  l'avocat 
Israélite  Crémieux  proclame,  en  s’adressant  k Napoléon  III, 
ua  prince  « animé  des  intentions  les  plus  libérales'!  » C'est 
en  outre  le  ministre  tout-puissant  de  ce  prince,  c’est-à-dire 
Jean  Braliano.  Mais  ce  ministre  quel  est-il?  un  fanatique,  un 
ami  des  prêtres?  — Ob!  du  tout,  il  est  le  chef  des  hommes 
du  progrès  ; il  est  le  grand  démocrate  de  ta  Rourrtanie!  — Le  vrai 
persécuteur,  ce  serait  donc,  en  définitive,  le  gouvernement 
roumain,  le  prince  et  le  ministère  appuyés  sur  la  Chambre 
qui  représente  la  nationalité  roumaine!  Mais  laissons,  lais- 
sons Israël  lui-méme  nous  signaler,  en  formulant  ses  ter- 
ribles incriminations , ceux  qu’il  appelle  les  coupables  : 

« Ainsi  que  nous  l’avons  prévu  (date  du  25  juin  1867), 
la  situation  devient  chaque  jour  plus  intolérable.  Le  prince 
est  arrivé  le  16,  et  nul  de  nous  ne  peut  obtenir  une  audience! 
11  a cependant  « passé  près  de  trois  quarts  d’heure  dans  le 
temple  Israélite  de  Galatz , lors  du  Te  Deum  célébré  en  son 
honneur!  Il  s’est  exprimé  sur  tout  ce  qu'il  a vu  d’une  manière 
bienveillante;  mais  on  peut  déduire  des  paroles  mêmes 
qu’il  a prononcées  là,  quelles  idées  son  entourage  lui  insinue 
sur  les  Israélites,  » car  on  lui  attribue  ces  mots  : « Les 
Juifs  moldaves  méritent  ta  persécution,  parce  qu’ils  ne  sont 
pas  seulement  nuisibles  au  commerce,  mais  encore  à la  santé 
publique!  u 

Le  recours  au  prince  qui  gouverne  la  Roumanie  est  donc 
fermé  pour  nous.  Et  que  dire  de  Jean  Bratiano,  le  ministre 
tout-puissant,  celui  qui  caresse  l’émeute,  « qui  ne  confie 
les  fonctions  ofiicielles  qu’aux  membres  des  comités  persé- 
cuteurs, » l’auteur  de  l’épouvantable  circulaire  d’où  naqui- 
rent toutes  les  iniquités  commises  contre  les  Juifs;  ce  mi- 
nistre contre  lequel  s’élève  de  tous  côtés  le  cri  des  victimes  ; 

> Archives  israélites,  XII,  p.  544  ; 4867. 


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i*2 


LES  JUIFS. 


cet  homme  sans  pitié,  qui  peuple  les  prisons  d’Israclitcs, 
qui  les  y délaisse  sans  nourriture;  ou  qui,  les  traitant  de 
vagabonds,  donne  l’ordre  de  les  jeter  au  delh  des  frontières. 
Ces  énormités  ne  sont  que  trop  connues;  mais  peu  lui  im- 
porte, et  rien  n’émeut  cet  homme  que  vous  entendez  « nier 
tous  les  faits  qui  se  passent  à la  lumière  du  soleil.  » Le 
monde,  heureusement,  « saitceque  valent  ses  dénégations'.  » 

Et  pourtant  cet  implacable,  ce  féroce  et  fourbe  démo- 
crate, est  l’homme  du  prince!  Son  but  est  de  tromper 
l’Europe,  en  même  temps  qu’il  attise  les  haines  contre  les 
Juifs,  et  que,  dociles  à ses  ordres,  ses  fonctionnaires  arra- 
chent aux  paysans  des  pétitions  où  le  gouvernement  est 
supplié  de  sévir  contre  les  Juifs.  C’est  pourquoi  le  prince 
qui  accorde  au  ministre  la  plénitude  de  sa  confiance,  promet 
tout,  et  rien  ne  change*!  En  un  mot,  « que  la  persécution 
soit  le  fait  du  gotwernemeut  du  prince  Charles,  on  n’en  dou- 
tera que  le  jour  où  il  proclamera  l'émancipation  complète  des 
Juifs  moldo-valaques* . » 

Le  cri  de  la  nation,  qui  va  tout  à l’heure  frapper  nos 
oreilles,  repousse  et  réfute  ces  incriminations  du  Juif.  Mais, 
h son  sens,  les  princes  qui  refusent  de  protéger  Israël  contre 
leurs  propres  sujets,  et  de  l’élever  triomphant  au  niveau  des 
citoyens  indigènes,  ce  qui  signifie  de  l'asseoir  sur  les  ruines 
mêmes  de  leur  royaume , voiUt  de  nos  jours,  comme  au  moyen 
âge,  les  grands  coupables,  ceux  que  flétrit  l’histoire  écrite 
par  le  Juif  ou  par  les  amis  du  Juif. 

' Archives  Israélites,  XIV,  p.  659  ; 1 867,  etc.;  — «J.,  /trcAïues  israé- 
liles,  X,  p.  47t  ; 1868. 

’ Archives  israélites,  XI,  p.  502;  1868. 

“ Voilà  le  boni  de  l'oreille.  Archives  israélites,  XV , p.  683  ; 1 867. 


A oüi  LE.S  TORTS?  — L’enquête  dénote  que  les  provocateurs  des  excès 
commis,  ce  sont  les  Juifs.  — Les  Juifs  d'Occidenl,  après  s'élre faits 
les  échos  du  Juif  roumain , avouent  ne  savoir  concilier  les  déposi- 
tions. — Le  Juif  se  pose  contre  la  liberté  de  la  presse  et  de  la  tri- 
bune, dont  il  est  l’ardent  champion  dans  les  Etats  chrétiens  où  son 
influence  domine.  — Si  le  gouvernement  se  déclare  contre  te  Juif, 


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CHAPITRE  ONZIÈME. 


4S3 


il  se  borne  à céder  à la  pression  de  la  volonté  nationale.  — Celle 
nation  roumaine  est-elle  oarbare?  — La  Roumanie  a toujours  été 
le  refuge  des  persécutés;  son  peuple  est,  d’après  l'aveu  même  des 
Juifs,  un  modèle  de  tolérance  religieuse,  de  bonté,  d’hospitalité. 
Paroles  de  MM.  Crémieux  et  MonleBore.  — Si  le  Roumain  n’a  pas 
changé  de  mœurs  en  un  clin  d’œil,  et  sans  motifs,  le  tort  serait 
donc,  comme  au  moyen  âge,  dans  les  exactions  et  les  iniquités  du 
Juif?  — Mot  de  M.  de  Metiernich  sur  l'Allemagne,  applicable  peut- 
être  demain  à ce  pays.  — Ce  qui  s’y  passe  est-il  pour  l’Europe,  qui 
a méconnu  les  vérités  de  sa  vieille  histoire,  un  avertissement  pro- 
videntiel? 

Le  prince  et  son  ministre  sont  donc  pour  Israël  un  objet 
de  méfiance,  de  terreur  et  d’horreur.  Mais  de  tels  sentiments 
sont-ils  légitimes?  Car,  au  milieu  de  ces  effroyables  scènes, 
comment  ne  point  se  demander  k qui  les  torts,  k qui  les 
grands  torts,  k ceux  qui  provoquent  ou  de  telles  persécutions, 
ou  des  accusations  si  sanglantes? 

Écoutons  : le  erj  public  éclate,  et  s’élève  contre  le  Juif  : 
Arrière,  arrière,  implacable  agresseur!...  la  présence  est 
maudite-,  et  si  nous  la  tolérons,  adieu  pour  nous  la  patrie; 
car  la  race  y pullule,  ta  race  y adluc,  et  la  cupidité  sans 
frein  nous  y dépossède,  elle  ne  nous  laisse  que  misère  et 
que  larmes.  — Mais  k ce  cri,  qui  semble  s’échapper  des 
entrailles  mêmes  du  sol,  répond  le  tapage  des  accusations  et 
des  doléances  du  Juif.  Ne  serait-ce  point  là,  par  hasard,  la 
manœuvre  du  malfaiteur  surpris,  et  dont  l'habileté  détourne 
sur  autrui,  par  le  bruit  et  la  vivacité  de  ses  clameurs,  l’atten- 
tion du  passant?  Car  d'après  le  proverbe  rappelé  contre  ces 
étrangers  par  le  président  de  la  Chambre  législative  de 
Roumanie,  « ce  sont  eux  qui  frappent,  et  ce  sont  toujours 
eux  qui  crient'.  »II  faudra  même  nous  résigner  k croire  qu’il 
en  est  ainsi  si  nous  acceptons  la  lettre  écrite  k l'Israélite 
sir  Montefiore  par  le  ministre  des  affaires  étrangères  de  la 
Roumanie  : Je  mis  en  mesure  de  vous  affirmer.  Monsieur,  que 
les  troubles  dont  les  Juifs  ont  souffert,  « bien  que  tris- 
regreuables  à tous  égards,  sont  loin  de  présenter  la  gravité  qui 
leur  a été  attribuée  très-inexactement.  La  vérité  me  force 

' Paroles  reçues  avec  applaudissements.  Archives  israélites,  VI, 

p.  266;  1868. 


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LES  JUIFS. 


iU 

rm‘-me  d’ajouter  que,  d’après  les  données  de  Cemjuéte  'a 
laquelle  on  procède,  ce  scraicnl  vos  coreligionnaires  qui 
auraient  malheureusement  occasionné,  «mon  provoqué,  le 
mouvement  dont  il  s’agit'.  » 

Telle  est  la  réponse  d’un  gouvernement  libéral  et  progrestif 
aux  afTreuses  doléances  que  poussent  les  Juifs  de  l’Occident , 
sans  savoir  eux-mêmes  ni  quels  sont  les  auteurs  du  mal  sur 
lequel  les  Juifs  nioldo-valaques  leur  donnent  la  mission  de 
gémir,  ni  presque  quelle  en  est  la  nature.  Cette  vérité  diffi- 
cile h croire  s’échappe  de  temps  en  temps  de  la  bouche 
d'Israël  : «C’est  un  flot  d’affirmations  contradictoires;  ou 
plutôt,  — nous  dit-il,  — c'est  un  double  courant  d’infor- 
mations opposées  qui  se  fait  sentir  en  Europe.  A en  croire 
les  Israélites , il  v a persécution  continue  et  organisée  sur 
une  large  échelle-,  li  en  croire  les  Roumains,  c’est  une  pure 
affaire  de  vagabondage  et  de  p(dice  municipale* » Com- 

ment donc  « concilier  toutes  ces  dépositions,  ><  dont  l’une 
est  la  mine  de  l'autre?  Et  comment,  ajouterons-nous,  ue 
pas  se  taire  avant  d’avoir  su  de  quel  côté  est  la  justice? 

Mais  tandis  que  le  Juif  libéral  se  montre  inhabile  k dissi- 
muler le  chagrin  que  lui  causent,  dans  les  États  qu’on  l’accuse 
de  désoler,  et  la  libre  parole  de  la  tribune,  et  la  libre  parole 
de  la  presse*,  pour  lesquelles  il  se  passionne  dans  les  États 
chrétiens  que  travaillent  scs  doctrines  antisociales;  tandis, 
disons-nous,  que  le  Juif  libéral  se  récrie  contre  les  libertés 
de  la  presse  et  conlre  l'intolérance  du  Roumain,  gardons-nous 
d’omettre  la  lecture  de  quelques  lignes  dont  le  contenu  nous 
initie  au  rôle  des  potentats  qui  le  protègent,  et  au  caractère 
de  ses  prétendus  agresseurs. 

Un  de  nos  plus  éminents  publicistes  écrivait,  au  mois  de 
mai  1868  : — « On  a vu  que  la  Chambre  da  députés  de  Bu- 
charest  a repoussé,  comme  sans  fondement,  le  reproche  adressé 

' Signé  : Stefan  Golescu;  Univers  israélile,  Vill.  p.  37 1 ; tS68. 

^ Archives  israétites,  XV,  p.  68!  ; 1867. 

^ Lire  les  Archives  israétites,  p.  78,  n“  !,  1868;  p.  639,  n"  15, 
1866,  etc.,  etc. 


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its 


CHAPITRE  ONZIÈME. 

au  ministère  d’avoir  exercé  des  persécutions  contre  les  Jmls 
de  la  Roumanie.  Ceci  répond  aux  allégations  des  consuls 
étrangers,  qui  siègent  tous  h Bucharest,  et  ignorent  ce  qui  a 
pu  se  passer  dans  un  endroit  éloigné.  » Nous  observerons 
d’ailleurs  « que  l’action  collective  des  consuls  ressemble  trop 
a un  parti  pris.  La  Ctuimbre  roumaine  a publié  hier  une  adresse 
au  peuple  où  il  est  dit  que  le  gouvernement  de  Bucharest  a 

bien  mérité  du  prince  et  de  la  patrie » Ainsi  donc,  ces 

coupables  que  le»  Juifs  accusent,  les  représentants  de  la  nation 
les  glorifient! 

C’est  que  « les  mœurs  et  les  antécédents  des  iiopulalions 
sont  pour  beaucoup  dans  ce  qui  se  passe  en  Moldo-Valacbie. 
Les  puissances  européennes  ont  l’air  de  se  plaindre  que  les 
Juifs  n’aient  pas  en  Roumanie  tous  les  droits  civils  et  poli- 
tiques. Mais,  en  vérité,  ^ qui  appartient-il  de  décider  une 
telle  question?  Et  n’est-ce  pas  violenter  une  population  que 
de  l’obliger  k ratifier  une  égalité  qui  lui  répugne?....  Il  ne 
faut  pas  oublier  que,  dans  l’Orient,  les  Juifs  ne  sont  pas 
fondus  dans  les  nationalités  qui  les  ont  accueillis.  Us  vivent 
k part,  gardant  leur  caractère  national  et  cosmopolite.  Savons- 
nous  quelles  relations  existent  entre  les  Juifs  elles  habitants 
des  principautés  danubiennes?  Étudions  donc  la  question 
avant  de  la  trancher,  et  ne  fomentons  pas  des  troubles  par 
une  ingérence  qui  est  toujours  vue  de  mauvais  œil  '.  » 

Le  gouvernement,  si  son  action  n’est  point  libre  et  spon- 
tanée, ne  se  trouverait  donc  coupable  que  de  céder  a l’irré- 
sistible pression  de  cette  volonté  nationale  pour  laquelle 
l’Europe  progressiste  et  les  amants  du  suffrage  universel 
affectent  un  si  tendre  et  si  profond  respect.  Mais,  dans  la 
grande  question  des  torts,  celte  volonté  se  trouvait-elle  être 
celle  d’une  population  intolérante  et  barbare? 

Jamais,  nous  dit  un  admirable  manifeste  que  publièrent 
trente  et  un  députés  de  la  Roumanie,  jamais  ce  peuple  doux 
et  bienveillant  ne  s’est  livré  dans  l’intérêt  de  sa  foi  â /a  moiiirfre 

’ Coquille,  l’auteur  des  Légistes,  etc.,  lei/onde,  19  mai  4868  et 
49  juin  4868.  Ibid.,  Correspmulance  allemande. 


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4S6 


LES  JUIFS. 


persécution  religieuse.  Loin  de  là,  « depuis  les  temps  les  plus 
reculés  la  Roumanie  a été  le  rejuge  de  tous  les  persécutés , et 
les  Juifs  ont  également  profité  de  notre  hospitalité  et  de 
notre  tolérance.  » 

Que  si  ces  lignes,  tracées  par  des  plumes  roumaines, 
étaient  récusées  comme  suspectes,  l’exactitude  de  la  pein- 
ture offerte  U nos  yeux  serait  conûrmée  par  les  Juifs  eux- 
mêmes,  car  ils  nous  représentent  la  Roumanie  comme  un 
pays  « où  régnait  de  tout  temps  l’esprit  de  tolérance  et  la 
liberté  des  cultes , qui  est  une  des  vertus  de  ses  habitants  ' ! » 

« Vingt  ans  se  sont  écoulés  depuis  ma  première  eutrée 
dans  la  Roumanie,  écrit  de  Jassy  l’Israélite  J.  Byk,  et  mes 
relations  avec  toutes  les  classes  de  ses  habitants  m’ont  mis  en 
étal  d’étudier  leur  caractère  et  d’observer  leurs  penchants 
bienveillants.  Bien  des  fois  j’avais  eu  l’occasion  d’apprécier 
leur  bon  naturel  et  leur  obligeance.  Pieux,  attaché  ù sa  reli- 
gion, le  Roumain  respectait  toujours  les  croyances  des  autres; 
jamais  la  haine  n*a  souillé  ses  nobles  sentiments , et  jamais  les 
querelles  religieuses  rCont  troublé  son  caractère  paisible.  » 

Mais,  « plus  tard,  les  différentes  opinions  politiques  ont 

commencé  à agiter  les  esprits » Et  c’est  alors  que  le 

Roumain,  si  débonnaire,  se  trouve  réduit  à défendre  son 
existence  contre  les  envahissements  du  Juif.  Les  luttes  écla- 
tent*, elles  répandent,  en  éclatant,  leur  aigreur  habituelle, 
et  cependant  l’Israélite  Crémieux,  qui  sollicite  l’intervention 
de  Napoléon  llf , lui  fait  entendre  ces  loyales  paroles  : « Le 
prince  Charles  est  animé  des  intentions  les  plus  libérales*,... 
et  le  peuple  roumain  ne  savait  pas,  il  y a quelques  années, 
ce  qu’étaient  les  haines  religieuses*.  » Enfin  l’un  des  po- 
tentats du  judaïsme,  sir  Moses  MonteGore,  conûrme  dans  la 
pétition  qu’il  adresse  au  prince  des  Roumains  les  éloges  que 
les  Juifs  ses  compatriotes , d’accord  avec  les  représentants 
de  la  Roumanie , décernent  à la  merveilleuse  tolérance  de  ce 

* Archives  Israélites,  X,  p.  462-4;  4868.  /6id.,  p.  470.  Manifeste 
des  Juifs  aux  puissances  européennes. 

2 Archives  israélites,  II,  p.  72-3  ; 4867.  — Ibid.,  XII,  p.  544  ; 4867. 


CHAPITRE  ONZIÈME.  4S7 

peuple  : « Le  bruit  a couru  eu  Augleterrc  et  ailleure  que 
mes  coreligionnaires  de  la  Roumanie  ne  jouissent  plus  de 
la  tranquillité  et  de  la  técurilé  à laquelle  ils  avaient  été  accoutumée 
depuis  plusieurs  générations,  gr&ce  b Dieu  et  aux  sentiments 
<T équité  et  d’honneur  de  cette  nation'.  » 

Le  changement  subit  dont  les  Roumains  sont  accusés 
semble  donck  peine  croyable  au  négociateur  israélite  -,  et  se 
serait-il  accompli  sans  motifs?  ou  bien  n’y  aurait-il  à voir 
dans  les  accusations  intéressées  du  Juif  roumain  que  celles 
dont  le  Juif  du  moyen  âge  poursuivait  les  populations  que  les 
doctrines  du  christianisme  rendaient  tolérantes  et  douces, 
mais  dont  ses  exactions  et  sa  tyrannique  cupidité  poussaient 
k bout  la  patience  et  déchaînaient  un  beau  jour  les  fureurs? 

Une  grande  leçon,  mais  qui  depuis  longtemps,  depuis 
que  l’histoire,  odieusement  faussée  dans  l’enseignement  des 
peuples,  cessa  de  parvenir  k leurs  oreilles,  une  grande  le- 
çon se  répéterait  donc  k notre  profit  dans  ce  coin  de  l’Eu- 
rope; et  peut-être  avons-nous  k voir  se  réaliser  pour  ce  pays 
le  mot  que  tout  k l’heure  M.  de  Metternich  appliquait  au 
sien  : les  Juifs  « auront  un  jour  redoutable  pour  l’Alle- 
magiie,  probablement  suivi  d’un  jour  redoutable  |)our 
eux  » Il  semble  cependant  que,  sur  ce  lambeau  de  l’Eu- 
rope choisi  pour  théâtre  par  la  Providenee,  et  comme  s’il 
s’agissait  de  nous  prémunir  contre  une  immense  et  pro- 
chaine révolution  où  les  Juifs  se  disposent  k jouer  un  grand 
rôle.  Dieu  veuille  offrir  k notre  dix-neuvième  siècle  pour 
avertissement,  au  moment  où  il  commence  k se  passionner 
contre  les  doctrines  du  catholicisme  et  en  faveur  des  doc- 
trines antisociales  du  laisser  faire,  une  véridique  et  irrécu- 
sable édition  des  scènes  lamentables  dont  certains  historiens 
accusèrent  nos  ancêtres  du  moyen  âge  k l’endroit  des  Juifs; 
scènes  atroces,  mais  où  les  détails  qui  se  déroulent  aujour- 
d’hui sous  nos  yeux  nous  donnent  l’intelligence  des  siècles 
passés,  car  ils  nous  retracent,  dans  l’histoire  toute  vivante 

‘ Archives  israélites,  XXI,  p.  989;  1867. 

^ Voir  chapitre  antérieur. 


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LES  JUIFS. 


4S8 

encore  du  peuple  dont  le  spectacle  provoque  et  rassasie  nos 
regards,  la  raison  du  soulèvement  des  populations  chré- 
tiennes contre  les  Juifs,  leurs  perfides  et  implacables  op- 
presseurs; contre  les  Juifs  sans  cesse  refoulés  et  brisés  par 
les  mas.ses  qui  semblaient  devenues  leur  proie,  et  sans  cesse 
victimes  des  subites  fureurs  d’un  public  excédé  par  eux  de 
misères. 


Ton  dictatorial  du  juif  s'adressant  aux  souverains. — Les  Roumains 
réduits  à ru^c^  contre  le  Juif,  et  contre  les  puissances  étrangères 
réduites  à interv  enir  en  faveur  du  Juif.  — De  quelle  encre  les  citoyens 
delà  nation  juive,  dignes  émules  des  citoyens  du  peuple-roi,  écri- 
vent aux  potentats.  — Exemple  insigne  et  patience  des  princes.  — 
Le  Juif,  O devant  les  atrocités  » qui  se  commettent,  se  lamentes  de 
l’hypocrisie  qui  régne  en  haut  et  en  bas.  > 

Mais  afin  que  la  leçon  qui  nous  est  donnée  soit  complète, 
tenons  un  instant  encore  les  yeux  ouverts,  et  voyons  quel 
est  en  ce  pays  l’aplomb  merveilleux  du  Juif,  appuyé  sur  ses 
frères  du  dehors  ; voyons  quel  est  au  dehors  l’ascendant  de 
ceux-ci,  leur  audace,  et  de  quel  poids,  avec  quelle  arro- 
gance, tous  ensemble  font  peser  leur  vouloir  sur  des  po- 
tentats réduits  par  eux,  — si  l’on  se  fiait  aux  apparences, 
— à violenter  la  plus  formelle  volonté  d’un  peuple....  Deux 
lettres  diront  a ce  sujet  plus  et  mieux  que  nos  paroles.  I.a 
première  est  écrite  de  Paris,  à la  date  du  28  juillet  1867, 
par  l’honorable  Israélite  Crémieux,  au  souverain  même  de 
la  Roumanie.  Elle  mesure  cinq  grandes  pages.  Les  passages 
que  nous  jugeons  opportun  d’en  extraire  nous  apprennent 
de  quelle  encre  singulière  aujourd'hui  les  simples  citoyens 
de  la  nation  juive,  digne*  émule*  de*  citoyen*  du  peuple-roi, 
se  prennent  à écrire  aux  princes,  eux  qui  mettaient,  il  n’y 
a qu’un  instant  encore,  leur  orgueil  ’a  nous  rappeler  quel 
triste  plastron,  dans  leur  enfance,  faisait  de  leur  personne 
la  qualité  de  Juif. 

H Voilà  un  an  que,  dans  des  conversations  que  je  ne  puis 
' Voir  chapitres  antérieurs. 


Uigilizod  by  v^oogl 


CHAPITRE  ONZIÈME.  «9 

oublier,  Voire  Allesse  e.xprimail  les  idées  les  plus  libérales, 
dignes  d’un  prince  élevé  dans  les  principes  généreux  de 
noire  époque.  J’entends  encore  ces  mots  : Je  ne  puis  com- 
prendre le  préjugé  contre  les  Juifs;  je  mettrai  mon  hon- 
neur et  mon  devoir  h les  faire  déclarer  égaux  aux  autre) 
Roumain).  Cependant,  j’avais  ’a  peine  quiité  Rucharest  que 
l'émeute  grondait  autour  de  la  Chambre,  et  portait  le  mar- 
teau sur  le  temple  des  Juifs...  Mais  j’étais  loin  de  m’attendre 
au  désolant  spectacle  dont  nous  venons  d’être  les  témoins, 
et  qui,  à la  stupéfaction  de  l'Europe  occidentale,  a présenté 
dans  la  Roumanie  le)  )cènes  barbare)  du  moyen  âge  se  perpé- 
tuant pendant  une  durée  de  trois  mois... 

» Ür,  l’auteur  de  ces  persécutions  odieuses,  c’est  «uns 
dénégation  po)sible  votre  minhtre  de  l’intérieur,  Rratiano,  dont 
le  nom,  devenu  européen,  reste  attaché  h sa  désastreuse 
circulaire! 

» L’indignation  publique  est  au  comble,  prince  -,  les  deux 
Chambres  d’Angleterre  ont  jeté  avec  éclat  leur  blâme  éner- 
gique, et  la  presse  de  tous  les  pays'  s’est  levée  avec  l’una- 
niroilé  qui  juge  )ouverainemenl! ...  La  France,  qui  avait  tant 
contribué  à la  création  de  la  Rounuinie,  la  France  Consternée 
se  demande  si  elle  a armé  des  bourreaux  contre  une  popu- 
lation inoiïcnsive,  elle  qui  professe  un  si  grand  respect  pour 
la  liberté  des  cultes. 

M Le  moment  e)t  venu,  prince,  de  faire  acte  de  légitime 
autorité  en  brisant  cette  odieuse  trame.  Fra|>per  Rratiano 
d’une  révocation  absolue;  arrêter  immédiatement  toutes  co 
moure)  )auvage)  coutre  les  Juifs;  poursuivre  )an)  faible))e 
loti)  le)  journaux  qui,  depuis  un  an,  ne  cessent  de  provoquer 
au  mépris,  à l’assassinat,  h l’expulsion  des  Juifs;  révoquer 
tous  ces  lâches  fonctionnaires  qui  ont  violemment  prêté  la 
main  a l’alîreuse  persécution...  c’est  Ut  ce  que  demandent 
les  gens  de  bien,  et  qui  sera  le  premier  bienfait  d’une  justice 
réparatrice*. 

* Dont  les  Juifs  sont  presque  enlièrcmcnl  les  maîtres. 

^ Faite  un  coup  d'Ètat  contre  la  liberté  de  la  presse,  contre  les 


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i30 


LES  JUIFS. 


» J’ose  eap<5rer,  prince,  qu’après  cette  terrible  tourmente. 
Votre  Altesse  voudra  donnera  la  population  juive,  dont  vous 
êtes  aussi  le  chef  et  le  protecteur  naturel,  les  gages  de  con- 
corde et  (le  paix  que  je  réclame  en  leur  nom'  !...  » 

Deux  mois  après  avoir  médité  les  termes  de  celle  lettre 
dictatoriale  — nous  évitons  de  dire  impudente,  cette  lettre 
qui  précipita  du  haut  de  sa  jiosition  le  ministre  inculpe, 
mais  bientôt  après  relevé  de  sa  chute,  — le  prince  répon- 
dait humblement  b une  autre  lettre  de  l'Israélite  anglais 
sir  Mosos  Monleliorc,  puissant  patron  du  judaïsme,  et  collè- 
gue de  l’Israélite  Cremieux  : « Monsieur  le  baronnet , j’ai  reçu 
votre  lettre  du  24  août  dernier...^  les  Israélites  sont  l’objet 
de  toute  ma  sollicitude,  et  de  toute  celle  de  mon  gouver- 
nement, et  je  suis  bien  aise  que  vous  soyez  venu  en  Rou- 
manie pour  vous  convaincre  que  la  penérution  religieuse,  dont 
la  malveillance  a fait  tant  de  bruit,  n existe  point.  S’il  est 
arrivé  que  des  Israélite*  fussent  inquiétés,  ce  sont  Ib  des 
faits  isolés , dont  mon  gouvernement  n’entend  pas  assumer 
la  responsabilité. 

» Je  tiendrai  toujours  k honneur  de  faire  respecter  la 
liberté  religieuse,  et  je  veillerai  sans  cesse  b l’exécution  des 
lois  qui  protègent  les  Israélites,  comme  tous  les  autres 
Roumains , dans  leur  personne  et  dans  leurs  biens  — 
Cn.VRLES.  » 

...  Cependant,  les  Archives  Israélites  ajoutent  en  repro- 
duisant celte  même  lettre  : Jusqu'b  ce  jour,  la  mission  de 
sir  Moses  Montefiore,  qui  depuis  quelque  temps  s’est  trans- 
porté b Bucharest,  « n’a  nullement  réussi;  bien  au  con- 
traire! » Ce  philanthrope,  « aussi  estimé  des  princes  que  des  bour- 
geois et  même  de  la  basse  classe,  » est  en  butte  aux  attaques 
des  Journaux  roumains’!...  Et  le  Tempt  ayant  donné  quelques 

i'ournaux  et  les  fonctionnaires  du  pays  qui  ne  se  donneraient  pas  aux 
uifs,  tel  est  l'ordre  qu'intiment  à un  souverain,  en  termes  superbes, 
ces  vaillants  champions  de  toutes  les  libertés. 

' Archives  Israélites,  XIX,  p.  88t  à 887;  1867. 

^ Univers  israélite,  en  tète  du  n»  t ; octobre  1 867. 

Archives  ûraélites,  XX,  p.  9X9;  1867. 


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CHAPITRE  ONZIÈME.  434 

coups  d’aile,  /’t/mW*  ùraélite  faisait  retentir  h nos  oreilles, 
sous  le  titre  de  Montiruotitêi  roumaines,  ces  éclatantes 
doléances  : « Il  nous  faudrait  plusieurs  numéros  de  notre 
recueil  |>our  dire  tout  ce  que  nous  avons  appris  sur  les 
atrocités  moldo-valaques,  soit  par  des  documents  authen- 
tiques, soit  par  des  correspondances  privées.  Ce  que  nous 
voulons  constater  une  fois  de  plus,  c’est  l'hypocrisie  et  la 
mauvaise  foi  qui  régnent  dans  ce  triste  pays,  en  bas  et  en  haut. 
Autrefois  la  haine  religieuse,  le  fanatisme,  avouait  franche- 
ment ses  actes,  ses  crimes...  Il  y avait  Ih  au  moins  de  la 
sincérité...  En  Roumanie,  on  commet  les  excès  les  plus 
sauvages. . . , on  foule  aux  pieds  les  lois  divines  et  humaines,  et 
le  gouvernement  nie  audacieusement  tous  ces  faits  atroces; 
il  nie  le  soleil...,  la  clarté  du  jour!  Hypocrisie,  mensonge, 
aveuglement,  voilà  la  force  et  l’àme  de  la  barbarie  roumaine!  » 

Une  dépêche  de  Bucharest,  en  date  du  15  avril  1868, 
disait  ; 

« I.e  gouvernement  roumain , dans  une  note  aux  consuls 
européens,  a opposé  un  démenti  aux  bruits  relatifs  à des 
persécutions  qui  auraient  été  exercées  en  Moldavie  contre 
les  Israélites.  Aujourd’hui,  le  prince  Charles,  dans  une 
audience  spéciale  accordée  au  consul  général  de  l’Autriche, 
a déclaré  que  nulle  part  les  Juifs  n’avaient  été  persécutés,  et 
qu’ils  pouvaient  avoir  une  pleine  confîance  dans  sa  protection 
et  dans  sa  parole'.  » 

Sachons-lc  donc , à côté  de  ces  incroyables  dénégations, 
les  excitations  et  les  persécutions  contre  les  Juifs  de  Rou- 
manie suivent  leur  cours,  provoquées  par  « le  ministère 
Bratiano  et  sa  clique;  puis,  clics  sont  démenties  avec  la 
plus  grande  impudencel  » Et  dans  quel  but  cet  indigne 
et  ridicule  manège?  Dans  le  but  « ttéviter  ainsi  des  interpel- 
lations diplomatiques  peu  commodes*  ! » 

' Univers  Israélite,  IX,  p.  443;  4868. 

* Archives  israélites,  XI,  p.  504  ; 4868.  Car  il  s’agit,  pour  ce  peuple, 
de  se  défendre  à la  fois,  et  contre  les  Juifs  qui  l’oppriment,  et  contre 
les  puissances  dont  Israël  a su  déterminer  la  politique  à le  servir. 


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43Î 


LES  JUIFS. 


Intervention  des  puissances  dans  l’intérêt  du  Juif,  et  malgré  le 

PRINCIPE  ANTICIIRÉTIEN  DE  LA  NON-INTERVENTION  ADOPTÉ  PAR  l’Ec- 
ROPE  LIBÉRALE.  — Lc  Juif  affirme  que  colle  hypocrisie  des  Rou- 
mains a pour  cause  la  crainle  des  puissances,  qu'il  somme  d’inter- 
venir. — Insistance  du  chef  de  VAlliauce  isruêlite  universelle  auprès 
des  gouvernements.  — Exemples  remarquables,  condescendance  et 
empressement  de  ceux-ci.  — Lettre  de  M.  de  Bismark. 

« Éviter  des  interpellations  peu  commodes  »,  voila  le  mot 
qui  échappe  a la  bouche  des  Juifs,  et  qui  nous  donne  la 
raison  des  condescendances  apparentes  de  la  Roumanie 
a son  endroit.  Cet  État  sent  sa  faiblesse,  et  compreixd  qu’avec 
l’Europe,  toute  fardée  de  libéralisme,  il  doit  faire  usage  du 
même  fard,  et  promettre  ce  qu’il  ne  peut  tenir  sans  se 
perdre  ; tandis  que,  parmi  les  puissances  qui  lui  tiennent 
un  langage  de  maître,  celle-ci  voit  qu’elle  ne  peut  se  passer 
ni  de  l’or  ni  de  la  presse  des  Juifs,  et  que,  par  conséquent, 
il  lui  faut  militer  en  leur  faveur^  celle  autre  espère  ou  craint 
d’eux  ce  qu'elle  n’ose  avouer,  redoute  leur  déplaisir,  ou  se 
trouve  heureuse  de  prétextes  qui  engagent  sa  politique  dans 
la  direction  des  intérêts  d’Israël.  Mais,  quoi  que  pensent  ou 
que  résolvent  les  puissances,  et  que  les  Juifs  aient  les  torts 
les  plus  graves,  ou  que  la  justice  de  leur  cause  brille  de 
l’éclat  du  grand  jour,  un  fait  que  leurs  audacieuses  som- 
mations placent  aujourd’hui  dans  un  splendide  relief,  le 
voici  : c’est  que  la  plupart  des  puissances,  réduites  a les 
servir  et  souvent  entraînées  à la  remorque  des  sociétés 
secrètes  dont  ils  sont  les  maîtres,  deviennent  dans  le  con- 
cert des  nations  chrétiennes  un  clavier  dont  les  doigts 
d’Israël  font  à leur  gré  parler  ou  crier  les  notes. 

Examinons  cependant  comment  ces  puissances  euro- 
péennes, contraintes  par  les  hommes  du  progrès  à protester 
contre  le  droit  d’intervenir  d’Élat  h État,  usent  en  réalité 
de  ce  même  droit  en  faveur  d’Israël,  entraînée  que  se  trouve 
être  leur  politique  par  l’astuce  et  l’opiniâtre  habileté  des 
fils  de  Jacob.  Il  ne  nous  échappera  pas  un  mot  au  del'a  du 
nécessaire,  et  notre  langage  continuera  d’être  celui  que  nous 
empruntons  à la  bouche  même  du  Juif. 


CHAPITRE  ONZIÈME.  i33 

Les  événements  judaïques  éclatent,  et  le  télégraphe  en 
transmet  à peine  la  nouvelle  que  « l’infatigable  président 
de  l’Alliance  xiniverselle  itraélite  »,  M.  Crémieux , le  »ou- 
verain  de  la  franc -maçonnerie  française  et  l'un  des  sou- 
verain! spontanés  de  la  France  lors  de  la  phase  révolution- 
naire de  1848,  se  met  en  campagne  et  obtient  une  audience 
de  l’empereur  Napoléon.  Ce  potentat  lui  promet  de  rendre 
justice  aux  opprimés.  Mais  déj'a  le  ministre  des  affaires 
étrangères,  .M.  Drouin  de  Lhuys,  a prévenu  son  souverain; 
il  s’est  empressé  d’intervenir,  et,  non  content  des  paroles 
volantes  sorties  de  la  bouche  impériale,  il  écrit  le  20  juil- 
let 1866  au  citoyen  français  de  la  nation  juive  qui  représente 
Israël  : « MoiKsieur,  vous  avez  appelé  mon  attention  sur  les 
actes  de  violence  dont  les  Juifs  de  Bucharest  ont  été  récem- 
ment l’objet.  J’avais  été  informé  de  cet  incident  par  la 
correspondance  de  notre  agent  en  Valachie...,  et  j’ai  chargé 
notre  consul  d’exprimer  de  notre  part,  au  gouvernement 
moldo-valaque,  le  vœu  de  ne  plus  voir  de  semblables  scènes  se 
renouveler  à l’avenir,  en  lui  recommandant  de  réclamer,  lorsque 
le  moment  sera  opportun,  une  amélioration  à la  situation  pré- 
sente des  Israélites  de  ce  pays  * . » 

...  Cependant,  de  nouvelles  doléances  parviennent  au 
président  de  l'Alliance  universelle  Israélite,  et  son  activité 
redouble.  « J’ai  vu  l’Empereur,  écrit-il  presque  aussitôt;  il 
était  parfaitement  au  courant  de  cette  tragédie...  Je  le 
trouvai  aussi  indigné  que  surpris!  Tout  eu  lui  disant  que 
ses  ministres  avaieiu  pris  l'initiative  auprès  de  notre  consul 
général  à Bucharest,  je  lui  demandai  son  intervetuion  person- 
nelle. A l'instant  même,  me  répondit-il,  je  vais  écrire  par  le 
télégraphe  au  prince  Charles;  c’était  mon  projet  aujour- 
d’hui meme.  C’est  se  mettre  au  ban  des  nations  que  de  tolérer 
une  telle  persécution  dans  notre  Europe.  Je  répli(|uai  : « Le  prince 

‘ « M.  A.  Crémieux  vient  d’èlre  élu  souverain  grand  maitre  du  rite 
écossais  de  la  franc-maçonnerie.  C’est  la  plus  haute  dignité  do  l’crrdre 
maçonnique  en  France.  » Archives  israélltes,  VI,  p.  tS7;  t869. 

Archives  Israélites,  XV,  p.  66t  ; août  1866. 

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434 


LES  JUIFS. 


est  animé  des  intentions  les  plus  littérales^  mais  eeini  qu'il 
faut  mettre  au  han  des  nations,  c’est  le  ministre  Bratiauo, 
qui  se  dit  pourtant  libéral  et  démocrate.  » L’Empereur 
ajouta  : « Cette  oppression  ne ;;eut«c£o/trer  ni  se  comprendre, 
je  vais  le  témoigner  au  prince'.  — Et  moi,  Sire...,  je  vais, 
de  mon  côté,  m’adresser  à la  presse  ; je  sais  que  toutes  scs  sym- 
pathies viendront  a notre  aille*...  » 

Même  langage  a retenti  dans  le  parlement  britannique, 
où  le  ministre  des  affaires  étrangères  « s’est  exprimé  eu 
termes  sévères  sur  les  regrettables  tendances  qui  se  sont 
produites  en  Moldavie  contre  les  Israélites.  » C’est  une 
affaire,  a-t-il  dit,  « qui  touche  les  chrétiens  plus  au  vif  que 
les  Juifs  eux-mêmes;  car,  si  la  souffrance  tombe  sur  les 
Juifs,  c’est  le  déshonneur  qui  tombe  sur  les  chrétiens*.  F.e 
gouvernement  anglais,  d’accord  avec  la  France  et  rAiilriche, 
a fait  parvenir  de  sages  et  fermes  conseils  au  sujet  de  cette 
question...  Et,  pour  comble,  on  assure  que  le  chancelier  de 
l’empire  d’Autriche,  M.  le  baron  de  Beust,  a déclaré  qu’il 
fallait  une  solution;  que  « l’honneur  du  cabinet  autrichien 
y .était  engagé  ‘ ! » 

Sur  ces  entrefaites,  le  plus  habile  des  gouvernements 
germaniques,  — s’il  est  en  Germanie  d’autre  gouvernement 
que  celui  de  la  Prusse,  — traitant  avec  l’un  des  |iolcntals 
qui  représentent  la  nationalité  judaïque,  c’est-'a-dire  avec 
M.  Crémieux,  l’hoiiorable  président  de  V Alliance  israélite 

• Et  l'oppression  autrement  terrible  et  permanente  des  Polonais  ca- 
tholiques . Un  .M.  Crémieux  quelconque  a-t-il  prié  l’Empereur  et  le 
ministère  d'écrire  au  souverain  de  toutes  les  Russies  qu’il  no  pouvait 
la  tolérer  ni  la  comprendre?...  Et  tant  d’autres  oppressions  do  popu- 
lations catholiques,  on  Eurofie  seulement  ! 

2 Archives  israélites,  XV,  p.  541  ; juin  1867,  etc. 

^ Ce  sentiment  est  tout  à fait  le  nôtre  si  la  cause  des  Juifs  est  juste, 
et  s'il  y a persécution,  car  nous  sommes  ennemi  de  toute  violence, 
et  partisan,  qui  pis  est,  du  droit  d’intervention,  ce  premier  et  ce 
plus  essentiel  des  principes  de  la  politique  conservatrice  des  sociétés 
chrétiennes. 

* Archives  israélites,  X,  p.  433-6;  1868.  On  sait  quelle  est  l’im- 
mense et  effrayante  influence  des  Juifs  dans  celte  Autriche  qui  confine 
à la  Roumanie. 


CHAIMTKE  ONZIÈME. 


i35 


universelle,  .s’empressait  de  lui  transmeltre  ces  lignes,  et 
le  nom  qui  les  signe  est  assez  fier  ! « J’ai  l’honneur  de  vous 
informer,  en  réponse  îi  la  lettre  que  vous  m’avez  adressée 
le  i courant,  que  le  gouvernement  du  roi  vient  d’inviter  de 
nouveau  son  représentant  à Hucharest  h employer  tonte  son 
inlluencc  pour  assurer  à vos  coreligionnaires  en  Roumanie 
la  position  (|ui  leur  est  due  dans  les  pays  dont  la  législation 
s’inspire  des  principes  de  l’humanité  et  de  la  civilisation,  etc. 
— Berlin , 22  février  1868.  — De  BisMAnK  » 

Si  donc  le  principe  de  non-intervention  domine  la  politi- 
que de  l’Europe  libérale,  il  est  un  intérêt  plus  fort  qui 
semble  dominer  cette  politique  ; cet  intérêt  est  celui  de  la 
maison  de  Jacob. 

Ainsi  souffle  le  vent!  et  nous  prions  en  toute  simplicité 
(pii  le  saura , de  nommer  dans  certains  États  de  l’Europe 
un  intérêt,  concernant  hommes  ou  choses,  qui  rencontre  îi 
sou  service  une  plus  générale,  une  plus  constante  et  active  in- 
tervention que  celle  dont  la  nation  juive  sait  disposer  et  dis- 
pose en  sa  faveur. 

Et  cependant,  sur  la  bannière  (]ue  le  libéralisme  moderne 
arbore  dans  les  royaumes  européens , il  a tracé  d’une  main 
impérieuse  ce  mot,  qui  est  la  ruine  de  la  civilisation  chré- 
tienne : Plus  d’intervention  de  peuple  à peuple  ! — Que  si 
la  maison  qui  touche  la  tienne,  frappée  du  feu  des  révolu- 
tions, vient  h brûler,  ô toi  qui  gouvernes,  retiens  la  main 
sacrilège  qui  s’efforcerait  de  l'éteindre,  car  ce  feu  dévorant 
c'est  le  feu  sacré  I 

^ie  jamais  intervenir  chez  autrui,  voilà  donc  le  principe 
antisocial,  c’est-’a-dire  antichrélien,  qui  prend  racine  sur 
le  sol  de  l’Europe.  La  Révolution  l’impose;  mais,  pour  elle, 
vivre  sans  le  violer  ce  serait  mourir.  C’est  pourquoi , par- 
tout où  semblent  l’exiger  les  intérêts  de  la  République  uni- 

* Vrtivers  israélile,  VIII,  p.  371  ; avril  1868.  — Autre  lettre  du  même 
ministre  des  affaires  éiran^ères,  et,  dans  le  même  e.spril,  au  conseil 
de  la  communauté  juive  de  Prusse,  18  avril  1868,  etc.,  etc.  Univers 
Israélite,  IX,  p.  429;  1868. 

28. 


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436 


LES  JUIFS. 


verselle,  destinée  à s’étendre  sur  les  ruines  des  empires 
chrétiens,  nous  voyons  la  Révolution,  servie  de  toutes  parts 
par  les  sociétés  occultes  dont  Israël  est  le  prince , tromper 
ou  entraîner  les  gouvernements'  dans  scs  voies,  intervenir 
sous  leur  égide,  et  imposer  aux  peuples  contre  leur  volonté, 
contre  leur  intérêt,  contre  leur  nature , contre  leur  génie  et 
leurs  mœurs,  les  principes  qui  portent  au  milieu  de  leur 
état  social  la  division,  la  désolation  et  la  mort. 

Sejit  monarques,  fondateurs  de  la  constitution  nouvelle 
de  la  Roumanie,  y fondent  en  faveur  du  Juif  un  droit  nou- 
veau dont  le  monde  révolutionnaire  proclame  l’excellence , 
mais  que  repoussent  les  traditions,  les  mœurs  et  les  intérêts 
de  tout  un  peuple  1 Ce  droit  fatal  ’a  l’indigène  est  tout  natu- 
rellement violé  par  lui;  le  Juif  se  trouve  être  insulté,  pillé, 
menacé  par  le  plus  tolérant  et  le  plus  doux  des  hommes, 
par  le  Roumain,  qu’il  pressure  et  qu’il  exaspère,  et  le  gou- 
vernement de  la  Roumanie  ne  veut,  ne  peut  ou  n’ose  prêter, 
aux  cris  de  pillage  et  de  mort  hurlés  contre  le  Juif,  que  la 
plus  sourde  oreille! 

« O monarques  puissants  qui  régnez  sur  les  peuples',  — 
s’écrie  donc  Israël,  ce  protégé  de  l'Étranger,  — c’est  à 
vous  que  s'adresse  toute  la  population  juive  de  la  Roumanie; 
c’est  vert  vous  que  les  Juifs  du  monde  en/icr  demandent,  pour 

leurt  frères  des  principautés,  secours  et  protection En 

s’adressant  ’a  cette  haute  intervention , les  Israélites  roumains 
se  fondent  sur  le  droit  que  leur  donne  la  convention  qui  a 
créé  la  nation  roumaine  sous  votre  puissante  garantie  ’....  » 

Le  Juif  qui  réclame  à si  grands  cris  ce  secours  du  dehors 

' Toute  règle  a ses  exceptions,  et  il  y a chez  tous  les  peuples  des 
intérêts  d'urgetsce  dont  l'intérêt  judaïque,  contraint  lui-même  d’atten- 
dre le  bénéfice  du  temps,  essaye  en  vain  de  triompher. 

t Apostrophe  aux  souverains  de  la  France,  de  l’Autriche,  de  la  Tur- 
quie, de  l’Angleterre,  do  la  Russie  (qui,  chez  elle,  les  oppresse  cruelle- 
ment, vide  supra),  de  la  Prusse,  et  à Victor-Emmanuel  de  la  maison  rie 
Savoie,  qui  préparèrent  les  28  avril  et  29  mai  1836  la  convention 
dite  internationale,  laquelle  fut  conclue  à Paris  le  19  août  18o8. 

’ Arc/itues  israélites,  X,  p.  469;  1868,  etc.  Manifeste  des  Juifs  aux 
puissances  européennes. 


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CHAPITRE  ONZIÈME. 


437 


est  donc,  loulà  coup  el  sans  cause,  devenu  l’objet  de  toutes 
les  violences  de  la  part  du  peuple  roumain?...  Croire  le.Iuif 
sur  sa  parole,  cl  contre  la  parole  de  tout  un  peuple,  ce  se- 
rait pousser  la  naïveté  fort  au  delà  de  ses  bornes.  Mais  si , 
dans  ce  pays  de  tolérance,  les  lois  imposées  au  nouveau  j>ou- 
vernement  par  ses  hommes  d’Étal  libérau.v  et  par  les  rois 
de  l’étranger,  sont  en  butte  à de  perpétuelles  violations  au 
détriment  du  Juif,  respecté  jus(|ii'à  ce  jour  par  les  babilanls, 
que  conclure  de  la  cruelle  répétition  de  ce  fait?  Placés  de- 
vant ce  phénomène,  les  gens  du  dehors  auront-ils  la  droi- 
ture de  reconnaître  le  danger  d’intervenir  chez  des  nations 
étrangères,  lorsqu’il  s’agit  de  leur  imposer  des  lois  qui  ré- 
pugnent ’a  leur  foi  religieuse  ou  politique,  el  contre  les- 
quelles protestent  avec  une  si  terrible  énergie  leurs  intérêts 
vitaux  el  leurs  mœurs?  Eh  quoi  ! vous,  potentats,  pères  des 
peuples,  il  vous  prend  la  fantaisie  de  proférer  la  parole  sa- 
cramentelle du  mariage  entre  le  peuple  roumain  et  la  nation 
juive?  Mais  cette  prétendue  que  vous  jetez  dans  les  bras  du 
Roumain,  mieux  que  vous  il  la  connaît!  Elle  a vécu  sous 
son  toit,  il  la  méprise,  il  la  trouve  hideuse  et  odieuse,  il  la 
repousse  de  toutes  les  puissances  de  son  âme  cl  lève  la 
main  sur  elle  lorsque,  franchissant  le  seuil  de  son  domicile, 
elle  ose  réclamer  de  lui  les  droits  sacrés  d’épouse.  Est-ce 
au  nom  de  vos  principes  de  liberté  de  conscience  que  vous 
vous  faites  les  pontifes  oflicianls  de  ce  mariage  forcé,  et 
prétendez-vous,  parce  qu’il  vous  aura  plu  de  la  sanctionner, 
qu'il  ne  porte  ni  fruits  amers  ni  fruits  sanglants? 


Immense  impopclarité  du  Juif.  — Les  Juifs  traités  par  la  nation 
comme  la  lèpre  et  les  immondices  de  la  terre.  — Le  pavs  qui  leur 
est  livré,  et  qu’ils  couvrent,  revêt  un  air  sinistre.  — S y déclarer 
pour  les  Juifs,  c'est  renoncer  à toute  influence. 

Mais  revenons  au  moment  où  le  vigoureux  poignet  de 
Braliano  dirige  encore  le  timon  de  l'Êlat.  Non,  nous  ne 
croyons  pas  réver,  l’âme  du  Roumain,  si  débonnaire  dans 
les  habitudes  de  sa  vie , s’exhale  contre  Israël  en  terribles 


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438 


LES  JUIFS. 


accents;  écoutons,  prêtons  l’oreille  aux  paroles  qui  s’éelian- 
gcnt  entre  les  intéressés,  et  retenons  notre  jugement  jus- 
qu’à ce  que  les  parties  se  soient  donné  la  réplique...  I.es 
Juifs  viennent,  après  tout,  d’essuyer  un  rude  échec 

Ah!  « nous  devrions  être  contents  de  cette  victoire  de 
Popinioii  pnblùiue,  s’écrie  l’uii  de  leurs  adversaires;  et  mal- 
gré cela  nous  sommes  allligés,  car  nous  ne  lui  souhaitions 
pas  un  pareil  trioitiphe.  On  discutait  hier  à la  Chamhrc  le 
projet  de  constitution;  le  peuple,  en  foule,  qui  ne  pouvait 
pénétrer  jusqu’à  la  tribune,  lit  des  démonstrations  et  monta 
sur  les  hauteurs  de  la  métropole,  afin  de  témoigner,  à toute 
force,  qu’il  ne,  voulait  céder  aucun  droit  politique  aux  Juifs», 
et  (]u’il  voulait  » reprendre  » ceux  que  déjà  possédaient  ces  en- 
vahisseurs. 

« Un  tumulte  se  produisit  alors  dans  la  Chambre,  » Le 
ministère  fut  réduit  à promettre  la  radiation  de  l’article  6 
du  projet  de  constitution  qui  dése.spère  les  Roumains,  et  il 
déclara  en  termes  ofliciels  ; « qu’il  ne  souffrirait  jamais  au- 
cune espèce  d’atteinte  non-seulement  aux  droits,  mais  en- 
core aux  intérêts  l'oumains  en  faveur  des  étrangers  en  général, 
et  des  Israélites  en  particulier.  » 

Grand  coupable  est  en  vérité  celui  qui  permet  que  nos 
frontières  s’ouvrent  aux  Juifs,  et  que  la  .Moldavie,  cette 
terre  promise  dans  laquelle  leurs  flots  s’accumulent,  de- 
vienne leur  patrie  plus  que  la  nôtre.  Comment!  r.Allcmagne 
de  tous  côtés  se  soulève  contre  les  Juifs,  les  traque,  les 
chasse,  les  jioursuit  avec  des  cris  de  mort,  et  nous,  nous 
devrons  supprimer  l’usage  des  jrasse-ports  pour  les  attirer  et 
les  accueillir!  Celui  qui  proposa  cette  supirression,  voilà, 
voilà  l’auteur  des  maux  qui  fondent  sur  la  Roumanie, 
« provoqués  par  l'horrible  invasion  qui  l’inonde.  » 

Et  ce  n’est  pas  seulement  en  Rohéme,  en  .Moravie, 

« qu’on  s’est  révolté  contre  cette  race  impie;...  mais,  tout 
récemurent  encore,  les  Juifs  ont  souffert  à Munich  et  à 
Wurzbourg  des  maux  que  nous  ne  leur  souhaitons  pas  chez 
nous.  Un  honihle  carnage  aurait  certainement  eu  lieu  si  la 


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CHAPITRE  ONZIÈME.  439 

police  et  le  commandant  de  la  ville  ne  fussent  intervenus 
pour  calmer  relTervcsccncc  du  peuple.  On  leur  distribua  des 
nlilliers  de  passe-ports  dans  toutes  les  provinces  allemandes, 
et  il  en  est  très-peu  qui  ne  se  soient  pas  rendus  en  llouma- 
nie.  Toutes  les  villes  d’Alleniague  se  purgent  decc/re  tepre; 
et  seule  la  Roumanie  humaniiairc  ouvre  les  ports  et  tend  les 
bras  il  ces  lépreux,  qui  vont  transformer  la  Roumanie  ou  un 
immense  hôpital.  Nous  demandons  à MM.  Rosetti  et  Rra- 
tiano  si  c’est  lii  un  procédé  biblique?  A couji  sûr  il  n’est  ni 
convenable,  ni  national,  ni  économique' » 

....  « Tout  ce  qu’il  y a de  hideux,  de  repoussant,  de 
mauvais,  tout  ce  que  rAllcmagiie  rejette  vient  s’enclaver 
dans  ce  pays,  destiné  h devenir  le  réceptacle  des  immon- 
dices de  toute  l'Europe!  Nous  voici  arrivés  au  moment  où 
l’on  ne  badine  plus.  Ce  qui  est  arrivé  en  Rohême,  en  Mora- 
vie, en  Silésie,  à .Munich,  h Wurzbourg  et  ii  Nuremberg,  va 
aussi  avoir  lieu  chez  nous-,  et  sans  doute  nous  n’aurions  pas 
eu  à en  passer  par  Ih  si  le  gouvernement  donnait  les  moin- 
dres preuves  de  prévoyance.  Nous  croyons  impossible  que 
les  Roumains  acceptent  les  conseils  du  (journal  le)  Homa- 
iiulu,  et  qu’ils  livrent  bénévolement  leur  pays  aux  Juifs.  Et 
la  preuve  évidente  de  l’abandon  complet  du  pays  entre  les 
mains  des  Juifs  n’est  que  trop  claire  : ii  Braïova,  Ruebarest, 
Ploïschti,  et  graduellement  jusqu’au  Pruib,  le  judaïsme  de- 
vient tellemcni  encombrant,  qu'à  l’exception  de  Bucharest, 
qui  n’est  pas  encore  tout  à fait  défiguré,  tout  le  reste  a re- 
vêtu un  air  sinistre.  Nous  ne  voulons  point  parler  delà  partie 
du  nord  de  la  Moldavie,  (]ui  n'a  plu.'i  rien  de  roumain.  A Jassy, 
on  trouve  pour  cinq  Juifs  un  chrétien,  et  la  |>roportion  des 
Roumains  en  général  est  de  huit  contre  un  Juif.  Cet  état  de 
choses  n’est  plus  soutenable,  et  il  n’est  |)as  douteux  que  le 
gouvernement,  le  corps  législatif  et  les  municipalités  ne 
doivent  prendre  des  mesures  énergiques  pour  éviter  ce  mal, 

’ Tout  ce  qui  est  entre  guillemets  est  textuel.  Remarquons  çu’à  celte 
date  le  ministre  Bratiano  n’est  guère  moins  vivement  accusé  par  les 
Roumains  que  par  les  Juifs. 


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440  LES  JUIFS. 

ajin  fjiic  le  peuple  n’essaye  pas  de  se  faire  justice  lui-même  ‘ . » 

« Il  est  aujourd’hui  de  notoriété  publique  que  M.  Cré- 
roieux , en  parlant  de  Bucharest,  a juré  sur  sa  foi  k ses  co- 
religionnaires que,  dans  un  an  au  plus,  les  Juifs  jouiront 
du  droit  naturel  et  des  droits  politiques  des  Roumains, 
ajoutant  que  s’il  n’en  était  ainsi  il  se  pendrait.  Celte 
question...  prend  de  jour  en  jour  des  proportions  si  consi- 
dérables, qu’elle  devient  pour  tous  les  Roumains  une  ques- 
tion de  vie  ou  de  mort.  Ceux  qui  ont  fait  des  courbettes, 
des  génuflexions  k M.  Crémieux,  ceux  qui  l’ont  conduit  dans 
l’assemblée  des  représentants  de  la  Roumanie,  où  le  prési- 
dent, M.  Épouréano,  et  le  ministre  des  cultes,  M,  E.  A.  Ro- 
setti^  l’ont  aidé  à descendre  de  voiture  pour  le  conduire  appuyé 
sur  leurs  bras,  restent  les  soutiens  de  cette  affaire,  qu’ils  y 
soient  intéressés  ou  non.  Comme  leur  habileté  est  générale- 
ment reconnue,  et  que  le  journal  le  RomamUu  est  le  plus 
répandu  dans  le  pays,  nous,  dans  l’impuissance  de  lutter, 
nous  ne  pouvons  employer  d’autres  moyens  que  de  dire  k 
chacun  : Évitez  les  embûches^  ne  signez  rien  contre  les 
Juifs  qui  ne  soit  écrit  en  termes  convenables  et  clairs.  » 
N’ajoutez  aucune  foi  k ceux  qui  viennent  vous  dire  que  les 
demandes  dont  nous  vous  soumettons  la  formule  « sont 
barbares,  qu’elles  feront  rire  toute  l’Europe.  » Non,  car... 
« de  telles  choses  se  sont  faites  et  se  font  encore....  même 
dans  les  pays  les  plus  civilisés....  Les  vrais  barbares  ce  sont 
ceux  qui  nont  ni  patrie  ni  Dieu,  qui  sont  des  agents  de  l’étran- 
ger, achetés  par  lui , et  qui  nous  contraignent  k regarder 
comment  les  traîtres  vendent  aux  Juifs  notre  pauvre  pays 
martyrisé.  » Nous  disons  ces  choses  « parce  que  nous  croyons 
de  notre  devoir  de  ne  pas  laisser  le  RomamUu  tromper  tout 
le  peuple  avec  ces  mots  : civilisation,  progrès,  dix-neuvième 
siècle,  humanité,  cosmopolitisme,  etc.*.  » 

* Archives israélites,  XVI,  p.  7H  ; -1866,  etc.,  extrait  de  la  Gazette 
roumane  des  Carpalhes. 

2 Archives  israélites,  ibid.,  p.  717  ; 1866.  — La  politique  du  Juif  est 
nécessairement  cosmopolite , et  souvent  il  est  intéressé  a le  reconnaî- 


CHAPITRE  ONZIÈME.  444 

Passionnés  admirateurs  de  tous  les  liommes  extrêmes,  et  de 
tous  les  faits  de  révolution  ' ; fauteurs  imperturbables  de  tous 
les  principes  qui  dissolvent,  sans  les  bouleverser  violemment , 
les  États  chrétiens-,  apôtres,  lorsqu’il  ne  s’agit  point  de  leur 
propre  cause,  de  toutes  les  libertés  libérales  et  du  principe  de 
non-intervention,  les  Juifs,  habitués  k reprendre  coeur  au 
milieu  de  l’orage,  se  répètent  l’un  a l’autre  : Ces  menaces 
restent  et  resteront  a l’état  d’injures  écrites,  et  ne  se  tra- 
duiront pas  en  actes.  « A la  suite  de  l'intervention  des  gou- 
vernements anglais  et  français,  et  sous  la  crainte  d’une  invasion 
des  Turcs  ou  des  Russes  ses  voisins  (18CG),  le  gouvernement 
roumain  n’aura  pas  manqué  de  prendre  des  mesures  cflicaces 
pour  protéger  nos  frères  contre  les  menées  de  quelques  clé- 
ricaux, que  leur  impuissance  réduira  bientôt  à néant’. 

Les  Juifs,  dont  la  parole  varie  selon  le  vent  qui  souille’, 
rangeraient-ils  par  hasard  au  nombre  de  ces  quelques  clé- 
ricaux les  démocrates?  le  ministre  Rratiano  leur  chet.^  le 
peuple  qui  ne  craignait  point  de  se  livrer  contre  Israël  aux 
plus  redoutables  excès,  et  les  hommes  d’État  dont  nous 
nous  apprêtons  a divulguer  le  Manifeste?  Ces  quelques  clé- 
ricaux, dont  il  n’était  jusqu'ici  nullement  question,  forme- 
raient donc  k eux  seuls  l’opinion  publique?  opinion  si  ferme 
et  si  tranchée  que  l’avocat  Israélite  Crémieux  la  signale  en 
ces  termes  : « Le  préjugé  contre  les  Juifs  en  est  k ce  point, 
qu’un  candidat  k un  siège  vacant  k l'assemblée  constituante 
s’engageait  formellement  dans  sa  profession  de  foi  imprimée, 
que  j’ai  dans  mes  mains,  k voter  contre  toute  proposition 
favorable  aux  Juifs’.  <>  Mais  les  Archives  Israélites  ont  mieux 

tre  : « Notre  politique,  disent  les  .^rcliioes  dans  leur  programme,  sera 
essentiellement  universelle,  cosmopolite,  comme  le  sont  nos  lec- 
teurs  etc.  » P.  8,  4"-  janvier  4869. 

' Lire  les  Revues  juives  et  jusqu'aux  derniers  numéros  : v4rcAives 
israéliles,  I,  p.  44,  45,  20,  4869  ; id.,  II,  p.  S5;  id,,  VII,  p.  495;  id., 
X,  p.  308;  l'a.,  XI,  p.  332,  etc.,  etc.,  etc. 

2 /bld.,  p.  748. 

2 Lire  leurs  Revues. 

’ Ibid.,  Archives  israéliles  j XVI,  p.  749;  4866.  Éü-angers,  ils  fe- 
raient de  la  Roumanie  la  Palestine,  et  de  fiucbarest  la  nouvelle  Jéru- 
salem. > Ibid. 


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LES  JUIFS. 


JiS 

encore  îi  nous  dire  au  sujet  decelle  immense  impo|>ularilc  des 
Juifs.  Recueillons  leurs  paroles,  et  ne  les  perdons  point  : 

« Ce  qu’il  y a de  plus  singulier,  c’est  que  les  gens 
les  plus  opposés,  les  boyards  d’une  part,  et  les  rouges 
d’autre  part,  auxquels  appartient  le  ministère  ffrniinrio,  se 
reprochent  réciproquement  leur  bienveillance  envers  les 
Juifs,  pour  se  discréditer  mutuel lement  auprès  de  la  masse  qui 
exerce  le  droit  de  vote.  Les  boyards  prétendent  que  le  gou- 
vernement actuel  veut  accorder  aux  Juifs  les  droits  civils 
prescrits  i>ar  la  constitution;  et  les  journaux  dits  rouges 
reiirocbent  aux  boyards  de  protéger  les  Juifs.  C’est  ainsi 
que  SC  renouvelle  le  mot  du  patriarche,  dans  le  Nathan  de 
Lessing  : Peu  importe,  le  Juif  sera  brûlé!  — Donc,  quel  que 
soit  le  parti  qui  domine,  la  situation  du  Juif  sera  triste',  » 
et,  sans  l’intervention  de  l’étranger,  que  le  Juif  repousse  avec 
fureur  à Rome  et  partout  où  il  s’agit  des  intérêts  de  la 
civilisation  cbréticnne,  que  deviendrait  la  cause  judaïque’? 

■ Archives  Israélites,  n"  î,  p.  78;  t8t8. 

On  lit  dans  la  Presse  de  Vienne  ; La  nation  accuse  sir  Moses  -Mon- 
lefiore  d'être  venu  dans  les  prinoipautcfs  danubiennes  pouren  faire  une 
nouvelle  Palestine,  pour  enlever  aux  Roumains  leur  territoire  et  leurs 
produits.  Elle  engage  à signer  des  [xltitions  dont  le  sens  e.st  celui  de 
toutes  les  demandes  du  Roumain  contre  le  Juif  : Tous  les  Hébreux  en- 
trés dans  le  pays  depuis  I8i8,  sans  avoir  une  occupation  personnelle 
dans  l’industrie,  devront  être  rapatriés  dans  le  pays  d'où  ils  sont  ve- 
nus. — Tous  reiix  qui  possèdent  des  manufaclures,  des  fabriques 
pourvues  d’ouvriers  roumains,  et  qui  exerrent  un  métier  quelconque, 
ou  qui  auront  suivi  des  cours  de  sciences  supérieurs,  devront  être 
tolérés  s’ils  snivept  la  marche  de  la  civilisation...  A partir  de  ce  jour, 
l’entrée  des  Hébreux  dans  le  pa\s  sera  interdite  pour  jamais... 

Le  gouvernement  a interdit  la  circulation  de  ces  pétitions,  au  moins 
dans  les  rues  et  les  places  publiques.  Archives  israélites,  XX,  p.  9Î9- 
930;  1867. 


La  cause  de  l’immense  IMPOPULABITÉ  DC  JiIF  et  des  PEB.SPXUTtOXS 
qu’il  subit,  est  la  MêME  qu'au  moyen  ,\ce.  — Son  attente  et  ses 
espérances  de  domination  sont  les  mêmes.  — Le  concert  de  mé- 
pris et  de  fureurs  qui  poursuit  le  Juif  ne  reste  invariable  que  parce 
que  le  Juif  n’a  point  varié.  — Documonls  accablanis,  et  .Manifeste 
admiralilc  d’hommes  d'Etat  du  jiays  contre  le  Juif.  — Dans  ce  lam- 
beau d’histoire  actuelle,  on  retrouve  tout  vivant  le  Juif  des  siècles 
anciens.  — Terreurs  qu'il  inspire  par  ses  mœurs  insocialiles,  par 


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CIIAPITUE  ONZIÈME.  4*3 

l'incessant,  l’effrayant  accroissement  de  son  nombre.  — Action  ca- 
lamileuse  sur  les  forces  vitales  du  pays  : usure  effrdnee,  monopole, 
falsification  des  rienree.s  alimentaires.  — Les  Juifs  sont  diamétrale- 
ment opposés  en  toutes  choses  aux  autres  hommes;  leur  tendance 
est  de  s'élever  sur  les  ruines  d'autrui.  — Ils  espèrent  se  refermer 
en  nation  distincte,  puis  dominante.  — Ils  essayent  d'ériger  dans 
la  Roumanie  cet  Etat  judaïque  qui  serait  la  première  réalisation  de 
leurs  voeux...  — Projet  de  loi  formulé  pour  repousser  le  danger 
social  qu’expose  ce  document  authentique.  — Cris  des  Juifs;  l’Eu- 
rope s’émeut.  — Lettre  deM.  de  Bismark  rassurant  ces  Juifs  contre 
les  intentions  des  hommes  d'Etat  roumains.  — Conclusion. 

Mais,  d’où  ce  concert  étrange  de  malédictions  qui  semble 
avoir  traversé  le  moyen  âge  pour  s’élever  jusqu’h  nous,  et 
dont  le  Juif  lui-même  ne  peut  éviter  de  se  faire  l’écho? 
D’où  cet  accord  de  haines,  de  mépris  et  de  fureurs  contre 
le  JuiP  La  cjtise  en  serait-elle  dans  l’innocuité  de  la  popu- 
lalioti  judaïque,  dans  les  services  qu’elle  a rendus  au  pays 
qui  l’accueille,  dans  ceux  qu’il  est  permis  d’espérer  de  son 
flot  sans  cesse  grossissant?  Ou  bien  ce  concert  de  haines,  de 
mépris,  de  fureurs,  ne  reste-t-il  invariable,  partout  oit  s’im- 
plante ce  peuple,  (jiie  parce  que  ce  peuple  insociable  reste 
lui-même  sans  varier?  C’est  lit  ce  que,  dans  un  instant, 
chacun  de  nous  saui'a  se  dire  lorsque  nous  aurons  achevé 
de  peindre  la  crainte  et  l'horreur  que  ces  talmudisants,  ipie 
ces  citoyens  de  la  nouvelle  Palestine  ont  le  malheur  d’inspirer 
autour  d’eux,  et  lorsque  nous  aurons  clos  cet  exposé  par  le 
succinct  extrait  de  deux  pièces.  La  première  découle  d’une 
plume  française,  et  qui  nous  sera  peu  susjiecte,  car  celui 
qui  la  formule,  M.  Ernest  Desjardins,  appartient  à litre  de 
professeur  à rUniversité,  et  voici  quelques-unes  des  con- 
clusions que  V Indépendance  hellénique  tire  de  sa  brochure 
intitulée  les  Israélites  en  Moldavie  : 

« Pour  tout  homme  impartial,  qui  lira  cette  brochure 
attentivement,  il  sera  prouvé  qu’en  Roumanie  les  Juifs  sont 
plus  de  quatre  cent  mille;  qu’ils  n’y  sont  établis  (]ue  depuis 
un  certain  nombre  d'années  seulement,  qu’ils  sont,  pour  la  plu- 
part, étrangers  au  pays  de  naissance  comme  de  volonté,  de 
mœurs,  d’esprit  et  de  langue,  et  qu’ils  s’obstinent  ii  de- 
meurer tels;  qu’ils  exploitent  furieusement  et  par  tous  les 


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LES  JUIl'S. 


Ui 

moyent  le  pays  qui  leur  donne  l’Iiospitalilé;  qu’ils  s’eflbrcenl 
d’éluder  toutes  les  lois  qui  les  régissent,  et  de  sc  soustraire 
à toutes  les  obligations  qu’elles  imposent  aux  citoyens;  — 
qu’ils  sont  ignorants,  superstitieux,  avares,  menteurs,  usu- 
riers, fourbes  et  hideusement  sales  : d’où  les  craintes  pour 
la  santé  publique,  dans  les  lieux  où  ils  pullulent;  enfin,  que 
le  motif  religieux  n’a  aucune  part  dans  les  mesures  prises  par 
le  gouvernement,  ni  dam  Chosiilité  que  la  population  leur 
témoigne.  Tel  est,  en  résumé,  le  résultat  de  l’enquête  con- 
sciencieuse ù laquelle  s’est  livré  M.  Desjardins.  ?ious  en 
félicitons  de  tout  cœur  le  peuple  et  le  gouveruement  rou- 
mains'. » 

La  dernière  pièce  dont  nous  ayons  ù citer  quelques  pas- 
sages est  celle  que  les  Archives  israélites  intitulent  le  Mani- 
feste de  la  persécution  au  dix-neuvième  siècle.  Elle  a pour 
auteurs  et  pour  signataires  trente  et  un  membres  de  la 
Chambre  législative  des  États  roumains,  et  l’importance  de 
cette  admirable  protestation  nous  autorise  ù la  nommer  le 
Manifeste  de  la  Roumanie.  Il  nous  semble,  lorsque  nous  la 
lisons  à haute  voix,  qu’un  écho  du  moyen  âge  nous  renvoie 
les  doléances  des  populations  chrétiennes  courbées  sous  le 
joug  oppresseur  du  peuple  de  la  dispersion  ; c’est  pourquoi 
nous  voulons  en  laisser  retentir  les  accents  aux  oreilles  de 
notre  public,  et  rendre  de  la  sorte  un  soulRe  de  vie  aux 
pages  les  plus  oubliées  de  l’histoire  ; 

« L’invasion  des  Juifs  en  Roumanie,  et  particulièrement 
dans  la  Roumanie  septentrionale,  a pris,  dam  les  dernières 
années,  des  proportions  si  considérables,  qu’elle  a épouvanté 
les  pnpulatiom  roumaines;  car  elles  se  voient  inondées  d’une 
race  à part,  et  hostile,  qui  a formé,  à côté  de  la  nation  rou- 
maine, une  nationalité  étrangère  et  opposée  aux  intérêts  de 
celle-l'a  (celle-ci).  L’indifférence  qu’on  a montrée  jusqu'au- 
jourd’hui en  présence  de  cette  sourde  conquête  de  notre 
terrain  économique  et  national,  a produit  dans  l’économie 

' Extrait  des  /trcAices  israélites,  n“  V,  p.  197-8,  1868,  qui  s'indi- 
gnent de  cette  apprécialiun. 


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CHAPITRE  ONZIÈME.  445 

(le  l’Ëtat  (les  perlurhations  profondes  qui  s’aggravent  de 
jour  en  jour,  » et  ces  envahisseurs'forment  pour  le  moment 
« une  population  flattante  de  plue  de  cinq  cent  mille  âmes.  » 

En  considérant  ce  fait  « au  point  de  vue  de  la  population 
numérique,  nous  sentons  combien  est  menaçante  pour  la  Rou- 
manie une  colonie  compacte  de  cinq  cent  mille  âmes,  qui  aug- 
mente continuellanent,  et  sur  laquelle  aucune  influence  locale 
ni  sociale  du  milieu  où  elle  vit  n'exerce  le  moindre  pou- 
voir. El  cela  vient  de  ce  que  la  race  Juive  se  distingue  des 
Roumains  par  son  origine,  scs  mœurs,  sa  langue,  ses  tra- 
ditions, sa  religion,  sa  morale,  et  surtoutde  ce  qu’elle  s'obstine 
à rester  absolument  isolée  de  la  société,  et  à se  préserver  de 
toute  fusion  avec  d'autres  races  étrangères.  » 

Âu  point  de  vue  économique,  notre  indilTérence  « a eu 
des  résultats  funestes.  On  a laissé  se  créer  au  milieu  de  la 
société  roumaine  un  monopole  monstrueux,  qui  a détruit  com- 
plètement le  commerce  et  la  petite  industrie...  Cette  race,  par- 
ticulièrement en  Moldavie,  s’est  doncsuè]/ùu(’eaux  négociants 
et  aux  artisans  indigènes  de  toutes  les  villes  sans  exception, 
et  a pénétré  même  dans  les  communes  rurales’.  » 

K Cette  substitution  a isolé  les  unes  des  autres  les  diffé- 
rentes classes  sociales,  par  l’interposition  d’un  cor|>s  étranger 
qui  refuse  toute  solidarité  avec  la  population  locale,  et  qui,  en 

‘ Au  lieu  d'étro,  dans  son  application  polilique  et  économique,  la 
protection  chrétienne  du  faible  contre  le  fort,  la  civilisation  judaïque, 
ou  moderne,  fonde,  sous  prétexte  de  liberté,  le  règne  sauvage  du 
despotisme  sans  remède  et  de  l’oppression  à outrance.  En  politique, 
c’est  le  dogme  qui  défend  à un  peuple  d'intervenir  chez  un  autre  peu- 
ple, fùt-ce  même  pour  y mettre  un  frein  aux  plus  épouvantables  dé- 
sordres ; et  dans  l'industrie , c’est  la  désastreuse  et  cruelle  doctrine 
du  laisser  faire,  celle  qui  donne  partout  au  puissant  pleine  carrière 
contre  le  faible.  L’essence  des  institutions  chrétiennes  était  de  proté- 

ter  le  faible  contre  le  fort,  au  lieu  d’aider  à son  écrasement;  l’essence 
e la  civilisation  judaïque  ou  saint- simonienne  est  de  créer  chez 
quelques-uns,  par  cet  écrasement,  des  richesses  exorbitantes,  source 
a’un  luxe  outrageant.  De  ce  fait,  la  ruine  morale  et  la  misère  du  très- 
grand  nombre,  a qui  la  voix  de  docteurs  homicides  ne  cesse  alors  de 
crier  : O multitudes  I vous  souffrez  de  la  faim?  eh  bieni  cessez  de 
croître  et  de  multiplier,  et  la  sU'rilité  sera  votre  soulagement.  A quoi 
bon  partager  sans  mesure  un  pain  qui  ne  vous  suQlt  plus?  (Voir,  fin 
de  ce  chapitre,  notre  note  sur  la  Civilisation.  ) 


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U6  LES  JÜIFS. 

s’clablissanl  parmi  nous  en  nombre  imposant,  a détruit  lout 
t'équilihre  de  nos  forces  nationales.  » 

...  « l.es  capitaux  produits  par  le  commerce,  qui  fnicti- 
Caient  autrefois  entre  les  mains  des  Roumains  et  revenaient 
par  mille  canaux  alimenter  de  nouveau  les  sources  de  la 
production,  sont  aujourd’hui  aliénés  et  détournés  de  leur 
sphère  d’activité  nationale^  de  Ih  cette  énervation  et  cette 
inertie  qui  se  font  sentir  aujourd'hui  de  tous  les  côtés'. 

...  « Possesseurs  de  sommes  immenses , naturellement  en- 
clins h exploiter  ceux  d’une  autre  race,  et  poussés  par  leur 
instinct  prédominant  de  rapacité,  les  Juifs  sont  adonnés  à 
l’usure  sans  la  moindre  réserve,  et  sur  une  telle  échelle  (ju’ils 
ont  dépouillé  et  réduit  a la  misère  des  milliers  de  familles 
opulentes.  L’usure  est  devenue  une  plaie  affreuse  qui  s'est 
étendue  sur  tout  le  corps  social,  et  qui  sèche  la  source  même 
des  forces  vitales  de  la  nation.  Cette  monopolisation  des 
capitaux  est  la  cause  la  plus  naturelle  de  la  crise  monétaire 
qui  afflige  depuis  tant  d’années  le  pays*.  » 

« Les  dominateurs  ne  sentant  plus  aucune  opposition  qui 
pui.sse  contre-halancer  leurs  instincts,  créent  des  gênes  et 
des  crises  factices,  et  s’ingénient  a trouver,  même  dans  la 
misère  du  peuple,  tonte  sorte  de  moyens  d’extorsion  pour 
satisfaire  leur  insatiable  avidité  pour  le  gain;  car  la  misère 
est  productive  pour  ceux  qui  ont  la  cruauté  de  l'exploiter.  » 

« C'est  ainsi  que  naît  bientôt  la  plus  dure  et  la  plus  im- 
placable des  tyrannies,  la  tyrannie  de  l’argent,  qui,  exercée 
sur  un  peuple  par  des  étrawjcrs,  anéantit  tous  les  moyens  de 
développement,  empêche  l’élan  de  ses  as|iirations  géné- 
reuses, et,  sans  qu’on  s’en  aperçoive,  donne  h son  avenir 
un  coup  mortel.  Les  progrès  de  cette  coalition  des  Juifs  sont 
allés  jusqu’à  monopoliser  les  boissons  et  les  objets  d’alimen- 
tation publique.  Cet  accaparement  a produit  encore  des 

* Quelles  leçons  pratiques  d’économie  politique!  El  combien  diffé- 
rentes sont-elles  des  systèmes  judaïques  de  nos  plus  renommés  écono- 
mistes I 

2 Lire  le  développement  dans  le  texte.  j4rc/tioes  Israélites,  IX, 
p.  4I3;t8G8. 


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CHAPITRE  ONZIÈME.  • 


447 


ciï’cls  désastreux  en  temps  de  disette  générale,  et  la  classe 
laborieuse  est  la  plus  menacée  de  l’avidité  des  monopo- 
lisateurs, qui  emploient  mille  faUifications  et  mille  mélanges 
nuisibles  a la  santé  publique.  » 

« L’histoire  nous  prouve  que  le  judaïsme  est  caractérisé 
par  la  prédomination  et  par  l'exclusivisme  le  plus  sévère.  Cette 
inclination...  qui  lui  est  innée,  est  la  cause  puissante  qui  Ta 
fait  résister  partout,  et  lui  a permis  de  se  conserver  sans  se 
modifier  au  milieu  des  nations  pendant  un  espace  de  vingt 
siècles...  » 

« Les  Juifs,  forcés  par  le  besoin,  se  soumettent  extérieure- 
ment a l’autorité  des  Ktats  non  juifs  ^ mais  Jamais  ils  ne 
peuvent  consentir  b en  devenir  une  partie  intégrante.  Ils  ne 
peuvent  effacer  de  leur  esprit  l’idée  de  l'État  judaïque,  idée 
que  nous  voyons,  en  toute  occasion,  ressortir  forte  et  vivace 
de  toutes  leurs  actions.  » Les  Juifs,  en  effet,  «(  ne  sont  pas 
seulement  une  secte  religieuse;  ils  sont  surtout  l’expres- 
sion de  certaines  particularités  indélébiles  de  race  et  de  cer- 
taines croyances  invincibles  de  nationalité.  C’est  pourquoi  le 
Juif  de  l’Espagne,  de  l’Angleterre,  de  la  France  et  de  la 
Pologne,  n’est  ni  Poloiiais,  ni  Français,  ni  Anglais,  ni 
Espagnol  ; il  reste  toujours  Juif,  comme  ses  ancêtres  des  temps 
bibliques.  » 

Car  la  fusion  entre  peuples  ne  s’opère  pas  seulement  par 
les  simples  relations  de  séjour  et  de  commerce-,  elle  s’opère 
« par  le  mélange  du  sang,  et  par  le  rapprochement  des  sen- 
timents, chose  impOsSsible  avec  les  Juifs...  Poussés  par  une 
force  instinctive  b s'isoler  au  milieu  des  peuples  qui  les  en- 
tourent, ils  sentent  qu’ils  ne  peuvent  faire  cause  commune 
avec  les  peu[>les  chrétiens,  car  ils  leur  sont,  en  tout,  diamétra- 
lement opposés.  On  a observé,  au  contraire,  que  quelque 
part  qu’on  les  transporte,  soit  en  grand,  soit  en  petit 
nombre,  ils  introduisent  partout,  par  l’etfet  même  de  leur 
présence,  des  germes  de  destruction  et  de  dissolution,  car 
leur  tendance  est  de  s'élever  partout  sur  les  ruines  des  autres.  » 
Et  quant  a ce  qui  est  de  la  reconnaissance,  ils  s'en  croient 


U8  LES  JUIFS. 

complètement  déliés  envers  les  peuples  qui  leur  ont  donné 
l’hospitalité,  parce  qu’ils  les  regardent  comme  des  usurpa- 
teurs. C’est  pourquoi  ils  font  usage  de  tous  les  moyens 
|X)ur  acquérir  de  nouveau  tes  droits  de  suprématie  et  de  domi- 
nation sur  l'univers,  droits  qu’ils  se  croient  assurés  par  leur 
antique  jtacte  religieux'!  » 

Or,  lorsque  « les  croyances  et  les  aspirations  de  tiuehiues- 
uns  sont  en  contradiction  avec  les  intérêts  nationaux,  r^iat 
a le  droit  de  se  prémunir  par  des  garanties  puissantes  |>our 
empêcher  le  mal  ; car,  si  l'État  se  laissait  conduire  par  un 
esprit  de  cosmopolitisme  (l’esprit  du  libéralisme  moderne), 
et  cherchait  h subordonner  ’a  des  intérêts  étrangers  et  isolés 
l’intérêt  prédominant  de  la  conservation  de  la  nation.  Use 
renierait  lui-même,  et  il  commettrait  le  crime  de  lèse-natio- 
nalité.  » 

« Les  Juifs  peuvent  d’autant  moins  invoquer  la  tolérance 
que  leur  religion  est  la  plus  exclusive  et  la  plus  oppressive;  car 
non-seulement  le  judaïsme  n’admet  personne  au  sein  de 
sa  famille  religieuse,  mais  il  condamne  à la  haine  et  à ta  persécu- 
tion perpétuelle  tous  ceux  qui  n’appartiennent  pas  à la  race 
israélite' . » 

« Cet  exclusivisme  irréconciliable,  qui  s’est  assimilé  au 
sang  de  la  race  judaïque,  entretient  la  guerre  continuelle  qu’elle 
a déclarée  aux  hautes  idées  morales  dont  ionl  pénétrées  toutes  les 
institutions  des  États  chrétiens,  IDÉES  QUI  FORMENT  L.v  BASE 
MORALE  DE  NOTRE  SOCIÉTÉ  CIVILE!  ï 


' Archives  israélites,  IX,  p.  ttO  à 4t7;  1868,  sic.  — Quiconque  aura 
lu  nos  chapitres  se  figurera  volontiers  que  cette  conclusion  est  de 
notre  plume.  Mais,  dans  l’intorél  de  la  crédibilité  de  nos  pages,  nous 
restons  fidèles  à notre  plan  d’emprunter  à des  gens  qui  ne  peuvent 
être  suspects  la  fomie  ae  nos  propres  jugements,  et  surtout  lorsque 
nous  les  trouvons  exposés  avec  une  si  profonde  connaissance  des  per- 
sonnes et  des  choses  par  une  pléiade  d’hommes  d’Etat  qui,  du  matin 
au  soir  de  leur  vie,  ont  sous  les  yeux  le  spectacle  du  phénomène  hu- 
main que  nous  étudions. 

^ Ces  notions,  que  donnent  nos  chapitres  sur  le  Talmud,  sont  vulgai- 
res dans  les  pays  d'orthodoxie  talmudique , où  le  Juif  ne  |)ciit,  comme 
chez  nous,  exploiter  la  prodigieuse  ignorance  des  peuples  chrétiens  et 
libéraux,  et  se  donner  comme  un  sectateur  de  la  loi  de  Morse. 


CHAPITRE  ONZIÈME.  449 

Il  est  donc  surtout  injuste  et  absurde  d’invoquer  le  prin- 
cipe de  tolérance  lorsque,  comme  au  milieu  de  nous,  la 
religion  de  la  majorité  est  douce  et  humaine,  tandis  que 
la  religion  des  Juifs,  « ces  sectateurs  étrangers,  est  into- 
lérante et  sauvage  m,  au  point  de  considérer  notre  société 
chrétienne  « comme  impie  et  sacrilège,  et  de  maintenir 
strictement  ses  adeptes  dans  l’état  de  guerre  permanente 
avec  la  population  qui  les  a admis  dans  son  sein,  m 

Nous  ne  saurions  oublier  que  « les  Juifs  considèrent  le 
temps  qu'ils  passent  parmi  les  autres  peuples  comme  un 
temps  d’expiation,  d’épreuve,  d’exil,  et  les  habitants  des 
pays  où  ils  sont  dispersés  comme  des  ennemis,  car  ils  attendent 
le  moment  promis  où  ils  constitueront  de  nouveau  une  nation 
distincte  »,  et  c'est  dans  cet  espoir  que  les  nourrit  leur 
religion,  en  leur  faisant  « entrevoir  la  perspective  d’un 
avenir  brillant  où , finalement,  eux  seuls  domineront  sur  l'huma- 
nité entière!  » 

Or,  « il  est  pour  nous  un  fait  constaté,  qui  résulte  de  tous 
ces  détails  comme  aussi  de  la  persévérance  avec  laquelle 
les  Juifs  prennent  racine  et  s’accroissent  en  Roumanie, 
c’est  qu’ils  essayent  d'ériger  ici  cet  État  judaïque  qui  est  la 

PREMIÈRE  RÉALISATION  DE  LEURS  IDÉES  DE  PRÉDOMINATION  SUR 
LES  PEUPLES  CHRÉTIENS.  » 

La  religion  judaïque  est,  en  outre,  « le  plusgrand  obstacle  » 
à ta  fusion  des  Juifs  avec  les  races  qui  leur  sont  étrangères, 
en  ce  sens  qu’elle  est,  u en  même  temps,  une  constitution 
politique  et  sociale  qui  suit  l'individu  dans  toutes  ses  actions 
et  dans  toutes  les  époques  de  sa  vie.  » Chez  les  Juifs,  en 
effet,  «.la  loi  religieuse  est  aussi  la  loi  civile,  et  vice  versa  »•, 
l’État  et  l’Église  y forment  un  tout  indivisible,  « qui  se 
concentre  dans  le  mot  judaïsme.  » Le  Juif  qui  renoncerait 
^ celte  position  « serait  forcé  de  se  séparer  de  son  Église  », 
car  il  cesserait  par  l'a  même  d’être  un  croyant  fidèle.  D’où 
cette  évidence  que  « le  judaïsme,  quelque  part  qu’il  se 
trouve,  est  forcé  de  former  un  État  dans  l'État,  » 

En  un  mol,  « le  judaïsme,  comme  religion,  ne  peut  rester 

29 


450 


LES  JUIFS. 


dans  un  juste  milieu*,  il  doit  être  dominé  ou  dominateur,  car 
il  constitue  un  culte  spécial  qui  n’admet  dans  son  sein  que 
les  descendants  d’Abraliam,  regardant  le  reste  de  l’huma- 
nité comme  hors  la  loi  » 

Le  peuple  roumain  est  un  peuple  doux  *,  et  tous  les  témoi- 
gnages s’accordent  k reconnaître  que  jamais  « il  n’a  persé- 
cuté personne  pour  sa  confession.  Depuis  les  temps  les  plus 
reculés,  la  Roumanie  a été  le  refuge  de  tous  les  persécutés, 
et  VÉiar  roumain  est  tolérant  pour  le  libre  exercice  de  tous 
les  cultes  » *,  mais  il  ne  peut  perdre  de  vue  une  religion 
« dont  les  dogmes  soîit  antisociaux,  et  dont  le  but  principal 
est  de  ruiner  les  plus  graves  intérêts  de  la  nation.  » 

« Au  point  de  vue  de  la  légalité, -les  Juifs  ne  peuvent 
demander  des  droits  égaux  à ceux  des  Roumains,  parce 
qu’ils  ne  veulent  pas  se  défaire  de  leur  exclusivisme  séculaire, 
et  se  soumettre  légalement  aux  charges  et  aux  obligations 
des  sociétés  modernes^  parce  qu’ils  veulent...,  en  un  mot, 
être  traités  fraternellement  de  ceux  qu’ils  traitent  eu  ennemis 
implacables.  » Le  judaïsme,  qui  refuse  « la  réciprocité,  ne 
peut  donc  réclamer  des  États  chrétiens  le  bénéûcc  des 
principes  de  réciprocité.  » 

Nos  anciens  princes  roumains,  en  recevant  les  Juifs  qui 
fuyaient  leurs  barbares  voisins,  leur  accordèrent  une  liberté 
complète  dans  le  pays;  mais  alors  les  Juifs  n’étaient  que 
des  botes  reçus  k des  conditions  qui  leur  permettaient  de 
vivre  en  repos  et  en  liberté.  ïlt  lorsque  ces  étrangers 
<(  abusaient  de  l’asile  qui  leur  avait  été  accordé  en  exas- 
pérant les  Roumains  par  leurs  fraudes,  les  princes  étaient 
forcés  de  les  expulser  du  pays  »,  et  les  expulsaient. 

Tel  fut  donc,  Ik  comme  ailleurs,  l’état  des  Juifs  jusqu’k 
l’époque  des  princes  fanariotes...  Mais,  « comme  les  Rou- 
mains perdirent  alors  le  droit  de  se  gouverner  eux-mêmes, 
et  que  le  sentiment  national  fut  détruit  systématiquement 

< Voir  à l’appui,  nos  chapitres  sur  le  Talmud,  et  tenir  compte  des 
circonstances  qui  motivent  des  exceptions  souvent  plus  apparentes 
que  réelles. 


CHAPITRE  ONZIÈME.  t51 

par  les  princes  nouveaux , leur  pays  devint  le  théâtre  des 
occupations  armées  et  économiques  de  tous  les  étrangers! 
Do  cette  époque  date  aussi  le  commencement  de  la  prospé- 
rité des  Juifs,  attirés  par  les  bénéfices  de  l’ère  de  la 
corruption  qui  avait  été  inaugurée.  » 

La  décadence  croissante  de  la  société  roumaine,  et  ta 
multiplication  des  Juifs,  marchèrent  alors  du  même  pas; 
mais  l’invasion  judaïque  prit  un  furieux  développement 
en  l’année  1828,  lorsque  le  pays,  envahi  par  les  Russes  et 
désolé  par  des  souflrances  inouïes,  « plia  sous  une  misère 
qu'augmentèrent  de  nouveaux  vices  et  l’établissement  d’un 
système  de  bureaucratie  corrompue.  » 

Le  nombre  des  Juifs,  qui  n’atteignait  guère  alors  que  le 
chiffre  de  25,000,  s’élève  en  i84tà  55,000,  en  J854  à 

160.000,  et  dépasse  aujourd’hui  300,000'!  Et  « ces  chiffres 
ont  une  éloquence  irrésistible  »,  car  ils  nous  peignent,  â 
l’aide  de  quelques  signes  arides,  les  diverses  phases  de 
l’invasion  des  États  chrétiens  par  les  Juifs,  non-seule- 
ment au  moyen  âge,  mais  jusque  dans  le  sein  du  dix-neu- 
vième siècle!  Nous  voyons,  en  effet,  leur  multiplication 
« correspondre  avec  la  décadence  de  nos  forces  écono- 
miques, avec  la  dénaturalisation  des  villes  de  la  Moldavie  », 
qui  de  chrétiennes  deviennent  presque  entièrement  juives; 
« avec  la  monopolisation  du  commerce  roumain...,  avec 
la  diminution  de  l’argent,  l’accroissement  de  la  crise  finan- 
cière, et  l’ensevelissement  des  biens  fonciers  du  pays  dans 
une  énorme  dette  hypothécaire*.  » 

> It  y a là  un  chiffre  pour  un  autre,  car  ce  même  document  dit  ailteurs 

600.000.  M.  Crëmieux  se  bornait  à 400,000,  et  M.  Üesjardins  ajoute 
le  mol  au  moins;  mais  quelque  chiffre  que  l'on  prenne,  i!  est,  et  sur- 
tout il  devient  énorme. 

2 Ibid.,  Archives  israélites,  X,  p.  46Î  j 1 868,  etc.  — a L’état  moral  et 
matériel  de  la  Moldavie  est  arrivé  à un  degré  de  décadence  qu’on  ne 
peut  comparer  qu'avec  celui  de  laGallicie,  etc.,  qui  gémit  sous  le 
fardeau  et  la  pression  hideuse  des  Juifs.  » Ibid.,  p.  465.  Il  en  fut,  il 
en  est  ainsi  partout  où  s'enracinent  les  orthodoxes  du  judaïsme. 
Exemple  : en  Hongrie,  ce  royaume  d'une  admirable  fécondité,  la  no- 
blesse dédaignant  de  s’adonner  s à l’agriculture , ce  sont  les  Juifs  seuls 
qui  font  tout  le  grand  trafic , qui  afferment  les  terres  et  qui  tiennent 

29. 


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462 


LES  JUIFS. 


« Basés  sur  ces  considéralions , basés  sur  les  lois  tradi- 
tionnelles et  sur  les  lois  positives  du  pays,  et  considérant 
que  toutes  ces  législations  ont  été  dictées  par  la  nécemité 
impérieuse  de  garantir  les  Roumains  de  l’exploitation  juive  et 
d’écarter  les  périls  qui  menacent  notre  nationalité;  » considé- 
rant que  les  législateurs  d’autres  pays  « se  sont  également 
vus  forcés  de  mettre  un  terme  aux  maux  causés  par  les 
Juifs;  voyant  le  danger  qui  menace  le  peuple  roumain  tant 
sous  le  rapport  économique  que  sons  le  rapport  national  \ 
danger  qui  nous  impose  le  devoir  d'apporter  le  plus  vite 
possible  des  remèdes  elTicaces  à un  état  de  choses  qui  s’ag- 
grave sans  cesse,  les  soussignés  ont  riionncur  de  proposer 
a la  représentation  nationale  le  projet  de  loi  suivant  : » 


Viennent  « les  signatures  de  trente  et  un  députés  de  la 
Chambre  roumaine,  y compris  le  président  de  cette  Chambre  ; 
voici  leurs  noms  : Jean  Negtiru,  D.  Prnneu,  N.  Voinov, 
J.  G.  Leca,  A.  D.  Holban,  etc.,  etc.  » (Voir  la  suite.) 

ainsi  dans  leurs  mains  presque  toute  la  fortune  du  pays.  Aussi  ia  plu- 
part des  grands  seigneurs  sont-ils  endettés  pour  plusieurs  générations, 
et  l'on  peut,  dès  aujourd’hui,  prévoir  le  moment  où  la  Hongrie  ne  sera 
plus  qu’une  immense  propricU;  juive.  » Le  Monde,  6 décembre  1868, 
correspondance  allemande,  généralement  remarquable. 

Quelques  mois  avant  cette  date , le  Madgyar  Sigismond  Bernatli 
demandait,  dans  une  motion  à la  diète  de  Hongrie,  l'émancipation 
politique  de  tous  les  enfants  de  Juda.  « Les  Israélites,  comme  on  les 
appelle  fort  improprement,  no  jouissent  pas  en  effet  de  tous  les  droits 
politiques  que  la  constitution  de  l’Etat  accorde  aux  chrétiens,  ce  qui 
ne  les  empêche  pas  de  tenir  entre  leurs  mains  presque  toute  la  for- 
tune du  pays.  » « Ils  se  croient  partout  en  captivité,  comme  jadis 

à Babylone;  ils  no  devraient  donc  pas  être  reçus,  en  bonne  justice,  à 
jouir  des  mêmes  droits  politiques  que  les  chrétiens.  Cependant,  si  le 

fouvernement  de  Pesth  veut  les  émanciper  entièrement,  il  serait  peut- 
tre  sage  de  ne  pas  les  laisser  maîtres  absolus  de  tout  le  commerce  de 
Hongrie  et  pour  ainsi  dire  de  la  fortune  publique;  car,  avant  un  demi- 
siècle,  les  Juifs  pourraient  bien  faire  la  loi  à la  couronne  de  Hongrie, 
comme  ils  la  font  en  Autriche,  où  presque  toute  la  richesse  est  entre 
leurs  mains.  Un  ministre  prussien  nous  disait  un  jour  avec  beaucoup 
de  vérité  : « Le  plus  grand  fléau  do  l’Allemagne  à notre  époque,  c'est 
le  judaïsme.  > Que  le  gouvernement  hongrois  réfléchisse  donc  bien 
avant  d’accorder  aux  Juifs  l'égalité  des  droits  s. Le  même,  ibid.,a°  du 
29  juin  1867. 

‘ Pas  un  mot  n’est  dit  du  côté  religieux  de  la  question!  Le  reproche 
judaïque  de  fanatisme  tombe  donc  de  lui-même. 


CHAPITRE  ONZIÈME. 


iS3 


Les  Jaifs , de  qui  nous  tenons  cet  admirable  document  où 
se  lit  h la  fois  l'histoire  du  passé,  du  présent  et  de  l'avenir, 
cette  page  où  se  peint  en  traits  si  frappants  de  vérité  le  ju- 
daïsant  ortho<loxe  en  pays  chrétien,  les  Juifs  ne  nous  l'ont 
livrée  que  pour  la  signaler  a la  violente  réprobation  de  l’Eu- 
rope ' ; k tel  point,  lorsqu’il  s’agit  des  graves  intérêts  qui  les 
concernent,  ces  hommes  entreprenants  comptent  aujourd'hui 
sur  l'épaisse  ignorance  et  l'aveugle  partialité  de  notre  public! 
C’est  pourquoi  nous  apprenons  d’eux-mêmes  leur  dernier 
effort  et  leur  plus  cher  espoir  k l’endroit  de  ce  glorieux  ma- 
nifeste, de  cette  suprême  et  généreuse  tentative  des  hommes 
d’État  de  la  Roumanie.  Ecoutons  : 

« Le  comte  de  Bismark  a fait  parvenir  la  réponse  sui- 
vante au  conseil  de  la  communauté  Israélite  de  Berlin,  qui 
lui  avait  adresse  une  pétition  relativement  au  projet  de  loi 
de  proscription  contre  leurs  coreligionnaires  en  Roumanie. 
— Berlin , 18  avril  1868  : « Le  roi  m’a  chargé  de  répondre 
k la  pétition  du  6 de  ce  mois,  du  conseil  de  la  communauté 
juive,...  pour  empêcher  la  mue  en  vigueur  (tune  loi  soumise  k 
la  représentation  roumaine  concernant  la  position  des  Israé- 
lites,... que  la  communication  du  projet  de  loi  en  question 
avait  été  présentée  contre  la  volonté  du  prince  Charles; 
qu’il  n’était  pas  probable  qu'il  fût  adopté;  et  que,  s'il  l'était, 
il  ne  serait  pas  sanctionné  par  le  gouvernement  du  prince,  etc. 
Comte  de  Bismark*  ». 

' ArcAiee*  israélites,  X,  p.  i6î  à t67-47î;  1868. 

^ Univers  israélite,  IX,  p.  4X9;  186S.  Meme  démarche  des  Juifs  en 
France;  Archives  israélites,  IX,  p.  4Î7-28;  1868. 

Note  importante.  L'Europe  a pesé  dans  la  balance  de  la  politique 
moldo-valaque;  elle  s'est  montrée  favorable  aux  Juifs...  Archives  israé- 
lites, n°  II,  p.  34;  1869.  Le  Juif  l'emporte;  le  ministère  Braliano  a été 
renversé,  la  Chambre  dissoute,  les  nouveaux  préfels  appartiennent  au 
parti  du  progrès,  etc.  Ibid.,  Archives  israélites,  VI,  p.  178;  1869.  Le 
nouveau  ministre  de  l’intérieur,  M.  Coealniceano,  est  de  ce  même 
parti;  voici  pourtant  la  circulaire  que  la  force  des  choses  l’oblige 
d'adresser  à ses  préfels  sur  les  Juifs  [extrait  littéral)  : 

« D'après  les  lois  du  pays,  les  Juifs  ne  possèdent  pas  ledroit  de  domicile 
permanent  dans  les  villages.  En  conséquence,  ils  ne  sauraient  être  ni  ca- 
baretiers  ni  percepteurs  d’accise  dans  les  communes  rurales,  etc...  » 
«...  Jusqu’aujourdhui , la  plus  grande  partie  des  Juifs,  et  surtout 


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LES  JUIFS. 


m 

Quoi  que  veuille  le  pays,  l’Europe  libérale  saura  donc 
contraindre  ses  gouvernements  h user  en  faveur  du  Juif  du 
droit  d’intervention  qu’elle  a proscrit;  elle  saura  peser  au 
besoin  sur  le  prince  qu’elle  a placé  sur  le  trône  roumain, 
et,  bon  gré  mal  gré,  le  plier  aux  exigences  d’une  politique 
sur  laquelle  on  sait  quelle  est  l’influence  judaïque!  Que  s’il 
naît  de  ces  désordres  une  tempête  dont  le  souffle  emporte 
le  Juif,...  nous  le  demanderons  alors  : A qui  la  faute? 

les  émigrés  de  Gallirie  et  de  l’odolie,  consliluenl  dans  noire  pays  non 
pas  une  coramunaulé  religieuse,  mais  bien  une  nationalKé  distincte, 
ayant  sa  langue,  son  costume  et  ses  mœurs  en  propre;  et  une  triste 
expérience  nous  a proueeijuc,  surtout  les  Juifs  de  Gallicie  et  de 
l’odolie  qui  habitent  les  villages,  sont  un  fléau  pour  les  villageois 
roumains...  Jo  ne  puis  tolérer  l’abus,  cl,  dans  le  plus  bref  délai,  nous 
devons  tous  nous  elTorcer  de  sauver  le  pays  du  mal  qui  le  menace...  » 

Faites  sentir  « combien  je  suis  résolu  d'arrêter  le  mal  dans  les  villa- 
ges, de  nii'mc  que , par  contre.  Je  ferai  tout  mon  possible  auprès  dos 
Chambres  pour  augrm'nter  les  droits  des  Juifs  éclairés,  et  surtout  de 
ceux  qui,  par  leur  naissance,  par  leurs  études  faites  dans  nos  écoles, 
obtiendront  le  droit  d’étre  comptés  parmi  les  fils  de  notre  pays,  sans 
distinction  de  religion.  » Cogalniceano.  n“  76t,  15  janvier  1869. 

En  1 869,  le  ministre  favorable  aux  Juifs,  M.  Cogalniceano,  est  réduit 
à reprocher  au  gouvernement  français  « de  s’immiscer  dans  les  affaires 
intérieures  de  la  Roumanie  »,  à l’instigation  de  M.  Crémieux.  Lire 
/Irchices  Israélites,  XV,  p.  i66;  1869.  Ce,  ministre  de  l’intérieur  écrit 
à son  collègue  dos  affaires  étrangères,  en  réponse  à la  note  du 
16  juin  1869  de  M.  le  consul  de  France,  une  pièce  du  plus  haut  inté- 
rêt où  nous  copions  ces  phrases^.  » M.  le  marquis  de  la  Valette  con- 
naît mieux  que  moi  les  mesures  exceptionnelles  que  dut  prendre 
Napoléon  I",  dans  l'intérêt  de  la  France,  contre  les  Juifs  de  l’Alsace  et 
de  la  Lorraine...  Votre  Excellence  n’ignore  pas  quels  orages  ont  éclaté 
ù la  Chambre  toutes  les  fois  qu'un  ministre  a osé  dire  un  mot  dans  la 
question  israélite...  Cela  prouve  une  grande  irritation  de  la  part  des 
populations  roumaines,  provenant  de  cruelles  souffrances  et  d’une 
légitime  inquiétude.  Car  c’est  la  voix  de  la  nation  qui  se  sent  menacée 
dans  sa  nationalité  et  dans  ses  intérêts  économiques...  Pour  le  pssé 
ni  pour  le  présent,  je  le  répète,  les  Israélites  ne  peuvent  se' plaindre 
delà  Roumanie. 

» Les  représentants  des  puissances  qui  résident  à Jassy  ont  reconnu 
eux-mêmes,  j’en  ai  la  conviction,  ce  terrible  fléau,  qui  ronge  l’âme  de 
la  Moldavie Les  puissances  européennes,  en  leur  qualité  de  puis- 

sances chrétiennes,  doivent  aussi  leur  part  de  compassion  aux  chré- 
tiens de  la  Moldavie...  Je  m’estimerais  heureux  si  mes  faibles  paroles 
pouvaient  effacer  de  la  conscience  des  ministres  français  la  fâcheuse 
impression  qu'y  ont  produite  les  dapposts  erronés  de  V Alliance 
israélite  et  de  ses  correspondances  moldaves.  » Ainsi  parle  officielle- 
ment le  remplaçant  du  ministre  Bratiano,  M.  Cogalniceano,  le  plus 
habile  patron  des  Juifs  I ! I 


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CHAPITRE  ONZIÈME.  *55 

Dominateurs  de  l’Allemagne,  maîtres  ou  auxiliaires  oc- 
cultes des  hommes  d’État  les  plus  influents  de  l’Europe, 
inspirateurs  et  directeurs  des  sociétés  secrètes  dont  le  con- 
seil suprême  semble  être  devenu  le  gouvernement  du 
monde  entier,  Israël  a donc  le  secret,  lorsque  ses  intérêts 
l’exigent,  d’obliger  les  États  libéraux  à impoter  aux  peuples 
qui  se  gendarment  contre  les  Juifs  les  volontés  du  judaïsme! 
Et  lorsque,  par  hasard,  un  intérêt  contraire  ne  vient  point 
jeter  une  perturbation  accidentelle  dans  le  désordre- normal 
au  sein  duquel  s’agite  l’Europe,  il  faut,  quoi  que  veuillent 
ou  soulTrent  les  peuples,  que  le  judaïsme  soit  humblement 
écouté,  qu’il  progresse  et  laisse  entrevoir  son  triomphe! 

Or,  que  veut-il,  ce  peuple  indomptable  d’Israël?  Où  s’ar- 
rêtera l’audace  de  son  génie,  et  que  ne  pourront  un  jour,  h 
tel  moment  critique,  machiner  et  opérer  les  Juifs  dans  Iç 
monde  entier?  Grande  et  dernière  question  pour  laquelle  le 
lecteur,  à demi  renseigné  déjà,  voudra  bien  nous  permettre 
de  le  renvoyer  au  chapitre  suivant.  La  lecture  attentive  de 
celui-ci  l’y  aura  préparé  sans  doute,  si  d'incurables  pré- 
jugés n’ont  point  rendu  son  esprit  imperméable  aux  rayons 
du  jour. 

RÉSUMÉ-CONCLUSION. 

Les  documents  qui  se  sont  réunis  dans  ces  dernières 
pages  sont  d’un  intérêt  incomparable,  et  nous  y retrouvons 
tout  entier  le  livre  que  nous  venons  d'écrire,  non  plus  h 
l’état  historique,  mais  'a  l’état  d’être  vivant.  Les  faits  h peine 
croyables  que  nous  avons  énoncés  et  que  des  témoins  em- 
portés par  la  mort  ont  aflirmés  de  siècle  en  siècle,  mais  que 
pouvaient  nous  contester  une  foule  de  gens  incapables  de 
juger  des  questions  d’histoire,  parce  que  leur  éducation  li- 
béràtre  les  a sevrés  d’une  saine  critique-,  ces  mêmes  faits , 
les  voici  de  nouveau  sous  nos  yeux.  Les  voici,  non  plus 
d’autrefois,  non  plus  d’hier,  mais  tels  que  les  produit  le 
moment  actuel,  I beure  qui  est  en  voie  de  s'écouler.  Ou 
plutôt  voici  le  Juif  lui-même,  voici  le  Juif  en  action  devant 


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t66 


LES  JOIES. 


nos  yeux;  le  Juif  antique  et  pur  sang,  le  Juif  indélébile, 
celui  qui  formera  jusqu’aux  derniers  jours  du  judaïsme 
« t indestructible  noyau  » de  la  nation.  Nous  le  trouvons  k 
l’œuvre  comme  au  moyen  âge,  c'est-k-dire  en  train  de  dé- 
vorer un  peuple  et  tout  commentaire  est  inutile  k qui  le 
voit  opérer.  Le  voyez-vous,  l’entendez-vous,  et,  parce  qu'il 
a provoqué  de  cruelles  réactions,  qui  ne  le  prendrait  pour 
une  innocente  victime?  Il  se  plaint,  gémit,  soupire,  se  la- 
mente, et  mêle  aux  cris  de  la  douleur  les  cris  de  la  fureur; 
il  remplit,  il  étourdit  le  monde  d’incriminations  qui,  dans 
sa  bouche  même,  se  heurtent  aux  démentis  qu’il  s’inflige; 
il  accuse  de  l’égorger  des  hommes  que  le  peuple  qu’il  dévore 
n’accuse  que  de  le  ménager;  il  double  ses  supplications  de 
l’insolence  de  ses  menaces;  il  appelle  k lui  pour  le  soutenir  scs 
compatriotes  du  dehors  ; il  exige,  en  invoquant  ce  qu’il  appelle 
ses  droits,  l’intervention  des  peuples  étrangers;  son  verbe 
impérieux  réclame  la  protection  souveraine  des  souverains 
de  ces  peuples;  il  traite  leurs  princes  de  puissance  k puis- 
sance ; il  leur  parle  du  Ion  que  se  permet  le  supérieur  en 
s’adressant  au  subordonné  dont  l’obéissance  hésite;  il  ose, 
k la  face  de  l’Europe  libérale,  il  ose  les  sommer  de  briser  k 
son  profit  la  liberté  de  la  presse  et  la  liberté  de  la  tribune  : 
ces  libertés  qui,  partout  ailleurs,  sont  dans  sa  bouche  la 
personnidcation  du  progrès  social,  et  pour  lesquelles  il  arme 
toutes  les  milices  que  toutes  les  sectes  occultes  ou  patentes 
des  révolutions  mettent  d'un  bout  k l’autre  du  monde  k son 
service! 

Voilà  ce  que  nous  fait  voir  et  entendre,  voila  ce  que  nous 
fait  toucher  du  doigt  et  de  l’œil  le  théâtre  où  nous  avons 
transporté  le  lecteur,  et  sur  lequel  c’est  le  Juif  lui-méine 
qui  se  produit  ; où  ses  actes  se  mêlent  k sa  parole,  et  où  sa 
triste  et  dramatique  personne  nous  donne,  au  beau  milieu 
du  dix-neuvième  siècle,  le  spectacle  complet  et  perfectionné 
du  Juif  son  père  au  moyen  âge! 

' Manifesle  des  trente  et  un  députés  de  la  Roumanie,  pièce  admi- 
rable et  officielle. 


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CHAPITRE  ONZIÈME. 


451 


Mais,  une  fois  encore,  quel  est-il  donc  ce  Juif,  h la  fois 
antique  et  brillant  de  jeunesse,  dont  trois  ou  quatre  journées 
de  vapeur  séparent  celui  qui  persisterait  à le  nier?  Quel  est- 
il?  car  ce  résumé  doit  le  redire  : Il  est  le  Juif  orthodoxe 
que  nous  avons  décrit,  et  qui  foisonne  dans  un  si  grand 
nombre  de  pays.  Regardez!  abaissez  les  yeux  sur  cette  po- 
pulation énorme,  florissante,  et  que  vous  voyez  s’engraisser, 
se  fortifier,  grossir  de  23,000  b i ou  5Ô0,000  âmes  en 
quelques  années',  et  pulluler  en  dévorant  la  substance  du 
peuple  qui  l’héberge.  Il  est  bien  — et  qui  le  contesterait? 
— le  Juif  esclave  des  traditions  pharisaïques;  il  est  le 
croyant  invariable,  dont  vingt  siècles  n’ont  pu  ni  changer 
ni  modifier  les  croyances-,  il  est,  par  conséquent,  le  maudit 
de  vingt  siècles,  parce  que  vingt  siècles  n'oni  pu  ni  changer 
ses  actes  ni  modifier  ses  mœurs.  Et  la  multitude  sortie  de 
ses  flancs  entend  ses  docteurs,  ses  oracles  religieux  lui 
crier  ; Patience!  ce  sol  que  vous  foulez,  ce  n’est  qu’une 
Judée  provisoire,  qu’une  terre  d’exil  ou  d'emprunt-,  mais 
demain  vous  serez  ici  chez  vous;  demain  ce  sera  le  jour  de 
la  délivrance;  demain  apparaîtra  le  libérateur;  demain  son- 
nera l’heure  où,  du  sein  de  la  patrie  reconquise,  « senls 
vous  dominerez  l’humanité  tout  entière.  » 

Telle  est  donc  la  foi  de  cette  population  qui,  dans  les 
magnifiques  parages  du  Danube , se  dit  en  train  de  refaire 
sa  Palestine,  et  dont  les  croyances  vigoureuses  et  redoutables 
nous  conduisent  au  chapitre  du  Messje , ce  libérateur  qu’il 
attend. 

* Rot'HANiE.  IC  Le  service  sanitaire  de  la  capitale  a publie  récemment, 
par  l’organe  du  docteur  J.  Fé'ix,  un  rapport  » dont  les  résultats  sont, 
en  1867  et  1868,  chez  les  chrétiens  : excédant  des  morts,  1.765  sur 
10,537  naissances;  chez  les  Juifs,  au  contraire,  presque  deux  fois 
autant  de  naissances  que  de  morts!...  La  capitale  est  donc  condamnée 
dans  un  intervalle  de  cinquante  ans  « h devenir  une  ville  purement 
juive.  D Archives  israélites,  XIII,  p.  393-94;  1869,  extrait  du  Trajan, 
11-S3  mai.  Ajoutez  le  flot  de  l’immigration  israélite  i ce  prodigieux 
excédant  de  naissances  judaïques  sur  tes  morts,  tandis  que  le  contraire 
existe  chez  les  chrétiens  « de  tous  les  rites  i>,  et  calculez! 


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458 


LES  JUIFS. 


NOTE. 

ÜN  MOT  ESSENTIEL  SUR  LA  CIVILISATION. 

Que  signifie  ce  mol  civilisation?  Car  le^  camps  les  plus  opposés, 
les  plus  hostiles,  se  le  disputent,  se  l’arrachent,  comme  s’il  portait  en 
lui  tout  l’honneur  de  l’homme,  comme  s’il  était  la  gloire  exclusive  de 
l’époque  actuelle! 

La  civilisation  se  renferme  et  repose,  tout  entière,  dans  l’ensemble 
des  principes  qui  font  de  l’homme  un  citoyen  {civis) , le  digne  habi- 
tant d’une  cité,  le  membre  sain  et  actif  d’une  société  humaine,  c’est- 
à-dire  un  être  éminemment  sociable.  Et  depuis  longtemps  est  formulé 
ce  mot  heureux  : Nul  ne  peut  être  bon  citoyen  de  la  terre,  s’il  ne 
travaille  à se  rendre  bon  citoyen  du  ciel! 

En  d’autres  termes,  la  civilisation  consiste  dans  un  lien  plein  de 
force  et  de  douceur,  qui,  liant  l’homme  à son  senjblable,  les  lie  tous 
ensemble  à Dieu.  Le  mot  religion  (de  religare,  lier)  est  le  nom  de  ce 
lien;  or,  en  fait  do  religion,  le  simple  bon  sens  nous  enseigne  qu’une 
seule  peut  être  vraie,  et  la  moindre  réflexion  nous  apprend  que  celle 
religion  vraie  ne  peut  être  que  la  plus  ancienne.  Elle  est,  par  cela 
môme,  celle  que  le  Dieu  d’Israël  grava  sur  la  pierre  du  SinaF  lors- 
qu’elle se  fut  presque  effacée  de  la  pierre  du  cœur  humain  ; celle  que 
le  Christ,  annoncé  par  elle,  est  venu  compléter  et  rendre  parfaite. 
Hors  de  ce  dernier  code  religieux,  la  civilisation  n’existera  jamais,  elle 
ne  sera  qu’imparfaite. 

Ainsi,  les  peuples  les  plus  lettrés  de  l’antiquité,  adorateurs  de  dieux 
homicides  et  infâmes,  chez  lesquels  les  passions  recevaient  un  culte, 
et  pour  qui  l’homme  était  un  instrument,  une  proie,  une  chose 
moins  qu’une  chose;  ces  peuples,  malgré  la  culture  de  leur  intelli- 
gence, n’étaient  point  des  hommes  civilisés;  ils  n’étaient  que  des 
hommes  policés,  des  gens  que  les  lois  de  leurs  cités  avaient  assez 
polis  par  le  dehors  pour  que  le  contact  leur  devînt  moins  blessant.  Au 
fond , et  par  le  côté  moral,  ces  hommes , malgré  quelques  préceptes 
échappés  à la  ruine  de  la  loi  naturelle,  ne  s’élevaient  guère  au-dessus 
des  Barbares.  Ils  se  livraient  par  leur  philosophie,  qui  sapa  leur  culte, 
à toutes  les  débauches  de  l’esprit  ou  de  la  libre  pensée;  et,  par  les 
désordres  de  leur  cœur,  à toutes  les  débauches  de  la  morale  imlèpen- 
dante,  c’est-à-dire  à la  licence  que  profi'sse  de  toute  nécessité  celui 
qui  renie  toute  croyance  et  tout  législateur  suprême,  en  d’autres  ter- 
mes Vhomme  sans  foi  ni  loi  2. 

Or,  pour  le  Juif,  depuis  le  Christ  jusqu’au  milieu  de  ce  siècle,  la  loi 
de  Moïse  n’est  que  néant  à côté  des  traditions  rabbiniques.  Car  ce 

* L’Égtise  réprouve  l’eKlavage  soas  toutes  scs  formes;  mais,  didacliquemcat, 
l’esclave  aocien  est  moins  une  chose  qu’un  néant,  non  tam  vilis  quam  nullus. 

Au  milieu  de  ces  peuples  existaient  des  hommes  qui  vivaient  d’une  vie  pure, 
parce  que  les  préceptes  de  la  loi  naturelle  existaient  dam  leur  coeur. 


459 


CHAPITRE  ONZIÈME. 

Juif  est  devenu  l’homme  du  Talmud,  code  sauvage  où  les  préceptes  de 
la  haine  et  de  la  rapine  se  mêlent  aux  doctrines  do  la  magie  cabaliste, 
que  professait  la  haute  idolâtrie.  Il  est  donc  incivilisable,  en  tant  qu’il 
reste  immuable.  Quant  à celui  qui  commence  à changer,  à marcher,  à 
conspuer  les  traditions  rabbiniques,  à se  mettre  à la  tête  des  idées  du 
progrès  moderne,  enfantées,  nous  avoue-t-il,  par  la  philosophie  du 
dix-huitième  siècle,  non-seulement  se  place-t-il  en  dehors  de  la  civili- 
sation véritable,  c’est-à-dire  do  la  cMlii-alion  chrétienne,  mais  il  en 
est  le  plus  irréconciliable  ennemi.  En  un  mot,  l’essence  de  la  religion 
du  premier  de  ces  Juifs,  et  l’essence  des  principes  qui  sont  la  vie  in- 
tellectuelle et  morale  du  second,  c’est  la  haine  la  plus  implacable  des 
vérités  de  la  religion  chrétienne,  .\insi  le  démontrent,  dans  leur  accord, 
les  publications  et  les  actes  de  ces  hommes  entre  lesquels,  aujourd’hui,  . 
la  seule  foi  commune  est  celle  qui  se  borne  à l’unité  que  forment  les 
liens  du  sang  et  les  intérêts  de  race.  C’est  pourquoi , désespérant  de 
lui-même,  le  judaïsme  commence  à nous  dire  : « Toute  la  religion 
juive  est  fondée  sur  l’idée  nationale  M c’est-à-dire  sur  l’attente  d’un 
Messie  dominateur,  homme  ou  idée,  dont  le  triomphe  sera  le  triomphe 
d’Israël.  (Voir  notre  chap.  xii.) 

Et  le  triomphe  du  judaïsme,  c’est  la  ruine  de  la  doctrine  chrétienne, 
source  de  la  civilisation.  Qui  donc,  parmi  nous,  en  embrassant  avec 
amour  « la  réalisation  des  principes  modernes  »,  dont  le  concile 
judaïque  de  1869  favorise  et  bénit  « le  développement,  comme  la  plus 
sûre  garantie  du  présent  et  do  l’avenir  du  judaïsme  et  de  ses  mem- 
bres, » se  doute  qu’il  ne  travaille  guère  qu’à  fonder,  aur  dépens  de  la 
seule  civilisation  jx)ssiblej  la  domination  de  Juda  ? 

* Lévy  Biug,  Lcurcs;  Archives  israélites,  p.  335  à 350;  1804, 


CHAPITRE  DOUZIÈME. 

PnEMIÈRE  DIVISION.  — LE  MESSIE  JIJDXÏQDE. 

Le  Juif  orthodoxe  ne  cesse  d’esp^ror  une  révolution  universelle  qui 
l’élèvera,  par  son  Messie,  au-dessus  do  tous  les  peuples.  — Israël 
a-t-il  ou  non  conservé  sa  foi  naïve  cl  robuste  au  Messie?  Oui,  mais 
le  Juif,  depuis  quelques  années,  n'esl  plus,  ici  et  là-bas,  semblable  à 
lui-mème.  — Le  rabbin  Lazard  énonce  que  le  rétablissement  do  Jéru- 
salem n’est  que  chose  idéale,  qui  ne  nuit  pas,  en  conséquence,  à 
leur  patriotisme  national.  — Les  réformateurs  allemands  tiennent  le 
même  langage , parce  que  parler  de  ce  rétablissement  serait  un 
• obstacle  à leur  émancipation.  — Les  Juifs  anglais  sont  plus  francs, 
et  l'immense  majorité  des  Juifs  croit  au  Messie,  mais  défense  est 
faite  d’en  fixer  la  date.  — Le  Messie  des  talmudisants  reste  le  pivut 
de  la  foi  judaïque.  — Lettre  de  M.  Lévy  Bing  sur  le  Messie,  chef- 
d’œuvre  de  clarté.  — L’unification  des  peuples  doit  s’opérer,  afin 
qu’Israél  puisse  être,  au-dessus  d’eux  tous,  le  peuple-Pape.  — Le 
toast  universel.  — La  patrie  de  cœur  et  définitive  de  tout  Juif,  c’est 
donc  encore  la  Judée.  — Ce|iendant  le  Messie  ne  sera  pas  de  nature 
divine.  — Il  rebâtira  Jérusalem  et  y ramènera  les  Juifs  délivrés.  — 
Le  Juif  talmudique  se  nourrit  de  l’espoir  de  la  conquête  et  de  la 
spoliation  des  peuples  qui  lui  donnent  droit  de  cité.  — Preuve, 
anecdotes.  — Pour  le  Juif  progressiste,  le  Messie  est  l’époque  philo- 
sophique actuelle,  qui  renverse  Eglise  et  Talinud;  pour  le  Juif  or- 
thodoxe, celle  é|)Oque  est  une  des  étapes  qui  préparent  le  Messie 
réel.  — GrotC-sques  superstitions.  — Familles  me.ssianiques  , des- 
criptions. 

Les  Juifs  ont  espéré  de  tout  temps  leur  .Messie,  et,  tantôt  y 
songeant,  tantôt  sans  en  avoir  la  conscience,  ils  ont  préparé 
l’œuvre  de  la  révolution  sociale  et  universelle  dont  l’instru- 
ment définitif  serait  ce  Messie,  et  dont  le  résultat  final  doit 
être  et  sera,  — ne  cessent-ils  de  se  répéter  l’un  h l’autre, 
— d’établir  leur  domination  sur  tous  les  peuples  de  la  terre! 
Mais  nous  ne  saurions  comprendre  ni  la  vivacité  de  cet  es- 
poir, ni  la  force  que  donne  cette  foi  tradiiiounelle  a l’exécu- 
tion de  leur  dessein,  si  nous  n’arrêtions  un  instant  les  yeux 
sur  l’ardeur  et  la  ténacité  de  la  croyance  qui  lie  l'esprit  et 
le  cœur  du  Juif  à l'idée  du  .Messie. 

La  question  se  pose  donc  pour  nous  en  ces  termes  : Israël 
a-t-il  ou  non  conservé  sa  foi  naïve  et  ardente  au  Messie? 
Et  la  réponse  que  nous  donnent  les  fils  de  la  dispersion  est 
celle-ci  : Malheur!  malheur  à qui  l’a  perdue  cette  foil  Ce- 


CHAPITRE  DOUZIÈME. 


464 


pendant,  parmi  les  Juifs,  les  uns  croient  au  Messie  d’une 
foi  franebe  et  vaillante,  tandis  que  d’autres  semblent  nier 
ce  Désiré  des  descendants  de  Jacob , et  que  d’autres  encore 
altèrent  et  déforment  les  traits  si  vigoureusement  accentués 
de  sa  tigure  traditionnelle-,  plus  que  jamais  sachons  donc, 
en  nous  livrant  h la  recherche  du  vrai,  observer  alternative- 
ment le  pour  et  le  contre^  et,  d’abord,  rappelons-nous  qu'il 
ne  s’agit  plus  de  s’imaginer  que  le  Juif  soit  ici , là-bas  et 
ailleurs,  ce  qu’il  était  il  y a quelques  années  encore,  c’est- 
à-dire  toujours  et  jiaitout  égal  et  identique  à lui-même. 
Nous  nous  garderons  dès  lors  de  prendre  celui  qui  se  trouve 
à portée  de  nos  oreilles  et  de  nos  yeux  pour  le  semblable 
en  croyance  du  Juif,  dont  la  parole  et  la  vue  ne  nous  sont 
point  familières. 

Ce  qu’il  y a de  remarquable , nous  dit  un  habitant  de  la 
capitale  de  la  F" rance,  le  docte  et  révérend  Père  Théodore 
Ratisboune,  Israélite  converti,  c’est  le  soin  avec  lequel  les 
Juifs  « fuient  toute  discussion  sérieuse  et  dogmatique.  On 
écarte  surtout  la  grande  question  du  Messie,  la  seule  qui 
s’interpose  entre  les  Juifs  et  les  chrétiens.  » 

Aujourd’hui  « les  Juifs  n’admettent  plus  ce  point  fonda- 
mental de  la  religion  de  leurs  pères;  ils  rejettent  tout  en- 
semble le  mystère  du  péché  originel  et  la  promesse  du  Ré- 
dempteur. Ou  bien , s’ils  invoquent  encore  le  Messie  dans 

la  récitation  obligatoire  des  psaumes, ils  n’attacbent 

aucun  sens  à leurs  paroles;  ils  les  regardent  comme  des 
formules  surannées;  ils  déclarent  même  qu'on  ne  doit  plus 
attendre  le  Messie,  ni  demander  d’autre  affranchissement 
que  celui  qu’ils  ont  obtenu  dans  leur  situation  politique.  Le 
Messie  est  venu  pour  nous  le  28  février  i 790  avu  les  Droits  de 
l’homme.  Ainsi  s’exprimait  l’un  des  organes  les  plus  auto- 
risés des  Juifs  modernes,  M.  Catien,  le  traducteur  de  la 
Bible  '.  » 

Ces  paroles  se  restreignent  sans  doute,  dans  l’intention  du 

' La  Question  juive , p.  48.  4868,  34  pages;  et  M.  Cahen,  Archives 
isrcsèlites,  VIII,  p.  804  ; 4847. 


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462 


LES  JUIFS. 


(Iode  Religieux,  aux  Juifs  lettrés  et  réformistes  d’une  partie 
de  l’Europe  ; hommes  puissants  par  leur  riehesse , par  leur 
influence,  et  souvent  meme  par  une  éclatante  honorabilité, 
mais  qui  ne  forment  dans  la  nation  qu’un  nombre  minime. 

Un  autre  chrétien , dont  la  plume  nous  représente  la 
Terre  sainte  élevée  ‘a  la  jonction  de  trois  continents  comme 
une  forteresse  dont  l'enceinle  attend  Israël , s’exprime  en 
termes  qui  méritent  d’être  rapportés  : « La  solution  dernière 
de  la  question  d’Orient,  nous  dit  M.  Vercruyssc,  ne  se  fera- 
t-elle  point  par  le  rélahlissementdu  peuple  Israélite  dans  son 
pays,  la  Palestine?...  Le  rétablissement  des  Juifs  en  Palestine 
présente  deux  faces  : le  côté  religieux  et  le  côté  politique.  » 

« Le  peuple  Israélite,  et  le  peuple  arabe  ou  ismaélite, 
sont  les  peuples  qui  peuvent  prétendre  à la  idus  ancienne 
nationalité  du  monde;  ils  ont  été  providentiellement  pré- 
servés et  conservés;...  et,  nous  pouvons  en  être  certains, 
les  destinées  de  ces  deux  nationalités,  uniques  et  mysté- 
rieuses, seront  encore  plus  grandet  dans  l'avenir  que  éms  le 
passé U 

Cependant  MM.  Isidore  Caben  et  .Marc  Lévy  ne  citent  ces 
paroles  que  pour  les  combattre  avec  une  singulière  audace 
de  doctrine  réformiste.  Écoutons  : « Nous  nous  sommes 
souvent  prononcés  sur  cette  question  dans  un  sens  dillérent. 
L’histoire  ne  recommence  point,  et  les  Israélites,  messa- 
gers de  l'idée  monothéiste,  doivenl  se  disjterser  dans  le  monde, 
non  se  concentrer  dans  une  forteresse'.  » Il  est  d’ailleurs 
une  calomnie  que  répètent  ’a  satiété  tous  les  théologiens  du 
christianisme,  c’est  que  « les  Juifs  n’ont  pas  voulu  recon- 
naître le  Messie  dans  le  lils  de  Marie,  parce  qu'ils  étaient 
charnels,  et  espéraient  en  un  Messie  qui  leur  donnerait  tout 
d'abord  la  domination  absolue  du  monde;  assertion  gratuite 
et  contraire  à riiistoire.  En  elfct,  l’élection  d’Israël  n’a  rien 
de  mondain  ; il  a toujours  compris  que  son  rognume  n’est  pas  de 
ce  monde.  Il  est  le  premier  parmi  les  nations,  comme  le  prêtre 
est  le  premier  parmi  les  croyants;  U a pour  mission  de  faire 
' Archives  israétiles,  p.  884  ; 45  octobre  4866. 


CHAPITRE  DOUZIÈME. 


463 


reconnaître  aux  hommes  la  véritable  doctrine  *,  comment  les 
Israélites  auraient-ils  pu  supposer  que  Dieu  leur  soumet- 
trait toutes  les  nations,  eux  h qui  le  prophète  Daniel  venait 
■d’enseigner  que  chaque  peuple  a son  ange  gardien,  comme 
Israël  '?  Ils  étaient  bien  loin  d’avoir  cet  esprit  exclusif  et 
d’une  ambitieuse  inlolémnce  qu’on  veut  leur  attribuer-,  il 
n’y  avait,  il  ne  pouvait  y avoir  rien  de  pareil  dans  leurs 
ranc65  messianiques*.  » 

En  vain,  s’écriait  du  haut  de  la  chaire  M.  le  rabbin 
Lazard,  en  vain  chercherait-on  ’a  rendre  à Jérusalem  son 
ancien  éclat.  « Il  ne  s’agit  plus  pour  nous  de  la  repeupler, 
mais  de  tourner  vers  elle  nos  pensées,  » car  elle  n’est  point 
notre  ville  matérielle,  elle  n’est  que  notre  « ville  idéale.  » 
Et  voil'a  comment  « la  prière  quotidienne  demandant  le  ré- 
tablissement de  Jérusalem  ne  porte  aucun  préjudice  à notre 
patriotisme  national*.  » En  un  mot,  « notre  bannière  reli- 
gieuse porte  (juafre  dogmes  clairs  cl  lumineux  comme  le  so- 
leil : unité  absolue  et  rigoureuse  de  Dieu  5 immortalité  de 
l’ame-,  révélation  sinaïque,  et  enfin  venue  du  Messie,  » Mais, 
par  ce  dogme  de  la  venue  du  Messie , il  ne  faut  entendre 
que  « la  perfectibilité  indéfinie  de  Cliumanité^!  » 

Toute  la  foi  messianique  va  donc  aboutir  a cette  grotesque 
subtilité,  contre  laquelle  proteste  une  formule  qui,  chez 
tous  les  peuples,  exprime  la  foi  la  plus  inébranlable  et  la 
plus  positive  ’a  la  chose  attendue  : Je  l’attends  comme  les 
Juifs  attendent  le  Messie. 

‘ La  Bible  ne  dit-elle  pas  de  cet  ange  : « 11  ne  vous  pardonnera 
point  lorsque  vous  pécherez.  Exode,  xxiii,  21. 

2 Cet  échantillon  est  un  de  ceux  qui  nous  montn'iit  ce  qu’une  plume 
juive  ose  faire  supporter  au  papier.  Le  Talmud  , l’hisloire  des  tradi- 
tions rabbiniques,  qui  sont  le  catéchisme  des  Juifs,  l’histoire  des  faux 
Messies  et  des  familles  messianiques,  nous  disent  ce  que  nous  devons 
penser  d’un  tel  arrêt.  Voir  Marc  Lévy,  Archives  israélites,  VI,  p.  249, 
1867  ; lire  la  suite,  et  voir  le  contraire  plus  bas. 

3 Archives  israélites,  XVII,  p.  810;  1867.  Ainsi  le  Juif  cessant  d’être 
Juif  do  nation,  ne  le  serait  plus  que  de  culte!  1 1 Et  ce  culte  serait 
symboli(iue  1...  Faites  accepter  de  pareilles  énormités  à la  masse  de  la 
nation. 

* Archives  israélites,iy  164  ; 1868.  Auschcr,  rabbin.  — O Israël!  !! 


46i  LES  JUIFS. 

Les  réformateurs  allemands,  nous  dit  l’Israélite  Rabbino- 
wicz,  voyaient  dans  « les  passages  qui  parlent  du  retour  des 
Juifs  dans  le  pays  de  leurs  ancêtres  et  du  rétablissement 
du  royaume  de  David...,  un  obtiade  à C émancipation.  » Dé- 
terminés h se  débarra.sser  de  cet  obstacle,  ils  prirent  donc 
bravement  le  parti  de  faire  bon  marché  des  espérances 
messianiques.  Telle  est  la  clef  du  mystère  de  ce  revirement 
de  bord!  Mieux  avisés,  au  contraire,  et  plus  généreux,  les 
Juifs  anglais  « ont  compris  que  ce  serait  la  une  réforme 
qui  ferait  plus  de  mal  que  de  bien.  » Us  trouvèrent  juste 
de  respecter  la  foi  séculaire  des  Juifs,  qui  ont  droit,  <i  leur 
sens,  « de  former  les  vœux  la  plu*  ardents  pour  une  mal- 
heureuse patrie,  quand  même  ils  seraient  décidés  à ne 
retourner  jamais , en  personne , dans  le  pays  de  leurs 
ancêtres'.  » 

La  foi  n’est  donc  plus  uniforme  chez  tous  les  lils  de  la 
dispersion  -,  mais  les  moins  aveugles  sont  ceux  qui  se  dé- 
couragent le  plus  vite  lorsqu’il  s’agit  de  croire  b leur  Messie; 
et,  dans  leur  pensée,  le  crédit  de  ce  personnage  va  tous 
les  jours  baissant  de  plus  en  plus;  car  « il  a laissé  passer 
sans  se  montrer  toute»  les  époques  que  les  rabbins  ont  trouvées 
au  bout  de  leurs  nombreuses  supputations'!  » Leur  foi  sans 
cesse  déçue  s’est,  k la  longue,  fatiguée!  Les  uns,  entrant 
dans  le  sein  de  l’Église,  se  sont  humiliés  devant  le  Messie 
de  Belblébem  et  du  Calvaire,  et  les  autres  se  sont  forgé  de 
toutes  pièces  un  protestantisme  tout  philosophique,  tandis 
que  d’autres  encore  semblent  se  reposer  et  se  rafraichir  en 
se  plongeant  dans  les  profondeurs  de  l’indifférence.  Cepen- 
dant, l'immense  majorité  de  la  dispersion  reste  aveuglément 
fidèle  ’a  ses  croyances  messianiques  et  à ses  rabbins,  qui 
fort  prudemment,  et  le  docte  Abrahanel  en  tête,  ont  décrété 
l’anathème  contre  quiconque  aurait  la  présomption  de  fixer 
une  date  b l’arrivée  du  Messie  : qu’il  leur  suffise  de  voir 

' La  réforme  Israélite  à Londres,  45  novembre  t866;  Archives  israé- 
/ites,  XXII,  p.  984;  1866. 

^ Seconde  lettre  d’un  rabbin  converti  (Drach),  p.  tOO;  Paris,  48Î7. 


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CHAriTRE  DOUZIÈME. 


465 


apparaître  en  son  temps  cet  illustre  restaurateur  d'Israël! 
Mais  si  cette  immense  majorité  reste  ce  qu’elle  était,  qu’élait- 
elle  donc?  Le  passage  suivant  nous  l’enseigne  eu  termes 
fort  clairs  : 

K Les  sages  et  les  maîtres  de  la  Synagogue  terminent 
ordinairement,  de  nos  jours,  par  la  pensée  de  ce  triomph\teuk 
FUTUR  les  discours  qu’ils  tiennent  dans  leurs  assemblées  : ils 
excitent  leurs  coreligionnaires  h l’ohservancc  fidèle  de  la 
loi,  en  soutenant  leur  espérance  devoir  l’ avènement  du  Messie, 
et  de  jouir  de  tous  les  biens  promis  a Israël.  Or,  un  de  ces 
biens  est  le  moment  désiré  du  massacre  des  chrétiens,  et 
de  l’extinction  complète  de  la  secte  des  Nazaréens.  » Le 
mot  est  clair,  et  ce  qu’il  dit  encore  aujourd’liui  se  disait  il 
y a bien  des  siècles.  Aussi  saint  Jérôme,  qui  conuaissait  à 
fond  les  doctrines  judaïques,  écrivait-il  à propos  de  la  petite 
pierre  qui  se  détache  du  haut  de  la  montagne  pour  briser 
la  statue  de  Nabuchodonosor  : « Les  Juifs  tournent  ce  pas- 
sage a leur  avantage,  et  refusent  de  reconnaître  le  Christ 
dans  cette  pierre.  Elle  ne  désigne  pour  eux  que  le  peuple 
d’Israël  devenu  tout  d’un  coup  assez  fort  pour  renverser  tous 
les  royaumes  de  la  terre  et  fonder  sur  leurs  ruines  son 
empire  éternel  ' . » 

Plus  tard,  au  quinzième  siècle,  le  docte  rabbin  .4bra- 
banel’  annonce  dans  ses  commentaires  le  règne  du  Messie, 
époque  glorieuse  où  s’accomplira  l’ extermimtion  des  chrétiens 
et  des  gentils'-,  cl  Rcucblin  nous  dit  : Ils  attendent  avec  impa- 
tience le  bruit  des  armes,  les  guerres,  le  ravage  des  pro- 
vinces et  la  ruine  des  royaumes.  Leur  espoir  est  celui  d’un 
triomphe  semblable  à celui  de  Moïse  sur  les  Chananéens, 
et  qui  serait  le  prélude  d’un  glorieux  retour  h Jérusalem, 

' L’Eglise  et  la  Synagogue,  p.  (8-t9;  Paris,  4859. 

* Quinzième  siècle.  Personnage  fort  estimé  des  Juifs,  et  qui  fut  mi- 
nistre des  finances  en  Portugal  et  en  Espagne  sous  Ferdinand  le  Catho- 
lique. Il  fut  banni  avec  le  corps  dosa  nation,  et,  quoiqu’on  puisse  dire, 
ce  bannissement  des  Juifs  fut  le  salut  de  l’Espagne , dont  ils  étaient  le 
fléau,  comme  ils  le  sont  de  la  Roumanie. 

•*  Sur  Jérémie,  ch.  xxx. 


30 


466 


LES  JUIFS. 


rétablie  dans  son  antique  splendeur.  Ces  idées  sont  Câme 
<les  commentaires  rabbintques  sur  les  prophètes.  Elles  ont  été 
traditionnellement  transmises  et  inculquées  dans  les  esprits  de 
cette  nation^  et  ainsi  se  sont  préparés  de  tout  temps  les 
Israélites  h cet  événement,  terme  suprême  des  aspirations 
de  la  race  juive'  ! 

Le  Messie  des  talmudisants , qui  n’est  point  encore  un 
vaincu,  n’était  donc  nullement  un  mythe;  et  M.  Félicité 
(Vercruysse)  peut  et  pourra  longtemps,  sans  doute,  nous 
alTirmer  que  les  Israélites  ne  renoncent  point  a cette  croyance 
choyée  de  génération  en  génération  pendant  un  si  long 
enchaînement  de  siècles*.  Car  le  Messie  est  « le  pivot  de 
leur  foi  et  de  leur  espérance;  et  n’ayant  point  admis  le 
Christ  pour  le  prophète  promis,  ils  attendent!  mais  il  est  à 
espérer  qu’un  jour  ils  reconnaîtront  leur  erreur  ; ou  bien  il 
est  a craindre  qu’un  grand  nombre  ne  finissent  par  admettre 
l* Antéchrist  pour  le  Messie.  C’est  ce  que  Dieu  a prévu,  et  dont 
il  a bien  voulu  les  prévenir’...  » 

Ainsi  donc,  et  malgré  de  nombreuses  défections,  ils 
attendent  pour  la  plupart,  ils  se  préparent  a la  réalisation 
de  cette  espérance  infatigablement  soutenue;  et,  « toujours 
ils  s’imaginent  qu’ils  sont  les  élus,  ou  le  peuple  de  Dieu;  » 
ils  se  figurent  qu’à  ce  titre  « ils  sont  supérieurs  à toutes  les 
nations  (Gojim);  qu’ils  en  diffèrent  physiquement  et  mora- 
lement, et  que  celles-ci  devront  être  exterminées  lors  de  la 
venue  de  leur  Messie.  •»  Aussi  le  judaïsme  n’a-t-il  été  jus- 
. qu’à  ce  jour,  « au  point  de  vue  politique,  religieux  et  phy- 
sique, qu’un  esprit  de  caste,  qui,  parla  rigueur  et  l’inexorable 
partialité  de  ses  partisans,  n’a  son  égal  dans  aucune  classe 

* Buxtorf,  Synagogue  judaïque , ch.xxxv.  Maimonides  dans  Suren- 
heinsius,  Mischna,  part,  iv,  p.  464;  Abrabanel,  Prceco  salut is.  L'Eglise 
et  la  Synagogue,  p.  48-20.  — Cette  préparation  s’opère  vigoureuse- 
ment aujourd’hui  même. 

■•^Opuscule  intitulé  la  Régénération  du  monde,  dédié  aux  douze 
tribus  d'Israël;  Paris,  4860,  et  dont  M.  Vercruysse  fils  nous  fit  le  très- 
gracieux  présent  au  congrès  de  Malines  do  48*64;  ouvrage  fort  inté- 
ressant, mais  dont  nous  ne  saurions  adopter  toutes  les  idées. 

3 Ibid.,  Vercruysse,  p.  43.  Voir  la  suite. 


CHAPITRE  DOUZIÈME. 


*67 


d’hommes  en  Europe...  De  Ih  vient  qu'un  antagonisme 
permanent  entre  l’État  et  le  judaïsme  est  inévitable  ' ! » 
Ainsi  donc,  d’un  côté  du  judaïsme  reste  et  se  lient  debout 
l’antique  et  inébranlable  croyance  au  Messie  exterminateur 
et  spoliateur  des  peuples-,  tandis  que  de  l'antre,  tantôt  ce 
dogme  s'évapore,  se  réduit  en  symbole,  et  tantôt  on  s’en 
débarrasse  sans  façon  si  le  moindre  intérêt  l’exige-,  mais 
les  docteurs  doués  de  quelque  prudence  se  gardent  de  re- 
pousser brutalement  les  fidèles  qui  persistent  à le  prendre 
au  sérieux.  Les  Archives  israéliies,  dont  les  rédacteurs  se 
rangent  au  nombre  de  ceux  qui  tournent  en  mythe  le  Messie, 
ouvrent  donc  largement  leurs  feuilles  aux  croyances  des 
orthodoxes,  et  nous  donnent  dans  la  lettre  suivante  un  admi- 
rable monument  de  l’inébranlable  attente  des  Juifs  : 

Nancy,  21  mars  1864.  — « Monsieur,  je  suis  de  ceux  qui 
pensent  (]ue  notre  génération  ne  verra  pas  le  jour  de  la 
grande  réparation  [)romise.  Et  pourtant  je  ne  voudrais  pas 
affirmer  le  contraire,  en  présence  des  événements  et  des  transfor- 
mations auxquelles  nous  assistons  depuis  ces  quinze  dernières 
annéesi  » 

n Vous  dites  : Nous  ne  croyons  celte  idée,  — du  Messie, 
et  de  son  retour  triomphal  à Jérusalem , — ni  réalisable  ni 
acceptable!  Avez-vous  bien  réfléchi  h la  gravité  de  ces 
paroles?  Car  elles  constituent  la  négation  complète  de  notre 
foi  et  de  notre  mission  dans  le  monde!  Telle  n’cst  certes  pas 
votre  pensée;  mais  il  convient  qu’un  organe  de  l’impor- 
tance des  Archives  ne  puisse  être  considéré  comme  n’ayant 
pas  toute  la  conscience  des  devoirs  comme  des  espérances 
d'Israël.  Comment!  vous  ne  croyez  pas  à la  mission  finale  de 
la  maison  de  Jacob?  Jérusalem  serait  pour  vous  un  vain 
mot?  Mais  ce  serait  la  le  renversement  immédiat  de  notre  culte, 
de  NOTRE  TRADITION,  de  notrc  raison  d’être;  et,  h ce  compte, 

' Kluber,  Coup  cCceil  des  délibérations  diplomatiques  du  Congrès  de 
Vienne,  t.  III,  p.  390;  — Goschler,  Dictionnaire  encyclopédique  de  la 
théologie  catholique,  par  les  plus  savants  professeurs  et  docteurs  en 
théologie  de  l’Allemagne,  t.  Xll,  p.  *54  ; Paris,  1861,  in-8°. 

30. 


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i68  LES  JUIFS, 

il  faudrait  aussitôt  brftler  tous  nos  livres  sacrés...  Notre 
rituel,  ordinaire  ou  extraordinaire,  toujours  nous  parle  de  la 
HÈRE  PATRIE;  en  nom  levant,  en  nous  couchant,  en  nous  mettant 
à table,  nous  invoquons  notre  Dieu  pour  qu’il  hâte  notre  retour 
à Jérusalem,  sans  retard,  et  de  nos  jours'  ! Ce  seraient  donc 
là  de  vaines  paroles?  La  répétition  générale,  universelle,  de  ces 
paroles  n'aurait  donc  plus  de  sens?  Ce  serait  de  pure  forme? 

» Heureusement  qu'il  n’en  est  pas  ainsi-,  et  vous  voyez, 
cher  Monsieur,  que,  si  beaucoup  d’entre  nous  ont  oublié 
l’importance  du  retour.  Dieu  nous  a suscité  des  frères  nou- 
veaux qui  comprennent  parfois  mieux  que  nous-mêmes  ce 
miracle,  UNIQUE  datw  la  vie  du  monde,  û' Un  peu ple'toutfiirifr  dis- 
persé depuis  dix-huit  cents  ans  dans  toutes  tes  parties  de  l’uni- 
vers sans  se  confondre  ni  se  mêler  nulle  part  avec  les  populations 
au  milieu  des(|uelles  il  vil!  Et,  cette  conservation  incroyable. 
faite  pour  ouvrir  les  yeux  aux  plus  aveugles,  n’aurait  aucune 
signification,  aucune  valeur  pour  nous  et  pour  le  monde? 

...  » Mais  regardons  l’horizon,  et  considérons  trois  signes 
éclatants  qui  nous  frappent.  Trois  mots,  trois  choses  ont  le 
privilège  d’occuper  tous  les  esprits  et  d’absorber  l'allen- 
tiun  du  temps  présent  : Nationalités,  Congrès,  Suez. 

» Eh  bien,  la  clef  de  ee  triple  problème  (des  peuples  qui 
entrent  en  possession  d’eux-mêmes  pour  s’uniflcr,et  unifier 
à l’aide  du  fil  électrique  cl  de  la  vapeur  les  diverses  régions 
du  monde),  la  clef  de  celle  triple  solution,  c’est  Israël,  c'est 
Jérusalem!  Je  l’ai  dit  plus  haut,  toute  la  religion  juive  est 
fondée  sur  l’idée  natioimle.  — El  qu’ils  en  aient  ou  non  con- 
science, — il  n’est  pas  une  pulsation,  pas  une  aspiration 
des  fils  d’Israël  qui  ne  soit  vers  la  patrie'.  Je  le  répète,  il 
'faudrait  fermer  depuis  le  premier  jusqu’au  dernier  de  nos  livres 
s’il  fallait  chasser  Jérusalem  de  nos  pensées!  » 

> Voilà  qui  est  bien  à la  lettre,  bien  anlisymboliquc,  aussi  |X)sitif 
que  précis  ; et  remarquons  ce  mot  : le  retour  dans  la  mère  patrie.  Que 
sont  donc  pour  le  Juif  ses  |>alries  d’occasion? 

^ Le  pays  des  [)ères!  Nous  dira-t-on  comment  les  Juifs  peuvent 
être  de  vrais  citoyens  ailleurs,  avec  cette  pensée  nécessaire,  avec  ces 
vœux  dominants  de  leur  àme? 


Die;  ■ _ 


CHAPITRE  DOUZIÈME. 


469 


« Et  ces  aspirations,  ces  pensées,  ce  ne  sont  pas  seulement 
une  chose  intime,  personnelle  à notre  race,  mais  c’est  wn  besoin 
universel;  c’est  la  réalisation  des  paroles  des  prophètes-,  que 
dis-je  P des  paroles  de  Dieu.  C’est  la  preuve  de  sa  présence 
éternelle  parmi  nous,  c’est  la  sanction  dont  je  parlais. 

» Si,  peu  à peu,  les  vengeances  personnelles  ont  disparu-, 
si  le  préjugé  barbare  et  stupide  du  duel  n’est  bientôt  plus 
qu’un  souvenir;  si,  en  un  mot,  il  n’est  plus  permis  de  se 
faire  justice  h soi-même,  mais  plutôt  de  s’en  remettre  h des 
juges  généralement  acceptés  et  désintéressés  dans  le  litige, 
n’est-il  pas  naturel,  nécessaire,  et  bien  autrement  important, 
de  voir  bientôt  un  autre  tribunal,  un  tribunal  suprême,  saisi 
des  grands  démêlés  publics,  des  plaintes  entre  nations  et  nations, 
jugeant  en  dernier  ressort,  et  dont  la  parole  fasse  foi?  Et  celte 
parole,  c’est  la  parole  de  Dieu,  prononcée  par  ses  fils  aînés 
(les  Hébreux) , et  devant  laquelle  s’inclinent  avec  respect 
tous  les  puînés,  c’esl-k-dire  l’universalité  des  hommes,  nos 
frères,  nos  amis,  nos  disciples^ 

))  Encore  un  mot,  cher  Monsieur...  Nous  approchons  du 
jour  anniversaire  de  la  sortie  d’Égypte  des  Israélites  nos 
pères.  C’est  la  soirée  du  20  avril  que , par  toute  la  terre,  un 
peuple  disséminé  depuis  bientôt  deux  mille  ans,  le  même 
jour,  A LA  MÊME  HEURE,  SOUDAIN,  se  lève  Comme  uii  seul  homme. 
Il  saisit  la  coupe  de  bénédiction  placée  devant  lui,  et,  d’une 
voix  fortement  accentuée,  il  redit  par  trois  fois  le  magnifique 
toast  que  voici  : l’année  prochaine  dans  JERUSALEM I Direz- 
vous  encore  que  le  rétablissement  de  la  nation  juive  n’est 
ni  réalisable  ni  acceptable*?  — LévyBing.  » 

Ce  langage  est-il  assez  énergique,  assez  clair? — Eh 
bien,  ‘a  son  tour,  le  président  de  l’œuvre  de  Jérusalem, 

‘ We  sois  le  peupIe*Pape!  parole  étonnante  dTsraél,  et  qui  le  place  au 
point  de  vue  le  plus  ultramontain  : li  vous  faut  un  juge  suprême,  et 
par  conséquent  infaillible,  ô nations  de  la  terre!  Eh  bien,  me  voici,  je 
dois  être,  je  serai  cet  arbitre,  ce  juge.  Reconnaissez  dans  un  congrès 
judaïque,  reconnaissez  en  moi  non-seulement  le  peuple-roi,  mais  le 

PEUPLE -PAPE. 

^ Archives  israéiites,  p.  335  à 350;  1864.  II  faudrait  lire  toute  cette 
lettre. 


CHAPITRE  DOUZIÈME.  471 

pour  un  cœur  vraiment  israélite,  une  telle  pensée  ce  serait 
un  crime! 

Quelque  langage  qui  se  tienne  au  dehors,  il  est  donc  sé- 
rieusement, il  est  impatiemment  attendu,  ce  Messie.  Cepen- 
dant, et  jusque  chez  les  Juifs  restés  fidèles  aux  traditions 
rabbiniques,  la  plupart  des  docteurs  nient  la  nature  divine 
de  celui  qu’Israël  attend  avec  cette  foi  que  les  siècles  ne 
peuvent  éteindre,  et  que  le  moindre  soufile  ravive.  Ce  Messie, 
— nous  dit  un  ancien  rabbin  que  de  profondes  études  firent 
rentrer  de  nos  jours  dans  le  sein  de  l'Église,  et  qui  s’efforça 
de  faire  participer  à son  bonheur  ses  coreligionnaires, — ce 
Messie  sera,  d’après  la  croyance  contradictoire  et  grotesque 
des  docteurs,  un  homme  du  sang  de  David,  et  dont  la  ma- 
nière de  naître  n’aura  rien  de  miraculeux.  « Il  sera  doué  de 
l’esprit  de  prophétie,  et  il  aura  l’odorat  si  fin,  qu'au  moyen 
de  ce  sens  il  discernera  toutes  choses! Cependant  il  n’at- 

teindra lias  à la  perfection  de  Mo'ise...  » L’objet  de  sa  mis- 
sion, ce  sera  de  délivrer  Israël  dispersé,  de  l’affrancbir  de  la 
captivité  dans  laquelle  le  forcent  a gémir  les  nations,  « et  de 
le  ramener  dans  la  Terre  sainte  après  avoir  défait  Gog  et 
Magog.  » Au  peuple  élu  de  réedifier  et  Jérusalem  et  son 
temple;  it  lui  de  rétablir  et  de  consolider  « nn  règne  tem- 
porel dont  la  durée  sera  celle  du  monde...  Tontes  les  na- 
tions alors .«  seront  assujetties  aux  Juifs,  et  les  Juifs  dispo- 
seront à leur  gré  des  individus  qui  les  composent  et  de  leurs 
biens.  » Il  épousera  plusieurs  femmes,  et  ses  enfants  for- 
meront la  ligne  de  ses  successeurs  après  qu’il  aura  rempli 
sa  longue  et  glorieuse  earrière.  Telle  est,  pour  les  Juifs 
jndaïsanis,  l’une  des  images  de  la  félicité  promise  sous  le 
Messie  qu’ils  attendent  ‘ ! 

D'après  les  auiorités  judaïques  les  plus  graves,  le  Juif 
franchement  talmudique,  et  surtout  le  Juif  de  la  foule, 
ne  nourrit  donc  encore  ses  rêves  que  du  doux  espoir  de  la 
conquête  des  nations  chrétiennes  qui  lui  donnent  le  droit  de 
cité;  que  de  l’assujettissement  des  misérables  épargnés  par 
' Lire  Drach,  deuxième  lettre , p.  99;  Paris,  tSî7. 


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m LES  JUIFS. 

son  fer;  que  de  la  spoliation  des  vaincus!  — Mais  une  anec- 
dote plaisante  nous  donne  la  mesure  et  le  degré  de  verdeur 
de  celte  foi  d'Israël;  et,  si  le  fait  qu’elle  porte  h notre  con- 
naissance semble  émaner  des  Juifs  du  moyen  âge,  ne  nous 
figurons  cependant  point  qu’il  appartienne  aux  temps  passés; 
il  est  du  siècle  même  que  nous  habitons.  II  est  de  l’époque 
où  le  grand  Sanhédrin  de  1807  venait  de  donner  au  premier 
Empire  ses  fameuses  et  attendrissantes  réponses  sur  les  qua- 
lités civiques  et  l’édifiante  charité  d’Israël  : réponses  qu’un 
ancien  et  docte  rabbin  réduisait  â leur  juste  valeur,  mais 
qui,  sous  la  plume  de  M.  l’avocat  juif  Bédarride,  vengeaient 
enfin  la  nation  juive  des  siècles  de  calomnies  et  d'insultes 
dont  l’injustice  des  peuples  l’avait  abreuvée! 

« Dans  l’école  où  j’étais,  k Strasbourg,  nous  raconte 
M.  Drach,  cet  ancien  rabbin,  les  enfants  prirent  la  résolu- 
tion de  faire,  h la  première  apparition  du  Messie,  main 
basse  sur  toutes  les  boutiques  de  conGseurs  de  la  ville.  On 
discuta  pour  savoir  qui  serait  le  dépositaire  de  ce  précieux 
butin.  En  attendant  les  dragées,  il  se  distribuait  force  coups 
de  pied  et  de  poing.  Ces  arguments  ad  hominem  amenèrent 
une  convention  en  vertu  de  laquelle  chacun  devait  garder  ce 
dont  il  s’emparerait.  J’ai  dressé  longtemps,  h part  moi, 
l’état  des  lieux  d’une  belle  boutique  au  coin  de  la  place 
d’Armes,  sur  laquelle  j’avais  jeté  mon  dévolu'..» 

.Mieux  que  toute  parole  humaine,  le  plan  naïf,  les  débats, 
les  combats  et  les  conventions  des  jeunes  talmudisants  de 
l’Alsace,  condisciples  du  très-savant  Drach,  notre  vieille  con- 
naissance, décrivent  en  traits  aussi  caractéristiques  qu'indé- 
lébiles les  doctrines  positives  de  la  religion  que  leur  inculquaient  ^ 
leurs  maîtres.'. ..  C’est  donc  avec  tout  le  sérieux  de  la  foi  qui 
s’inculque  â l’enfance,  qu’au  dix-neuvième  siècle,  et  dans 
l’une  des  principales  villes  de  cette  France  qui  s’empressait 
de  les  proclamer  citoyens  français,  on  voyait  s’accentuer 
chez  les  Juifs  fidèles  â leur  loi  religieuse  la  croyance  au 

' Drach,  deuxième  lettre,  p.  3)9;  Paris,  tSS7. 


O 


473 


CHAPITRE  DOUZIÈME. 

Messie  talmudique,  c’esl-'a-dire  au  Messie  qui  doit  e.xlenni- 
ner  et  dépouiller  les  chrétiens  ! 

Que  voulez-vous,  se  récriera-l-on , les  Juifs  croupissaient 
alors  dans  une  si  crasse  et  dégoûtante  ignorance! — Mais 
non,  s’il  vous  plait-,  cette  excuse  répugne  aux  Juifs;  cl,  du 
ton  le  plus  ferme,  l'organe  même  de  la  réforme  judaïque 
prononce  ces  paroles  : Croyez-lc  bien , « si  l’instruction  de 
la  jeunesse  tient  une  grande  place  dans  les  préoccupations 
actuelles,  si  elle  est  devenue  la  question  capitale,  au  point 
que  d’une  extrémité  de  l’Europe  à l’autre  il  se  fait  comme 
une  levée  de  boucliers  contre  l’ignorance,  on  peut  affirmer 
qu’elle  a été  de  tout  tempt  en  Israël  une  des  questions  qui  ont 
le  plus  occupé  les  rabbins  et  les  chefs  de  la  nation;  et  que 
jamais  cette  ignorance  que  l’on  veut  extirper  aujourd’hui  n’a 
existé  parmi  nous.  » 

« Exclusivement  religieuse  jusqu'à  cette  époque,  elle 
était  pour  ainsi  dire  gratuite  et  obligatoire.  L'émancipation, 
en  brisant  toutes  les  barrières,  en  ouvrant  un  vaste  champ 
à l’activité  des  Israélites  et  en  les  plaçant  sur  un  pied  d’éga- 
lité complète  avec  leurs  concitoyens  des  autres  cultes,  jeta 
le  désarroi  dans  toute  leur  organisation  et  dans  toutes  leurs  habi- 
tudes, en  France  surtout,  où  ils  durent  abandonner  leurs 
idiomes  particuliers  pour  adopter  la  langue  du  pays.  » Enfin 
« l’instruction  religieuse  subit  le  contre-coup  de  cet  heureux 
changement , qui  fut  pour  elle  le  signal  de  la  décadence  ',  >i  de 
même  qu’il  fut  pour  les  sciences  profanes  en  Israël  le  signal 
du  progrès! 

Mais  cette  anecdote  que  Dracb  nous  a racontée  sans  pa- 


' Archives  israélites,  XX,  p.  948-46;  1867.  Singulier  éloge  de  sa 
religion!  appeler  heureux  le  changement  qui  en  entraîne  la  décadence! 
— Le  lalmudisiuc,  c’est-à-dire  l'orthodoxie  pliarisal'io-rabbinique  , y 
reçut  le  plus  grave  des  échecs;  car,  nous  dit  l'ancien  rabbin  üracli  : 
s Dans  les  écoles  théologiques  les  cours  se  bornaient  uniquement  au 
Talni’iil;  on  négligeait  le  lexte  de  la  Bible.  Le  programme  des  écoles 
talmudiques  a été  depuis  actualisé  ; mais  c'est  aux  dépens  du 

Talmud la  science  talmudique  a beaucoup  décliné.  » Dracb,  Harm. 

entre  l’Eglise  et  IS  Synagogue,  t.  I,  p.  234  ; 1844.  L’orthodoxie  en  est 
atteinte;  et  plus  elle  s’ctface,  plus  le  Juif  se  rend  acceptable. 


47i 


LES  JUIFS. 


railre  en  seniir  l’imporlance , et  qui  semble  nous  vieillir  de 
plusieurs  siècles,  nous  croyons  devoir  la  rapprocher  du  récit 
de  M.  Crémieux,  qui,  dans  son  discours  à l’assemblée  gé- 
némlc  de  V Alliance  uraélite  universelle,  nous  peint,  h celte 
même  date  et  avec  une  égale  naïveté , l’élat  piteux  du  Juif, 
si  dilférenl  de  son  état  triomphal  à l’époque  actuelle.  — Li- 
sons et  méditons  les  récits  de  ces  deux  fils  d’Israël,  où  se 
révèlent  avec  une  si  puissante  et  si  comique  énergie  la  mar- 
che et  les  signes  des  temps. 

« Comme  déjà  Umt  est  changé  pour  nous,  Messieurs,  en  si 
peu  de  temps!  Quand  j’étais  enfant...,  je  ne  poMcaispn*  traverser 
les  rues  de  ma  ville  natale  sans  recueillir  guelques  injures.  Que 
de  luttes  j'ai  soutenues  avec  mes  poings!  Eh  bien,  peu  d’années 
après,  je  faisais  mes  éludes  ii  Paris;  et  quand  je  rentrai  h 
Nimes,  en  1817,  je  prenais  ma  place  au  barreau,  et  je  n’étais 
Juif  pour  personne!  J’ai  vu  bientôt  les  Juifs  conquérir  des 
places  élevées,  et  ma  jouissance  a été  grande.  Oui,  je  vous 
le  dis.  Messieurs,  je  suis  orgueilleux  des  Juifs,  et  il  faut 
qu’on  me  passe  ce  .sentiment  de  vanité;  car,  lorsque  j’étais 
enfant,  ils  ne  comptaient  pour  rien,  et  à mesure  que  l’âge  est 
venu,  je  les  ai  vus  pleins  d’ardeur,  pleins  de  courage,  labo- 
rieux, bons  citoyens,  hommes  utiles  : je  lésai  vus  conquérir 
dans  toutes  les  carrières  une  position  élevée;  j’ai  entendu  leurs 
noms  retentir  au  milieu  des  plus  beaux  noms  dont  le  pays 
s’honore.  Courage,  mes  amis,  redoublez  d’ardeur;  quand 
on  a si  vite  et  si  bien  conquis  le  /mésent,  que  l’avenir  est 
BEAD  ' 1 » 

...  La  vérité  messianique  remise  en  lumière  conservera 
donc  aujourd’hui  deux  sens  : d’après  le  premier,  celui  de 
l’Israélite  philosophe  et  progressiste,  le  Messie  ce  n’csl  point 
un  homme,  un  personnage;  c’est  l’époque  philosophique 
que  nous  voyons  prendre  forme  sous  nos  yeux,  renverser 
les  superstitions  religieuses,  les  édifices  vermoulus  de 
l’Église  et  du  Talmud,  et  tout  d’un  coup  marcher,  s’avancer 
k pas  de  géant,  remplir  du  bruit  de  ses  (jpetrines  réfor- 

‘ Archives  israéliles,  I,  p.  43;  4867. 


CHAPITRE  DOUZIÈME.  i75 

malrices  le  lomps  et  l’espace,  et  triompher  à la  }>loire  du 
Juif  qui  en  est  l'apôtre  et  le  héros;  tandis  que  le  Messie  est 
un  hoinine,  un  personnage  très-positif,  au  sens  du  Juif  de 
l’orthodoxie  bâtarde,  et  du  Juif  de  la  franche  orthodoxie , 
resté  dans  les  pays  reculés  de  l’Europe,  et  dans  les  vastes 
régions  de  l'Afrique  et  de  l’Asie,  ce  qu’étaient  au  commen- 
cement de  ce  siècle  les  condisciples  de  MM.  Drach  et  Gré- 
mieux.  Pour  ces  Udèles,  qui  forment  la  masse  de  la  nation, 
l’époque  philosophique  que  nous  traversons  n’est  qu’une 
des  étapes  qui  préparent  le  Messie,  l'homme  sous  la  loi  du- 
quel Israël  doit  un  jour  courber  le  monde'. 

Une  chose  est  par  là  même  certaine,  quoi  qu’il  se  puisse 

' Pcul-étro  meme  ne  sora-t-il  pas  inutile  d'observer  cliemin  faisant, 
et  en  prenant  note  de  la  vitalité  des  traditions  messianiques,  que  les 
plus  grotesques  superstitions  se  mêlent  providentiellement  à l’attente 
de  la  tourbe  judaïque  et  témoignent  de  l’indéfeotible  et  prodigieuse 
vigueur  de  la  foi  popidaire.  D»;  graves  rabbins  nous  enseignent  par 
exemple  que,  i d’après  les  anciennes  prophéties,  le  Messie  est  venu 
dans  le  temps  marqué;  rpi’il  ne  vieillit  pas,  et  qu’il  reste  caché  sous 
terre,  oü  il  attend  pour  se  manifester  qu’lsraél  ait  célébré  comme  il 
faut  le  sabbat.  Les  talniudistes  ont  abusé  de  ces  paraboles  en  les 
interprétant;  et  ils  assurent  que  ce  .Messie  donnera  à son  peuple, 
rassemblé  dans  la  terre  de  Chanaan , un  repas  dont  le  vin  sera  celui 
d’Adam  lui-mème;  lequel  vin  est  conservé  par  les  Anges  dans  de 

vastes  celliers,  au  centre  de  la  terre A ce  repas,  on  servira  pour 

entrée  le  fameux  poisson  Léviathan de  doux  ou  trois  cents  lieues 

de  long;  » le  peuple  entier  s’en  rassasiera. 

« Dieu  avait,  au  commencement,  créé  le  mâle  et  la  femelle  de  ce 
singulier  poisson;  mais,  comme  leur  postérité  aurait  pu  donner  lieu  à 
de  grands  embarras  sur  la  terre,  Dieu  se  ravisa  fort  heureusement,  et 
tua  la  femelle,  qu’il  sala  pour  le  repas  du  Mes.sie.  D’autres  rabbins 
ajoutent  qu’on  tuera  pour  ce  mémo  jour  le  taureau  Behemotb.  Il  est  si 
monstrueux  qu’il  mange  chaque  jour  le  foin  de  mille  montagnes.  La 
femelle  de  ce  taureau  fut  tuée  par  la  même  raison,  mais  elle  ne  fut 
point  salée,  attendu  qu’on  préférait  le  poisson.  — Les  Juifs  les  plus 
Ignorants,  — les  vrais  Juifs,  ceux  des  traditions  rabbiniques,  — jurent 
rrtcore  dans  les  affaires  imporlanles  sur  leur  part  du  Benemoth.  o Des 
Juifs  au  dix-neuvième  siècle,  etc.,  p.  iü,  par  M.  Bail,  ami  des  Juifs; 
Paris,  1816,  î”  édit. 

Ces  absurdités,  mêlées  d’immoralités  dont  le  nombre  et  la  qualité 
sont  incroyables,  ainsi  que  nos  chapitres  l’ont  démontré , furent 
adoptées  à titre  de  vérités  vénérables  par  l’immense  majorité  des  Juifs 
orthodoxes.  — Lire  dans  le  grave  et  docte  Drach,  ancien  rabbin, 
lettre  deuxième,  p.  300  à 330;  id..  Harmonie,  etc.,  t.  Il,  p.  489,  etc. 
Voir  td.,  tous  les  écrits  où  s’est  répandue  l’encre  des  rabbins,  par 
exemple  les  Evangües  apocryphes,  par  G.  Brunet,  p,  343-374  ; Paris, 
1863,  etc.,  etc. 


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i76 


LES  Jüirs. 


(lire,  c’est  que  la  croyance  au  Messie  vengeur  est  vivace,  et 
prodigieusement  enracinée  dans  les  entrailles  de  la  nation 
d’un  bout  à l’autre  de  la  terre.  Elle  est  la  base  de  la  religion 
judaïque;  elle  est  la  dernière  consolation  du  Juif^  et,  dans 
le  cours  même  de  cette  année  1866,  les  documents  que 
nous  transmettent  des  correspondances  étrangères  témoi- 
gnent de  sa  fermeté  singulière.  Phénomène  vraiment  in- 
croyable au  milieu  de  la  décomposition  providentielle  que 
les  croyances  judaïques  commencent  k subir  depuis  quelques 
années,  et  de  la  transformation  sensible  d’Irael,  prélude  et 
présage  d’événements  futurs. 

Fidèles  a cette  tradition,  les  Juifs  se  rattachent  donc 
« avec  une  ardeur  et  une  fermeté  extraordinaires  k l’espoir 
de  voir  bientôt  l'arrivée  du  Messie  » -,  et  pour  la  plupart 
« ils  s’attendent  a le  voir  naître  parmi  eux,  ou  plutôt  chez 
certaines  familles  privilégiées  et  bien  connues.  La  principale 
habite  le  point  a peu  près  le  plus  central  de  l’Europe,  la  petite 
et  affreuse  ville  de  Sada-Gora,  dans  la  Bukowine,  véritable 
repaire  juif,  et  de  la  pire  espèce'.  » Le  chef  actuel  de  cette 
famille  messianique  est  pour  les  orthodoxes  l’objet  d’un 
culte  religieux  et  (|iii  touche  de  près  au  fétichisme-,  car 
vous  ne  découvrez  dans  cet  homme  que  le  plus  misérable 
des  idiots.  Courbé  sous  le  faix  d’une  vieillesse  prématurée, 
les  yeux  chassieux  et  encadrés  de  rouge , Isrolka,  — tel  est 
son  nom,  — « est  le  Juif  le  plus  riche  de  tous  les  pays  slaves; 
et  quiconque  sait  ce  que  les  Juifs  de  la  Russie  et  de  la  Pologne 
amassent  de  richesses  dans  leurs  masures  en  ruine,  saura 
ce  que  cela  veut  dire.  » 

Grâce  k l’espoir  de  l’arrivée  prochaine  du  Messie  chez 
les  Juifs  des  pays  slaves,  la  famille  Isrolka  a amassé  des 
millions  depuis  un  siècle.  » Les  chefs  de  cette  famille  sont 
considérés  comme  des  thaumaturges  (haalschem)  parmi 
leurs  coreligionnaires.  Sada-Gora  est  actuellement  le  rendez- 

< D’autre»  familles  messianiques  existent  à Belz,  en  Gallicie,  à Kozk, 
en  Podlachie,  à Kozienica,  gouvernement  de  Sandomir,  et  dans  plu- 
sieurs communautés  juives  de  l’empire  des  czars,  etc. 


0 


CHAPITRE  DOUZIÈME.  i77 

VOUS  universel,  le  pèlerinage  de  prédilection,  pour  ainsi 
dire,  des  Juifs  de  la  Russie,  de  la  Pologne,  de  la  Gallick,  de  ta 
Bukowine,  delà  Moldavie  et  de  la  Valachie.  Il  est  d’un<devoir 
de  foi  rigoureux  pour  les  fidèles  de  la  famille  Isrolka,  qui  se 
comptent  par  centaines  de  mille,  de  visiter  au  moins  une  fois 
dans  leur  vie  le  chef  de  celte  famille  messianique,  et  de  lui 
apporter  des  cadeaux.  Ou  attache  des  bijoux  aux  corps  des 
membres  de  cette  famille,  comme  on  ferait  au  corps  d’une 
idole;  on  les  comble  de  ducats  et  A’impérials.  L’avare  le 
plus  endurci  s’arrache  une  pièce  d’or  pour  la  sacrifier  au 
représentant  du  Messie  et  se  faire  bienvenir  de  sa  famille. 
Mais  ni  les  Juifs  qui  donnent  volontiers  cet  or,  ni  ceux  qui 
le  regrettent,  ii’aiment  ‘a  parler  de  ces  dons;  et,  h cause 
de  cela,  on  sait  fort  peu  de  chose,  au  loin,  de  ces  pèlerinages  a 
Sada-Gora.  En  revanche,  les  Polonais  et  les  étrangers 
passant  à Sada-Gora  ne  peuvent  assez  vanter  l’opulence 
éblouissante  du  palais  du  Messie,  qui  parait  être  unique  au 
monde. 

» .\u  milieu  des  maisons  misérables  et  en  ruine  des 
petits  marchands  et  des  usuriers,  s’élève  un  palais  riche  et 
grandiose,  entouré  d’un  certain  nombre  de  maisons  élé- 
gantes, mais  plus  petites  et  servant  d’habitation  aux  fils 
et  filles  mariés  d’isrolka.  Tout  ce  qu’on  peut  imaginer  de 
luxe  et  de  magnificence  est  rassemblé  dans  les  appartements 
splendides  de  ces  maisons.  Au  palais,  il  y a un  véritable 
magasin  d’argenterie  ancienne  et  moderne,  représentant 
une  somme  de  plusieurs  centaines  de  mille  lhalers.  Les 
plus  magnifiques  tapis  turcs,  les  tentures  en  damas  le  plus 
riche,  se  trouvent  k profusion  dans  les  pièces  qui  servent 
d’habitation,  et  ces  objets  magnifiques  sont  de  pieuses 
oiïruudcs  des  Juifs  slaves  I Des  serres  et  des  orangeries 
arrangées  avec  goût  limitent  le  grand  parc.  Tout  le  |>alais 
forme  une  habitation  princière,  décorée  et  meublée  avec 
le  luxe  le  plus  raffiné.  Au  milieu  des  sales  baraques  de 
Sada-Gora , elle  fait  l’effet  d’un  palais  de  fée  égaré  et  dé- 
paysé. Et  le  possesseur  de  ces  richesses  et  de  ces  magni- 


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478 


LES  JUIFS. 


ficences,  le  |>ère  qui  doit  engendrer  le  Messie  attendu  -,  le 
vase  sarré  d'un  avenir  glorieux  tant  espéré;  le  descendant 
de  David , dont  la  vue  seule  est  regardée  comme  un  bonheur 
si  grand  qu’on  l’achète  au  |)oids  de  l’or,  cet  homme  qu’on 
vénère  comme  un  être  surnaturel,  ressemble  ’a  un  être  sans 
raison,  voisin  de  l’animal. 

» Rehiehc  Isrolka  est  en  efTet  un  homme  dé|H)urvu  de 
toutes  facultés  intellectuelles.  Sous  les  cheveux  blancs  qui 
recouvrent  son  crâne,  l’esprit,  la  pensée  fout  défaut;  il  est 
vieux  avant  l'âge,  caduc  sans  motif  et  sans  raison.  Son  lan- 
gage ne  consiste  qu’en  sons  inarticulés,  intelligibles  seule- 
ment pour  sa  famille  et  pour  son  secrétaire  intime.  Il  est 
stupide  au  plus  haut  degré,  se  comporte  pres(|ue  entièrement 
comme  une  brute,  pousse  des  cris  sauvages,  et  s’assoupit 
à la  manière  des  animaux.  Cependant,  lorsqu'il  doit  se  mon- 
trer dans  la  rue,  on  le  .sait  toujours  plusieurs  heures 
d'avance,  et  toutes  les  fenêtres  et  les  portes,  toutes  les  rues 
et  les  places  se  trouvent  aussitôt  encombrées  d’une  foule 
avide  de  le  voir.  On  monte  sur  les  toits  et  sur  les  arbres 
pour  contempler  le  chef  de  la  famille  messianique;  on  se 
bat  et  mise  fait  écraser  pour  admirer  l’idole. 

» Uebiche  Isrolka  est  marié;  il  a des  fils  et  des  filles,  et 
la  plupart  de  ces  dernières  sont  mariées  depuis  renfaiice. 
Chacun  de  ses  gendres,  naturellement  choisis  parmi  les 
riches  du  [lays,  est  tenu  de  se.  fixer  â Sada-Gora,  et  d’y 
bâtir,  dans  le  voisinage  du  palais  paternel,  une  maison 
semblable,  mais  plus  petite.  Chez  eux,  et  dans  leurs  appar- 
tements particuliers,  ses  filles  sont  toujours  habillées  de 
velours  et  île  riches  soieries.  Ces  cafetans  ordinaires  de  scs 
fils  et  de  scs  gendres  sont  faits  des  étoffes  les  plus  précieuses. 
Les  petits  enliinls  ont  des  bonnes  françaises,  allemandes, 
anglaises  et  russes,  des  gouverneurs  et  des  précepteurs 
comme  de  jeunes  princes  et  de  jeunes  princesses. 

Il  De  nombreux  employés  veillent  aux  affaires  de  la  maison, 
qui  consistent  spécialement  dans  la  réception  des  dons. 
Pendant  la  matinée.  Rebiche  Isrolka  donne  des  audiences. 


D • ' zed  byXT' 


CHAPITRE  DOUZIÈME.  479 

c’est-a-dire  qu’il  reçoit,  assisté  de  son  secrétaire  intime, 
quelques  pèlerins  annoncés  longtemps  d’avance,  se  laisse 
bêtement  regarder  pendant  quelques  instants,  sans  prononcer 
la  moindre  parole,  et  accepte  le  don  traditionnel,  qui  ne 
peut  être  inl’érienr  b dix  florins  (23  francs).  Dans  l’après- 
midi,  il  fait  sa  promenade  en  voiture.  Naguère  encore  sa 
voiture  était  suivie  d’un  carrosse  rempli  de  musiciens;  mais 
cet  accompagnement  musical  n’a  plus  lieu,  probablement 
par  suite  d’une  défense  des  autorités  ofTicielles. 

» L’aïeul  de  U<‘biclie  Isrolka,  il  y a plus  de  quarante  ans 
de  cela,  étalait  un  luxe  semblable  en  Russie,  et  poussait  la 
témérité  de  son  orgueil  jusqu’b  entretenir  une  garde  per- 
sonnelle de  vingt  Cosaques  qui  accompagnaient  continuelle- 
ment sa  voiture.  I.’emi>ereur  Nicolas,  que  le  hasard  avait 
rendu  témoin  d’une  pareille  scène,  lui  interdit  catégori(|ue- 
nient  cet  étalage  de  luxe  oriental,  et  le  lit  arrêter,  puis  jeter 
dans  la  prison  deKievv,  car  ce  Juif  osa  braver  les  ordres  du 
souverain.  Ses  nombreux  partisans  et  ses  richesses  lui  ayant 
ouvert  les  portes  de  la  prison , il  vint  chercher  un  refuge  h 
Sada-Gora,  dans  la  Bukowinc  autrichienne,  où  l’empereur 
Nicolas  le  réclama  comme  sujet  russe.  Mais  l’argent  de  la 
famille  Isrolka  fut  plus  fort  que  l’empereur,  et  décida  douze 
• paysans  de  la  Rukowine  à affirmer  par  serinent  que  le  réfu- 
gié était  né  à Sada-Gora. 

» Il  y a quelques  années,  Rebiche  Isrolka  fut  accusé  d’avoir 
fabriqué  de  la  fau.sse  monnaie.  Des  pièces  fausses  étaient 
sorties  de  chez  lui  et  avaient  été  mises  en  circulation.  Ce 
fut  pour  les  chrétiens  une  occasion  toute  trouvée  de  jouer 
un  tour  à l'arrogant  Juif,  dont  le  luxe  insolent  offusquait 
tout  le  monde.  Rebiche  Isrolka  fut  arrêté  sans  aucun 
ménagement,  et  malgré  les  récriminations  bruyantes  des 
Juifs.  Cette  arrestation  produisit  une  véritable  émeute. 
Isrolka  fut  mis  en  prison,  et  subit  plusieurs  interrogatoires. 
Mais  si  souvent  qu’on  l’interrogeât,  jamais  on  ne  put  tirer 
une  parole  de  lui.  Comme  on  devait  s’y  attendre,  les  parti- 
sans et  les  membres  de  la  famille  d’isrolka  se  réunirent  pour 


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LES  JUIFS. 


se  concerter  sur  les  moyens  d’obtenir  la  mise  en  liberté  du 
père  du  Messie.  Mais  le  juge  auquel  l’afTairc  fut  conGée 
était  un  de  ces  hommes  sur  lesquels  les  séductions  u'ont 
pas  de  prise  ; il  ne  voulut  lâcher  à aucun  prix  un  prison- 
nier contre  lequel  s’élevaient  des  accusations  aussi  graves. 
Comme  ce  fonctionnaire  ne  put  être  gagné  ni  par  des  pro- 
messes ni  par  des  menaces,  on  chercha  li  le  perdre  de 
réputation  auprès  de  ses  supérieurs,  ce  qiTon  croyait  pos- 
sible, l'argent  aidant.  Mais  ce  plan  ne  réussit  pas. 

» Les  partisans  d’Isrolka  eurent  alors  l'idée  de  tirer  leur 
chef  des  griffes  du  juge  en  obtenant  la  promotion  de  celui-ci 
à une  place  plus  élevée.  Une  députation  munie  de  recom- 
mandations sonnantes  et  diplomatiques  se  rendit  à Vienne; 
le  juge  fut  nommé  conseiller  ii  la  cour  supérieure,  et  quitta 
le  pays.  Son  successeur  relâcha  Isrolka,  en  l’acquittant  faute 
de  preuves. 

» La  fabrique  de  fausse  monnaie  fut  découverte  plus  tard 
ailleurs.  Il  devint  donc  évident  qu’on  avait  eu  grand  tort 
de  croire  à la  culpabilité  d’Isrolka  et  de  sa  famille,  en  tant 
que  faux  monnayeurs.  Ces  gens  sont  non-seulement  trop 
riches,  mais  encore  trop  stupides  pour  commettre  un  pareil 
forfait  '.  » 

Nous  croyons  devoir  donner  pour  suite  à ce  récit  le  très-  * 
curieux  extrait  d’un  rapport  que  lit  le  docteur  Buchanan,  en 
1810,  à l’Eglise  anglicane,  à propos  de  celle  foi  messianique 
dont  la  persévérance  est  non  moins  remarquable  chez  let 
Igraèlites  de  CInde  que  dans  la  partie  la  plus  centrale  de 
l’Europe. 

« Pendant  mon  séjour  en  Orient, /ai  partout  trouvé  des 
Juifs  animés  de  l'espoir  de  retourner  à Jérusalem  et  de  voir  leur 
Messie.  Mais  deux  choses  m’ont  surtout  frappé,  c’est  le  sou- 

* E.'.lrailde  la  Yolks-Ualle  de  Leipzig,  Murvle,  i)  janvier  1866;  — 
ibid.,  en  i>arlie,  Univers  israélite,  I,  p.  3i;  1866,  trailuil  du  Fretndem- 
blatt  de  Vienne,  reproduit  par  l'Israélite  de  Mayence  du  30  mai.  — 
hl.,  Arc/t.  israéi.,  XIII,  p.  591;  1866.  Celle  revue  antimessianique 
3’etonne  que  des  journaux  sérieux  d’Aulriche,  où  se  trouve  Sada- 
Uora,  et  de  France,  répètent  ces  faits  sans  réserve. 


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CHAPITUE  DOUZIÈME.  181 

venir  qu’ils  conservent  de  la  deslr^lction  de  Jérusalem  et 
res|)érance  qu’ils  ont  de  voir  un  jour  cette  cité  sainte  re- 
naître de  ses  ruines.  Sans  roi,  sans  patrie,  ils  s’entretien- 
nent sans  cesse  de  leur  nation;  l’éloignement  des  temps  et 
des  lieux  semble  n’avoir  affaibli  en  rien  le  souvenir  dé  leur 
infortune.  Ils  parlent  de  la  Palestine  comme  d’un  jiays  voi- 
sin et  d’un  accès  facile...  Ils  croient  que  l’époque  de  leur 
délivrance  n’est  pas  très-éloignée , et  regardent  les  révolu- 
tions qui  agitent  C univers  comme  des  présages  de  liberté.  Un 
signe  certain  de  notre  prochain  affranchissement,  disent-ils, 
c’est  qu’en  presque  tout  pays  les  persécutions  suscitées 
contre  nous  se  ralentissent'.  » 

CONCLUSION. 

De  toutes  parts  affluent  donc  les  documents  dont  la  mul- 
titude nous  entraîne  à reconnaître  ce  que  reconnaît  une 
assemblée  de  doctes  professeurs  de  théologie,  à la  tête  des- 
quels se  plaçait  un  saint  prêtre  d’origine  judaïque,  M.  l’abbé 
Goschlcr  : « Les  talraudistes,  disait-il,  sont  le  noyau  indes- 
tructible de  la  nation  (jui  subsistera  jusqu’à  la  fin  dans  son 
entêtement  et  dans  sa  fidélité  à conserver  les  Écritures*.  » 
Et  lorsque  nous  prêtons  l’oreille  à ces  inébranlables  ortho- 
doxes, nous  acquérons  de  plus  en  plus  la  certitude  que  le 
Messie  « est  te  pivot  de  leur  foi  et  de  leur  espérance  ’ ! » 

Les  paroles  où  se  formulent  les  espérances  immortelles 
et  la  foi  de  l’immense  majorité  du  peuple  juif,  doivent  donc, 
se  répéter  à la  fin  de  ces  pages,  afin  que  jamais  elles  ne 
sortent  de  notre  mémoire,  si  nous  prenons  quelque  souci 
de  l’avenir  : • 

Eh  quoi!  pour  nous  Juifs,  « Jérusalem  serait  un  vain  mot.!* 
mais  ce  serait  là  le  renversement  immédiat  de  notre  culte, 
de  notre  tradition , de  notre  raison  d’être!  Toute  la  religion 

> Partout  donc  les  révolutions  et  les  catastrophes  sont  l’espoir  du 
Juif  orthodoxe.  Hist.  des  Juifs,  par  Malo,  ft.  523 -o26. 

^ Goscliler,  Dict.  encycl.  de  la  théologie  cathol.,  t.  XII,  p.  i.'iS. 

3 S.  de  Félicité  (Yercruysse),  la  Régénération,  p.  (3:  Courtrai,  1860. 

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(82 


LES  JUIFS. 


juive  est  fondée  sur  l’idée  nationale;  il  n’est  pas  une  as- 
piration, pas  une  pulsation  qui  ne  soit  vers  la  patrie.  En 
nous  levant,  en  nous  couchant , en  nous  mettant  à table, 
nous  invoquons  Dieu  pour  qu’il  bâte  notre  retour  â Jérusa- 
lem, sans  retard,  de  noijourt;  et  ce  seraient  Ih  de  vaines  pa- 
roles?  » Et  l’on  cesserait  de  croire  l’idée  du  .Messie 

« réalisable  et  acceptable!...  » 

« Heureusement  il  n’en  est  pas  ainsi!  » et  nous  pouvons, 
nous  devons  continuer  de  dire  ; « Je  crois  fermement  que 
le  Messie  doit  venir  ; et,  quoiqu’il  tarde,  je  l’attends!  » Nous 
l’attendons,  et,  sans  que  notre  foi  défaille,  nous  répétons 
de  notre  voix  la  plus  ferme  le  grand  toast  national  : h L’année 
prochaine  à Jérusalem!  a X Jérusalem  ' ! 

' l'iVJc  supra,  t Beaucoup  do  Juifs,  quand  ils  arrivent  au  terme  de 
teur  carrière,  tournent  leurs  regards  vers  la  Judée  et  viennent,  disent- 
ils,  attendre  le. Vessie.  Le  Juif  est  tenace  et  persévérant...  » J.  B.  Morot, 
Journal  de  xxiy.  de  Paris  à Jérusalem,  p.  193  ; 1869. 

Dans  un  article  intéressant , mais  dont  nous  ne  pouvons  partager 
toutes  les  idées  ni  toutes  les  appréciations,  M.  l'abbé  E.  Michaud  nous 
signale  les  échecs  que  reçoit  en  Israël  le  Talmud,  traité  de  vieille  gue- 
nille, de  fatras  traditionnel,  et  contraire  d'ailleurs  â la  loi  formelle  de 
Morse,  il  nous  dit  co|)endant  les  efforts  d’une  nouvelle  école  pour  le 
réhabiliter,  tandis  que  « ce  qui  subit  chez  la  plu/jart  des  Israélites  une 
altération  grave,  c'est  le  surnaturel,  l’inspiration  biblique  et  le  carac- 
tère sacerdotal.  » — Le  monothéisme,  ainsi  qu'il  l’observe,  constitue 
tellement  l'israélitisme,  .selon  quelques-uns,  que  MM.  Strauss  et  Renan, 
par  exemple,  leur  < appraissent  comme  do  véritables  Israélites.  » 
Cependant,  ajoute-t-il,  a côté  de  ces  ruines  <r  une  double  restauration 
cherche  à s'opérer  : la  restauration  de  l'idée  messianique,  et  de  la 
nationalité  juive.  » Lire  l’article  intitulé  la  Crise  israélite  en  1867, 
dans  le  Correspondant,  25  décembre  1867. 


DEUXIÈME  DIVISION.  — LE  MESSIE  JUD.AÏQUE,  SUITE, 
RÉALITÉS  ET  CONJECTURES. 

L’attente  d’un  Messie,  futur  dominateur  des  peuples,  est  l’attente  v du 
noyau  indestructible' de  la  nation,  s — Quelques  opinions  dissiden- 
tes chez  les  réformistes,  mais  un  événement  les  rallierait  aux  croyants. 
Si  quelque  séducteur  se  donnait  pour  le  Messie,  les  Juifs  pe’nche- 
raient-ils  de  son  cété  ou  du  côté  des  Etats  qui  les  ont  faits  citoyens? 
— Rapprts  évidents  entre  le  Messie  que  le  Juif  attend , et  l’homme 


Dwi':  • 


CHAPITRE  DOUZIÈME. 


48a 


que  le  chrétien  désigne  sous  le  nom  d'Antéchrist.  — Tout  se  pré- 
pare pour  la  gtande  unité  cosmopolile  dont  cet  homme  doit  être 
l'expression.  — Lorsque  s'achèvera  l'œuvre  do  déchristianiser  le 
monde,  le  monde  nu  pourra-t-il  accepter  pour  maître  un  fascina- 
teur de  race  judafque?  — Exemples  de  dominateurs  reiKiussés,  puis 
unanimement  acceptés.  — Exemples  d'hommes  tout  a coup  sortis 
du  néant  pour  s'elever  au  pinacle  en  temps  de  tourmente.  — 
Du  train  de  vapeur  dont  vont  les  idées  et  les  choses,  comment 
s'étonner  que  surgisse  du  sein  de  Juda  celui  qui  réalisera  les  idées 
de  souveraineté  cosmopolite  dont  les  Juifs  sont  les  apôtres?  — 
Quelque  Morse  ne  se  mettra-t-il  nas  à la  tête  de  quelque  formidable 
exode?  — Les  Juifs  ne  peuvent-ils  au  moins  se  faire  les  seconds,  et 
l'appoint,  des  forces  de  quelque  conquérant?  — Exemples  des  res- 
sources qu'IsraCl  sait  accumuler  sur  un  même  point;  possibilités, 
facilités.  — Coup  d'œil  jeté  des  hauteurs  de  l'histoire  sur  l'avenir. 


L’altente  du  Messie,  telle  est  donc,  aujourd’hui  même, 
l’attente  d’Israël!  Et  malgré  la  singulière  et  prodigieuse  dé- 
route, malgré  l’écroulement  qui,  de  ce  côté  de  1 Occident, 
tout  à coup,  après  vingt  siècles  d'inébranlable  résistance, 
vient  de  s’opérer  dans  le  sein  des  croyances  talmudiques,  une 
foi  vivace  en  cet  immense  personnage  en  reste  le  pivot , le 
point  essentiel  et  indestructible.  Mais  ce  Messie  sera-t-il 
■ simple  mortel?  Sera-t-il  homme  ou  homme-Dieu?  Telle  est, 
parmi  les  croyants,  la  question  litigieuse-,  car  chacun  au- 
jourd’hui se  fait  un  Messie  et  l'habille  h sa  guise.  Uumaiue- 
ment  parlant  enfin,  l’avéncment  de  ce  futur  dominateur  des 
peuples  est-il  un  fait  admissible  et  que  le  monde  puisse  en- 
visager sans  se  sentir  pris  d’un  accès  de  fou  rire? 

La  très-grande  majorité,  le  véritable  noyau  de  la  race 
judaïque,  continue,  avons-nous  dit,  de  voir  en  lui  l'homme 
sur  lequel  se  concentrent  les  désirs  et  l'attente  des  siècles. 
Quant  à la  minorité  moins  croyante,  et  aux  yeux  de  laquelle 
une  époque  glorieuse  ou  messianique  aurait  la  signification 
du  Messie,  le  moindre  événement  sufUrait  a réconforter  sa 
foi  défaillante  ou  boiteuse  et  k la  reconstruire  sur  le  modèle 
de  la  foi  de  ses  pères.  Que  par  exemple  le  renom  d’un 
homme  extraordinaire  vienne  à retentir  dans  le  monde,  et 
. que  les  croyants  orthodoxes,  éblouis  ou  séduits,  s’écrient  : 
Voici  l'homme  d’Israël,  celui  qu’lsraël  attendait-,  voici  le 
Messie!  eh  bien,  k ce  cri  religieux  et  tout  national,  la  miuo- 

31. 


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m LES  JUIFS. 

rilé  presque  tout  entière  se  rallierait  au  grand  nombre,  et 
cet  homme  deviendrait  pour  elle  le  Messie.  Israël  pourrait 
s’y  tromper,  ainsi  que  l’histoire  témoigne  qu’il  lui  arriva 
vingt  fois  de  le  faire  dans  le  cours  des  siècles,  ce  qui  ne 
l’empêcherait  nullement  de  rester  prêt  à s’y  tromiier  encore. 

Devant  cette  certitude,  voici  maintenant  la  question  que 
nous  nous  permettons  de  poser  : Chaque  Juif,  chez  tout 
peuple  qui  lui  donne  le  droit  de  cité,  est-il  ou  non  membre 
de  deux  nations  a la  fois?  Car  nul  homme  ne  peut  servir 
doux  maîtres.  Est-il  membre  de  la  nation  juive  d’abord  par 
le  sang,  et  surtout  par  le  culte,  avec  lequel  cette  nationalité 
se  confond;  est-il,  en  outre,  par  le  fait  de  notre  légitlatwn, 
s’il  se  réclame  de  la  France,  membre  de  la  nation  française? 

Et  dans  ce  cas  est-il  plus  Français  que  Juif  ou  plus  Juif  que 
Français?  Que  serait-il,  que  ferait-il,  par  exemple,  si  quel- 
que agitateur,  si  quelque  conquérant,  levant  l'étendard  du 
Messie  et  le  front  couronné  de  l’auréole  qn’y  jetterait  le 
jour  glorieux  de  la  victoire,  se  donnait  pour  le  désiré  d'Is- 
raël? Et  ce  qui  se  demande  à pro[K>s  du  Juif  français,  nous^ 
le  demandons  a propos  de  tout  autre! 

Enlin,  s’il  est  un  sédncteurà  qui  les  prophéties  de  l'Église 
ont  donné  le  nom  d’.\ntecbrist;  si  les  chrétiens  croient  que 
cet  aventurier  commencera  par  les  Juifs  le  cours  de  scs  sé- 
ductions, parce  qu’il  est  dit  qn’Israël  doit  voir  en  lui  son 
Messie,  n’cst-ce  pas  pécher  contre  le  bon  sens  que  de  tenir 
l>our  insensé  le  Juif  qui  se  berce  de  sa  prédominance  future 
sur  le  chrétien? 

Ne  cherchons  dans  les  mots  que  les  choses,  et  dès  lors, 
soit  que  nous  nous  placions  au  point  de  vue  purement  hu- 
main, ou  que  nous  nous  fixions  des  deux  pieds  sur  le  terrain 
des  prophéties,  qui  font  partie  des  trésors  de  science  de 
l'Église,  nous  verrons  les  plus  intimes  rapports  lier  l’un  h 
l’autre,  ou  plutôt  amener  à se  confondre  en  nue  seule,  la 
croyance  du  Juif  à son  Messie  et  celle  du  chrétien  h l’homme  . 
que  son  langage  a nommé  du  nom  d’Antéchrist. 

En  efl'et,  si  peu  que  les  saintes  Écritures  ne  soient  point 


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CIlAPlTHli  1)0  f ZI  P.  MF.  48.) 

aux  yeux  du  chrétien  un  radotage  absurde  et  suranné;  si 
peu  que  demeure  en  lui  cette  croyance  indispensable  à la 
civilisation  des  sociétés  humaines  ; que  l’Église  ne  peut  ni 
mentir  ni  se  tromper;  songeons  que  l’Antéchrist  n’est  pas 
plus  que  le  Messie  une  fable,  un  mythe,  un  symbole;  rap- 
pelons-nous que  son  règne,  leriiblc  et  fécond  en  révolutions 
inouïes,  en  prodiges  de  tontes  sortes , est  une  réutiic  future, 
ce  qui  équivaut  à dire  un  fait  nécessairement  en  voie  de  for- 
mation, en  train  de  nous  arriver  par  les  roules  que,  jour  à 
jour,  les  événements  lui  construisent.  Mais  gardons-nous,  en 
même  temps,  d'oublier  que  ' ce  personnage  est  un  domina- 
teur tellement  semblable  à celui  que  les  Juifs  allcndenl,  qu’il 
sera  difficile,  impossible  'a  ce.s  aveugles  de  ne  s'y  point 
tromper;  car  il  p.orte  en  lui  la  réunion,  la  synthèse  parfaite 
de  toutes  les  aspirations  anticalholiques  que  dix-huit  siècles 
de  judaïsme  attribuent  au  libérateur  futur  de  Jiida. 

Songeons  en  outre,  ajoutera  le  chrétien,  que  de  très- 
longs  intervalles  ne  séparent  peut-être  plus  ce  personnage 
de  l’époque  où  notre  vie  s’écoule.  Déjh,  s’il  nous  agrée 
d’envisager  l’avenir,  tout  semble  se  préparer  jiour  son  instal- 
lation, nous  voulons  dire  pour  son  passage.  Et  sous  nos 
yeux,  i/'un  bout  il  l'antre  de  la  teire,  le  monde  politique,  le 
monde  économique  et  commercial,  conduit  ou  entraîné  par 
les  sociétés  du  inonde  occulte  dont  les  Juifs  sont  les  princes, 
se  sont  mis  à brasser  à la  fois  de  toutes  parts  et  avec  une 
infatigable  ardeur,  la  grande  unité  cosmopolite*.  .Ainsi  se 
nomme,  dans  le  langage  du  jour,  le  système  d’où  sortirait 
l’abolition  de  toutes  frontières,  do  toutes  patries,  ou,  si  l’on 
veut,  le  remplacement  de  la  patrie  particulière  de  chaque 
peuple  |iar  une  grande  et  universelle  patrie  qui  serait  .celle 
de  tous  les  hommes.  Or,  cette  unité,  qui  réclame  une  tête, 
ne  prépare-t-elle  point,  en  se  formant,  le  prodigieux  avène- 
ment d’un  unique  et  suprême  dominateur  dans  lequel  les 

' Cnificalion  des  peuples,  etc.,  réalisation  partielle  du  sucialisiiie... 

^ a Notre  politique  sera  essentiellement  universelle,rosmuputiYr,etc.» 
(Sic.)  Archives  israélites,  n»  4,  p.  8,  janvier  4869. 


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i86  LES  JUIFS. 

Juifs  pourraient  voir  le  Messie  en  même  temps  que  les  chré- 
tiens y reconnaîtraient  l’Antéchrist? 

Lorsque  le  christianisme,  graduellement,  méihodxquement 
chassé  du  gouvernement  et  de  l’éducation  des  peuples,  et 
dès  lors  repoussé  par  la  licence  croissante  des  mœurs,  par 
les  appétits  d’une  ambition  féroce  et  d'une  cupidité  sans 
frein,  se  voyant  partout  proscrit,  honni,  vilipendé,  ne  sera 
plus  guère,  au  milieu  des  masses  qu’il  avait  civilisées,  qu’un 
■objet  de  mépris  et  de  haine  pensons-nous  que  ce  domina- 
leur  des  peu|)les,  que  ce  conquérant  des  intelligences  faus- 
sées et  des  cœurs  corrompus , que  ce  fascinateur  suprême 
dont  le  vœu  sera  le  vœu  du  genre  humain,  ne  puisse  appar- 
tenir à la  race  judaïque?  L’obstacle  fjourrait-il  cire,  alors,  un 
reste  de  ces  sentiments  chrétiens  qui  seront  devenus  un 
odieux  préjugé  pour  les  hommes  du  jour,  et  dont  notre 
siècle  déjà  prend  h tâche  et  se  fait  gloire  de.  dissiper  les 
vestiges? 

Que  si,  dans  plusieurs  des  circonstances  que  l'imprévu 
fit  surgir  avec  la  toute-puissance  des  révolutions  modernes 
et  la  vivacité  d’un  ressort,  nous  avons  vu,  de  nos  yeux,  un 
homme  abandonné  comme  le  doit  être  d’ahord  l’Antéchrist, 
sinon  repoussé  par  le  peuple  auquel  il  s’offrait  en  sauveur, 
saisi  par  la  force  publique,  condamné  sans  qu’une  âme 
s’émeuve,  emprisonné,  gracié,  repris  après  nouvelle  tenta- 
tive et  condamné,  puis  oublié  de  nouveau,  devenir  tout  à 
coup,  parce  que  le  souille  politique  avait  changé,  l’homme 
de  la  situation,  remuer,  bouleverser  en  sa  faveur  les  esprits, 
plier  sous  les  millions  de  suffrages  dont  l’accablaient  les 
indifférents  ou  les  ennemis  de  la  veille,  se  trouver  maître  en 
nn  clin  d’œil  des  volontés,  de  la  vie  et  des  forces  d'un  peuple, 
comment  arriverions-nous  à nier,  indépendamment  du  langage 
prophétique  de»  Écriture»  de  l'Ëgliic,  que,  dans  des  cir- 
constances préparées  de  longue  date  par  le»  révolutionnaire»  du 
monde  entier,  tin  seul  homme,  un  de  ces  coryphées  de  révo- 

' a l.orsque  le  Fils  (le  rhomme  viendra,  pensez-vous  qu’il  trouve  de 
la  foi  sur  la  terre?  » Saint  Luc,  ch.  xviii,  v.  8. 


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CHAPITRE  DOUZIÈME.  487 

lutions  qui  fascinent  et  enlrainent  les  multitudes,  puisse, 
en  un  instant,  se  trouver  sur  les  lèvres,  dans  les  vœux  et  h 
la  tête  des  peuples,  ardents  a tourner  les  merveilleuses 
aptitudes  de  sa  personne  vers  le  but  final  de  leurs  aspirations? 

Lorsque  s’évanouirent  les  jours  néfastes  du  siècle  dernier, 
pour  céder  la  place  au  siècle  que  nous  occu|K>ns,  n'avoiis- 
nous  point  vu  des  hommes  sortis  d’une  obscurité  profonde 
dresser  fièrement  la  tête  sous  les  plumes  de  la  toque  direc- 
toriale, SC  draper  dans  les  plis  de  la  toge  consulaire,  et  ne 
manquer  que  d’audace  et  de  génie  pour  s’élever  au  pinacle, 
pour  saisir  et  s’approprier,  aux  applaudissements  de  la  foule, 
les  insignes  du  pouvoir  suprême?  N’avons-nous  point  vu, 
tandis  que  grondait  le  torrent  des  idées  et  des  passions 
révolutionnaires,  surgir  du  fond  de  la  Corse  un  homme  de 
prodiges,  un  soldat’  sous  les  regards  duquel  le  monde  se 
tut,  sous  la  main  de  qui  peuples  et  rois  s'humilièrent?  Ne 
l’avons-nous  point  vu  porté  sur  le  pavois  par  le  peuple  le 
plus  généreux  de  la  terre?  N’avons-noiis  point  vu  ses  lieute- 
tenants  couvrir,  sans  trop  étonner  le  monde,  ou  tenter  de  cou- 
vrir leurs  épaules  du  manteau  des  rois?  N’avons-nous  point 
vu  le  Gis  d’un  hôtelier,  le  séminariste,  l’intrépide,  le  légen- 
daire Murat,  suivi  de  près  |>ar  son  camarade  Bernadotle , 
pauvre  enfant  de  la  Gascogne,  faire  chacun  de  la  selle  de 
leur  cheval  le  siège  d’un  trône?  Issu  de  race  judaïque  ’,  le 
maréchal  Soult  ne  se  vit-il  |>oint  au  moment  de  donner  à sa 
vaillante  épée  la  forme  d’un  sceptre?  Et  qui  se  fût  étonné  si 
le  meme  désir  eût  traversé  le  cœur  du  Juif  Masséna?  Cet 
enfant  chéri  de  la  victoire  ‘ était-il  inégal  à son  frère  d’armes 
et  de  race  par  un  autre  côté  que  le  côté  de  l’ambition?  Eh 

' La  Corse  n'eùl-elle  pas  alors  élê  déclarée  française,  qui  demande,  en 
temps  de  tourmente,  a l'homme  dont  la  main  saisit  avec  vigueur  la 
barre  du  gouvernail,  son  acte  de  naissance? 

Ce  qu'afOrme  le  premier  ministre  de  la  Grande-Bretagne,  Juif  lui- 
même  d’origine.  Lo  maréchal  Soult  se  crut  au  moment  de  monter  sur 
le  trône  de  Portugal,  dont  il  rêvait  peut-être  de  se  faire  un  échelon  au 
trône  ibérique. 

^ Surnom  que  le  soldat  donnait  à ce  maréchal , dont  le  nom  juif 
était  Manassé. 


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488 


LES  JUIFS. 


bien,  que  les  circonslances  redeviennent  ce  qu’elles  furent 
alors ^ que  la  fortune  politique  ail  pour  des  visages  nouveaux 
de  nouveaux  et  de  plus  irrésistibles  sourires;  qu’il  se  ren- 
contre un  sophiste  pétri  d’iiabileté , un  de  ces  coryphées  de 
révolutions  dont  le  souille  fanatise  les  peuples,  un  de  ces 
retors  et  valeureux  capitaines  pour  lesquels  se  passionne  le 
soldat,  et  qui,  peut-être  a l’insu  du  public,  ainsi  que  Soult 
et  Masséna,  se  trouverait  être  un  des  rejetons  égarés  de 
la  race  juive;  qu’il  surgisse  un  de  ces  habiles  cl  glorieux 
inconnus  que  ses  frères  de  sang  sauraient  aussi  bien  recon- 
naître que  soutenir,  et  surtout  h une  époque  où  les  lois  de 
la  civilisation  révolutionnaire  ont  fait  dc  tout  citoyen  et  par 
conséquent  de  tout  Juif  un  soldat;  que  cet  homme,  enfin, 
porté  par  le  vent  de  la  tempête,  joigne  l’audace  aux  services, 
et,  qui  de  nous,  après  les  spectacles  dont  notre  siècle  a ras- 
sasié nos  yeux,  s’imaginera  que  tout  à coup  un  diadème 
impérial  ne  pourrait  tomber,  s’abattre  sur  le  front  de  ce 
nouveau  venu?  Qui  nous  dira  la  hauteur  a laquelle  ne 
saurait  s’élever  cet  ambitieux,  foulant  aux  pieds  les  débris 
de  trônes  fracassés  par  les  révolutions  et  par  les  batailles? 
Et  qui  pensera  que  ce  nouvel  empereur  d’une  république 
universelle  et  égalitaire,  élargissant  la  voie  terrible  que 
suivirent  jadis  les  empereurs  de  la  république  romaine, 
ne  pourrait  inaugurer  une  nouvelle  ère  césarienne!  Qui 
s’étonnei'ait,  en  un  mot,  de  le  voir  dicter  ses  lois  au  monde, 
dont  les  rênes  financières  lïottent  et  ne  cesseront  de  flotter 
aux  mains  d’Israël,  en  voie  de  devenir  d’un  bout  à l’autre 
de  la  terre  ce  qu’il  est  en  Allemagne,  c’est-à-dire  le  distri- 
buteur et  le  régulateur  des  seules  idées  que  le  public  libéral  et 
lettré  favorise  et  acclame  ï 

Est-ce  que  déjà  les  hommes  éminents  du  judaïsme  ne 
sont  point  des  hommes  avoués,  recherchés,  courtisés?  Est- 
ce  que  déjà , dans  les  comices  électoraux  de  l’Angleterre 
ou  de  la  France,  le  surffage  d'élite»  c’est-à-dire  le  suffrage 
restreint,  et  le  suffrage  confus  des  masses,  c’est-à-dire  celui 
que  l’on  nomme  universel,  hésitent  l’un  et  l’autre  à les 


CIlAI'lTRIi  DOUZIÈME. 


489 


cicver  au  pinacleP  Est-ce  que  leurs  bamjuicrs,  leurs  finan- 
ciers, hommes  d’État  véritables  pour  la  plupart,  ne  sont 
]K)int  les  banquiers  et  quelquefois  les  ministres  des  princes, 
les  financiers  des  royaumes,  les  chefs  et  les  dominateurs  de 
toutes  les  entreprises  industrielles,  de  toutes  les  (traiides  et 
colottale»  compagnies  de  l’Europe,  les  arbitres,  en  un  mot, 
de  la  paix  et  de  la  guerre,  avec  lesquels  doivent  compter, 
et  plus  humblement  quelquefois  que  ne  le  suppose  le  vul- 
gaire, les  élus  de  la  victoire,  les  têtes  couronnées  les  plus 
hautes  et  les  républiques  les  plus  (ièrcs  '? 

En  vérité!  du  milieu  de  ces  parvenus  sans  nombre  de  la 
nation  juive-,  du  milieu  de  ces  hommes  que  l’Europe  fait 
ses  conseillers  et  ses  juges,  ses  législateurs  et  scs  chefs 
d’armée,  pourquoi  ne  se  rencontrerait-il  pas  un  beau  jour 
et  au  moment  d’une  crise  suprême  un  homme  que  les 
peuples  en  s’unifiant  feraient  le  dépositaire  du  pouvoir 
universel?  et,  que  ce  pouvoir  ait  pour  titre  présidence  ou 
royauté,  protectorat,  CÆsarisme  ou  empire,  le  mot  ferait-il 
rien  li  la  chose’? 

Pourquoi  donc,  du  train  de  vapeur  ou  de  foudre  dont 
partant  et  se  précipitent  aujourd'hui  les  choses,  pourquoi, 
si  les  regards  se  tournent  vers  les  points  de  l’avenir  (|ui  me- 
nacent l’Europe  entière  de  boulevertements  radicau-r,  |)our- 
quoi  s’étonner  que  du  sang  de  Jacob,  tout  à coup,  surgisse 

' Lp Petit  Figaro  non.?  ditle  1î  avril  1869,  d’après  le  Réveil,  journal 
socialiste,  il  est  vrai  : « Les  héritiers  de  M.  de  Rothschild  connaissent 
enfin  le  chiffre  exact  de  la  fortune  du  célèbre  financier;  la  somme 
totale  est  d’un  milliard  sept  cents  millions.  » — « Avec  ses  frères  il 
prêtait  au  monde  entier,  et  commandait,  bourse  en  main,  à tous  les 
souverains.  » Le  Monde ^ 18  novembre  1868.  La  fortune  de  cette 
famille  peut  s’accroître  démesurément  par  des  oprations,  des  mariages, 
et  s’associer  è d’autres  fortunes  juda'iquesl...  Voir  la  note  du  ch.  X, 
div.  î*,  sur  M.  de  Rothschild. 

^ L’émancipation  du  Juif  a produit  les  effets  qu’on  en  attendait  ; 
O elle  a permis  à ce  peuple  d’entrer  dans  toutes  les  carrières.  Il  a eu 
des  ministres  remarquables,  des  Gnanciers  éminents,  de  grandi  ora- 
teurs, des  militaires  distingués,  des  ingénieurs  habiles,  des  juriscon- 
sultes profonds,  de  grands  artistes;  en  un  mot,  il  possède  tout  ce  qu’il 
faut  pour  former  un  milieu  indépendant,  et  se  gouverner  lui-méme.  » 
(Ajoulons  : et,  pour  gouverner  d’autres  que  lui-même.)  Amédée 
Nicolas,  Conjectures  sur  les  âges  de  l'Eglise,  p.  37!;  Paris,  1858. 


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490 


LES  JUIFS. 


au  jour  inattendu  le  dominateur  qui  réaliserait  les  doctrines 
cosmo|)Olites  dont  Israël  est  l’apôtre,  dont  le  libéralisme  n'est 
que  l'écho?  Où  donc,  en  vérité,  puisque  les  nations  dociles 
k sa  voix  tendent  à s’unifier,  'a  se  fondre  en  un  peuple  uni- 
que, où  rencontrer  un  homme  plus  apte  que  le  Juif  k la  po- 
sition nouvelle,  plus  intime  k l’universalité  des  intérêts  et 
des  choses  dont  il  est  presque  en  tous  lieux  le  créateur, 
plus  cosmopolite,  et  nous  répétons  ce  terme,  car  Israël  est  le 
seul  homme  qui  puisse  être,  grâce  au  privilège  de  sa  consii- 
luiion  physique,  et  qui  de  tout  temps  ait  été,  par  le  fait 
même  de  la  dispersion,  le  citoyen  du  globe  entier  ' ! 

Quel  homme,  k quelque  point  de  vue  que  l’on  se  place, 
aurait  de  plus  justes  et  légitimes  chances  que  le  Juif  k se 
faire  accepter  au  milieu  de  populations  émues,  troublées, 
confondues,  pressées,  poussées  par  des  guerres  ou  des 
bouleversements  les  unes  sur  les  autres;  populations  qui , 
formées  k maudire  le  Christ  et  la  loi  civilisatrice  du  dévoue- 
ment, ne  savent  déjà  plus  k peine  apprécier  d’autres  biens 
que  les  biens  de  la  terre , et  dont  les  furieux  appétits  se 
tournent,  comme  vers  un  but  final,  du  côté  des  richesses, 
pour  la  multiplication  desquelles  semble  créé  tout  exprès  le 
génie  du  Juif. 

Au  moment  donné,  comment  donc  ne  |M)int  admettre  que 
la  race  judaïque  fasse  sortir  de  sou  sein  quelque  Joseph 
doué  des  dons  nécessaires  k rurganisalion  et  au  gouverne- 
ment de  quelque  colossale  Égypte?  quelque  Moïse  suscité 
pour  organiser,  pour  diriger  vers  la  terre  des  patriarches* 
quelque  formidable  exode,  pour  briser  l'orgueil  de  quelque 
Pharaon?  Comment,  au  moins,  ne  point  se  rabattre  k pen- 
ser qu’il  se  rencontre  au-dessus  de  ces  lils  de  Jacob,  si  nous 
les  reléguons  au  rôle  secondaire,  un  grand  politique,  un 
ambitieux,  un  génie  assez  fort,  grâce  k l'appoint  des  mo- 

* Voir  au  chapiu-c  Influences. 

Voyez  toutes  ses  tentatives,  tous  ses  préparatifs  pour  v ménager 
son  retour.  Lire  toutes  scs  Revues  : — par  exemple,  .Jre/iioes  isroa- 
lites,  Univers  israèlile,  etc.,  etc. 


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CHAPITRE  DOUZIÈME.  491 

bile.'»  et  prodigieuses  ressources  d’Israël,  pour  gouverner  les 
foules  appelées  <i  jouer  sous  ses  ordres  le  dernier  acte  des 
révolutions  et  pour  s’emparer  du  rôle  suprême? 

Mais,  s’il  ne  peut  se  résigner  a n’élre  que  le  second  de  ce 
génie  ambitieux  dont  l’étoile  ferait  luire  'a  ses  yeux  le 
triomphe  que  rêve  sa  secrète  et  terrible  ambition , où  donc 
Judn  rencontrerait-il  ce  levier  d’Archimède  capable  de  sou- 
lever le  monde?  En  quel  lieu  de  la  terre  sentirait-il  se  mou- 
voir sous  sa  main  la  population  judaïque  nécessaire  a cet 
exode  triomphal , k celte  conquête  d’un  pouvoir  universel , 
a l’exercice  de  cette  prodigieuse  domination  que  doivent  à 
la  fois  subir  et  accepter  les  peuples  conquis  ou  séduits? 

Nous  ne  saurions  le  dire,  et  pourtant  nous  répliquerions 
sans  le  moindre  embarras  : Ce  sera  partout;  et  de  plus,  s'il 
le  faut,  ce  sera  dans  un  lieu  déterminé,  n’importe  lequel I 
Ce  sera  partout;  car  c’est  là  que  demeure  te  Juif,  ce  |)euple 
dont  le  flot  mobile  et  cosmopolite  se  répand,  romme  par  une 
pente  naturelle,  dans  tous  les  plis  de  ce  globe.  Ou  bien  ce 
sera  dans  un  lieu  déterminé,  si  les  menées  des  sectes  révolu- 
tionnaires, et  certaines  agglomérations  judaïques,  ont  préparé 
soit  en  Europe,  soit  ailleurs,  la  surprise  de  ces  événements. 
El  leur  arrivée  peutêlre  rapide,  car  déjà  de  nos  jours,  c’est- 
k-dire  aux  débuts  de  l'ère  du  progrès  des  choses  matérielles,  un 
instant  de  vapeur  siiflit  sur  terre  ou  sur  mer  au  transport 
de  multitudes  immenses.  Déjà  même,  grûce  au  cajirice  ap- 
parent du  hasard,  ou  grâce  aux  calculs  du  génie,  tout  un 
peuple  de  .luifs  se  trouve,  comme  s'il  s’agissait  de  l’cxécu-i 
lion  d’un  dessein  mûri  de  longue  date,  aggloméré  dans  un 
État  qui  porte  un  nom  redevenu  moderne,  le  nom  de  Rou- 
manie, ce  pays  qu’Israël  et  ses  adversaires  ont  appelé  d’une 
même  lèvre  la  nouvelle  Palestine. 

Or,  ne  l’oublions  plus  : le  coin  de  terre  que  baigne  le 
Danube  près  de  se  noyer  dans  la  mer  Noire,  et  sur  lequel 
tout  k l'heure  s’arrêtait  notre  regard , héberge  et  condense 
une  force  que  quelques  brèves  années  ont  portée  de  vingt- 
cinq  k près  de  cinq  cent  mille  âmes,  chifl're  qui  nous  parai- 


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1 


i92  LKS  JUIFS. 

trail  énormo  si  nos  yeux  ne  le  voyaient  croître  et  se  prêter 
a un  développement  aussi  rapide  que  monstrueux;  si,  de 
plus , à (fiielques  heures  de  celte  puissante  et  croissante  popula- 
tion, la  Russie,  la  Pologne,  la  Hongrie,  l’Autriche  ne  nour- 
rissaient des  essaims  de  ces  fils  de  Jacob  dont  la  fécondité 
s’alTumc  par  un  soudain  et  inexplicable  réveil 
Résumons-nous  donc,  et  reprenons-nous  h nous  le  de- 
mander : cette  nation  universelle,  aidée  de  tout  ce  que  notre 
monde  contient  et  produit  de  mécontents  et  de  mécréants; 
aidée  de  tout  ce  qui  se  dit  et  se  croît  philosophe;  aidée  par 
tous  les  hommes  de  philanthropie  naïve;  par  tous  les  rê- 
veurs vides  d’une  croyance  déterminée,  ou  dont  l’ignorance 
ne  prend  pour  guide  qu’un  catholicisme  sentimental;  aidée 
par  l’association  latente  de  la  maçonnerie  universelle,  dont  les 
principaux  directeurs  du  judaïsme  sont  l’âme  et  la  vie;  aidée 
par  l’association  patente  de  V Alliance  israélite  universelle  (jui 
rallie  et  soude  h son  corps  les  éléments  désagrégés  de  tous 
les  cultes;  celle  nation,  disons-nous,  n’esl-elle  pas  en  voie, 
ne  se  trouve-t-elle  pas  h la  veille  de  devenir  la  première 
force  du  monde?  Maîtresse  de  la  presse  et  de  l’enseigne- 
ment; maîtresse  de  l’or  eide  l’industrie  dans  la  plupart  des 
royaumes;  maîtresse  de  la  vapeur  qui  donne  des  ailes  à des 
nations  entières  formées  en  corps  d’armée*,  et  les  vomit 
sur  un  point  de  l'espace,  sans  plus  d’efforts  qu’il  y a peu 
d’années  une  diligence  jetait  d’une  ville  h la  ville  voisine 
quelques  familles  bourgeoises;  en  un  mot,  recrutant  toutes 
les  forces  vives  des  peuples,  celte  nation  pourrait-elle 
éprouver  un  embarras  sérieux  à laisser,  un  beau  jour,  lom-*- 
ber  comme  des  nues  un  essaim  de  population  sur  un  point 
donné  de  l’Europe  : sur  la  Palestine,  si  tel  est  son  but  ; sur 
celle  terre  désolée , plongée  dans  un  deuil  ineffable  depuis 
qu’elle  est  veuve  d’Israël,  et  que  nous  verrions  si  promple- 

' L’Allemagne  seule  on  compte  1,250,000,  l’Europe  3,238,000,  etc. 
Géographie  et  statistique  médicale^,  ut  suprà,  t.  II,  p.  132-135;  1857. 
Le  nouveau  Fremdemhlatt  nous  dit,  en  avril  1869,  que  la  Hongrie,  voi- 
sine de  la  Uoumanie,  compte  500,000  Juifs. 

2 La  l’russc  à Sadowa  ; premier  essai,  qui  sera  bien  dépassé. 


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CHAÇITRE  DOUZIÈME.  493 

ment  restaurée,  reprendre  ses  sourires  et  sa  joie,  si,  dcrc- 
clief,  elle  s'ouvrait  au  peuple  opulent  et  induslriciix  qui 
jadis  féconda  son  sein? 

Le  jour  où  il  plairait  à Israël  de  mettre  a profil,  pour 
opérer  ce  rapatriement,  l'une  des  grandes  crises  (|uc  la  po- 
litique révolutionnaire  prépare  au  monde,  avec  quelle  faci- 
lité les  légions  cl  les  millions  des  Juifs  ne  se  laisseraient-ils 
point  couler  vers  la  Terre  sainte  1 Et  que  le  lecteur,  mis 
sur  la  voie  de  se  convaincre  par  sa  propre  raison,  nous  per- 
mette une  liypollièse  dans  laquelle  nous  ne  feions  entrer 
pour  éléments  que  les  faits  rendus  |iossil)les  par  l'état  actuel 
et  la  marche  des  esprits  et  des  choses. 

Supposons,  par  exemple,  non  point  une  de  ces  crises  où 
il  s'agit  pour  un  ministre  tel  qu'était  feu  M.  de  Cavour,  de 
débuter  a la  sourdine,  et  de  rallier  h sa  politique  les  cou- 
reurs d'aventures  malsaines  des  Etats  limitrophes,  pour  les 
jeter  sur  tels  et  tels  territoires  de  voisins,  objet  de  ses  con- 
voitises-, supposons,  non  point  encore  une  de  ces  crises  plus 
grandes  on  il  s’agit,  pour  un  ministre  tel  que  M.  de  Bis- 
mark, de  briser  une  seule  et  unique  puissance,  en  soulevant 
à la  fois  contre  elle  ses  voisins  et  ses  propres  sujets;  car 
ces  deux  suppositions  seraient  trop  mesquines  : mais  admet- 
tons une  de  ces  crises  épouvantables,  immenses,  une  de  ces 
tourmentes  européennes  dont  la  fermentation  qui  commence 
h travailler  tous  les  peuples  donne  au  monde  entier  le  pré- 
sage, et  qui,  tout  à coup  se  déchaînant,  précipite  et  fracasse 
les  royaumes  les  uns  contre  les  autres'.  Notre  hypothèse 
est  bien  posée,  bien  comprise,  nous  y sommes!  Tout  s’agite 
et  se  soulève;  un  bruit  affreux  de  ruines  retentit,  car  les 
pi'emiers  coups  sont  portés.  Mais  pour  un  instant  la  mêlée 
cesse-,  on  s’arrête,  on  se  recueille,  la  lassitude  et  l'étour- 
dissement donnent  un  semblant  de  calme  : calme  sinistre 
pendant  lequel  les  cœurs  se  préparent  à reprendre  la  partie 

' Mélange,  par  exemple,  des  questions  d’Orient  et  d’Europe,  aux- 
quelles s’immiscent  l’Amérique  et  une  partie  de  l’Asie,  entraînées  par 
la  Russie  et  l’Angleterre,  etc.,  etc. 


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494 


LES  JUIFS.  , 

jusqu’à  ce  qu’il  en  sorte  un  vainqueur,  jusqu’à  ce  que  s’ac- 
' complisse  l’écrasement  final  d’une  moitié  d’un  continent.... 

Un  cri  part  à ce  moment  et  se  répète  de  bouche  en  bou- 
che : Les  Juifs,  les  Juifs  entrent  en  lice!  Voici,  voici  se  mou- 
voir et  apparaître  les  Juifs,  qui  tout  à coup  se  dégagent  du 
sein  des  nations  étrangères,  et  se  dessinent  en  corps  de  na- 
tion. Une  faveur  croissante  les  accueille , car  nous  savons 
que  les  Juifs,  au  milieu  de  ces  fouies  dont  les  coups  sont 
suspendus,  comptent  de  nombreux,  d’intéressés  et  de  cha- 
leureux amis.  Ils  comptent  ceux  que  les  sociétés  secrètes 
ont  enrôlés  dans  toutes  les  ténèbres  et  dans  les  conciliabules 
des  deux  mondes-,  et  nous  savons,  depuis  un  siècle,  quelle 
fut  dans  les  grandes  guerres  l’action  terrible  de  ces  so- 
ciétés ' -,  ils  comptent  tout  ce  qui  maudit  avec  eux  le  Christ, 
tout  ce  qui  rêve  avec  eux  le  bouleversement  des  institutions 
et  des  sociétés  chrétiennes-,  ils  ont  enfin  à compter,  bon  gré 
mal  gré , tout  ce  qui  souffre  du  mal  de  la  convoitise  et  de 
l’envie-,  tout  ce  qui  se  nourrit  de  songes  malsains  et  d’uto- 
pies démagogiques^  tout  ce  qui  fermente  dans  le  monde  des 
idées  fausses  et  des  sentiments  vicieux  1 — Eux?  les  Juifs , ar- 
river? c’est  un  rêve!  Où  cela  donc?  — Un  rêve?  nous  allons 
le  voir.  Regardez^  car  le  télégraphe  a donné  ses  mots 
d’ordre,  et  la  vapeur  a chauffé.  Les  uns,  là-bas,  favorisés 
par  de^  populations  ou  par  des  partis , arrivent  du  pas  des 
avalanches,  après  s’être  condensés  dans  certaines  régions 
de  la  terre,  où,  comme  dans  la  proximité  des  rives  danu- 
biennes, les  espérances  dont  les  flatte  l’avenir  les  ont  accu- 
mulés par  centaines  de  mille.  Du  nord  et  de  l’est,  de  l’ouest 
et  du  sud,  dans  les  champs  de  bataille  de  la  guerre  et  de  la 
politique,  voici  venir,  voici  tomber  en  troupes  grossissantes, 
et  comme  la  sauterelle  du  désert,  des  Juifs  de  toutes  lan- 
gues, les  arbitres  improvisés  du  mondel...  Ces  nouveaux 
venus,  ces  inattendus,  sont-ils  les  alliés  du  Russe,  de  l’An- 
glais, de  tout  autre?  Nous  l’ignorons....  Mais  tournez  les 
yeux  du  côté  de  la  mer,  et,  dans  ces  nefs  que  berce  la  va- 

* Lire  le  protestant  Eckerl,  l’abbé  Gyr,  etc. 


CHAPITRE  DOUZIÈME. 


i95 


gue,  n’apercevez-vous  pas  de  nouvelles  recrues  encore?  Sur 
ce.s  puissants  vaisseaux?  — Oui.  — Sur  ces  llolles  immen- 
ses? — Oui...  Les  premiers  cinglent  des  havres  de  l’Amé- 
rique; ils  sont  chargés  d’auxiliaires  et  de  ttipeniüés.  Les  ports 
de  tel  et  tel  État  de  l’Europe  ont  laissé  s’échapper  les  au- 
tres. Équipées  par  les  Juifs,  ces  villes  flottantes  s’avancent 
chargées  de  leurs  émigrants  ramassés  sur  telle  et  telle  côte, 
et  du  ramas  des  Garibaldiens  de  l’époque,  heureux  de  mi- 
liter aux  gages  d’Israël  et  de  couper  un  accès  de  leur  fièvre 
cosmopolite  en  se  livrant  à quelque  désespérée  croisade 
contre  la  Croix,  dont  se  signent  quelques  peuples  encore  ' ! 

Les  yeux  des  hommes  se  tournent  vers  le  théâtre  gran- 
diose des  événements;  et  les  uns  frémissent  d’une  impuis- 
sante indignation,  tandis  que  les  autres  battent  des  mains. 
C’est  alors  que,  pacifiquement  ou  non , les  expéditions  suc- 
cessives d’Israël  s’unissent  aux  armées  des  peuples  qui 

* L’hisloire  des  conquêtes  de  l’Alexandre  tarlare,  de  Tamerlan,  res- 
semble à un  conte  oriental.  En  nous  rappelant  ce  que  le  monde  a vu, 
songeons  à ce  qu’il  peut  voir  aujourd’hui  que  les  événements  ne  mar- 
chent plus,  mais  qu’ils  bondissent  et  couvrent  la  terre  à la  façon  des 
torrents.  Une  campagne  de  quinze  jours  vient  de  transformer  l’Eu- 
rope centrale;  et,  d’un  coup,  fut  brisé  l'empire  autrichien  comme  un 
verre,  grâce  aux  indécisions  et  aux  lâchetés,  grâce  aux  trahisons 
ménagées  par  les  sociétés  occultes  de  l’Europe  entière , et  malgré  la 
force,  malgré  le  courage  héroïque  de  ses  armées.  Depuis  ce  jour 
sinistre  et  merveilleux,  et  c'était  hier,  que  de  nouveaux,  que  d’effray  ants 
progrès  dans  l’art  de  détruire  et  do  dompter  les  hommes  I 

Nous  avons  évité  de  nous  appuyer  sur  les  antiques  prophéties  de 
l’Eglise , que  nous  examinerons  dans  un  autre  ouvrage , et  dont  les 
textes  annoncent  en  termes  positifs  les  faits  grandioses  qui  nous  sem- 
blent en  voie  de  s’accomplir.  A plus  forte  raison  laissons-nous  de 
côté  les  prophéties  de  toute  origine  qui,  de  nos  jours  surtout,  tour- 
mentent le  monde  *.  Notre  unique  dessein , sous  le  tyraniiiquo  et 
atroce  empire  de  la  Politique  des  faits  accomplis,  qui  date  de  la  ruine 
du  droit  cnrétien  ; en  d’autres  termes,  notre  but  unique,  sous  le  règne 
émouvant  de  l’imprévu  qui  désole  aujourd’hui  les  peuples  arrachés  du 
soi  fixe  et  solide  de  la  toi  chrétienne , c’est  de  faire  apparaître , aux 
yeux  sains  et  limpides,  un  coin  du  tableau  vivant  dans  lequel  se  heur- 
tent et  s’essayent  au  mouvement  les  événements  que  tout  observateur 
peut  juger  possibles. 

* La  plupart  sont  cooienurt  dans  trois  volumes  de  1801,  1862  et  1803,  que 
nous  rimes  revenir  du  Piémont  : I Juturidfstini,  — Comm«n/i  aiU  preditioni^  etc., 
— et  Jl  f^'aUcinaiort,  Torino,  Mariinrngo.-^Un  recueil  fraurait,  l’oracle  de 
M.  H.  Dujardin,  availprécédé  ces  ouvra(;es;  Paris,  1840» Camus. 


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496 


LES  JUIFS. 


s’unifient  pour  donner  au  inonde  son  maître,  et  que  ses 
(lottes  s’abattent  sur  le  littoral  à demi  délaissé  de  la  Pales- 
tine, où,  voyage  par  voyage,  elles  jettent  leurs  essaims 
triomphants. 

Oubliant  qu’en  temps  de  tourmente  et  de  vertige  révolu- 
tionnaire les  plus  étranges  conceptions  se  trouvent  être 
quelquefois  les  plus  réalisables , on  sourit  de  l’hypotbèse.  Oti 
sourit,  on  lève  les  épaules;  moyen  facile  et  banal  de  trancher 
les  questions  ardues!  et  cependant,  pour  sourire,  il  faut  avoir 
perdu  la  mémoire  des  faits  dont  on  vient  d’être  le  témoin  ; 
il  faut  ne  vouloir  point  se  rappeler  qu’hier  encore,  une  des 
plus  puissantes  nations  du  monde,  la  première  puissance 
maritime  de  la  terre,  tremblait  devant  un  fantôme  moins 
redoutable  à coup  sûr  que  celui  du  judaïsme;  fantôme  qui, 
se  dressant  devant  l’Angleterre,  chaque  jour  menaçait  de 
prendre  corps,  et  privait  de  leur  sommeil  scs  hommes  (TÉtat  et 
ses  nmrins.  Oui,  c’était  hier;  et  comment  oublier  que,  d’un 
bout  11  l’autre  de  ses  rivages,  l’empire*  britannique,  atten- 
dant et  redoutant  des  avalanches  de  navires  hostiles,  bra- 
quait ses  lunettes  vers  la  mer,  où  le  vent  qui  soufflait  du 
côté  de  rilnion  se  contenta  cette  foisd’apporterdes menaces! 
Est-ce  que  ces  bandes  aventurières  et  improvisées,  connues 
sous  le  nom  de  Fénians,  ne  furent  point,  en  un  moment,  la 
terreur  de  l’Angleterre?  Est-ce  qu'en  un  clin  d'œil,  tout 
absurdes  qu’on  les  eût  déclarées  la  veille,  l’Angleterre  ne 
se  prit  pas  ’a  trembler  devant  elles?  Si,  laissant  de  côté  les 
prophéties  sacrées,  qui  donneraient  au  chrétien  un  trop  facile 
gain  de  cause,  nous  nous  bornons  à suivre  de  l’œil  la  marche 
actuelle  des  événements,  est-ce  que  le  progrès  des  doc- 
trines, des  influences  et  des  forces  judaïques  ne  nous 
montre  pas,  arrivant  sur  nous  des  hauteurs  de  l'avenir,  une 
nouvelle  sorte  de  fénians  que,  soit  de  la  Roumanie,  soit  de 
tel  ou  tel  autre  point  du  globe,  le  judaïsme  aura  tirés  de 
son  sang?  Et,  tôt  ou  tard,  que  dire  à ces  mots,  k ce  cri  : Les 
voici  lancés  par  la  vapeur  dans  leurs  chariots  de  guerre , ou 
sur  des  navires  armés  de  leurs  millions,  couverts  de  leurs 


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CHAPITRE  DOUZIEME. 


497 


soldats,  et  côte  kcôle  desquels  il  faudra  sans  doute  compter 
les  flottes  et  les  armées  de  quelque  coalition  de  puissances. 

Grand  spectacle,  et  qui,  sous  cette  forme  ou  sous  toute 
autre,  n'importe  laquelle,  s’aeeomplira  quelque  jour,  k la  sur- 
prise immense  de  ceu^:  que  la  nature  de  leur  esprit  et  la  force 
de  leurs  études  préparent  si  fortement  à ne  rien  voir.  — Les 
Juifs!  les  Juifs!  criera-t-on  presque  soudain  de  toutes  parts, 
dans  une  des  crises  grandioses  où  les  peujiles  jetés,  lancés  les 
uns  contre  les  autres,  se  mêlent  ainsi  que  des  corps  broyés. 
Et  les  Juifs  avancent  ! Ne  viennent-ils  pas  de  mettre  k leur  tête 
un  des  leurs?  ou  du  moins  ne  viennent-ils  pas  d’acclamer, 
et  sans  lui  demander  quel  est  son  sang,  un  conquérant,  un 
homme  doué  du  génie  des  fourberies  politiques,  un  sinistre 
fascinateur  autour  duquel  se  pressent  des  multitudes  fana- 
tisées? Tous  ensemble  ils  se  prennent  k l’appeler  le  Messie-, 
écoutons,  écoutons!  Tous  ensemble  ils  l’appellent  frénéti- 
quement le  sauveur,  la  gloire,  la  paix  et  la  joie  ilu  monde. 
Porté  sur  le  flot  roulant  de  cette  force  militante,  l’étrange 
triomphateur  apparaît , et  ces  cris  le  précèdent  ; Gloire  et 
bonheur  a la  terre  délivrée!  Le  voilk  donc  enlin  le  vrai 
Messie;  celui  qui  maudit  et  chasse  ignominieusement  le 
Christ , cet  austère  et  sombre  ennemi  de  l’homme  ; celui  qui 
écrase  l’infâme,  celui  qui  en  purge  le  monde.  Il  est  l'apôtre 
et  le  prince  de  la  fraternité  universelle;  sa  sainte  mission 
est  d’unir  les  hommes,  d’unifier  les  peuples,  et  de  les  com- 
bler des  biens  de  la  terre.  La  jouissance  de  tous  les  biens 
et  de  toutes  les  voluptés,  voilk  sa  loi  suprême,  méconnue, 
outragée  jusqu’k  ce  jour  par  tous  les  fourbes  et  tous  les 
hypocondres  qui , sous  le  signe  détestable  de  la  croix , et 
sous  la  crosse  des  évêques,  dociles  au  gouvernement  de  la 
tiare,  ont  tyranisé  la  terre  1 

Un  instant  étonné,  le  monde  s’arrête,  hésite;  puis,  de 
toutes  parts,  les  peuples  en  armes,  et  k demi  brisés, 
s’écrient  : A nous,  k nous  le  Messie  des  Juifs;  qu’il  vive  et 
qu’il  règne!  A nous  la  paix  et  la  joie  dont  il  comble  les 
hommes,  et  que  toutes  les  nations  de  la  terre  ne  soient 

32 


498 


LES  JUIFS. 


qu’une  nation  sous  son  sceptre.  11  est  le  roi  des  rois.  Heu- 
reux et  fiers  d’êlre  ses  lieutenants,  que  nos  souverains  de 
toutes  dates  s'abaissent  sous  la  force  de  son  bras.  Qu’il 
soit  notre  monarque,  notre  père;  non,  qu’il  soit  notre  Dieu! 
Peuples,  genoux  en  terre,  et  croyons  à sa  parole  : que 
l’humanité,  le  seul  et  vrai  Dieu  delà  terre,  s'adore  elle-même 
dans  ce  représentant  du  plus  admirable  et  du  plus  divin  de 
tous  les  hommes! 

Mais  ’a  quoi  bon  ce  tableau  de  fantaisie,  dans  lequel,  évi- 
tant toute  intervention  surnaturelle,  et  toute  impossibilité  politique, 
on  remarquera  le  soin  que  nous  avons  pris  de  réunir  certains 
traits  que  les  traditions  des  peuples  attribuent  aux  jours  tour- 
mentés de  l'Antéchrist?  A quoi  bon  ces  éléments  réunis,  et 
auxquels  notre  plume  semble  donner  par  anticipation  la 
forme  définitive  de  I histoirc?  Car  s’il  est  indubitable  pour 
l’observateur  qui  tient  k se  placer  en  dehors  de  toute  prophétie 
que  quelque  chose  de  nouveau,  d’îucroÿaé!*,  d'immense,  se 
prépare,  se  brasse  dans  le  monde,  s’annonce  même  en  faveur  de 
la  nation  juive  par  des  indices  avant-coureurs,  il  n’est 
guère  moins  certain,  lorsqu’il  s’agit  de  révolutions  dont  la 
fougue  longtemps  comprimée  menace  de  bouleverser  le 
monde,  que  l'événement  attendu  sous  un  aspect , aime  k sc 
présenter  sous  un  autre,  et  ne  fait  son  entrée  sur  la  scène 
que  par  une  des  portes  dont  les  battants  semblaient  devoir 
refuser  de  s'ouvrir.  A quoi  bon  cette  peinture,  répéterons- 
nous  donc,  si  ce  n’est  k constater  que,  dans  le  monde  révo- 
lutionnaire nouvellement  éclos,  les  événements  indiqués, 
loin  de  revêtir  le  moindre  caractère  d’impossibilité,  sont 
possibles  de  tous  points,  et  le  sont  de  mille  manières  ' ! 


' Soigneux  que  nous  fûmes  de  ne  tenir  compte,  en  fait  d’éléments 
historiques , que  de  réalités  palpables , nous  no  nous  sommes  préoccu- 
pés que  des  Juifs,  et  nous  avons  omis,  dans  la  construction  do  notre 
•ypotlièse,  l'existence  et  l’intervention  des  dix  tribus  d’Israël.  Quel- 
ques hommes  sérieux  et  savants  prétendent,  et  nous  no  l’ignorons 
■ullement,  que  le  noyau  de  ces  dix  tribus,  relégué  dans  l’une  dW  oasis 
intérieures  de  l’Afrique,  y forme  un  peuple  à part,  l'out  prêt  à venir, 
un  beau  jour,  et  par  une  nouvelle  exode,  jeter  un  poids  inaUendu 
dans  la  tialance  des  événements 


499 


CHAPITRE  DOUZIEME. 

Et  c’est  devant  les  chances  de  cet  avenir  que,  tout  en 
conservant  pour  les  Juifs  les  sentiments  de  sincère  frater- 
nité que  riiomme  civilisé  doit  k tout  autre  homme,  nous 
provoquons  quiconque  a daigné  s’initier  aux  choses  et  aux 
personnes  de  ce  monde,  k se  former  l’idée  du  rôle  immense 
et  subit  que  pourrait  y jouer  le  plus  tenace  et  le  plus  sagace, 
le  plus  antichrétien  et  le  plus  cosmopolite  des  peuples,  celui 
qui,  présent  en  tous  pays,  ne  cesse  d’y  rester  citoyen  d’une 
nation  étrangère *,  celui  dont  un  signe  télégraphique  peut, 
en  un  instant,  agglomérer  sur  un  môme  point  les  (lots 
pressés^  en  un  mot,  celui  qui  tient  entre  ses  mains  le  prix 
de  toute  chose,  et,  si  l’histoire  moderne  ne  nous  trompe, 
celui  qui  tient  k peu  près  le  prix  de  tout  homme,  le  signe  de 
toute  puissance  et  de  toute  jouissance,  le  talisman  universel, 
le  roi  des  métaux  et  des  empires  déchristianisés  : l’or. 


RÉSUMÉ 

THKS-LACO.NIQtE  ET  NE  CONTENANT  QtE  LA  PENSÉE  PRINCIPALE  DE  CHAQUE 
CHAPITRE  OU  DR  CHAQUE  DIVISION  DE  CHAPITRE. 

Quelles  furent,  depuis  le  Christ,  les  croyances  du  Juif 
orthodoxe,  du  pur  orthodoxe,  qui,  seul,  est  celui  que  nous 
appelons  le  Juif;  et  quelle  est,  par  cette  raison,  la  source  de 
ses  mœurs?  — Ces  croyances  furent  un  mélange  de  tradi- 
tions sublimes,  immondes,  absurdes,  œuvre  prodigieuse 
des  rabbins,  et  qui,  formant  de  leur  ensemble  le  Talmud, 
dominèrent,  en  les  écrasant  de  leur  masse  et  de  leur  auto- 
rité , les  livres  de  Moïse.  Le  Juif  ne  peut  donc,  sans  mentir 
k l’histoire  et  k sa  foi,  nous  donner  pour  sa  loi  religieuse 
ces  memes  livres  mosaïques  dans  lesquels  il  ne  voit  aujour- 
d’hui « ni  un  livre  de  science  ni  un  livre  d* histoire!  » (Ch.  !•'.) 

Le  Juif  talmudisant  est  le  continuateur  de  la  secte  phari- 
saïque;  c’est  pourquoi  le  Pharisien,  ce  sectaire  tout  pétri 
d’orgueil  et  d’hypocrisie  que  flagelle  si  durement  le  Sau- 

32. 


500 


LES  JUIFS. 


veur,  est  aujourd’hui  même  l’admiration  et  la  joie  duju- 
daïsant  orthodoxe.  (Ch.  II.) 

« Il  n’y  a plus  de  docteur  en  Israël  ; » tel  est  le  langage 
dogmatique  d'Israël  lui-méme.  Et,  sur  ses  lèvres  cependant, 
le  titre  de  docteur  adhère  au  titre  de  Rabbin.  Israël,  ajou- 
terons-nous,  a perdu  son  sacerdoce  d’institution  divine;  le 
rabbin  n'a  donc  en  lui  rien  du  prêtre,  et  n’est  redevable  de 
son  pouvoir,  u merveille  à jamais  humiliante  pour  Juda! 
qu'aux  chefs  des  sociétés  chrétiennes.  Pourquoi  donc  le  Juif 
affecte-t-il  de  l'appeler  son  pasteur  et  son  pontife.?  Pour- 
quoi.? si  ce  n’est  pour  donner  h son  culte  un  simulacre  de 
vie,  et  lui  assurer  une  place  dans  la  considération  et  dans  le 
budget  des  États  chrétiens? 

Mieux  encorel  une  organisation  tout  artificielle  du  ju- 
daïsme, opérée  aux  premiers  jours  du  dix-neuvième  siècle 
sous  les  auspices  du  conquérant  qui  faisait  alors  trembler  la 
terre,  a préposé  les  laïques  en  Israël  à la  direction  de  ce  sa- 
cerdoce, et  marqué  pour  régulateur  de  ce  culte  les  ministres 
d’un  gouvernement  chrétien.  (Ch.  III.)  O prodigieux  renver- 
sement de  toute  notion  religieuse  I 

Pourquoi  donc  ce  phénomène  inimaginable,  si  ce  n’est 
que  la  grande  question,  pour  la  partie  progressive  de  Juda, 
c’est  de  sortir  et  de  se  dégager  h tout  prix  du  Talmud , ce 
code  religieux  qui,  pendant  des  siècles,  voua  la  nation  juive 
b la  haine  et  au  mépris  des  peuples?  Car,  expression  même 
de  la  Synagogue,  et  s'inspirant  des  sinistres  mystères  de  la 
Cabale,  le  Talmud  étouffait  chez  ses  fanatiques  sectateurs 
tout  germe  imaginable  de  civilisation.  (Ch.  IV.) 

Nul  ne  saura  donc  déchiffrer  le  Juif  s'il  ne  connaît  et  ne 
pénètre  quelques  uns  des  maîtres-secrets  du  Talmud.  Et, 
puisqu’il  nous  est  indispensable  de  nous  former  une  idée 
des  principaux  enseignements  de  ce  livre  tahu  qu’une  partie 
d’Israël  conspue  de  nos  jours,  tandis  que  l'autre  met  tout  son 
art  h le  glorifler,  sachons,  pour  ne  le  point  oublier,  qu'il 
donne  au  genre  humain  pour  père  et  pour  mère  non  point 
le  singe  et  la  guenon,  scandalisés  de  l’honneur  que  leur 


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CHAPITRE  DOUZIÈME.  SOI 

COnfèrenl  certains  coryphées  de  la  science  moderne,  mais  deux 
monstres  dont  la  vie  débute  par  les  turpitudes  les  plus  hu- 
miliantes pour  la  nature  humaine.  Retenons  en  outre  la 
réponse  de  ce  code  religieux  lorsque  le  Juif  l’interroge  sur 
ses  rapports  avec  le  reste  des  hommes  ; Tu  ne  dois  con- 
naître en  ce  monde  qu’un  prochain,  et  ce  prochain  c’est  le 
Juif.  Tout  être  b visage  humain,  s’il  n’est  de  ton  sang,  s’il 
ne  partage  ta  foi,  n’est  devant  toi  qu’une  brute  impure.  Il 
y a de  ta  part  mérite  b le  maudire,  mérite  b le  dépouiller,  b 
le  tuer.  (Ch.  V.) 

Et  toi,  femme , issue  du  sang  de  Jacob,  qu’es-tu?  N’ou- 
hlie  jamais  que,  pour  le  pur  talmudiste,  lu  n’es  qu’une  es- 
clave; qu’il  a le  droit  de  te  fustiger;  qu’il  ne  te  doit  ni  fidé- 
lité conjugale  ni  moralité  dans  ses  rapports;  que  ta  personne, 
en  un  mot , est  sous  sa  main  « une  viande  de  boucherie  que 
celui  qui  l’achète  est  libre  d’accommoder  b sa  guise.  » Et 
tel  est  ton  néant , que  t’enseigner  la  loi  sainte  c’est  la  pro- 
faner et  se  rendre  aussi  coupable  que  de  t’enseigner  des 
obscénités.  — Qu’importe  b ce  maître  si , malgré  la  riche 
nature  qui  te  distingue,  ta  fragilité  morale  se  proportionne  b 
la  valeur  de  ta  foi!  (Ch.  V.) 

.Mille  fois  supérieur  b tout  ce  qui  respire,  comment  l’ortho- 
doxe dérogerait-il  jusqu’b  se  rendre  l’esclave  d’une  promesse, 
d'une  parole,  d’un  serment?  Non,  sa  loi  lui  sauvera  l’humi- 
liation de  cette  servitude;  et,  quoi  qu’il  ait  promis  ou  qu'il 
ait  juré,  nulle  avilissante  obligatiou  ne  l’enchaîne.  Au  moin- 
dre désir  de  se  libérer,  le  Talmud  veut  qu’une  simple  for- 
malité le  dégage  et  rende  b sa  conscience  toutes  les  fran- 
chises de  la  libre  pensée.  (Ch.  V.) 

Entre  les  libertés  les  plus  précieuses  du  Juif  se  distingue 
l’usure,  que,  dans  le  Coran,  Mahomet  lui  reproche  b titre 
de  vol  ';  l’usure,  ce  moyen  de  domination  universelle  qui 
venge  le  Juif,  assujettit  b sa  loi  les  brutes  humaines  age- 
nouillées devant  son  or,  et  lui  permet  de  se  rire  de  cette 
parole  par  laquelle  M.  le  procureur  général  du  Régent  osait 

‘ Alcoran,  ch.  iv,  Des  femmes,  p.  67,  Irad.  du  Ryer;  1775. 


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soi  LES  JUIFS. 

flétrir  les  fils  d'Israël  : ce  sont  « les  monstres  de  la  société 
civile  ».  (Ch.  V.) 

.Mais  accusé  de  cette  jouissance  de  tes  droits  talmudiques 
que  les  gentils  nomment  des  crimes,  n’hésite  pas  à t’eu  dé- 
fendre, ô fils  d'Israël!  et  repousse  avec  la  plus  chaleu- 
reuse indignation  la  parole  qui  prétend  que  tu  mêles  à tes 
aliments  le  sang  des  chrétiens  tombés  sous  ton  fer  pour 
obéir  aux  vœux  de  ton  culte.  (Ch.  VI-VII.)  La  Bible  accusa 
tes  pères  infidèles  de  cette  anthropophagie  sacrée  -,  mais  ne 
peux-tu  soutenir  que  les  fils  ne  sont  point  les  pères?  De- 
puis un  demi-siècle,  d’ailleurs,  ô merveille!  la  foi  des  tiens 
s’est  ébranlée,  s’est  altérée;  ils  se  sont  mis  en  marche,  et 
se  disent  les  hommes  du  progrès.  Que  se  passe-t-il  donc? 

Ouvrons  les  yeux,  écoutons!  Immobile,  immuable  dans 
sa  croyance  dix-huit  siècles  durant,  tout  d’un  coup  le  bruit 
d'un  monde  qui  s’écroule  a fait  sortir  en  sursaut  de  sa  lé- 
thargie la  nation  juive  tout  entière.  Les  peuples  courent, 
sc  |)récipitcnt  vers  de  fantastiques  et  insaisissables  horizons. 
Le  Juif  contemple;  sa  foi,  qui  le  fixe  et  l’isole,  le  désole.  11 
la  repousse  et  sc  mêle  h leur  course-,  il  s’anime,  et  soudain 
le  voilà,  pour  prix  de  ses  efforts,  déclaré  l’égal  de  ceux  qui 
le  déclaraient  ilote.  Mais  à l’instant,  ce  peuple  resté  partout 
et  dans  tous  les  siècles  égal  à lui-même,  se  divise  et  se 
scinde.  Celui-ci  veut  encore  et  prétend  qu’on  le  dise  ortho- 
doxe; il  se  forge  une  orthodoxie  bâtarde  ; cet  autre  porte  en 
cocarde  le  mot  progrès,  et  les  règles  de  sa  foi  ont  pour 
source  le  caprice  et  les  variations  d’un  protestantisme  qu’a- 
vaient conspué  ses  pères.  Progressiste  au  delà  des  limites 
imaginables  du  progrès,  ce  troisième  nomme  et  salue  avec 
transport  la  philosophie  du  dix-huitième  siècle;  et,  |>ourlui, 
l’homme  de  la  libre  pensée,  et  par  conséquent  de  la  libre 
morale,  est  un  frère  que  le  vrai  Juif  doit  embrasser  avec 
amour.  (Çh.  VIII.) 

Il  estquelqu’un, cependant,  devant  qui  recule  la  tolérance 
soudaine  de  celui  que  le  monde  avait  proclamé  le  plus  in- 
tolérant de  tous  lés  hommes;  et  ce  quelqu’un,  c’est  le  chré- 


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ClIAPiTRE  DOüZifeME.  503 

lien  fidèle  à sa  foi.  Si  le  Juif  se  croil  fort,  malheur  au  chré- 
tien, malheur  h ses  pontifes,  malheur  h son  Église,  quelque 
reconnaissance  que  le  fils  de  Jacoh  ait  jamais  professé  lui 
devoir.  Car  jamais  sa  gratitude,  il  nous  le  déclare,  ne  fut 
qu’un  piège  b l'usage  de  su  politique,  et  sa  haine  était  im- 
placahlc.  Elle  était,  elle  devient,  surtout  dans  son  sein  , un 
sentiment  moins  religieux  encore  que  national.  (Ch.  IX.) 

Ta  prudence,  ô chrétien!  devra  donc  être  désormais  ex- 
trême, puisque,  en  déclarant  le  Juif  ton  égal,  tu  l’as  déclaré 
ton  maître  ; c’esl-a-dire,  puisque  lu  l’as  fait  deux  fois  citoyen, 
lorsque  lu  ne  l'es  qu’une  seule!  citoyen  de  la  nation  et  ci- 
toyen de  la  nation  juive,  qui,  partout  indivisible, montre  sa 
tête  en  chaque  pays,  toujours  ardente,  toujours  audacieuse, 
toujours  prête  b peser  de  tout  son  poids  en  faveur  de  chacun 
de  ses  fils. 

Chaque  jour  donc  vojtuis-nous  s’accroître  au  sein  des 
États  chrétiens  la  prépondérance  quelquefois  écrasante  du 
Juif,  et  chaque  jour  s’accentuer  la  supériorité  qu’ajoute  b 
ses  avantages  naturels  les  avantages  dont  sa  tenace  habileté 
lui  valut  enfin  la  conquête. 

Entre  ceux  dont  il  est  rare  que  la  vue  frappe  et  captive 
nos  yeux  , se  distingue  l’organisation  naturelle  de  ces  hom- 
mes de  la  dispersion  chez  les  peuples  qui  les  hébergent  : 
organisation  semblable,  d’un  bout  b l'autre  de  la  terre,  b 
celle  des  sociétés  de  l’occultisme.  Chacune  des  sociétés  se- 
crètes qui  se  développent  au  milieu  des  Étals  modernes  n’est 
en  effet  tpi’iine  copie,  qu’une  image  de  la  société  judaïque 
telle  (lu'elle  existe  au  milieu  des  peuples. 

El  le  but  des  fils  de  Juda , le  dernier  mot  de  la  mystérieuse 
volonté  qui  les  anime  et  les  relient  en  corps  de  peuple,  c’est 
le  dernier  mot  de  la  haine  implacable  que  la  civilisation  chré- 
tienne inspire  b celui  que,  dix-huit  siècles  durant,  la  Cabale 
reconnut  pour  prince. 

Or  ce  prince,  ce  grand  maître  de  la  Cabale,  ce  fut  le  Juif; 
c’est  le  Juif!  Et  notre  stupeur  est  de  voir  que  nul  b peu 
près  ne  s’étonne,  au  sein  des  nations  chrétiennes,  du  plus 


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LES  J LIES. 


:S04 

«trangc  des  pliénomèncs  ; que  nul  ne  soit  frappé  de  voir 
que  tonies  les  sociétés  secrètes,  dont  l’âme  est  celle  du  libé- 
ralisme progressif,  ne  pensent  que  ce  que  pense  le  Juif; 
ne  disent  et  ne  taisent  que  ce  que  tait  et  dit  le  Juif,  ne 
veulent,  n’exaltent  et  n’exècrent  que  ce  que  veut,  exalte  et 
abhorre  le  Juif! 

D'où  ce  fait  de  splendide  évidence  : que  le  Libéral  trans- 
cendant n’est  autre  qu’un  chrétien  devenu  judaïsateur  parce 
qu’il  fut  judaïsé,  parce  que  l’éducation  révolutionnaire,  ou 
antichrctienne,  infusa  dans  son  âme  le  cœur  et  l’esprit  du 
Juif  moderne,  qui  ne  saurait  régner  si  le  christianisme  ne 
succombe.  (Ch.  VIII-IX,  etc.) 

Mais,  à l’incomparable  puissance  des  sociétés  de  l’occul- 
tisme, dont  le  gouvernail  éx’oiue  sous  la  main  d’Israël , vient 
■se  joindre  la  puissance  irrésistible  de  l’or.  Car  l’or  possède 
l’homme  aussitôt  qu’il  se  déchristianise,  et  le  Juif  possède 
l’or.  Il  le  possède  â ce  point  qu’ébranler  le  crédit  du  Juif, 
ce  serait  ébranler  le  monde!  Est-ce  que  d’ailleurs  le  Juif  n’a 
point  doublé  dans  sa  personne  cette  puissance  de  l’or  de 
celle  de  la  parole  publique,  c’est-k-dire  de  la  parole  de  la 
presse  et  de  celle  des  hautes  chaires  professorales , ou  de 
l’enseignement  supérieur  des  peuples?  Car  le  Juif  se  l’est 
acquise;  et  c'est  par  elle  qu’il  attaque  dans  sa  source  la  foi 
chrétienne,  qu’il  forme,  qu’il  pétrit  l’opinion,  qu’il  domine 
avec  un  irrésistible  ascendant  la  plus  vaste  étendue  de 
l’Europe.  De  là  cette  parole  digne  de  toutes  nos  médita- 
tions, et  que  nous  avons  saisie  toute  vibrante  encore  sur  la 
lèvre  de  l’ex-premier  ministre  de  la  Grande-Bretagne,  issu 
de  sang  judaïque  : « Ce  monde  est  conduit  par  de  tout  au- 
tres personnages  que  ne  se  l’imaginent  ceux  dont  l’œil  ne 
pénètre  point  dans  les  coulisses;...  et  la  puissante  révolu- 
tion qui  se  prépare  et  se  brasse  en  Allemagne , où  elle  sera 
bientôt  une  wconrfc  réforme  plu*  contidérable  que  la  première,  » 

' Nom  de  rechange  de  la  Révolution  aniicbrëlienne. 

* Voir,  ch.  X,  ci-dessus,  première  division,  première  page,  les  paro- 
les mêmes  du  concile  œcuménique  judatque  de  4869. 


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CHAPITRE  DOUZIÈME.  505 

et  par  conséquent  pins  destructive  du  catholicisme,  « prend 
son  développement  sous  let  auspices  du  Juif.  » (Ch.  X.) 

De  quelles  armes,  en  vérité,  si  l'on  n’est  gouvernement, 
soutenir  la  lutte  avec  une  ombre  de  chance  contre  un  peuple 
partout  présent,  partout  h la  tête  des  plus  irrésistibles 
moyens  de  domination,  et  remarquable  au  milieu  de  tous 
les  peuples,  dont  il  est  souvent  à la  fois  le  propriétaire  et 
le  locataire,  par  la  supériorité  multiple  de  son  intelligence; 
remarquable  par  le  prod&ge  encore  inexpliqué  de  ses  supériorités 
corporelles. 

Car  la  plus  singulière  des  immunités  exempte  le  Juif  de 
maladies  qui  sèment  la  mort  autour  de  sa  tête;  le  plus  carac- 
téristique des  privilèges  élève  sa  vitalité  au-dessus  de  la 
vitalité  de  tout  autre  homme;  veut  enfin  qu'aucune  terre 
ne  lui  soit  marâtre,  et  ne  dévore  ses  colonies  comme  elle 
dévore  celle  de  toute  autre  race. 

Ainsi  se  fait-il  que  ces  hommes  de  ta  dispersion,  que  ces 
apôtres  intéressés  de  l'unification  des  peuples,  soient  le  seul 
peuple  qui  puisse  avec  vérité  se  dire  cosmopolite,  le  seul  qui 
doive  â sa  nature  une  aptitude  invariable  k meubler  de  sa 
population,  k plier  k scs  vœux,  k régler,  k dominer  de  sa 
propre  personne  le  globe  entier!  D’où  ce  fait  étrange 
qu’après  avoir  été,  par  la  grâce  de  ce  privilège,  le  mission- 
naire par  excellence  des  doctrines  antichréliennes,  ce  qui 
signifie  pour  nous  les  doctrines  antisociales,  et  le  généra- 
lisateur du  mal,  le  lien  de  toutes  les  sociétés  occultes,  c’est 
k ce  même  privilège  que  le  Juif  devra  d’être  le  missionnaire 
par  e.vcellence  et  le  généralisateur  du  bien!  Il  lui  devra  la 
gloire  de  s'emparer  de  l’empire,  auquel  il  aflirme,  et  de 
fortes  raisons  engagent  k le  croire,  que  l’élèveront  un  jour 
les  plus  généreux  services. 

Que  si  la  science  moderne  démontre  ou  avoue  son  impuis- 
sance k nous  donner  la  raison  de  cette  supériorité  physique, 
elle  échoue  d’une  manière  tout  aussi  digne  de  remarque  k 
nous  expliquer  pourquoi,  tout  k coup,  depuis  que  subitement 
et  après  une  immobilité  de  plusieurs  siècles  Israël  se  dé- 


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506 


LES  JUIFS. 


lalmuüisu  el  se  met  eu  marche,  sa  fécondité  redouble  et 
redevient  ce  qu’elle  était  devenue  Jadis  à la  veille  de  sa  sortie 
de  l’Égypte.  Comme  si  vraiment  la  Providence  voulait  que 
quelque  nouveau  Moïse  n’eût  bientôt  plus  que  son  signal  à 
attendre  pour  se  mettre  à la  tête  d’une  seconde  et  plus  gran- 
diose exode.  (Ch.  X.) 

La  statistique , l’état  des  choses  et  des  esprits , nous  ont 
dit,  en  effet,  qu’un  flot  judaïque  peut,  dès  aujourd’hui,  cou- 
vrir à l’improviste  une  plage  de  l’Europel  Et  l’on  ne  s’avisera 
guère  de  nous  demander  : Mais  où  donc  ces  Juifs,  et  qui 
sont-ils?  Car  nous  venons  de  les  voir,  et  nous  les  avons- 
signalés.  ' 

Ce  sont  les  Juifs  du  moyen  âge;  ce  sont  eux-mémes,  re- 
trouvés pleins  de  vie  dans  le  plein  milieu  du  dix-neuvième 
siècle,  et  tout  vaillants  de  leur  sève  judaïquel  Oui,  ces  Juifs 
du  moyen  âge,  cette  réalité  de  toutes  les  époques  convertie  par 
l’histoire  moderne  en  un  mythe  absurde,  ces  hommes  d’autre- 
fois qu’elle  a niés,  nous  les  voyonsâ  l’œuvre!  Nous  les  rencon- 
trons en  train  de  dévorer  un  peuple',  et  nos  yeux  nous  les 
montrent  tels  que  l’histoire  de  tous  les  temps  et  de  toutes 
les  nations  nous  les  avait  montrés  : Des  corps  de  réserve, 
des  corps  d’élite  immenses  les  flanquent  ou  les  suivent, 
formés  de  populations  issues  du  même  sang,  et  qu’inspire 
un  même  esprit  national,  mais  OÙ  d’innombrables  groupes  se 
distinguent  de  leurs  frères  par  des  croyances  et  des  mœurs 
plus  semblables  à celle  des  chrétiens  déchristianisés  qu’k 
celles  du  Juif  judaïsant.  (Hongrie,  Pologne,  Gallicie,  Alle- 
magne, etc.) 

Et  le  but  que  ces  masses  formidables  avouent,  c’est  de 
fonder  une  Palestine  nouvelle;  en  attendant  l’exode  qui  se 
prépare  vers  la  Palestine  anii<|ue;  en  attendant  le  retour 
dont  le  vœu  [)ériodique  se  formule  avec  tin  enthousiasme 
religieux  à tous  les  foyers  d’Israël  par  ces  paroles  nationales  : 
Il  L’année  prochaine  à Jérusalem!  » (Ch.  XI.) 

Car  Israël  attend  son  Messie , et  prépare  le  jour  de  ce 

' La  Roumanie;  voir  aux  pièces  officieUes  produites. 


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CHAPITRE  DOUZIÈME. 


607 


futur  dominateur  du  monde.  Quiconque  dit  autrement  se 
trompe;  h moins  que  sa  pensée  ne  »e  limite  k quelque  frac- 
tion des  fils  de  Jacob;  il  se  trompe  ou  trompe  la  chrétienté. 
Des  circonstances  plus  favorables  et  plus  grandioses,  des 
coups  de  théâtre  plus  inattendus  que  ceux  qui  firent  un 
Alexandre,  un  Tamerlan,  un  Napoléon,  feront-elles  ce  con- 
quérant? élèveront-elles  sur  le  pavois  ce  Messie,  aidé  dans  sa 
course  ascendante  par  les  prodigieuses  ressources  que  les 
découvertes  de  la  science  et  que  let  secrett  de  la  politique  uni- 
taire prodiguent  aux  aventuriers  de  nos  jours  pour  capter  et 
s’assujettir  les  peuples?  Ainsi  l’espère,  ainsi  le  professe, 
ainsi  le  veut  Israël,  et  que  de  pages  ont  démontré,  dans 
le  rapide  développement  de  nos  chapitres,  la  possibiiilé  de 
cet  incroyable  prodige!  (Ch.  XII.) 

Une  croix  de  bois  a sauvé  le  monde,  disait  k la  Révolution 
haletante  au  milieu  des  ruines  l'un  des  hommes  d'Ëlat  et 
des  coryphées  du  libéralisme  (M.  de  Montlosicr).  Après 
avoir  fait  toucher  du  doigt  l'imminence  et  l’énormité  du 
danger  qui  menace  la  civilisation  chrétienne  (c’est-k-dire 
l’ordre  qui  donne  a la  vie  sociale  sa  plénitude),  nous  devons 
le  ré|iéter  k notre  tour  ; un  seul  et  unique  sauveur  pourrait 
arrêter  sur  sa  pente  le  monde  aujourd’hui  presque  jiidaïsc  : 
ce  monde  que  ravagent  et  poussent  de  conserve  k sa  ruine 
les  doctrines  antiphilosophiques  de  la  philosophie  du  dix- 
huitième  siècle,  et  rim|)lacable  égoïsme  de  l’économie  et 
de  la  politique  déchristianisées.  Or,  ce  sauveur,  ce  serait 
encore  et  toujours  la  même  croix  du  Calvaire,  horreur  et 
abomination  du  Juif. 

Mais  comment  espérer  le  franc  retour  des  gouvernements 
k La  Croix , k la  foi  de  nos  pères  qu’ils  ont  repoussées  ; cette 
croix,  cette  foi,  qui  repoussent  loin  de  nous  les  principes  de 
déraison  et  d’orgueil,  de  division  et  d’asservissement,  que 
l’Europe  doit  k la  presse,  k renseignement,  aux  infatigables 
machinations  du  Juif  son  précepteur,  et  bientôt  son  maître! 
(Voir  les  menaçants  aveux  de  M.  Disraéli,  etc.) 

O chance  inespérée  du  salut!  un  concile  œcuménique, 


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508 


LES  JUIFS. 


composé,  formé  du  sang,  de  la  science  et  de  la  piélé  de  tous 
les  peuples  chrétiens,  offre  au  monde  éperdu  la  plus  simple 
et  la  plus  solennelle  occasion  de  ce  retour.  Déjh  les  peuples 
seront-ils  trop  judaïsés  pour  qu’il  leur  reste  dans  l’esprit  le 
bon  sens  de  la  saisir,  eux  que  nous  voyons  se  prêter  si 
facilement  au  laitier  faire  en  ce  qui  gaspille  et  attaque  la 
somme  de  leurs  vraies  richesses,  de  leurs  libertés  sérieuses 
et  de  leur  paix?  Ou  bien,  leurs  yeux  tout  à coup  se  dessille- 
ront-ils ; leur  sera-t-il  donné  de  te  laitter  faire  et  de  se 
rendre  aux  conseils  de  cette  Eglise  que  distingue  le  nom 
d’cmvERSELLE,  paice  qu’elle  fut  instituée  par  son  divin  fon- 
dateur pour  répondre  aux  besoins  de  tout  let  temps,  dont  tout 
let  lieux  et  de  tout  let  hommes?  En  un  mot , sauront-ils  mettre  b 
profit  cette  large  voie  de  sagesse,  de  vraie  science  et  de  salut? 

A peine  osons-nous  espérer  ce  bonheur;  et  pourtant  les 
nations  sontnées  guérissables!...  Mais,  quel  que  soitle  cours 
actuel  des  choses,  le  Juif,  que  nos  feuilles  ont  montré  rêvant 
le  rôle  de  peuple-roi;  rêvant  mieux  encore,  et  dans  un 
certain  sens  rêvant  plus  juste,  mais  pour  un  moins  prochain 
avenir,  c’esl-’a-dire  rêvant  le  rôle  de  peuple-arbitre,  de 
peuple-pape,  le  Juif,  tôt  ou  tard,  et  cela  nous  semble  indu- 
bitable , reprendra  sur  nous  le  dessus.  Nous  le  verrons 
surgir  aidé  des  innombrables  et  disparates  auxiliaires  que 
sa  parole  a disciplinés;  ou  plutôt,  nous  le  verrons  faire 
pencher  de  sa  main  la  balance  des  événements  en  faveur  de 
quelque  prodigieux  aventurier  dont  il  aura  suivi  la  fortune, 
et  dont  la  fourberie,  en  déjouant  ses  plans,  dessillera  ses 
yeux.  Ainsi  nous  entraîne  k conclure  une  perspective  nou- 
velle dont  les  faibles  lointains  se  sont  offerts  à notre  esprit, 
frappé  des  rapports  saisissants  qui  se  manifestent  entre  les 
prophéties  de  l’Église  et  les  révolutions  radicales  qui  sont  en 
voie  de  s’accomplir.  Mais,  écrit  au  simple  point  de  vue  des 
possibilités  humaines,  notre  livre  devait  naturellement  re- 
pousser tout  aperçu  dans  lequel  se  fussent  mêlées  aux  faits 
du  jour  des  éléments  surnaturels;  et  tels  sont  jugés  d’un 
commun  accord,  dans  les  deux  camps  hostiles,  les  prophéties 


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CHAPITRE  APPENDICE. 


509 


qoe  ne  cessent  de  nous  tendre  d’une  même  main  et  la 
Synagogue  et  l’Église. 

Nous  avons  donc  refoulé  dans  notre  ()ortcfeuille  quelques 
chapitres  destinés  primitivement  à donner  k notre  ouvrage 
sa  quatrième  partie  et  son  complément.  Il  nous  a semblé 
plus  sage,  cette  fois,  de  parler  un  langage  purement  profane, 
et  d’où  serait  banni  cet  avenir  surnalurellcment  annoncé 
qu’admettent  et  attendent  chacun  sous  une  forme  différente, 
le  catholique  fidèle  et  le  croyant  du  judaïsme.  Nous  le  regret- 
tons sincèrement  pour  l’honneur  du  Juif,  ce  frère  ainé  du 
chrétien,  3l  qui  nos  dernières  pages  donnaient,  en  le  réin- 
tégrant dans  toute  la  noblesse  de  ses  titres,  le  rôle  de  dévoue- 
ment et  de  gloire  dans  lequel  entrera,  pour  le  salut  et 
l’étonnement  du  monde,  le  peuple  à jamais  élu,  te  plus  noble 
et  le  plut  auguste  des  peuples,  le  peuple  issu  du  sang 
d’Abraham , auquel  nous  devons  la  Mère  sans  tache  du  Sau- 
veur, le  Fils  de  Dieu  fait  homme,  le  collège  entier  des 
Apôtres , et  que  combleront  alors  les  bénédictions  du  Ciel , 
mêlées  sans  fin  aux  cris  de  reconnaissance  et  aux  bénédic- 
tions des  hommes. 


CHAPITRE  APPENDICE. 

LES  DEUX  CABALES  OU  LA  SCIENCE  DES  TRADITIONS. 


PREHIÈHE  DIVISION,  — LA  CABALE  DIVINE. 

' ( Voir  p.  100  ci.<lrwui.) 

Cabale  ou  traditions  orales  de  la  SjmaKogue  antérieures  aux  livres  bibliques. 
— Les  deux  branches  de  celte  cabale  d’ordre  divin.  — La  Cabale  est 
conOée  à un  rairps  spécial  de  docteurs.  — Corruption  de  la  Cabale,  de- 
venue un  réceptacle  de  superstitions  magiques  et  de  goétie. 


Le  chapitre  des  Cabales,  dont  nous  formons  un  appendice,  eût 
trouvé  sa  place  la  plus  naturelle  après  le  chapitre  du  Talmud,  car 
il  nous  en  eût  expliqué  la  partie  mystique;  mais  il  nous  a paru 
sage  de  n’élever  aucune  construction  entre  l'esprit  du  lecteur. 


CIO 


LES  JUIFS. 


encore  tout  frappé  des  étrangetés  de  ce  monstrueux  recueil,  et 
ses  conséquences  immédiates  qui  sont  les  pages  oii  nous  avons  vu 
se  déroulcr.la  morale  talmudique,  celle  que  le  Juif  mit  en  action 
dans  le  cours  des  siècles. 

Quelle  est  donc,  en  cet  ouvrage,  rim|>ortance  des  deux  Cabales, 
et  surtout  de  la  seconde?  Ah!  c’est  que  nul,  s’il  borne  son  savoir 
au  Talmud  que  domine  et  pénètre  la  Cabale  de  gauche,  ne  saura 
décbilTrer  d’une  manière  sulTisante  ni  le  Juif  ni  les  choses  du 
judaïsme.  Apprenons-lc  donc  une  bonne  fois  : si  le  Talmud  est 
l’àme  du  Juif,  le  Talmud  lui-mème  a pour  âme  la  Cabale,  dont  le 
code  principal  est  le  Zohar.  Or  les  admirateurs  de  ce  code  reli- 
gieux nous  disent  que  s la  doctrine  cabalistique  est  le  dogme  de  la 
haute  magie  * 1 » 

C'est  pourquoi,  bien  que  sous  le  titre  de  la  Cabale  nous  ne 
puissions  offrir  au  public  un  chapitre  d'actualité  saisissante,  noos 
jugeons  indispensable,  d'aborder  ce  sujet  dans  un  livre  où  il  est  à 
souhaiter  que  le  Juif,  cet  être  mystérieux,  se  transforme  sous  nos 
yeux  en  un  être  transparent  que  la  lumière  pénètre  dans  tous 
les  sens,  et  nous  rendelenfin  diaphane.  Mais  il  existe  deux  Cabales, 
et  gardons-nous  de  les  confondre  en  jetant  notre  premier  regard 
sur  la  plus  ancienne,  celle  qui  repousse  tout  mélange  impur,  et 
que  le  langage  vulgaire  ne  désigne  plus  aujourd’hui  sous  son 
nom  sacré. 

La  Cabale  ancienne.  La  Synagogue  possédait  antérieurement 
aux  livres  de  Moïse  une  tradition  orale  qui  servait  en  quelque 
sorte  « d’âme  au  corps  de  la  lettre  sinon  le  texte  eût  risqué 
tantôt  de  rester  obscur  et  incomplet,  tantôt  de  se  prêter  aux 
caprices  de  V interprétation  individuelle;  et  jamais,  jusqu'à  nos 
jours,  la  Synagogue  n'avait  toléré  cet  excès  de  démence*  qui  livre 
sous  nos  yeux  le  protestantisme  aux  risées  du  monde. . 

Or,  tandis  que  la  loi  civile  reposait  en  Israël  sous  la  garde  de 
la  nation  tout  entière,  l’enseignement  oral  fut  commis  à un  corps 
spécial  de  docteurs  rangés  sous  la  suprême  autorité  de  Moïse  et 
de  ses  successeurs.  « Les  scribes  et  les  pharisiens,  dit  le  Christ,  sont 
assis  dans  la  chaire  de  Moïse  ; en  conséquence , observez  et  faites 
tout  ce  qu’ils  vous  disent,  mais  ce  qu’ils  font  ne  le  faites  point  *.  » 

' Eliphas  Lévi,  Histoire  de  la  magie,  p.  ;>!;  Paris,  1860. 

• Drach,  Hann.,  t.  I,  p.  ix,  etc.;  Paris,  1844. 

* Matth.,  ch.  ixiii,  v.  3,  3. 


CHAPITRE  APPENDICE. 


ÜH 

Et  cette  tradition  de  la  Synagogue  ancienne  se  divisait  en  deux 
branches  : l’une  patente,  et  c'était  la  tradition  talmudique,  fut 
couchée  par  écrit  plus  tard,  forma  le  Talmud , un  Talmud  pur  et 
distinct  de  ceux  qui  furent  postérieurs  au  Christ,  et  fixa  le  sens 
de  la  loi  écrite.  Elle  traitait  des  prescriptions  mosaïques;  on  savait 
par  elle  ce  qui  était  permis,  obligatoire,  illicite;  elle  constituait 
en  outre  le  côté  matériel  et  pratique  de  la  tradition. 

La  seconde  branche  était  sa  partie  mystérieuse  et  sublime. 
Elle  formait  la  tradition  cabalistique,  ou  la  Cabale,  c’est-à-dire, 
d’après  le  sens  étymologique  deee  mot,  l’enseignement  reçu  par 
la  parole.  Cette  cabale  traitait  de  la  nature  de  Dieu,  de  ses  attri- 
buts, des  esprits  et  du  monde  invisible.  Elle  s’appuyait  sur  le 
sens  symbolique  et  mystique  de  l’Ancien  Testament,  • qui  était 
également  traditionnel  » ; c’était,  en  un  mot,  la  théologie  spécula- 
tive de  la  Synagogue.  Ce  qu’il  y a.'A' essentiel  touchant  les  mystères 
de  la  sainte  Trinité  et  de  ï/nearnation  u’y  était  pas  omis;  et  plu- 
sieurs rabbins  se  ronrertireni  à la  seule  lecture  de  la  Cabale  ■. 

Mais  cette  science  si  vaste  se  hérisse  de  dilTicultés,  grâce  à 
l'obscurité  des  livres  où  elle  se  renferme,  et  la  plupart  des  rab- 
bins y restent  étrangers,  parce  que  les  cabalistes  n’y  veulent 
initier  qu'une  élite  d'adeptes,  gens  réfléchis,  d’un  âge  mùr,  et 
qui  réunissent  en  eux  certaines  conditions  énumérées  dans  le 
Talmud.  Telle  est,  nous  dit  le  savant  Drach,  la  Cabale  ancienne  et 
véritable.  Nous  la  distinguerons  avec  soin  de  la  Cabale  moderne, 
fausse,  condamnable  et  condamnée  par  le  Saint-Siège;  car  cette 
dernière  est  l’œuvre  des  rabbins,  qui  ont  également  falsifié  la  tra- 
dition talmudique.  Les  docteurs  de  la  Synagogue  font  remonter  la 
Cabale  ancienne  Jusqu’à  Mo'isc,  en  admettant  toutefois  que  les 
premiers  patriarches  du  monde  en  avaient  connu  par  la  révélation 
les  vérités  principales  *. 

Que  si,  parmi  les  hauts  docteurs  de  l'Eglise,  les  uns  témoignent 
à la  Cabale  le  plus  grand  respect,  tandis  que  d’autres  n’expriment 

' Drarli,  Harm.,  t.  I,  p.  x-\i;  I84i.  Aujourd’hui  le  zèle  des 
rabbins  « va  jusqu’à  dévouer  à la  roort  ceux  qui  admettent  la  doctrine  de  la 
sainte  Trinité  >.  Id.,  deuxième  lettre,  p.  27;  1827. 

’ Une  chose,  ajoute  Drach,  nous  a toujours  frappé,  c’est  que  dans  le 
Zohar,  ce  principal  code  de  la  cabale,  il  se  rencontre  des  traditions  relatives 
aux  sciences  physiques , et  que  ces  traditions  sont  parfaitement  d'accord 
avec  les  découvertes  des  plus  profonds  génies  des  temps  modernes.  Les 
Pères  de  l’Kglise,  Pline  l’Ancien,  et  de  nombreux  savants,  attestent  par  leurs 
écrits  l’antiquité  de  la  cabale.  Ibid.,  vol.  I",  Harm.,  p.  xv. 


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60 


LES  JUIFS. 


à son  égard  qu’eflroi,  que  réprobation  et  mépris,  la  cause  de 
cette  singularité  ne  sera  donc  plus  une  énigme;  et,  nous  le  répé- 
tons, c'en  qu'il  exùte  deux  cabales,  la  première  vraie  et  sans  mé- 
lange, celle  que  Vaneisnne  Synagogue  enseignait  et  dont  le  sens 
est  franchement  chrétien;  la  seconde,  au  contraire,  fausse,  pleine 
de  superstitions  ridicules,  et  devenue  entre  les  mains  de  la  Syna- 
gogue infidèle  un  réceptacle  des  damnables  vanités  « de  la  magie, 
de  la  théurgie  et  de  la  goétie  » 

Les  docteurs  de  rancienne  Synagogue  enseignent  d'une  com- 
mune voix  que  le  sens  caché  de  l’Écriture  fut  révélé  sur  le  Sinaï 
à Moïse , et  que  ce  prophète  transmit  par  initiation  cette  connais- 
sance à Josué  et  à ses  autres  disciples  intimes.  Cet  enseignement 
mystique  descendit  ensuite  oralement  de  génération  en  généra- 
tion sans  qu’il  fût  permis  de  le  mettre  par  écrit.  Et  comme  la 
ligne  satanique  ne  cesse  de  se  poser  en  parallèle  au-dessous  de  la 
ligne  d’ordre  divin,  nous  savons  que  les  nations  idolâtres,  c’est- 
à-dire  celles  dont  le  culte  est  démoniaque,  suivirent  la  même  voie 
et  ne  livrèrent  qu’à  des  hommes  éprouvés  les  traditions  dont  se 
formait  la  partie  doctrinale  de  leurs  mystères,  source  légitime  des 
orgies  pour  ces  croyants. 

Cependant  la  captivité  de  Itabylone  jeta  dans  le  sein  d’Israël 
une  immense  perturbation,  et  la  tradition  cabalistique  orthodoxe 
vint  alors  à lumlwr  en  oubli.  Esdras,  au  retour  des  fidèles  à Jéru- 
salem , reçut  en  conséquence  l’ordre  de  Dieu  de  la  consigner  par 
écrit.  Mais  les  soixante-dix  volumes  dont  elle  se  compose  ne 
furent  point  rendus  publics,  et  le  prophète  eut  l’ordre  de  ne  les 
point  confier  à d’autres  mains  que  celles  des  sages*.  Plus  tard, 
lorsque  les  temps  s’accomplirent,  la  culpabilité  des  docteurs  de  la 
Synagogue  consista,  non  point  dans  les  indiscrètes  révélations 
des  dépositaires,  mais,  loin  de  là,  dans  le  soin  jaloux  qu’ils 
prirent,  et  que  leur  reproche  le  Sauveur,  de  cacher  au  peuple  la 
clef  de  la  science,  l’exposition  traditionnelle  des  livres  saints,  aux 
clartés  de  laquelle  Israël  eût  reconnu  dans  sa  personne  sacrée  le 
Messie  3. 

Observons  à ce  propos  le  caractère  qui  distingue  essentiellement 

' Drach,  Ilarm.,  vol.  II,  p.  xviii. 

’ Ibid.,  vol.  Il,  p.  XXI. 

' Saint  Luc  , c.  xi,  v.  61;  — ibid.,  Dracli,  vol.  II,  p.  xxi-xxiii.  La  cabale 
parallèle  est  donc  la  ciel  de  la  science  magique  1 


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CHAPITRE  APPENDICE. 


513 


de  la  loi  nouvelle  celle  qui  la  précéda  : c’est  que  cette  première 
avait  un  enseignement  secret  auquel  le  commun  du  peuple  restait 
étranger,  « mais  qui  devait  être  ouvertement  prêché  lors  de  la 
venue  du  Messie  ».  Les  cabalistes  de  l’antique  Synagogue,  en 
répétant  les  traditions  relatives  à tel  et  tel  point  du  dogme  chré- 
tien , « l’enveloppaient  par  calcul  dans  un  langage  obscur,  se  ser- 
vant de  locutions  inconnues  au  vulgaire  et  même  au  commun  des 
docteurs;  les  adeptes  seuls  avaient  la  clef  de  ces  énigmes  ».  Moïse, 
ce  symbole  vivant,  voilait  sa  face  afin  de  ménager  la  vue  si  faible 
des  Juifs,  tandis  qu’il  plut  au  Christ  de  ne  se  faire  voir  qu’à 
visage  découvert.  Car  il  est  du  caractère  de  la  loi  nouvelle  que  le 
dernier  des  fidèles  soit  initié  dès  l’enfance  aux  plus  sublimes 
vérités  de  la  religion;  et  l’enfant  qui  reçoit  d’une  bouche  chré- 
tienne l’enseignement  de  son  catéchisme  ne  saurait  envier  au 
plus  profond  philosophe  la  révélation  du  moindre  mystère  *. 

Telle  est  la  cabale,  dont,  au  quinzième  siècle,  Pic  et  le  savant 
Juif  Paul  Ricci  « ont  les  premiers  révélé  l’existence  au  monde  chré^ 
tien.  II  ne  faut  donc  pas  s’étonner  si  l’étude  de  cette  science  a 
amené  un  grand  nombre  de  Juifs  à embrasser  le  Christianisme. 
En  eiîet,  à moins  de  faire  violence  au  texte  des  morceaux  pré- 
cieux qui  nous  restent  de  la  Cabale  ancienne,  il  faut  convenir 
que  le  dogme  chrétien  y est  aussi  nettement  professé  que  dans 
les  Pères  de  rfüglise;  et  les  rabbins  s’en  sont  si  bien  aperçus  qu’ils 
ont  pris  des  mesures  pour  éloigner  les  Juifs  de  la  lecture  de  la 
Cabale  *.  » 

Vers  les  derniers  temps  de  Jérusalem,  et  lorsque  la  Judée  subit 
les  alTreux  ravages  de  l’idolâtrie,  le  culte  fut  misérablement  en- 
vahi par  le  pharisaïsrae,  dont  la  plantureuse  végétation  menaçait 
la  Synagogue  presque  tout  entière.  L’attention  des  docteurs  se 
porta  dès  lors  sur  la  théologie  talmudique,  qui  existait  à l’état  d’en- 
seignement oral  et  réglait  le  côté  pratique  et  matériel  des  pres- 
criptions religieuses,  tandis  que  la  théologie  mystique  et  spécula- 
tive tomba  dans  le  discrédit , par  la  raison  que  sa  tendance 
chrétienne  était  d’une  évidence  palpable.  Ce  mouvement  s’accen- 
tua surtout  lors  de  la  crise  suscitée  par  l’opposition  des  pharisiens 

à la  doctrine  que  prêchèrent  le  Sauveur  et  les  apôtres.  Mais 

* 

* Drach,  Harmonie,  t.  II,  p,  xxv. 

2 Ibid.,  t.  Il,  p.  xxxii,  etc.,  y lire  une  nomenclature  de  certain»  savants 
illustre»  du  judaïsme  convertis  au  christianisme  par  cette  étude. 

33 


Mi  • 


LES  JUIFS. 


déjà , tournant  au  changcmeut  de  saveur , cette  tradition  talmu- 
dique était  devenue  ce  que  le  Talinud  appelle  le  rinaigre  fiU  du 
vin;  et,  dénaturée  dans  ta  partie  essentielle,  elle  recevait  le  mé- 
lange impur  (les  rêveries  fantastiques  des  rabbins,  de  leurs  vaines 
subtilités,  de  leurs  contes  absurdes,  grotesques,  inimaginables! 
l'n  peu  plus  tard,  après  la  dispersion  des  Juifs,  les  Rabbins  re- 
prirent du  goût  pour  les  spéculations  de  la  métaphysique;  et, 
revenant  à leur  cabale  mystique , ils  y introduisirent  un  amalgame 
de  philosophie  grecque  et  orientale  dont  les  systèmes  hurlaient  en 
se  heurtant  à la  révélation  mosaïque.  Telle  est  la  cabale  moderne. 
Les  Rabbins  y ont  admis,  presque  sans  les  comprendre,  des  for- 
mules dont  l'équivoque  se  prête  au  matérialisme  grec  et  au  pan- 
théisme indien',  ou,  disons  mieux,  aux  sacrilèges  vanités  de  la 
magie  des  peuples  sabéistes,  livrés  aux  doctrines  idolàtriques  des 
descendants  de  Chain.  C'était  d'ailleurs  au  milieu  de  ces  peuples 
qu’avant  .\braham,  et  pendant  la  captivité  de  Babylone,  avaient 
vécu  leurs  pères,  habitués  à mêler  sans  cesse  le  culte  du  Dieu 
saint  aux  cultes  des  dieux  démons 

Si  donc , à ne  consulter  que  ses  docteurs,  la  seconde  cabale  est 
d’origine  judaïque  et  relativement  moderne,  elle  remonte  aux 
temps  les  plus  anciens  par  les  traditions  magiques  et  les  supersti- 
tions auxquelles  clic  se  relie,  et  que  les  Juifs,  en  se  les  appro- 
priant pour  les  combiner  avec  leurs  traditions,  ont  marquées  de 
leur  sceau. 

' Dracii,  Hnrm.,\.  II,  jusqu’à  sxvii. 

• DU  gentium  titrinonia.  l’s.  xcv,  5.  — Josuê,  x\iv,  v.  2-1 1,  etc.,  etc. 


nECXlèviE  DIVISIO.V.  — I„V  (..\BALE  MAGIQCE  OU  OE  G.VUQIE, 
c’eST-.V-DTRE  la  cabale  PHABlSA'ioUE. 

Elle  est  le  dogme  de  la  magie,  la  clef  des  sociétés  secrétes  ou  de  l'occul- 
tisine.  — Puissance  souveraine  qu’ette  donne  aux  hommes  qui  la  po.ssè- 
deiit.  — Les  Juifs,  nos  maîtres  en  magie,  en  furent  les  déposilaires  les 
plus  fidèles.  — Ses  origines.  — Elle  est  a enfantée  |iar  le  besoin  d'indé- 
pendance »,  c’est-é-dire  de  révolte.  — Elle  donne  la  connaissance  des 
e.sprits  de  ce  momie,  cl  gouverne  tout  être  par  la  vertu  des  lettres,  des 
mots  et  des  nombres.  — Ee  monde  est  formé  sur  le  plan  imsiique  de 
l'alphabet.  — La  caliale  est  la  clef  du  monde  invisible,  te  secret  du 
spiritisme  antique.  — Le  rabaliste  doit  s'unir  corps  et  âme  aux  anges 
qui  exercent  leur  influence  sur  les  astres;  et  c’est  par  leur  nom  qu'on  les 


CHAPITRE  APPENDICE. 


515 


maîtrise.  — Cette  magie  sidérale  est  celle  des  mathématiciens  de  Rome, 
c’est-à-dire  des  Chaldéens,  ou  astrologues,  qui,  après  avoir  été  les  oracles 
du  monde  payen,  furent  presque  à toutes  les  époques  des  oracles  dans  le 
monde  chrétien. 

La  cabale  maudite  ou  pharisaïque,  celle  que  nous  conservèrent 
les  docteurs  du  Talraud,  enfanta  le  culte  des  astres,  ces  splendides 
navires  que  de  puissants  génies  préposés  au  gouvernement  des 
choses  de  ce  monde  dirigent  et  pilotent  dans  les  océans  sans 
rives  de  l’espace*.  La  cabale  judaïque  est  donc  le  code  ou  la  clef 
du  sabéisme,  cette  idolâtrie  primitive  qui  se  donnait  pour  dieux 
les  génies  déchus  de  l’armée  sidérale^. 

Longtemps  avant  de  recevoir  son  nom,  elle  fut,  comme  l’en- 
fant dans  le  sein  maternel , en  voie  de  formation  et  douée  de  l’être; 
puis  elle  eut  un  corps,  sans  être  nommée,  et  reçut  des  noms  qui 
changèrent.  C’est  pourquoi,  ne  cherchant  que  le  fond  et  l’unité 
des  choses,  nous  lui  donnons  souvent  dans  nos  chapitres  le  nom 
de  cabale  par  anticipation,  avant  la  date  où  elle  le  porta. 

Les  Juifs,  doiftelle  a précédé  l’existence , l’accueillent  dès  qu’ils 
se  livrent  à des  dieux  étrangers , à l’adoration  des  dieux  astres, 
c’est-à-dire  fort  antérieurement  à l’époque  où  leurs  princes  affi- 
chent en  faveur  des  divinités  de  la  Chaldée,  de  l’Égypte  et  des 
pays  voisins,  le  scandale  d’un  culte  public’. 

La  cabale  pénètre  alors  et  infecte  les  traditions  patriarcales, 
réduites  à chercher  un  dernier  asile  au  pied  de  la  chaire  de 
Moïse,  dont  la  vertu  repousse  l’erreur.  Elle  s’infiltre  dans  leurs 
livres  doctrinaires;  elle  s’installe  dans  leur  médecine,  elle  s’insinue 
dans  leur  science  sociale,  mais  en  subissant  des  modifications 
successives,  et  finit  par  s’enraciner  dans  leurs  mœurs.  Ainsi  le 
Juif,  sous  l’œil  de  qui  naît  le  Christ,  devient-il,  malgré  ce  foyer 
de  lumière , et  selon  la  remarque  des  pères  de  la  magie  et  des 
Pères*de  l’Église,  le  prince  de  l’hérésie,  que  le  spiritisme  magique 
imprègne  de  ses  venins*,  le  missionnaire  du  mal,  le  grand  maître 
de  l’occultisme  antichrétien.  Car  « la  cabale , nous  dit  l’oracle  des 

' Croyance  des  plus  grands  philosophes  du  monde  idolâtre,  et  de  la  théo- 
logie catholique,  quant  aux  astres. 

’ Saba,  Tzaba,  d’où  sabéisme,  signifie  l’armée  céleste,  et  c’est  dans  ce  sens 
surtout  que  le  Seigneur  est  le  Dieu  des  armées.  Les  dogmes  cabalistiques 
sont  les  principes  de  la  science  du  mage,  ou  de  la  magie. 

• IV  /fois,  chap.  XXIII,  etc. 

* Epiphan.,  Àdv.  hœres.,  p.  55,  édit.  in-foL,  1622;  — id.,  Iræn.,  idy. 
Valent. y p.  43,  62,  137,  édit.  1560,  etc. 


33. 


LES  4U1FS. 


54  C 

tociétèi  secrètes,  est  la  mère  des  sciences  occultes  ; et  les  Gnosticiens, 
— ces  hérétiques  qui  poussèrent  jusqu’à  l’abotnination  les  erreurs 
de  l'intelligence  et  la  j>erversion  des  mœurs , — sont  nés  des 
Cabalistes*.  » 

Si  donc  la  première  et  la  plus  antique  tradition  religieuse  du 
monde,  connue  sous  le  nom  hébraïque  de  cabale,  est  d'ordre 
divin’,  la  seconde,  celle  qui  doit  la  suivre  point  â point  sur  une 
ligne  parallèle,  est  démoniaque’.  C’est,  en  cITet,  parle  titre  de 
dogme  de  la  haute  magie  que  le  pseudonyme  Eliphas  salue,  en  flé- 
chissant le  genou  devant  elle,  cette  seconde  cabale,  qui,  sous 
l'égide  des  Templiers,  « menaça  le  monde  entier  d’ui.e  immense 
révolution,  » et  qui,  brisée  devant  la  tiare  par  le  sceptre  qu'elle 
s’apprêtait  à saisir,  se  réfugie  dans  les  doctrines  et  les  rites  « si 
peu  connus  encore  de  la  maçonnerie  ancienne  et  moderne*.  » Aussi 
nous  est-il  dit  que  « la  eabalc,  cultivée  par  les  Juifs  avec  une  ar- 
deur sans  pareille,  effaçait  presque  à elle  seule  toutes  les  autres 
sociétés  secrètes*.  » l’eut-ètre  eût-il  été  plus  juste  de  dire  qu'elle 
les  renfermait  presque  toutes  dans  son  sein  fécond. 

Aujourd'hui  même,  malgré  les  principes  de  dUision  et  de  raria- 
tions  qui  caractérisent  l'erreur,  les  doctrines  secrètes  et  unitaires 
de  la  magie  cabalistique,  qui  pénètrent  et  dominent  les  hauts  con- 
seils des  sociétés  occultes,  préparent  une  violente  unification  des 
peuples;  et  cette  immense  révolution  s’apprête  à réaliser  l'une  des 
plus  célèbres  prophéties  des  Écritures  sacrées. 

Quoi  qu’il  en  soit,  la  cabale,  fort  antérieure  au  peuple  Juif,  est 
l'âme  et  la  forme  judaïque  de  la  sorte  de  magie  que  ce  peuple 
s’appropria  : forme  savante,  parce  que  telle  fut  la  religion  des 
Juifs,  dont  elle  se  lit  une  contrefaçon  philosophique;  tandis  que 
la  magie  vulgaire  s’étant  presque  partout  confondue  avec  le  gros- 
sier empirisme  de  la  sorcellerie,  on  se  refusait  généralement, 
malgré  son  orgueil  et  ses  prétentions,  à lui  attribuer  une  valeur 

' Ragon,  l’auteur  le  plus  accrédité  ebez  les  francs-maçons  ; Maçonnerie 
occulte,  p.  78;  Paris,  iss*. 

’ n5^P  répondant  i inoSayn,  ou  à acceplio,  enscigneincut  reçu  verba- 
lenient.  üracli,  Harm.,  t.  1,  p.  zi;  1844. 

* Uracli.,  ibid.,  t.  Il,  p.  xviii.  — Le  rationaliste  Hiefer,  Histoire  de  la 
chimie,  t.  I",  p.  543;  — Matter,  Uist.  du  gnosticisme,  t.  111,  p.  184; 
— Eliphas  Lévi,  Hist.  de  la  magie,  p.  23;  Paris,  1840. 

‘ Eliphas,  Ibid.,  p.  23,  222,  256,  273,  399,  407. 

‘ Mi!m.  sur  ta  cabale,  par  de  la  3iause,  dans  les  Mim.  de  T.icadémie 
des  inscriptions. 


CHAPITRE  APPENDICE.  517 

de  bon  aloi.  Prêtons  cependant  une  oreille  attentive  aux  paroles 
que  dit  et  répète  avec  aplomb  le  mage  Éliphas  I.évi  ; 

S’il  existe  « une  vérité  incontestable  » c'est  qu'il  est  « une 
haute  science , une  science  absolue  »,  donnant  « aux  hommes 
qui  la  prennent  pour  règle  une  puissance  souveraine  qui  les  rend 
maîtres  de  toutes  les  choses  inférieures.  » Or,  « cette  science 
c’est  la  magie,  dont  la  cabale  est  le  dogme.  » Et  peu  nous  importe, 
reprend  ce  cabaliste , perfide  ennemi  de  l’Église , « si  cette  asser- 
tion semble  paradoxale  h ceux  qui  n’ont  pas  encore  douté  de  l'in- 
faillibilité de  Voltaire,  ce  merreilleux  ignorant,  qui  croyait  savoir 
tant  de  choses  parce  qu’il  trouvait  toujours  moyen  de  rire  au 
lieu  d’apprendre  '.  » 

OniniNES  célestes;  essence,  spiritisme  cvbaliste.  — Le  langage 
que  nous  allons  parler  est  digne  de  quelque  attention,  en  ce  sens 
qu’il  se  trouve  être  à la  fois  l’expression  de  la  croyance  des  pha- 
risiens, des  rabbins,  des  Juifs  talmudiques  ou  orthodoxes  qui 
sont  leurs  disciples,  et  des  magiciens  transcendants  qui  recon- 
nurent pour  maîtres  les  Juifs  des  siècles  antérieurs.  Car,  nous 
dit  un  de  leurs  princes , « il  est  certain  que  les  Juifs,  dépositaires 
les  plus  fidèles  des  secrets  de  la  cabale,  ont  été  presque  toujours, 
en  magie,  les  grands  maîtres  du  moyen  Sge*! 

Or,  la  cabale  pharisa'ique , cette  science  d’une  mysticité  telle- 
ment effrayante  que  l’œil  des  simples  docteurs  ne  saurait  la 
pénétrer,  est,  au  dire  des  cabalistes,  une  science  noble,  sublime, 
et  qui  conduit  les  hommes  à la  connaissance  des  vérités  les  plus 
profondes*.  Elle  est  d'autant  plus  nécessaire,  selon  les  rabbins, 
que,  sans  elle,  l’Écriture  sainte  ne  pourrait  être  distinguée  des 
livres  profanes  dans  lesquels  se  rencontrent  des  éléments  miracu- 
leux, et  des  préceptes  d’une  morale  aussi  pure  que  la  loi.  Elle 
seule  aide  à pénétrer  dans  les  vérités  qui  sont  cachées  sous 
l’écorce  du  sens  littéral.  Dieu,  s’il  fallait  les  croire,  fut  le  premier 
maître  de  cette  science  dans  le  paradis  ; car  il  en  instruisit  les 

' Elipbas  Lëvi,  Htsl.  de  la  magie,  p.  3 et  23  ; Paris,  IS60. 

• Dogme  et  rit.,  idem,  t.  Il,  p.  220,  2*  édit.  ; Paris,  ISBI.  Au  moyen 
âgu , l'auteur  eût  dO  ajouter  l’époque  de  la  Renaissance,  ou  du  protestan- 
tisme, qui  fut  t la  fois,  et  tout  nalurelleinent,  une  époque  de  grands  magi- 
ciens, et  de  grands  hérétiques,  ou  de  grandes  révoltes. 

* Rouland,  Hist.  des  Juifs,  t.  VI,  supplément  de  Joséphe;  Paris,  1710  ; 
ouvrage  Irés-savant,  imprimé  en  Hollande,  et  d'oü  l'on  supprima  certains 
passages  injurieux  à l’Eglise.  Nous  l’avons  déjé  cité,  et  nous  en  extrayons, 
sur  la  cabale,  ce  qu’il  contient  d'essentiel  h noire  sujet. 


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LES  JUIFS. 


S)8 

Anges  immédiatement  après  la  chute  du  premier  hnmme.  Et, 
comme  il  était  important  de  révéler  i l'Iiommc  tous  les  mystères, 
Dieu  donna  mission  à l’ange  RazicI  de  lui  enseigner  les  vérités 
par  le  moyen  de  la  cabale.  Il  donna  des  Anges  pour  maîtres  aux 
patriarches;  après  .\dam , SophicI  fut  celui  de  Seni;  Raphaël 
enseigna  Isaac,  Métalron  Moïse,  et  Michaël  le  roi  David.  Ainsi, 
selon  ces  docteurs,  la  cabale  est  aussi  ancienne  que  le  monde  et 
descend  originairement  du  ciel.  On  eut  le  loisir  de  l’étudier  dans 
le  désert;  mais,  alors,  personne  n’osa  se  permettre  de  l’écrire. 
Siméon  Jochaïdes  fut  le  premier  qui  ne  craignit  point  d’en  confier 
au  papier  quelques  fragments.  Ce  fut  lui  qui  composa  le  fameux 
livre  du  Xohar,  que  grossirent  depuis  cette  époque  de  nombreuses 
additions,  et  l’on  croit  que  ce  Siméon  vivait  quelques  années 
avant  la  ruine  de  Jérusalem'. 

Ue  celte  cabale , la  première  partie  s'attache  à la  connaissance 
des  perfections  divines  et  des  Esprits  ou  inlelUgencei  céUslrt;  elle 
s’appelle  le  Chariot,  ou.Uercarn,  parce  qu'fCzéchiel , afiinne-t-on, 
en  expliqua  les  principaux  mystères  dans  le  chariot  miraculeux 
qui  ligure  en  tète  de  ses  révélations.  La  seconde,  c’est-à-dire  le 
Béréschii , ou  le  commencement,  roule  sur  l’étude  du  monde 
sublunaire.  Ce  nom  lui  est  donné  parce  qu’il  est  le  premier  mot 
de  la  Genèse,  {thid.,  3lo-327.) 

* Ibid,,  p.  3IG-317.  — Le  mage  ou  cabaliste  fonleinporain,  tliplias  Lévi, 
— pseudonyme  bien  connu, — donne  li  peu  près  la  rm'me  autiquiie,  la  même 
généalogie  à la  tradition  cabalistique.  « Remontons  roaintenant  aux  source.s 
de  la  vraie  science,  et  revenons  il  la  sainte  kabbale,  ou  ti  adidon  des  enfants 
de  Seth,  emportée  de  Clmldce  par  Abraham,  enseignée  an  .sacerdoce  égyptien 
par  Joseph,  recueillie  et  épurée  par  Stoisc,  cachée  sous  des  symboles  dans  la 
Bible,  révélée  par  saint  Jean,  et  contenue  encore  tout  entière,  sous  des  Bgu- 
res  hiératiques  analogues  à celles  de  toute  l’antiquité,  dans  l’Apocalypse  de 
cet  apôtre.  » Eliptias,  llisl.  de  ta  magie,  p.  tOj;  isao.  — Saint  Jean  est 
celui  des  disciples  du  Christ  que  les  adeptes  do  l’occultisme,  rose-croix  , 
Templiers,  hauts  rrancs-inafons  se  sont  choisis  pour  apôtre,  mais  en  l’inter- 
prétant à leur  façon  I 

« M.  Frank...  déftnit  la  science  kablialiste  « une  science  mystérieuse 
distincte  de  la  Mischna,  du  Taliniid,  des  Livres  saints;  mystique  enfantée 
par  le  besoin  d’indépendance  et  de  (dido'ophie  (c’esl-k-dire  science  de 
révolte  et  de  progrès  révolutionnaire),  et  qui  se  répandit  cher,  les  Juifs 
avant  la  fin  du  premier  siècle  de  l’ére  clirétienne.  » Th.  Mangey,  préface  des 
Œuvres  de  Platon;  Uonnetly,  Annales  de  phitosophie,  p.  39i,  n°  106;  1868. 

Or,  elle  existait,  cette  science,  avant  de  se  répandre;  mais  peu  nous 
importe  la  date  de  son  nom  de  cabale.  Ce  qu'elle  nous  enseigne  de  la  vertu 
des  nombres  la  relie  par  un  côté  à la  doctrine  de  Pythagore,  que  ce  philo- 
sophe magicien,  ou  théurge,  fondateur  de  l’école  italic|ue,  avait,  puisée  dans 
l’Orient,  source  première  des  vérités  religienscs  et  des  révoltes  religieuses, 
ou  des  superstitions. 


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CHAPITRE  APPENDICE.  SI9 

Les  théologiens  cabalistes  rencontrent  et  reconnaissent  à chaque 
pas  des  mystères  ; on  ne  saurait  nommer  une  lettre  qui  no  renferme 
le  sien,  chacune  ayant  quelque  relation  aux  Sèphirotlis,  c'est-à-dire 
aux  splendeurs  de  Dieu , aux  ouvrages  sortis  de  ses  mains.  La 
lettre  A,  par  exemple,  représente  la  doctrine,  et  indique  la  lumière 
inaccessible  de  la  Divinité;...  mais  elle  se  trouve  composée  d'un 
vau  et  de  deux  iod,  ce  qui  nous  dit  qu’elle  renferme  en  outre  de 

grands  mystères Et  combien  d'autres  encore  reposent  sur 

le  beth!  (3).  L’un  aflirme  que  cette  lettre  est  une  femme,  et 
que  ses  deux  lignes  parallèles  sont  deux  bras , entre  lesquels  elle 
reçoit  et  embrasse  son  mari,  Tliipheret.  Les  autres  soutiennent 
que  celte  seconde  lettre  signifie  en  outre  maison , et  se  doit  rap- 
porter à la  sagesse,  qui  estia  seconde  splendeur,  le  second  Séphiroth 
de  Dieu,  etc. 

Nous  observerons  d’ailleurs  que  les  dix  premières  lettres  de 
l'alphabet  hébra'i'que  répondent  aux  dix  séphiroth , et  que  les 
suivantes  ont  d'autres  usages...  C’est  qu’il  est  juste  que  les 
créatures  aient  leur  lettre  particulière  ; autrement  elles  seraient 
déshonorées.  Ainsi  le  P capital  est-il  le  symbole  de  l’âme  intel- 
lectuelle, tandis  que  p final  indique  les  esprits  animaux;  le  tzadi 
représente  la  matière  des  cieux , et  les  quatre  éléments  ; le  boph, 
les  minéraux  et  les  mixtes,  etc.;  l'R,  les  fruits,  les  arbres  et  tout 
ce  qui  végète;  l'S  est  le  symbole  des  reptiles,  et  de  tout  ce  qui 
vit  d’une  vie  sensitive.  Enfin  le  T,  le  symbole  de  l’homme,  est  la 
dernière  de  l’alphabet,  l’homme  étant  de  tous  les  ouvrages  de 
Dieu  le  plus  parfait  et  le  plus  achevé. 

Ce  sont  les  cabalistes  pharisa'iqucs , les  pères  de  nos  magiciens, 
qui  nous  tiennent  ce  langage.  Gardons-nous  bien  de  l’oublier,  et 
laissons-les  mêler  à l’erreur  et  à la  magie  la  dose  de  vérité  sans 
laquelle  le  mensonge  ne  saurait  vivre  ; laissons-les  user,  dans  le 
but  de  masquer  le  cuivre  et  son  vénéneux  oxyde,  de  quelques-uns 
des  moyens  dont  l’antique  SjTiagogue  se  servait  pour  voiler  aux 
yeux  indignes  l’or  pur  des  vérités  transcendantes  et  célestes... 

Le  monde,  continuent  ces  docteurs,  a été  formé  sur  un  plan 
mystique  de  l'alphabet  hébreu,  et  l’harmonie  des  créatures  est 
semblable  à celle  des  lettres  dont  Dieu  s’est  servi  pour  composer 
le  livre  de  vie.  C'est  un  certain  assemblage  de  lettres  qui  fait  la 
beauté  et  l’excellence  de  l’univers;  et,  puisque  le  monde  a été 
comme  façoimé  d’après  les  dictées  de  l’alphabet,  il  existe  néces- 


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5S0 


LES  JÜIKS. 


sairement  certaines  choses  attachées  à chaque  lettre,  et  dont 
chacune  se  trouve  être  le  symbole  et  l'emblème.  C'est  là  ce  que 
découvrent  aisément  les  initiés  de  la  cabale , mais  il  leur  faut  dis- 
tinguer les  lettres  en  simples  et  en  doubles.  Il  en  est  sept  doubles 
dont  nous  aurons  à voir  la  signilication.  {Ibid.,  page  33S  à 339.] 

Disons-le donc , en  répétant  leur  doctrine  : Dieu  se  sert  avanta- 
geusement des  lettres  et  des  combinaisons  de  son  nom  pour  agir 
sur  les  Anges;  ces  Anges  influent  sur  les  douze  signes  du  zodia- 
que; ceux-ci  versent  leur  influence  sur  la  terre,  et  président  aux 
diverses  générations  qui  s'y  succèdent.  Ainsi  les  lettres  ont  origi- 
nairement un  admirable  pouvoir,  non-seulement  parce  qu'elles 
aident  à découvrir  les  analogies  du  monde  et  certaines  harmo- 
nies de  l’univers,  c’est-à-dire  des  choses  terrestres  et  célestes  que 
les  ignorants  ne  sauraient  voir,  mais  parce  qu  elles  sont  autant  de 
canaux  par  lesquels  l'action  de  Dieu  opère  sur  les  intelligences*. 

Que  si  telle  est  la  vertu  des  lettres,  quelle  ne  sera  point  celle 
de  leurs  composés  ? Aussi  les  cabalistes  magiciens  se  font-ils  fort 
d'obtenir,  par  l’arrangement  de  certains  mots  dans  un  certain 
ordre  , des  effets  miraculeux  ; et  ces  mots  donnent-ils  naissance 
à des  elTets  déterminés,  selon  la  sainteté  plus  ou  moins  grande 
de  l’idiome  qui  les  produit.  C'est  pourquoi  la  langue  hébraïque 
l’emporte  infiniment  sur  toute  autre.  Les  miracles  se  proportion- 
nent d'ailleurs  à la  valeur  des  mots  qui  expriment  ou  le  nom 
de  Dieu  ou  ses  perfections  et  scs  émanations.  L’usage  est  donc  de 
préférer,  dans  ce  Lot,  les  Séphiroth  ou  les  noms  de  Dieu.  11  y a dix 
Séphiroth,  qui  sont:  la  couronne,  la  sagesse,  l'intelligence,  la  force 
ou  la  sévérité,  la  miséricorde  ou  la  magnificence,  la  beauté,  la 
victoire  ou  l’éternité,  la  gloire,  le  fondement  et  le  royaume.  {Ib., 
p.  3Co.) 

Les  Séphiroth  sont  les  noms,  les  attributs  de  Dieu,  ou  Dieu  lui- 
même  dans  ses  attributs,  et  les  Anges  qui  représentent  ces  attri- 
buts. — Des  dix  Séphiroth,  sept  sont  les  sept  Anges  de  la  pré- 
sence de  Dieu,  et  trois  les  splendeurs  des  trois  personnes  de  la 
sainte  Trinité.  Ce  sont  là  les  Séphiroth  de  la  cabale  divine.  Lors- 
que les  roots , et  particulièrement  les  soixante  et  douze  noms  de 
Dieu,  sont  rangés  d'une  certaine  manière,  ils  acquièrent  une 

' Ibid.,  p.  340-41.  Les  lettres,  en  outre,  servent  de  chiffres,  et  tes  nom- 
lires  qu'elles  décrivent  ont  une  puissance  extrême.  Enlin , les  accents  ne 
sont  pas  inutiles  aux  lettres,  et,  de  même  que  toutes  les  particules  de  la 
loi,  ils  sont  armés  d'énergie  et  de  pouvoir.  Ibid.,  p.  Zi4-340. 


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CHAPITRE  APPENDICE.  6Î1 

force  irrésistible  {Ik.,  p.  395.)  Mais  s’il  se  fait  que  les  mots  ne 
renferment  point  la  signification  dans  laquelle  réside  leur  puis- 
sance d'agir , il  importe  de  les  changer,  et  il  existe  des  règles 
prescrites  pour  arriver  à ce  changement.  (/!>.,  345.) 

Ainsi  parlent  les  cabalistes , et , pour  le  moment , nous  nous 
contentons  de  dire  que,  se  prononcer  sur  ce  que  contient  et  ce 
que  ne  contient  point  la  cabale  pharisaïque,  ce  serait  une  tâche 
ardue,  âfais  ce  dont  il  n'y  a point  à s'étonner,  c’est  que  son  sein 
se  soit  ouvert  à des  vérités  sublimes;  et,  puisque  nous  l’avons 
donnée  pour  une  contrefaçon  de  la  vraie  cabale , nous  exprimons 
par  cela  môme  que,  tout  en  la  déformant,  elle  doit  en  rappeler  les 
traits  augustes.  Si  par  exemple  la  mystique  divine  renferme  dans 
certains  nombres  une  incompréhensible  vertu  *,  la  cabale  magique 
accumule  aussitôt  d'innombrables  folies  sur  ce  dogme,  sur  cette 
croyance  adultérée  dont  Pylhagore  s’empara  dans  ses  pérégrina- 
tions, et  dont  il  rappelle  dans  ses  leçons  l'insondable  antiquité’. 

Mais  cette  cabale,  objectera-t-on,  revêt  des  apparences  toutes 
magiques!  Eh  bien,  que  nous  importe?  Ignorons-nous  que  les 
plus  spécieuses  raisons  ne  sauraient  manquer  aux  cabalistes  d’éta- 
blir l’innocence  de  la  magic.  Et  quel  scrupule  doit  arrêter  rtiomine 
devant  la  cabale?  Elle  est  sacrée;  les  saints,  nous  disent-ils,  en 
usèrent  ; elle  fut  leur  puissance  : ce  fut  par  elle  que  Slo'ise,  s’éle- 
vant au-dessus  des  magiciens  de  l'Égypte,  se  rendit  redoutable 
par  ses  miracles  ; ce  fut  par  elle  qu'Élie  fit  descendre  le  feu  du 
ciel,  que  Daniel  ferma  la  gueule  des  lions,  et  par  elle  encore  tous 


' Dan.s  le  livre  rabbiniqae,  Toldns  Jeschu  , ou  vie  de  JAmis,  termi- 
nant les  Evangiles  apocryphes  trartiiil.s  et  ann  >té.s  par  Gustave  Drunet , 
Pécrivain  judaïque  nou.s  donne  des  exemples  de  la  rurec  miraculeuse  du 
nom  de  Dieu,  p.  385-6-S;  Paris,  1863. 

V Travaux  de  M.  l’abbé  Martel  sur  celte  parole  de  l’ajiétre  saint  Jean  : 
Qui  babet  inlellectuiu  coinputet  numerum  bestiæ.  Apocal.  cap.  xiii,v.  18. 

’ Exemple  de  celle  vertu  des  nouibrc.s  : l.a  nianirestalion  de  ce  mystère 
nous  découvre  refliracc  et  les  innueuces  du  nombre  sept,  par  ta  vertu  du- 
quel se  sont  faites  toutes  choses;  car,  selon  ces  mages  de  la  Synagogue, 
sept  Sépbirotli  versent  leurs  iniluences  sur  tes  sept  tntettigences  des  sept 
planètes,  et  celles-ci  ont  un  pouvoir  immense  qui  consiste  en  sept 
choses  sur  l'économie  de  la  terre,  et  sur  les  événemenis,  etc.,  etc.  Il  y a 
sept  [lortes  de  l'âme,  â savoir  : deux  yeux , deux  oreilles,  une  bouche  et 
deux  ouvertures  au  nez;  il  y eut  sept  jours  employés  à la  création  de 
l'univers;  il  y a sept  sabbats  depuis  Pâques  jusqu'à  la  Pentecôte,  et  sept 
fois  se|it  sabbats  pour  l’année  du  jubilé.  Enfin,  le  septième  millénaire  sera 
le  grand  sabbat  et  le  temps  de  repos  pour  toutes  les  créatures!  Il  fallait 
donc  qu’il  y eût  sept  lettres  doubles  auxquelles  on  pût  rapporter  ces  sept 
choses.  Ibid.,  Uist.  des  Juifs,  suppl.,  p.  ââû,  etc.,  etc. 


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6M  LES  JUIFS. 

les  prophètes  découvrirent  les  événements  que  recélait  un  loin- 
tain avenir.  En  vérité,  quoi  de  plus  splendide? 

Les  talmudistes  ont  renouvelé  cette  cabale,  qui  déjà  vers  le 
temps  de  Jésus-Christ  s’était  répandue  dans  la  Judée , et  dont  le 
mérite  est  d'autant  plus  incomparable,  au  sens  de  ses  adeptes, 
qu  elle  conduit  les  initiés  à la  perfection  ; car  elle  élève  Tâme  par 
degrés  à la  contemplation  de  ce  qu'il  y a de  plus  parfait  dans  la 
nature.  (P.  390  et  411.)  Et,  si  nos  yeux  s'arrêtent  sur  ce  monde 
inférieur,  elle  nous  le  montre  peuplé  d’une  multitude  d’esprits 
de  quatre  espèces  différentes  qui  résident,  o chacun  selon  sa  na- 
ture, dans  les  quatre  éléments.  Ces  esprits  sont  des  deux  sexes; 
ils  ont  été  créés  en  qualité  d'amis  et  de  serviteurs  de  l’homme, 
et  la  cabale  pratique  apprend  les  moyens  de  converser  avec 
eux*.  Elle  est  donc  la  clef  de  nos  rapports  avec  le  monde  invi- 
sible. ou  le  secret  du  spiritisme  antique  ; et  cotte  science  admirable 
donne,  parmi  les  cinq  ordres  de  cabalistes,  le  premier  rang  à ceux 
que  l’on  nomme  les  contemplatifs,  et  qui  porteraient  de  nos  jours 
le  nom  de  spirites. 

Ardents  à la  poursuite  dos  vérités  célestes,  ces  sages  cnlraî- 
nent  dans  la  voie  que  suit  leur  âme  les  sens  et  le  corps,  délivrés 
de  toute  attache  aux  objets  sensibles.  Élevés  et  mis  en  étroits  rap- 
ports avec  les  Anges,  ces  canaux  spirituels  par  lesquels  la  Divinité 
coule  et  verse  en  nous  ses  dons  merveilleux,  ils  savent  que,  si 
notre  bouche  ne  s’en  approche , l'eau  se  répand  au  dehors,  et, 
sans  éteindre  notre  soif,  se  précipite  et  se  perd  dans  les  abîmes. 
Nous  devons  donc,  corps  et  time  (voir  note  II,  p.  540),  nous  unir 
aux  Anges  jusque  dans  les  profondeurs  de  notre  être.  Ainsi  fera 
le  cabaliste  transcendant,  ainsi  fait  le  philosophe  de  la  haute 
magic.  Mais  ne  voyons  là  que  la  première  des  dispositions  exigées 
par  la  cabale,  car  nous  devons  y ajouter  la  prière,  une  prière 
séraphique,  dans  les  embrasements  de  la(|uclle,  indissolublement 
unis  à Dieu,  nous  vivons  sous  le  baiser  de  la  Divinité*.  Et  que  le 
devoir  du  cabaliste  soit  de  se  tourner  vers  les  intelligences  angé- 
liques, rien  ne  semblera  plus  naturel  à l’adepte,  puisque,  déposi- 
taires des  dons  de  Dieu,  ces  esprits  exercent  d’invisibles  influences 

' Lire  //ist.  de  Satan,  p.  127  ; tSnl  , livre  savant,  où  mallicureusonicut 
ae  glis.vèrt'nl  plusieurs  erreurs  (par  .M.  ralilré  I.e<auu.) 

* Ibid.,  S9I.  Les  philosophes  d.r  l’école  d'Alexandrie,  les  tliéurgcs,  sont 
de  cette  école,  etc.,  etc.,  où  la  dévotion  égarée,  où  la  piété  tendre  et  bon- 
dissant d'écarts  en  écarts,  s’unit  à la  science  et  aux  pratiques  inrernales. 


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CHAPITRE  APPENDICE. 


523 


sur  les  astres:  puisque,  dès  lors,  il  nous  importe  de  les  connaître 
assez  à fond  pour  changer  au  besoin  leurs  noms;  car  les  noms  sont 
l’instrument  de  notre  action  sur  ces  recteurs  de  tel  ou  tel  astre,  dont 
le  devoir  est  de  verser  en  tels  lieux,  en  tel  temps,  en  telle  circon- 
stance, les  influences  qu’il  entre  dans  notre  volonté  de  diriger. 

Ainsi  le  contemplatif  spirite  tournera-t-il  ses  méditations  pro- 
fondes sur /e  nombre  des  lettres  qui  composent  le  nom  de  Jéhovah, 
sur  leurs  figures,  leurs  combinaisons  et  les  noms  des  Anges  que 
leurs  fonctions  y attachent.  Mais,  humble  serviteur  de  l’homme, 
le  corps  doit  unir  son  action  à celle  de  l’âme;  le  cabaliste  aura 
donc  tantôt  à le  tourner  d’un  côté,  tantôt  de  l’autre;  il  devra  re- 
muer sa  langue  d'une  certaine  façon , et  composer , combiner  ses 
gestes  avec  la  prononciation  de  certaines  lettres,  de  certains  mots 
et  de  certains  noms,  en  un  mot  harmonier  les  mouvements  du 
corps  avec  ceux  de  l’âme  * . 

Loin  de  nourrir  la  crainte  de  se  donner  de  vains  labeurs,  le  ca- 
baliste se  sent  heureux  des  voluptés  qu’il  arrache  péniblement  du 
sein  de  la  science,  et  du  bonheur  qui  découle  pour  lui  d’une 
union  tellement  intime  avec  Dieu,  qu’il  lui  arrive  quelquefois  de 
se  croire  transformé  lui-mèifte  en  divinité.  C’est  pourquoi  les 
docteurs  qui  se  sont  élevés  jusque  sur  les  hauteurs  de  la  cabale 
spéculative,  en  invoquant  le  nom  de  Dieu  et  les  noms  des  Anges, 
ne  se  font  qu’un  jeu  du  miracle;  nous  en  prenons  à témoin  le 
miracle  du  gâteau  générateur  de  merveilles  du  rabbin  IsmaëP.... 

...  Et  n’omettons  point  de  mentionner  un  ordre  de  cabale 
astrologique  dont  nous  ne  révélerons  point  ici  les  secrets,  mais 
qui  nous  enseigne  que  les  cabalistes  accordent  de  grandes  in- 
fluences aux  astres,  et  particulièrement  à la  lune,  parce  qu’elle 
est  la  grange  et  le  réceptacle  des  autres  planètes.  Elle  communique 
avec  elles,  mais  plus  encore  avec  le  soleil.  Celui-ci  la  remplit 
d’une  vertu  vivifiante  qu’elle  laisse  retomber  de  son  sein  sur  les 
autres  créatures,  A elle  de  régler  toutes  les  révolutions  infé- 
rieures, car  elle  est  la  femme  unique  des  noms  de  Dieu;  et  cette 

‘ Ibid.,  p.  892.  Crs  choses  rentrent  dans  les  signes  sacramenfanx  de  la 
magie,  lorsqu’elle  revêt  la  forme  de  l’astrologie  judiciaire.  Lire  les  anciens 
th»hirgcs  et  Cornélius  Agrippa,  etc.,  etc.,  que  nous  avons  si  souvent  cités 
dans  nos  ouvrages  sur  la  magie. 

* Ces  gAteaux  magiques  rappellent  les  fromages  enchantés  dont  il  est 
question  dans  la  Cité  de  Dieu  de  saint  Augustin.  Lire  cap.  xvin,  p.  18;  — 
voir  id.,  dans  notre  livre  Des  hauts  phénomènes  de  la  7«a5rie,  chap.  v, 
2*  division,  transformations,  zoomorphisme,  etc.,  etc. 


LES  JUIFS. 


S2l 

femme  tient  le  milieu  entre  Dieu  et  la  créature,  entre  les  deux 
archétypes  et  les  anges,  entre  nous  et  le  ciel  des  astres.  Son  rôle 
est  celui  de  médiatrice  entre  les  Anges  et  l’homme;  elle  conçoit 
et  devient  grosse  en  s'unissant  au  soleil  son  mari,  pour  commu- 
niquer ensuite  ce  qu’elle  a conçu  aux  hommes  arrosés  de  la 
grâce  de  Dieu.  Elle  reçoit  en  outre  de  Vénus  les  vertus  nécessaires 
à la  génération,  et  de  âlars  la  force  et  l’humeur  bouillante... 

Les  initiés  de  la  cabale  prétendent  saisir  un  enchaînement  fatal 
entre  les  causes  secondes  et  les  esprits  ou  les  intelligences  supé- 
rieures. Chaque  créature,  se  figurent-ils,  participe  aux  qualités 
d’un  être  suréminent;  ils  s’attachent  donc  à savoir  de  quelle  pla- 
nète dépend  celle  qu'ils  ont  en  vue.  Us  cherchent  ensuite  par  quels 
canaux  la  planète  et  l’intelligence  versent  leurs  influences  dans 
cet  objet,  et  s’elTorcent  de  démêler  les  anneaux  secrets  de  la 
chaîne  qui  lie  le  ciel  à la  terre.  Ont-ils  résolu  ce  problème,  ils  se 
disent  maîtres  de  faire  descendre  d’en  haut  ces  génies,  soit  en  les 
comblant  d'honneurs  proportionnés  à leur  rang,  soit  par  l’oblation 
d’herbes  et  d’odeurs  conformes  à leurs  goûts'.  Et  vous  lesenlendez 
alTirmcr  que  cette  assistance  du  génie  communique  à l’objet  ter- 
restre une  vertu  fort  étrangère  à sâ  nature. 

Une  de  leurs  croyances  est  que  les  âmes  sont  préexistantes  aux 
corps’;  que,  passant  par  les  Séphiroth , elles  traversent  certaines 
sphères;  et  que  du  jeu  de  ces  circonstances  dépend  leur  .sort  en 
ce  monde.  Dieu,  disent-ils,  lorsque  l'homme  naît,  lui  dépêche  un 
gardien,  un  Ange  qui  le  dirige  selon  les  inclinations  qu’il  a reçues 
de  la  planète  sous  laquelle  il  est  né  ; le  cabaliste  devra  donc 
s'évertuer  à découvrir  quel  est  ce  génie.  .Mais  si  l’homme  se  sous- 
trait à la  direction  de  cet  Ange,  sa  chute  dans  le  crime  et  dans  le 
malheur  est  inévitable.  Tel  fut  le  sort  de  Saül,  tel  de  llalthazar,  de 
Nabuchodonosor. . . Et,  dès  lors,  brille  l’évidence  de  ce  principe,  que 
pour  assurer  le  bonheur  d’un  enfant  il  s’agit,  avant  tout,  d’apaiser 
et  de  flatter  l’esprit  de  la  planète  sous  laquelle  il  est  né.  [Ibid, 
page  294-96.) 

Assez  nous  semble  dit  pour  faire  voir  que  ce  fut  grâce  à ces 

' Lire  saint  Auioistin,  relevant  le  pliiIosü|>lic  Porphyre,  Ci7é  (le  Dieu, 
liv.  X,  cliap.  XI.  — Shakespeare  s’est  emparé  de  ces  nntiuns,  scène  iv  des  Sor- 
cières de  iWoc6f//i:  «Scale  of  draiion,  lontli  of  wotf, «etc.,  et  Viraile épuise  la 
description  de  ces  objets  magiques  ; ■<  Has’ herbas...  His  ego  sæpc,  » etc., 
Sclog.  VIII. 

’ Erreur  d’Origène  très-connue,  et  condamnée. 


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CHAPITRE  APPENDICE. 


525 


détestables  et  invincibles  croyances,  grâce  à leurs  innombrables 
variantes,  que  les  cabalistes  judaïques,  liériliers  de  la  cabole 
sidérale^  ou  sahéistf,  dont  la  date  vsi  à Babyhne  celle  desJiU  de  Cham*j 
répandirent  d’un  bout  à l’autre  de  la  terre  les  doctrines  magiques. 
El  c’est  à l'aide  de  cette  magie  sidérale  que  les  Chaldéens,  et  les 
hommes  de  l’astrologie  judiciaire  leurs  successeurs,  s’emparèrent 
de  Rome  payenne  et  de  l’esprit  de  ses  terribles  empereurs,  infes-* 
tèrent  les  palais  des  rois,  et  remplirent  de  crimes  les  châteaux  de 
la  noblesse  féodale  et  la  demeure  des  bourgeois  opulents  jusqu’à 
des  temps  qui  confinent  oux  nôtres.  La  cabale  était  donc,  à pro- 
prement parler,  la  principale  racine  de  la  magie,  cet  art  dont  les 
maîtres  s'’étaieiit  déjà  rendus  lellemeiit  experts  dh  U temps  de 
Moïse,  que  ce  libérateur  eut  besoin  de  la  puissance  de  Dieu  pour 
s’élever  au-dessus  de  leurs  enchantements*. 


TBOISIÈUG  DIVISION.  — LA  CABALE 

Toiitoà  \c9>  religions  dogmatiques , nous  dit  un  savant  cabaliste,  sont  issues 
de  la  cabule.  — n Toutes  les  aisveiations  maçunmgues  lui  duiveul  leurs 
secrets  et  b urs  sytnl/(dcs,  »*—  Ces  trudiliuns  sont  jaluUMini'nt  conservées 
par  le  .‘«acerdoce,  et,  d’après  lui,  les  Clavicules  de  Salomon  sont  le  riliiel, 
dison.s  le  i:ritnoire  irun  Pape.  — Les  principaux  rér^eplacles  de  la  cabale 
judaïque  sont  le  Zoiiar  et  le  Talinud.  — Llle  se  retrouve  chez  tous  les 
peuples,  dans  tout  te  qui  est  mystère,  et  cette  ducirinc  mystique  descend 
des  Chaldt'ens  issus  de  Cliam.  — Abraham  est  dit  magicien  calialiste, 
parce  qu’il  était  Clialdéen. — Magie  et  guétie  inséparables  delà  cabale. — 

Les  Juifs,  qui  sont  les  plus  fidèles  déjMisilaires  des  secrets  de  la  cabale, 
sont,  CD  magie,  les  grands  maîtres  du  moyen  âge.  — Repré.sentrtnt  l’esprit 
de  ténèbres,  ro5  ejt  pa/re  diabolo,  iU  étaient  les  missionnaires  et  les  i 

grands  maVres  de  l’occultisme.  Les  traditions  cabalistiques  glissent 
leur  venin  dans  les  diverses  branches  des  connaissances  Imm  unes  en 
raison  de  la  part  qu’y  prennent  les  Juifs.  — Exemple  : la  médecine  exer- 
cée par  les  Juifs;  elle  est  entachée  de  magie.  — Ils  mêlent  la  médecine  à 
l'astrologie.  — Les  conciles  et  les  Pères  de  l’l\gljse  contre  ces  pratiques. 

— Pour  achever  de  pervertir  la  science  sociale,  les  cabalistes,  dont  les 
princes  sont  des  Juifs,  font  pénétrer  la  doctrine  cabalistique  chez  les 
templiers,  que  les  maçons  se  donnent  pour  ancêtres.  — Leur  but! — Révé- 
lations de  leurs  successeurs. 

« Toutes  les  religions  vraiment  dogmatiques,  nous  dit  en 
Tannée  1861  le  professeur  de  magie  Ëliphas  Lévi,  sont  sorties 

' Initié,  d'après  l’opinion  des  savants,  par  les  entants  de  Caïn  ; voir  aux 
notes. 

. Ibid.,  p.  4T6.  — Lire  les  papyrus  égyptiens  que  nous  avons  cités  dans 
notre  livre  Dn  hnuh  phénomhies  de  ta  magie,  cliap.  i".  — I.ire  Id.,  le 
Coran,  t II,  p.  Si,  IraJ.  du  Ryer,  1775. 


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516 


LES  JUIFS. 


de  la  cabale,  et  y retournent.  Tout  ce  qu'il  y a de  scientifique  et 
de  grandiose  dans  les  rêves  religieux  de  tous  les  illuminés,  Jacob 
Bœbne,  Swedenborg,  Saint-Martin,  est  emprunté  à la  cabale; 
toutes  tes  associations  maçonniques  lui  doivent  leurs  secrets  et  leurs 
symboles.  La  cabale  consacre  seule  l’alliance  de  la  raison  univer- 
selle et  du  Verbe  divin,  elle  a les  clefs  du  présent,  du  passé  et 
de  l’avenir'.  » 

Germe  primordial  de  toute  magie,  et  par  conséquent  des  maux 
subreptices  les  plus  alTreux  que  puisse  semer  l’esprit  du  mal,  la 
cabale  de  gauche,  ou  sinistre,  est  donc  véritablement  digne  des 
plus  hauts  hommages  de  ceux  qui  professent  cette  fausse  et  per- 
fide science'.  Aussi,  rejetant  sur  ce  qu'il  appelle  la  cabale  mal 
entendue  certaines  hérésies  honteuses  que  le  monde  a maudites, 
Elijihas  ose-t-il  nous  dire  : « L'Ëglise,  alors,  dut  interdire  aux 
fidèles  l'étude  si  dangereuse  de  cette  science,  dont  le  suprême 
.sacerdoce  ilevait  seul  se  réserver  les  clefs.  La  tradition  cabalis- 
ti(]ue  parait  en  effet  avoir  été  conservée  par  les  Souverains  Pon- 
tifes, au  moins  jusqu'à  Léon  lit,  auquel  ou  attribue  un  rituel 
occulte,  (|ui  aurait  été  donné  par  le  Pontife  à l'empereur  Charle- 
magne, et  qui  reproduit  tous  les  caractères,  même  les  plus 
secrets,  des  Cfaricu/es  de  Salomon.  Ce  petitjlivre,  qui  devait  rester 
caché,  ayant  été  divulgué  plus  tard,  dut  être  condamné  par  l’Église, 
et  tomba  dans  le  domaine  de  la  magie  noire'.  On  le  connaît 
encore  sous  le  nom  A' Enehiridion  [Manuel]  de  Léon  ///.  Mais  la 
perte  des  clefs  cabalistiques  ne  pouvait  entraîner  celle  de  l’infail- 
libilité de  l’Église,  toujours  assistée  de  l’Esprit-Saint;  elle  jeta 
cependant  de  grandes  obscurités  dans  l’exégèse , et  rendit  com- 
plètement inintelligibles  les  grandes  figures  de  la  prophétie 
d’Ézéchiel  et  de  l'Apocalypse  de  saint  Jean*.  » 

' Dogme  et  rites  de  la  haute  magie,  t.  I",  p.  05  ; Pari.s,  isci,  2>  iMit. 
otirrfi^i*  très-antirâtho!ii{iii).  Lorsque  nous  parlons  franc-inaçonnrric,  il  faut 
entendre  les  hantes  logi's,  le  suprême  et  sfcret  conseil  à b tête  duquel  la 
constitulion  maçonnique  veut  que  siège  toujours  une  majorité  juive. 

* Aus^i  VCni!>ers  Israélite  lui-même  est  réduit  à désavouer  la  cabale,  à 
nommer  le  cabalisme  une  éblouissante  débauche  de  l’esprit.  Les  doctrines 
cabalistiques  n*en  sont  pas  moins  celles  du  rituel  judaïque  et  du  Talmud, 
qui  nous  enseigne  que  les  caractères  de  l’écriture,  les  noms  des  Anges,  et 
ceux  des  mois,  sont chaldéens  j /6id.,XXI, p.  107-8,  18GG,  etc.,  etc.;  id., 
XXII,  p.  984,  etc. 

* Lliphas  Lévi  reconnaît  donc  que  cette  tradition,  ou  cabale  judaïque,  a 
pour  code  un  grimoire  condamné  par  TEglisc , et  célèbre  dans  le  domaine 
de  la  ina^ie  noire;  mais  il  lui  plaît attribuer  la  rédaclion  è des  Papes  1 

^ Liipbas  Lévi,  Histoire  de  ta  magie,  p.  232-255;  1860.  « Puissent  les 


Di^...ocyjy  _ Ciagi 


CHAPITRE  APPENDICE. 


5*7 


O Le  souverain  propriétaire  de  ce  livre,  et  sachant  s’en  servir, 
devrait  être  le  maître  du  monde.  » {Ibid.,  p.  *65.)  Cependant  les 
deux  principaux  réceptacles  de  la  cabale  judaïque,  à laquelle  la 
magie  prétend  intéresser  l'Église  qu'elle  poursuit  de  sa  sourde 
haine,  ce  sont  le  Zohar  et  le  Talmud.  Or,  nous  afiirme  à propos 
de  ce  dernier  livre  le  professeur  de  magie  Éliphas,  il  existe  « une 
seconde  Bible  inconnue,  ou  plutêt  incomprise  des  chrétiens;  un 
recueil,  disent-ils,  de  monstrueuses  obscénités;  un  monument, 
disons-nous,  qui  rassemble  tout  ce  que  le  génie  philosophique  et 
le  génie  religieux  ont'jamais  pu  faire  ou  imaginer  de  plus  sublime, 
trésor  environné  d’épines,  diamant  caché  dans  une  pierre  brute 
et  obscure.  Nos  lecteurs  auront  déjà  deviné  que  nous  voulons 
parler  du  Talmud'. 

Or  le  Talmud,  le  Zohar,  la  tradition  rabbinique,  la  tradition  des 
magiciens  et  des  initiés  de  l’occultisme,  ont  un  seul  et  même 
inspirateur,  et  par  là  nous  révèlent  un  seul  et  même  esprit  ! 

En  effet,  continue  l’un  des  plus  profonds  ennemis  de  l’Église, 
0 à travers  le  voile  de  toutes  les  allégories  hiérarchiques  et  mys- 
tiques des  anciens  dogmes;  à travers  les  ténèbres  et  les  épreuves 
bizarres  de  toutes  les  initiations  ; sous  le  sceau  de  toutes  les 
écritures  sacrées,  dans  les  ruines  de  Niniveet  de  Thèbes;...  sur  la 
face  noircie  des  sphinx  de  l’Assyrie  et  de  l’Égypte,  etc.,  etc.  ; dans 
les  emblèmes  étranges  de  nos  vieux  livres  d’alchimie;  dans  les 
cérémonies  de  réception  pratiquées  par  toutes  les  sociétés  mystérieuses, 
on  retrouve  les, traces  d’une  doctrine  partout  la  même,  et  soi- 
gneusement cachée’ l a Et  cette  doctrine  sacrée,  qui  se  trouve 
être  celle  de  la  théurgie  ou  des  hautes  initiations  magiques,  est 
à la  fois  celle  de  la  cabale  que  les  Juifs  nous  enseignent,  après 
en  avoir  reçu  le  dépôt  des  Chaldéens  sabéistes , issus  de  Cham , 

successeur»  légitimés  de  saint  Pierre,  ose  à'ire  ce  professeur  de  magie, 
accepter  l'hommage  de  ce  livre,  et  bénir  les  travaux  du  plus  humble  de  ses 
enfants  qui  croit  avoir  trouvé  une  de.»  clefs  de  la  science,  et  qui  v ient  la 
déposer  au.\  pieds  de  celui  à qui  il  appartient  d'ouvrir  et  de  fermer  les  tré- 
sors de  rintelligencc  et  de  la  foi.  » Ibid.,  Hist.,  p.  2S2;  ISUO.  , 

' Ainsi  parle  ce  cabalisic  ennemi  perfide  de  l’Eglise,  ecclésiastique  défro- 
qué, Dogme  et  rituel,  p.  03;  ISOI.  Voir  3 notre  chap.  Talmud,  ce  que  le 
savant  Ürarh  iiou.s  a dit  de  ce  trésor  d'absurdités  immondes  , et  quelquefois 
de  science  et  de  notions  sublimes.  — Saint  Jérôme,  qui  connaissait  à fond 
le  Talmud  et  les  Écritures  juires,  i déclare  qu'il  y a là  tant  de  fables  et  de 
saletés  qu’on  avait  honte  d’en  parler.  » Suprti,  et  lire  Hist.  des  Juifs, 
Suppl.,  ibid.,  t.  VI,  p.  254»  — Moreri  est  dans  toute  bibliothèque;  voir  ce 
qu’il  dit  du  Zohar,  t.  VI,  p.  240,  reprenant  après  la  p.  652.  (1732.) 

’ Ibid;  Dogm.,  1. 1",  inlrod.,  p.  5;  édit,  de  1854. 


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528 


LES  JUIFS. 


et  qui . d’après  une  opinion  fort  accréditée  dans  la  science, 
étaient  les  héritiers  de  la  doctrine  des  fils  de  Caïn  *.  (En  ce  cha- 
pitre, patsim.) 

Il  est  constant  pour  M.Matterquc/^s  Gnostiquei^  engendrés,  ainsi 
que  nous  ne  tarderons  guère  à l'admettre,  par  le  magicien  juif 
Simon’,  avaient  a hérité  la  théurgie  des  cabalisteset  desChaldéens.  * 
Ainsi  nommons-nous  les  premiers  sabéisles,  qui  mélangeaient  le 
culte  du  serpent  à celui  des  astres’  animés  par  des  esprits;  et  ce 
fut  du  milieu  de  ces  peuples  qu'il  plut  à Dieu  d'appeler  Abraham, 
ce  patriarche  que  les  falsificateurs  de  l'histoire  et  de  la  religion, 
d'accord  avec  les  rabbins,  considèrent  comme  a l'héritier  du  se- 
cret d'IIénoch,  et  le  |>ère  de  rinitialion  en  Israël*.  » 

Les  rabbins  nous  afiirmeiit  en  elTet  que  « tous  les  membres  du 
grand  Sanhédrin  sont  des  adeptes  de  la  magie;  que  le  patriarche 
Abraham,  originaire  de  la  ville  sabéiste  de  Vr,  fut  un  nécroman- 
cien qui  dressa  dans  son  art  les  fils  de  ses  concubines,  et  qu'à 
l’exemple  d’Abraham  son  père,  David  fut  un  astrologue  et  un 
magicien*.  » 

‘ Les  idées  de  cabale  et  de  Chaldée.  de  science  chaldéenne,  d’astrologie  sa- 
béiste ou  idolâtrique,  sont  tellement  liées  ensemble,  que,  dans  un  roman  dont 
les  héros  sont  une  famille  juive,  il  est  dit  de  l'im  des  pci'onnages  : « Il 
savait  la  Lochèno  Koidech  (c’est-à-dire  le  chaldf  en),  aussi  bien  qu’un  bal- 
keholé  (ce  qui  .signifie  un  docieiir  en  cabale).  — Le  roman  rellélc  la  croyance 
vulgaire.  Feuilleton  du  journal  des  Véhah;  Paris,  du  7 décembie  ISCC, 
par  Erckiiiann  Cbatrian,  intilulé  /e /?/ocu5  (de  Pliaisbourg),  épisode  de  la 
guerre  de  1SI4. 

£n  utilre,  Pidée  de  l’astrologie  judiciaire , ou  de  la  cabale  sabéiste,  se  lie 
tellement  à celles  des  traditions  rabhiniques,  que  le  Pi'i'eDouhour.s,  dans  sa 
Vie  de  saint  Ignace  de  Loyola,  nous  dit,  à propos  du  célébré  Guillaume 
Poste),  que  le  saint  avait  adopté  (mur  novice  : Poste!  <«  s’était  mis  des 

visions  en  tête,  à force  de  lire  les  Kabbins  et  de  coutcmpler  les  astres 

Le  rabbinisme  et  l'astrologie  judiciaire  lui  avaient  gâté  l'esprit.  » T.  U, 
I.  IV,  p.  6;  Palis,  1875.  Ignace  ayant  vainement  essayé  (>eodantdeu\  ans 
« de  ramener  au  l>on  sens  • ce  prodigieux  érudit,  le  renvova  de  son  ordre. 

* S.  Kpiphan.,  Adv.  /wcres.,p.  55,(.klil.,  in-fol.  dcl622;  — frf.,S.lræn., 
Adv.Vntent.,  etc.,  p.  43,  67,  137,  etc.,  éd.  in  fol.  de  1560. 

* M Malter,  dignitaire  de  PUniversité,  Hïst,  crït.  du  Gnosticisme,  t.III, 
p.  184,  2*  éilit.  ; Paris,  1843.  — Bible,  Daniel,  chap.  xtv,  etc.,  etc. 

* Eliphas  Lévi,  Jlist.  de  la  magie,  p 46;  Paris,  |8G0.  Initiation  de  la 
faus-îc  cabale.  — Hénf>ch,  nous  dît-il,  est  le  même  que  l’Hermès  Trismégistc 
de.s  Kg\plicns;  ibid.,  p.  46.  Ailleurs,  ce  Trismégistc  est  Chaui,  ou  son  lils 
Mesranu  .. 

‘ L' Eglise  et  la  Synagogue,  p.  48;  1859. — Jlist.  des  Juifs,  ib.,\.  VI, 
rbap.  VIII,  etc.  — ï.’l-'glise  dit  le  contraire  dans  les  prières  des  agonisants  : 
Libéra  animam  ejussicut  Hberasti  Abraham  VrChaldœorum. — D’après 
les  cabaiistes  modernes,  di-^ciples  des  Juifs,  b cabale  ou  la  magie  remonte 
au  delà  d’Aliraham,  gui  l’exportait  de  la  Chaldée,  et  dont  « elle  était  la 
science,  »•  tomme  aussi  la  science  « d’Orphée,  de  Confucius  cldeZoroastre  ! Ce 


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CHAPITRE  APPENDICE.  5î9 

« Abraham , en  sortant  de  la  Chaldée , avait  emporté  les  mys- 
tères de  la  cabale  »,  et  la  cabale  se  mêle  tellement  à la  magie, 
que,  d’après  <<  la  tradition  cabalistique,  l’Inde  fut  peuplée  par 
les  descendants  de  Ca'in;  que  plus  tard  les  enfants  d’Abraliam 
et  de  Céthura  s'y  retirèrent  »,  et  que,  grâce  à cette  population 
cabaliste,  a elle  fut  par  excellence  le  pays  de  la  goétic  et  des 
prestiges*.  » 

La  goétie,  la  magie,  les  prestiges  démoniaques,  les  arts  et  les 
associations  ténébreuses,  sont  donc  inséparables  des  dogmes  et  des 
pratiques  de  la  cabale.  Rien  ne  nous  semble  plus  universellement 
établi  de  la  bouche  des  grands  docteurs  de  la  science  occulte , et 
nous  en  prenons  à témoin  la  parole  même  d’Ëliphas , que  nous 
avons  entendu  s'écrier  : « La  doctrine  cabalistique,  gui  es/  le  dogme 
de  ta  haute  magie,  est  contenue  dans  le  Sepher-Jesirah , le  Zohar 
et  le  Talmu(|*  » ; affirmation  que  le  rationaliste  Hœfer  confirme  en 
ces  termes,  dont  la  limpidité  ne  le  cède  point  au  cristal  : « Les  doc- 
trines mgstigues,  et  les  pratiques  magiques  de  V antiquité  sont  en  partie 
conservées  dans  la  cabale  »,  dont  la  date  est,  selon  nous,  celle 
des  premiers  fidèles  du  catholicisme  démoniaque,  bien  qu’il  ne  fût 
rédigé  que  » vers  les  premiers  siècles  de  l’ère  chrétienne  par  le 
Bahbi  Akiba  et  son  disciple  Siméon  Ben  Jocha'i.  Les  alchimistes 
juifs  et  arabes  avaient  néanmoins  et  depuis  longtemps  connais- 
sance des  livres  de  la  cabale,  qui  étaient  auprès  des  adeptes  en 
aussi  grand  honneur  que  les  livres  d’Hermès  Trismégiste’,  » 

En  un  mot,  et  nous  ne  craignons  point  de  le  répéter,  » il  est 

sont  les  dogmes  de  la  magie  qui  furent  sculptés  sur  des  tables  de  pierre 
par  llénot'h  et  par  Trismégiste.  Moïse  les  épura  et  les  revoila;  c’est  le 
sens  du  mot  receler.  Il  leur  donna  tin  nom  eau  voile,  lorsqu’il  fit  de  la 
salnle  kabbale  l’héritage  exclusif  du  pe'uple  d’Israél,  et  le  secret  inviolable 
de  ses  prêtres.  Les  inysières  d’Élcusis  et  de  Thêbes  en  conservèrent  parmi 
les  nations  ifuelques  symboles  déjà  altérés,  et  dont  la  clef  se  perdait  parmi 
les  instruments  d’une  superstition  toujours  crois.«ante.  » Enfin,  « le  Sau- 
veur annoncé  aux  Anges  pur  l'éloile  sacrée  de  l'initiation  vint  déchirer  le 
voile  usé  du  vieux  temple  pour  donner  à l’Égli.se  vn  nouveau  tissu  de 
légendes  et  de  symboles  qui  cache  toujours  aux  profanes  et  conserve  aux 
élus  (les  magiciens),  toujours  la  même  vérité.  » Êllphas  Lévi,  /lisl.  de  la 
magie,  p.  3-4;  1860  On  voit  avec  quelle  ténacité  les  cabalistes  couvrent  la 
vérité  dans  le  manteau  de  leur  fausse  science. 

' Eliphas,  Ibid.,  HIsl.,  p.  46-66,  7-8  — Nombreux  ouvrages  attribués  à 
Abraham  p.vr  les  rabbins,  p.  343-348,  etc.,  voir  Gust.  Brunet,  Fvang. 
apocryphes  et  annotations;  Paris,  1803. 

’ Ibid.,  Ilist.,  p.  58. 

’ Hu-fer,  llisl.  de  la  chimie,  t.  I,  p.  243.  Les  livres  d’Hermès  devaient 
contenir  une  grande  partie  de  la  cabale. 

34 


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530 


LES  JUIFS. 


certain  que  les  Juifs,  déposilaires  let  plut  fidiltt  det  tetrtu  de  la 
cabale,  ont  élé  presque  toujours,  eu  magie,  let  grande  maitret  du 
moyen  âge* . s Représentants  sur  terre  de  l’esprit  de  ténèbres , 
Votex  pâtre  diabolo*,  ils  étaient  les  missionnaires  providentiels  et 
les  grands  inattres  de  l'occultisme.  Toute  société  de  mystères  et 
de  désordre,  en  se  donnant  pour  chefs  des  Juifs  cabalistes,  se 
donnait  let  eheft  et  let  contertaleurt  hèriditairet  des  doctrines  adap- 
tées à son  but  occulte.  Voilà  ce  qu'ignore  la  plèbe  de  ces  associés  ; 
mais  tout  adepte  savant,  tout  initié  sérieux  se  disait  en  s’incli- 
nant devant  eux  : • Us  sont  véritablement  nos  pères  dans  la 
science*.  » 

Et  cette  science,  dont  le  pseudonyme  Ëliphas  Lévi,  revêtu  iun 
nom  de  guerre  judtüfut,  s’est  constitué  de  nos  jours  l’impertur- 
bable patron,  étant  celle  de  la  magie,  ne  peut  être,  ainsi  que 
nous  l’enseignent  les  Pères  de  l’Église  et  la  longue  expérience 
des  peuples,  que  la  science  même  du  mal*  : science  habile  à créer 
de  toutes  parts,  contre  les  doctrines  et  la  puissance  de  l'Église 
qui  la  frappe  de  scs  anathèmes,  la  plus  savante  et  redoutable 
agence  qui  puisse  infester  la  terre. 

Empressée  de  couvrir  à nos  yeux  cette  ignominie,  et  se  dra- 
pant du  manteau  de  la  haute  sagesse,  la  magie  cabalistique 
affecte  de  repousser  loin  d’elle  et  avec  dédain  quelques-uns  de 
ses  propres  enfants,  ceux  qui,  buvant  toute  honte  et  laissant  les 
terrible»  conséquences  de  leurs  principes  suivre  paisiblement  leurs 
cours,  usent  être  en  plein  midi  ce  que  les  habiles  ne  sont  que 
dans  les  ténèbres.  La  magic,  nous  dit  donc  Élipbas,  ce  lévite  ré- 
volté qui,  revêtant  la  peau  de  brebis,  ose  se  donner  pour  un 
des  respectueux  champions  de  l'Église  ; « la  magie  a aussi  ses 
hérésiarques  et  ses  sectaires  , ses  hommes  de  prestiges  et  ses  sor- 
ciers. Nous  aurons  à venger  la  légitimité  de  la  science  des  usur- 
pations, de  l’ignorance,  delà  folie  et  de  la  fraude*,  s 

Or,  parmi  ceux  que  repousse  le  mage  Éliphas  avec  un  mépris 

' Eliphas,  Dogm.  et  rit.,  t.  Il,  p.  220,  2>  édit.;  IS6i. 

’ ev.  tainl  Jean,  ch.  viii,  v.  44. 

* Eliphas,  Hist.  la  magie,  p.  247,  ib. 

' Le  Coran  en  mille  endroits,  et  par  exemple  : <•  Il.s  ont  suivi  ce  que  les 
diahles  enseignaient  au  règne  de  Salomon.  Salomon  pour  cela  n'a  pas 
péché,  mais  seulement  les  diables,  gui  enseignaient  la  magie  au  peuple.  » 
Chap.  la  Vache,  t.  !•',  p.  392,  Irad.  du  Ryer,  1775. 

' Ibid.,  p.  33.  Aussi  le  magicien  Eliphas,  et  les  hommes  è prestiges  du 
spiritisme  moderne,  font-ils,  quoique  liés,  assez  mauvais  ménage. 


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CHAPITRE  APPENDICE. 


531 


que  sa  doctrine  ne  saurait  justifier,  nous  comptons  d’abord, 
entre  les  sectateurs  cabalistes  de  la  Gnose,  les  fils  adoptifs  de 
Caïn , c'est-à-dire  les  hérétiques  caïnites  issus  du  Juif  Simon  le 
mage'.  Ces  misérables  se  parent  du  nom  de  ce  premier  des  ho- 
micides, et  donnent  pour  père  à Caïn,  à Ésaii,  àCoré,  aux  com- 
plices et  aux  imitateurs  de  leur  révolte,  aux  gens  de  Soilome..., 
la  plus  haute  Vertu  du  ciell  Ils  se  glorifient  d’avoir  de  tels 
hommes  pour  ancêtres;  et  leur  science,  qui  est  toute  cabalistique, 
est  sublime,  disent-ils,  incomparable  et  parfaite.  Aussi,  lorsque 
h grand  Architecte  de  ce  monde  prétendit  les  exterminer,  se  vit-il 
dans  l’impossibilité  de  leur  nuire  ; car  ils  surent  créer  des  ténèbres 
pour  se  dérober  à ses  fureurs , et  la  Sagesse  suprême  se  les  assi- 
mila. Judas,  qu’ils  se  vantent  d’avoir  pour  frère,  fut  un  de  leurs 
initiés,  et  vous  les  voyez  élever  respectueusement  au-dessus  de 
leur  tète  un  évangile  qui  porte  le  nom  de  ce  divin  traître’. 

Voilà  donc  des  hérétiques  de  tordre  epiritc  qui  sont  un  objet 
de  pitié  pour  les  gens  comme  il  faut  de  la  magie  contemporaine  ! 
et  la  sentence  de  ces  derniers,  aussi  brève  qu’injuste,  est  posi- 
tive : e Le  gnosticisme,  l’arianisme,  le  manichéisme  étaient  sor- 
tis de  la  cabale  mal  entendue*,  i Non;  mal  entendue  n’est  pas  le 
mot,  le  mot  serait  maladroitement  dituiguée,  et  d’autres  l’ont  dit 
en  bon  français. 

Plus  nos  recherches  se  sont  étendues,  et  plus  il  nous  a été  fa- 
cile de  voir  les  traditions  pharisaigues  de  la  cabale  glisser  leur  venin 
dans  les  diverses  branches  des  connaissances  humaines,  et  les 
pénétrer  en  raison  directe  de  la  part  qu’y  prenaient  les  Juifs.  Elles 
infectent  dès  la  haute  antiquité  les  sciences  religieuses,  histori- 
ques et  morales  ; elles  défigurent  les  sciences  astronomiques  et 
physiques;  pourrions-nous  donc  sans  mauvaise  grâce,  et  d’accord 

' D.  Epiphan.,  Adv.  hterea.,  p.  55,  cd.  1852,  in-fol  ; — id.,  D.  Iren. 
Adv.  Valent.,  etc.,  p.  43,  82,  137,  etc.,  édit.  1560,  in-fol. 

’ Sancii  Epipltanii  Opéra;  Adv.  hceret..  t.  Il,  p.  278;  Paris,  1622,  in-fol. 
Caiani , a poteotiori  quadam  virtute  ac  cii-lesli  autborilate  dertvaluiu  esse 
Caîanum  pnodicant,  oec  non  et  Esau,  et  Core  cnni  suis,  ilemque  Sodouû- 
las  : Abeluiii  veroab  imbecilliori  virtule  prodiisse.  Quamobreni,  etc. 

’ Eliphas,  Hiit.  de  la  magie,  ib.,  222.  Le  mot  est  clair;  mais  les  caba- 
listes  gnostiques,  issus  du  Juif  niagicieo  Simon,  ne  peuvent-ils  renvoyer  le 
compliment  à leurs  frères,  à ceux  de  nos  cabalistes  modernes  qui , pour  ne 

Point  blesser  les  délicatesses  de  l’époque  actuelle,  débarrassent  è la  fois  de 
incommode  et  malencontreux  personnage  du  diable,  ai  souvent  nommé 
dans  le  Coran,  l’Ëglise,  qui  s’entête  è le  réclamer,  et  la  magie,  dont,  pour 
le  quart  d'heure,  il  blesse  les  nerfs  et  offense  rorgueil  ! — Voir  Elipbas,  ib., 
Itisl.  p.  14  à 28. 

34. 


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532 


LES  JUIFS. 


avec  les  ignorants  ou  les  maladroits  amis  du  progrès  et  de  l’hu- 
manité, nous  étonner  du  renom  de  magie  qui  s’attache  et  adhère 
à la  science  médicale  du  Juif,  et  qui,  dans  les  siècles  d’orthodoxie 
talmudique,  provoque  les  rigueurs  de  l’Église  contre  le  malade 
chrétien  assez  lâche  dans  sa  foi  pour  se  livrer  aux  mains  du  mé- 
decin talmudisantl 

En  effet,  une  des  branches  de  la  cabale  se  prêtait  à l’art  de 
guérir.  On  la  soupçonnait,  on  l’accusait  d’étre  greffée  sur  la  ma- 
gie, et  les  Juifs  ne  s’en  détournaient  qu’avec  peine;  souvent 
même,  lorsqu’ils  s’étaient  faits  chrétiens,  on  les  voyait  persévérer 
à combattre  les  maladies  et  à conjurer  les  maux  imminents,  en 
attachant  une  vertu  miraculeuse  aux  nombres,  dont  les  lettres  re- 
présentaient les  chiifres,  tantôt  en  récitant  d’étranges  formules, 
tantôt  en  se  livrant  à quelques  pratiques  bizarres  * ; et , chez  ce 
peuple,  l’art  curatif  semble  marcher  de  front  avec  l’art  de  faire 
parler  les  astres. 

« Dans  les  anciens  temps,  en  France,  nous  dit  un  maladroit 
ami  d’Israël,  la  plupart  des  médecins  et  des  astrologues  étaient 
Juifs.  Ces  connaissances  furent  fort  en  vogue  chez  cette  nation, 
depuis  la  captivité  de  Babylone,  On  sait  que  les  Juifs  étaient  en  pos- 
session de  tendre  des  philtres  aux  dames  romaines , et  ils  exercent 
encore  aujourd'hui  la  médecine  dans  tout  l’Orient.  La  science  de 
V astrologie  judiciaire  dont  ils  s’enorgueillissaient  d’une  part,  et 
leurs  richesses  de  l’autre,  furent  sans  doute  les  causes  de  ces 
violences  épouvantables  et  de  ces  persécutions  dont  l'histoire  a 
conservé  le  souvenir.  » 

Et  se  retournant  contre  les  peuples  qui,  fatigués  d’étre  les 
victimes  de  l’usure  des  Juifs,  devenaient  de  temps  en  temps 
contre  eux  les  exécuteurs  d’une  justice  terrible  et  souvent  cruelle, 
le  même  écrivain  ajoute  de  sa  plume  naïve  : o Ils  avaient  affaire 


* Hist.  des  Juifs,  t.  VI,  ib„  p,  .394.  La  cabale  étant  d’origine  probable- 
ment Cainite,  mais  an  moins  Cliamite,  etc.,  est  antérieure  aux  Juifs  et  ne 
peut  leur  être  particulière.  Elle  est  en  honneur  chez  les  savants  arabes,  et 
plus  tard  elle  remplit  les  pages  les  plus  curieuses  de  Cornélius  Agrippa,  de 
Paracelse,  disciples  des  théurges  alexandrins  et  des  initiés  de  toutes  les 
grandes  époques  de  la  magie.  Hippocrate  se  moque  de  certains  imposteurs 
qui  se  vantaient  de  guérir  le  mal  caduc  par  des  oraisons,  etc...,  L.  De 
morbo  sacro;  et  Galien  rejette  ces  pratiques  comme  étant  des  prestiges 
à' Égyptiens  et  de  Chaldéens,  c'est-à-dire  de  sabéistes  on  de  cabalistes. 
— L.  De slmplici  remed.  potest.  — Thiers,  Suprrst.,  ch.  xxxv,  p.  41  G, etc.; 
1679.  — On  voit,  au  contraire,  se  livrer  à ces  arts  le  fameux  cabaliste  et 
hérésiarque  Basilides,  disciple  du  Juif  de  Giton,  Simon  le  Mage. 


CHAPITRE  APPENDICE. 


533 


aux  héritiers  des  Goths  et  des  Vandales  I Les  peuples  ignorants  et 
barbares  les  considéraient  comme  magiciens  ; on  ne  faisait  guère 
le  procès  à quelque  prétendu  sorcier  qu’il  ne  s’y  trouvât  un  Juif 
impliqué,  elpeartout  on  les  accusait  de  maléfices  de  toutes  sortes',  s 
Fidèle  à son  invariable  système  de  l’apologie  du  juda'isme  aux 
dépens  de  l’Église,  et  ne  nous  présentant  la  médecine  juive  que 
par  le  côté  séduisant  des  cures,  M.  l’avocat  Bédarride,  oublieux  du 
côté  cabalistique  de  la  science  médicale  des  Juifs,  ses  compatriotes, 
ne  saurait  tolérer  ces  soupçons  injurieux  que  l’histoire  de  tous  les 
peuples  a cependant  traduits  en  certitude.  Aussi  ne  condescend-il 
à nous  les  expliquer  que  par  la  stupide  ignorance  des  chrétiens  : 
< Les  cures  que  les  médecins  juifs  opérèrent,  nous  dit-il,  et  qui 
avaient  quelque  chose  de  merveilleux  dans  un  siècle  d'ignorance; 
la  langue  étrangère  dans  laquelle  étaient  renfermés  les  secrets  de 
leur  art,  et  qui  leur  donnait  un  caractère  mystérieux,  et  sur- 
tout la  qualité  d’infîdèles  que  portaient  ceux  qui  exerçaient  la 
médecine,  éveillèrent  la  sollicitude  inquiète  d’un  vulgaire  supersti- 
tieux. On  n’hésita  pas  à ne  voir  que  sortilège  et  magie  dans  le  sa- 
voir qui  distinguait  les  médecins  arabes  et  juifs;  les  conciles 
excommuniaient  donc  les  chrétiens  qui  s’adressaient  à eux  » 
Et,  pour  un  écrivain  juif,  cela  va  sans  dire,  les  conciles,  en  proscri- 
vant l’art  de  ces  magiciens,  ainxt  que  le  firent  à Rome  les  Césars, 
les  maîtres  des  peuples  les  plus  policés  du  monde  ancien,  feraient 
oeuvre  de  Vandales  ! 


' Bail,  Les  Juifs  au  dix-neuvième  siècle,  p.  91-94,  2'  édit. 

Ces  barbares  n’élaient,  en  agissant  de  la  sorte,  que  1rs  imitateurs  des 
peuples  les  plus  policés  du  paganisme,  de  Rome  payenne  qui  sévissait  sans 
cesse  contre  ces  Juifs,  ces  mathématiciens  magiques,  ces  Clialdéens!  La 
Chaldée.  Babylone  fut  l’école  des  Juifs,  et  le  Coran  nous  y montre  les 
mauvais  anges  enseignant  la  magie.  Ibid.,  1. 1",  p.  392,  du  Ryer,  1775 
• Bédarride,  Les  Juifs,  p.  139,  2*  édit.  ; Paris,  1861.  — M.  l’abbé  Cioberti, 
très-mince  autorité  dans  la  question , où  son  libéralisme  antiromain  l'égare, 
nous  tient  à peu  près  le  même  langage.  Nous  nous  gardons  de  disputer  aux 
médecins  juifs  certains  progrès  que  l’art  médical  put  leur  devoir.  La  chi- 
mie ne  dut-elle  pas  elle-même  de  grands  progrès  à l’alchimie?...  Et  de 

2nel  fonds  d’ignorance  cette  témérité  de  faire  porter  sa  critique  sur  les 
écrets  des  évêques  et  des  conciles  qui  intimaient  aux  chrétiens  malades  la 
défense  da  recourir  à la  science  des  Juifs?  L'étude  démontre  que  l’Eglise  ne 
s’est  en  aucun  temps  composée  d’un  vulgaire  ignare  et  superstilieux.  Mais 
devant  la  malice  homicide  et  les  crimes  de  magie  dont  l’histoire  de  tous  les 
peuples  témoigne  que  le  Juif  était  coutumier,  l’Eglise  devait  trembler  è la 
fois  pour  la  vie  corporelle  et  pour  la  vie  de  l’ême  de  ses  enfants.  — Lire  è 
l’appui  le  célèbre  Traité  de  la  polUe,  t.  I",  p.  279,  etc.,  4 vol.  in-folio; 
Paris,  1705,  1710,  1719,  1738. 


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534 


LES  JUIFS. 


Nos  yeux  tournés  dès  la  haute  antiquité  chrétienne  vers  l’un 
de  ces  hommes  qui  furent  la  gloire  et  la  lumière  de  l'humanité, 
surprennent  en  effet  la  médecine  eabalitiique,  que  les  Juifs  ses  con- 
temporains avaient  reçue  de  leurs  pères , en  voie  de  descendre  de 
son  siècle  vers  le  nôtre  le  long  de  la  chaîne  des  traditions  mal- 
saines qu'ils  tendaient  à leurs  Gis  ; et  nos  oreilles  la  lui  entendent 
frapper  de  ses  anathèmes. 

< Les  démons,  s’écriait  saint  Jean  Chrysostomc,  ce  vaillant  père 
de  l’Église,  Aaèi/car  non-seulement  la  Synagogue,  mais  encore  Ut 
âmet  des  Juifs.  Rechercheriez-vous  la  guérison  de  votre  corps  au 
prix  du  salut  de  votre  âme?  Pourriez-vous,  sans  exciter  l'indi- 
gnation de  Dieu,  le  créateur  de  votre  corps,  implorer  de  votre 
ennemi  votre  guérison  ? Et  comment  la  science  médicale  ne 
deviendrait- elle  pas,  entre  les  mains  d’un  idolâtre  quelconque, 
une  ressource  infaillible  pour  vous  entraîner  aux  pieds  des  dieux 
des  gentils  ‘ 7 Souvent  aussi  les  payens  ont  guéri  des  maladies  de  cette 
manière  et  ont  rendu  aux  infirmes  la  santé;  sera-ce  une  raison 
de  prendre  part  à leur  impiété  •?  » 

O Si  Dieu  permet  aux  démons,  comme  il  le  permet  aux  hom- 
mes, d’opérer  quelques  guérisons,  il  le  permet  pour  nous  éprouver  ; 
et  mieux  nous  vaut  la  maladie  que  la  lâcheté  de  demander  à des 
moyens  impies  la  délivrance  de  nos  maux.  Le  démon,  môme  en 
nous  guérissant,  nous  ferait  à coup  sûr  plus  de  mal  que  de  bien; 
car  il  aurait  soulagé  notre  corps,  qui  n’en  sera  pas  moins  la  pâ- 
ture des  vers,  mais  il  aurait  compromis  l’éternel  bonheur  de 
notre  âme.  Les  recruteurs  d’esclaves  offrent  aux  enfants  des 

■ Saint  Chrysoatoine,  lorsqu’il  tient  ce  diaooora,  uit  ce  qu’ignorent  ceux 
qui  s’aventurent  à qualifier  de  fanatiques  et  de  siiperstilieus  les  chrétiens 
cl  les  eonciles.  Il  sait  qu'une  grande  partie  de  la  médecine  antique,  cfaei  les 
idolâtres,  se  pratiquait  dans  les  temples,  où  le  prêtre  et  le  médecin  se  con- 
fondaient l’un  avec  l’antre;  il  sait  que  celte  médecine  était  en  partie 
magnétique,  magique,  démoniaque,  ce  que  nous  exposons  dans  notre  livre 
Des  médiateurs  et  moyens  de  la  magie.  Or,  la  médecine  cabalistique  ou 
talmudique  du  Juif,  mêlée  qu’elle  était  de  magie,  se  coafomlail  à ce  point 
de  vue  avec  celle  du  payen,  et  s’inspirait  des  mêmes  dieux.  Un  art 
médical  également  spirite  a repris  vigueur  de  nos  jours,  et  particulièrement 
grâce  â la  résurrection  du  magnétisme.  — Lire  sur  ces  points  le  volume 
Pralectiones  theologicœ  de  I8GS,  de  l’illustre  théologien  J.  Ferrone,  <ln 
Collège  romain,  qui  nous  fait  souvent  l'honneur-de  nous  citer. 

’ P.  a58-36â.  Tcrtnllien  disait  des  démons,  â l'aide  desquels  la  méde- 
cine magique  semble  nous  guérir  ; Lœdunt...,  remédia  præcipiunt  ad  mira- 
colnm  nova,  sive  contraria,  laedere  desinunt  et  curasse  creduntnr  — Ils  cau- 
sent le  mal...  et  lorsqu’ils  cessent  de  le  causer,  nous  crions  â la  guérison. 
Apolog.,  ch.  XXII. 


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CHAPITRE  APPENDICE. 


S3S 


friandises,  des  pâtisseries,  des  jeux  de  dés,  des  bagatelles, 
un  millier  d’appâts,  afin  de  leur  ravir,  en  les  attirant,  la  li- 
berté et  la  vie.  C’est  ainsi  que  les  démons  nous  promettent 
la  guérison  de  nos  membres , afin  de  compromettre  plus  sûre- 
ment le  salut  de  notre  âme.  Oh  I ne  souffrons  pas  un  tel  abus, 
mes  bien  aimés.  Ce  n’est  point  parce  que  Dieu  vous  abandonne, 
c’est  afin  de  faire  plus  vivement  éclater  votre  vertu , qu’il  laisse 
quelquefois  la  maladie  vous  atteindré.  Bndurez-la  donc  généreu- 
sement; fuyez , /uyrs , ou  repousiex  les  Jui/t ; ils  ont  la  prllenlion 
<T  être  les  plus  habiles  médecins  du  monde , mais  leur  science  médi- 
cale n'esi  qu’imposture , enchantements,  amulettes,  et  pratiques  em- 
pruntées à la  magie  I...  de  même  que  leurs  synagogues  ne  sont 
que  des  lieux  de  débauche,  où  se  rendent  des  femmes  impudiques 
et  dissolues  ' . » 

Familiarisé  avec  les  ruses  et  les  superstitions  judaïques,  no 
autre  Père  de  l’Église,  saint  Ëpiphane,  nous  apprend  que  les  Juifs 
mêlent  à leur  science  les  arts  démoniaques’;  que  souvent  même 
ils  ne  reculent  point  devant  l’homicide,  et  mettent  en  pratique 
l’article  de  foi  cabalistique  que  Thomas  de  Catimpré  rappelait 
jadis  en  ces  termes  : « Un  juif  très-savant,  converti  depuis  peu 
de  temps  à la  foi,  m’affirmait  qu’un  de  scs  anciens  coreligion- 
naires, sur  le  point  de  mourir,  avait  fait  aux  Juifs  cette  prédic- 
tion : s Vous  ne  pourrez  guérir  de  la  honteuse  maladie  qui  vous 
afflige  que  par  ïusage  du  sang  chrétien*  »...  Car  le  sang  humain 
est  au  fond  de  toutes  les  pratiques  de  la  magie I 

Il  faut  à la  magie  du  sang,  du  sang  humain.  Il  lui  faut  le  sang 
de  l’homme  et  des  graisses  humaines  pour  accomplir  scs  rites 


' Les  amulettes  sont  une  des  œuvres  principales  de  la  cabale,  et  un  des 
principaux  instruments  de  la  magie.  S.  Jean  Ciirysustome,  ibid.,  p.  :t.'i8.36], 
3,  4,  etc  , cité  déjà  OEuvres  complètes,  vol.  II,  éd.  1865  — Exnnpte  de 
médecine  cabalistique  ou  magique.  Le  médecin  alchimiste  Paracelse  « le 
plus  grand  des  mages  chrétiens,  opposait  à l’envoûtement  les  pratiques  d’un 
envoûtement  contraire.  Il  compos.iit  des  remèdes  sympathiques,  et  les 
appliquait  non  aux  membres  sourrrauts  mais  à des  représentations  de  ces 
mêmes  membres,  formées  et  consacrées  suivant  le  cérémonial  magique.  Les 
succè.s  étaient  prodigieux,  et  jamais  aucun  médecin  n'a  approché  des  cures 
merveilleuses  de  Paracelse.  • Eliphas  Lévi,  Dogme  et  Rituel,  vol.  !•', 
p.  302.  Lire  ailleurs  ses  biographies,  et  une  multilude  d’exemples  de 
cette  médecine  cabalistique.  L'un  des  plus  connus  est  la  fameuse  poudre 
sympathique  de  lligbgy,  qui  guérissait  à toute  distance  et  fit  merveille  elle/ 

nos  graves  voisins  les  Anglais 

> Àdoers.  hœres.  XXX;  — l'Eglise  et  la  Synagogue,  p.  321. 

’ Devita  instituenda,  I.  XI,  cap.  xxix,  art.  23. 


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536 


LES  JUIFS. 


et  parfaire  ses  chrêmes  sacrés,  ses  on^ents  maléficiaires,  tes 
taerameniaux,  pour  atteindre  son  but  sacrilège.  Ici , là-bas  et  ail- 
leurs, selon  les  temps,  selon  le  génie  et  le  degré  de  civilisation  des 
peuples,  il  lui  faut  ce  sang  et  cette  chair , breuvage  et  moyen  de 
régénération  mystiques.  Et,  dès  l’origine  des  temps  historiques, 
la  Bible  elle-même  nous  donne,  sur  le  sol  de  Chanaan,  le  spec- 
tacle de  ces  odieuses  pratiques,  de  cette  anthropophagie  sacrée, 
de  ce  sang  et  de  cette  chair  humaine  que  mangeaient  et  que  bu- 
vaient les  juifs  avec  les  cabalistes  de  Chanaan,  et  dont  leurs  incan- 
tations exigeaient  l'usage*. 

Procédés  de  cabale  et  de  magie,  c’est-à-dire  moyens  démo- 
niaques, mais  employés  à titre  de  moyens  religieux  ou  teienti/gues, 
voilà  donc  deux  choses  qui  se  reproduisent  sans  cesse  chez  le 
Juif  dans  l’exercice  de  l’art  de  guérir  ou  de  prévenir  les  maux 
du  corps.  Et,  dans  l’examen  attentif  « des  meurtres  d'enfants 
commis  parles  Juifs  »,  ce  qui  frappera  le  plus  vivement  un  sagace 
investigateur,  ce  n’est  point  toujours  et  seulement  un  farouche 
sentiment  de  haines  religieuses;  non  : ce  ne  sera  que  trop  sou- 
vent encore  l’intention  » de  faire  servir  le  sang  humain  et  les 
chairs  déchirées  à des  opérations  magiques  » douées  de  la  vertu 
X de  guérir  Ips  maux  du  corps  ou  de  l’esprit  ».  Ce  sera  le  ferme 
propos  X d'obtenir  d’abominables  effets,  » persuadés  que  sont  les 
opérateurs  » qu’il  se  trouve  dans  ce  sang  et  dans  ces  chairs, 
outre  let  propriétie  médiealee , une  vertu  particulière,  une  force 
occulte,  asturant  la  riustite  de  leure  dieire.  » 

Quelquefois,  et  lorsque  les  circonstances  le  permettaient,  les 
pratiques  de  la  médecine  cabalistique  ou  magique  revêtaient  en 
plein  soleil  une  franchise,  un  cynisme  parfait  de  férocité.  C'est 
ainsi  que  nous  entendons  Rufin , l’illustre  contemporain  de  saint 
Jéréme,  nommer  des  médecins  juifs  qu’une  reine  de  Perse  affli- 
gée d’une  maladie  dangereuse  a consultés;  ces  docteurs  lui  pres- 
crivent pour  traitement  de  couper  en  deux  des  vierges  chré- 
tiennes , et  de  passer  entre  les  moitiés  suspendues  ; conseil  que 
la  reine  accueille  avec  une  aveugle  docilité’. 

' Bible,  Sagesse,  ch  xn,  4,  etc.  ; — id.,  notre  livre  la  Magleau  dix-neu- 
vième siècle,  dern.  édit.,  ch.  ir;  — id.,  ci-dessua  en  ce  présent  ouvrage,  le 
cil.  VII,  H*  division  : Du  sang...  - 

’ L’Eglise  et  la  Synagogue,  p.  313  3 31  S,  rtc.  Tliom.  de  Catimpré, 
Devita  instituenda,  I.  Il,  cap.  xxix,  art.  33. — Àjjairesde  Syrie, ibid.,y.  II, 
p.  380-84-s,  et  390,  etc.,  etc. 

’ Hist.  eccUs.,  1-  II,  XXIV. 


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CHAPITRE  APPENDICE.  537 

Mais  peut-être  serait-il  temps  pour  nous  d’en  finir  arec  la 
cabale,  si  nous  ne  devions  laisser  entrevoir  avec  quelle  opiniâtre 
habileté  les  Juifs  ont  su  tourner  contre  les  institutions  chrétiennes 
les  traditions  spirites  de  l’idolâtrie  et  de  la  magie  qui  les  per- 
vertirent eux-mêmes,  et  avec  quel  art  infatigable  ils  se  sont  ap- 
pliqués , dans  le  temps  et  dans  l'espace , à mûrir  et  à parfaire  au 
milieu  du  monde  chrétien  la  corruption  de  la  science  sociale.  Un 
seul  mot , et  qui  doit  suflire  pour  le  moment , placera  le  lecteur 
sur  ta  voie  de  cette  vérité. 

« L’idée  des  hiérophantes  chrétieas  >,  c’est-à-dire,  d’après  le 
sens  qu’Eliphas  attache  â ce  mot,  l’idée  des  conspirateurs  de  la 
cabale  avait  été  de  s'emparer  habilement  du  pouvoir  et  de  le 
retenir  sournoisement  â leur  profit.  Us  devaient  donc  « créer  une 
société  vouée  à l’abnégation  par  des  voeux  solennels , protégée  par 
des  règlements  sévères,  qui  se  recruterait  par  l'initiation,  et  qui, 
seule  dépositaire  des  grandt  tecret$  religieux  et  tociaux,  feraitdes  rois 
et  des  pontifes,  sans  s'exposer  aux  corruptions  de  la  puissance.  » 

Cette  idée  fut,  d’après  le  cabaliste  Ëliphas,  « le  rêve  des  sectes 
dissidentes  de  gnostiques  ou  d'illuminés'  qui  prétendaient  rat- 
tacher leur  foi  à la  tradition  primitire  du  ehrislianitme  de  taint 
Jean*.  Elle  devint  enfin  une  menace  pour  l'Eglise  et  pour  la 
société,  quand  un  ordre  riche  et  dissolu,  initié  aux  myttérieutet 
doctrinee  de  la  cabale,  parut  disposé  à tourner  contre  l’autorité 
légitime  les  principes  coneervateurs  de  la  hiérarchie,  et  menaça  le 
monde  d’une  immense  révolution.  » Ancêtres  des  sociétés  sub- 
séquentes de  l’occultisme,  < les  Templiers , dont  l'histoire  eet  si 
mal  connue,  furent  ces  conspirateurs  terribles^.  » 

Or,  ces  hommes  de  l'occultisme  auxquels  Ëliphas  reconnaît  le 
mérite  d’avoir  possédé  les  mystères  de  la  cabale,  mais  qui  se  don- 
nèrent le  tort  impardonnable  de  vouloir  absorber  dans  une  aris- 
tocratie exclusive  la  rétolution  immense  dont  ils  menaçaient  le 
monde,  ces  conspirateurs  à la  fois  blâmés  et  honorés  disparurent 
dans  une  tempête.  Mais  l’empire  des  ténèbres  n’a  que  de  courts 
interrègnes;  et  bientôt,  dans  l'épaisseur  de  l’ombre,  il  leur  naquit 

< « Les  Juifs  sont  tous  regardés  comme  docteurs  de  la  loi,  cliei  les  Illu- 
minés. » Figuier,  Hist.  du  merveilleux,  vol.  IV,  p.  162,  livre  anticaUio- 
lique;  1860. 

* Cathoiic'isme  de  saint  Jean,  mot  de  passe  qui  désigne  le  catholicisme 
de  la  révolte  et  de  la  magie. 

' Ëliphas  Lévi,  Hist.  de  la  magie,  p.  271;  Paria,  i860. 


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LES  JUIFS. 


des  successeiirs.  Ce  sont  leurs  adeptes  eux-mémes  qui,  de  mille 
côtés  à la  fois,  aux  époques  éphémères  de  leur  triomphe,  jetèrent 
au  vent  ces  révélations.  Celui  d’entre  eux  que  nous  écoutons 
de  préférence,  le  pseudonyme  Éliphas,  est  l’un  des  moins  équi- 
voques et  des  plus  savants  : continuons  de  prêter  l’oreille  à son 
langage,  et  sans  oublier  que  les  artisans  de  tous  les  désordres 
antichrétiens  ou  antisociaux  qui  agitent  le  monde,  sous  le  couvert 
des  sociétés  occultes,  se  rattachent  par  le  lien  secret  et  judaïque 
de  la  cabale  à l’immense  et  universelle  association  que  désigne 
le  nom  récent  de  franc-maçonnerie*. 

« La  doctrine  cabalistique,  nous  affirree  donc  l’adepte  Éliphas 
qui  la  professe  avec  éclat,  est  le  dogme  de  la  haute  magie,  » et 
la  philosophie  occulte  de  la  magie,  « voilée  sout  le  nom  de  cabale, 
est  indiquée  par  tous  les  hiéroglyphes  sacrés  des  anciens  sanc- 
tuaires et  des  rites  encore  si  peu  connus  de  la  maçonnerie  ancienne 
et  moderne*.  » Mais  vers  quel  but  cette  association,  qui  donne  à 
son  visage  de  si  philanthropiques  attraits,  et  dont  il  faut  chercher 
le  principe  de  vie  dans  les  dogmes  mêmes  de  la  cabale , pousse- 
t-elle  le  monde  chrétien?  Écoutons,  et  nous  saurons  nous  répondre 
à nous-mêmes,  lorsque  nous  aurons  entendu  de  sa  bouche  les 
aveux  les  plus  positifs  : 

« La  grande  association  cabalistique  connue  en  Europe  sous  le 
nom  de  maçonnerie  apparaît  tout  à coup  dans  le  monde  au  moment 
où  la  protestation  contre  l’Église^,  vient  de  démembrer  l’unité  chré- 
tienne. » Or,  les  maçons  ont  « les  Templiers  pour  modèles,  les 
Rose-croix  pour  pères,  et  les  Johannites  pour  ancêtres^.  Leur 
dogme  est  celui  de  Zoroastre®  et  d’Hermès,  leur  règle  est  l’initia- 
tion progressive,  leur  principe,  l'égalité,  réglée  par  la  hiérarchie 

' La  haute  Maçonnerie!  — Lire  surtout  ic  livre  savant  et  devenu  rare  du 
protestant  saxon  Eckert,  trad.  Gyr.  2 vol,  in-8®  , Liège,  1854. 

* Hist.  de  la  magie,  p.  23-24;  1860. 

’ Cette  protestation  est  le  proteslantisme,  qui  éclate  l’époque  si  bien 
dite  Renaissance,  en  tant  que  naissance  nouvelle  du  paganisme,  de  sa  ()hi- 
loaophie,  de  sa  littérature  exclusive  et  de  ses  arts;  les  arts  et  la  littérature 
ayant  été  christianisés  depuis  la  chute  de  l’idolâtrie. 

* Les  Johannislcs,  c’est-à-dire  ceux  qui  métamorphosent  l’apôtre  saint 
Jean  en  cabaliste,  clief  des  rose-croix,  des  francs-maçons,  etc.,  et  qui 
nous  apprennent  que  leur  but  secret  est  de  briser  la  tiare,  etc.,  etc. 

‘ Ce  nom  qualiticatif  si^mifie  astre-vivant,  et  relierait  la  cabale  C’aïnite  de 
Cham  au  sabéisme,  ce  qui  doit  être.  — Lire,  entre  autres.  Traité  de  la 
police,  vol.  I»',  p.  521,  in-folio;  Paris,  1705,  etc.,  etc. 

* Réserve  tacite  étant  faite  contre  l'égalité  en  faveur  des  chefs  de  Passo- 
ciation;  car  l’égalité  est  la  destruction  de  tout  ordre,  même  infernal;  voir 


CHAPITRE  APPENDICE.  539 

et  la  fraternité  universelle'.  Ce  sont  les  continuateurs  de  l’école 
d’Alexandrie , héritière  de  toutes  les  initiations  antiques.  Ils  tolè- 
rent toutes  les  croyances*  et  ne  professent  qu’une  seule  philoso- 
phie. Ils  n’enseignent  que  la  réalité,  et  veulent  amener  progres- 
sivement toutes  les  intelligences  à la  raison*,  » c’est-à-dire  au 
rationaliste  antisocial,  à la  raison  maçonnique,  contre  laquelle 
malheur  à qui  raisonne  I Déjà  plus  d’une  fois  on  l’a  vu;  mais  mieux 
encore  le  verra-t-on  plus  tard. 

Donc,  et  d’après  les  importantes  indiscrétions  de  nombreux 
ennemis  de  l’Église,  ces  Juifs  antiques  qu’Éliphas  appelle  nos  pères 
dans  la  science,  et  que  le  Christ  appelait  les  fils  du  démon  {vos  ex 
pâtre  diabolo) , c’est-à-dire  les  pères  de  l’église  démoniaque , ont 
pour  fils  les  élus  de  Juda  dans  lesquels  nous  devons  reconnaître 
les  philosophes , les  hauts  docteurs  et  les  chefs  mystérieux  de  « la 
grande  association  cabalistique  connue  en  Europe  sous  le  nom 
-de  maçonnerie,  » et  dont  le  but  est  la  ruine  de  l’Église  du  Christ 
et  de  la  civilisation  chrétienne.  Proudhon,  cet  ami  déclaré  du 
prince  de  la  cabale,  osa  nous  le  dire  en  termes  brutaux  ; d’autres 
nous  le  répètent  chaque  jour  en  termes  perfides  ou  adoucis. 

Donc,  ceux  qui  nout  affirment  que  le  conseil  universel  et  suprême, 
mais  secret,  de  la  maçonnerie,  composé  de  neuf  membres,  doit 
tenir  en  réserve  pour  les  représentants  de  la  nation  juive  un 
minimum  de  cinq  sièges,  parce  qu’ainsi  le  veut  la  constitution 
maçonnique,  nous  affirment  ce  que  les  simples  lois  du  bon  sens 
nous  ont  déclaré  devoir  êtrel  Mais  nous  avons  assez  dit  sur  la 
cabale  et  sur  ses  fruits,  sur  ses  œuvres,  ses  enfantements  et  ses 
projets  d'avenir.  Il  nous  suffit,  pour  le  moment,  d’avoir  effleuré 
ce  sujet,  auquel  nous  avons  dû  consacrer  ailleurs  un  autre 
chapitre. 

la  grande  note  sur  l’égalité  dans  notre  livre  Meeun  et  pratiques  desdéinnns- 
édit,  de  tS65,  p.  421. 

' Sans  rette  fraternité,  qui  fonde  les  théories  subversives  du  cosinopoli- 
tisine,  en  détruisant  le  principe  des  patries  parliculières,  le  triam|ilie  de 
l’association  israélile  universelle  serait  impossible,  et  le  règne  de  l'Ante- 
ehrist  sur  le  monde,  annoncé  furmellement  par  l’tiglise,  ne  pourrait  être 
préparé.  Les  unités  italienne,  germanique,  slave,  eic.,  en  un  mot,  les 
unités  partielles  fondées  sous  le  litre  généralement  faux  et  arbitraire  du 
principe  des  nationalités,  préparent  cMte  unité  générale,  et  par  conséquent 
doivent  Ut  ou  tard  fatalement  s'accomplir. 

> Celle  du  catholicisme  exceptée. 

* Elipbas  Lévi,  ibid..  Histoire  de  la  magie,  p.  399-400;  1860. 


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540 


LES  JUIFS. 


NOTES  FINALES  DE  LA  CABALE. 

NOTE  I.  — râYPTR  : LES  DEUX  AMES,  L'AME  ASTEALB. 

On  sait  quelle  immensité  de  pouvoir  et  d’inlluencc  les  Égyptiens  allri- 
buaient  h Isis  et  k Osiris,  etc.,  etc.,  c’esLà  dire  au  so/ei^,  é In  lune,  aux 
étoiles;  si  bien  que,  pour  concilier  celle  doctrine  avec  celle  du  franc  ar- 
bitre, Us  donnaient  A tout  homme  deux  ânes  : Pune  d’émanation  divine, 
et  l'autre  qui  descendait  des  astres.  La  première  jouissait  d’une  liberté  par- 
faite; mais  la  seconde  subissait  Pintluence  des  étoiles  et  des  intelligences 
supramondaines.  Lire  Jamblique,  Ve  mi/sL,  p.  162,  sect.  8.  — Lire,  en 
outre,  Cornélius  Agripiu;  (d.,  Eliphas  Lévi,  /tit.  de  la  magie,  sa  doctrine 
du  fluide  astral,  cl  voir  tout  ce  qui  concerne  les  diverses  physionomies  de 
l’erreur  des  deux  Ames,  dans  notre  livre  Médiateurs  et  mogms  de  la 
magie  f troisième  partie,  le  fantôme  humain  et  le  principe  vital. 

Le  philosophe  magicien  Jamblique  nous  assure  que  cette  opinion  régnait 
encore  de  son  temps  en  Égypte,  et  il  suffit  d’un  coup  d’œil  sur  les  pom- 
peux éloges  que  les  cabalislcs  juifs  prodiguent  aux  astres  cl  à la  lune  pour 
reconnatlrc  chez  eux  de  frappantes  similitudes  de  croyances  et  de  pratiques. 
Nous  avons  largement  cité  ces  auteurs  dans  notre  ouvrage  la  Magie  au 
dix^neuvième  siècle. 

Ces  mêmes  théologiens  de  PÉgypte,  loin  de  se  borner  i consulter  les 
dieux  sur  des  choses  de  néant,  les  inteiTogcaienl  sur  les  hautes  questions 
relatives  k notre  purification,  à la  séparation  des  corps  et  au  salut  de  l’Ame. 
Semblables  d’ailleurs  à nos  spirites,  ils  se  figuraient,  grâce  à quelques  pré- 
cautions niaises,  ne  pouvoir  être  entraînés  dans  l’erreur  par  les  démons  qui 
les  avaient  séduits.  Ils  prétendaient  remonter  |>ar  le  canal  des  esprits  jusqu’à 
1a  nature  divine.  II  y avait  simililiide  de  but , de  même  que  similitude 
d’origine,  entre  leur  cabale  et  cellé  que  nous  ont  transmise  les  fils  d’israèl 
dont  PÉgypte  fut  remplie  après  la  mort  du  Christ.  Aussi  Panliqne  renom 
des  cabalistes  de  VÊgypte.  et  de  la  Chaldée  passa-t-il  au  peuple  juif  depuis 
Pouverture  de  Père  chréticune. 


NOTE  IL  — Pourquoi  le  culte  des  arges  rApruié  jadis  par  l’cclise. 

Les  pages  où  nous  nous  sommes  entretenus  des  Génies,  des  Intelligences 
célestes,  ou  des  Anges  que  l’on  disait  présider  aux  astres,  et  par  les  astres 
aux  choses  de  ce  monde,  nous  pcnuettent  de  juger  si  ce  fut  sagesse  à 
l’Église  de  réprimer  le  culte  des  Anges,  en  attendant  une  époque  où  la  cabale 
sabéiste  eût  perdu  de  son  empire. 

La  science  bâtarde  et  perfide  décorée  du  nom  d’astrologie,  où  l'observa- 
tion du  ciel  se  mêle  au  culte  des  Anges,  est  d'une  date  tellement  ancienne 
dans  le  monde  que  l’histoire  ne  saurait  l'atteindre.  Mais  nous  ne  pouvons 
ignorer  que  les  premiers  sabéistes  connus,  adorateurs  des  flambeaux  céles- 
tes, admirent  dès  le  ptincipe  le  fait  d’une  influence  qu’exerçaient  sur  leurs 
destinées  les  esprits  recteurs  des  astres.  Et  ces  esprils  qui  les  séduisirent 


CHAPITRE  APPENDICE. 


541 


étaient,  diaprés  les  paroles  de  PApdtre  des  Gentils,  les  anges  de  malice 
princes  et  puissances  de  ce  monde/  insidiateurs  implacables  répandus  au 
milieu  de  Pair  et  des  corps  célestes.  (Saint  Paul,  Ephes.,  c.  vi,  v.  12.) 

Naviguant  avec  une  vélocité  d'éclair  dans  l’immensité  des  espaces,  les 
Anges  de  Dieu  sont  les  pilotes  de  ces  puissants  et  lumineux  navires  qui 
peuplent  et  sillonnent  le  firmament.  Ainsi  l’enseignèrent  les  docteurs  de 
l’Église,  ainsi  le  crurent  les  hommes  du  catholicisme  antérieurs  à la  venue 
du  Christ;  et  le  Seigneur  s’adressant  à Job  lui  disait  : « Où  étiez-vous 
lorsque  les  astres  du  matin  me  louaient  tous  ensemble,  et  que  tous  les  en- 
fants de  Dieu  étaient  transportés  de  joie?  « (xxxviii,  7.) 

Les  Anges,  les  enfants  de  Dieu,  \oilà  donc  quels  étaient  les  conducteurs 
des  astres;  >érité  tellement  tournée  contre  le  Seigneur  par  les  Esprits  pré- 
cipités du  haut  de  leurs  trénes  dans  les  régions  de  l’air,  que  tout  ce  qu’il  y 
eut  de  peuples  idolâtres  autour  de  la  Judée  se  prosterna  devant  ces  lumières 
du  firmament,  les  honora,  les  adora,  versa  le  sang  humain  sur  leurs  autels; 
que  presque  tout  ce  qu’il  y eut  d’infidèles  sur  la  terre  embrassa  les  super- 
stitions détestables  de  ces  Asiatiques;  enfin,  que  la  voix  des  hommes  de 
Dieu  ne  cessa  de  tonner  au  milieu  même  d’Israël  contre  les  adorateurs  des 
Esprits  des  astres,  et  de  briser  leurs  autels. 

C’est  ainsi  que  le  roi  Josias  extermine  « les  augures  qui  avaient  été  éta- 
blie pour  les  rois  d’Israël,  et  ceux  qui  offraient  de  l’encens  à Raal,  au 
soleil,  à la  lune,  aux  douze  signes,  et  à toutes  les  étoiles  du  ciel.  C’est  ainsi 
qu’il  souille  et  profane  le  lieu  de  Tophet,  à la  porte  de  Jérusalem,  afin  que 
nul  n’y  sacrifie  son  fils  ou  sa  tille  au  soleil  (à  Molocli) . C’est  ainsi  qu’il  en- 
lève les  chevaux  donnés  au  soleil  par  les  rois  de  Juda,  chevaux  qui  sont  à 
l’entrée  du  temple  du  Seigneur;  c’est  ainsi  qu’il  brûle  les  chariots  du  soleil..* 
qu’il  souille  et  profane  les  hauts  lieux  bâtis  par  le  roi  Salomon  à la  déesse 
des  Sidoniens  Astarotb  et  à Melchom , » c’est-à-dire  au  soleil  et  à la 
lune...  » 

Lors  donc  que  nous  voyons  le  peuple  élu,  ses  princes  et  ses  sages  en 
tète,  succomber  Aù-mème  devant  les  actes,  devant  les  prodiges  opérés  jwr 
les  Esprits  qui  se  disent  les  recteurs  des  asttes  et  les  souverains  du  ciel; 
lorsque  nous  voyons  les  hommes  que  le  Seigneur  lui-même  avait  éclairés , 
ceux  qu’il  avait  instruits  de  sa  bouche  et  quotidiennement  nourris  de 
miracles  tourner,  à l’instigation  de  ces  Esprits,  leur  liberté  contre  sa 
lumière,  succomber  quelquefois  avant  la  foule,  et  l’entraîner  dans  sa  chute; 
lorsque  le  prodige  de  la  science  et  de  la  sagesse  humaine,  Salomon,  se 
laisse  à la  fois  prendre  par  le  cœur,  violenter  par  les  sens  et  aveugler  par  ses 
passions  curieuses;  lorsqu’il  nous  donne  l’exemple  public  de  la  défaillance 
intellectuelle  et  morale  la  plus  incomparable  et  la  plus  honteuse  que  l’his- 
toire de  l’humanité  nous  signale,  doutons-nous  que  le  troupeau  des  sim|iles 
fidèles  puisse  être  séduit?  Pensons-nous  que  l’Église  ait  été  sage  de  poser 
une  étroite  limite  au  culte  si  consolant  d’ailleurs  des  bons  Anges,  nous  qui 
voyons,  au  sein  des  classes  éclairées  de  nos  capitales  modernes,  les  rava- 
ges incroyables  du  spiritisme;  nous  à qui  des  hommes  de  science,  séduits 

• IV  liais,  chap.  xxiii,  5,10,  11,  13,  cic.; — Jérémie,  vu,  3l,  eic.  ; xxxn,  35. 
Méu)c  dêfcute  contre  ces  supcrsiiiions  revêtues  d’une  aitire  forme  d.iiis  les  Cupilu- 
laires  de  Charlemagne,  ce  que  nous  rappelons  ailleurs. 

* Lire  ÏExode,  et,  ù ce  propo.s,  le  bel  ouvrage  «le  M.  Tliomassy,  conseiller  ho- 
noraire ù la  Cour  Impériale  : Pensées  sur  la  reliyion;  1865,  Ploti.  ^ 


Sit 


LES  JUIFS. 


par  de  vains  prestiges  et  asseï  roalheuieux  pour  faire  éeole,  proposent  cha- 
que jooT i'tn/aillibles  moyens  de  discerner  les  bons  Esprits  des  mauvais! — 
Oui,  certes,  si  l’Eglise  dans  sa  hante  sagesse  n’y  eOt  mis  obstacle,  les  tra- 
ditions du  sabéisme  ou  de  la  cabale  cJialdéenne,  c’est-à-dire  les  traditions  du 
catholicisme  démoniaque  primordial  (DU  gmtium  damonia,  Ps.  v,  95), 
source  de  l’astrologie  judiciaire  et  de  la  magie  théurgique,  n’eussent  rendu  que 
trop  dangereux  le  culte  des  Anges  pour  les  premiers  chrétiens.  Car,  partout 
et  sans  cessa , ces  chrétiens  étaient  exposés  aux  malsaines  influences  de  la 
science  des  Juils,  dont  la  souterraine  activité,  lorsque  l’idolétrie  disparut, 
entretint  et  conserva  dans  le  monde  l’empire  des  arts  démoniaques  et  de  la 
magie. 

Infectés  des  principes  de  cette  fausse  et  orgueilleuse  science,  qui  du  sein 
des  mystères  immondes  du  polythéisme  primitif  s’étaient  inflitrés  dans  leurs 
traditions  perverties,  c’est-à-dire  dans  leur  cabale,  et  que  le  père  du  men- 
songe, <levenu  le  père  d’Israël  {los  ex  paire  diabolo.  Suprà),  faisait  croître 
et  prospérer  à l’ombre  du  toit  judaïque  et  de  la  Synagogue,  les  Juifs  savou- 
rèrent alors  un  double  bonheur.  Ce  fut  de  donner  large  carrière  à leur 
orgueil  en  répandant  autour  d’eux,  dans  tous  les  royaumes  du  monde  catho- 
lique, les  princi|>es  d’une  science  devant  laquelle  se  prosternaient  les  grands, 
et  qui  reconnaissait  Judapotsr  maître;  ce  fut,  en  même  temps,  de  satisfaire 
leur  sourde  et  implacable  haine  contre  le  christianisme,  en  portant  d’affreux 
ravages  au  sein  de  l’Église  par  la  diffusion  de  doctrines  et  de  pratiques  qui, 
tout  en  plaçant  le  chrétien  aux  pieds  du  Juif  son  maille,  mêlaient  odieu- 
sement, dans  le  cœur  de  celui  que  le  baptême  avait  régénéré,  le  culte  du 
Christ  au  culte  des  esprits  de  révolte,  d'homicide  et  d’impudicité! 

Ainsi,  sous  le  couvert  d'une  épaisse  ignorance,  et  sous  l’empire  invétéré 
des  liabiludes  payennes,  la  sorcellerie  se  conservait  un  asile  dans  les  cam- 
pagnes et  dans  les  hameaux  écartés  où  l’idolêlrie,  trouvant  sa  dernière 
retraite  aux  pieds  du  chêne  dieu  et  de  la  pierre  animée,  ëp'j'vxo;,  qui  re- 
présentait les  dieuxastres  lumière  et  nature  ',  se  propageait  à l’aide  del’ini- 
tiateur  empirique  et  grossier,  dont  le  colporteur  juif  retrempait  sans  cesse 
le  zèle.  Partout,  en  un  mot,  le  Juif  jetait  en  se  jouant,  les  appAts  d’une 
science  qui,  sous  la  perfide  et  chatoyante  multiplicité  de  ses  aspects,  flattait 
à la  fois  l’orgueil  et  la  curiosité,  irritait  les  appétits  cupides  et  les  appétits 
sensnels , et  tendait  une  irrésistible  amorce  aux  aspirations  déréglées  de 
l’homme  d’ambition  et  de  l’homme  de  science  ou  de  plaisir. 

Ce  n’est  donc  point  sans  raison  qu’il  se  répétait  de  toute  antiquité,  que, 
partout  où  le  Juif  posait  le  pied,  la  magie  prenait  racine  et  sortait  de  terre. 
L’avocat  juif  Bédarride  reconnait  lui-même  ce  fait  historique,  et  l’exprime 
en  ces  termes  : • L’empereur  Adrien  disait  qu’il  n’avait  pas  vu  en  Égypte 
un  seul  Juif  qui  ne  fût  mathématicien.  > C’est  de  ce  nom,  nul  écolier  ne 
l’ignore,  que  Rome  impériale  qualifiait  les  suppOts  de  la  magie  ; et  l’un  des 
plus  vastes  et  incandescents  foyers  de  la  cabale  tliéurgii|ue  et  de  la  cor- 
ruption à cette  époque,  l’Égypte,  était  une  fourmilière  de  Juifs.  M.  Bédar- 
ride ajoute,  ce  qui  d’ailleurs  allait  sans  dire,  qu’ils  « s’élaient  perpétués 
en  Occident  dans  cette  réputation  ’ I • 

’ Lanus-Lunn,  Ditruus-Diana,  elc.  Lire  noue  livre  Dieu  et  les  dieux,  Paris,  18A4 
(momeatanémenl  épuisé), 

p.  464.  — Bautagef  i.  IV,  p.  1:212. 


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CHAPITRE  APPENDICE. 


543 


Les  doctrines  éparses  dans  la  code  religieux  des  Juifs,  où  foisonaent  les 
variantes  et  le*  contradictions  ^ nous  apprennent  aussi  que  « toutes  les 
étoiles  et  toutes  les  sphères  célestes  sont  des  êtres  animés,  qui  sont  doués 
d'intelligence  et  de  raiscMi.  Comme  elles  reconnaissent  celui  qui  est  sout^ 
rainement  béni,  elles  se  reconnaissaient  elles^psémes,  et  reconnaissaient 
les  Anges  qui  sont  au-dessus  d'elles.  Leur  science  est  inférieure  à celle  des 
Anges,  et  supérieure  à celle  des  hommes.  Maïtuoniües,  dans  ie  Jdoré 
Nebuchim,  démontre  que  les  étoiles  sont  animées.  » 

D'après  quelques  rabbins,  il  y a des  aug^  mortels  et  des  anges  immortels. 
Lorsque  ces  esprits  se  montrent,  ils  ont  besoin  d'une  forme,  et,  s’ils  restent 
trop  longtemps  dans  cette  forme,  ils  se  matérialisent.  C’est  ce  qui  est  arrÎTé 
à Asai  et  à Azaël.  Aux  bons  anges  sont  opposés  les  mauvais,  qui  sont  cepen- 
dant en  partie  les  organes  nécessaires  de  l’action  divine;  et  la  cabale 
admet  assez  généralement  que,  parmi  les  démons,  les  uns  sont  créés  de 
Dieu,  tandis  que  les  autres  proviennent  des  bons  anges  qui  se  sont  propagés 
entre  eux,  ou  pollués  avec  le.s  hommes!  (Cf.  Zend  Àvesta.) 

A titre  d’exemple  de  la  vigueur  avec  laquelle  l’Église  attaquait  ces  vagues 
et  fausses  doctrines,  relatives  à la  nature  des  esprits  célestes  et  à leur 
action  sur  les  astres  et  sur  les  habitants  de  la  terre,  nous  citerons  quelques 
paroles  du  concile  provincial  de  Bordeaux  en  lâ83  : 

n Ceux-là  commettront  un  crime  exécrable  et  sont  excommuniés,  qui, 
par  l’inspection  des  astres,  à la  façon  des  Chaldéens,  et  par  l’usage  sacri- 
lège de  l’astrologie  judiciaire,  étouffant  la  liberté  de  L’bomme  et  la  provi- 
dence de  Dipu,  etc.,  etc.  » Concile,  Ut.  7. 


NOTIC  ni.  — La  clff  de  Salomon  et  le  ibv  cabvlistiqcf  nt  tahot. 

N’oinettons  point  de  rappeler,  à propos  de  la  cabale,  que  Martin  d’Arles, 
dans  son  traité  De  superstitione,  et  Deirio,  mentionnent  nn  livre  de  magie 
dont  les  Juifs  et  les  Arabes  faisaient  le  plus  grand  usage  en  Lspagne 
n pour  commettre  les  plus  détestables  actions.  « Or,  ce  livre  qui  se 
formait  de  sept  parties  distinctes,  passait  de  père  en  fils,  et  se  conservait  à 
titre  de  précieux  héritage.  — On  pense  qu’il  descendait  en  droite  ligne 
d’un  célèbre  rituel  hébraique  cabalistique  ayant  pour  titre  : la  Clef  de 
Salomon,  Clavicula  Salomonis.  Les  Juifs  ne  craignaient  point  d’attribuer 
au  roi  Salomon’  lul-mème  ce  livre  (dont  nous  eûmes  entre  les  mains 
une  copie).  Peut-être,  en  nous  rappelant  la  honteuse  idolâtrie  de  ce  sou- 
verain, tombé  des  faites  de  la  sagesse  dans  no  abîme  de  ténèbres,  ne  tiou- 
veronS’Uous  rien  d’improbable  à ce  qu’il  ait  tracé  de  sa  main  ce  code  impur 
de  ta  magie.  Et,  que  d'autres  cabalistes  Paient  ou  non  remanié,  toujours 
est-il  que  s’y  déroulent  les  moyens  orculles  employés  alors  par  les  Juifs 
pour  arriver  à leurs  fins  suprêmes  : les  honneurs,  les  vengeances,  les 
richesses,  une  vie  facile,  sensuelle  et  voluptueuse 

Que  si  jamais  nous  doutions  à quel  point  la  magie,  issue  de  la  cabale,  et 
dont  les  Juifs  pharisiens  et  talmudistcs  furent  depuis  le  Christ  les  docteurs 
et  les  grands  maîtres,  est  une  science  impie,  il  noos  suffirait,  à propos  du 

’ Bariolocci,  Bibliolheca  htbra\ca,  t.  I,  p.  703. 


544 


LES  JUIFS. 


livre  qoi  porte  le  nom  de  Salomon,  de  prêter  un  Instant  Poreille  an  mage 
ÉHphas  pour  chasser  tout  nuage  de  nos  esprits,  u Nous  avons  dit  comment 
le  nom  de  Jehova  (Dieu)  se  décompose  en  soixante-douze  noms  explicatifs 
qu'on  appelle-  ScUemhamphoras.  L'art  d'employer  ces  soixante-douze  noms , 
et  d'y  trouver  les  clefs  de  la  science  universelle , est  ce  que  les  kabballites 
ont  nommé  les  Clavicules  de  Salomon.  En  etfet,  à la  suite  des  recueils 
d.*évocations  et  de  prières  qui  portent  ce  titre,  on  trouve  ordinairement 
60ixante*douze  cercles  magiques  formant  trente-six  talismans.  Ces  talis- 
mans portent  chacun  soixante-douze  noms , avec  le  signe  emblématique  de 
leur  nombre  et  de  celle  des  quatre  lettres  du  nom  de  Jéhova  à laquelle 
ils  correspondent.  C'est  ce  qui  a donné  lieu  aux  quatre  décades  du  tarot,  w 

« A l'aide  de  ces  signes,  et  au  moyen  de  leurs  combinaisons,  inflnies 
comme  celles  des  noms  et  des  lettres,  on  peut  arriver  à ta  révélation  natu- 
relle et  mathématique  de  tons  les  secrets  de  la  nature,  et  entrer  par  con- 
séquent en  communication  avec  la  hiérarchie  entière  des  intelligences  et 
des  génies.  » (ÉHphas  Lévi,  Histoire  de  la  magie,  p.  109-110,  1860.) 

Les  instructioDS  de  ce  grimoire,  appelé  rituel , se  rattachent  évidemment 
aux  doctrines  de  la  secte  des  pharisiens,  où  régnait  la  foi  cabalistique  à 
l'influence  des  astres.  Aussi  imposaient-ils  à chacun  des  noms  hébraïques 
qui  répondaient  aux  différents  noms  attribués  4 Dieu  par  les  prophètes.  Kt 
que  nos  regards  s'arrêtent  sur  la  magie  savante  ou  sur  la  magie  grossière- 
ment sensuelle  et  sahl)atique,  nous  en  vo>ons  les  doctrines  et  les  pratiques 
tirer  sinon  leur  origine,  du  moins  « leur  perlectionnement,  de  la  Syna- 
gogue. » {VÉglise  et  la  Synagogue,  p.  325.) 

La  cabale,  cette  science  des  sciences,  cette  religion  des  religions,  ainsi  que 
la  définit  ÉHphas  {Dogme  et  rit.,  p.  2^4,  t.  1,  1H54.)  est  la  science  du  mage , 
disons-iuême  du  sorcier,  du  diseur  de  bonne  aventure.  Et  le  tarot,  ce  jeu 
de  cartes  oraculaires  que  maniaient  si  dextrement  le.s  doigt.s  agiles  de  la 
bohémienne,  en  contient  le  langage  révélateur.  Mais  gardez-vous  de  rire 
des  merveilles  que  la  cabale  nous  révèle  sur  ce  trésor  scientifique  à forme 
bizarre , et  qui  ne  s'offre  guère  à nos  yeux  que  sous  la  crasse  du  bohémien  -, 
car  ce  jeu  de  caites  cabalistcs,  ce  livre  qui  lui  sert  À consulter  le  sort,  ce 
n’est  rien  moins  que  « le  résumé  monumental  de  toutes  les  révélations  de 
l'ancien  monde,  la  clef  des  hiéroglyphes  égyptiens,  les  clavicules  de  Salomon, 
les  écritures  primitives  d'Hénoch  et  d'Hermès.  Celte  clef  des  initiations, 
( les  bohémiens)  la  devaient  sans  doute  à l'infidélité  ou  à l'imprud«  nce  de 
quelque  cabalistc  juif.  Les  boUémiens  sont  originaires  de  l'Inde,  et  le  tarot 
est  venu  d’Égypte  en  passant  par  la  Judée.  Ses  clefs  se  rapportent  aux 
lettres  de  l'aipliabet  hébraïque,  et  quelques-unes  de  ses  flgures  repro- 
duisent même  la  forme  des  caractères  de  cet  alpliabet  sacré.  » 

Mais  qu'étaient  donc  ces  bohémiens  si  peu  connus  du  vulgaire.^  •<  C'était 
une  secte  de  gnostiquea  indiens,  » c'est-à-dire  de  cabalistcs  « que  leur 
communisme  exilait  de  toute  la  terre*  ; » car  le  dernier  mot  de  la  cabale 
et  des  initiations  occultes  dont  elle  e.st  i’ftme,  c’est,  en  toutes  choses,  le  plus 
radical  et  le  plus  immonde  des  communismes.  Le  sabbat  n’en  a pas  de 
plus  complet,  et  l'histoire  nous  apprend  quejes  grandes  hérésies  qui  eurent 
les  gnostiques  en  tète  le  pratiquèrent. 

* Éliphai  Lévi.  Nout  loi  laissoat  la  pleine  reipontaliililé  de  tes  asseriioot  lorsque 
nous  ne  les  discutons  point.  Hiit.  de  la  Magie,  p.  322-327,  1860.  — Voir  ei-des- 
su»,  Bohémiens,  chap.  X,  divis.  v. 


CHAPITRE  APPENDICE. 


545 


NOTE  TRÈS-IMPORTANTE.  IV.  — Origine  cainite  of  ghahite 

DE  LA  CADALE. 

L»  GnAse,  cette  doctrine  cib.'tliâUqiie  de.s  plus  inconcevables  abomi- 
nations, a pour  père  Simon  le  mage',  que  les  Samaritains  appelaient  du 
temp.s  même  des  apôtres  « la  grande  vertu  de  Dieu  ».  {Actes  des  Apôtres 
VIII,  10.)  « Disciple  de  la  cabale,  Simon  était  héritier  de  la  doctrine 
des  sabéistcs,  adorateurs  des  esprits  et  des  dieux  astres  et  serpents.  Les 
premiers  dépositaires  postdiluviens  de  la  cabale  furent  les  fils  de  Cham  et 
l’opinion  des  savants  est  qu'ils  tenaient  leurs  traditions  cabalistiques  des 
descendants  de  Caïn.  Nous  avons  écrit  quelques  pa^es  sur  ce  sujet  mais 
nous  nous  bornerons,  pour  le  moment,  è citer  un  simple  passage  de 
M.  l'abbé  Chesnel,  après  avoir  rappelé  ces  deux  faits  : que,  parmi  les 
principales  sectes  de  gnostiques , la  GiiAse  compte  les  cainites  et  les  ophites 
c’est-à-dire  les  hérétiques  qui  tinrent  à honneur  de  porter  les  noms  du 
serpent  et  de  Caïn;  — et  que  Simon  le  mage  Jugea  devoir  donner  « à la 
giiAse  un  fond  scientifique  et  philosophique’.  » 

La  GnOse,  disons-nous,  ne  fut  que  l’ono  des  formes  mobiles  du  sabéi.sme 
ou  de  l'idolàltie  primitive,  dont  les  mystères  descendaient  de  la  tradition 
reçue  des  fils  de  Caïn,  c’est-à-dire  de  la  cabale  caïnique,  professée  dans  la 
Chaldée,  son  siège  primitif,  oh  nous  en  retrouvons  aujourd’hui  même  des 
traces  remarquables.  (Voir  ci-dessous.)  Cette  riclie  et  magnifique  contrée 
était  gouverné  dans  l’origine  par  des  princes  issus  de  Cham,  et  leur  science 
traditionnelle,  c’est-à-dire  cabalistique,  semble  avoir  été  celle  du  premier 
des  homicides  et  du  premier  des  maudits. 

Lorsque  Satan  séduisit  les  premiers  liommes  par  celte  Oalleuse  promesse  : 
• Vous  .serra  des  dieux,  il  jetait,  a dit  un  Père  de  l'Église,  les  fondements 
de  l’idolàlrie.  Cette  leçon  ne  fut  pas  perdue  ; et  jamais  depuis  le  monde 
n’a  cessé  d’èire  divisé  en  deux  sociétés  ennemies  : celle  dont  Dieu  est  le 
chef,  et  celle  qui  reconnaît  Satan  pour  maître.  > La  première  se  compose 
« des  enfants  de  Caïn  avant  le  déluge,  et  des  Chamites  depuis,  » c’est-à-dire 
des  enfants  de  Cham , que  de  nombreux  savants  regardent  comme  les 
affiliés  des  enfants  de  Caïn’.  Lorsque  ■ les  raers  se  confondirent,  d'autres 
noms  ont  représenté , et  d’autres  peuples  ont  perpétué  cetle  tradition  cou- 
pable »,  en  d’autres  termes  cette  cabale  maudite,  » de  sorte  que  le  culte  do 
mal  n’a  pas  cessé  un  instant  d’avoir  des  » adorateurs’  > La  chaîne  caba- 
listique, ou  traditionnelle , du  catholicisme  démoniaque  est,  et  devait 
être  en  effet,  de  même  que  celle  du  catholicisme  divin,  sans  solution 
de  continuité. 

• Chez  les  Chamiles.  on  aperçoit  déjà  tous  les  traits  généraux,  toutes 
les  formes,  toutes  les  branches  de  l’idolâtrie  telle  qu’elle  se  développa  plus 
tard  dans  la  gentiUté.  Ce  sont  le  sabéisme,  et  le  colle  de  la  nature 
terrestre.  C’est  le  mal  moral,  divinisé  par  la  liturgie  et  la  mythologie;  c’est 

’ Saint  Épiphane,  Htznsis primeeps , Simon  itle  magus  vxtitit , Gitthis  oriundus.,, 
jidv.  hares.  p.  35.  édit.  162i.  ia-f*.  Parit. 

* M.  Tabbé  Darras,  Hitt.  générale  de  tÉglisef  t.  VII,  p.  50-51 , 1866.  Paris. 

^ Voir  idrm  l'ouvrage  remarquable  et  raVa/»i(uAi// ; Traité  delà  police,  Delà- 
marre.  Paris.  1703  à 1738^  4 vol.  in  f*;  c.  1«%  p.  320,  etc.  Noua  avons  touché 
cette  question  dans  un  de  nos  livres. 

35 


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546 


LIiS  JUIFS. 


la  séparation  presque  absolue  entre  ce  que  Ton  conserTe  des  débris  de  la 
loi  naturelle  et  la  religion,  qui  n^est  qu'un  système  de  fables  et  de  céré> 
monies;  c'est  la  cruauté  de  la  politique  inspirée  par  des  dogmes  mobiles 
dans  leurs  fotines,  niais  immuables  dans  leur  essence.  Telle  est  Tidolàtrie 
primitive  des  Ciiamites  »,  c'est-à-dire  des  disciples  et  des  fils  de  Ciiam, 
dont  la  docirine  héréditaire,  qui  fut  tôt  ou  tard  appelée  cabale,  est  celle 
que  les  Juifs  se  sont  partiellement  appropriée  sous  ce  nom. 

« Le  culte  du  mal  comme  mal,  sous  le  symbole  si  fréquemment  employé 
du  serpent  »,  qui,  dans  le  sabéisme,  se  confond  avec  les  astres,  la  lune  et 
le  soleil,  et  le  culte  de  l'organe  de  la  sainte  multiplication  des  hommes, 
devenu  l'organe  de  la  débauche , n voilà  qui  semble  caractériser  le  cha- 
niisme  »,  c'est-à-dire  les  religions  et  les  sociétés  issues  de  la  cabale,  ou 
de  la  tradition  enseignée  par  les  fils  de  CUam. 

Or,  devant  ce  fait,  une  observation  capitale,  et  que  j.'uiiais  nous  ne  rencon- 
trâmes ailleurs,  se  présente  à nou»;  la  voici  : Ces  deux  choses,  le  serpent, 
cause  de  la  malédiction  des  premiers  hommes  aprè^  la  création  du  monde, 
et  l'organe  qui,  faisant  de  la  personne  de  Noé  la  risée  de  son  inuigne  lils, 
devint  la  cause  de  la  malédiction  des  hommes  après  la  rénooation  du 
monde  par  le  déluge,  ces  deux  objets  de  chute,  disons-nous,  identifiés  aux 
dieux  sidéraux  ou  sabéistes,  ainsi  que  le  témoigne  l'histoire  des  pierres 
divines  nommées  bétyles,  deviennent  les  deux  objets  principaux  du  culte 
cabalistique  ou  démoniaque^  En  un  mot,,»  dans  tous  les  lieux,  et  à quelque 
degré  qu'on  les  rencontre,  ils  trahissent  l'influe'. ce  soit  directe  soit  indirecte 
de  cette  vieille  ctrift.ta/lon  satanique.  » {Ibid.,  Ab.  Cliesnel,  p.  U^.)  Ils 
sont,  depuis  l’origine  du  mal,  les  dieux  des  mystères  et  des  sabbats  ; ils 
sont  lej  Signes  sacrés  de  toutes  les  associations  religieuses  et  politiques 
de  roccuUisme;  ils  sont  l'alpha  et  Voméya,  le  premier  et  le  dernier  mot  de 
la  cabale;  ils  sont  et  seront  le  dieu,  le  Idason,  le  signe  de  ralliement  de  tous 
les  initiés  jM7)ër(enrs  du  Temple,  de  la  Kosc-croix,  de  U haute  maçonnerie^. 
Tout  naturellement  donc  les  Juifs,  grands  m.tllres  de  c«lte  cabale,  sont 
devenus  les  grands  maîtres,  les  princes  secrets  » de  toutes  les  associations 
maçonniques,  qui,  nous  dit  l’adepte  Kiiplias  Lévi,  lui  doivent  leurs  secreU 
et  leurs  symboles.  » {Dogmes  et  rites,  7.*  édition,  18C1,  vol.  I,  p.  9:i.) 

Que  si  la  cabale  eut  son  siège  primitif  en  Chaldée;  que  si,  dans  Babylooe 
sa  capitale,  la  tour  de  Babel  consacrée  à scs  dieux  le  serpent  et  le  soleil, 
se  dressa  sur  le  lieu  élevé.  ()ui  portait  le  nom  de  demeure  des  démons^ 
ces  faits  qui  nous 'rappellent  les  origines  de  la  cabale  prêteront  quelque 
intérêt  aux  associations  primordiales  et  cabalistiques  dont  la  Clialdée  fut 
le  berceau,  et  dont  nous  allons  voir  qu'elle  est  restée  l'un  des  centres! 

* Voir  aux  chap.  Serpent,  Drarontia,  Phallus,  Üéiylcs,  Beih-el,  etc.,  noue  livre 
Dieu  et  les  dieux,  1853-4,  paraissant  en  même  temps,  ainsi  que  le  moiiirmi  les 
comptes  rendus  de  réi>o(]ue,  que  le  livre  très-remarquable  de  M.  l'abbc  (ihcsnel, 
dont  nous  produisons  les  passages  qui  conlirmeni  notre  opinion  : Du  /Hi^nnùme, 
in-l'i,  p.  li'id  145,  123,  etc.,  etc.  Douuiol.— /d.  le  dociciir  Boudin,  Culte  du  ser- 
pent et  du  phat.,  1864,  brochure  de  88  pages;  et  autres  déjà  citées. 

* Decouverte  que  nous  croyons  avoir  faite  et  prouvée  ailleurs. 


_^gltû?ed  bÿ  GTüjglc 


CHAPITRE  APPENDICE. 


517 


* NOTE  V. 

ClIALDCC.tS,  ASTROLOCOE8  CABALISTKS  OU  SABÉI3TR8  ANCIEB8  ET  BODEIIXES  : 
ÉCOLES  PUBLIQUES  D'ASTROLOCIE  , NOSTUADAMDS,  PARACEJ.SE,  ETC. 

Nous  lisons  dans  Dollinger  : « L’aslirjlogie,  la  plus  tenace  des  inlirmitds 
de  l’esprit  humaio,  arait  acquis  une  grande  vogue  par  suite  du  cunlact  où 
la  conquête  d’Alexandre  mit  les  Clialdéeiis  avec  les  provinces  de  l’Occident. 
Ces  lioiniues  trouvèrent  un  appui  dans  la  pliilosophie  stoïcienne,  qui  en 
partant  du  principe  dé  l’identité  suhstantielle  de  Dieu  et  de  la  nature,  en  était 
venue  à regarder  les  astres  cuinine  éminemment  divins,  et  plaçait  le 
gouvernement  divin  du  monde  dans  le  cours  immuable  des  globes  célestes. 
Le  ciel  avec  ses  étoiles,  et  surtout  .ses  planètes,  était  un  livre  où  les  iiiilié.- pou- 
vaient lire  avec  fidélité  les  destinées  desborames,  La  science  des Clialdéens  qui 
déebilfraient  ces  caractères  divins  était  d’autant  moins  mise  en  doute  qu’ils 
assuraient  les  avoir  étudiés  depuis  quatre  cent  soixante-treize  mille  ans.  Du 
lemjis  d’Alexandre,  les  mathématiciens,  les  génétbliaques,  les  astrologues 
des  écoles  cbaldéenne  et  alexandro- égyptienne  étaient  répandus  en  Asie, 
en  Grèce  et  en  Italie,  lls'cnseignaieot,  de  concert,  qu’une  vertu  secrète  des- 
cend sans  interruption  sur  la  terre;  qu’une  sympathie  intime  existe  entre  les 
planètes,  les  corps  célestes  et  la  terre;  avec  les  êtres  qui  y vivent,  f.es 
choses  humaines  dépendent  ubsotament  des  astres.  Les  planètes,  surtout 
président  aux  destinées  de  l’homme  et  evcrccut  sur  sa  nai.ssance,  sa  vie  et 
sa  mort,  une  action  décisive.  Les  unes,  Jupiter  et  Vénus,  sont  bien- 
faisantes, etc.  Leurs  propriétés  se  lein|(èrent,  se  modifient  par  suite  de 
leurs  positions  et  de  leurs  aspects  divers.  De  là  ce  mélange  de  bien  et  de 
mal  qu’ils  répandent  sur  la  terre,  cl  la  faculté  qu’a  riiomme  d'augmenter 
le  bien  et  de  détourner  le  mal  par  la  prière  et  les  cérémonies  religieuses 
(disons  magiques.)  » 

A Les  planètes  ayant  dans  leurs  demeures  respectives  un  pouvoir  qu'elles 
n’ont  pas  ailleurs,  on  peut  agir  sur  elles  par  la  prière,  les  vœux,  le  culte 
religieux  (ou  plutét  magique).  De  là  les  prières  astrologiques  composées  et 
usitées  en  faveur  de  certains  empereurs,  d’Antonin  par  exemple.  •> 

Auguste,  qui  défendit  aux  mathématiciens,  c’est-à-dire  aux  Clialdéens 
de  parler  de  vie  et  de  luml,  les  consultait...  Tibère  et  Othon  avaient  leurs 
astrologues  particuliers.  Ces  devins  cabalistes  pullulaient  dans  la  capitale 
de  l’empire  « en  dépit  des  bannissements.  C’est  surtout  sous  Domitien 
que  leur  inllnence  devint  désastreuse.  Leurs  artifices  stimulèrent  la  cruauté 

du  tyran , et  lui  indiquèrent  les  victimes  et  les  moyens  de  les  frapper 

Il  fit  tirer  l’horoscope  d’un  grand  nombre  d’hommes  distingués,  et  les  livrait 
au  supplice  quand  l’astrologue  prétendait  qu’ils  étaient  destinés  à de 
grandes  choses.  Enfin  Alexandre  Sévère  rapporta  les  décrets  des  âges  passés 
et  leur  permit  d’ouurtr  des  écoles  à Rome  même.  » (Dolliogcr,  Paganisme 
et  Judaïsme,  p.  à 289;  3 vol.  in-s,  Paris,  1858,  trad.  S.  de  P.) 

Et  ces  écoles  cabalistiques  se  perpétuèrent  au  sein  des  sociétés  chré- 
tiennes, où  A la  cabale,  mère  des  sciences  occultes  »,  ainsi  que  nous  le  dit 
l’adepte  Ragon  {tuprà),  était  a cultivée  par  les  Juifs  avec  une  ardeur  sans 
pareille,  et  effaçait  presque  à elle  seule  toutes  les  autres  sociétés  secrètes  • 
(Lecanu,  suprà),  ayant  pour  a dépositaires  les  plus  Jidèles  les  Juifs,  qui 
ont  été  presque  toujours  en  magie  les  grands  maîtres  du  moyen  âge  ! a 
(Éliplias  Lévy,'suprà,  ibid.) 

36. 


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LES  JUIFS. 


üi8 

H Gaerres  rcligtens^s , giiern-s  civiles,  unilé  catholique  Tiolcroment 
brisée,  famine,  peste,  et,  au  milieu  de  la  misère  et  de  ^anarchie  de  presque 
tous  les  États  européens,  une  tendance  générale  des  esprits  vers  Tétude  de 
l’astrologie  : voilà  une  des  faces  du  seizième  siècle!  Je  dis  « étude  de  Pastro* 
logie  »,  car  on  regardait  en  effet  cet  art  cabalistique  « comme  une  science, 
et  on  renseignait  publiquement  avec  le  concours  de  raw^orifr*  civile. 
Ainsi  Cracovie,  ancienne  capitale  de  la  Pologne,  possédait  écoles  de 
ntagie  renommées  dans  toute  PAlIemagne.  Les  étudiants  y affluaient  de 
toutes  parts  pour  assister  aux  leçons  des  professeurs,  qui  leur  expliquaient 
les  figures  et  les  caractères  astronomiques  des  Arabes,  des  Grecs,  des 
Perses  et  des  Chaldéens^.  » 

Peu  de  Cours,  à cette  époque  de  recrudescence  cabalistique,  et,  par 
conséquent,  de  révolutions  religieuses  et  sociales,  et  peu  de  personnages 
se  passaient  de  leur  astrologue.  Ces  charlatans,  ou,  {>our  nous  exprimer 
avec  plus  de  justesse,  ces  sectaires,  foisonnaient  en  France  à l’époque  de  la 
Renaissance;  et,  lorsque  nous  visitâmes  le  château  si  piltoret^quc  de  Che- 
nonceaux,  on  nous  fit  observer  une  chambre  qui  lie  le  suiivcuir  de  Cathe- 
rine de  Médicis  à ces  sacrilèges  pratiques  Les  dames  <le  sa  cour  appelaient 
ces  cahalistes,  c’est-à-dire  ces  Juifs  ou  ces  élèves  des  Juifs,  leurs  Barons, 
dénomination  remarquable!  car  ce  mot,  qui  n’était  point  alors  devenu 
comme  depuis  un  vain  litre,  ne  désignait  guère  encore  que  l’antique  et 
haute  noblefse,  la  noblesse  de  race  et  primordiale  du  ro>aume,  ainsi  que 
nous  le  lisons  dans  du  Gange.  (Article  Barones.) 

Transcrivons  à ce  propos  un  passage  de  Delrio,  trop  intéressant  pour 
l’omettre  : llactenus  patres,  quorum  aderipsi  verba,  quoniam,  lict't  primo 
loco,  (t  juxta  contextiis  seriem,  Aposloliis  loqueretur  de  superstitioso 
dienim,  mensium  et  annorum  cuitu  Judeorum,  quos  Gaiafæ  Jiidaizantes 
haud  dnbiè  imitabanlur,  iitpotè  cum  Græcis  Divus  Hieionymus  et  Pri- 
masius  arbitrati,  fleri  tamen  potest,  ut  aliquid  etiam  paganismi  simul 
irrepserit,  ut  vidi  in  Francia,  ternpore  Catharinæ  Mcdiceæ,  qiiaodo  inter 
aulicas  matrones  adeo  liæc  vigebant , uinihil  inconsuttis  astrologis,  quos 
Barones  .vuos  nuncupabant,  conari  aiiderint,  etc.  Disquis.  mag.  (L.  III, 
p.  2,  sect.  VI.) 

Il  importe  de  signaler  le  célèbre  Nostradamus  entre  ces  astrologues,  ou, 
si  nous  parlons  le  langage  de  Rome  du  temps  des  empereurs,  entre  ces 
Chaldèens  ou  cesmathémaliciens.  On  leur  donnait  ce  dernier  nom  à cause 
de  l’usage  cabalistique  des  nombres,  et  de  l’observation  divinatoire  des 
astres,  auxquels  ces  divinateurs  se  livraient. 

Ce  cahaliste  insigne,  recherché  des  rois,  protégé  par  Catherine  de  Médi- 
cis, né  en  1503,  mort  en  1566,  d'origine  judaïque,  et  dont  les  ancêtres 
étaient  mathématiciens  et  médecins,  ainsi  qu’un  nombre  considérable  de 
Juifs  savants,  a écrit,  sous  le  titre  de  Cenfurtes,  des  prédictions  qui  traver- 
seotles  siècles  et  dépassent  Vépoqut  actuelle.  M.  Anatole  le  Pelletier  nuus  en 
a donné  en  1867  (Paris,  chez  le  Pelletier,  rue  d’Aboukir,  40)  une  édition 
en  deux  volumes  tn-s^*,  d’après  les  textes  types  des  années  1558,  1566, 


• Ooctrur  d'Etauvillei,  r.^n^e  Gfirrf/en,  t.  X,  p.  13;  Pari»,  1856.  Notice  hist. 
sur  M.  de  iVoflrci-Da'iiM»  par  U.  de  Maluu{>(ies.  — Oo  couçoii  le  bcsoio  qu'eut  unç 
telle  époque  de  la  leoue  d'un  concile  (xcuuenique! 


CHAPITRE  APPENDICE.  549 

1568 , et  nous  en  conseillons  la  lecture  aux.  rieurs , qui  répéteront  en  chœur, 
si  bon  leur  semble , ce  jeu  de  mots  si  connu  : 

Nostra  damus  cum  fal»a  damus,  nam  fallere  nostrum  esi, 

K(  cutn  falta  damus,  nil  nisi  nostra  damu$  (Nostradamus). 


Mais  les  amateurs  sérieux  rechercheront  ce  remarquable  ouvrage,  et  le 
placeront  dans  leur  bibliothèque.  Ils  y trouveront  la  clef  des  personnages 
désignés,  une  traduction  des  quatrains  en  regard  du  texte,  un  dictionnaire 
des  mots  vieillis  ou  inusités,  de  savantes  scolies,  des  notes  fort  curieuses, 
beaucoup  de  science  et  un  singulier  intérêt.  Les  prédictions  accomplies 
sont  quelquefois  saisissantes et  disons  mieux,  déconcertantes 

L'auteur,  que  nous  n'avions  i>oint  l’honneur  de  connaître,  eut  la  bonté, 
en  nous  offrant  son  ouvrage , de  nous  expliquer  un  certain  nombre  de  qua- 
trains, surtout  de  ceux  qui  regardent  l'avenir,  et  auxquels  il  serait  impru- 
dent de  donner  une  explication  publique.  Nous  admirâmes  son  obligeance, 
sa  modestie  et  sa  pénétration.  Ajoutons  à ces  louanges,  et  ])ouron  prouver 
la  sincérité,  que  nous  ne  saurions  partager  certaines  opinions  que  l'auteur 
admet  dans  un  autre  ouvrage  de  la  même  date,  et  dont  notre  livre  Des 
Médiateurs  et  Moyens  de  la  Magie  a combattu  quelquc.s-unes  par  antici- 
pation. 

Un  mot  du  cahaliste  Éliphas  résume,  dans  un  triste  éloge,  la  vertu  de  la 
cabale  et  la  puissance  des  astrologues  cabalistcs  : « Paracelse  a peut-être 
été  le  dernier  des  grands  astrologues  pratiques.  Il  guérissait  les  malades  par 
des  talismans  formés  sous  les  inlluences  astrales,  et  reconnaissait  sur  tous 
les  corps  la  marque  de  leur  étoile  dominante.  C’était  là,  selon  lui,  la 
vraie\nédecine  universelle , la  science  absolue  de  la  nature,  perdue  par  la 
faute  des  hommes,  et  retrouvée  par  un  ])etit  nombre  d’initiés  ».  {Dogme 
et  rit.,  vol.  1»»,  p.  236,  I85t.)  Ah!  « combien  Dupuis  se  trompait  lorsqu’il 
croyait  toutes  les  religions  issues  seulement  de  l’astronomie!  C’est  au  con- 
traire l'astronomie  qui  est  née  de  l'astrologie,  et  l'astrologie  primitive 
(qui  est  l'idolâtrie  sabéiste)  est  une  des  branches  de  la  sainte  cabale,  la 
science  des  sciences,  et  la  religion  des  religions  ».  (Éliphas,  ibid.,  p.  244.) 

Il  ne  manqua  malheureusement  pas  de  chrétiens  aussi  entichés  que  les 
Juifs,  leurs  maîtres,  en  faveur  de  ces  moyens  d’opérer  des  merveilles.  Ces 
naïfs  cabali>tes  s'étonnaient  de  nous  voir  perdre,  par  notre  insouciance  et 
par  la  paresse  des  théologiens , les  grandes  et  merveilleuses  lumières  que 
verse  et  prodigue  leur  science!  Chacun  de  nous,  à les  entendre,  devrait  se 
hâter  de  tout  quitter  et  de  tou^ vendre  pour  acquérir  cette  perle  de  haut 
prix.  Avec  quelle  rapidité  se  convertiraient  les  impies,  si  la  cabale  leur 
découvrait  ses  infinies  perfections;  si,  par  exemple,  les  mystères  que  ren- 
ferment chaque  mut  et  chaque  lettre  de  l'oraison  dominic.ale  leur  révé- 
laient les  sept  périodes  de  l’Église,  son  sort,  ses  révolutions,  en  un  mot 
tous  les  Séphiroth,  toutes  les  splendeurs  divines  contenues  dans  cette  même 
oraison  qu'ils  récitent  chaque  jour  sans  en  comprendre  ni  le  sens  ni  les 
merveilles!  {Ibid.,  suppl.  à l’hist.,  p.  351). 

A l’appui  de  cette  vertu  des  noms , le  rabbin  Salomon  Ben-Sevet  daigne 
nous  raconter  comme  positif  le  fait  suivant.  Le  bruit  s’était  répandu  jadis, 
en  Espagne , qu’un  enfant  chrétien  avait  été  tué  dans  la  maison  d’un  Juif, 
et  que  les  Juifs  avaient  pris  le  cœur  du  cadavre  pour  célébrer  leur  Pâque. 


550  LHS  JUIFS. 

n Cette  machioatioOf  dit  le  rabbin,  attira  de  grands  nialbeurs  sur  les 
Juifs.  Toutefois,  Salomon  Lévite,  homme  très>&age  et  très-expert  dans  Um 
secrets  cabalistiques , sut  heureusement  les  détourner  en  plaçant  sous  la 
langue  du  cadavre  le  nom  ineffable  de  Dieu.  Car  ainsi  rappela-t-ii  à 
la  vie  lu  jeune  enfant , qui  lit  connaître  les  véritables  auteurs  de  sa  mort.  » 

Quoique  nous  soyons  loin  de  croire  à la  réalité  de  résurrections  opérées 
par  les  arts  occultes,  et  que  nous  ayons  cité  dans  notre  livre  des  Média- 
teurs et  moyens  de  la  magie  quelques  exemples  des  fausses  et  effrayantes 
résurrections  opérées  par  cet  art,  ce  récit  a une  grande  importance  pour 
quiconque  recherche  les  antiques  habitudes  des  Juifs;  et  la  justification 
du  labbiti  ne  nous  parait  propre  qu'à  démontrer  sa  science  ou  ses  préten> 
tioDS  magiques.  (Lire  l’Église  et  la  Syîiagogue,  p.  S30.) 

C'était,  jadis,  en  plaçant  ainsi  sous  la  langue  d'un  Térapim  une  lame 
d’or  sur  laquelle  élaieut  écrites  les  formules  évocatoires  et  les  questions  à 
résoudre,  que  h s consultants  obtenaient  une  réponse  de  la  part  de  [esprit 
du  mort.  Et  le  savant  Kircher  admet  que  les  Térapims,  qui  se  confection- 
naient en  coupant  fa  tête  d'un  enfant,  peuvent  avoir  la  date  même  de 
Cbam  , le  dé|>ositaire  de  la  cabale  emuite,  c’est-à-dire  des  traditions  ma- 
giques dos  fils  üe  Caio.  (Lire  notre  livre  ; Dieu  et  le^  dieuT,  Paris,  JS54, 
p.  46-47,  livre  épuisé,  que  nous  n’avons  ]>as  encore  eu  le  temps  de  refaire. 
— Fourmont,  Réjlex.  critiques,  1.  I,  p.  229-370,  etc.  Voir  sur  Gain  cl  son 
fils,  inveateursde  tousles crimes,  riiistoiien  Josëpbe,  Utstoire,  1. 1,  cbap.  2, 
et  autres  savants  auteurs.) 


NOTE  VL  — L\  CHi^lokk  dk  nos  jours;  traces  de  la  cabale  caînite 
ou  CnAHfQUB  BT  DES  SOCIÉTÉS  SECflH'ES  PRflIlTlVES. 

■ LaChaldée!  Ce  nom  réveilic-l-il  dans  Fespril  des  Européens  d’autres 
images  que  celles  deees  évocAteurs  d’esprits  infernaux , si  souvent  anathé- 
matisés  dans  la  Bible  ' »,  et  d’autre  pensée  que  celle  de  la  cabale  noire  ou  de 
la  doctrine  traditionnelle  du  catholicisme  démoniaque,  qui,  presque  dès 
l’origine  dos  temps,  chemine  à côté  de  la  cabale  sainte,  doctrine  tradition- 
nelle du  catholicisme  divin? 

La  Chaldée!  n les  sources  de  Phistoire  le.s  plus  sûres  et  les  plus  antiques 
y placent  deux  fois  le  berceau  de  l’humanité.  Créé  de  Dieu  dans  le  voisi- 
nage ou  dans  le  sein  de  la  Chaldée,  l’homme  y renaît  et  s’y  multiplie 
encore  après  les  destructions  diluviennes  Abraham  y reçoit  le  jour,  et, 
plus  tard,  sa  glorieuse  vocation  »,  qui  1 arrache  à cette  terre  vouée  au  culte 
des  démons.  « Ninns  y fonde  Ninive;  l’impiété  conjurée  y bâtit  Babel  et 
ses  somptueuses  demeures  : les  deux  grandes  cités  qui  personnifieront  à 
jamais  la  puissance,  Porgucil  et  le  faste.  * P.  7 

« Pauvre  Chaldée!  infortuné  pays!  quelle  déchéance!  Après  avoir  été  le 
siège  des  plus  grands  empires,  la  patrie  des  grands  saints,  un  des  plus 

* txj  Chaldée,  etqnisiet  hittoriquet  univiei  de  qnrlques  réRciions  sur  l’Orient, 
par  M.  l'abl^  P.  Martin,  cliapel.  de  Saint-Louis  des  Français,  à Rome,  p.  3, 
1867,  Rome,  imprini.  de  la  Citdttà  Cattolka,  avec  emprunt  ù M.  le  baron  Adolphe 
d'Avril  ; Etude  sur  la  Chaldée  chrétienne,  Paris,  1864.  Beojamia  Duprat. 


D^ilized  _by  C^o». 


CHAPITUE  APPENDICE.  554 

beaux  fleurons  de  PÉglise  catholique  aux  premiers  siècles  de  son  histoire, 
elle  est  tombée  aujourdMiui  sous  la  domioatioa  musulmane.  Que  diS'je?  le 
démon  lui>roéme  a chez  elle  des  autels,  et  son  cuite  ignominieux  nVst 
point  voilé  sous  la  pompe  et  la  décadence  du  langage  ».  Il  a vaincu!  Dieu 
de  raotique  cabale,  il  triomphe  dans  ce  premier  centre  de  son  empire, 
resté,  redevenu  pour  POrient  et  fort  au  delà  de  l'Orient,  Pun  des  grands 
centres  du  culte  cabalistique  ! 

« Le  lecteur  étonné  nous  pardonnera  d'entrer  (à  ce  propos)  dans  quel- 
ques détails  sur  les  Yézidis,  plus  connus  en  Europe  sous  le  nom  de  Sclia- 

manites  ou  de  Seroanites Aucun  auteur  n'a  décrit  minutieusement  les 

mœurs  de  ces  peuplades  infortunées C'est  dans  le  diocèse  d’Akra  que  se 

trouve  le  centre  du  culte  do  ces  sectaires,  et  c'est  aussi  là  que  réside  leuk 
patriarche  et  leur  cheik  suprême.  » P.  3t-35. 

R Au  point  de  vue  politique,  les  Yêxidis  sont  gouvernés  par  un  émir 
suprême  de  leur  secte,  qui  réside  à Schiekan,  au  nord-e.st  de  Mossoui 
(Minive)...  Son  pouvoir  est  absolu  en  tout,tX  il  peut  user  comme  il  veut 
de  toutes  les  femmes  de  ses  sujets.  Son  épouse  légitime  est  toujours  choisie 
néanmoins  parmi  les  princesses  filles  des  autres  émirs.  Au  moyen  d'émirs 
subalternes,  il  transmet  ses  ordres  à tous  les  Schamanites  répandus  dans  le 
Kourdistan,  la  Médie,  In  Mésopotamie  et  les  monts  Sindjar.  » 

« Il  est  probable  même  que,  par  des  ramifications  mystérieuses , ses 
ordres  parviennent  aux  extrémités  les  plus  reculées  de  l'Asie  et  pitJT-ê.TBF. 
MÈNE  DF  L'FUtOPF.  » P.  37. 

Les  Gnostiques  et  les  Manichéens  conservèrent  pieusement  les  iradi* 
lions  de  cette  Maçonnerie  primitive,  c’est-à-dire  sa  cabale,  dont  une 
branche  avait  poussé  de  profondes  racines  clnz  les  Dnises,  dans  les  mon- 
tagnes du  Liban;  et  lorsque  les  croisés  de  l’Europe  inondèrent  l’Asie, 
ils  en  infectèrent  les  ancêtres  de  nos  francs-maçons  : les  Templiers,  les 
Rose-croix,  les  organes  de  l'occultisme  occidental,  les  chefs  et  les  chefs- 
lieux  d<;  notre  cabale  démoniaque. 

Le  cabalisme  primitif  fut  ce  que  sont  ces  sectaires,  car  ils  sont  restés 
sabêistrs;  iis  adorent  le  soIeJl,  les  a-^tres,  les  esprits  des  astres,  le  mauvais 
principe,  ou  le  principe,  le  prince  du  mai,  que  les  Perses  nommèrent 
Ahriman.  Et  cet  Aliriman,  » quel  œil  serait  assez  aveugle  pour  ne  le  point 
reconnaître  sous  les  voiles  transparents  n de  leurs  doctrines,  qui  * se  ratta- 
chent an  manichétsme  par  des  liens  visibles  encore  »,  et  dont  s'élait  ;>énétré 
le  gnosticisme.  Il  sullit  d'une  phrase  unique  pour  que  le  doute  à cet  ég.trd 
s’évanouisse;  écoutons  : 

Chez  ces  sectaires,  « toutes  les  passions,  même  les  plus  honteuses,  sont 
regardées  comme  sacrées,  et  vouloir  en  arrêter  le  cours,  ce  serait  se  rendre 
coupable  envers  celui  qui  en  est  l'auteur  et  l'exécuteur.  Les  mots  pudeur 
et  foi  eonjuffaten'oni  pas  de  sens  dans  leur  langue  et  n’éveillent  aucune 
idée  dans  leur  esprit  ' *>. 

Le  prince  du  mal,  cependant,  « le  diable,  n’est  pour  eux  après  tout  qu'un 
ange  déchu...  Dieu,  disent-ils,  est  infiniment  bon,  incapable  de  faite  du 
mal  aux  hommes.  Le  diable,  au  contraire,  est  infiniment  méchant,  et, 

* Ibid.,  Annit  dominic.,xt,  138, mai  LaCtmldée.  p.  6i.  — Ne  croit-on  paa 

lire,  en  iitam  ces  lignes,  un  des  Pères  de  l’Eglise,  saint  Fpipliane,  Advermê  hœreses , 
sur  les  cainiics,  les  ophiies,  les  oicolaïlet,  etc,  ? 


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55î  LES  JUIFS. 

dans  sa  malice,  il  De  se  platt  qa'à  les  lortnrer.  U est  donc  de  toute  pru> 
deoce,  st  Ton  veut  être  heureux  iri*bas,  d’abandonner  le  culte  de  Dieu, 
qui  ne  peut  nuire... , et  de  se  placer  sous  la  protection  de  l’èlre  qui  senl 
peut  exempter  les  hommes  des  maux  de  cette  vie,  puisque  seul  il  a le  pou- 
voir de  les  leur  infliger  >».  (/6  , p.  137,  lettre  du  R.  P.  Rose.) 

« SaUo,  qu’ils  adorent  sous  le  nom  de  roi  souverain  ou  puissant,  Mélek- 
el'Kout,  n’est  donc  pour  eux  que  le  principe  du  mal,  vaincu  par  le  principe 
du  bien.  Dieu  doit  régner  tranquille  et  heureux  pendant  mille  ans,  c’est-à- 
dire  pendant  une  période  indéfinie  d’aonérs.  » Mais  •>  la  guerre,  rallumant 
ses  feux,  fournira  au  diable  l’occasion  de  vaincre  ou  de  faire  la  paix;  et, 
dans  les  deux  hypothèses,  ses  adorateurs  y trouveront  leur  profit  ».  (P.  3^.) 

« lis  ont,  chaque  année,  trois  jours  de  jeûne  au  moins,  et  une  nuitqu'ils 
consacrent  au  roi  des  abîmes.  Hommes,  femmes,  enfants,  vieillards,  se 
réunissent  autour  d^un  trou  dont  nul  n’a  mesuré  U profondeur  (mundus); 
il  se  prolonge  dans  leur  pensée  jusque  dans  les  enfers.  Quand  minuit  arrive, 
ils  saisissent  des  torches  enflammées  et  exécutent  des  danses  infernales 
autour  de  la  grotte  ténébreuse,  dans  laquelle  ils  jettent  des  moulons 
vivants,  des  morceaux  de  bois  allumés,  des  vêtements , des  armes,  des 
pièces  de  monnaie,  le  tout  pour  en  faire  boininage  au  roi  des  damnés. 
Puis,  la  multitude  en  délire  entre  dans  un  noir  souterrain,  et  là  s’accom- 
plissent d’abominables  orgies  »,  un  véritable  sabbat  magique. 

Ainsi  le  veut  leur  cabale,  formée  de  leurs  dogmes  traditionnels.  Ainsi 
donc,  pour  les  Ycheidis  ou  Schamanites  du  Koiirdistan  et  des  ;rays  dans  les- 
quels la  liberté  n’éprouve  aucune  entrave,  vous  les  voyez  alors  recourir 
n aux  pratiques  ibétirgiques  les  plus  extraordinaires,  et  tout  ce  gue  ia  magie 
et  la  sorcellerie  ont  de  plus  étrange,  de  pins  effrayant,  et,  disons  le  mot, 
déplus  diabolique,  constitue  en  quelque  sorte  le  fond,  l’essence  même  de 
leur  culte  » et  de  leur  doctrine  \ {Ibid- , p.  44‘46.) 

Or,  nous  ne  dUons  pas  de  cette  doctrine  : elle  est  la  cabale  sabéUte  pure 
et  primordiale;  elle  est  la  cabale  caïnique  transmise  |>ar  les  descendants 
de  Chain  dans  sa  pureté  primitive;  car  rien  ne  se  conserve  invariable  et 
pur  dans  le  domaine  de  l'erreur,  condamnée  à ne  prendre  ses  développe- 
ments que  dans  l'atmosphère  des  variations.  Mais  nous  disons  que  Ci  tte 
cabale  consfree  et  pro/ia^e  dans  leur  partie  essentielle  les  doctrines  et  le 
culte  du  catholicisme  démoniaque,  dont  la  Chaldée,  gouvernée  dès  l'origine 
par  des  souverains  issus  de  Cliam,  fut  le  théâtre  constant  et  le  berceau. 
(Bible,  Genèse,  x,  6,  7,  8,  10,  H ; xt,2ô. — Josué,  xxiv,  3-14,  etc  , etc.) 

Écoutons  : " Tous  les  cheiks  parcourent  chaque  année  les  districts  con- 
fiés à leurs  soins  pour  encourager  et  instruire  leurs  fidèles..,.  Mais  récri- 
ture est  |K>ur  les  Schamanites  un  objet  d'abomination...  » Vécriture  livrée 
aux  mains  «lu  public  serait  trop  compromettante  pour  une  telle  doctrine, 
qui,  dès  lors,  se  réfugie  dans  la  cabale,  c’est-à-dire  dans  la  tradition. 
n Leurs  croyances,  leurs  rites,  leurs  coutumes,  leurs  usages,  trans- 
mettent (donc)  uniquement  par  la  tradition  orale.  Une  seule  famille  a le 
privilège  de  savoir  lire;  mais  jusqu’ici  on  ignore  dans  quel  livre  elle 
exerce  celle  prérogative*.  » 

' P.  11  en  éuil  de  même  dans  roccnliisme  religicns  des  Druides,  dont 

l'origine  est  égalemeni  cbaoané<xhalüslquc. 


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CHAPITRE  APPENDICE. 


553 


Enfin,  les  sectaires  de  cet  occultisme  qui,  sous  notre  ciel,  se  reflète  ou  se 
prolonge  dans  Poccultisroe  cabalistique  des  sociétés  dont  le  nom  principal 
est,  pour  le  moment,  celui  de  la  haute  maçonnerie,  obéissent  en. aveugles 
au  mot  d*ordre  d*un  grand  matlrt.  Les  Yézidis  sont,  en  effet,  « soumis 
au  cheik  ou  vénérable , leur  chef  spirituel,  qui  remplit  les  fonctions  de 
patriarche  et  de  pontife  de  la  gecte.  Il  réside  dans  le  village  d'Assoian  et  a 
sous  sa  dépendance  des  cheiks  particuliers  qui  reçoivent,  transmettent  et 

exécutent  ses  ordres Le  cheik  général  exerce , même  politiquement , 

une  tréS'grande  influence.  C’est  lui,  en  effet,  qui  gouverne  en  quelque  sorte 
tous  tes  Schamanites.  Il  fait  les  lois,  définit  ce  qui  est  bien,  ce  qui  est 

mal,  ce  qui  est  permis,  ce  qui  ne  Pest  pas Une  couleur,  un  fruit  qu’il 

aura  prohibes,  deviennent  aussitôt  illicHts,  et  tellement  illicites  qu’on  ne 
saurait  en  faire  usage  sans  tomber  sous  le  coup  d’une  espèce  d’excommuni- 
cation. Telle  est  même  l’horreur  qu’inspire  ce  qui  est  ainai  prohibé,  que, 
pour  exprimer  une  imimssibilité,  il  suffit  au  peuple  de  la  comparer  à l’usage 
de  l’objet  tombé  sous  le  coup  de  cette  interdiction  suprême  ^ » 

Ce  despotisme  absolu  du  grand  maître  de  la  cabale  chaldécnne  était  celui 
du  prince  des  Assissins,  dans  le  Liban,  où  les  Druses  conservent  les  doc- 
trines et  les  mœurs  de  la  cabale,  ce  que  nous  exposons  ailleurs.  11  est  celui 
du  grand  maître  secret  de  la  haute  maçonnerie,  c’est-à-dire  de  la  maçon- 
nerie cabalistique  que  gouvernent  les  Juifs,  n nus  pères  dans  la  science  »,  dit 
Elipbas  Lévi.  (Histoire  de  la  Magie,  p.  945;  Paris,  1860.) 

Le  mépris  et  la  haine  qui  poursuivaient,  jusque  dans  le  monde  idolâtre,  les 
évocateurs  et  les  adorateurs  des  esprits  du  mal , et  qui  poursuivirent  le  juif 
cabaliste  dans  le  monde  chrétien  malgré  les  brillants  succès  qu’il  y obtint, 
poursuivent  aujouM’hui  ces  mêmes  sectaires.  11  existe  donc  « entre  les 
Yézidis  et  les  musulmans  une  liaine  implacable.  La  loi  permettait,  il  n’y  a 
pas  longtemps  encore,  aux  musulmaus  de  les  tuer  partout  où  ils  les  ren- 
contraient  Aussi  les  consuls  européens , ne  sachant  comment  arrêter 

l’effusion  du  sang,  demandèrent  à la  Porte  le  droit  de  nationalité  pour  les 
Yézidis,  et  ils  obtinrent  pour  eûx  la  même  protection  que  pour  les  autres 
peuples  de  l’empire  ottoman.  Mais,  si  les  massacres  sont  devenus  moins 
fréquents,  la  haine  qui  sépare  les  deux  peuples  n’a  rien  perdu  de  sa  rage 
et  de  sa  fureur...  Ils  sont,  à juste  titre,  plus  odieux  et  plus  persécutés  que 
ne  Vont  jamais  été  les  chrétiens  sons  la  doiutuatlun  turque.  » (P.  33, 
43,  44,  iù.) 

Que  si  le  chiffre  de  cette  population  cabaliste  se  trouve  qj^si  limité  dans 
le  Kourdistan  et  dans  la  Mésopotamie,  observons  que  la  secte  se  répand 
ailleurs  et  au  loin.  Il  se  dit  même  « qu'ils  ont  des  temples  dans  une  des 
plus  grandes  capitales  du  nord  de  VEurope,  et  il  n’est  pas  improbable 
que  la  population  schamanite  répandue  dans  ces  diverses  contrées  atteigne 
le  chiffre  de  plusieurs  millions.  » (Ibid.,  p.  45.) 

Maintenant,  si  tels  sont  ces  fanatiques  de  la  cité  du  mal,  ces  inféodés 
héréditaires  de  la  cabale  primordiale,  si  telle  est  Pavcugle  obéissance 
qu’ils  prêtent  à leurs  grands  maîtres,  à leur  dieik,  à leur  émir,  répétons 
ce  que  nous  avons  dit  tout  à l'heure  à propos  de  ce  dernier  : 

• Il  est  probable  que,  par  des  ram^ations  mystérieuses,  ses  ordres 
parviennent  aux  extrémités  les  plus  reculées  de  VAsie,  et  peut-être  même 

* P.  38.  C'ett  U le  Tabou  de*  îles  de  U mer  du  Sud,  cic. 


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LES  JDIFS. 


55i 

de  V Europe  oü  la  cabale , qui  produisit  les  Gnostiques , ces  frères  des 

Yézidis,  est  reconnue  comme  k la  mère  des  sciences  occultes  »;  où  elle 
« effaça  presque  à elle  seule  toutes  les  autres  sociéU’S  secrètes  oü  toutes 
les  associations  maçonniques  avouent  lui  devoir  « leurs  secrets  et  leurs  sjm* 
bolcs  » ; et  oü  les  Juifs,  n qui  ont  été  les  dépositaires  les  plus  fidèles  de  ses 
secrets,  ont  été,  en  magie,  le$  grands  maflrA  ■».  (Voir  plus  haut  ces  cita- 
tions appuyées.) 

Arrive,  éclate  un  beau  soir  une  de  ces  grandes,  une  de  ces  formidables 
crises  qui  ébranlent  la  terre,  et  que,  de  longue  date,  les  sociétés  de  l’occul- 
tisme pré|)arent  à la  société  chrétienne,  et  peut-être  alors  verra-t-on  subi- 
tement apparaître  et  se  produire  au  grand  jour,  dans  le  monde  entier,  toutes 
les  milices,  toutes  les  sectes  fraternelles  et  inconnues  de  la  cabale.  L'igno- 
rance, l’insouciance  oü  nous  aurons  véen  de  leur  sourde  existence,  de  leurs 
affinités,  de  leurs  ramifications  immenses,  ne  les  einiK'chera  nullement  de 
se  reconnaître,  de  se  donner,  sous  l.i  bannière  quelconque  d'une  alliauce 
universelle,  le  baiser  de  paix.  Elles  se  rangeront  avec  einprc'SC'ment  sous 
un  même  chef.  Plus  d’une  voix  de  la  haute  maçjinnerie,  c’est-à-dire  de  la 
maçoQn‘>rie  cabalistique,  nous  rappellera  peut-être  alors  un  peu  brutale- 
ment que  la  cabale,  enfin  victorieuse  sur  toute  la  ligne,  est,  selon  le  mot  de 
son  apdtre  actuel,  n la  science  des  sdenc.es  et  la  religion  de.s  religions! 
(I^li|iba.H  Lévi,  Dog.  et  rit.,  p.  244,  l.  Il,  1854.) 

Et  c'est  alors,  nous  diront  ces  adeptes,  que  l’arbre  de  la  science  du  bleu 
et  du  mal  aura  porté  ses  plus  beaux  fruits  I 

Toutes  ces  choses  paraîtront  d’autant  moins  étranges  au  lecteur,  étonné 
peut-être  au  premier  abord,  qu’il  voudra  bien  les  relire  après  avoir 
embrassé  ;>ar  une  première  lecture  l’cnscinble  des  documents  et  des  pensées 
qui  sont  le  corps  et  l’Ame  de  notre  ouvrage. 


FIN. 


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TABLE  DES  MATIÈRES 


« 


Lettre  du  R.  P.  Voisin v 

Avis vil 

Causerie li 


PREMIÈRE  PARTIE. 

. chapitre  premier. 

LF.8  TRADITIONS. 

Le  Juif  est  le  dernier  des  hommes,  — Au  contraire,  le  Juif  est  le  pre- 
mier des  hommesl  — Temps  anciens;  Iradilions  pliarisaïques  des 
Rabbins  ; elles  sont  la  source  du  Talmud.  — Quelles  sont  les 
croyances,  et  par  conséquent  quelles  sont  les  mœurs  des  Juifs?  — 
Le  [leuple  juif  distinct  de  lout  autre  peuple.  — Le  caractère  qui  le 
distingue  varie  dès  que  se  manifeste  la  décadence  de  sa  loi  religieuse. 
— Celte  loi  était  celle  de  Moïse.  — Elle  fut  attaquée  par  l’idolâtrie, 
dont  les  doctrines  sont  celles  de  la  cabale  sabéisie  primitive  (voir  a 
la  fin  de  ce  livre),  et  par  les  traditions  rabbiniqiies  dont  se  forme  lo 
Talmud.  — Il  y a donc  un  abiino  entre  ces  traditions  talmudiques 
et  la  loi  de  Moïse,  que,  depuis  le  Christ,  1e  Juif  ne  peut  appeler  sa 
loi  religieuse  sans  mentir  à l'histoire  et  â sa  foi 1 à 16 

CHAPITRE  DEUXIÈME. 

I.E  rllARISIF.N  ANCaCN,  l’èRE  ET  TYI'E  DD  PHARISIEN  MODERNE. 

Ce  que  sont  les  Pharisiens.  . — Dévotions,  macérations,  hypocrisie, 
laveur  populaire,  orgueil,  prodige  de  leur  puisianco,  exêinple.  — 
Leur  paneei  rique  dans  la  Douche  du  rabbin  moderne.  — Leur  por- 
trait, hideux  dans  t'Evangilo,  qui  nous  dit  : Kailes  ce  qu'ils  disent, 
et  ne  faites  point  ce  qu'ils  lont  I — Pourquoi?  — Etrange  verni  de 
la  chaire  de  vérité.  Pour  le  Juif,  l’Evangile  n'est  que  légende 
malsaine,  et  c'est  gloire  pour  le  Pharisien  que  d’èlre  flétri  dans  ses 
pages  — Le  tbndateur  de  la  loi  d'amour  et  do  fraternité,  après  les 
propliétea,  ce  n'est  pas  Jitsus,  c’est  Hillel,  et  les  Pharisiens  sont  scs 
disciples.  — Leur  portrait  par  euv-mémes.  — Prodiges  de  leur 
aveuglement.  — Puisque  le  lAiarisien  repousse  l'Evangile,  laissons 
de  coté  les  évangélistes,  et  nïnlerrogeona  à son  endroit  que  l'histoire 
profane.  — Les  Juifs  seraient-ils  de  grands  misérables;  — On  est 
loin  de  généraliser  une  telle  aflirmation.  — Conclusion  : le  lecteur 
est  en  mesure  de  la  tirer.  ■■...■ 16  â .H 

CHAPITRE  TROISIÈME. 

PREMIÈRE  DIVISION.  LES  RABBINS. , LE  GRAND  SANBÈDRIN  , LES  CONSISTOIRES. 

Qu’est-ce  que  le  rabbin?  Est-ce  un  pasteur,  un  prêtre,  ainsi  que  le 
dit  aujourd’hui  le  Juif? — C’est  un  docteur,  le  plus  souvent  pétri 
d’ignorance,  et  remplissant  quelquefois  d’assez  singulières  fonc- 
tions. — Il  no  fait  rien  qu’un  laïque  ne  puisse  faire  ^ sa  place  I — 
Les  rabbinsexercent  les  professions  les  plus  variées,  ils  peuvent  être 
bouchers,  cordonniers,  revendeurs,  etc.  — Leur  éducation.  — Elo- 
ges que  s'entre-donnent  les  rabbins.  — Cruelle  sévérité  avec  laquelle 


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S56 


TABLE  DES  MATlfeUES 

ilg  sont  jugés  par  les  oignes  mêmes  du  judaïsme.  — Cependant 
leÿ  Juifsï  alin  de  se  donner  le  semblant  d’un  culte  s<jrieux,  et  d’obte- 
nir de  l’Etat  que  ce  culte  soit  salarié,  donnent  à ces  rabbins  le  titre 
de  prêtres,  dé  pontifes,  de  pasteurs.  — Et  ces  prôtres  juifs  sont 
d'institution  prolane  ; ils  doivent  leur  état  de  ministres  de  la  religion 
judaïque  à des  princes  chrétiens.  — Phases  de  l’autorité  légale  des 
ratitiins  en  Erance. — Mapoléon  les  utilise  pour ^s  recrutements 
militaires  et  sa  police  politique.  — En  un  mot,  le  rabbin  n'est  qu’un 
docteur;  et  le  l'almurt  nous  dit  que,  depuis  la  dispersion,  il  n'y  a 
plus  de  docteurs  en  Israël  I — El  pourlant,  jadis,  ie  Moïse  du  judaïsme 
talmudique  décrétait  la  mort  sans  jugement  contre  quiconque  niait 
la  iradiiion  des  rabbins ao  à tiï 

Dri'xiévF.  mrisiON. 

La  grande  assemblée  judaïque  de  1806,  et  le  grand  Sanhédrin  de  1807, 
lequel  est  un  faux  Sanliédrm.  Concordai  judaïque , faussant  à la 
lois  la  loi  de  Morse  et  le  Talmud.  — Eausso  déclaration  de  cette  as- 


semblée. — Ce  qu’était  le  véritable  Sanliiklrin.  — Un  mot  de  M.  de 
Bonald  sur  les  Jiiits Si  à ill 


THOISIÉMe  DIVISION.  — U:S  CONSISTOIBES. 

Organisation  artificielle,  prélude  de  la  désorganisation  radicale.  — 
ronclions  politiques  et  policières  des  consistoires  et  des  rabbins.  — 
Napoléon  1’^''^  nouveau  Morse  aux  yeux  des  Juif-^,  et  leur  ivresse.  — 
Organisation  calliolique  du  rabbiiial.  — Les  Juilii  légalement  coiisti- 
tués  en  peuple  distinct  par  la  loi  même  qui  prétend  les  lusionner. 

— Lruelles  peintures  des  consistoires,  faites  de  la  main  des  Juifs. — 

Cette  institution  religieuse  prépose  les  laïques,  c'est-à  dire  les  ouailles, 
a la  direction  ries  iiiVnlilés  ou  du  prétendu  sacerdoce  de  Juda.  — - 
Doléances.  — Eruil  do  ces  doléances;  scandales.  — « Le  sceptre  de 
Juda  devenu  un  gourdin.  » — Le  gouvernement  chrétien  de  la 
France  devenu  le  régulateur  du  culte  o'Israël.  — Un  ministre  et  un 
général  gouvernant  la  Synagogue.  — Conclusion 6?  à 76 

chapitre  QUATRIÈME. 

LE  TALMUD. 

La  cause  de  la  haine  et  du  mépris  des  peuples  pour  le  Juif  est  dans  le 
Talmud.  — Le  Talmud  est  le  code  religieux  du  Juif.  — Qu’est-ce 
que  ce  code?  — Qui  n’a  la  clef  du  Talmud  ne  peut  dccliilîrer  le 
mystère  du  Judaïsme.  — Devant  le  Talmud,  ou  la  loi  orale  et  tra- 
ditionnelle, la  loi  de  Moïse  s'efface.  — Quiconque  viole  cette  loi, 
cette  oeuvre  pliarisaïque  des  rabbins,  mérite  la  mort  sans  jugement. 

— L’orthodoxie  d’Israël  ébranlée;  révolte  contre  le  Talmud.  — Juifs 
qui  n’ont  jamais  talmudisé  ; découverte;  Juif  contempteur  du  Tal- 
mud. — Mot  de  M.  Renan.  — Le  Talmud  frapjié  de  réprobation  et 
brûlé  par  les  rois  et  par  les  papes,  gardiens  de  la  civilisation.  — Le 
Talmud  étudié  en  lui-mémc  et  révélé  par  des  bouches  judaïques. 

— Scélératesse,  cynisme  et  turpitude  de  ce  code  si  cher  à Juda.  — 
Ses  absurdités.  — Il  place  Dieu  au-dessous  des  rabbins.  — Obligés 
de  supprimer  les  passages  qui  révoltent  les  chrétiens,  les  Juifs  les 
lais.sent  en  blanc  et  les  enseignent  de  bouche.  — Déloyauté  de  ces 
orthodoxes.  — Ils  sont  « le  noyau  indestructible  de  la  nation.  > — 
Duel  à mort  entre  les  doctrines  talmudiques  et  la  civilisation,  qui  ne 
sera  sauvée  que  lorsque  la  conscience  du  Juif  sera  reconstruite  sur 


TABLE  DES  MATIÈRES. 


557 


un  autre  plan,  car  le  Talmud  est  l’expression  même  de  la  Synagogue; 

U contient  la  doctrine  cabalistique  « qui  est  le  dogme  de  la  haute 
magie  » 76  à 1 01 

DEUXIÈME  PARTIE. 

CHAPITRE  CINQUIÈ.ME. 
paeaiêiiE  ditision.  — Lt  morale  du  talhud  es  actiom. 

Le  premier  homme  et  la  première  femme;  dignité  de  la  race  humaine 
issue  de  ces  deux  monstres.  — Jugeons  l'arbre  à ses  fruits.  — Nous 
connaissons  la  morale  tpii  prend  sa  source  dans  lesdogmeschrétiens; 
celle  qui  sort  des  traditions  talmudiques  y a-l  elle  quelque  rapport? 

— Saint  Chrysoslome,  Père  do  l’Eglise,  sur  les  mœurs  du  Juif;  pein- 
ture prodigieu;:e.  — Même  description  du  célèbre  Simon  Maiol  à 
l’époque  de  la  Renaissance.  — Rien  de  changé  lorsque  Delamarre  écrit 
son  monumental  Traité  de  /a  œlice  (1705.)  Cessons  un  instant  déjuger 
de  la  doctrine  judaïque  par  les  mœurs  du  Juif,  et  jugeons  le  Talmud 
par  son  texte.  — Dieu  crée  Adam , qui  se  cherche  une  compagne  ; 
nulle  ne  lui  convenant,  il  en  demande  une  qui  soit  semblable  à lui. 

— Eve  est  digne  d'Adam,  et  nous  transmet  le  venin  du  serpent.  — 

Le  Talmud  étant  la  loi  suprême  et  la  croyance  de  l'orthodoxe,  et 
l’homme  réglant  ses  actes  d'après  ses  croyances . le  Talmud  fait  du 
Juif  ce  qu’il  est.  — Exemple  du  sentiment  paternel  dompté  en  France, 
et  au  dix-neuvième  siècle,  par  le  Talmud.  — Proscription  du  pré- 
varicateur  lOâàlIJ 

DEUXIÈME  DIVISION.  — MORALE  DU  TALUCD  EN  ACTION.  LA  PEMME  CHEZ  LE  JUIF. 

La  jeune  fille  dans  la  maison  paternelle  à cété  de  ses  frères,  en  butte 
aux  explications  des  turpitudes  talmudiques I — Le  rabbin  et  l'élé- 
vation de  la  lèmnio  chez  le  Juif;  belles  pensées.  — Képlique  de 
l’histoire.  — M.  Crémieux  parle  comme  l'iiistoire.  — Le  Talmud 
assimile  la  femme  à l'esclave.  — Nulle  loi,  même  dans  le  mariage, 
ne  lui  assure  le  plus  simple  respect  de  la  part  de  son  mari,  pour 
lequel  elle  est  « de  la  viande  de  boucherie...  » — Elle  doit  tolérer 
la  concubine  de  cclui-ci  jusque  sous  le  toit  conjugal.  — Il  sutbt  que 
cette  concubine  ne  soit  pas  une  intidèle,  car  alors  elle  ne  serait 
qu'une  brute  aux  yeux  de  la  loi.  — Bizarrerie  de  pudeur  judaïque. 

— Droit  de  correction  manuelle  sur  la  lemme  et  droit  de  divorce. 

— Devant  Dieu  et  dans  les  réunions  religieuses,  la  femme  compte 

pour  néant.  — Lui  apprendre  la  loi  sainte  est  aussi  coupable  (|ue  lui 
apprendre  des  obscénités.  — Portrait  de  la  Juive  par  un  peintre  do 
sang  judaïque.  — Défauts  et  qualités.  — Proportion  des  femmes  de 
mauvaise  vie  bien  plus  grande  chez  les  Juils  q^ue  chez  les  Chrétiens 
(aveu  judaïque).  — Le  Juif  doit  au  Talmud  de  fournir  au  prolétariat 
son  écume. — Mais  la  profession  du  Judaïsme  rachète,  aux  yeux  du 
talmudisant,  toute  faiblesse  de  la  femme lia  a 

TROISIÈME  DIVISION.  Ly  MORALE  DU  TALMUD  EN  ACTION,  LE  PROCHAIN  DD  JUIF. 

Est-il  un  homme  qui  soit  sans  prochain?  — Oui,  le  Juif  orthodoxe.  — 
Hors  le  Juif,  tout  autrç  homme  ne  doit  être  à ses  yeux  qu’unebrute. — 
S'il  le  tue,  il  ne  tue  qu'une  bête.  — Mots  de  saint  Epiphane , Père 
de  l’Eglise,  et  de  M.  Michelet.  — Explication  de  ce  mot  : Défense 
aux  Juifs  et  aux  cochons  d'entrer  ici.  — Faiblesses  et  passions  du 
Juif  provoquées  contre  tout  étranger  à sa  foi  par  ses  croyances  lal- 


• - — BigilUed  by  : iooglt 


558 


TABLE  DES  MATIÈRES. 


mudiques.  — Exemples.  — Jusqu’où  va  celle  haine  du  Juif,  et  sur- 
loui  contre  le  clin  tien.  — Voler  et  luer  le  chrétien  n’csi  donc  pas 
un  mal;  au  contiiiiie.  — Nombre  des  mallaileurs  bien  plus  considé- 
rable chez  les  Juils  que  chez  les  ctiréliens.  — Uiltércnts  liays,  diUô- 
rents  exemples.  — Puissance  et  universalité  de  leurs  moyens  de 
mallaisancc!  — ’Leur  allfeusc  et  li'iinicide  cupidité  à l'endroilde 
l'armde  Iraiiçaise  dans  la  désastreuse  campagne  de  Russie.  — Re- 
connaissance implicite  de  l’inférionld  morale  du  Juif,  dans  des  pu- 
blications judaïques.  — Leur  malfsiTsance  a eié  de  tous  les  temps, 
depuis  le  règne  des  traditions  rabbiimiues;  elle  les  lait  ranger  dans 
n le  refaut  dos  peuples  » dès  le  rùgne  de  Vespasien.  — Cuiiclusiun. 

— yotes.  — Leur  terreur  de  ropimon.  <26  à 148 

QUATRlf.«E  Division.  — LE  KOL  MDnXI.  HORALK  TALHIDIQCE. 

Le  Ki)l  Nidrai,  ou  le  parjure  dans  la  religion.  — Parole  siicramentelle; 
trois  Juifs,  les  premiers  venus,  rormcnl  un  tribunal  qui  peut  dé- 
lier Wnit  Juif  (le  ses  serments  cl  de  ses  enKaKeuients  quelconques. 

— Ce  fait  nié.  — Cette  néKation  délniiic.  Les  trois  uni  la  mdme 

autorité  que  le  tribunal  de  Moïse,  mais  ils  l’ont  contre  le  droit. — 
l.e  Talniiid  fait-il  de  l’homme  moral  un  homme  ù l’envei-s?  — Nul 
lien  social  de  promesse  ou  de  contrat  ne  iieut  donc  enKager  envers 
le  chrétien  le  Juil  avec  qui  le  chrétien  s'engaseY  — Une  cérémonie 
religieuse  délie  chaque  année,  pour  l'avenir  et  pour  le  passé,  tout 
Juil  loriiiaiit  ou  devant  lornicrun  engapienient. — ■ Formule  grotesque 
employée  par  le  Juil  qui  se  releve  dé.  ses  enRagements  — fours  et 
forniules  qui,  dans  l’esprit  du  Juif,  ôtent  toute  validité  à ses  pro- 
messes et  laissent  sa  conscience  en  paix.  — Os  mœurs  talmudi- 
ques expliquent  la  haine  des  peuples  , et  les  rigueurs  du  pouvoir 
social  contre  ces  populations  roulantes  et  antisociales.  — Un  ser- 
ment dont  les  formalités  et  le  texte  semblent  frapper  liabituclleiiicnt 
le  Juif  de  terreurs  superstitieuses  est  imposé  aux  Juifs  dans  la  plu- 
part des  Etats  chrétiens,  et  subsiste  encore  dans  quol(|ues-uns.  — 
France.  — La  cour  do  Colmar  (10  février  1809)  et  ce  serment.  — 
Itcllcxions 1485158 

CI\I}IIÈ«E  Division.  miRALE  TALMCDIQIE.  l’csBRE. 

Juif  et  usure,  mots  associés  par  une  force  de  cohésion  vingt  fois  sécu- 
laire. — Le  Juif  usurier?  — Paradoxe,  car  il  ne  peut  l’élrel — Ruse 
et  contradictions.  — Les  Juifs  dévorent  la  France.  — Chassés  pour 
crime  d’usure  , ils  acceptent  avec  transport  la  servitude  et  les  con- 
ditions les  plus  dégradantes  pour  obtenir  le  droit  de  rentrée.  — En 
quelques  années  s Ta  plus  grande  partie  des  biens  des  chrétiens  sont 
dans  leurdépendance.  » — Les  chrétiens  deviennent  fa  chose  do  ceux 
donlils  ont  faitleurs  serfs. — La  fameuse  requête  de  Pierre  de  Clugny 
contre  ces  excès. — Le  Juif,  malgré  les  persécutions  dont  il  se  lamente, 
ne  veuld’autre  paradis  que  la  terre  de  ses  persécuteurs.  — Lettre  cé- 
lèbre et  magnifique  d'innocent  III  dénonçant  leurs  crimes,  et  enga- 
geant les  princes  à leur  faire  rendre  gorge.  — Ces  princes  souvent 
accuséssansjusticede cupidité. — Protection  des  pontifes  s'étendant 
sur  le  Juif  qui  sollicite  leur  justice,  et  sur  ses  biens,  ainsi  que  sur 
le  chrétien.  — Les  Archives  de  Champagne'.  — Exemple  : les  Juifs 
de  Troyes , etc.  — Taux  de  leurs  usures.  — On  trouvait  bon,  cepen- 
dant, d'avoir  dans  les  Juifs  ■ une  corporation  damnée  d'avance,  qui  ht 
le  métier  de  réprouvé.  » — Un  concile  les  condamne  à porter  une 


Diqr- 


■I, 


TABLE  DES  MATlEKES. 


559 


marque  qui  les  distingue. — Bannissement  définitif  sous  Charles  VII, 
c pour  les  crimes  qu'ils  commettent  chaque  jour,  n — lÆuis  Xlll  re- 
nouvelle cet  arrêt.  — La  Lorraine  ci  l’Alsace,  qui  sont  exceptées, 
sonldèvorecs  par  leurs  usures. — Edii  de  Léopold  contre  eux  en  Lor- 
raine, en  1728.  — Le  procureur  général  du  Hcgent,  en  France,  où 
beaucoup  de  Juilssont  revenus,  les  appelle  a les  monstres  de  la  so-- 
ciété  civile.  » — Ce  que  les  Juifs  font  de  l'Alsace.  — >apoléon  !«'' 
et  les  usuriers  juifs.  — Les  Juifs  en  Alsace,  et  M.  de  Bonalü.  — 
Sentence  contre  les  Juils  de  ai.  Michelet,  avec  cette  finale  : « De 
soufflets  en  soufllets,  les  voilà  au  trône  du  monde.  — Enrayante 
excuse  de  l'usure.  — Elle  est,  chez  le  Juif,  le  fruit  de  sa  croyance 
relieieuse.  — M.  Toussenel  et  les  Juils.  — Le  roKtiloyen  Louis- 
Phinppe  et  les  Juifs.  — murale  de  ce  chapitre <59  à 184 

CHAPITRE  SIXIÈME. 
l'assassinat  talmcdioce. 

Assassinats,  ou  sacrifices  de  chrétiens,  commandés  en  certains  cas 
par  le  Talmud,  qui  est  le  renversement  du  Décalogue. — Ce  crime 
d’idolétrie  magique  et  d'anthropophagie,  signalé  dans  la  Bible,  est 
traditionnel.  — Ces  crimes  disparaissent  dans  les  centres  de  civili- 
sation; ils  ont  été  de  tout  temps  et  de  tous  lieux  cher,  les  talmudi- 
sants.—  Le  Juif  les  nie  avec  son  aplomb  caractéristique. — Exemples 
et  autorités.  — La  plus  grave  magistrature  des  chretioiis  n'est  com- 
posée, au  dire  du  Juif,  que  d ignorants  et  de  bourreaux.  — Pièce 
authentique  qui  nous  montre  les  Juils  commettant  ce  crime  à ciel 
ouvert,  parce  qu'ils  s'imaginent  avoir  une  garantie  légale.  — Les 
princes  sans  cesse  obligés  de  sévir  contre  eux,  — Un  de  ces  crimes, 
œmmis  il  y a quatre  siècjes,  semblable  dans  tous  ses  détails  à celui 
dont  fut  victime,  en  <840,  le  Père  Thomas.  — L'Eglise  se  prononce 
sur  ces  crimes  sacrés  comme  la  magistrature  séculière.  — Les  Juifs 
s’appellent  peuple  au  cœur  tendre  I — Récit  parallèle  au  précédent;  as- 
sassinai religieux  du  Père  Thomas  ei  de  son  domestique.  — Menus 
détails,  interrogatoires,  procès-verbaux,  horreurs  inexprimables.  — 
Intrigues  judaïques  contre  la  justice  et  contre  le  consul  delTance.  ■ — 
Députation  et  pression  des  Juils  d Europe  sur  le  souverain  de  l'Egypte. 
— L'or.  — La  justice  arrêtée  : son  recul  après  la  condamnai  ion  des 
assa^ins.  — iségation  tlu  crime  par  tous  les  Juifs  de  la  terre,  mal- 
gré la  suralKjndanco  et  la  précision  des  détails.  — Paroles  du  sou- 
verain de  l'Egypte  et  hrrnan.  — ■ bilencc  de  la  justice  obtenu.  — 
Fureur  et  ranciine  du  Juit  contre  M.  Thiers,  parce  que  ce  ministre 


de  LouiS'Fbilip 

pe  a osé  louer  à la  tribune  la  conduite  du  consul  de 

France  contre  1 

es  assassins.  — Ce  digne  représentant  de  la  France 

n'est  arrêté  ni  par  les  millions  ni  par  les  menaces.  — Les  t)ièces 
du  procès,  où  nous  puisons,  déposées  au  ministère  des  affaires  étran- 
gères. — Ces  crimes  religieux  ont  une  ressemblance  si  frappante, 
malgré  les  siècles  qui  les  sé[iarent,  que  la  pensée  de  dates  distinctes 
s'elfacedevant  la  nature  des  laite.— Conclusion.— Note.  I8i  à iI9 

CHAPITRE  SEPTIÈME. 

PXEUIÈRB  DITIBION.  — MORALK  TALMUDIQL'B.  ANTIQUITÉS  BIBLIQUES. 

ANTBROPOPIIAGIE  SACRÉE. 

Toujours  entraîné  vers  le  polythéisme,  le  Juif,  dès  les  temps  les  plus 
anciens,  se  livre  aux  pratiques  immondes  et  atroces  des  Cabalistes 


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560 


TABLE  DES  MATIÈRES. 

sabëistes,  c'pst-è-dire  des  premiers  adorateurs  des  aslre-i.  — Ce 
que  sont  ces  idolâtres.  — Lii  Bible  énumère  leurs  crimes,  <iue  ni  la 
loi  ni  les  prophètes  ne  pourront  arrêter.  — Celle  épouvantable  ido- 
lâtrie s ctablit  avec  son  personnel  et  son  mobilier  jusque  dans  le  pa- 
lais des  rqig,  jusque  dans  le  temple.  — Ses  actes  suprêmes  sont  les 
sacrilices  humains,  et  ranlhropopliasie  sacrée,  la  manducalion  delà 
chair  humaine.  — La  Bible  nous  donne  l’Iiisloire  et  la  clef  de  res 
supeislilions,  que  la  tradition  talmudique  transmit  aux  descendant» 
de  CCS  Juifs  prévaricateurs 219  à Ü6 

DEtXlÉaE  HIT18ION.  — DD  ET  eOOBQBOI. 

Lea  vraie  talmudisants  n'immolent  les  chrétiens  qu’afin  de  recueillir 
leur  sang;  exemples  aullientiques.  — Usages  sacrés  de  ce  saiiK,  et 
qui  varient,  coiutnc  l'erreur,  selon  les  temps  et  les  lieux  ; mais  né- 
cessité de  manger  ce  sang  qui  représente  rliomme,  et  qui  est  ap- 
pelé sa  vie.  — &es  vertus,  sa  valeur  inappréciable.  — H guérit,  il 
sanctitie , il  sauve.  — Développements  et  preuves.  — Dénégations 
éternelles  du  Juif.  — Aveux  de  l u n des  plus  ci'lèbres  rabbins  en 
plein  exercice  de  lonrlions.  — Colère  de  Revues  judaïques  contre 
cette  célebrite  nationale  traitée  de  laux  prêtre.  — Légitime  indi- 
Kualion  des  Juils  déUiliiiudisês.  — Conclusion ti6  à Hi 

TROISIÈME  PARTIE. 

CHAPITRE  HUITIÈME. 

PREmÈae  division,  — la  marche  du  juif,  orthodoxie  occidentale. 

Il  se  crie  partout  que  le  Juif  est  en  marche,  que  scs  mœurs  changent, 
quelle  plus  grande  inorveillc!  — Sa  croyance  a donc  changé?  — 
C’est  lii  le  signe  éclatant  d'une  époque  nouvelle.  — L'indestructible 
noyau  du  judaïsme  reste  formé  des  orthodoxes  talmudistes;  mais, 
au-dessous  de  ceux-ri  se  rangent  le  nouvel  orthodoxe,  les  réfor- 
mistes et  le  libre  penseur  judaïque.  — Fureurs  des  nouveaux  ortho- 
doxes contre  les  adversaires  du  fanatisme  et  de  l'immutabililé  tal- 
mudiques. — Attaques  du  fanatisme  Israélite  par  rillostre  rabbin 
Jcilinek.  — Répliques  amères  de  l'Univers  i.sraé/iYe,  organe  do  l’or- 
thodoxie. — Le  judaïsme  n'est  plus  une  religion,  il  est  une  chose 
marie,  etc.  — Un  grand  schi.sme  sépare  donc  Juda  en  diverses  par- 
ties, mais,  ô merveille!  sans  les  désunir  au  besoin.  — Exemple.  — 
Raison  et  ruse  des  réformisies;  elle  avorte.  — Doliiances.  — Plaies 
du  judaïsme.  — Hypocrisie  des  aînés  qui  s'entre-déchirent;  elle 
leur  est  reprochée  par  les  puînés.  — Prosélytisme  et  changement  de 
rôle  entre  les  doux  partis.  — Comment  l’orthodoxie  est-elle  jugée 
par  les  Juifs  de  nos  contrées?  — Les  faits.  — L’illustre  grand  rab- 
bin Klein  et  M.  Isidor,  — Ce  dernier  est  élu  grand  rabbin  de 
France.  — Débats  curieux  et  concluants.  — La  famille  Israélite  dé- 
génère moralement,  et  tombe  dans  une  décadence  complète;  tel  est 
le  cri  du  journal  judaïque  la  Atuzeil 242  à 254 

DEUXIÈME  DIVISION.  — LES  RÉFORMISTES. 

Que  veulent  les  réformistes?  — Unir  le  présent  au  passé  ; mais  com- 
ment?— Ils  rejellenl  le  Talmiid.  et  la  Bible  ne  leur  est  qu’un  livre 
de  mythes.  — Une  religion  [retiyare)  est,  surtout  pour  eux,  une 
chose  qui  ne  doit  point  lier  l’homme.  — Sottise  d’attribuer  à Moïse 
et  à Jésus  ce  qui  appartient  à ceux  qui  les  précédèrent  ou  les  suivi- 


TABLE  DES  MATIERES. 


564 


rent,  au  progrès  du  temps,  à rhumanilé.  — Peut  se  dire  Israélite 
quiconque  adopte  Tunité  de  Dieu,  rimmortalité  de  Dieu  et  de  Tâme,  et 
interprèle  toute  chose  à son  sens.—  De  l’ampleur  de  cette  liberté  naîtra 
la  religion  universelle,  sans  troubler  aucune  conscience.  — Trois 
exemples  curieux  de  celte  tolérance  pratique.  — Le  troisième  est  du 
docteur  Sée,  professeur  à l’Ecole  do  médecine  de  Paris,  accu^  de 
matérialisme  et  d’athéisme.  — Le  consistoire  central,  conseil  su- 
prême  des  intérêts  religieux  et  sociaux  du  judaïsme,  n’en  croit  pas 
moins  devoir  l’admettre  dans  son  sein.  — ('.iirieuses  révélations. — 
Un  grand  nombre  d’Israélit^  cherchent  à dissimuler  leur  croyance. 
— Cette  sorte  d’hommage  qu’ils  rendent  à leur  foi  est  plus  commode 
que  celle  du  martyre 254  à 262 

TROISIÈME  DIVISION.  — LE  JUIF  LIBRE  PENSEUR. 

Passage  du  Juif  réformiste  au  Juif  libre  penseur.  — Baisers  de  Lamou- 
. rette  entre  les  trois  Qlles  de  la  Bible  mises  face  à face  par  l'Israélite 
Hippolyie  Ro<irigue.  — Un  môme  temple  contiendra  tous  les  cuites 
fusionnés,  sous  les  bannières  de  la  Raison  et  de  la  Philosophie  du 
dix-huitiôme  siècle.  — Ce  temple  est  l’Alliance  Israélite  universelle, 
ouverte  au  genre  humain  tout  entier,  sous  la  haute  direction  d’Israël. 

— Fait  acconapli  ; elle  anéantit  le  fanatisme  et  fonde  la  grande  frater- 
nité.— Cequ’^t  cette  alliance. ---Paroles  de  M.  Crémieux , son  pré- 
sident, l’une  des  illustrations  de  la  franc-maçonnerie  etdu  Judaïsme. 

— Elle  prépare  le  Messianisme  des  nouveaux  jours;  une  « Jérusalem 
de  nouvel  ordre  substituée  à la  double  cité  des  Césars  et  des  Papes;  » 
car  « Israël  est  la  grandeur  de  Dieu.  » Elle  est  le  protecteur  de  tous 
les  cultes,  fùt-ce  « contre  les  lois  encore  en  vigueur.  » — Les  peuples 
tendent  la  main  à Israël,  et  lui  demandent  pardon  du  passé. -- 11  n’a- 
yait  plus  de  centre,  mais  tout  est  changé.  — Episode. — Exemple 
frappant  et  à peine  croyable  de  libéralisme  religieux  chez  les  Juifs. 

— Un  grand  rabbin  défenseur  intrépide  de  la  libre  pensée. — Récit. 

— On  peut  g devenir  libre  penseur  et  rester  israélite  ».-~Méme  foi, 
mêmes  aspirations  animant  le  Juif,  le  franc-maçon  et  le  libre  pen- 
seur ou  le  solidaire.  — Quiconque  entre  dans  les  sociétés  occultes 
est  rallié  dû  Juif.  — Son  amour  nouyeau-né  pour  la  liberté  ne  mé- 
connaît que  le  culte  catholique.  — Mot  d’Eckert.  . . . 26g  à j7î 

CHAPITRE  NEUVIÈME. 

ERENIÈRE  DIVISION.  — NOUVELLE  MORALE,  NOUVELLES  MOEURS. 

Qualités  sociales  du  Juif  à demi  dégagé  du  Talmud,  et  jugé  d’après 
les  représentants  de  la  presse  judaïque.  — Observations  limitées  à 
ces  deux  points  : véracité,  bienveillance  envers  le  chrétien.  — La 
simple  destruction  de  l’orthodoxie  talmudique  sufïit-elle  à la  régéné- 
ration sociale  du  Juif?  — Quels  sont  aujourd’hui  les  sentiments  des 
Juifs  pour  le  chrétien?  — Protection  que  leur  accordèrent  les  empe- 
reurs, les  Papes  et  les  hautes  classes.  — Ingratitude  universelle.  — 
Cette  ingratitude  serait-elle  encore  la  même,  et  quoique  le  Juif  se 
détalmudise?  — Exemple.  — Cri  do  mort  du  Juif  contre  Rome, 

3ui  fut  de  tout  temps  son  plus  inviolable  asile.  — Prétexte  et  mot 
’ordre  universel.  — L’affaire  Morlara.  — Un  mot  sur  cette  affaire 
et  comparaisons.  — Raison  de  la  fureur  jouée  des  Juifs.  Leur  pro- 
pre exemple. — Intolérance  excessive,  mensonges  haineux  et  calom- 
nies contre  l’archevêque  d’Alger.  — La  lettre  admirable  do  ce  pré- 

' 36 


o62 


TABLE  DES  MATIEKKS. 


lat,  et  le  Juif.  — Faits  ünormes.  — Los  textes.  — Traces  profondes 
de  la  croyance  dans  les  actes,  apres  mémo  que  la  croyance  a disparu. 
— Notes.  — Pie  IX  et  la  dlplomaiie  ourop<!cnne  militant  en  faveur 
du  Juil.  — M.  Mirés  aux  Israélites  ses  coreligionnaires.  — La  Kussie 
et  les  Juifs ..7..... Viikm 

DElIÜillK  DITISIO.N.  — SOCTELU;  aUDAI£,  NOCVEl.LES  ECEUKS. 

Suite.  — Qualités  sociales  du  Juif.  — Reconnaissance.  — M.  Mirés; 
son  conseil  aux  Juifs  de  ne  point  toucher  à l'or  de  I ÈrIiso,  et  do  lui 
témoipner  quelque  gratitude.  — Répon.so  astucieuse,  et  fureurs.  — 
Reproches  amers  à propos  de  l'épouvantable  tyrannie  qui  les  mar- 
tyrise dans  les  ghettos.  — Œuvre  ayant  pour  but  do  transporter 
tous  les  Juifs  hors  de  1 abominable  ville  do  Rome;  résultats.  — 
Uu’est-ce  donc  que  le  Ulietto?  — Réfutation  du  Juif  par  les  descrip- 
tions ou  la  parole  do  M.  1 hiers,  ancien  nunistre;  — de  M.  Sauzél, 
ancien  président  (le  la  Chambre  des  députés;  — do  ranilcaiholiquc 
M.  Renan,  de  l’Institut;  — deM.  Bail,  patron  de  la  cause  juive. — 
Réfutation  du  Juif  par  la  di'claration  si  remarquable  de  leur  plus 
erande  assemblée  dans  les  temps  modernes.  — C^e  que  le  Juif  doit  à 
pKglise;  curieux  et  admirable  morceau.  — Aisance  du  Juif,  même 
dégagé  des  entraves  du  Talmud,  à renier  la  parole  de  ses  repré- 
sentants. — (Jette  parole  n'ëtait  pour  lui  qu'une  ruse  de  guerre,  il 
no  doit  que  haine  a l’Eglise  et  à la  papauté.  — Actes  des  l'apes  et 
du  clergé  romain , défenseurs  et  protecteurs  désintéressés  du  Juil  ; 
Ils  lui  assurent  pour  son  culte  une  liberté  que  tant  de  gouverno- 
mcnls  relusent  aujourd'hui  même  au  catholique.  — Le  plus  impla- 
cablo  ennemi  du  Juif  nous  peindra- t-il  mieux  qu’il  ne  le  fait  lui- 
mémo  do  nos  jours  son  horreur  pour  toute  vente  qui  le  blesse,  sa 
haine  héréditaire  pour  le  cliréiieii'?  — Le  Juif  qui  se  peint  dans  ses 
pages,  toiles  que  nous  les  citons,  esi-il  un  homme  que  la  civilisation 

Euissc  avouer?  — Exceptions.  — hôtes.  — Le  tihelto  d’Avignon.  — 
es  ghettos  (tre  glietti)  ; celui  de  Rome i9ü  à 3<  0 

TBUISIÉSE  DIYI8IUX. SUCYELEE  MOBAU  , t,OL\ta.lEg  MOECSS. 

Suite.  — Tolérance  du  Juif;  ses  prétentions,  sa  présomption  née  des 
défaillances  de  la  foi  chrétienne  et  de  la  foi  talmudique.  — Gran- 
deurs de  son  orgueil  lorsqu'il  compare  ce  qu’il  est  depuis  qu’il  ce.sse 
de  croire,  à ce  que  deviennent  les  peuples  chrétiens  depuis  qu’ils 
perdent  la  foi.  — 11  se  tient  pour  insulté  par  les  libertés  du  culte 
chrétien.  — Curieux  exemples.  — Appels  aux  principes  de  notre 
Révolution.  — Ses  poids  et  mesures  toujours  autres  pour  lui  que 
pour  autrui.  — Sa  manière  atroce  d’entendre  la  liberté  des  cultes. — 
Sa  mission.  — Pour  lui,  la  liberté  du  culte  c’est  la  destruction  du 
culte  chrétien.  — Loyales  protestations  do  quelques  Israélites  contre 
ce  fanatisme.  — Cri  de  I jVllemagne  contre  le  despotisme  sauvage 
du  Juif.  — L’égalité  ne  lui  sufllt  plus;  il  domine,  et  veut  des  égards 
exceptionnels.  — Exemple  curieux  et  inoutl  — Autre  exemple  ; 
Insolence  d’Israël  contre  l’Empereur  lui-même,  qu’un  instant  avant 
il  appelait  son  ange,  et  pourquoi.  — Autre  exemple  : les  chrétiens 
menacés  jusque  dans  le  for  do  leurs  solennités  antiques.  — Le 
même  droit  lui  permettrait  de  demander  la  clôture  des  églises,  et  la 
suppression  du  nom  chrétien.  — Ce  qu’est  le  Juif,  et  ce  qu’il  était 
hier;  progrès  immense,  mot  doM.  Cré^mieux.  — Devoir  de  l’Israélite 
de  tourner  contre  l’Eglise  l’étude  même  de  la  théologie,  et  de  la 


TABLE  DE^  MATIÈRES.  563 

mettre  d'accord  avec  la  philosophie  judaïque,  qui  Mt  celle  du  dix- 
huitième  siècle.  — Homme  ou  iilée,  le  -Messie  judaïque  est  pryhe, 
il  faut  que  les  peuples  tombent  ses  pieds.  — <i  Jérusalem  ville  do 
l'avenir.  » — Le  rationaliste  Kluber  sur  le  Juif,  dans  son  livre  I<u 
droit  de  la  Confédéral  ion  qermunique.  — Les  théologiens  lie  l'Alle- 
magne sur  le  Juif.  — Résumé  du  cliapitre,  et  conclusion.»  3tu  à 333 

CHAPITRE  DIXIEME. 

rilFIIIÉIIE  DIVISION.  — ÀCTI01  DO  n'IF  SVn  L\  aaRCHE  DE>  CHOSES,  OaCSMSSTION 
DU  JUDAtsHE  DSN8  LE  MONDE,  SES  EFFETS. 

Le  mol  du  concile  ou  synode  judaïque  de  4869.  — La  constitution 
naturelle  du  Judaïsme.  — Le  que  peut,  veut  et  ose  le  Juif,  — 
tirâce  aux  sociétés  secrétes  lorrnees  à son  image,  et  dont  il  est  l'âme, 
chacun  des  siens  est  une  maille  vivante  (le  l'immense  réseau  qui 
enserre  le  monde.  --  R6le  des  allidés  de  leur  commerce  qui  em- 
brasse le  Kiobe.  — Cette  organisation  née  d'elle-mèine.  — Néces- 
sité d y suppléer  plus  lard  par  des  as-socialions  artilicielles.  — So- 
ciétO  demi-pateiite,  l'Alliance  itruélile  universelle  oUre  aux  Juils  un 
lien  qui  les  unit  en  tous  lieux;  socidtd  occulte,  la  franc-maconnerie 
joue  parallèlement  le  m6me  rôle.  — Rien  n'échappe,  dans  le  monde 
social,  à ce  multiple  réseau  dont  les  hauts  cabalistes  du  Judaïsme 
sont  les  maîtres. — iXoyau  peu  nombreux  des  vrais  inities.  — La 
constitution  judaïque  de  la  iranc-matonnone  place  en  majorité  dans 
ses  hauts  conseils  des  Juifs  initiés  et  initiateurs.  — Ces  sociétés 
n’ont  d'autre  but  que  le  Irioniplie  des  idées  judaïques,  qui  sont  les 
idées  modernes.  — Dehors  séduisants  de  ces  I>ociet68.  — - Trahisons 
et  indiscrétions  qui  démasquent  le  Juif.  — Le  Juif  et  les  loges.  — 
Loges  judaïques;  cest  lâ  que  se  réunissent  tous  les  lils  de  tous  les 
événements  révolutionnaires  qui  couvent  dans  les  loges  chrétiennes. 
— Instruclions.  — Aveux  piwieux.  — Même  action  judalco-ma- 
çonnique  dans  le  nouveau  monde.  — Le  miislere  maçonnique  est 
indispéiisable  à la  Synajîopue  au  sein  même  des  républiques  les  plus 
libres.  — Mot  de  kluber.  — Antagonisme  inévitable  entre  le 
judaïsme  et  les  Etats  chrétiens.  — Le  tnoniplie  du  Juif  sur  la  civi- 
lisation clirélieniic  est  l'inévitable  résultat  do  cette  lutte. 333  A 349 

DEUXlèHE  DIVISION.  — MOÏEN3  d’i NFLl'ENCE , AEXILIAIKES  : L’oR. 

L’or  est  le  maître  du  monde;  l'or  nous  possède,  et  le  Juif  pos- 
sède  l or.  — Enormité  de  la  puissance  que  le  Juil  doit  è son  or, 
à son  génie  pour  le  faire  suer.  — Jamais  auUint  que  de  nos  jours 
l'or  ne  fut  le  nerf  de  la  guerre  et  de  la  paix,  le  désiré  des  familles , 
l'assaisonnement  de  tout  honneur,  le  couronnement  de  toute  ploire 
et  de  toute  nobles^.  — Le.s  hommes  d’Etat  de  l Europo  à penoux 
devant  le  Juif.  — Rien  sans  l'aveu  du  Juif;  comment  il  trône  sous 
les  especes  ou  apparences  de  rois  chrétiens.  — Par  l’or,  il  Rouverne 
les  sociétés  occultes,  qui  gouvernent  le  monde.  — Puissance  sans 
limites  de  la  finance  dans  un  monde  où  toute  croyance  religieuse 
s'éteint,  conspuée  par  le  Juif  etpar  sesauxiliaires.  — Un  seul  remède 
à ce  mal  immense.  — Ces  fans,  cette  puissance  nous  étonnent; 
étonnement  qu'en  éprouve  l'un  des  premiers  rninisires  de  la  lirande- 


Bretagne,  et  son  mot  qu'il  y aurait  folie  à oublier.  — Note  linale  sur 

l’un  des  potentats  du  Judaïsme 349  à 357 

36. 


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564 


TABLE  DES  MATIÈRES. 


TROISlèlIE  DITIglON.  ' — L\  PUOLE  PDBLIQUE  ET  EiCEEICNÀNTE , LE  PBEE8E. 

Autre  puissance  dont  le  Juif  se  fait  un  auxiliaire;  ses  représentants 
honorables,  et  non.  — Services  que  le  Juif  avoue  lui  devoir.  — Elle 
n’a  pas  encore  achevé  de  judaïser  le  monde,  mais  patiencel  — Les 
diverse» catégories  des  hommes  de  la  presse.  — Despotisme  sans 
bornes  du  maître  d’un  journal.  — Dans  nombre  de  journaux,  quel 
est  ce  despote?  — Mystère  1 — Caractères  de  sa  position.  — Son 
mérite  est  la  sûreté  de  sa  main  dans  le  choix  de  ses  intendants  ou 
de  ses  ouvriers  littéraires.  — Places  où  foisonnent  ces  gens  de 
haute  et  de  basse  paye.  — Semblable  à toute  propriété,  tout  journal 
change  sans  cesse  de  maîtres,  de  locataires,  et  par  conséquent  d’es- 
prit. — Le  Juif  achète,  exploite  ou  fait  exploiter  la  pluprt  des 
feuilles  importantes.  — Leur  influence  sur  l'opinion , sur  tes  idées 
religieuses,  sur  les  entreprises  commerciales,  industrielles,  poli- 
tiqu^  ; le  Juif,  par  elles,  trompe  et  entraîne  gouvernements  et  gou- 
vernés. — Malgré  le  grand  nombre  des  écrivains  honnélesj  la 
Presse  est,  de  sa  nature,  essentiellement  vénale;  nul  n'est  plus  in- 
^resséque  le  Juif  à l'acheter,  et  nul  n’a  plus  d'or  pour  la  payer. — 
Mais  la  presse  a-t^clIe  une  valeur  sérieuse?  — Exemple  aussi 
éclatant  que  piquant.  — Un  gouvernement  et  un  grand  journal, 
organe  de  la  féodalité  linanciere.  — tjuelle  que  ^it  la  puissance 
des  journaux,  le  Juif  presque  partout  en  est  ou  en  devient  le  maître, 
mats  sans  apparaître.  — Plus  qu'un  autre  pays,  l'Allemagne  nous 
montre  cette  puissance  du  Juil.  — Les  événements  de  T'Jiurt)po 
dépendent  d'une  dizaine  d'hommes,  Juifs  ou  auxiliaires  du  Juil.  — 
Mot  effrayant  et  prodigieux  de  l’ex-premier  ministre  de  la  Urande- 
Bretagne'  de  sang  judaïque,  Disraeli.  — Ce  mot  et  celui  de  M.  le 
prince  de  Metternich  confirment  nos  pages.  — Appendice.  — Pro- 
digieuse  dépravation  du  cleigé  autrichien,  naguère;  elle  fut  l’œu- 
vre  du  jansénisme  et  du  Juil.  — Prodigieuse  dépravation  des  sen- 
timents de  l'honneur  et  du  patriotisme,  et  par  qui.  . . 357  à 388 

QDATEIÈHE  DITISIOS.  — SOPÉElOHITé  INTELLECTUELLE  DU  JUIF  SUE  LE  CUEÉTIEN; 

UN  MOT  SUE  LA  BCPèBIOBITé  MOBALE. 

Le  Juif,  armé  de  ses  moyens  d’influence,  est  aujourd'hui  l’homme  qui 
prime  et  qui  dirige;  une  lorce  irrésistible,  et  qu'il  ajoute  aux  lorces 
que  déjà  nous  lui  connaissons,  est  l'incomparable  supériorité  de 
son  intelligence  : — Exception. — llulture  acharnée  de  celte  supé- 
riorité; pourquoi  et  comment  elle  s’allirmo  dans  toutes  les  carrières. 
— Elle  est  la  preuve  de  son  impérissable  vitalité.  — Lette  supério- 
rité  de  nature  éclate  jusque  dans  le  sein  des  classes  inümes  ; des- 
cription pittoresque.  — Le  Juif,  si  prompt  û grandir,  n'est  cepen- 
dant point  un  parvenu;  il  est  un  gentilhomme  déchu  qui  rentre  dans 
ses  droits  de  noblesse.  — Autre  peinture,  complaisante  et  vraie, 
des  étonnantes  supériorités  du  Juif,  par  le  premier  ministre  de  la 
Grande-Bretagne,  M.  Disraeli.  — Comment  cette  supériorité  pré- 
pare au  Juif  t'empire  du  monde,  qu’il  convoite,  et  que  déjà  il  exerce 
en  partie.  — La  supériorité  intellectuelle  du  Juif  sur  le  cnrétien  est- 
elle  accompagnée  de  la  supériorité  morale? 388  à 393 

CINQUltME  DIVISION.  — SCPÉBIORITÉ  PHYSIQUE  IIP  ICIF,  SA  CONIITITDTION. 

Sa  constitution  tout  exceptionnelle  et  privilégiée  ; immunité  d’infir- 
mités et  de  maladies  qui  frappent  toute  autre  famille  humaine.  — 


TABLE  DES  MATIÈRES.  565 

ConBëquence  : le  Juif,  le  peuple  de  la  dispersion,  est  le  seul  peuple 
vraiment  cosmopolite,  c'èst-à-dire  dont  chaque  individu  peut  ha- 
biter impunément  tout  lieu  qnelconque  de  la  terre.  — Lausi'S  de  ce 
priviliige  insipne,  d'après  certains  cxplicaleurs  imperturbables.  — 
Second  privilëgo;  le  Juif  n’a  jamais  cultiviS  les  arts  qui  fortifient  le 
corps;  ses  membres  sont  généralement  grêles  et  laiblcs;  et  pour- 
lant  ses  forces  vitales,  sa  Tongévilé,  reinportent  sur  celles  des  au- 
tres peuples. — Exemples,  slalistiqucs,  autoriies  diverses.  — Mais, 
ouire  le  phénomène  de  celte  railleuse  vilahlé  qui  se  produit  en  sens 
inverse  06  la  vigueur  des  corps,  et  celui  de  ses  immunilês,  un  nou- 
veau phénomène  si|;nale  cet  unique  cosmopolite.  — (Jucl  est-il  ï 
Une  fécondité  subue,  que  la  science  ne  peut  expliquer,  et  qui 
rappelle  celle  d’Israël  en  ERypie  à l’époque  des  miracles  de  l’Exodc. 
— • Exemples.  — Uette  conslilulion  qui  a fait  du  Juif  errant  et  dis- 
persé l'homme  le  plus  indestriiclible,  le  plus  tenace  missionnaire  du 
mal,  l'apôtre  universel  de  l’occultisine , le  prédispose-t-elle  ou  non 
à être  le  plus  universel,  le  plus  jenacc  et  le  mieux  douti  des  mis- 
sionnaires de  l'EvangileT.....  — Tableaux  statisliqnes  de  l eiement 
judaïque  rëpandu  clans  le  monde,  et  rt’sumé  des  supériorilés  de  ce 
Miiplo;  ce  qu'il  pourrait  oser  et  faire  dans  unnnoment  donne.  — 
Exemple  au  chapitre  suivant.  ...........  39i  à 4<i 

CHAPITRE  ONZIÈME. 

UNF,  ropcLiTion  jciTt:  nn  uovdn  ack  au  pi.kix  «ilict  du  Dix-sr.uvitaf.  Slùctt. 

üx  MOT  POOR  POSER  LA  Q0E8TI0X.  — Le  flot  judalque,  avons-nous  dit, 
peut,  uji  certain  jour,  couvrir  un  point  de  l'Europe  et  se  l'appro- 
prier. — Qui  seraient  ces  Juifs?  Des  Juifs  dii  moyen  âge,  et  les  voici. 

— Leurs  prétentions  subites,  soutenues  de  tous  leurs  compalrioles 
du  dehors  et  d'une  partie  des  puissances  de  l'Europe,  — Comment 
et  pourquoi.  — La  Koumanie,  tnëâtre  de  leur  invasion.  — Lutte,  des 
Roumains,  pareille  li  celle  des  chrétiens  contre  le  Juif  au  moyen  Hge. 

— Hjiaction  contre  le  Juif..  ' 4Û  â An 

Les  PEnsÉct'Tioxs , détails.  — Récits  et  dole'anccs  du  Juif.  — Cris 

do  diHresse,  appel  à rinlervention  des  Juifs  du  dehors  et  des  puis- 
sances. — Razzias  de  Juife,  emprisonnemenls,  expulsions  brutales. 

— Scènes  désolantes.  — (Juolques  mois  de  répit,  et  la  fureur  des 

populations  se  rallume;  pifiaRe,  violences,  synagogues  renversées, 
sijvices  affreux 417  à 480 

iNSTICATEraS  ou  AUTEOBS  DE  CES  PEB8ÉC0T10NS  ; ACCUSATIOXS  HARDIES 
DU  Juif.  — Déni  rie  justice  du  prince,  élu  de  M.  de  Bismark.  — 
Son  ministre  touUpuissan  t est  BraUano  ; ce  chef  des  démocralcs  est 
le  firand  persécuteur.  — Enormités  qu’il  commet  , ses  dénégations 
etlronlées;  il  cherche  à donner  le  chanRe  à l’Europe.  — En  un 
mot,  le  grand  coupable,  au  sens  du  Juif,  c’est,  comme  au  moyen 
âge,  le  prince  qui  ose  protéger  conire  lui  ses  sujets.  . 4?U  à Itt 

A oüi  LES  TORTS?  — L’enquête  dénote  que  les  provocateurs  des  excès 
commis,  ce  sont  les  Juifs.  — Les  Juifs  d’Occident,  après  s’être  faits 
les  éebos  du  Juif  roumain,  avouent  ne  savoir  concilier  les  déposi- 
tions. — Le  Juif  se  pose  contre  la  liberté  de  la  presse  et  de  la  tri- 
bune, dont  il  est  Tardent  champion  dans  les  Etats  chrétiens  où  son 
influence  domine.  — Si  le  gouvernement  se  déclare  contre  le  Juif, 
il  se  borne  à céder  à la  pression  do  la  volonté  nationale.  — Cette 


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566 


TABLE  l>ES  MATIÈRES. 

nation  roumaine  osl-cllc  barbare?  — La  Roumanie  a toujours  ëu? 
le  refuge  des  persécutés;  .“on  peuple  est,  üaprOs  I aveu  môme  des 
Juil-i.  un  modèle  de  tolérance' religieuse,  de  bonlt^,  d'Iiostalalité. 
Paroles  de  MM.  Oomieux  cl  Montetiure.  — Si  le  Koumaiii  n’a  pa.s 
changé  de  mœurs  en  un  clin  d'tfil,  et  sans  motifs,  le  tort  serait 
donc,  comme  au  moyen  ilge,  dans  les  eiactions  et  les  iniquités  du 
Juif?  — Mot  do  M.  do  Metlernicli  sur  l'Allemagne,  applicable  peut- 
être  demain  à ce  i»ys.  — C.e  qui  s'y  passe  est-il  pour  l'Kurope,  qui 
a méconnu  les  vérités  de  sa  vieille  histoire,  un  avertigsoment  pro- 
videntiel?  iitjl  a tiX 

To.n  uiirrATOM.tL pc  Juif  s'AUBEyAXT  auxsouvkbains. — Les  Roumains 
rAluits  à ruser  contre  le  Juif,  et  contre  les  puissances  dtrangi'ros 
réduites  à intervenir  en  laveur  du  juil.  — De  quelle  encre  les  citot'ons 
delà  nation  juive,  dignes  émules  des  ntoyens  du  peuple-roi,  Pri- 
vent aux  potentats.  — Exemple  insigne  et  patience  deâ  princee.  — 
^ Juif,  a devant  les  atrocité.s  » qui  commettent,  se  lainente  « de 
riiypocrisio  qui  régne  en  liant  et  en  bas.  ........  488  i 

I.NrEBVENTlOM  DKS  PUISSANCK8  DA>'S  l'iXTÉRÉT  DU  Julf,  ET  MALGBÉ  LE 
PRINCIPE  ANTICIIBÉTIEN  DK  LA  WON-INTEEVKNTIOX  ADOPTÉ  PAS  l'Ei:- 

rope  libérale.  — Le  Juif  oflirme  que  cette  hypocrisie  des  Rou- 
iiLiiiLs  a pour  cause  la  tTuiiite  des  nuisyttiices,  gu  il  suiiitüe  d'inter- 
tenir. — Insistance  du  chef  de  r,d//ianc«  israétile  universelle  auprès 
des  gouvernements.  — IsNemples  reniarnuables,  condescendance  et 
eiiipressomcnt  de  ceux-ci.  — Lettre  do  M.  de  Bismark.  iZi  à 437 

Immense  impopularité  du  Juif.  — Les  Juifs  traités  par  la  nation 
comme  la  lèpre  et  les  immondices  de  la  terre.  — Le  pays  qui  leur 
est  livré , et  qu'ils  rouvrent,  revêt  un  air  sinistre.  — is  y déclarer 
pour  les  Juifs,  c'est  renonr.er  à toute  inlluence Î37  à 

La  cacse  PE  l’immense  impopclarité  du  Juif  et  ces  persécutions 
Oe'lL  SUBIT,  ESr  la  même  qu’au  moyen  AGE. — Son  ATTENTE  ET  SES 
espérances  PE  domination  sont  les  mêmes.  — Le  concert  de  md- 
pris  et  de  fureurs  qui  poursuit  le  Juif  ne  reste  invariable  que  parce 
que  le  Juif  n’a  point  varie.  — Documents  accahlanls,  cl  Manifeste 
admiralde  d'hommes  d Etat  du  pays  contre  le  Juif.  — Dans  ce  lam- 
beau d'hisloirc  actuelle,  on  relroiivc  tout  vivant  le  Juif  des  siècles 
anciens.  — Terreurs  qu'il  inspire  par  .ses  mœurs  insociables,  par 
l incessam,  l'cITrayant  accroissement  de  son  nombre.  — Action  ca- 
lamiteuse sur  les  forces  vitales  du  pays  : usure  effrenee,  monopole , 
falsification  des  denrees  alimentaires.  — Iais  Juifs  sont  diametrale- 
niont  opposes  en  toutes  choses  aux  autres  hommes;  leur  tendance 
est  de  s'élever  sur  les  ruines  d’autrui.  — Ils  espèrent  se  reformer 
en  nation  distincte,  puis  dominante.  — Ils  essayent  d'eriger  dans 
la  Kouinanie  cet  Etat  judaïque  qui  serait  la  première  réaliwition  de 
leurs  vœux...  — Projet  de  loi  formulé  pour  repousser  le  danger 
social  qu'expose  ce  document  authentique.  — Cris  des  Juifs;  l'Euroiie 
s'eineiiî.  — ■ Lettre  de  iM.  de  Uismark  rassurant  ces  Juifs  contre  les 
iiitentioRs  des  hommes  d'Etat  roumains.  — Conclusion,  ii?  à 459 

CHAPITRE  DOUZIÈME. 

PRSHIÉRC  nITISION.  — LE  MESSIE  UDAÏQIE. 

Le  Juif  orthodoxe  ne  cesse  d’espdrer  une  révolution  universelle  qui 
relèvera,  par  son  Messie,  au-dessus  de  tous  les  peuples.  — Israël 


567 


TABLE  DES  MATIÈRES. 

a-t-il  ou  non  conservé  sa  foi  naïve  cl  robuste  aii  Mç;^ie?  Oui,  mais 
le  Juif,  depuis  quelques  annto,  n’est  plus,  ici  et  là-bas,  somblablo  à 
lui-mèmo. — Le  rabbin  l.aïuird  énonce  que  le  rétablissement  de  Jéru- 
salem n'est  que  chose  idéale,  qui  ne  nuit  pas,  en  cunséguence , â 
leur  palriolisme  national.  — Les  rélonnateurs  allemands  tiennent  le 
même  langage , parce  que  parler  de  ce  rélablii^enient  serait  un 
ob.'lade  à leur  émancipation.  — Les  Juife  anglais  sont  plus  francs, 
et  l'immense  majorité  des  Juifs  croit  au  Messie,  mais  déleiise  est 
laite  d'en  lixer  la  date.  — Le  .Mesrsio  des  lalmudisants  reste  le  pivut 
de  la  foi  judaigue.  — Y Rmg  sur  le  Aless-ie,  clief- 

tl'œuvre  de  clarté.  — L’uniticalion  des  peuples  ftoit  s'opérer,  alin 
quTsrael  puis-ic  être,  au-dessus  d'eux  tous,  le  peuple-l’ape.  — Le 
loast  unuerael.  — l-a  patrie  do  cœur  et  üetinilivc  de  tout  Jiiil,  c'est 
donc  encore  la  Judoo. — Cependant  le  Me.'isie  no  sera  pas  ito  nature 
divine.  — 11  rebâtira  Jérusalem  et  y ramènera  les  Juils  délivrés.  — 
Le  Juif  talmudique  se  nourrit  de  l’espoir  de  la  conquête  et  de  la 
spoliation  des  peuples  qui  lui  donnent  droit  de  cite.  — Preuve , 
anecdotes.  — Pour  le  Juif  progressiste,  le  Messie  est  l'ép0(|uc  philo- 
sophique actuelle,  qui  renverse  Lgli.se  et  Talmud;  pour  le  Juif  or- 
tliodoae,  celle  C|>oque  est  une  des  étapes  qui  préparent  le  Mcssio 
réel.  — tirolesqiies  superstitions.  — ramilles  messianiques  , des- 
criptions. .......  4bo  a 

DECXIEMB  DIVISION.  — LE  UEcSIE  JUDAllIl'i:,  EDITE,  liÉNLlTÉE  ET  CONJECTURES. 

L’attente  d’un  Messie,  futur  dominateur  des  peuples,  est  l'atlenle  » du 
noyau  indestructible  de  la  nalion  ».  — Malgré  les  opinions  dissi- 
dentes des  rêlormiste.-î,  un  é\cnenienl  les  rallierait  aux  croyants. — 
Si  quelque  séducteur  se  donnait  [Kiur  le  messie,  les  Juils  pcncho- 
raicnt-its  de  son  cdto  ou  du  cÆtc  des  Etats  qui  les  ont  faits  citoyensT 


— ■ KapporLs  éviclenls  entre  le  iMcssie  q 

ue  le  Juit  attend . et  1 liomme 

que  le  Chrétien  désigne  sous  lo  nom  0 

l'Antechrisl.  — Tout  sc  pré- 

pare  pour  la  grande  unité  cosmopolite  dont  cet  homme  doit  être 
rexpression.  -—  Lorsque  s'achèvera  l'œuvre  de  déchristianiser  le 
monde,  le  monde  ne  pourra-t-il  accepter  pour  maître  un  lascina- 
leur  de  race  judaïque — Exemples  de  doniinateurs  repoussés,  puis 
unanimenieiit  acreptêa.  — Exeiiiples  d'Iiuimiivs  luut  a cuup  surtis 
du  néant  pour  s'élever  au  pinacle  en  temps  de  tourmente.  — 
Uu  train  de  vapeur  dont  vont  les  idées  et  les  choses,  comment 
8 étonner  que  surgisse  du  sein  de  Juda  celui  qui  réalisera  les  idées 
de  wuveriiincté  cosmopolite  dont  les  Juils  ^nt  les  apôtres V — 
tjucique  Morse  ne  se  mettra-t-il  |>as  a la  tête  de  quelque  lonnidable 
exode?  — Les  Juifs  ne  peuvent-ils  au  moins  se  faire  les  seconds, 
et  l’appoint,  des  forces  de  quelque  conquérant?  — Exemples  des 
ressources  ou  Israël  sait  accumuler  .sur  un  même  point;  possibi- 
lités. facilites.  — Loup  d'œil  jeté  des  hauteurs  de  ITiistoire  sur 
l'avenir tVi  à 60a 


C11AP1TJU-;  APPENDICE. 

LES  DEUX  CABALES  OU  LA  SCIENCE  DES  TR.ADITIONS. 

rREMIÉBE  DIVISION.  — LS  CABALE  DIVINE. 

Cabale,  ou  traditions  orales  do  la  Ss  iiagogue  antiiricures  aux  livres  bi- 
bliques. — Les  deux  branches  de  cette  cabale  d'ordre  divin.  — La 


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TABLK  DKS  MATIKRES. 

cabale  est  confiée  à un  corps  spécial  do  docteurs.  — Corruption  de 
la  cabale,  devenue  un  réceptacle  de  superstitions  magiques  et  de 
goctie 509  à 51 4 

DEUXIÈME  DIVISION.  — lA  CABVLE  MAGIQUE  OU  DE  GAUCHE,  C’EST-A-DIRE  LA 
CABILE  PBARISAÏQUE. 

Elle  est  le  dogme  do  la  magie,  la  clef  des  sociétés  secrètes  ou  de 
l’occultisme.  — Puissance  souveraine  qu’elle  donne  aux  hommes 

3ui  la  possèdent.  — Les  Juifs,  nos  maîtres  en  magie,  en  furent  les 
épositaires  les  plus  fidèles.  — Ses  origines.  — Elle  est  o enfantée 
par  le  besoin  d’indépendance  »,  c’est-à-dire  do  révolte.  — Elle 
donne  la  connaissance  des  esprits  de  ce  monde , et  gouverne  tout 
être  parla  vertu  des  lettres,  des  mots  et  des  nombres.  — Le  monde 
est  formé  sur  le  plan  mystique  de  l’alphabet.  — La  cabale  est  la 
clef  du  monde  invisible,  le  secret  du  spiritisme  antique.  — Le  ca- 
baliste  doit  s'unir  corps  et  àmc  aux  Anges  qui  exercent  leur  influence 
sur  les  astres  ; et  c’est  par  leur  nom  qu’on  les  maîtrise.  — Cette 
magie  sidérale  est  celle  des  mathématiciens  do  Rome,  c’est-à-dire 
(les  Chaldéens  ou  astrologues,  qui,  après  avoir  été  les  oracles  du 
monde  payen,  furent  presque  à toutes  les  époques  des  oracles 
dans  le  monde  chrétien 5U  à 525 

TROISIÈME  DIVISION.  — LA  CABALE  MAGIQUE. 

Toutes  les  religions  dogmatiques,  nous  dit  un  savant  cabalisle,  sont 
issues  do  la  cabale.  — « Toutes  les  associations  maçonniques  lui 
doivent  leurs  secrets  et  leurs  symboles.  » — Ces  traditions  sont  ja- 
lousement conservées  par  le  sacerdoce  ; et,  d’après  lui,  les  Clavicules 
(le  Salomon  sont  le  rituel , disons  le  grimoire , d’un  Pape.  — Les 
princiitaux  réceptacles  do  la  cabale  judaïque  sont  le  Zohar  et  le 
Talmiid.  — Elle  se  retrouve  chez  tous  les  peuples,  dans  tout  ce  qui 
est  mystère,  cl  celte  doctrine  mystique  descend  des  Chaldéens  issus 
de  Cham.  — Abraham  est  dit  magicien  cabaliste,  parce  qu’il  était 
Chaldécn. — Magie  et  goétie  inséparables  de  la  cabale.  — Les  Juifs, 
qui  sont  les  plus  fidèles  dépositaires  des  secrets  de  la  cabale,  sont 
en  magie  les  grands  maîtres  du  moyen  âge.  — Représentant  l’esprit 
de  ténèbres,  ou  de  l’occultisme,  ils  étaient  les  missionnaires  et  les 
grands  maitres  do  l’occultisme.  — Les  traditions  cabalistiques  glis- 
sent leur  venin  dans  les  diverses  branches  des  connaissances  hu- 
maines en  raison  do  la  part  qu’y  prennent  les  Juifs.  — Exemple  ; 
la  mcyccinc  exercée  par  les  Juifs;  elle  est  entachée  de  magie.  — Ils 
mêlent  la  médecine  a l’astrolo^e.  — Les  conciles  et  les  Pères  de 
l'Eglise  contre  ces  pratiques.  — Pourachever  de  pervertir  la  science 
sociale,  les  cabalisles,  dont  les  princes  sont  des  Juifs,  font  pénétrer 
la  doctrine  cabalistique  chez  les  templiers,  que  les  maçons  se  don- 
nent pour  ancêtres.  — Leur  but.  — Révélations  de  leurs  succes- 
seurs   5Ï5  à 544 

Note  très -importante.  — Origine , calnite  ou  chamite  de  la  ca- 
bale. — Autres  notes  imporlantos 545  à 554 


PIN  DE  LA  TABLE  DES  MATIÈRES. 


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spiritisme  ancien  et  moderne... , par  le  rberaÜerGoicivoT  nus  UotssKai;i.  Nourrllc 
édition,  enlièirmenl  reionduc  et  fort  an«)inenléo.  — H.  Plon.  1 vol.  in*8*.  6 fr. 

Ces  ouvrages,  souvent  cités  dans  le  PffrUctinmti  ihtùlogie^  da  R.  P.  Petrone. 
volume  de  IK66.  portent  en  léie  des  lettres  importantes. 

Bieu'el  le»  dieux,  on  un  Voyageur  rlirétieo  devant  les  objets  des  cnlles 
aneiens.  les  traditions  et  la  Fable;  par’ le  cbevalicr  Govgixot  des  Moenevn. 
(Édition  nomenlanémenl  épuisée.) 

Les  onrrages  do  Chevalier  Goickmit  des  XIorssEXL'X  élrangers  i la  magie  ne  te 
trouvent  point  cbci  M.  Plon,  qui  néanmoins  les  prornre. 

BIfitoIre  de  Xleole  de  Xerviu»,  d’après  les  hiitoriens  contemporains  et  les 
témoins  ocolaires.  on  le  Triomphe  dn  Saiot  Sacrement  sur  le  Démon,  à Laon, 
CO  LVUi;  accompagnée  do  deox  brefs  des  Sonrerains  Pontifes  S.  Pie  V et  Gré- 
goire XIII , rrUlirs  k la  publication  de  ce  miracle  . et  précédée  d'nue  Lettre  de 
U.  le  Chevalier  GoitD(X'OT  ors  Mocssevcx  ; par  M.  l'abbé  Roger,  dirrrlcur  au  petit 
séminaire  de  Notre-Dame  de  Liesse.  1 vol.  in-8*.  omé  do /tu-fimiU  d’nnr 

grande  gravure  du  temps.  Prix . . 6 fr. 

HlAloIrr  du  P^ron  rt  de  »utole  Roue  de  Lima  (sainle  Rose  de 

Uarie),  par  XI.  lo  vicomte  Tu.  dk  BissiEnax.  1 vol.  in-S**.  Prix 6 fr. 

tf'Unde»  nnr  le»  po»»e««Mion»  en  gémirai,  et  sur  celle  de  l.oodon  co 
particulier,  par  l'abbé  I.KRlnni.  prêtre  du  diocèse  de  Poitiers,  précédées  d'one 
Icllrr  adressée  h l'auteur  par  le  T.  II.  P.  Ventnra  de  Raulica,  ancien  général 
de  l’Ordre  des  Tbéatins.  examtuateor  des  évêques  et  do  clergé  romain.  I joli 

volume  in-18  raisin.  Prix tî  fr. 

De  riuMpirnlion  dr»  C'amisvard»,  recherches  oonvellcs  sur  les  phéno- 
mènes eitraordinaires  observt»  parmi  les  protestants  des  Cévennrs  A la  fin  do 
diX'Septièroe  siècle,  pour  servir  A l’intelligence  de  certaines  uianifcstalions  mo- 
dernes. par  Uippolyte  Bi.vm.^I  joli  vol.  in-18  raisin.  Prix fr. 

Prnisér»  nnr  la  Rrllgiou,  suivies  de  l’opusrule  iniilnlé  Jégn-Chriu , par 
i.  Teoua^v.  conseiller  'honoraire  A ta  cour  impéq^e  de  Paris,  etc.  S*  édition, 

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livres,  des  faits  et  des  choses  qni  tiennent  ans  esprits  aux  déaofi.s,  aux  sor- 
ciers. au  rommerre  dr  fenfer,  aux  divinations,  aux  maléfices.  1 la  cabale  rl 
aux  autres  sciences  orroltes.  aox  prodiges,  aux  imposlnres.  aox  inperstiliüns 
diverses  et  aox  prtmosltrs , aux  faits  arinels  dn  spiritisme . cl  générairraeni  4 
tontes  les  fausses  croyancesjroerveilleuses , surprenantes.  mysiérirnBcs  et  suma- 
tttrvlles,  par  J.  CoLtix  de  Puncv.  C*  édition , aagmenlée  de  plus  de  700  articles 
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V 


— euis.  TvrooMrme  de  iikmii  rLox,  rie  EinvvahRR. 


8.  — 


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PASflüili  CARRiTU' 


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